Rubrique a rap

Un blog pour se plonger dans la diversité du "rap game" hexagonal, avec le désir ne de pas s'attarder uniquement sur ses faits divers et sa dimension sociale comme le font trop souvent les médias généralistes. Un suivi de l'actualité, des analyses, des interviews et des reportages permettront de mieux comprendre les évolutions artistiques, l'industrie, les personnalités et la complexité d'une musique qui fêtera ses 20 ans de succès en 2010.

Booba clashe des Victoires de la musique fâchées avec le rap

Fabien Offner
Journaliste
Publié le 09/02/2011 à 20h13

Comme chaque hiver les Victoires de la musique viennent nous réchauffer les oreilles (ou chauffer, c’est selon) et comme chaque année, nous, auditeurs-enquiquineurs de rap, on n’est pas content. Booba non plus. Petit clash en quatre couplets.

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Le rap relégué dans une sous-cérémonie avec les musiques de genre

L’organisation de la cérémonie en deux soirées distinctes prive encore une fois le rap français de l’exposition médiatique qu’il mérite.

La Victoire de l’album de musiques urbaines sera en effet remise ce soir sur France 4 (comme les autres musiques de genre) alors que les autres catégories (artiste féminin/masculin, album, chanson originale et concert) auront droit à France 2 le 1er mars.

Fini le bordel en première partie de soirée sur une chaîne de grande audience, comme celui dont 113 nous avait gratifiés en 2000 – pour couronner le tout, TF1 diffuse ce soir à la même heure le match amical France-Brésil. (Voir la vidéo)

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Pas invitée, Sexion d’Assaut paie toujours des propos homophobes

La Sexion d’Assaut (@sexiondasso) ne sera pas de la partie, après avoir été retenue dans les huit présélectionnés. « Il n’est pas rare qu’un groupe n’éclate pas pour un premier album », déclarait dans Le Monde du 4 février le directeur des Victoires Gilles Desangles.

Mon œil ! Le groupe a vendu 300 000 exemplaires de « L’Ecole des points vitaux », est disque d’or en Suisse et en Belgique et inonde les clubs de Montréal à Bamako. Qui dit mieux ? Même la star du rap américain Snoop Dogg et les partisans de Laurent Gbagbo – dans un autre genre – ont repris le titre « Désolé ».

Manager de la Sexion d’Assaut, Dawala est convaincu que son groupe paie encore les propos homophobes de l’un de ses membres publiés en juin 2010 dans un magazine spécialisé et repris à l’automne par les médias, notamment les plus racoleurs (@morandiniblog). « C’est sûr que c’est par rapport à ça », explique-t-il en parlant d’« acharnement ».

« Plus on faisait des gestes, plus on se faisait taper dessus »

L’interview leur à déjà valu de multiples annulations de concerts et les opportunistes radios NRJ et Fun Radio les avaient déprogrammés. Depuis le groupe s’est excusé et a rencontré à plusieurs reprises des associations homosexuelles. « Plus on faisait des gestes, plus on se faisait taper dessus », regrette Dawala, qui annonce un concert des solidarités le 1er mars à l’Elysée-Montmartre.

Si les Victoires boycottent la Sexion d’Assaut, pourquoi alors ne pas également écarter Abd al-Malik, dealer dans sa jeunesse, Booba, ex-taulard, ou David Guetta et ses tubes planétaires aussi sexistes que vulgaires ?

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Le panel de professionnels n’aime pas non plus Casey

L’absence de la Sexion d’Assaut est à mettre au compte des 1 226 professionnels qui constituent l’« Académie Variétés ». Des « artistes, producteurs, agents, disquaires, critiques, programmateurs radio » qui n’ont pas jugé bon non plus de retenir Casey. Etonnement, cette dernière est aussi bonne rappeuse que critique envers les majors, l’industrie du disque et les rappeurs « vendus ».

C’est ce même panel de votants qui a élu Manau en 1999, Pierpoljak en 2001, Doc Gynéco en 2003 et Nâdya en 2005. Des connaisseurs, donc...

