Europe, terre d'innovation

Le groupe Desir est un collectif réunissant chercheurs du public et du privé, consultants spécialisés sur les questions d'innovation, hauts fonctionnaires ayant l'expérience de la conception et de la mise en œuvre de politiques publiques, acteurs du financement de la R&D ou encore spécialistes du lien entre science, société et opinion publique. Interprètes diplômés ès langue de bois de notre système public de recherche, ils poussent parfois des coups de gueule. Incurables optimistes, ils pensent que des points de vue synthétiques et novateurs sur le lien entre universités, entreprises et secteur public, ainsi qu'un environnement favorable à la créativité individuelle peuvent contribuer à la (re)construction de l'Europe comme terre d'innovation.

Internats d'excellence : une forme d'élitisme du mérite

Desir
Chercheurs et consultants en innovation
Publié le 18/02/2011 à 15h21

Malgré l’actualité récente chargée, il est important de ne pas oublier la dernière étude Pisa ayant mis en avant un rôle très fort des inégalités sociales sur la réussite scolaire à l’école en France. Notre pays est à la peu glorieuse huitième place des pays de l’OCDE, où ce poids est très important. Plus grave encore, ces inégalités se sont accrus en quinze ans.

La Suède, réputée être l’un des pays les plus égalitaires, n’a sûrement pas de leçons à prendre du système scolaire français. Pourtant, la princesse Victoria de Suède, curieuse de vérifier la tradition très française de l’éducation au secours des plus démunis, a visité le 29 septembre l’internat d’excellence de Cachan qui a ouvert ses portes à la rentrée 2010.

A Cachan, une impulsion forte donnée à une vieille idée

Initiative présidentielle, coup de publicité pour certains, le projet, qui fait partie du plan « Espoir banlieues », a fait beaucoup parler de lui.

Mais pour Vincent Stanek, inspecteur d’académie adjoint du Val-de-Marne et chargé de la mise en place de cet internat, les internats d’excellence répondent efficacement à un constat qui n’est pas nouveau : celui d’un véritable besoin de la part des élèves socialement défavorisés, mais désireux de réussir. L’originalité de cette politique, ajoute-t-il, « réside plutôt dans l’impulsion forte donnée à une vieille idée ».

Cachan est le deuxième établissement de la sorte à voir le jour dans l’académie de Créteil. Au niveau national, ce sont douze internats d’excellence qui ont été créés, soit 998 places au total, réparties dans les internats de Sourdun, Marly-le-Roi, Barcelonette, Noyon, Maripasoula, Douai, Montpellier, Metz, Nice, Langres et Le Havre.

« Deux poids, deux mesures ? »

Ces internats d’excellence ont tout de même une limite importante : c’est le deux poids, deux mesures qui les caractérise.

Les enseignants, principaux témoins de ce projet, lui ont fait également un accueil très réservé. Claire Krepper, secrétaire nationale du syndicat d’enseignants SE-Unsa, martèle :

« Ce ne sont que des vitrines, qui ne peuvent même pas servir de modèle, du moins dans le contexte budgétaire actuel. Le sentiment général est la déception. Nous attendions beaucoup plus du plan “ Espoir banlieue”. »

Claire Krepper explique :

« Sous ces termes ronflants, on ne se préoccupe en fait que d’aider ceux qui sont déjà en réussite, les autres sont laissés pour compte. On a confondu promotion des élites et égalité des chances. »

Bien sûr, il est encore trop tôt pour savoir si ces élèves retourneront par la suite dans leur quartier d’origine, lui insufflant ainsi un certain dynamisme. Mais pour l’instant, beaucoup d’enseignants craignent que ces internats d’excellence ne provoquent une déstabilisation en chaîne des établissements scolaires, à commencer par ceux qui sont à la limite de la ghettoïsation.

Dans certains internats d’excellence comme celui de Sourdun, le but affiché est la formation d’élites, avec la mise en place d’un lycée et la création de classes préparatoires aux grandes écoles. A Cachan, l’objectif est pour l’instant plus modeste, mais à terme, l’excellence est également visée.

