Les fleurs du printemps nucléaire

Le Japon post-Fukushima

Occupy ! Kasumigaseki : dans le campement des anti-nucléaire

Publié le 24/01/2012 à 10h59

Mitsuro Sudo (Alissa Descotes-Toyosaki)

Devant le ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie, un vieil homme entre dans une tente. Il a une barbe blanche très touffue et un gros anorak rouge.

En ce matin de janvier à Tokyo, le carrefour de Kasumigaseki est rempli de fonctionnaires qui se hâtent vers les bureaux. « Certains d’entre eux entrent parfois dans notre tente pour nous dire “Courage !” avant de regagner leur poste », sourit le vieil homme.

Depuis 124 jours, Mitsuro Sudo, surnommé « Kuma », participe aux sit-in devant les haut lieux du gouvernement japonais pour protester contre la politique menée après Fukushima, accusant le pouvoir de :

  • non-assistance à personne en danger,
  • reconstruction économique dans des zones hautement irradiées,
  • exporter le nucléaire ailleurs en Asie.

« A la fin de l’année, le gouvernement a décrété que la situation à la centrale de Fukushima-Daiichi était sous contrôle. Mais le 1er janvier, il y a eu un séisme de magnitude 7 au large de Fukushima qui a provoqué des dégâts sur le réacteur numéro 4. La nature est vraiment remarquable ! »

Le 2 janvier, l’opérateur Tepco avait annoncé que le niveau d’eau de la piscine de refroidissement du réacteur numéro 4 (où est stocké le combustible usé), avait baissé brusquement, ce que rapporte le Nikkansports.

Kuma se frotte les mains les unes contre les autres pour se réchauffer. Il fait presque 0°C dans la tente comme à l’extérieur. « On attend le passage de l’électricien pour mettre le chauffage », plaisante Etsuji Shimada. Ce quinquagénaire a été chargé de planter la première tente le 11 septembre

« Nous avons choisi ce jour symbolique pour le monde entier et débarqué tout le matériel et la nourriture devant le ministère. Une quinzaine d’agents de sécurité sont arrivés et ont crié : “Qu’est ce que c’est que ce cirque !” »

Monsieur Shimada rit encore au souvenir de ce premier jour de sit-in :

« Pendant que je débattais avec la police sur notre droit à occuper ces lieux, mes camarades ont monté la tente en sept minutes ! »

Activiste antinucléaire de longue date, Shimada se félicite de cette initiative qui a permis de réunir et coordonner des actions au niveau de Tokyo.

« Nous avons monté une deuxième tente en novembre pour accueillir des femmes de Fukushima. »

Les femmes peuvent aussi changer l’avenir

La tente voisine est occupée par plusieurs femmes assises sous un « kotatsu », une table chauffante. « Depuis le 1er décembre, nous soutenons l’action “dix mois dix jours” » dit Yukiko Takahashi, une jeune etudiante :

« Au Japon, on dit que les futures mamans accouchent au bout de dix mois et dix jours. C’est une manière de dire que pendant cette période, les femmes peuvent aussi changer l’avenir. »

Yukiko est originaire de la ville de Fukushima mais avoue ne jamais avoir été inquiétée par la centrale nucléaire jusqu’à l’accident :

« Avant le 11 mars, je n’aurais jamais pensé me retrouver un jour à manifester ou faire un sit-in ! »

« Nous organisons des roulements entre nous, et il y a une permanence de nuit aussi pour éviter les incendies », dit une autre femme. Les incendies et autres « vexations », les manifestants et activistes japonais sont habitués à les subir.


A Kasumigaseki (Alissa Descotes-Toyosaki)

Yukiko s’en amuse :

« Au début, il y avait toutes les nuits des camions de la droite ultra-nationaliste qui venaient faire du tapage nocturne. Il y avait quatre, parfois huit camions ! Ils mettaient à fond des chants patriotiques en nous insultant. »

Le plus étrange c’est que l’extrême droite se met aussi à tenir des discours antinucléaires. « lls ne supportent pas de voir des tentes dans le quartier ministériel, cela n’est pas conforme à l’image du Japon nationaliste », conclut Yukiko.

