Chez Philippe Marlière

 

Le blog de Philippe Marlière, professeur de science politique à University College London, consacré aux idées et aux mouvements de gauche en France et en Europe.

Ségolène Royal ou la politique-caméléon

Philippe MARLIERE
Politiste à Londres
Publié le 20/10/2008 à 12h41

Depuis la débâcle des marchés financiers, un socialisme de combat aux accents anticapitalistes est réapparu au sein du Parti socialiste. A la veille du congrès de Reims, il pourfend les tares systémiques d’un mode de production qu’il convient de changer radicalement. L’aile gauche du PS profiterait-elle d’une conjoncture favorable pour renouer avec les plus belles heures du Parti d’Epinay ? Pas vraiment : la motion « Un monde d’avance » présentée par Benoît Hamon prône certes un réformisme radical, le renforcement de la puissance publique, des politiques néokeynésiennes et une régulation accrue.

Mais d’anticapitalisme, il n’en est pas question dans ce texte. Non, les attaques les plus dures à l’égard du capitalisme proviennent depuis un mois environ de la motion « L’espoir à gauche, fier(e)s d’être socialiste ». En réalité, elles émanent toutes du plus illustre de ses signataires, Ségolène Royal.

Le 27 septembre, le « show du Zénith » a fait couler beaucoup d’encre. Cette rencontre mêlant meeting politique et événement culturel a suscité des réactions très tranchées. Les partisans de Ségolène Royal y ont vu un moment de « bonheur populaire ».

Entourée de chanteurs et de personnalités, l’ex-candidate à l’élection présidentielle est apparue « déverrouillée » : le tailleur Prada a fait place à une tenue « bourgeois-bohème » et la raideur gestuelle sur scène a disparu. « Show-biz » et « populisme » ont raillé ses détracteurs -pour la plupart issus du Parti socialiste. Ces derniers ont dénoncé une démarche de « séduction commerciale ». Le Zénith fut, selon eux, un moment de dépolitisation des forces de gauche.

Avec Besancenot et Laguiller

Ceux qui ont critiqué le contenu festif de la réunion du Zénith sont passés à côté de l’essentiel et ont raté leur cible. Ce rendez-vous ne peut être rangé dans la catégorie « show biz », car Ségolène Royal a fait ce jour-là de la politique. Elle s’est emportée contre ceux qui « voudraient que la frontière [entre la droite et la gauche] n’existe plus, qu’elle soit floue ». Elle a prôné l’« interdiction de délocaliser et de licencier avec obligation de rembourser les aides publiques si l’entreprise fait des bénéfices ». Qui, exceptés Olivier Besancenot et Arlette Laguiller, prônerait cela aujourd’hui à gauche ? Elle s’est posée en défenseur des « petits salaires » et des « petites gens » , des catégories inconnues de nos jours au PS.

Le 3 octobre, dans un discours à Athènes, Ségolène Royal a enfoncé le clou :

« Le libéralisme nous met tous, à l’échelle du monde, en danger. L’heure pour la gauche n’est plus aux diagnostics tièdes, ni aux appréciations timorées, mais à la lucidité radicale et à la proposition d’un autre système. »

Toute à son marxisme, Royal a rappelé que :

« L’histoire de la gauche, c’est encore et toujours une lutte pour l’émancipation. Son combat, c’est donner à chacun la possibilité de redevenir maître de lui même et de son destin. Son combat, c’est la démocratie réelle et pour tous. Voilà la gauche que le monde attend avec impatience. »

Royal a conclu qu’« il faut remplacer la domination des marchés sur les peuples par la primauté des gouvernements démocratiquement élus ». Jean-Luc Mélenchon, Marc Dolez ou Gérard Filoche n’ont pu qu’approuver de telles déclarations et avec eux l’ensemble de la gauche ! Le 16 octobre, dans un entretien au Nouvel observateur, elle a affirmé : « La page du libéralisme est tournée. »

Voici de très fortes affirmations qui réjouiront un peuple de gauche lassé de voir les dirigeants socialistes patauger dans un social-libéralisme honteux. Il y a toutefois un gros problème : ces propos de gauche radicale sont entièrement nouveaux chez Ségolène Royal.

Ils ne sont repérables publiquement que depuis un mois à peine. On constate même que plus la crise financière s’amplifie, plus le congrès du PS se rapproche, plus Ségolène Royal intensifie ce discours socialiste pur et sans concession.

Zelig au Zénith

On peut effectivement douter de l’authenticité de tels propos quand on compare le socialisme de combat de Ségolène Royal à l’automne 2008 à ses déclarations ces dernières années. Sur les questions économiques, Ségolène Royal avait jusqu’à présent toujours campé sur l’aile droite du PS. Alors, qui est la « vraie » Royal ? La lutteuse du Zénith ou celle qui, peu après la campagne présidentielle, reconnut qu’elle n’était pas favorable à un Smic à 1500 euros ?

Qui croire ? La Ségolène Royal louant la flexibilité du modèle blairiste en 2007 ou celle défendant les 6000 licenciés de l’usine Renault en 2008 ? Que retenir ? Ses discours appelant à « dépasser les 35 heures » ou celui plus récent préconisant un Etat interventionniste ? Qui est l’authentique Mme Royal ? Celle qui penche vers le système de retraites à points du Medef ou celle qui a la « certitude qu’il est possible de répartir autrement les richesses ? » Quelles alliances souhaite-t-elle ? L’union des gauches revendiquée au Zénith ou un partenariat avec le Modem, déjà recherché dans l’entre-deux tours de l’élection présidentielle ?

Depuis 2006, Ségolène Royal a été blairiste, sociale-libérale scandinave, néolibérale, républicaine tendance rive droite (encadrement militaire des primo-délinquants) et, depuis le krach financier, elle pourfend le capitalisme.

Mme Royal est parfois présentée comme un « objet politiquement non identifié ». Est-elle de droite, du centre ou de gauche ? La réponse est, tout cela et rien de cela à la fois : cela dépend des périodes et des publics ! Cette extrême versatilité fera penser à Leonard Zelig. Dans le film de Woody Allen, Zelig est doté de la capacité d’ajuster son apparence et son discours à ses auditoires successifs. Dans une soirée donnée par F. Scott Fitzgerald, on le remarque conversant dans le salon de manière raffinée avec les invités. On l’entend ensuite dans la cuisine en compagnie des serviteurs déverser sa bile contre les « riches », avec des accents plébéiens. Zelig apparaît au monde entier comme un « caméléon humain ».

Des invariants réactionnaires

Et pourtant, il existe chez Ségolène Royal des invariants politiques qu’une étude de discours permet de saisir. Dans l’intervention du Zénith, on peut relever ce passage édifiant : « la fraternité, pour moi, c’est encore mieux que la solidarité ». Ou encore : « la fraternité, c’est d’abord penser à l’autre ». Mais quelle force miraculeuse incitera des groupes d’individus aux intérêts et aux positions antagonistes à agir avec altruisme ? « Aimez-vous les uns les autres ou alors disparaissez », affirmait récemment Ségolène Royal. Cette référence aux Evangiles et au christianisme marque bien les limites de son volontarisme politique.