Ces internats sont ainsi destinés à devenir le modèle d’un élitisme du mérite, dont se réclame vivement le Président. Mais il y a élitisme et élitisme.

Pour Vincent Stanek, celui que visent les internats d’excellence est positif puisqu’il ne consiste pas à rendre « les meilleurs encore meilleurs » mais plutôt à aider des élèves qui ont envie de s’en sortir et à leur proposer une ambition. Finalement, « le seul reproche que l’on peut faire à ce système », conclut-il, « c’est de ne pas être encore assez répandu ».

« Le pari de l’excellence »

Après deux mois, quel bilan peut-on tirer de l’expérience de Cachan ?

« A la timidité initiale a succédé une bonne ambiance doublée de motivation au travail. Chaque classe a maintenant sa devise, son blason, les élèves s’y sont bien intégrés. Parfois, la distance de la famille est dure à supporter, mais pour l’instant nous avons eu un seul cas de désistement. »

Cette forte motivation de la part des élèves était à prévoir puisque les élèves et leur famille sont tous volontaires. « Les enfants bénéficiant de cette politique ne sont pas des élèves brillants », explique Vincent Stanek. Ils ont des résultats corrects, mais non excellents.

En effet, « l’excellence est un pari sur l’avenir, pas un donné ». En revanche, ils sont particulièrement désireux d’apprendre, et c’est ce qui différencie les internats d’excellence des internats de réussite éducative, qui visent les élèves ayant du mal à se plier à la discipline.

Les internats d’excellence s’adressent en outre à des enfants qui, bien que motivés, ne bénéficient pas de bonnes conditions de travail chez eux. Tous viennent de milieux défavorisés : certaines demandes ont ainsi dû être écartées, car venant de familles trop aisées.

L’admission en internat d’excellence est limitée malgré tout à peu de personnes. Malgré l’avis obligatoire du principal et de l’assistante sociale, l’évaluation du bulletin, et la « lettre de motivation » des parents et de l’élève, de nombreuses candidatures valables sont rejetées, faute de place.

Pour l’instant, en effet, l’internat d’excellence de Cachan ne compte que deux classes de 25 élèves, l’une de quatrième et l’autre de troisième. Mais deux autres classes devraient ouvrir l’année prochaine et il est aussi question de faire participer le lycée privé en y proposant quelques places labellisées « d’excellence », ce qui a déjà été fait dans de nombreux établissements et concerne 4000 élèves dans toute la France.

Priorité aux langues et à la culture

Chaque internat d’excellence a ses priorités pédagogiques. Celui de Cachan a tout misé sur les compétences linguistiques et sur la culture. Très proche de Paris, il peut en effet bénéficier de partenariats avec de nombreux musées et salles de concert. Il a également établi un partenariat avec l’Institut culturel suédois après la visite de la princesse de Suède.

Enfin, élément important, l’internat d’excellence de Cachan a mis en place dès sa création un moyen d’évaluer ses résultats et de vérifier son efficacité. Les élèves qui ont été retenus pour entrer dans l’internat ainsi que ceux qui avaient sensiblement le même profil mais n’ont pas pu être retenus seront en effet suivis sur plusieurs années et feront l’objet d’une évaluation de leur niveau selon des méthodes établies par l’Ecole d’économie de Paris. Cette évaluation, pour autant qu’on puisse en juger dès à présent, est un gage de sérieux et d’efficacité pour l’internat de Cachan.

Si les internats d’excellence peuvent être ainsi vus comme le révélateur d’un certain dysfonctionnement du système républicain de promotion par l’école, leurs défenseurs insistent sur leur rôle, même limité, de le relancer et de revaloriser le rôle de l’Education nationale comme vecteur d’ascension sociale.

Camille Boullenois

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  • vieilanarfatigué
    vieilanarfatigué
    Changer le monde, c'est se (...)
    • Posté à 15h32 le 18/02/2011
    • Internaute 125168
      Changer le monde, c'est se (...)