Ne pas laisser redémarrer le nucléaire

La prochaine manifestation importante qui réunira les femmes des associations pour protéger les enfants de la radioactivité à Fukushima et dans tout le Japon aura lieu au mois de mars.

Sur les blogs. des mères s’insurgent :

« Nous ne voulons pas passer encore les fêtes de fin année avec la peur au ventre. Le gouvernement fait des “stress tests” et assure que tout est sous contrôle, mais le césium a augmenté dans certaines régions de Fukushima. »

« Il n’y a plus que 6 réacteurs sur 54 encore en marche. Tous les autres sont à l’arrêt, mais ça ne veut pas dire que le gouvernement va les abandonner définitivement », ajoute Kuma san en montrant une banderole : « Nous ne laisserons pas redémarrer le nucléaire ! »

En avril, le Japon fonctionnera sans aucun réacteur nucléaire, du jamais vu depuis l’installation du premier réacteur en 1966. Kuma san raconte :

« Il y a deux jours, un spécialiste allemand des stress tests est venu au Japon et s’est inquiété pour nous. Mais quand il a vu les illuminations de Noël à Tokyo et Osaka, il s’est exclamé : “Mais vous avez de l’électricité en trop !” »


A Kasumigaseki (Alissa Descotes-Toyosaki)

Les semaines après le 11 mars, Tokyo vivait sous la menace d’une panne d’électricité généralisée, mais en janvier, aucun foyer ne manque de chauffage. Kuma San ajoute :

« L’énergie provient des centrales thermiques et hydrauliques. Mais l’Etat va chercher par n’importe quel prétexte à remettre en route les centrales. Car le Japon était exportateur, et commence même à construire des centrales au Vietnam ou en Thaïlande.

Pourtant, la Mongolie a réagi après l’accident de Fukushima en refusant que le Japon exporte ses déchets radioactifs dans une décharge provisoire sur son sol. »

Depuis que le Japon a violé l’article 9 de sa constitution en envoyant des forces d’auto-défense à l’étranger, ce sexagénaire a quitté son travail en entreprise pour mieux s’impliquer dans le sort de son pays.

« Je me suis dit que le Japon risquait de revenir comme avant 1945 », dit-il. Activiste mais sans vraiment appartenir à une organisation, Kuma étudie les tournesols et leur capacité d’absorption du césium.

« J’aime la nature et ce qui me plairait vraiment c’est de pouvoir crier tout mon amour aux bureaucrates de Kasumigaseki ! », rit Monsieur Kuma, parodiant le titre d’un roman de Kyoichi Katayama, « un cri d’amour au centre du monde ».

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  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 12h13 le 24/01/2012
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    Au delà du drame de Fukushima et de ses conséquences sur les populations, il est intérressant de regarder ces deux pays sous l’angle de la volonté de sortie du nucléaire. Arrêt du nucléaire, l’Allemagne au banc d’essais, Ces deux pays ont un point commun, un tissu industriel très important avec la construction automobile, la mécanique lourde ou de précision, la sidérurgie,.....et ils divergent sur un autre point. L’un l’Allemagne possède des ressources énergétiques sur son sol avec le charbon, la lignite et achète massivement du gaz Russe, de plus il s’est lancé depuis de nombreuses années dans les énergies renouvelables sous la pression de ses citoyens anti nucléaires. L’’autre le Japon, n’a aucune ressource nationale pour palier au nucléaire à court terme et les anti nucléaires n’ont jamais constitué des groupes de pression représentatifs, malgré Hiroshima et Nagasaki. L’évolution de l’un et de l’autre doit être regardé avec attention dans le cadre de notre propre transition énergétique qui devra un jour se faire, quelque soit l’échéance.