Ses propos sont en réalité emprunts d’un pessimisme social et tendent à faire accepter le monde tel qu’il est : quelle fraternité possible dans un monde économiquement de plus en plus injuste, socialement de plus en plus délabré ? Quelles luttes et quelles mesures concrètes pour y mettre fin ? Les propos rhétoriques de Mme Royal ne nous sont ici d’aucun secours. Comment construire un monde fraternel dans un système de production capitaliste ? L’idée de solidarité, au contraire, prend acte des intérêts et des positions divergentes et se propose d’y remédier en redistribuant les richesses.

La vision du monde royaliste induit logiquement une alliance avec le MoDem, un parti de droite qui s’accommode de notre système économique. N’a-t-elle pas proposé le poste de premier ministre à François Bayrou dans l’entre-deux tours de l’élection présidentielle ? Avec un tel chef de gouvernement, aurait-elle tenté de « changer de système » et de « tourner la page du libéralisme ? » Jean Peyrevelade, l’un des vice-présidents du MoDem, vient de préconiser le transfert de cinq points de PIB des ménages vers le capital. Il est donc permis d’en douter.

Ségolène Royal poursuit enfin avec constance un compagnonnage étroit avec le Parti démocrate italien, qui se présente comme « postsocialiste », « post-idéologique » et fortement influencé par l’« humanisme chrétien ». Un MoDem italien en quelque sorte...

Une critique artiste du social-libéralisme

Dans « Le Nouvel esprit du capitalisme » (Gallimard, 1999), les sociologues Luc Boltanski et Eve Chiapello ont montré que pour désamorcer les oppositions au capitalisme monopolistique et bureaucratique qui s’étaient développées après Mai 68, les consultants en management et les dirigeants d’entreprises ont habilement récupéré les thèmes de la critique artiste du capitalisme, et imposé le réseau comme modèle emblématique d’un capitalisme libéral-libertaire qui « encourage l’esprit d’initiative des employés et des cadres et libère leur potentiel de créativité ».

Les auteurs opposent la critique sociale du capitalisme (lutte contre la misère et les inégalités dues à l’égoïsme des intérêts particuliers) à la critique artiste du capitalisme (cette dernière dénonce l’inauthenticité de la société marchande et l’étouffement des capacités créatives de l’individu).

Dans le contexte des luttes socialistes de l’avant congrès de Reims, Ségolène Royal développe une critique artiste de la doxa social-libérale du PS (un « socialisme responsable » et « réaliste », façonné par plus de deux décennies de pratique gouvernementale). Cette doxa jospino-hollandaise est aujourd’hui honnie par de nombreux militants socialistes et par une majorité d’électeurs de gauche. Royal estime que le contexte de la crise des marchés financiers lui procure l’occasion de durcir le ton par rapport à ses deux rivaux directs : l’un, Bertrand Delanoë, ne dévie pas du social-libéralisme ; l’autre, Martine Aubry, ne s’en détache qu’en partie.

Pour se distinguer de ses opposants et empocher les voix militantes à Reims, Ségolène Royal renie la ligne sociale-libérale qu’elle avait pourtant suivie jusqu’à présent. A cet effet, elle articule un anticapitalisme verbeux et émotif, mis en scène dans des rassemblement festifs (le Zénith) et pseudo-participatifs.

Ségolène Royal fut blairiste au printemps 2007 quand les médias encensaient l’allié zélé de George W. Bush. On la retrouve convertie à un anticapitalisme rhétorique deux ans plus tard dans le contexte du krach financier et… du congrès de Reims. Comme Leonard Zelig, Mme Royal se fond dans l’air du temps avec bonheur.

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  • AC-89-
    • Posté à 17h28 le 20/10/2008
    • Internaute 39476

    « Ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent. »
    Edgar Faure

    • Méditerranéen
      Méditerranéen répond à AC-89-
      Soutien Ségolène
      • Posté à 23h04 le 20/10/2008
      • Internaute 56488
        Soutien Ségolène

      Le plus incroyable, c’est que le réquisitoire de Monsieur ne fait aucune allusion aux actes politiques concrets réels de Ségolène Royal.
      Comme pour mieux créer l’illusion, l’intox genre calomnie n’est donc pas encore terminé ? !
      Un exemple un seul, la mise en avant de la France métissée était d’un grand courage politique !

    • Louise_Michel
      Louise_Michel répond à AC-89-
      Citoyen militant
      • Posté à 15h34 le 21/10/2008
      • Internaute 56582
        Citoyen militant

      Ce qui est sûr, c’est que M. MARLIERE, lui, depuis 2006, et bien avant l’investiture de Ségolène Royal, n’a pas changé d’avis. Une telle persistance pourrait ressembler à une véritable analyse politique, s’il n’oubliait pas de préciser qu’il est fabiusien, tout autant qu’universitaire.

      Il fallait le dire.

    • compte supprimé16
      compte supprimé16 répond à AC-89-
      révolté
      • Posté à 20h26 le 21/10/2008
      • Internaute 53568
        révolté

      « La politique, c’est comme l’andouillette : faut qu’sa sente la merde, mais pas trop ».
      Edouard Herriot, maire de Lyon

  • Tyb
    Tyb
    (par ici, par là)
    • Posté à 17h41 le 20/10/2008
    • Internaute 24914
      (par ici, par là)

    7 votes positifs que je partage complètement.

    Je lance le chrono, on va voir combien de temps la meute bêlante habituelle va mettre pour débarquer et nous reprocher la larme à l’oeil d’être sexiste, anti Ségolène, pas objectif, etc etc etc j’en passe et des meilleurs.

    • Venezuela
      Venezuela répond à Tyb
      vit aux Pays-Bas
      • Posté à 20h30 le 20/10/2008
      • Internaute 114
        vit aux Pays-Bas

      Rien de tout cela, juste borne.
      En ce moment, ce qui serait stupide c’est de camper sur ses positions !

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 17h45 le 20/10/2008
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Les discours socialistes , on les connait ..

    « L’argent corrompt. Le goût de la possession me paraît très redoutable et finalement très méprisable. Je crois que le siècle que nous vivons, qui a fait de l’usure et de l’intérêt de l’argent un dieu moderne, est celui d’une société perdue. » (Tonton , 1976)

  • bdph65
    bdph65
    informaticien
    • Posté à 17h49 le 20/10/2008
    • Internaute 56453
      informaticien

    Soyons precis et evitons les caricatures en declarant que Segolene Royal etait blairiste en 2006

    Nous pouvons nous reporter a l’article original du Financial Times :
    ttp : //Lien

    Ségolène Royal a déclaré adhérer à certaines idées de l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair (réinvestissement dans les services publics, lutte contre le chômage des jeunes et prise en charge des jeunes diplômés), ce qui lui valut l’étiquette de « blairisme ». Cependant elle a aussi critiqué le manque de réactivité de celui-ci face aux fermetures d’usines au Royaume-Uni et dit penser qu’il a fait le mandat de trop.

    C’est comme si je disais que Sarkozy etait Lepeniste en 2007 ! ! ! ! !

