Chez Pascal de Lima

Dans son blog, Pascal de Lima réagit à l'actualité économique et financière.

Wall Street et la FED ont achevé le trader Jérôme Kerviel

Pascal de Lima
Enseignant d'économie à Sciences-po Paris
Publié le 24/07/2010 à 13h09

L’affaire Kerviel est une aubaine pour ceux qui rêvent d’imposer sans aucun fondement une taxe bancaire. Cette affaire pose un problème de fond : la chose la plus difficile est d’être capable de distinguer, lorsqu’un chiffre diminue ou augmente, la part qui peut-être attribuée au comportement des individus, de celle qui peut être attribuée à la conjoncture économique dans son ensemble. Les affaires, et notamment celle que l’on baptise maintenant « l’affaire Kerviel », n’échappent bien évidemment pas à la règle ni même l’affaire du quasi-défaut Grec.

Lorsqu’un Etat comme celui de la Grèce est en quasi défaut, cette situation est-elle liée à une mauvaise gestion des finances publiques du gouvernement grec ou est-elle le résultat d’une conjoncture économique globale déplorable ? Cette question est absolument essentielle : lorsqu’un client fait défaut, cela est-il lié à son comportement personnel irrationnel, ou au contraire à une dépression économique du secteur dans lequel il travaille ?

Pourquoi la situation d’un trader échapperait-elle à la règle ? Lorsqu’un trader fait une perte latente de 4,9 milliards d’euros, il est tout aussi difficile de séparer la part imputable à sa mauvaise gestion ou son incompétence, de celle qui est directement imputable à la crise économique et financière !

Les dix derniers prix Nobel n’avaient pas prévu la crise

Il n’est pas question ici de discuter du caractère frauduleux ou non des opérations, ou sur le fait de savoir s’il s’agit plus d’une faute professionnelle que de pénal... Mais le fait de masquer une partie des déficits publics grecs avec l’aide de Goldman Sachs, n’est pas l’essentiel, surtout s’il s’agit d’une opération financière assez banale en finance.

Il ne s’agit pas non plus de savoir si les opérations financières
sophistiquées, mais somme toutes assez banales, auxquelles s’est livré
Kerviel, étaient interdites à la Société générale. D’ailleurs observons que si la Société générale accuse Kerviel à tort ou à raison, elle créée aussi le cataclysme tant attendu par certains qui permet maintenant de justifier une taxation des banques... C’est aussi le retour du boomerang.

En revanche, on peut souligner quand même que dans les deux cas une partie de la perte (ou de l’endettement public) était due à la conjoncture économique que personne, ni même les dix derniers prix Nobel d’économie, n’avaient prévue. Une autre partie pourrait être directement imputable à l’incompétence du trader et à son manque d’anticipation.

Dans ce cadre, il paraît difficile d’imaginer qu’une fraude de 4,9 milliards d’euros puisse être imputable à un seul homme dans un environnement mondial et globalisé comme l’est celui de la finance. Si l’opération était une simple interdiction locale, il s’agirait alors d’une faute professionnelle mais qui n’explique pas économiquement la question des 4,9 milliards de perte, montant colossal. Le non-respect des critères de Maastricht par la Grèce et par des trucages, est-il responsable des 140% d’endettement public de la Grèce rapporté au PIB ?

Georges Papaconstantinou mériterait-il lui aussi un procès ?

Une crise financière considérable s’est abattue sur la planète finance au moment de la perte des 4,9 milliards d’euros qui trouve sa source de l’autre coté de l’Atlantique. Et c’est bien le politique, principalement la FED et ses augmentations de taux directeurs entraînant une prise de risque inconsidérée, qui a tué Kerviel.

Est-il nécessaire de l’achever une deuxième fois ? C’est donc bien l’effondrement de Wall Street au moment de l’éclatement de la crise financière qui a, par des mouvements spéculatifs virtuels et déraisonné, accéléré la perte latente de Jérôme Kerviel. Oui, certains mettront en avant la fraude possible du trader. Mais on parle ici, d’éthique financière !

Qu’en est-il de l’honnêteté des dirigeants qui, dans la gestion des comptes publics, voudraient trouver un bouc émissaire financier au moment ou l’on cherche à taxer les banques pour résorber une partie des déficits !

Le ministre grec des Finances Georges Papaconstantinou mériterait-il aussi un procès ? Probablement pas. Car si la malhonnêteté politique se solde souvent par des propos apocalyptiques sur la conjoncture économique défavorable qui permettent de pardonner la situation, le manque d’éthique financière lui, doit visiblement toujours se solder par une exécution du bouc émissaire, une sanction pénale, et une accusation sans aucun fondement, comme d’accoutumée, du monde bancaire et financier.