  • PTrelawney
    PTrelawney
    Dans le brouillard
    • Posté à 12h22 le 24/01/2012
    • 178593
      Dans le brouillard

    C’est très intéressant de savoir que les japonais passent l’hiver avec 6 réacteurs sur 54 en fonctionnement.
    Il n’y a visiblement pas de crise de l’énergie. Cela voudrait-il dire que l’on peut se passer de l’énergie nucléaire lorsque ’l’on est un importateur d’énergie ?
    Si cela est possible, qu’ils le fassent.
    Il est clair qu’après Tchernobyl et Fukushima, l’industrie nucléaire est en perte de vitesse pour à court terme disparaitre.
    Si un pays sensible aux sirènes des lobbyistes du nucléaire acceptera la mise en chantier d’un réacteur sur son pays, il devra le faire avec le consentement des pays voisins. Il sera plus simple techniquement économiquement et politiquement de construire un barrage, une centrale solaire etc. qu’un réacteur.

    • newsome
      newsome répond à PTrelawney
      • Posté à 00h02 le 25/01/2012
      • Internaute 93179

      La réponse à votre interrogation est donnée dans l’article : pour se passer du nucléaire, on a recours au thermique classique, pétrole et gaz, et surtout charbon.
      => Avec un bilan négatif, à la fois du point de vue écologique et du point de vue sanitaire (milliers de morts chaque année dans les mines de charbon chinoises, silicose).

      • PTrelawney
        PTrelawney répond à newsome
        Dans le brouillard
        • Posté à 07h57 le 25/01/2012
        • 178593
          Dans le brouillard

        Parceque pour vous le bilan de Fukushima n’est pas négatif du point de vue écologique et sanitaire ?

         
        • newsome
          newsome répond à PTrelawney
          • Posté à 13h15 le 25/01/2012
          • Internaute 93179

          Le fait que l’alternative soit le charbon (on peut faire aussi le raisonnement avec le pétrole) change la perspective : la question n’est pas de savoir si le nucléaire a un bon bilan écologique et sanitaire, mais de comparer les bilans des deux options.

          • PTrelawney
            PTrelawney répond à newsome
            Dans le brouillard
            • Posté à 13h24 le 25/01/2012
            • 178593
              Dans le brouillard

            Pour le nucléaire il n’est pas question de bilan écologique mais de gestion du risque
            cf voir mon poste plus bas

        2 autres commentaires
  • tOrDrE L¤RdRe
    tOrDrE L¤RdRe
    chien de talus
    • Posté à 12h24 le 24/01/2012
    • Internaute 50571
      chien de talus

    haha le virage de l’extrême droite qui passe du harcèlement aux chants patriotiques à un discours anti-nucléaire. C’est gens là ne sont que des boulets décidément.

  • ladom
    • Posté à 12h53 le 24/01/2012
    • Internaute 157664
  • Cadardoloth
    Cadardoloth
    independant
    • Posté à 21h28 le 24/01/2012
    • Internaute 150739
      independant

    2000 visites et 11 réactions.
    Bof le nucléaire n’est plus trop à la mode.
    La demi-vie des radioéléments est bien plus longue que celle de la médiatisation.
    (en ce moment il vaut mieux parler de megaupload)

    • Autist Reading -
      Autist Reading - répond à Cadardoloth
      In enculo cum vibro
      • Posté à 23h35 le 24/01/2012
      • Internaute 73535
        In enculo cum vibro

      La demi-vie des posts est écourtée par la modération...

      • Cadardoloth
        Cadardoloth répond à Autist Reading -
        independant
        • Posté à 17h33 le 25/01/2012
        • Internaute 150739
          independant

        vous avez raison, nombres de post ont disparus. Y compris ceux de bouletor, désagréable à lire certes, mais necessaire au débat. J’ai votre commentaire par e-mail supprimé

        « C’est-à-dire que les relous d’areva qui venaient dire que les exilés de
        fukushima étaient des clodos et que le merdier nucléaire n’était qu’un
        détail du tsunami - ainsi que toutes les réponses qui leur ont été faites
        - ont été supprimés. »

        Bravo la censure...

