Chez Bruno Masure

Le regard du chroniqueur Bruno Masure sur l'actualité.

Sarkozy sur TF1 : les conseils de Masure à Pernaut et Ferrari

Publié le 22/01/2010 à 11h55


Nicolas Sarkozy sera sur TF1 lundi 25 janvier à l'occasion d'une « soirée spéciale ». En squattant, avec l'aimable complicité de son ami Bouygues, la soirée sur la principale chaîne, à moins de deux mois d'élections régionales qui s'annoncent compliquées, Nicolas Sarkozy met le paquet, comme dirait son ami Bigard.

L'émission sera articulée en deux parties, sorte de « double peine » pour les téléspectateurs. Avec, en vedette américaine, Laurence Ferrari, pas grand chose à craindre. Ensuite, avec l'ami Jean-Pierre Pernaut, on va rentrer dans le dur puisqu'il sera question des « préoccupations » des Français.

Donc aucune diversion à redouter sur par exemple l'émergence des minarets dans le ciel de France, le port de la burqa ou encore l'identité nationale, des sujets qui n'empêchent pas un Français sur 100 000 de dormir.

Une suggestion cher JPP : suite à la polémique sur l'usage effréné des sondages par la présidence payés -très cher- sur fonds publics, demande en passant à Nicolas Sarkozy : « L'Élysée, combien ça coûte ? »

Frilosité journalistique

Trêve de plaisanteries. La vraie fausse bonne idée du panel des Français « moyens » a déjà été utilisée (et usée jusqu'à la corde) lors de la campagne présidentielle, par TF1 déjà. Souvenez vous, lorsque Ségolène relevait les paralytiques... Et que les différent(e)s candidat(e)s proféraient approximations, erreurs, voire énormités, sous le regard placide de ce bon PPD, si content d'être sur la photo, qui passait tranquillement les plats sans jamais réagir.

C'est le travail des journalistes, censés connaître et travailler leurs dossiers, de poser des questions pointues, de pousser le Président dans ses retranchements, de le mettre face à ses contradictions.

Ne rêvons pas, cela relève en France, sous notre monarchie républicaine, de l'exercice impossible, comme je l'ai expliqué dans mon -excellent- ouvrage « Journalistes, à la niche ? ».

Depuis Michel Droit face au général de Gaulle jusqu'à Jean-Pierre Elkabbach servant la soupe à tous les Présidents successifs depuis Pompidou, trop de révérence obligée devant nos monarques (bien-aimés), qui font et défont les carrières. Trop de frilosité dans nos gènes, voire de complicité avec la Cour.

Rappelez- vous les rires gras de ses confrères accompagnant l'allègre piétinement de Laurent Joffrin par Sarkozy lors de son unique conférence de presse à l'Élysée. (Voir la vidéo)


Deux suggestions ?

  • Laisser à des journalistes étrangers en poste en France le soin de passer à la moulinette la politique du pouvoir. Pour une fois, le programme ne serait plus « Ecoutez la déférence »
  • Prévoir une séquence confiée à Yann Barthès, aidé de son « placard à archives »

L'occasion de rappeler, par exemple, images à l'appui, que Sarkozy avait promis-juré que jamais GDF ne serait privatisé ou que lui à l'Élysée, on ne verrait plus aucun SDF mourir de froid dans nos rues dans les deux années suivant son élection.

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  • C. Creseveur
    C. Creseveur
    D'actualité, de dessin surtout
    • Posté à 12h21 le 22/01/2010
    • Internaute
      D'actualité, de dessin surtout

    Nous connaissons tous la réputation d'insolence et d'impertinence de ces deux journalistes.

    Sarkozy doit les redouter, et il prépare sans doute en rigolant, pardon activement, toutes les questions, euh, non ! : réponses (puisqu'il ne connaît pas les questions ! ).

    On mesure à cet événement l'audace et le courage politique de monsieur Sarkozy.

  • flixp
    flixp
    Aboyeur
    • Posté à 12h23 le 22/01/2010
    • Internaute
      Aboyeur

    une question, est-ce que cela sera pris en compte dans le temps de parole de l'UMP ?

  • Jahnus
    Jahnus
    Consultant
    • Posté à 12h32 le 22/01/2010
    • Internaute
      Consultant

    Bin Bruno ? il est où le proverbe ? La citation ?

  • Magambetov
    • Posté à 14h24 le 22/01/2010

    J'aime bien l'idée d'interviewer le président de la république par des journalistes étrangers, ça nous donnerait un sacré bol d'air.
    Dans ce cas pour que cela fonctionne il faudrait qu'il reste employé par leur rédaction d'origine et qu'elle soit indépendante économiquement d'un groupe industriel français.

  • Lebartek
    • Posté à 14h40 le 22/01/2010
  • theshadedcucumber
    • Posté à 15h11 le 22/01/2010

    C'est vrai que les journalistes politiques français font preuve d'une certaine déférence à l'égard de nos hommes et femmes politiques, et pas seulement ceux qui exercent le pouvoir (ils ménagent probablement leurs arrières en cas de changement de majorité prochaine...).

    Ca fait des années que ça dure et il me semble que ce ne soit pas prêt de s'arrêter.

    Parfois, on a l'impression que les journalistes ont simplement envie de garder leur place bien chaude... parfois qu'ils sont carrément incapables de poser les bonnes questions parce qu'ils ne maîtrisent absolument pas les sujets (ce qui, à la rigueur, est encore pire ! ).

    Il ne me semble pas d'ailleurs qu'à l'époque des Bruno Masure et consorts, les questions étaient particulièrement plus pertinentes. J'ai surtout l'impression que les journalistes qui ne font pas les interviews sont étrangement plus vigoureux que ceux qui les font... et se changent en doux agneaux lorsque vient leur tour.

    En fait, j'aimerais bien voir des journalistes comme Eric Zemmour (qu'on aime ou pas) faire ce genre d'interview. Je suis convaincu qu'il oserait poser les questions qui fâchent, y compris à des mecs de droite.L'idéal serait d'avoir aussi un Zemmour de gauche pour réaliser une interview « bicéphale » !

  • hervé fell
    • Posté à 15h20 le 22/01/2010
    • Internaute
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