Aller plus loin
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  • A déménagé le 13-10-2012 4
    • Posté à 13h22 le 24/07/2010
    • Internaute 1645
      non connue

    Il devrait apprendre la photo .

  • nipivime
    nipivime
     ; -
    • Posté à 13h39 le 24/07/2010
    • Internaute 503
       ; -

    « une aubaine pour ceux qui rêvent d’imposer sans aucun fondement une taxe bancaire »... Et pour ceux qui veulent, avec des arguments, des raisonnements et donc des fondements, mettre en place une taxation des banques ?
    Choix des mots...

    • Adéménagé le 3 janvier 2011
      • Posté à 13h45 le 24/07/2010
      • Internaute 29846
        menuisier

      Oui, on voit tout de suite « d’où il parle » comme on disait avant.

      • thierry reboud
        • Posté à 14h00 le 24/07/2010
        • Internaute 20923

        P’tain, entre Terra Nova et celui-là, c’est carrément festival, aujourd’hui ! Fromage et dessert, comme qui dirait...

         
        • Adéménagé le 3 janvier 2011
          • Posté à 14h37 le 24/07/2010
          • Internaute 29846
            menuisier

          Ouai,je vais finir par demander l’asile politique aux « Echos »..

          Si ça se trouve c’est là-bas que la gauche elle cause.

          • Le Putsch
            Le Putsch répond à Adéménagé le 3 janvier 2011
            Konopsoproctotrype putatif
            • Posté à 20h46 le 24/07/2010
            • Internaute 76118
              Konopsoproctotrype putatif

            Ça tombe bien, ce vendredi, il y avait un dossier assez intéressant sur la fiscalité des hauts revenus, et ils expliquaient que les 1% les plus riches de France payent en moyenne 20% d’impôt sur leur revenu, bien en-deça du « taux facial » (statistiques de l’INSEE).

            Je doute cependant que cela pose problème à notre intervenant du jour. Un système correct ne devrait pas avoir besoin d’une « éthique » pour fonctionner (ou du moins prétendre servir à quelque chose).
            Le problème vient de la très excessive taille des marchés financiers comparé à leur utilité pour les entreprises (financer l’investissement des entreprises, réorganiser leur propriété et assurer la liquidité des titres).
            Taille excessive qui a été abondamment gonflée par les politiques de tous bords qui ont autorisé la création de nouveaux marchés boursiers. Entre 85 et 89, par exemple, Fabius, Mitterrand et Chirac furent responsables de la création de : [je cite ma source à partir d’ici]

            - Les certificats de dépôts, c’est-à-dire l’autorisation pour les banques d’emprunter sur le marché des titres courts négociables ouverts à tous les investisseurs (1985).

            - Les billets de trésorerie, c’est-à-dire la possibilité pour les entreprises d’emprunter sur le marché des titres courts négociables ouverts à tous les investisseurs (1985).

            - Les bons du trésor négociables, c’est-à-dire la possibilité pour l’ensemble des agents économiques de souscrire à des titres courts émis par l’État, cela comprend les Bons du Trésor Négociables, les Bons à Moyen Terme Négociables (B.M.T.N.), les Certificats de Dépôt Négociables et Billets de Trésorerie (1985).

            - La Caisse de Refinancement Hypothécaire (C.R.H.) qui instaura un grand marché hypothécaire ouvert à tous les agents économiques (1985).

            - Le marché à terme d’instruments financiers (M.A.T.I.F.) qui permet la création d’une composante « terme » sur un marché qui n’existait jusqu’à présent qu’au comptant (1986).

            - Le Marché des Options Négociables de Paris (M.O.N.E.P.), alors que jusqu’ici le marché financier ne connaissait que l’achat ferme d’actions (le système des options n’existait que pour les matières premières), dorénavant il pourra passer des contrats d’options sur des actions. Il s’agit d’un contrat par lequel l’une des parties s’engage à fournir à l’autre jusqu’à une date donnée un volume donné d’actions à un prix convenu à l’avance, sans qu’elle les possède en propre, c’est-à-dire qu’il aura la possibilité d’acheter ou de vendre des actions qu’il ne possède pas (1987).

            - Les entreprises d’investissements remplacèrent en 1989 les agents de change qui disparurent, tout établissement financier put créer sa société d’investissements.

            Source : Lien

            Venir demander aux acteurs financiers de faire preuve d’éthique au sein de structures que les États ont voulu, alors que ceux-ci défendent en théorie l’intérêt général, c’est assez fort.

          • Tokani
            • Posté à 06h43 le 25/07/2010
            • Internaute 71184
              Oldmole

            « Si ça se trouve c’est là-bas que la gauche elle cause. »
            Eructer au lieu de penser n’est pas de gauche du moins je veux l’esperer...