  • jacqueshenry38
    jacqueshenry38
    retraité
    • Posté à 22h26 le 24/01/2012
    • Internaute 154714
      retraité

    Je voudrais faire quelques remarques à propos de ce reportage. Je suis allé à Tokyo quelques jours après le tremblement de terre suivi du tsunami qui a fait les dégâts que l’on sait. Je ne polémiquerai nullement sur le contenu de cet article mais je ferai seulement part de mes impressions du moment. A la fin du mois de mars dernier, tous les réacteurs nucléaires exploités par TEPCO étaient arrêtés pour des raisons de sécurité et les escalators des stations de métro ou de train étaient à l’arrêt pour économiser de l’énergie, seuls les ascenseurs étaient opérationnels pour les vieux et les femmes avec enfants. L’éclairage était largement diminué de moitié dans les couloirs du métro. Les citoyens avaient reçu pour consigne de faire le maximum d’économies d’électricité chez eux. Et cet élan citoyen a permis d’éviter un black-out dès la fin du mois de mars. Au courant de l’été, une directive applicable à toute l’agglomération de Tokyo, incluant Chiba et Yokohama a enjoint la population à réduire drastiquement l’usage des conditionneurs d’air tant au bureau qu’à la maison, ce que les Japonais ont fait dans l’ensemble. Il n’y a pas eu non plus de black-out pendant l’été, pourtant une des périodes les plus consommatrices en électricité.
    Je suis revenu à Tokyo en décembre et même attitude générale de la population, restriction drastique du chauffage domestique (il faisait 7 degrés le matin dans la maison de mon fils et la même température le soir quand il rentrait chez lui : les Japonais arrêtent le chauffage la journée quand ils ne sont pas chez eux ainsi que la nuit, allez demander aux Français de faire la même chose !), encore que la plupart des postes de chauffage est alimentée par le gaz naturel d’importation.
    Il n’y a pas eu de coupures d’électricité, mais tout ceci, malgré la discipline exemplaire du peuple japonais, a eu un coût que, certes, un pays comme le Japon peut supporter car son économie est toujours largement excédentaire mais qui se chiffre à environ 10 milliard d’euros de plus par mois si l’on compare en mois glissant sur l’année 2010. Ces 10 milliard d’euros (1 trillion de yens) ont été soustrait de l’économie japonaise, et pourtant l’énergie nucléaire ne représentait que 30 % de la production totale d’électricité avant le tsunami du 11 mars. Ces données qui peuvent être retrouvées facilement dans les revues économiques prouvent ceci avec clarté : dans un pays hautement industrialisé comme le Japon avec une population essentiellement urbaine de 125 millions d’habitants, un tiers de la production électrique avec des énergies fossiles importées (le Japon a quitté le protocole de Kyoto à la suite de l’accident de Fukushima) représente donc un coût de 10 milliard d’euros par mois. L’Allemagne dont le dynamisme industriel est comparable au Japon avec une population de 30 millions inférieure produit environ 25 % de son électricité à partir du nucléaire (probablement moins à ce jour mais les données sont difficiles à trouver). On peut établir une comparaison grossière entre la situation allemande qui veut (et a décidé sous la pression des écologistes) sortir du nucléaire dans les 10 ans et la situation actuelle du Japon qui a réduit de facto sa production électronucléaire de 80 %. Cependant la comparaison s’arrête là car le Japon doit importer 100 % de l’énergie fossile pour produire l’électricité dont il a besoin alors que l’Allemagne a choisi, apparemment avec l’accord des écologistes, de défigurer ses paysages, de détruire des villages entiers pour exploiter la lignite afin de produire de l’électricité de manière extrêmement polluante et d’ouvrir les vannes au gaz naturel russe.
    Si un black-out survient soit sur l’île de Honshu ou celle de Kyushu, alors sera immédiatement remise en question la décision d’arrêter tous les réacteurs nucléaires. Ceux qui auront passé avec succès les tests de sureté seront certainement remis en marche quant aux plus anciens, à n’en pas douter, ils seront définitivement arrêtés.
    Je rappelle, selon les données disponibles, que le surcoût financier pour produire seulement un tiers de l’électricité est de 120 milliard d’euros par an pour le Japon malgré la discipline citoyenne exemplaire, je le répète, de chaque individu ...
    La comparaison avec le Japon s’arrête donc là.