    • jnspqd
      jnspqd répond à bdph65
      • Posté à 18h21 le 20/10/2008
      • Internaute 2810

      Ou inquisiteur trotskiste à Toulon en octobre 2008 !

  • bdph65
    bdph65
    informaticien
    • Posté à 17h50 le 20/10/2008
    • Internaute 56453
      informaticien

    Et socialiste en 2008 ! ! ! !

  • Hatamoto
    Hatamoto
    Vendeur de temps de cerveau (...)
    • Posté à 17h54 le 20/10/2008
    • Internaute 29766
      Vendeur de temps de cerveau (...)

    « Je vous ai compris ! Je ne peux malheureusement rien faire pour vous aujourd’hui, mais quand je le pourrais, je ferais le double ! » (Deux heures moins le quart avant Jésus Christ)
    Elle à oublier de rajouter ce détail pour gagner quelques voix de plus.

  • Servais-Jean
    • Posté à 18h05 le 20/10/2008
    • Internaute 4591
      43

    Philippe Marlière se pose beaucoup de questions sur ce que pense Ségolène Royale, il devrait le lui demander cela serait plus simple pour nous au lieu de nous infliger son propre questionnement.
    En somme il refuse a une personne assistant à une crise de société d’adapter sa pensée à sa vision d’un futur probable.
    N’importe quel conducteur de voiture sait qu’il doit adapter sa conduite à l’état de la route qu’il emprunte.

    • Adéménagé le 3 janvier 2011
      • Posté à 09h02 le 21/10/2008
      • Internaute 29846
        menuisier

      Mais la route n’a pas changé, pour filer votre métaphore. Le capitalisme a t-il muté ces derniers mois ?

      Gouverner c’est prévoir, or cette crise était tout sauf imprévisible.

      Le système qui la provoque ne s’est pas pas mis D’UN SEUL COUP a devenir toxique, il l’était avant, à la base pourait-on dire.

      La répartition des richesses au profit exclusif d’une petite caste ne s’est pas mis en place en deux mois,

      la perversité des nationalisations n’est pas apparue ces dernières semaines....

      Bref, Mme Royal, comme Mitterand en son temps, a appris à PARLER socialiste, au sens de langue étrangère.En étant méchant, je parlerai d’oportunisme.

      En celà elle ne se distingue d’ailleurs pas vraiment de la majorité de ses collègues dirigeants socialistes.

  • Spartel
    Spartel
    Sur son île
    • Posté à 18h08 le 20/10/2008
    • Internaute 30442
      Sur son île

    Je ne comprends pas l’opportunité de cet article !
    Ah, tapez sur S Royal.
    C’est là encore une belle oeuvre, en direct de Londres, semble-t-il.
    Bravo. Une belle oeuvre de machiste, que voilà.
    Vos arguments ne trompent pas vos lecteurs. C’est encore une tentative de déstabilisation de la seule opposante ( avec Bayrou, dans une certaine mesure) à la politique actuelle.
    Vos arguments font sentir une léger pipi de chat. Pardonnez-moi cet propos excessif ; mais je n’en vois point d’autres.
    De Londres, vous auriez pu nous entretenir des changements opérés à 180° qui alimentent aujourd’hui le néolibéralisme ambiant, et par là même nous parler des programmes de l’UMP voire des quelques nationalisations qui se profilent à l’horizon, voire aussi du désarroi qui gagne nos chers penseurs déclinistes ou des cellules psychologiques qui retapent les traders et pourquoi pas du match Manchester-Arsenal.
    Cela nous aurait diverti.

  • jnspqd
    • Posté à 18h17 le 20/10/2008
    • Internaute 2810

    Tyb : Me voilà la larme à oeil mais à cause de l’éclat de rire qui ont provoqué en moi et votre commentaire empressé pour bloquer toute réaction contraire à la votre et surtout les intentions tellement visibles de l’article de ce maître de conférences à Londres, où la maîtrise de la dialectique n’a d’égale que la maîtrise du parti pris dont il fait usage.

    Comme je ne saurais pas me mesurer à cet illustre universitaire, voici simplement quelques propos de la bête noire de certains politicards français qui empêche de tourner en rond ces cathedrales conservatrices du politiquement correct et de l’immobilisme.
    Propos tenus fin 2005, nous sommes fin 2008, et que ce grand polémiste de la chose ségoléniste a OUBLIE de consulter, je ne me permettrais pas de penser que c’est de la mauvaise volonté parce qu’à l’encontre de ce qu’il affirme sur le récent ralliement de Royal contre le système financier et ses méthodes perverses :

    « Mais si vous entendez par libéralisme cette conception de l’économie, je dirais même ce dogme ou cette idéologie, qui confie aux marchés, et aux marchés seulement, la régulation des sociétés, alors, oui, je pense que le libéralisme est l’ennemi de la justice social... Les marchés ont leur logique, le profit maximum... Ils sont une “ force ‘qui va ’, insensible aux conséquences sociales ou environnementales... Jaurés le disait déjà ‘ Le capitalisme, c’est le desordre ’ Le capitalisme s’est profondement transformé mais le constat vaut toujours car le desordre fait partie, si j’ose dire, de son code génétique... ”. Pages 180-181 -MAINTENANT-
    “ La mauvaise mondialisation, c’est la mondialisation subie, mal comprise, mal accompagnée, celle où la puissance publique renonce à exercer ses responsabilités...La bonne mondialisation, c’est celle qu’encadrent des règles du jeu équitables avec, à l’échelle nationale et internationale, des pouvoirs publics capables de les faire respecter dans l’intérêt bien compris de tous.
    C’est celle qui introduira dans les règles de l’OMC les respect de normes sociales et environnementales, celle qui reformera le FMI et la Banque mondiale pour en faire des instruments au service du développement humain, celle qui mettra en place une taxe sur les flux financiers...Je ne sais pas à quel rythme nous y parviendrons, je ne sais pas si l’histoire connaïtra une de ses brusques accélérations dont elle a le secret ou si l’humanité, souvent peu capable de reformer à froid, différera longtemps encore les décisions nécessaires. Mais j’ai une certitude... : Il n’est pas d’autre direction à suivre que de peser de toutes nos forces pour l’avènement d’un ordre international juste et des outils qui lui sont nécessaires ”. pages 204 à 208. -MAINTENANT-
    “ Les pays européens sont partagés entre deux positions. Certains pensent que la monnaie est une affaire trop compliquée pour être confiée aux responsables politiques et, à travers eux, aux citoyens. Et d’autres, comme moi, pensent que la politique doit avoir le dernier mot...
    Les textes européens donnent au Conseil de ministres de l’economie de l’Union (ECOFIN) la responsabilité de la politique de change. Elle a pourtant été abandonnée à la BCE. Il est temps de s’en ressaisir. J’ai l’intention de plaider vigoureusement auprès de nos amis européens pour que l’on inscrive dans les status de la Banque centrale l’objectif de la croissance et de l’emploi. Et pour que nous nous dotions d’un véritable gouvernement de la zone euro. C’est cela reprendre son destin en main et faire de l’Europe une force protectrice. C’est cela remettre sur le droit chemin le train européen. ” pages 29 et 30 -MAINTENANT-