        4 autres commentaires
    • Yaumegui_from_Paris
      Yaumegui_from_Paris répond à nipivime
      « Il ne suffit pas d'être (...)
      • Posté à 20h04 le 24/07/2010
      • Internaute 8001
        « Il ne suffit pas d'être (...)

      Martine a un gros fondement. Titine Présidente !

  • Adéménagé le 3 janvier 2011
    • Posté à 13h44 le 24/07/2010
    • Internaute 29846
      menuisier

    Il n’y a nul besoin de Kerviel pour « ceux qui rêvent d’imposer sans aucun fondement une taxe bancaire. “

    Il suffit de penser que les activités spéculatives des banques, des fonds de pension, des assureurs, etc sont fondamentalement mortifères, ne servent en rien l’économie réelle, bien au contraire.

    Moyennant quoi, l’idée d’une taxe tient plus du placébo qu’autre chose.

    Une nationalisation à sec (sans indemnité ni compensation considérant que les actionnaires se sont goinfré suffisament) et l’interdiction desdites spéculations, serait un remède un peu plus sérieux.

    • PonG
      PonG répond à Adéménagé le 3 janvier 2011
      rationaliste fondamentaliste à (...)
      • Posté à 03h20 le 26/07/2010
      • Internaute 14407
        rationaliste fondamentaliste à (...)

      Sur la nationalisation des banques et l’art de faire passer le goût du pain à ceux qui se sont empiffré, lire l’indispensable Frédéric Lordon dans cet article :
      Lien

      Un extrait de la prose du père Lordon :
      « S’il apparaît que du fait des propriétés très spéciales du crédit en économie de marché capitaliste le secteur bancaire est le détenteur de fait des intérêts matériels supérieurs de la communauté, et qu’il dispose des moyens objectifs de forcer la communauté à lui accorder tout ce qu’il demande, alors il doit être rendu à la communauté. “

      Ca parait pourtant simple.

      • rilax13
        rilax13 répond à PonG
        • Posté à 12h28 le 26/07/2010
        • Internaute 39869

        Non. On a séparé les pouvoirs ce n’est pas pour remettre le pouvoir de l’argent dans l’escarcelle de l’état.. Si on redonne les banques à l’état, alors les banques redeviendront un levier lors des élections. (Comme la hausse des taux d’intérets pour les livrets avant les élections). En revanche si on doit mettre de nouvelles règles pour empêcher que des entreprises privées contrôlent la communauté alors là oui. C’est sur qu’avec un endettement important les économies publiques deviennent dépendantes des créanciers..

        Pour revenir à l’article, vous mélangez un peu tout et vous semblez trouver normal qu’un trader seul puisse avoir 4 milliards de positions en bourse ? Que les pertes se soient accentuées admettons, mais ce n’est pas une raison pour autant. Le britannique qui a acheté 6% de la production de cacao c’est fait (ou se fera peut être coincé) car sa manœuvre a été connue du marché, il a donc changé les règles du jeu. Quand Kerviel a massivement investi sur le marché Allemand, on ne savait pas qui était cette personne et qu’elle était son but, il a pourtant soutenu le marché allemand de façon très forte et la fait progressé..

        Mais surtout le dernier point c’est que Kerviel est un français issu d’écoles françaises dont vous êtes vous même un des acteurs. voila qui explique très facilement l’orientation de votre chronique.

         
        • pythéas.
          pythéas. répond à rilax13
          oui
          • Posté à 00h59 le 28/07/2010
          • Internaute 70174
            oui

          Lordon ne propose d’ailleurs pas de refiler le bébé à l’État. Il est plutôt pour la création d’un secteur de type « redistributif », façon sécu, caisses de retraites, pas un guichet unique, et pas un service public, mais un/des organisme(s) à mission de service public, à but non lucratif. Il l’a souvent dit, un état n’est pas forcément vertueux et les contre-pouvoirs sont nécessaires. Proposition à débattre de toute façon, il est pas du genre dictateur...

        1 autres commentaires
  • A déménagé le 02-02-2012-2
    • Posté à 14h11 le 24/07/2010
    • Internaute 82025
      non connue

    « la conjoncture économique que personne, ni même les dix derniers prix Nobel d’économie, n’avaient prévue »

    Tout est là.

    Les aficionados de ce type d’économie (ie : libérale) ne peuvent voir ce qu’ils n’ont jamais vu : un système qui allait dans le mur, aussi sûrement que la pierre jetée en l’air retombe par terre.
    Comment une économie autant basée sur la foi pourrait-elle décerner un prix Nobel à qui que ce soit qui la remette totalement en cause ?