    Maintenant, pour répondre à Madame Alissa Descotes-Toyosaki, j’ai remarqué que sur l’une des photos on voyait en arrière plan l’hôtel Intercontinental sur Hibiya-dori, si je ne me trompe, effectivement tout près de la station de métro de Kazumigaseki (d’ailleurs le siège de TEPCO se trouve sur Kazumigaseki-dori). L’homme pris en photo est un clochard bien connu des salary-men travaillant dans le quartier, je l’ai moi-même vu à de nombreuses reprises trimbalant ses sacs variés. Il avait pour habitude de dormir sous la voie de chemin de fer qui se trouve tout près du siège de TEPCO avant le tsunami. J’émets donc de sérieux doute sur la véracité de ce reportage si je m’arrête à cette remarque purement anecdotique. Ce clochard (et pourtant il y en a très peu dans le quartier d’Hibiya contrairement à Shinjuku) a donc participé à une mise en scène propagandiste. Au début du mois de janvier, j’ai vu des paysans de la préfecture de Fukushima manifester devant le siège de TEPCO pour réclamer des indemnisations et c’est bien compréhensible, ils ont tout perdu en raison de la contamination par le césium 135. Mais je n’ai jamais vu ce clochard roder alentour alors que j’étais dans ce quartier tous les jours pour aller déjeuner avec mon fils qui se trouve par un hasard tout à fait favorable pour mon argumentaire travailler dans un building en face du siège de TEPCO.

    • Alissa Descotes-Toyosaki
      Alissa Descotes-Toyosaki répond à jacqueshenry38
      journaliste
      • Posté à 01h17 le 25/01/2012
      • Journaliste 179669
        journaliste

      cher Monsieur, merci pour votre commentaire. J’aimerais vous poser a mon tour une question : si Monsieur Sudo etait comme vous l’affirmez, un clochard, en quoi cela changerait-il le fait qu’il soit actif dans la lutte anti-nucleaire ? Vous connaissez le Japon,et vous devriez savoir qu’ici les « homeless » , cad les sans-abri, sont de toutes les categories sociales, beaucoup de salaries licencies qui vivent tres proprement dans des tentes ou des maisons en carton (assez formidablement faites je dois dire) ,ne boivent pas et ne mendient pas. Monsieur Sudo est un ex-collegue d’un ami qui travaille dans une maison d’edition. Il etait la les deux jours ou je me suis rendu a la tente de Kasumigaseki et les autres personnes presentes n’ont pas remis en cause son temoignage d’ailleurs tres interessant. La lutte que beaucoup de japonais menent ici merite mieux je pense que des considerations sur le statut social de chacun. Je comprends bien que l’image d’un « clochard » potentiel dans une tente activiste fasse tache, mais je pense que cela ne remet nullement en compte la veracite de ses dires. Et je ne vais pas faire une enquete sur la domiciliation de ce Monsieur..Par ailleurs, pour clore ce debat tres interessant,il y a beaucoup de sans-abri intellectuels ici qui sont beaucoup plus eclaires que la plupart des « salary-men » ...cordialement .

      • lenawash
        lenawash répond à Alissa Descotes-Toyosaki
        Ingenieur
        • Posté à 11h12 le 25/01/2012
        • Internaute 165205
          Ingenieur

        Effectivement c’est peut-etre un detail mais je trouve que Mr Jacques Henry souleve le point de la credibilite et de la sincerite de votre article. Est-ce un militant ou un homeless, c’est une yes/no question comme on dit. Si c’est un clochard comme le pretend Mr Jacques Henry, cela veut dire qu’il n’a absolument aucune credibilite aupres des japonais qui considerent les clochards comme des faineants et memes si ces clochards sont mieux lotis que les clochards francais, ils sont surement bien plus meprises par leur population. Si ce n’est pas un clochard, un simple « non » suffirait et on n’en parlerais plus.
        Effectivement son statut social est un detail et ne remets absolument pas en cause la veracite de ses dires mais remet malheureusement en cause la facon dont ses dires seront percus par ses compatriotes...