    « Excellence, élite, ascension sociale , » ces mots reflètent simplement que la lutte des riches pour se reproduire est toujours d’actualité, même s’il faut aller pêcher dans les classes défavorisées.
    Donc le système est ainsi fait, que pour les meilleurs et dont les parents ont du fric , pas de problème, pour les pires dont les parents n’ont pas un rond le monde se coupe en deux : ceux qui vont dans ces machins d’excellence (comme son nom l’indique y en a pas des masses) et ceux qui resteront à tout jamais dans la zone et enfin, pour les classes moyennes : l’éducation nationale qui merdoie.
    On est en plein $arkozysme.

    • vik75
      • Posté à 15h34 le 18/02/2011
      • Internaute 89761

      c ’est mieux quand c’est la gauche ?

      • vieilanarfatigué
        vieilanarfatigué répond à vik75
        Changer le monde, c'est se (...)
        • Posté à 16h07 le 18/02/2011
        • Internaute 125168
          Changer le monde, c'est se (...)

        Attention à la formulation : Etait ce mieux quand c’était la gauche ? il y a 9 ans maintenant ?
        Mes gosses étaient en primaire à l’époque, je ne saurais en parler.Il devait y avoir plus de moyens que maintenant, les banlieues n’avaient pas flambé, il y avait la bulle internet.
        Le problème de la droite comme de la gauche est de tout baser sur la lutte des classes : l’un comme l’autre veut le pouvoir pour piquer le pognon de l’autre et de fait ,divisent la société et les gens, En plus ils sont d’accord pour baser l’économie sur la croissance , le » toujours plus « aberrant ».
        Les élites doivent être formées à la compétition , piquer le fric de l’autre et être toujours les plus beaux, avoir le meilleur et de plus en plus. D’où ces classes qui doivent donner le gout aux meilleurs des défavorisés de donner dans ce système pourri.
        Rien ne change donc fondamentalement, entre la gauche et la droite si ce n’est que les premiers n’ont pas créé ces classes qui sont là comme faire valoir du pouvoir de droite et corrompent ceux qui y sont admis.

    • kakoulite
      kakoulite répond à vieilanarfatigué
      Intermediation & Imprecation
      • Posté à 16h48 le 18/02/2011
      • Internaute 126452
        Intermediation & Imprecation

      La France a le meilleur systeme scolaire du monde car gratuit et meritocratique (et il serai extremement malhonnete de me contredire la dessus..en voyageant un peu l on comprends tres tres vite...meme topo pour le systeme de sante). L inegalite est dans l exigence de resultats que les parents mettent sur leurs enfants. Les centres d excellence permettront a des enfants d echapper a des parents qui n ont comme reference culturelles que tf1 et guyluxeries en tous genre.

      • Fripouille Anglaise
        Fripouille Anglaise répond à kakoulite
        Journaliste
        • Posté à 16h56 le 18/02/2011
        • Journaliste 126550
          Journaliste

        Bonjour Kakoulite,

        « La France a le meilleur système scolaire du monde.. »

        Voila pourquoi mes compatriotes ont tort de dire que les Français n’ont pas de sens de l’humour. (Sorry, couldn’t resist...)

        Amicalement

         
        • kakoulite
          kakoulite répond à Fripouille Anglaise
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          • Posté à 17h34 le 18/02/2011
          • Internaute 126452
            Intermediation & Imprecation

          Bonjour,

          Vous devez savoir que pour les Anglo saxons l elitisme d une ecole est immediatement associe a son cout (Eton = Louis le Grand !) il leur est donc diffcille de comprendre qu’en France l on puisse acceder a une grande ecole (hors ecole de commerce) , a des etudes de medecine ou de droit (..un petit peu salee la note en GB pour devenir barrister !) sans,hors frais administratifs, avoir debourse un seul centime. En disant que la France a le meilleur systeme scolaire je ne parle pas seulement d’un contenu mais aussi d’un acces.

          Cheers !

          NB : On trouve quand meme pas mal de Frogs du cote de la city...

        1 autres commentaires
      • Sowinski
        Sowinski répond à kakoulite
        • Posté à 18h01 le 18/02/2011
        • Internaute 45555

        C’est quoi le « mérite » ?