    Et pourtant, tout ça est tellement prévisible... avec un point de vue éloigné d’un écran de Wall Street, bien sûr.
    Lien

    • Adéménagé le 3 janvier 2011
      • Posté à 14h40 le 24/07/2010
      • Internaute 29846
        menuisier

      A « La bas si j’y suis », ça ne fait guère que trois ou quatre ans que la disproportion du secteur financier et sa non-régulation font l’objet de dignostics alarmistes..

      Mais bon, tant que Minc disait que tout va bien..

      Tiens au passage, le « stress test », il met combien de temps à être couvert de ridicule, démenti par les faits, selon toi ?

      • A déménagé le 02-02-2012-2
        • Posté à 14h50 le 24/07/2010
        • Internaute 82025
          non connue

        J’ai déjà entendu des avis moqueur avant même qu’on ait les résultats.
        C’est tellement cousu main que ça n’intéresse que le grand public (ou l’idée que les journalistes se font du grand public). Tu penses bien que les marchés financiers s’en tapent, de leur stress test...
        A la limite, ils vont attendre que les banques qui l’ont raté s’écroulent un peu pour faire une OPA, ou simplement spéculer à la baisse.

    • Tyrian
      Tyrian répond à A déménagé le 02-02-2012-2
      Informaticien
      • Posté à 19h53 le 25/07/2010
      • Internaute 61861
        Informaticien

      Rien n’est dis en prime, sauf des mensonges. Des économistes avaient prévus cette crise dans les moindres détails, y compris sa source, c’est à dire les subprimes (mais qui n’auront été que le déclencheurs et le révélateur d’un ensemble de problèmes). Cet article est un pur mensonge très orienté.

  • unagi-
    unagi-
    卑語
    • Posté à 15h45 le 24/07/2010
    • Internaute 24252
      卑語

    Plus le foutage de gueule est gros et plus vous avez l´impression que ca peut passer. C´est aussi à ca que l´on vous reconnait et au mensonge comme seule argumentation.
    Taxe Tobin proposée en 1972 lors d’une conférence à l’Université de Princeton afin de diminuer la spéculation boursière, pas sur que kerviel soit né.

    le prix Nobel d´économie s´appelle Le prix de la Banque de Suède en sciences économiques, aucun rapport avec le Prix Nobel. Comme si on pouvait comparer les travaux du premier maquignon venu avec Marie Curie.
    Un des seuls économiste à avoir prévu la crise évidement n´a pas de Nobel, ce qui peut éclairer la valeur de ce prix.

    Peter Schiff
    est un financier diplômé de Berkeley. C’est un des rares gros calibres du milieu autorisé à avoir prédit l’actuelle crise financière (noter dans cette vidéo comme ses contradicteurs de l’époque le font passer pour un illuminé). Selon lui, les mesures officielles actuelles ne font qu’aggraver la situation :
    « The brutal truth that no one in Washington dares acknowledge is that our systemic economic problems can only be solved by a reduction in consumer borrowing and an increase in savings. We must repair our national balance sheet and a painful recession is the only path to achieve this. By interfering with the market’s attempts to bring this necessary change about, all the proposals currently coming from Washington or bubbling up from think tanks and Nobel prize-winning economists, will only exacerbate the imbalances and lay the foundation for even greater losses and a larger crisis ».
    En octobre, il émet publiquement l’hypothèse de la loi martiale. Dans diverses interviews, ou compilations, il défend le probable effondrement du dollar. Le 8 décembre, sur CNN, alors qu’il s’apprête à faire des révélations importantes, il est purement et simplement censuré en direct.

    Quant à kerviel c´est votre bouc émissaire celui qui vous permet de dire que la crise n´est pas la faillite de votre idéal économique mais seulement le fait d´un aventurier.

    Vous devriez commencer à arrêter de ne prendre les gens que pour des cons.

  • unagi-
    unagi-
    卑語
    • Posté à 15h56 le 24/07/2010
    • Internaute 24252
      卑語

    En pleine crise financière, face à la désinvolture des grandes banques, les dirigeants des pays capitalistes tapaient du poing sur la table. Les plus audacieux en appelaient à une moralisation du capitalisme, par peur d’une mise en cause plus profonde du système. Depuis, les promesses ont disparu. Seule reste la mystification.

    Moraliser le capitalisme s´avère, en toute rigueur, impossible, puisque celui-ci est en lui même immoral, qu´il se met au service d´une minorité fortunée, instrumentalisant la grande masse des travailleurs, niant leur autonomie. Exiger sa moralisation devrait conduire en réalité à exiger sa suppression, qu´elle que soit la difficulté de la tache.
    Par Yvon Quiniou

  • Giorgio
    Giorgio
    Cinéaste
    • Posté à 16h00 le 24/07/2010
    • Internaute 8133
      Cinéaste

    Lisez plutôt James K. Galbraith :

    Lien

    car l’article mal torché de Pascal de Lima c’est pas le Pérou...