    • PTrelawney
      PTrelawney répond à jacqueshenry38
      Dans le brouillard
      • Posté à 07h55 le 25/01/2012
      • 178593
        Dans le brouillard

      « L’Allemagne a choisi, apparemment avec l’accord des écologistes, de défigurer ses paysages, de détruire des villages entiers pour exploiter la lignite afin de produire de l’électricité de manière extrêmement polluante et d’ouvrir les vannes au gaz naturel russe. »
      Il y a la pollution qui se voit et la pollution qui ne se voit pas. Visiblement les pro-nucléaires se sont arrêtés à une vision très manichéenne de la pollution : Si c’est sale ça pollue !
      Le seul exemple que je connaisse est Tchernobyl (1986 ca fait 25 ans) :
      Bilan humain : aucun chiffre n’était donné mais on est très proche des 100 000 morts (liquidateurs, mineurs, militaires, riverains…) On continu de mourir des suites de Tchernobyl
      Bilan écologique : Un territoire d’une superficie égale à une région française inhabitable. Modification de la faune et de la flore sur, maintenant, une partie de la Biélorussie et la quasi-totalité du territoire ukrainien. Une nouvelle réglementation sur la chasse a été mis en application dans : la Pologne, la Hongrie, le Sud de l’Allemagne.
      Bilan économique : On peut déjà se féliciter que cette catastrophe s’est passée en URSS. Ils savent mettre les moyens (humain et financier) qu’il faut pour confiner cette catastrophe à la région de Tchernobyl. Cela les a tout bonnement ruiné et c’est une des principales causes de la disparition de l’URSS. Le cout est estimé à 800 milliard $ pour l’ancienne URSS, la Russie et l’Ukraine. 200 Milliard de $ pour les pays du monde et ça continu.
      Maintenant il y a Fukushima
      Bien sur les spécialistes du nucléaire vous diront qu’ils ont repris le contrôle de la situation et que tout rentre dans l’ordre (ce qu’ils disaient déjà une semaine après la catastrophe de Tchernobyl). Que deviendra dans les années avenir la région de Fukushima ? On ne sait pas encore les conséquences sanitaires de cette catastrophe.
      Les japonais souhaitent un moratoire sur l’énergie nucléaire et éteignent provisoirement les réacteurs. Cela ne peut se faire sans une discipline collective sinon c’est le black-out. Les japonais démontrent qu’ils sont civiques et entre ne pas utiliser le chauffage et utiliser les centrales nucléaires ils ont choisi.
      L’Allemagne a décidé que sur une période de 10 ans, elle fermera tous ses réacteurs. Ils comptent pour cela développer des nouveaux modes d’énergie et développer des modes classiques comme le linith certes polluant et destructeur de paysage, mais moins dangereux que le nucléaire.
      Maintenant il y a la France
      La France possède 58 réacteur et 80% de l’électricité est nucléaire. Le français n’a aucune discipline et si on coupe les réacteurs de la façon japonaise ce sera un retour à l’âge de pierre pour les français.
      Nous sommes stupides et arrogant de croire que la sécurité de nos réacteurs nucléaires est à toute épreuve. La balade des militants de Greenpeace et le dernier audit démontre le contraire. Si une catastrophe doit arriver en France sans parler du désastre sanitaire et écologique, rien que du point de vue économique on ne s’en relèvera pas et ce sera la ruine de la France.

      Est-ce que ce risque majeur ne mérite pas que l’on pose le débat sur la continuation ou pas de ce mode d’énergie ? C’est ce que l’on appelle la gestion du risque. Les japonais et les allemands en tiennent compte dans la prise de décisions.
      La France ne décide de rien et ne pose même pas le débat.

      • newsome
        newsome répond à PTrelawney
        • Posté à 19h06 le 25/01/2012
        • Internaute 93179

        « Bilan humain : aucun chiffre n’était donné mais on est très proche des 100 000 “
        Il y a eu au contraire un bilan très détaillé, réalisé par le Forum Tchernobyl. Les conclusions en sont résumées sous la forme d’un Consensus Scientifique sur l’Accident Nucléaire de Tchernobyl.