        Généralement, quand on leur demande de développer, les promoteurs du « mérite » baffouillent et se replient rapidement sur le thème des « capacités » (code pour « intelligence » code pour « inné »)

        ... ce qui n’est pas très étonnant vu que la « méritocratie » est dans les faits surtout une machine à blanchir les privilèges, comme d’autres blanchissent l’argent sale.

        Et aussi une machine à faire croire à ceux qui échouent, que non, c’est juste qu’ils ne sont pas « méritant », histoire qu’ils ne contestent pas trop la distribution de la soupe.

         
        • Troll errant
          Troll errant répond à Sowinski
          vieux con, comme vous plus tard
          • Posté à 21h51 le 18/02/2011
          • Internaute 118213
            vieux con, comme vous plus tard

          Le mérite c’est simplement, celui qui a le courage de lever le cul de son siège est le premier à manger la soupe. Les autres attentent qu’on les serve, s’il en reste.

          PS. Et si en plus de lever son cul, il a le courage de la préparer il peut s’en faire une, pour lui seul, plus riche.

        • kakoulite
          kakoulite répond à Sowinski
          Intermediation & Imprecation
          • Posté à 12h35 le 19/02/2011
          • Internaute 126452
            Intermediation & Imprecation

          Pas vraiment matiere a bafouiller c est tres clair . Le merite est la recompense pour certains efforts (intellectuels, manuels,comportementaux, sportifs,bravoure etc...) et en ce sens et dans le cadre de l enseignement le plus du modele Francais est sa gratuite.

          • Sowinski
            Sowinski répond à kakoulite
            • Posté à 16h01 le 19/02/2011
            • Internaute 45555

            si j’aime tellement la voie que j’ai choisie que chaque effort est un plaisir, excellant dans mon métier, suis-je « méritant », ou juste « chanceux » ?

            inversement, si je transpire nuit et jour pour un travail qui m’emmerde avec des résultats plus modestes, suis-je plus méritant ?

            La « méritocratie » à la base n’a jamais prétendu faire autre chose que la sélection par niveau de compétence et de résultat (après sélectionne-t-on les bonnes compétences avec les bonne méthodes, c’est tout le problème). Elle est indifférente à la question de la pénibilité et de l’effort. L’education nationale aussi, bien que son discours persiste à vouloir faire croire aux élèves que l’effort est récompensé, vision pour le moins partielle de la réalité...

            • kakoulite
              kakoulite répond à Sowinski
              Intermediation & Imprecation
              • Posté à 12h12 le 20/02/2011
              • Internaute 126452
                Intermediation & Imprecation

              Je connais des pecheurs qui sont tres heureux et des cadres pas du tout heureux , il s agit d un tout autre probleme lie a une approche de la vie, mieux vaut etre un bon pecheur heureux qu un enarque rate et triste. Maintenant je suis a 100% d accord avec le fait que beaucoup d eleves serai bien mieux a apprendre a conduire une peletteuse ,ramasser des filets ou etre a la ferme plutot qu enfermes dans une salle de classe 25h par semaine a attendre on ne sait quoi mais encore faudrai t il accepter de revenir a des niveaux scolaires des annees 60 qui en fait sont d une certaine maniere toujours exiges mais pas pour les voies de garage . Le mensonge est la.

        4 autres commentaires
  • vik75
    • Posté à 15h33 le 18/02/2011
    • Internaute 89761

    s’il n y avait rien, on critiquerait, là il y a quelque chose, certes imparfait, on critique quand même....les syndicats sont fortiches...

    sinon l’article est intéressant

    Lien

  • Autist Reading -
    Autist Reading -
    In enculo cum vibro
    • Posté à 15h45 le 18/02/2011
    • Internaute 73535
      In enculo cum vibro

    Çà me fait marrer à chaque fois que je lis que chaque établissement à un projet pédagogique différent du voisin.

    Je croyais que le projet de l’école c’était de proposer une instruction commune à tous les gamins de France.

    Sinon, pour les internats, je pense que c’est une excellente idée à condition que tous les élèves à partir du CP soient concernés.