  • unagi-
    unagi-
    卑語
    • Posté à 16h19 le 24/07/2010
    • Internaute 24252
      卑語

    Diplo de jullet.

    Qui paie les experts de la télévision américaine ?
    par Sebastian Jones

    Pour commenter l’actualité, l’option la plus simple (et la plus économique), pour les télévisions, consiste à convoquer des « spécialistes ». Sur les plateaux, ils assènent doctement analyses et conseils. Apparemment indépendants et désintéressés, ils sont en réalité souvent appointés par de grandes entreprises dont ils défendent farouchement les préférences.

    • affreuxjojo
      affreuxjojo répond à unagi-
      • Posté à 22h27 le 24/07/2010
      • Internaute 29421

      Un scientifique sérieux ne peut être impliqué dans les phénomènes qu’il décrit. Il se place à l’extérieur et observe.
      Les experts qui entourent les journaux et les politiques ne sont que très rarement indépendant du secteur d’activité sur lesquels ils expriment des avis.

      Les experts qui « informent » le personnel politique sur les pesticides (à l’Afssa par exemple) sont par ailleurs salariés des fabricants ou en lien économiques étroit avec les fabricants.
      Pareil pour les vaccins . Bachelot était entouré « d’experts » salariés des labos.
      Dans la finance, c’est la même chose mais largement aggravée par le fait que les revenus des experts du secteur ont été mirobolants pendant la création de la bulle spéculative. Opérants dans le secteur, ils avaient tous un intérêt personnel évident à ce que la bulle spéculative monte le plus haut et le plus longtemps possible. Prédire l’explosion de la bulle, c’était d’une part freiner son gonflement et d’autre part se mettre hors jeu prématurément dans la course aux rendement financiers. Totalement impliqués économiquement dans le phénomène ils ne pouvaient l’analyser objectivement
      Comme le signale Unagi, de Lima, par ses implications professionnelle (qu’il cache !) dans le monde financier, est dans l’impossibilité d’émettre un avis économique crédible. Ses analyses sont soumises à ses intérêts et n’ont aucune validité scientifique.

      • Hulk
        Hulk répond à affreuxjojo
        Gros con de droite
        • Posté à 22h38 le 24/07/2010
        • Internaute 108405
          Gros con de droite

        « Un scientifique sérieux ne peut être impliqué dans les phénomènes qu’il décrit. »

        Ah bon ?

        Transmis au commandant Cousteau. Entre autres.

         
        • ozi
          ozi répond à Hulk
          Mauvais-goûteur
          • Posté à 03h58 le 25/07/2010
          • Internaute 111670
            Mauvais-goûteur

          C’était peut-être de l’humour, mais le riverain qui dit ça n’a pas totalement tort. Pour avoir un avis avec le maximum d’objectivité, être en dehors du processus, de la chose, du phénomène que l’on tente d’analyser, étudier, est primordial.

          Pour Cousteau je crois que c’est un peu à côté la plaque =) .

          Mais encore une fois, si c’est de l’humour, oubliez ce que je viens de dire.

        1 autres commentaires
  • Hulk
    Hulk
    Gros con de droite
    • Posté à 18h23 le 24/07/2010
    • Internaute 108405
      Gros con de droite

    En gros, c’est comme pour les racailles émeutières de Grenoble : les malversations financières, c’est la faute à personne et c’est la Société qui est responsable...

    • Errance
      Errance répond à Hulk
      écouteur d'histoires
      • Posté à 23h58 le 24/07/2010
      • Internaute 114729
        écouteur d'histoires

      en dehors de l’homme qui valait 5 milliard y a combien de financiers racailles en taule en France ?

      • Hulk
        Hulk répond à Errance
        Gros con de droite
        • Posté à 00h25 le 25/07/2010
        • Internaute 108405
          Gros con de droite

        J’en sais rien, je ne faisais que synthétiser l’article du monsieur.

         
        • Errance
          Errance répond à Hulk
          écouteur d'histoires
          • Posté à 00h48 le 25/07/2010
          • Internaute 114729
            écouteur d'histoires

          ah merde

          j’peux même pas te faire chier alors.

          • Hulk
            Hulk répond à Errance
            Gros con de droite
            • Posté à 00h50 le 25/07/2010
            • Internaute 108405
              Gros con de droite

            Désolé...

            • Errance
              Errance répond à Hulk
              écouteur d'histoires
              • Posté à 18h15 le 25/07/2010
              • Internaute 114729
                écouteur d'histoires

              t’es mignon en Joe

        3 autres commentaires
    • affreuxjojo
      affreuxjojo répond à Hulk
      • Posté à 14h29 le 25/07/2010
      • Internaute 29421

      Il reste une différence. Il est assez rare que les racailles émeutières viennent donner des leçons (et surtout des leçons d’éthique) sur Rue 89. La racaille financière, si !