        Vous pouvez objecter que ce bilan est biaisé, parce que parrainé par des pro-nucléaires, mais vous ne pouvez pas l’ignorer. Ses conclusions sont nettement moins alarmistes que les vôtres.

        Et à cette objection, on peut aisément contre-objecter :
        - que votre estimation à vous est tout aussi suspecte, puisque le fait d’un anti-nucléaire.
        - que le ‘Consensus Scientifique’ a l’avantage de sourcer les éléments de son bilan, alors que les chiffres qui circulent par ailleurs sont pauvrement référencés.
        - que ces éléments viennent de plusieurs approches : épidémiologie d’une part (quand on compare l’évolution de la mortalité dans la région de Tchernobyl avec celle d’autres régions de l’ex-URSS, on se rend compte qu’il n’y a pas de différence importante _ ‘pas de différence statistiquement significative’ étant l’expression consacrée) et d’autre part prédictions basées sur l’évaluation de la quantité de radioactivité reçue par la population et ce qu’on connaît par ailleurs des effets morbides des radiations (application de la loi dite LSS _ pour ‘linéaire sans seuil’).

        Vos affirmations sur la ‘Modification de la faune et de la flore sur, maintenant, une partie de la Biélorussie et la quasi-totalité du territoire ukrainien’ sont tout aussi dénuées de références. Et même carrément délirantes. Au contraire, la zone d’exclusion (qui, au passage fait 300.000 ha, soit 3.000 km², soit le 10ème d’une région française) est devenue un havre pour la faune et la flore sauvages. Et les seules observations de mutations y sont rares et controversées, cf. wikipedia.

        Ce dernier point est important à relever, parce que c’est un fait souvent considéré comme établi que les radiations sont à l’origine de malformations chez les descendants de victimes d’irration. En fait, c’est une légende : la conclusion des études qui portent sur la descendance des victimes d’Hiroshima et Nagasaki, mais aussi sur celle des patients de radiothérapie, est que, si mutations il y a, elles ne sont pas transmises à la descendance

         
        • PTrelawney
          PTrelawney répond à newsome
          Dans le brouillard
          • Posté à 20h47 le 25/01/2012
          • 178593
            Dans le brouillard

          Donc vous cité le rapport de septembre 2005 ainsi que les déclarations du Pr Fros que personnellement j’invite à passer ses vacances à Tchernobyl puisque qu’apparemment selon ses dires « la nature a repris ces droits ».
          Je suis chasseur et dans mon association de chasse j’ai le record du plus gros sanglier abattu (240Kg). C’était en Biélorussie. Les garde chasses Biélorusse ont fait un trou, ont mis le cochon dedans et y ont mis le feu. Interdiction de toucher à cette viande ! Donc la nature a repris ses droits mais en plus gros.
          Pour ce qui est des chiffres officiels, aujourd’hui, l’OMS et l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) ne reconnaissent comme conséquence directe de l’accident de Tchernobyl que 50 morts d’irradiations aiguës et 4000 cas de cancers de la thyroïde (dont une dizaine serait aujourd’hui décédés). Est-ce que vous êtes d’accord avec ces chiffres ? Moi pas !