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Depuis 1999, le rap intégré à des catégories bâtardes

Il a fallu attendre 1999 pour que soit créée une catégorie « rap/groove ». On a eu droit par la suite à des catégories bâtardes, le summum ayant été « l’album rap/ragga/hip-hop/R’n’B de l’année ». Une insulte aussi bien pour le rap que pour le reggae.

La catégorie a été renommée « Musiques urbaines » en 2006, ce qui a permis aux organisateurs d’y fourrer les stars naissantes du slam les années suivantes. Des artistes avec un certain talent - comme Abd al-Malik - mais bien moins dérangeants que le commun des rappeurs. Et puis surtout le slam, c’est pas du rap.

En 2009, Kery James avait boycotté la cérémonie pour protester contre l’absence d’une catégorie « spécifique » et l’emprise des majors sur la cérémonie. (Voir la vidéo)

Cette année Booba prend le relais. Il annonce aujourd’hui-même dans un communiqué qu’il ne participera pas à la cérémonie, dénonçant l’organisation des Victoires en deux soirées :

« Une telle “délocalisation” des musiques dites “spéciales” et des révélations à une soirée “secondaire”, témoigne, une fois encore, de Victoires de la musique “à deux vitesses”.

Notre désaccord est profond avec une telle approche de la musique qui ignore l’un des genres les plus populaires auprès du jeune public. »

Restent donc Soprano, Hocus Pocus et Abd ak Malik. Des concurrents loin d’être déméritants - disons-le quand même – et talentueux sur scène. Booba, lui, fredonnera sans doute « Fuck you, fuck la France, fuck Domenech » devant France-Brésil.

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  • Spunkiish
    Spunkiish
    Etudiant
    • Posté à 21h56 le 09/02/2011
    • Internaute 144002
      Etudiant

    Je ne peux pas rester sans réaction face au point numéro 2 de l’article.

    Peut-être que l’hypocrisie des organisateurs des Victoires de la Musique qui ne reconnaissent pas forcément les véritables raisons de la non nomination de Sexion d’Assaut peut provoquer ce genre de commentaires de votre part.

    Mais je pense qu’il est important de noter quelque chose de fondamental. Il y a une ENORME différence entre « Abd al-Malik, dealer dans sa jeunesse, Booba, ex-taulard, ou David Guetta et ses tubes planétaires aussi sexistes que vulgaires » et Sexion d’Assaut sur ce point. Tout d’abord, si les propos vulgaires étaient bannis des récompenses musicales, alors je pense que plusieurs groupes de rap ne pourraient y prétendre, autant sûrement que de groupes de production commerciale. L’image répandue des groupes est plutôt des clips débordant de femmes en bikini, string etc qui se trémoussent et des mots vulgaires à toutes les phrases. Même si, je vous l’accorde tout à fait, TOUS les groupes de rap ne sont pas à mettre dans le même panier, et tous ne s’expriment pas de la même façon.

    Bref, je disais donc qu’il y avait une différence fondamentale à noter dans la différence de traitement que vous dénoncez dans cet article. Le groupe Sexion d’Assaut a tenu des propos qui sont répréhensibles par la loi, et qui incitent à la haine ! Rien de plus normal que leurs chansons soient boycottées !

    « Je crois qu’il est grand temps que les pédés périssent, coupe leur le pénis, laisse les morts, retrouvés sur le périphérique“(extrait des paroles de la chanson ‘On t’a humilié’).En plus d’inciter à la haine, cela incite au meurtre ! Remplacez ici le mot ‘pédé’ par le mot ‘juif’ ou ‘arabe’ ou ‘noir’, et personne ne trouvera rien à redire au fait que les concerts du groupe soient annulés, leurs chansons boycottées, etc.