    Discours à Paris du 6 février 2007 par S ROYAL
    “... Je ne parle pas, bien sûr, du salaire, de l’argent du travail, mais du profit facile. Pas l’argent du labeur mais le profit rapace...le profit fainéant. Pas l’argent du risque pris par l’entrepreneur mais celui de la spéculation. Les profits avides de toujours plus : plus de licenciements boursiers, plus de dérèglementation, plus de stock-options, plus de privatisations, plus de marché sans foi ni loi. Ces profits arrogants qui se rêvent sans contraintes, sans contrôle, sans contre-pouvoirs. Ceux qui en possèdent bien plus qu’ils ne pourraient dépenser en plusieurs vies trouvent encore le moyen de le cacher, de le disimuler, préférant l’exil doré à l’impôt citoyen.S’il y a une crise morale en France, c’est d’abord là qu’il faut la chercher, dans cet égarement de ceux qui se veulent au-dessus de toute contrainte collective, de toute responsabilité politique et de toute solidarité nationale... ”

    Que cette responsable politique n’est pas parfaite, c’est un fait, d’ailleurs cela est une garantie de son identité d’individu humain, nous en avons assez de tous ces PARFAITS qui ne s’occupent que de leur image et qui sont en décalage totale d’avec ce que le citoyen moyen vit tous les jours, mais vouloir en faire d’elle la cause de tout ce qui ne va pas dans ce pays et dans le monde, c’est aller très loin et c’est en train de se retourner contre les tenants de cette “politique” du TSS.

    • Tyb
      Tyb répond à jnspqd
      (par ici, par là)
      • Posté à 18h27 le 20/10/2008
      • Internaute 24914
        (par ici, par là)

      pour quelqu’un qui dénonce la dialectique et les parti-pris, je vous invite à mettre en parallèle les propos de Ségolène Royal que vous citez et son soutien au OUI pour le référendum européen (ainsi que la conduite du PS lors de la modification de la constitution pour l’abandon du référendum) et puis surtout ses charmants petits propos sur le SMIG après sa défaite (pardon ses « autres victoires ») qu’on est à peu près sur de voir réitérer sur toutes ces nouvelles prises de position dans six mois.

      ceci dit je suis en partie surpris, normalement les points baissent beaucoup plus vite sur les articles de Ségolène

  • Jaycib
    Jaycib
    Désagrégé de l'Université
    • Posté à 18h23 le 20/10/2008
    • Internaute 37053
      Désagrégé de l'Université

    Après tout, Mitterrand a bien fait mine d’appliquer le programme commun avant de prouver par une démarche inverse (Fabius premier ministre) que le programme commun était irréalisable. C’est ce que l’on appelle généralement du « pragmatisme », aujourd’hui pratiqué par ce partisan bien connu de la régulation des marchés contre les excès des financiers qu’est Nicolas Sarkozy...

    On a les « pragmatiques » que l’on mérite.

    M. Marlière semble avoir un tropisme « hamonien », ce qui n’est pas un crime. Mais n’y a-t-il pas une cible commune à Ségolène et à Benoît Hamon : le NPA de Besancenot et les inorganisés (ou peu organisés) de la « gauche de la gauche » ? Beaucoup au PS pensent qu’il faut d’abord faire l’unité à gauche avant d’ouvrir le champ vers le centre et ce lieu géométrique indéfinissable qu’occupent les Verts. De ce point de vue, je ne vois pas très bien ce qui différencie la dame de Poitou-Charente de ses concurrents à la doctrine plus cohérente.

    Au bout du compte, le PS étant un parti minoritaire dans les scrutins nationaux, il va devoir pactiser avec d’autres. Ségolène râcle d’abord à gauche (c’est sans doute ce que lui ont dit ses conseillers, dont JL Bianco, qui connaissait son Mitterrand par coeur), avant un savant ( ?) mouvement de bascule vers un salmigondis de positions plus « souples » décrites dans l’article, très bien rédigé au demeurant.

    C’est un numéro d’équilibriste comme un autre, auquel le PS nous a habitués depuis bien longtemps. A mon sens, il n’y a donc rien de bien nouveau sous le soleil. Les commentaires sardoniques à l’adresse du PS ne me convaincront néanmoins pas de voter pour quelqu’un qui ne soit pas issu de ses rangs. Le problème (de taille !) est qu’il n’y a plus de Jaurès, hélas, et même plus de Blum !

  • iduf91
    • Posté à 18h29 le 20/10/2008
    • Internaute 30714

    Ce propos à charge est à nuancer. Si j’ai bon souvenir, Royal a défendu tout au long de sa campagne l’investissement dans les PME et TPE, la revalorisation des petits salaires, la « flexi-sécurité » fondée sur un investissement dans la formation professionnelle, et a attaqué le capitalisme financier. Ses attaques actuelles contre le libéralisme, si elles sont teintées d’une bonne dose d’opportunisme, ne sont pas pour autant en contradiction avec ce qu’elle prônait auparavant.

  • zorbec
    zorbec
    retraité
    • Posté à 18h43 le 20/10/2008
    • Internaute 9945
      retraité

    Putain,et on n’est qu’à 3,5 ans des présidentielles !
    Et lui,il a été obligé d’aller à Londres pour nous sortir un tel article,après avoir fait tellement d’études,encore un « expert“comme les appréciait Coluche,qui s’autorise à penser...Qu’il réfléchisse un peu sur la crise financière qu’il a peut-être contribué
    à déclencher.

  • getch
    • Posté à 18h50 le 20/10/2008
    • Internaute 2160

    L’auteur de cet article vit à Londres, ville que j’aime.
    L’internet existe, donc aucune excuse pour ne pas connaître l’actualité politique en France, dont les interventions de Royal et ses actions concrètes, notamment en tant que présidente de la région Poitou-Charente. La ligne politique de Ségolène Royal est claire et n’a pas varié depuis des années.
    Un seul exemple : Royal n’a jamais été « sociale-libérale » comme le prétend M.Marlière. Où a-t-il été pêché cela ? Qu’il aille sur le site de Poitou-Charente ou bien qu’il consulte les archives de la RF pour prendre connaissance des paroles et actes de S.Royal. Il n’y a pas plus interventionniste que Royal et ses actes le démontrent.
    Alors, soit les attaques émises dans cet article relèvent de l’inculture politique et ne grandissent pas la réputation de leur auteur, soit elles relèvent de la mauvaise foi, ce que j’ai tendance à croire plus volontiers.
    En réalité, S.Royal défriche une voie nouvelle et cela dérange à gauche comme à droite. Comme sa démarche est complexe, qu’elle n’a pas de tabous, ne correspond pas aux schémas habituels, dérange et risque d’être populaire, la solution la plus simple est de caricaturer. Il s’est passé la même chose pour Mitterand avant qu’il ne devienne chef du PS.

  • RichardTrois
    • Posté à 19h12 le 20/10/2008
    • Internaute 4730

    Il faut croire, Mr Marlière, que vous n’avez pas vraiment lu les écrits de Royal, qui prouvent qu’elle ne s’est pas transformée avec crise financière. Ni même suivi attentivement la campagne présidentielle.