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 15h52 le 18/02/2011
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    « Chaque classe a maintenant sa devise, son blason.. »

    Et ils ont aussi des casquettes, un uniforme vert et ils jouent au cricket ?

    • mauser
      mauser répond à Numerosix
      • Posté à 16h19 le 18/02/2011
      • Internaute 4683

      Au basket l’autre possède tous les travers des américains . La culture anglaise lui échappe D’ailleurs il sort son revolver si il entend ce mot .

    • shaman de l amour
      shaman de l amour répond à Numerosix
      cuniculteur potentiel plein d' (...)
      • Posté à 17h31 le 18/02/2011
      • Internaute 117827
        cuniculteur potentiel plein d' (...)

      T’inquiète, ils ont même dans chaque internat le petit tout maigre qui sert d’esclave et de défouloir aux grands musclés...

      • Numerosix
        Numerosix répond à shaman de l amour
        Prisonnier dans le village (...)
        • Posté à 18h17 le 18/02/2011
        • Internaute 14499
          Prisonnier dans le village (...)

        Oui voila, t’as compris c’que j’voulais dire .
        Ça ressemble à une caricature adaptée de l’ esprit de corps des grandes écoles anglaises ou autres, cette excellence de l’élite à tirer des zones sensibles , en tout cas d’après l’article.
        ( avec en plus pour couronner le tout la visite de la Reine de Suède et du Roi du Zanzibar)

        Y a vraiment pas beaucoup d’imagination de XXIe siécle la dedans..

        Je raconte n’importe quoi , mais juste un exemple ; Quand on lit
        « Les internats d’excellence s’adressent en outre à des enfants qui, bien que motivés, ne bénéficient pas de bonnes conditions de travail chez eux ».
        Ne pourrait t-on pas imaginer, je raconte n’importe quoi encore une fois, d’équiper des éleves motivés de petits ordinateurs adaptés avec des casques permettant de s’isoler malgré l’environnement et le manque de place le soir chez eux qui seraient suivis par des profs motivés sur internet ou je sais quoi ? ? ! !
        Ou ..ou faire venir des architectes d’intérieur militants qui réaménagerait l’apart HLM pour que le môme puisse s’isoler, autre solution .

        Des idées ? Ils en ont pas des idées ? ? ?

         
        • Troll errant
          Troll errant répond à Numerosix
          vieux con, comme vous plus tard
          • Posté à 22h00 le 18/02/2011
          • Internaute 118213
            vieux con, comme vous plus tard

          Dans un appart ou la place manque déjà, voila une idée qu’elle est bonne, on l’a réduit encore, ca donne une bonne ambiance propice au travail.

        1 autres commentaires
  • Moorice
    Moorice
    assis
    • Posté à 16h34 le 18/02/2011
    • Internaute 112628
      assis

    c’est une très bonne idée

    trop de gamins nagent pour garder la tête hors de l’eau pendant que les autres les tirent vers le fond. Ce n’est pas pour rien que les parents essaient de contrôler leurs fréquentations. Quand t’es ado, ce n’est pas évident de resister à l’île des plaisirs de Pinocchio au risque de rester un âne toute sa vie. Sans compter la difficulté dans les familles nombreuses vivant dans peu de m2 des gamins voulant étudier.

    le ghetto est avant tout mental

  • Grunt_
    Grunt_
    Technicien informatique
    • Posté à 16h45 le 18/02/2011
    • Internaute 119275
      Technicien informatique

    « Chaque internat d’excellence a ses priorités pédagogiques. Celui de Cachan a tout misé sur les compétences linguistiques et sur la culture. Très proche de Paris, il peut en effet bénéficier de partenariats avec de nombreux musées et salles de concert. Il a également établi un partenariat avec l’Institut culturel suédois après la visite de la princesse de Suède. »

    Ah ouais, vachement utile. Il y a des gamins qui savent à peine lire, écrire et compter, et on a du fric pour payer des divertissements à une future élite.

    On devrait peut-être commencer par assurer le minimum à tous, non ? Permettre à chaque futur citoyen de communiquer, de s’informer, de se cultiver, au lieu d’en prendre une poignée et de leur servir sur un plateau..