    ‘Lointaine est l’époque où les homos se maquaient en scred. Maintenant, se galochent en ville avec des sappes arc-en-ciel. 
Mais vas-y bouge, vas-y bouge. 
Toutes ces pratiques ne sont pas saines, Nos corps ne seront qu’un tas de cendres, la mort ne sera qu’une passerelle.’ (extrait des paroles de la chanson ‘Cessez le feu’). Critiquer l’acceptation encore difficile des homosexuels dans la société n’est pas non plus exemplaire, parce que, reprenant la même analogie, le monde entier serait choqué de voir un groupe critiquer avec une telle violence par exemple l’acceptation des noirs dans la société américaine (je prends cet exemple par rapport à la violence mondialement connue qui faisait rage avant que les gens se rendent compte que rien ne changeait entre un noir et un blanc si ce n’est que sa peau n’était pas de la même couleur...)

    De même, il n’y a pas de différence dans la constitution cérébrale, physique, psychique d’un homosexuel, d’un hétérosexuel, d’un transsexuel, d’un bissexuel, autant qu’il n’y a pas de différence entre l’essence humaine d’un asiatique, d’un arabe, d’un africain, d’un américain, d’un européen, quelle que soit la couleur de sa peau. (Le masculin est ici utilisé dans un sens générique, mais cela vaut également pour le féminin bien entendu).

    Je ne comprends vraiment pas pourquoi il serait plus acceptable d’être choqué par le fait qu’un groupe soit boycotté pour ses propos homophobes sous prétexte qu’il ne connaissait soi-disant pas la définition du mot ‘homophobie’ (ce qui est d’ailleurs une bien piètre défense) alors qu’il s’est clairement reconnu homophobe dans une interview... Que par exemple les propos que tient Jean-Marie Le Pen à propos de la communauté juive, personne ne l’excuserait s’il prétendait ne pas connaître la signification réelle du mot ‘antisémite’, autant que ne sont pas acceptables les propos de Brice Hortefeux même s’il prétendait ne pas connaître la signification réelle du mot ‘racisme’.

    Le rap, qu’il soit français ou non, touche un grand nombre de jeunes, dont je ne fais pas partie, mais il me semble tout à fait acceptable et même complètement normal, et le contraire serait franchement inacceptable, qu’on refuse l’accès aux Victoires de la Musique à un groupe qui a tenu de tels propos alors que l’homophobie continue de faire des victimes (1200 témoignages d’homophobie subie en 2010 par SOS Homophobie et un risque de 7 à 13 fois plus élevé de se suicider chez les jeunes. )

    Je ne dis pas que le groupe doit être interdit, privé de récompenses etc à vie, mais il faut prendre en compte le fait que c’est grave. Et que l’année où leurs propos sont mis en exergue par la presse (par Morandini autant que par le Monde), il est normal que des instances telles que les Victoires de la Musique soient frileuses.

  • kikekoi
    kikekoi
    toujours de bonne foi
    • Posté à 22h10 le 09/02/2011
    • Internaute 29279
      toujours de bonne foi

    il est con le booba, pour une fois qu’il pouvait fracasser la gueule de pascal negre avec une bouteille de jack en public,
    ça aurait enfin justifié son image de rebelz

  • D-503
    D-503
    U topos
    • Posté à 22h25 le 09/02/2011
    • Internaute 116654
      U topos

    Un peu de provoc’, puisque l’article parle de rap.
    Je trouve un peu dérangeant le cliché qui voudrait que le VRAI artiste soit celui qui n’ait aucun lien avec le commerce. Les rapports de l’art et de l’argent me semblent un peu plus complexe que cela. Dans le cas contraire, il faudrait déprécier très fortement les oeuvres de De Vinci ou de Michel Ange (parmi tant d’autres). Un bon nombre de leurs oeuvres sont en effet des commandes de riches nobles (dont le roi de France pour De Vinci).
    Bien entendu, on pourra pretexter que les mécènes de ces artistes étaient des connaisseurs et qu’il ne s’agissait pas d’art de masse. Mais tout de même, il y a, dans ce cliché, un vieux reste d’ethnocentrisme de classe : ce qui est commercial est systématiquement considéré avec beaucoup de suspicion parce que ce qu’aime le vulgus ne peut être de l’art.