    Sur le SMIC a 1500€, Ségolène Royal est et a toujours été favorable à l’augmentation des minimas sociaux. Maintenant la question soulevée par Royal est celui de la crédibilité de ce projet d’augmentation notamment pour ceux qui gagnent 1,2 fois, 1,5 fois le smic...

    Sur les accents anti-capitalistes, vous oubliez la charge contre les banques et les tarifications banciares qui date de 2006 et des débats participatifs.

    Non, elle n’a pas attendu la crise financière de cet automne pour proposer de réglementer les fonds spéculatifs : cela date de Mai dernier avant les premières faillites bancaires.
    Quant au Zénith elle évoque le remboursement le remboursement des aides publiques lorsque les entreprises bénéficiaires licencient ou délocalisent alors qu’elles font des bénéfices, c’est une mesure qui est mise en oeuvre dans sa région et uniquement là bas.
    Elle n’a pas attendu ni le Zénith ni la crise financière.

    Elle n’est pas non plus « blairiste », elle revendique ce qu’il y a bon dans le retour des travaillistes au pouvoir en UK : l’investissement dans l’Education notamment...

    Le procès à charge est habituel, encore et toujours. Il finit par lasser même les lecteurs les plus indulgents.

  • Asse42-
    Asse42-
    Royaliste engagé contre le N.O.M (...)
    • Posté à 20h14 le 20/10/2008
    • Internaute 25124
      Royaliste engagé contre le N.O.M (...)

    Merci à l’auteur de permettre de rétablir quelques vérités car évidemment je suis loin de partager son avis sur tout.

    Tout d’abord ségolène Royal n’a jamais été Blairiste, elle a seulement dit qu’il avait fait des choses positives ! Je veux dire qu’il faut arrêter de manipuler les consciences et se concentrer sur la véracité des dires surtout si on est un maître de conférences.
    Je constate que ce monsieur ne connait pas, malheureusement, le socialisme et donc pour lui lorsqu’on critique le libéralisme on est forcément marxiste. Ça a été toute l’ambiguïté des dernières années où on a essayé d’assimiler le socialisme au collectivisme marxiste pour la diminuer. Or il se trouve que ségolène Royal justement a permis la mise en évidence d’un socialisme républicain. On sait qu’elle n’a pas de problèmes avec les symboles de la république qu’elle revendique même pour la gauche. Car le socialisme est républicain.

    C’est ce qui fait toute la différence avec ses camarades. Car elle ne construit pas sa vision socialiste sur un dogme marxiste, libéral ou démocrate. Mais sur une vision républicaine du socialisme. Ce qui lui a permis de parler de l’individu, de la nation, des familles, du travail, du mérite etc... Sans tabous et sans dogmatisme.
    C’est ce qui fait son succès durable alors que certains croyaient qu’elle n’était qu’une construction médiatique. Cette trajectoire politique vient de loin. Elle n’a jamais reniée ses valeurs ce qui lui a valu parfois l’hostilité en la qualifiant de « mère la morale ». Car elle a une éthique de la politique qui ne s’embarrasse pas de faux-semblants. Elle dit les choses. Clairement. Et on se rappelle que dans le pacte présidentiel il y avait une critique féroce contre les banques. Tellement féroce qu’on l’avait qualifié de populiste. Or il se trouve qu’elle avait bien vu le problème déjà !

    Comme souvent avec ségolène Royal. Elle est en avance sur tous les autres parce qu’elle est ouverte d’esprit, elle est curieuse, s’intéresse à toutes les expériences politiques et ne s’interdit rien par dogmatisme, pusillanisme ou sectarisme. Tout en conservant ses valeurs de gauche, valeurs féministes et d’indignation. C’est la seule leader d’envergure à ne pas hésiter à prendre des risques pour défendre ses convictions. Chapeau à elle :
    Lien

  • ALLAIN JULES C@MMUNICATION
    • Posté à 21h10 le 20/10/2008
    • Internaute 18202

    Au-delà de la mauvaise foi de certains, Ségolène Royal est bien la persone qu’il fallait à la France. Visionnaire, ce que le Gouvernement fait actuellement, s’inspire largement de son programme. Oui, elle n’a pas su réellement communiquer, pendant sa campagne.

    En revanche, elle n’a pas varié d’un iota. Sa ligne est claire et consise. Je crois bien que, aujourd’hui, que sa motion ne passe pas, le PS se sera définitivement disloqué, en faveur de l’UMPS, ce parti « ni-gauche ni-droite », plus accès sur la collaboration dans une mangeoire, celle de l’UMP.

    Vive Ségolène Royal !

    Lien

  • goalexandre
    goalexandre
    technicien du batiment
    • Posté à 21h36 le 20/10/2008
    • Internaute 45858
      technicien du batiment

    bonsoir

    je ne suis pas maitre de conferences rien qu’un simple ouvrier et je veux dire ceci :

    Segolene royal en tant que femme politique a le droit de postuler aux postes les plus elevés de l’etat
    elle en a les competences les qualitées l’exprience
    selon moi
    pour moi et plein d’amis a moi qui ne serons jamais idolatres ni supporters naifs nous pensons fortement que le temps des femmes est venue et que ça suffit cet acharnement et ce mepris permanent de la ^part de tous ceux qui s’accrochent au pouvoir et qui pensent que la femme sa place est ailleurs

    Segolene est sincere elle dit la veritée elle est a l’ecoute du peuple elle prend en compte ce que nous formulons au travaers de des débats participatifs
    elle a raison sur le non cumul des mandats sur les jurys citoyens sur les referendums sur le droit de petition sur la 6emem republique

    segolene royal est une visionnaire elle voit loin elle anticipera et fera rayonner notre beau pays la France
    la politique par la preuve elle la pratique regulierement en tant que presidente de sa region
    elle s’appuiera sur les vrais besoins de ceux qui en ont le plus besoin

    segolene est une humaniste sincere et convaincu elle fera en sorte avec et pour le peuple que les richesses soient equitablement et honnettement bien reparties

    depuis 3ans que nous la soutenons nous la connaissons bien
    français françaises au pays de droits de l’homme une femme presidente quel exemple pour le monde

    et ainsi le droits des femmes avancera encore

    • xavier-xavier
      xavier-xavier répond à goalexandre
      muntagnolu
      • Posté à 23h05 le 20/10/2008
      • Internaute 23086
        muntagnolu

      Peut-être en faites-vous un peu trop ?
      Si vous êtes un vrai ségolâtre, je trouve votre dévotion pathétique .

      • Pas lolo
        Pas lolo répond à xavier-xavier
        fasciné
        • Posté à 13h20 le 21/10/2008
        • Internaute 29635
          fasciné

        Vous n’avez pas lu ? Le monsieur a écrit qu’il n’était pas ségolatre.
        D’ailleurs, en plus de tout ce qu’il a écrit, il faut faire savoir que Ségolène va bientôt découvrir le vaccin contre le cancer et la fusion contrôlée.