      • Hulk
        Hulk répond à affreuxjojo
        Gros con de droite
        • Posté à 17h07 le 25/07/2010
        • Internaute 108405
          Gros con de droite

        Normal : ils sont analphabètes et ne s’expriment que par grognements.

         
        • affreuxjojo
          affreuxjojo répond à Hulk
          • Posté à 21h33 le 25/07/2010
          • Internaute 29421

          L’analphabétisme progresserait en France sous la droite ?

        • Ermite
          Ermite répond à Hulk
          Consultant IT
          • Posté à 17h18 le 27/07/2010
          • Internaute 37758
            Consultant IT

          Alors que les gros cons de droite, et ils sont légion ! , eux, ne s’expriment que par éructations et propos incohérents... dans un français parfois tout aussi approximatif (ce qui est un comble pour des individus qui se gargarisent de France à longueur de commentaire).
          (Celle-là vous l’avez cherchée...)
           : -)

        2 autres commentaires
    • PonG
      PonG répond à Hulk
      rationaliste fondamentaliste à (...)
      • Posté à 21h50 le 26/07/2010
      • Internaute 14407
        rationaliste fondamentaliste à (...)

      « En gros, c’est comme pour les racailles émeutières de Grenoble : les malversations financières, c’est la faute à personne et c’est la Société qui est responsable... »

      Non, ce n’est pas la société, c’est un système.
      Y’a quelqu’un qui explique ça très bien : si tu laisses rouvrir les maisons closes et que tu fais débarquer 10 sous-mariniers dans un port après 6 mois d’immersion, faut pas faire l’étonné si tu ne les retrouves pas à la bibliothèque. Et espérer qu’en leur faisant des leçons de morale, on pourra compter sur leur souvenirs de catéchisme le prochain coup, c’est évidemment se bercer d’illusions.

      Bien sûr tu pourras toujours trouver quelques exceptions, et même considérer, droit dans tes bottes, que chacun est responsable épicétou, mais il reste que le système est armé et détermine globalement ses acteurs à se comporter comme ils sont censés le faire. Et ils le feront, tu peux en être absolument sûr.

      Eh ben la finance aujourd’hui, c’est pareil. Le système est armé pour faire en sorte que les cupides se goinfrent sans limites. Les acteurs se comportent comme le système les détermine à le faire et très franchement, on ne peut pas les blâmer. Ils font leur taf.

      En revanche sont à blâmer ceux qui ont armé le système, c’est à dire la longue cohorte des dérégulateurs et de leurs sectateurs (on devrait dire propagandistes) à savoir l’écrasante majorité de nos politiques et de nos journalistes depuis 15 ou 20 ans.
      Ce sont ceux-là qui devraient rendre des comptes.

      Le structuralisme en sciences sociales, ça a du bon quand même et ça permet de voir des choses même pas cachées ;

    • Ermite
      Ermite répond à Hulk
      Consultant IT
      • Posté à 10h56 le 26/07/2010
      • Internaute 37758
        Consultant IT

      Certes, mais avec deux différences importantes :
      - les « racailles » ont, vous en conviendrez, beaucoup moins d’emprise et d’impact sur la société, sur la réalité que les financiers
      - (comme vous l’a fait remarqué un autre intervenant) il y a beaucoup moins de financiers en taule que de petits loulous de banlieue ; et quand on se dit que la plupart de ces loulous sont en zonzon pour des histoires de drogue qui ne pourraient se développer dans la complicité au moins tacite des dits financiers et de leurs réseaux, on ne peut que constater le régne du « deux poids, deux mesures » en matière de « justice ».

      • Hulk
        Hulk répond à Ermite
        Gros con de droite
        • Posté à 20h49 le 26/07/2010
        • Internaute 108405
          Gros con de droite

        Amalgame purement artificiel et ne reposant sur rien.

        La vermine criminelle de banlieue a ses propres financiers dans le crime organisé, certes. Mais ça ne change rien au fait que les exécutants de base ne sont que de la graine de SA ou de Securitate, la lie de l’humanité.
        Ce n’est pas en les renvoyant dos à dos avec certains financiers indélicats que vous allez leur donner des circonstances atténuantes.

         
        • Ermite
          Ermite répond à Hulk
          Consultant IT
          • Posté à 11h17 le 27/07/2010
          • Internaute 37758
            Consultant IT

          Je n’ai jamais écrit que cela constituait une circonstance atténuante ! ! !

          Le loulou de banlieue est un voleur ou un escroc ? Ok alors arrestation, jugement et prison ou peine alternative.
          Mais le financier qui, dans un autre style certes, s’avère être lui aussi un voleur ou un escroc, lui aussi arrestation, jugement, prison ou peine alternative.