  • Heatmantium
    Heatmantium
    Joueur de Poker
    • Posté à 23h27 le 09/02/2011
    • Internaute 141614
      Joueur de Poker

    Kery James a tout expliqué.
    Avec recul je suis fier d’être parti de ce pays.
    Faites comme vous voulez mais le Rap est le courant musical le plus prolifique de ses dernières années tant en terme de créations, d’engouement et de ventes.
    Aux USA où je vis aujourd’hui le rap est partout même dans les chaines généralistes.
    Et le comportement de la France vis a vis de cette musique démontre encore une fois que c’est un pays figé et qui avance à la bourre.
    Je discutais de celà avec mon père et il me disais une chose pas fausse. Tous les genres musicaux dits noirs ont tous été blacklisté au départ par les médias mainstream.
    Souvenez-vous de Michael Jackson : il était adulé partout mais ne passait nulle part sur le média le plus impactant qui était MTV. Quand ils ont compris qu’il y a de quoi se faire de l’argent et bien ils ont passé Michael.
    Le Rock a ses prémisses était traité comme une musique de paria et aujourd’hui cette musique noire au départ est entendu dans tous les foyers de Navarre.
    Le Jazz idem avant qu’il ne devienne cette musique pour habitants des beaux quartiers.
    Et ce qui est terrible avec la France c’est que vous avez le 2ème marché du Rap au monde mais vous ne faites rien pour supporter cette jeunesse créatives qui ne dit pas toujours des choses horribles à entendre. Vous êtes hermétiques cette réalité et pourtant il faudra bien vous rendre à l’évidence.
    Le Rap est un courant à part et je reste persuadé que c’est la profusion de noirs qui en font qui fait que sa médiatisation est bloqué.
    Mais que faites vous des artistes comme La Rumeur, Casey, Kohndo, Rocé, Youssoupha, Lino, etc.
    Votre pays restera toujours grotesque. Il faudrait peut-être encore que l’Amérique y fasse un débarquement l’avenir pour vous sauver cette fois-ci du racisme primaire dans lequel vous êtes englués. Pathétique France.

  • Bacteries
    Bacteries
    Ingénieur informaticien
    • Posté à 23h45 le 09/02/2011
    • Internaute 80139
      Ingénieur informaticien

    On pourra noter aussi cette année (comme toutes les années) l’absence totale de metal, punk, rock énervé, hardcore, black metal ... (les victoires anglaise, suédoise, allemande, norvégienne, ... ont des catégories Metal).

    Alors que certains groupes commencent à percer à l’étranger (ou au moins à se faire un nom, se faire un peu remarquer) comme Gojira, Year Of No Light, Klone, Hypno5e, Abysse, As We Draw, Dagoba, ... en dehors des médias dédiés à ce style impossible d’entendre ou de lire une ligne dessus.

    M’enfin si les victoires de la musique étaient un reflet de la musique qui se fait en France ça se saurait...

  • bearnico
    bearnico
    Intermittant
    • Posté à 23h49 le 09/02/2011
    • Internaute 144196
      Intermittant

    J’ai lu tous les commentaires... et naïvement, je me pose une drôle de question....
    Je ne suis pas fan de rap, spécialement... j’avoue être resté troublé par certains morceaux de NTM et de ne pas avoir retrouvé plus tard, la même poésie... la mienne faute à moi que j’ai faite, sûrement, de ne pas être cherché...
    Là où je suis dubitatif, ici, c’est que sous prétexte qu’on aime pas le rap, on trouve moyen de mépriser et insulter les chanteurs.
    Et d’autres : untel fait de la musique qui passe chez NRJ c’est un con (je schématise)... celui ci fait tel type de musique, c’est un tocard. Celui là a fait du pognon avec son disque, c’est un vendu....
    Serions-nous tous suffisamment puriste pour refuser le contrat d’une maison de disques ? Aurions-nous un halo de lumière innocente et divine, pour nous faire refuser la petite heure de gloire et le chèque qui va avec, sous prétexte qu’il faut rester connecté à « La France d’en bas » comme j’ai pu lire sur les commentaires ?
    Je doute... on a tous envie de faire passer notre message, s’il est auréolé de notoriété et d’oseille, on cracherait pas dedans... mais ça fait pas forcément de nous et de ceux à qui ça arrive, des connards :)
    Il n’est pas possible de ne pas aimer un courant musical, sans tomber dans « la petite insulte » de PMU ?