  • Lairderien
    • Posté à 21h38 le 20/10/2008
    • Internaute 22751

    Maître de conférence peut être ! ! !

    Maître de la mauvaise foi surement ! ! !

    Sans verser dans la ségolâtrie primaire, force est de constater qu’en reprenant les dires et les écrits de Mme Royal, on y trouve une cohérence depuis longtemps et nombre de commentateurs ci-dessus ne manquent pas de le rappeler en donnant leurs sources.
    J’ai beaucoup de mal à comprendre cette mauvaise foi de certains quidams anonymes, même « maître de conférences » à londres. Sont ils tellement conditionnés par les médias lagardère/bouigues/rotschild/dassault et les politiciens unis dans le TSSS qu’ils sont incapables d’aller vérifier sur place, c.a.d. dans ses écrits et ses discours ?

  • Marc
    • Posté à 21h55 le 20/10/2008
    • Internaute 5828

    Monsieur Marlière votre statut de maitre de conf ne fait pas vertu.
    Pour info, je renvois à votre article visionnaire sur le vote interne du PS : Lien ... Manifestement, vous être pro-fabiusien limite idolâtrie... c’est votre droit mais cela invalide votre papier sur le fond.
    Enlevé Maitre de conf, remplacé par Fabiusien.

    Lien

    • Lairderien
      Lairderien répond à Marc
      • Posté à 00h18 le 21/10/2008
      • Internaute 22751

      Je ne connaissais pas ce ’’brillantissime’’ article de ce Maître de conf..., mais effectivement je constate que j’avais raison de supposer un conditionnement partisan des tous sauf TSSS ! ! !

      C’est fou ce qu’ils se donnent de mal pour dénigrer plus ou moins subtilement ! ! !

  • mao-tse-toung-
    mao-tse-toung-
    grand démocrate réformateur
    • Posté à 22h05 le 20/10/2008
    • Internaute 41681
      grand démocrate réformateur

    Il parlait pour Ségolène déjà, ! ! !

    Je suis pour le communisme
    Je suis pour le socialisme
    Et pour le capitalisme
    Parce que je suis opportuniste

    Il y en a qui conteste
    Qui revendique et qui proteste
    Moi je ne fais qu’un seul geste
    Je retourne ma veste, je retourne ma veste
    Toujours du bon côté

    Je n’ai pas peur des profiteurs
    Ni même des agitateurs
    Je fais confiance aux électeurs
    Et j’en profite pour faire mon beurre

    Il y en a qui conteste
    Qui revendique et qui proteste
    Moi je ne fais qu’un seul geste
    Je retourne ma veste, je retourne ma veste
    Toujours du bon côté

    Je suis de tous les partis
    Je suis de toutes les patries
    Je suis de toutes les coteries
    Je suis le roi des convertis

    Il y en a qui conteste
    Qui revendique et qui proteste
    Moi je ne fais qu’un seul geste
    Je retourne ma veste, je retourne ma veste
    Toujours du bon côté

    Je crie vive la révolution
    Je crie vive les institutions
    Je crie vive les manifestations
    Je crie vive la collaboration

    Non jamais je ne conteste
    Ni revendique ni ne proteste
    Je ne sais faire qu’un seul geste
    Celui de retourner ma veste, de retourner ma veste
    Toujours du bon côté

    Je l’ai tellement retournée
    Qu’elle craque de tous côtés
    A la prochaine révolution
    Je retourne mon pantalon

  • Marc
    • Posté à 22h18 le 20/10/2008
    • Internaute 5828

    Arrff... j’allais oublier Monsieur Marlière, à la lecture de votre article sur Bellacio (Lien) vous devriez vous féliciter que SR s’éloigne du blairisme (mm si comme l’a fait remarqué qq ce soutien était moins net que vous le dites) un peu comme pour Fabius... n’oublions pas que ce dernier rêver de baisser les impôts en 2001 ... limite l’impôt tue l’impôt

    Lien

    • Pas lolo
      Pas lolo répond à Marc
      fasciné
      • Posté à 13h24 le 21/10/2008
      • Internaute 29635
        fasciné

      Pour moi les deux se valent dans leurs « convictions » profondes.
      Pour ce qui est de l’analyse, disons globale, de la situation j’aurais quand même tendance à favoriser celui qui a pris ses distances par rapport au traité « social » européen et à ses capitaux parfaitement libres de se déplacer sans contraintes d’aucune sorte.

  • AubedeFrance
    • Posté à 08h32 le 21/10/2008
    • Internaute 40692

    « Un petit savoir est dangereux » (Mozart)

    Sous le couvert d’un soi-disant avis d’expert ce monsieur milite de la pire manière possible : en traînant les rivaux dans la boue.

    Au fond, un de ces aspects sordides du libéralisme, du capitalisme que nous réprouvons : nuire à la concurence. L’arme des médiocres.

    Qu’il ait plutôt le courage denous dire pour qui il roule et défende ses qualités, plutôt que de s’associer au lynchage des médias des financiers de Sarkozy ! Mais je l’avais déjà lu sur D@S. Il roule très probablement pour la bande à Jospin. Qu’il soit assuré que si d’aventure Delanoë passe, nous saurons nous souvenir de cet article.

    S’il avait un minimum de rigueur scientifique et d’objectivité, il aurait souligné que le problème d’une candidate à la présidence de la France n’est pas le même que lorsqu’il s’agit de convaincre ceux de son propre parti.

    Même si le coeur et les convictions de Ségolène Royal sont à gauche, elle ne pouvait faire mieux durant sa campagne que s’allier les voix d’un maximum de Français, qui notoirement votent généralement à droite. Inévitablement son discours devait être plus centriste pour convaincre, si elle voulait avoir une chance face à pareil électorat. Avec un discours style PCF, elle aurait fait 5% au premier tour.

    Maintenant elle est libérée de cette contingence et se montrer sous son vrai jour. Plutôt que d’écrire n’importe quoi, demandez-vous plutôt pourquoi elle fait partie du PS depis bien plus longtemps que vous ?

    Si vous voulez mettre Delanoë à la tête du PS, ayez au moins le courage et la dignité de le défendre !

  • norman
    • Posté à 09h18 le 21/10/2008
    • Internaute 23497

    Je suis loin d’être béat d’admiration pour Ségolène mais au moins elle exprime une authenticité politique qui s’écarte des modes du politiquement correct. Elle commet des bourdes, et alors ? Non, je ne regrette pas d’avoir voté pour elle quand je pense au cynisme et au mensonge propagés chaque jour par le pouvoir. Un espoir, qu’elle ne gagne pas le congrès du PS, cela lui couperait les ailes ...