          Le loulou de banlieue participe à un trafic de drogues ?
          Ok, la même.
          Et la même aussi pour le banquier qui lui ouvre ses circuits financiers.

          Il n’y a pas de financiers « indélicats » (là c’est vous qui accordez des circonstances atténuantes avec vos euphémismes ! ! !), il y a des financiers délinquants ou criminels ; ceux-là doivent être traités avec la même sévérité que les loulous de banlieue qui s’avèrent être des délinquants ou des criminels.

          A moins bien entendu que vous ne défendiez une justice de classe...

          • Hulk
            Hulk répond à Ermite
            Gros con de droite
            • Posté à 16h59 le 27/07/2010
            • Internaute 108405
              Gros con de droite

            Vous comparez ce qui n’est pas comparable.

            Quand vous dites « voyou de banlieue », vous avez déjà isolé les délinquants parmi les habitants de la banlieue. Tandis que quand vous dites « financier », vous parlez de l’ensemble des financiers, y compris ceux qui ne sont pas délinquants.
            D’où le fait qu’il convient de parler des financiers indélicats.

            • Ermite
              Ermite répond à Hulk
              Consultant IT
              • Posté à 17h14 le 27/07/2010
              • Internaute 37758
                Consultant IT

              Ah mon bon monsieur ce n’est pas moi qui ait amené la conversation sur ce terrain.
              Vous avez débuté ce thread en comparant faisant le lien entre une soi-disant immunité des « racailles » à celles dont jouissent les malversations financières.
              J’utilise l’expression de « loulous de banlieue » plutôt que de « racailles », voilà tout...

              Par ailleurs ne tronquez pas mon propos : je ne parle pas des financiers dans leur ensemble, mais de ceux qui se révèlent délinquants ou criminels.
              Je souhaite que ceux-là subissent les mêmes foudres de la justices que les « racailles/loulous ».
              Ce qui est, vous l’admettrez (enfin, sauf à être de mauvaise foi), assez rarement le cas ; le financier suspecté est rarement inquiété et encore moins souvent condamné, malgré les éléments qui s’accumulent.
              Alors que le « loulou » lui, il a plutôt le droit à de la comparution immédiate vite torchée direction la zonzon et à des témoignages à charge sous X (infâmie !).

              • Hulk
                Hulk répond à Ermite
                Gros con de droite
                • Posté à 17h18 le 27/07/2010
                • Internaute 108405
                  Gros con de droite

                Étant donné que les amis du loulou en question exerceront des représailles contre quiconque osera témoigner contre lui, encore heureux qu’il est maintenant possible d’utiliser le témoignage sous X (sous contrôle du juge), sinon vous ne pourriez jamais faire condamner cette racaille.

                • Ermite
                  Ermite répond à Hulk
                  Consultant IT
                  • Posté à 17h26 le 27/07/2010
                  • Internaute 37758
                    Consultant IT

                  Ben tiens, je la voyais venir celle-là...

                  Répondre à une injustice par une injustice, voilà qui constitue certes une réponse civilisée !
                  Avec des raisonnements comme celui-ci, vous jouez au plus con, et vous allez finir par gagner.

                  Ah la la, la droite, toujours à mettre en avant de grandioses « valeurs », de grands principes...
                  Et toujours la première à les fouler aux pieds à la moindre difficulté. (ou dès que ça se met en travers de ses intérêts).
                  Principe : tout accusé a le droit d’être confronté à son ou ses accusateurs dans un débat contradictoire.
                  Sinon : pas de justice possible.

                  • Hulk
                    Hulk répond à Ermite
                    Gros con de droite
                    • Posté à 17h37 le 27/07/2010
                    • Internaute 108405
                      Gros con de droite

                    Je ne vois pas en quoi le témoignage sous X sous contrôle du juge serait une injustice.

                    • Ermite
                      Ermite répond à Hulk
                      Consultant IT
                      • Posté à 12h29 le 28/07/2010
                      • Internaute 37758
                        Consultant IT

                      Puisqu’il me faut me répéter...
                      C’est « juste » un principe de base de la justice : tout accusé a le droit d’être confronté à son accusateur.
                      Sans ce principe, c’est la porte ouverte à toutes les délations anonymes et à tous les procès exclusivement à charges.

                      • Hulk
                        Hulk répond à Ermite
                        Gros con de droite
                        • Posté à 12h31 le 28/07/2010
                        • Internaute 108405
                          Gros con de droite

                        Procès d’intention.

                        Le conseil constitutionnel a validé cette notion de témoignage sous X sous contrôle du juge. C’est donc que les principes de base de la justice ont été respectés.