    T’aimes pas, t’écoutes pas, faut pas traiter, c’est pas gentil : -)

  • zompti
    zompti
    futur « départ volontaire »
    • Posté à 09h21 le 10/02/2011
    • Internaute 71360
      futur « départ volontaire »

    j’avoue mal comprendre : on nous parle de rap pur et dur qui critique le système, et ces rappeurs veullent être en même temps reconnus par les instituions, par le système qu’il dénonce.

    Les victoires de la musiques ne vallent guerre mieux que les NRJ awards ou autre cérémonie bidon où les producteurs diffuseurs récompensent ceux qui leur rapporte le plus de pognon. Rien à voir avec le talent, ce n’est pas ça qui est récompensé dans ces messes télévisuelles.

    Quelle hypocrisie ! Les rappeurs vendent des disques, font du pognon, recontrent leur public en faisant des tournées : elle est la leur reconnaissance.

  • Sybylle
    Sybylle
    Autodidacte multilingue
    • Posté à 10h57 le 10/02/2011
    • Internaute 117442
      Autodidacte multilingue

    Et la catégorie Metal alors ?
    Celle dont on ne parle pas, car en France on aime pas les « satanistes » ?

    Pourtant les propos violents, anti-flics, racistes ou homophobes sont inexistants dans leurs chansons...

  • ammianus
    ammianus répond à tiboudshut
    Guide de musée
    • Posté à 11h38 le 10/02/2011
    • Internaute 126841
      Guide de musée

    Comme cela a été dit plus haut c’est juste de la couverture médiatique. Ces pseudo-rebel des bacs à sable formatent leurs « textes » pour qu’ils passent sur skyprout et ainsi toucher les petits jeunes en manque de frisson. Quand j’entends l’autre grosse nouille de booba avec ses bruits de flingue se la jouer américain, comme l’autre imbécile édenté de Roff d’ailleurs je me dis que le rap c’est pas à la radio que je vais aller le chercher... J’oubliais aussi monsieur tourne casaque Kery James... celui qui chantais comme un enragé Hardcore et qui n’était pas mal non plus sur l’homophobie, jouer les saintes nitouches militantes j’ai envi de dégueuler. Ils ont tous gouté au fric, ils ont tous le froc sur les chevilles et leur rebellion se limite à ce qui ne fâche pas trop surtout... Cela fait un moment que ces guigols n’ont pas eu un seul de leur texte censuré... preuve de l’évolution des mentalités ? Certainement pas, il n’y a rien à y censurer... à part si on voulait sanctionner la bêtise... en même temps en France on n’écouterait plus beaucoup de musique... Pour se nettoyer les oreilles je m’en remet à Casey qui elle au moins ne marche pas dans leurs petites affaires commerciales et sait écrire. La Rumeur aussi fait du bien malgré une perte certaine de qualité depuis l’Ombre sur la mesure qui reste un des plus beau album de rap hexagonal. Je suis vraiment dégouté de voir que c’est en France le seul intérêt financier qui prime chez des gens qui prétendent représenter la souffrance des quartiers. Ils ne sont qu’un ramassis de topoi éculé ne faisant fantasmer que le gamin prépubère. C’est dingue de se rendre compte que les textes d’un Ferrat ou de Vian étaient mille fois plus subversif que la soupe actuelle dans un rap qui n’a jamais autant bombé le torse et qui n’est pourtant lui aussi qu’un clébard de la « culture » de masse... nausée...

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