  • MNP
    MNP
    artiste
    • Posté à 10h07 le 21/10/2008
    • Internaute 56516
      artiste

    Merci, Marc d’avoir signalé ci-dessus l’appartenance fabiusienne de Philippe Marlière. Tout est clair, désormais.
    P.Marlière est un militant de L.Fabius. Il faudrait rappeler que Fabius faisait partie de l’aile libérale du PS jusqu’au moment où il a retourné sa veste en essayant un coup de poker. Sentant le « non » monter, Fabius a tenté de coller à l’opinion en opérant un virage à 180 degrés, en faisant campagne pour ce « non », espérant en tirer un profit politique à long terme : prendre le parti par la gauche. Raté....Depuis que Ségolène n’est pas allé « garder les enfants » et a obtenu 17 millions de voix aux élections présidentielles, la fabiusie s’agite, tente d’exister par tous les moyens, y compris les moins démocratiques comme on peut le constater en Seine Maritime, fief de L.Fabius. Imaginons un seul instant la victoire de la motion D, celle de Aubry/Fabius : verrouillage du Parti Socialiste, clientèlisme, fuite des militants et malheureusement, remontée de Sarkozy pour qui le pseudo-gauchiste Fabius constituerait un adversaire idéal.

  • Bon Scott
    • Posté à 10h57 le 21/10/2008
    • Internaute 24531

    Voici ce que relate la Nouvelle République du Centre Ouest ce matin à propos des directives économiques de Ségolène Royal, présidente du conseil régional Poitou-Charentes, dont je suis un habitant ,

    « Ségolène Royal est une gestionnaire exceptionnelle. En ces temps de crise financière et économique, la présidente PS ne veut pas étrangler le contribuable. Elle l’a dit encore une fois et fait la démonstration, hier, lors de la séance publique consacrée au débat d’orientation budgétaire (DOB). /“ Je n’augmenterai pas les impôts et la dette est maîtrisée ”, /a-t-elle lancé à la tribune présidentielle. Depuis 2005 Ségolène Royal tient bon la barre de la collectivité territoriale en refusant – parfois en provoquant des vagues avec son 1^er vice-président, Jean-François Fountaine – de lever l’impôt. Y compris la fraction régionale sur la TIPP (taxe intérieure des produits pétroliers), se privant ainsi de 25 M€ de recettes sur deux exercices.
    Que les contribuables picto-charentais se rassurent : la dette (298 M€) est entre de bonnes mains : il y a 22 contrats signés et 8 prêteurs. /“ Cela nous permet d’envisager dans un confort intellectuel le travail qui sera conduit en 2009 ”, /a souligné Bernard Grasset, président de la commission des finances. Pas convaincant pour le chef de file de l’opposition, Henri de Richemont : /“ Si vous réduisez l’investissement, vous ne pouvez pas lutter contre la récession ”. “ Mais non, /rétorque Ségolène Royal, /les investissements augmenteront de 5 M€ en 2009 grâce à l’excédent financier sur le fonctionnement. ”/
    Mais, hier, Ségolène Royal n’avait qu’un message à faire passer : le plan de soutien au développement des PME de Poitou-Charentes doté de 6 M€. La Région débloque 1 M€ pour garantir des prêts pour un volume de 12 à 15 M€, garantit des prêts de moyen terme, mis en place par OSEO (avec un coût de 600.000 euros, cela permettra de financer 50 % de plus d’entreprises), accompagne les projets innovants en augmentant la dotation du fonds régional d’innovation (+ 2,4 M€) et crée un nouveau fonds de capital-risque doté de 2 M€. L’initiative semble séduire sa majorité y compris Jean-François Fountaine : /“ La commande publique est essentielle pour relancer l’activité. ”/ “

    Didier Monteil NR

    Il faut dire, que la NR n’est pas un journal qui défend les idées de gauche, ce journal a plutôt tendance à cirer les pompes du petit corps malade et de son équipe de fantoches, à Poitiers, la NR aimait l’ancien Président en la personne du parasite de la République, j’ai nommé J.P.Raffarin, celui là même, qui dernièrement avait prévu une cérémonie grandiose pour fêter son titre de deuxième personnage de l’Etat (Président du Sénat ), merde raté tout a été annulé et sa femme, qui siège au conseil municipal de Chasseneuil du Poitou, n’a plus donner signe depuis la débâcle de son mari !

    Etonnant non ? !

    • Pas lolo
      Pas lolo répond à Bon Scott
      fasciné
      • Posté à 13h30 le 21/10/2008
      • Internaute 29635
        fasciné

      « Etonnant non ? ! »

      Vous avez une idée du montant :
      -des annonces légales / des pubs que fait paraître la région/conseil général etc...
      -des subventions discrétionnaires etc...

      dont bénéficie ce canard ?

      Parfois cela peut expliquer (dans une optique procés d’intention, bien sur) une certaine complaisance vis-à-vis de l’exécutif local.

  • the man who wasnt there
    • Posté à 11h53 le 21/10/2008
    • Internaute 23626

    Cher,RUE 89,Quand est-ce que vous comprendrez qu’on en veut plus de votre Delanoé et de vos Strauss-Kahn-Fabius-Aubry-Jospin-Holland ? Tout ces elephants rouillés et magouilleurs.Voter pour eux c’est continuer sur la ligne de l’immobilisme et de la mollesse politique.
    Que ferez-vous si la motion de Royal est désignée ?
    Continuerez-vous à taper sur elle et contester sa légitimité à diriger le parti ?

  • Observateur_Alien
    Observateur_Alien
    Management
    • Posté à 12h18 le 21/10/2008
    • Internaute 56546
      Management

    Si je comprends bien l’auteur de cet article quelque peu alambiqué, le reproche fait à Ségolène Royal serait de changer de positionnement politique à la faveur de la crise financière actuelle.

    Le problème que M. Marlière a c’est qu’il n’y a pas de changement de position. Par exemple l’idée de faire rembourser les aides publiques par les entreprises qui délocalisent malgré la réalisation de bénéfices, cette idée n’est pas sortie du chapeau le 24 septembre dernier au Zénith, elle faisait partie des propositions déjà faites par Mme Royal pendant la campagne de 2007. M. Marlière demande « Qui, exceptés Olivier Besancenot et Arlette Laguiller, prônerait cela aujourd’hui à gauche ? », je peux lui répondre : Barack Obama le fait aux Etats-Unis… et je suis sur qu’en creusant un peu, on pourra trouver des propositions similaires dans des documents du PS, enfin je l’espère.

    « Quelles alliances souhaite-t-elle ? L’union des gauches revendiquée au Zénith ou un partenariat avec le Modem, déjà recherché dans l’entre-deux tours de l’élection présidentielle ? » nous demande l’auteur. La réponse est qu’il faut les deux ! 2007 a bien montré que sans l’apport de voix provenant de ces deux camps, tout candidat du PS ne peut espérer bâtir une coalition électorale victorieuse. La vérité est que la gauche/centre gauche en France doit absolument entrer dans une ère post-partisane, faute de quoi elle sera condamnée à demeurer dans l’opposition. Que Ségolène Royal et ses soutiens soient les seuls à l’assumer au PS est bien inquiétant pour l’avenir politique de ce parti.

    • Pas lolo
      Pas lolo répond à Observateur_Alien
      fasciné
      • Posté à 13h36 le 21/10/2008
      • Internaute 29635
        fasciné

      « L’union des gauches revendiquée au Zénith ou un partenariat avec le Modem, déjà recherché dans l’entre-deux tours de l’élection présidentielle ? » nous demande l’auteur. La réponse est qu’il faut les deux « 

      Pour sur. Les deux. On pourrait même inclure le NC. Tant qu’on y, l’UMP et même les modérés du FN.