                        • Ermite
                          Ermite répond à Hulk
                          Consultant IT
                          • Posté à 14h05 le 28/07/2010
                          • Internaute 37758
                            Consultant IT

                          Eh bien non justement, le conseil constitutionnel n’a pas statué puisqu’il n’a jamais été saisi de cette question.
                          Il va l’être bientôt à ce propos d’ailleurs.
                          Des avocats (puisque le conseil constitutionnel peut désormais être saisi par des citoyens) ont déposé un recours devant une jurisdiction, recours qui va monter jusqu’au conseil constitutionnel puisque c’est un recours en question prioritaire de constitutionnalité...

        9 autres commentaires
  • Cataphractaire
    Cataphractaire
    Keodedour ar bed
    • Posté à 06h18 le 25/07/2010
    • Internaute 58787
      Keodedour ar bed

    Lisez la série de la Culture de Ian Banks. Une société anarchiste, humanoïde, affranchie de tout système monétaire et qui combat les systèmes capitalistes. Son dernier opus traduit en français : Trames. Une famille royale est massacrée ne restant qu’une femme et son frère. Ils traversent l’univers pour en appeler à la Culture. Et la fin de l’histoire est géniale. Elle promeut une sortie des systèmes monarchistes et capitalistes. Si seulement l’un d’eux pouvait disparaître en France, quelques problèmes seraient réglés.

    • Ermite
      Ermite répond à Cataphractaire
      Consultant IT
      • Posté à 11h02 le 26/07/2010
      • Internaute 37758
        Consultant IT

      Dommage qu’il s’agisse d’une société qui se trouve de l’autre côté de la Singularité Technologique... : -)

  • zorbeck
    • Posté à 11h08 le 25/07/2010
    • Internaute 9110

    Dans le style « noyer le poisson », cet article vaut bien une palme, même s’il a raison sur au moins un point : cela ne sert strictement à rien de faire de Kerviel un bouc-émissaire, les vrais responsables sont ceux qui l’emploient et qui l’ont poussé à une prise de risque de plus en plus élevée dans une conjoncture économique de plus en plus incertaine.

    Quand la seule source de profit, quand le seul engagement des banques dans l’économie globale se limite à concurrencer les hedges funds dans une incroyable accumulation de paris de casino où on en arrive à parier sur les gains que d’autres font à partir d’autres paris (= un résumé du commerce des options), on peut effectivement s’abstraire de toute implication et faire porter la responsabilité outre-atlantique (une spécialité française) sur « le politique, principalement la FED et ses augmentations de taux directeurs entraînant une prise de risque inconsidérée ». Ce dernier point est à peu près l’apogée du sophisme développé par l’auteur : celui-ci rend la FED responsable d’avoir pris une décision contraire aux paris pris par la Société Générale, mais pas une seconde il ne se demande en quoi il était souhaitable pour une banque française de miser 4,9 milliards d’euros dans un jeu purement spéculatif. Et pour cause : l’auteur ne se le demande pas, car il en tire profit si les paris sont rentables, et qu’en cas de retournement du marché c’est le contribuable qui paie la note, comme avec les subprimes.

    Une remarque en passant : s’il est certain qu’une partie de la responsabilité de la crise grecque se trouve en Grèce, je m’étonne quand même de voir reconnu à peu près partout, y compris par l’auteur de l’article (c’est le NYT qui l’avait signalé en premier) : « Goldman Sachs a aidé le gouvernement grec à falsifier ses comptes ».
    Et moi qui comme un gros naïf croyais que la falsification des comptes était une activité illicite...

    • affreuxjojo
      affreuxjojo répond à zorbeck
      • Posté à 15h40 le 25/07/2010
      • Internaute 29421

      La réalité est encore pire.
      D’une part, Goldman Sachs a vendu des produits financiers pourris suffisamment obscurs pour ne pas être comptabilisés dans la dette de la Grèce . Les conseils et les produits étaient vendus un max. Ce qui permettait à la Grèce de s’endetter ni vu ni connu et de rester apparemment en conformité avec les critères Européens. Premiers bénefs pour Goldman Sachs.
      Sachant fort bien, pour les avoir structurés eux mêmes, que ces produits étaient de la daube pure et simple Golman Sachs a ensuite pris des positions pariant sur leur effondrement. Deuxième Jack pot pour Goldman Sachs et bouillon pour les finances publiques Grecques
      Ne reste plus à la population grecque qu’a payer la note. Ils devront enfin être raisonnables et renoncer à leurs privilèges exorbitants : retraites, sécus, services publics
      Bien sur, de Lima qui fait partie du monde financier, tente de nous expliquer que la banque et la finance sont blancs comme neige. « C’est la faute à la crise ». Ben voyons...

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