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 17h17 le 18/02/2011
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    il est encore trop tôt pour savoir si ces élèves retourneront par la suite dans leur quartier d’origine
    J’ai du mal à imaginer un mec qui réussi ses études, décroche un bon taf et un bon salaire choisir d’habiter dans un bled craignos et pourri plutôt que dans un endroit normal.
    Y retourner de temps à autre, servir d’exemple, peut être. Mais faut avoir la mentalité de martyr pour retourner vivre dans son ancienne galère.

    Et dans le fond l’idée est bonne, ça donne de bien meilleures chances à ceux qui ont la volonté et les capacités mais n’arrive à rien parce qu’ils ont dix frangins à la maison, ou plus probablement dix potes nettement moins adeptes de la scolarité qui vont les soumettre à la tentation.

    Par contre je vois pas le rapport entre l’excellence et une putain de parasite comme la princesse de Suède qui n’a rien eu à foutre de sa vie pour avoir tout ce qu’elle veut. La noblesse est même l’antinomie du mérite.
    Et je doute même fortement que ce soit une bonne idée de miser sur la culture pour des types qui n’avait déjà pas les bonnes cartes au départ. Car c’est par tonnes qu’on compte les types qui ont eu les moyens pour décrocher leur bac+8 dans la culture et qui grossissent les files de la soupe populaire.

    • shaman de l amour
      shaman de l amour répond à Keldan
      cuniculteur potentiel plein d' (...)
      • Posté à 17h43 le 18/02/2011
      • Internaute 117827
        cuniculteur potentiel plein d' (...)

      Par contre je vois pas le rapport entre l’excellence et une putain de parasite comme la princesse de Suède qui n’a rien eu à foutre de sa vie pour avoir tout ce qu’elle veut. La noblesse est même l’antinomie du mérite.

      C’est vrai ça, c’est un peu comme si Benoît XVI remettait la médaille de l’employé du mois de la firme Marc Dorcel Prod...

      • Keldan
        Keldan répond à shaman de l amour
        Now future & karpe diem
        • Posté à 18h15 le 18/02/2011
        • Internaute 5164
          Now future & karpe diem

        Ou à un membre d’une brigade de lutte contre la pédophilie : D

  • Bernard Girard
    Bernard Girard
    Enseignant blogueur
    • Posté à 18h58 le 18/02/2011
    • Expert 31637
      Enseignant blogueur

    4000 élèves...sur un total de 12 millions d’élèves : « le sérieux » de l’initiative tient dans ces deux chiffres. 4000 élèves, choyés, dorlotés, auxquels on ne refuse rien, avec un encadrement et un environnement sur-dimensionnés, alors que dans le même temps, les 12 millions d’autres élèves, pas moins « méritants » que les premiers se voient confrontés à des conditions d’apprentissage de plus en plus difficiles. Un encadrement à mettre en regard des 50 000 postes supprimés ces dernières années et des effectifs par classes parmi les plus lourds de l’OCDE comme vient de le montrer un rapport du CAS.
    Contrairement à ce qu’affirme l’auteur de l’article, ces établissements n’ont fait l’objet jusqu’à présent d’aucune forme d’évaluation, les résultats, eu égard à l’investissement de départ, n’étant pas spécialement brillants. Surtout lorsque l’on sait que les élèves sont sélectionnés sur des critères tels qu’on ne prend pas grand risque avec eux.
    Ce que révèlent ces internats, qualifiés abusivement d’« excellence », comme toutes les autres initiatives sarkoziennes en la matière (sport l’après-midi, qui ne touche qu’une poignée d’élèves, ERS avec quelques dizaines d’élèves), c’est l’incapacité de ce gouvernement de s’attaquer aux problèmes de fond de l’Éducation nationale, de mettre en œuvre une politique qui permette à tous de réussir et pas seulement à quelques-uns d’entre eux, choisis comme faire-valoir dans le cadre de visites ministérielles toujours très médiatisées.

    Les internats d’excellence : un rideau de fumée qui ne réussit pas à masquer l’échec majeur de ce gouvernement en matière éducative.

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