      L’important, c’est que Ségolène soit élu par les électeurs, comme elle l’a déjà été par le seigneur.

      La politique qu’elle, ou plutôt ses collaborateurs ménera, dépendra de l’attribution aléatoire des postes, et surtout de l’air du temps.

      Au fait, c’est pour quand la soirée diapos de ses vacances au Tibet ?

    • compte supprimé16
      compte supprimé16 répond à Observateur_Alien
      révolté
      • Posté à 21h16 le 21/10/2008
      • Internaute 53568
        révolté

      Qu’est-ce que vous appelez gauche dans votre expression « gauche/centre gauche » ?

      • Observateur_Alien
        Observateur_Alien répond à compte supprimé16
        Management
        • Posté à 07h16 le 22/10/2008
        • Internaute 56546
          Management

        Gauche s’étendrait de ce qu’on appelle « l’aile gauche du PS » (Hamon, Fabiusiens, Emanuelli, Melenchon)à Besancenot, en passant par le PC etc.

  • Loone
    Loone
    Gérant de PME innovante
    • Posté à 13h38 le 21/10/2008
    • Internaute 55800
      Gérant de PME innovante

    Les évolutions constatées sur le rendu final de la ligne politique de Ségolène Royal relèvent de deux facteurs :
    1- Les évolutions de cette ligne
    2- Les évolution de la perception de cette ligne par les commentateurs.
    Tout mettre sur le compte du premier facteur est malhonnête : les journaliste sont des girouettes qui donnent le sens du vent à différentes altitudes. Tout ceci n’a rien à voir avec la vérité, nous le savons bien et c’est tant mieux !
    Tout aussi subjectivement je peux vous dire : ce qui frappe quand on choisit de soutenir SR, c’est sa constance. Mon premier argument en Août pour dire que j’allais vers elle pour le congrès a été de dire : « Au moins je sais ou je vais ». Et je ne suis pas déçu, c’est peut-être en Prada, mais c’est à gauche toute : Espoir.

  • anamaywong
    • Posté à 16h41 le 21/10/2008
    • Internaute 2868

    Pardon monsieur ; madame Royal ne porte jamais de tailleur PRADA !
    Elle s’habille plutot en pret-porter de base...
    Vous savez combien ça coute un tailleur Prada ?

    Puisque vous êtes fabuisien les retournements de veste de votre candidat sont notoires...et bien moins compehensibles que ceux de Madame Royal....

    Mais bon sang pour qui allons nous voter ?
    Fabius l’opportuniste ?
    DSK : too many casseroles.
    Aubry la dame des 35 heures ?
    Delanoé à paris c’est trés bien.

    Alors quelle est la solution ?
    Que Royale quitte le PS ? Certains en rêvent, mais j’en ai peur ce sera la fin du PS.

    De toutes façon si elle est élue ils feront tout une fois de plus pour lui mettre les batons dans les roues, comme durant les présidentielles ou ils ont été proprement infects..On leur doit vraiment la victoire de sarkozi.

    Alors attendons le messie et ce sera sarkozi.
    Elle n’a pas fini de vous emmerder !

  • compte supprimé16
    compte supprimé16
    révolté
    • Posté à 21h20 le 21/10/2008
    • Internaute 53568
      révolté

    Philippe Marlière connaît fort bien le parti socialiste car il en était... au moins jusqu’en 2003 voire peut-être 2004. Je ne sais si c’est toujours le cas mais ce lien est assez courant chez les chercheurs en science politique observant le parti socialiste, ce qui leur permet de décrire assez fidèlement le désarroi des militants face au jeu très répandu du positionnement stratégique à l’intérieur du parti, popularisé par François Mitterrand et joué par TOUS les leaders actuels.

    Pour avoir été également membre du PS (plusieurs sections et fédérations entre 2003 et 2007), je sais aussi que le débat interne entre les courants peut atteindre un degré de haine tel qu’il a désespéré le militant de base que j’étais. Ce phénomène est d’ailleurs fort bien décrit par Fédéric Sawicki er Rémi Lefebvre dans leur livre « la société des socialistes ».

    Si je reconnais l’errance idéologique de Ségolène Royal décrite par PM, je me garderai bien d’isoler la grande copine au socialisme conservateur et compassionnel dans une partie qui est jouée également par les autres dirigeants du PS. Cela prend d’autres formes qui ne sont guère plus nobles, comme le revirement de Fabius sur l’Europe en 2005 qui répondait à un nécessaire repositionnement de l’ex plus-jeune-premier-ministre pour continuer d’exister politiquement. Je pense que Pervenche Béres, députée européenne et fabiusienne, n’est pas encore remise d’avoir du soutenir le non de son chef de meute.

    Considérons d’autres critères pour juger les leaders socialistes qui vont à Reims. Le profil par exemple. Quant je vois que Monsieur Hamon, qui a sans doute une meilleure cohérence idéologique que Madame Royale, affiche à 41 ans un parcours d’apparatchik djeune comparable à celui d’un futur vieux cacique des instances dirigeantes du PC chinois, je me pose des questions sur sa capacité à rénover la vie politique (dans et hors du PS) s’il était en position d’agir dans ce domaine. Sans compter qu’au Mans, après avoir claironné tout sauf Hollande, Hamon est allé avec le NPS à la soupe de la synthèse pour un petit poste de secrétaire national. Il en a démissionné, il y a un an ? A votre avis pourquoi ? Ce comportement est-il plus glorieux que la balade idéologique de Royal ? Est-ce que cela fait de Hamon un dirigeant potentiellement plus fiable ?

  • jma14
    • Posté à 19h35 le 21/10/2008
    • Internaute 31729

    On parle de Ségolène Royal ? Celle qui a fait une fausse déclaration au fisc en sous estimant sa maison à Menton ?

  • el Chiquito
    el Chiquito
    en promenade
    • Posté à 16h00 le 22/10/2008
    • Internaute 45214
      en promenade

    Restez à Londres M. Marlière ...et taisez-vous. Cet article est complétement inutile dans le débat actuel.

    • jma14
      jma14 répond à el Chiquito
      • Posté à 19h33 le 23/10/2008
      • Internaute 31729

      « Taisez-vous » ?
      Nous ne sommes ni en ex-URSS, ni à Cuba, ni en Corée du Nord.
      Il n’y a pas lieu de se taire, surtout qu’en on annonce la vérité. Si cela peut vous calmer cet article aurait pu être écris sur n’importe quelle politique.

  • William Tel
    William Tel
    à Lille
    • Posté à 21h58 le 22/10/2008
    • Internaute 24846
      à Lille

    Plus on y réléchit, plus la motion de P.Hammon paraît la seule à tenir la route. Si les adhérents veulent avoir une chance d’éviter le pire dans 4 ans (la réélection du même), qu’ils aient l’intelligence stratégique de porter en avant quelqu’un qui ne paraissent pas usé d’avance et dont l’absence de « notoriété » permettra à davantage d’électeurs d’y croire un peu.

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