          Dans son rapport intitulé « l’héritage de Tchernobyl : impacts sanitaires, environnementaux et socio-économique » publié en septembre 2005, le « Forum Tchernobyl » regroupant huit agences onusiennes, dont l’OMS conclut que « jusqu’à 4000 personnes au total pourraient décéder des suites d’une radio-exposition consécutive à l’accident survenu il y a une vingtaine d’années dans la centrale de Tchernobyl ».
          Ce chiffre porte sur trois catégories de personnes, considérées comme les plus exposées à savoir les 240 000 liquidateurs (ils étaient en fait proche de 600 000), les 116 000 personnes évacuées et les 270 000 résidents des territoires fortement contaminés, c’est à dire 30Km autour de la centrale. On ne parle pas des populations vivant dans les régions moins contaminées, que ce soit en ex-URSS ou ailleurs en Europe. D’ailleurs, dans l’intégralité du rapport, le Forum concède un quatrième groupe de 6,8 millions de personnes à travers toute l’Europe, exposé plus faiblement aux rayonnements de Tchernobyl. Parmi ce groupe, le forum estime que 5000 pourraient décéder des suites d’un cancer imputable à l’accident. Ce qui double le chiffre de 4000.
          Selon Marc Vidricaire, porte-parole de l’AIEA, l’objectif principal du Forum « était d’avoir une idée la plus claire possible des conséquences de l’accident pour permettre aux populations touchées de reprendre le cours normal de leur vie […]. Les obsessions des conséquences de Tchernobyl ont beaucoup nui au développement des zones les plus touchées ». En plus clair, ce rapport est « un outil de communication politique ».

          Si pour défendre une énergie ultra dangereuse vous vous basez sur les élucubrations d’un professeur (Pr FROS ) qui a construit sa carrière à la COGEMA et à AREVA et un rapport qui n’a pour but que de rassurer les populations dans l’espoir qu’elle « reprendront le cours normal de leur vie », vous comprendrez que je ne vous suive pas dans votre raisonnement.

          Le problème avec les pro-nucléaires, c’est qu’ils sont certains de maitriser un processus technique qui leur échappe totalement. Là on est dans le sectaire.
          Je ne suis pas écolo, mais je pense qu’il faudra se défaire de ce mode d’énergie nuisible et dangereux. Pour ce qui est de la France ca mettra beaucoup plus que 30 ans. Croisons les doigts pour qu’il n’arrive rien de fâcheux pendant cette période.

          « C’est un fait souvent considéré comme établi que les radiations sont à l’origine de malformations chez les descendants de victimes d’irradiation. En fait, c’est une légende »
          Si on écoute Mosento, les malformations chez les descendants des victimes de l’agent orange c’est aussi une légende. Si vous n’avez pas peur des radiations allez faire un tour la bas et vous constaterez de vous-même.

          • newsome
            newsome répond à PTrelawney
            • Posté à 22h00 le 25/01/2012
            • Internaute 93179

            L’idée que des vacances à Tchernobyl seraient le meilleur point de vue pour étudier les conséquences sanitaires de la catastophe, c’est précisément le type de préjugé qu’on peut reprocher à toutes les estimations fantaisistes que mettent en avant les anti-nucléaires.

            Pour avoir une bonne appréciation des faits, il faut aller à Tchernobyl et aussi aller à Vladivostok et dans d’autres régions de l’ex union soviétique, et comparer. Toutes ces régions ont vécu un épisode bien plus lourd de conséquences sanitaires que l’explosion de la centrale : la chute du régime soviétique. L’espérance de vie y a chuté de plus de 6 ans dans les années 90 ! cf. wikipédia.

            Par ailleurs, si une estimation manque de fiabilité, c’est bien celle qu’on peut tirer d’une expérience personnelle, telle que ce que vous nous rapportez avec votre partie de chasse : il faut au contraire un effort coordonné, mettre en place toute une logistique de compilation des données, de comparaison, de statistiques, de recoupements.

            C’est ce travail qu’a fait le Forum Tchernobyl. Travail impliquant des centaines d’individus. Centaines d’individus qu’il faut imaginer tous impliqués dans un complot piloté par l’AIEA si on veut mettre la tonalité de leurs résultats sur le compte d’une volonté d’étouffer l’affaire.

            Enfin, ces résultats ne sont surprenants qu’aux yeux des profanes. Si on a un peu de curiosité sur la question, on peut aisément se convaincre qu’ils ne tranchent pas sur tout ce qui a été obtenu par ailleurs. Et particulièrement par les études des effets des radiations sur les patients de radiothérapie. Etudes qui ont l’avantage de ne pouvoir être suspectées d’être biasées par le lobby nucléaire : l’industrie nucléaire est fort peu impliquée dans la radiothérapie. Et comme je le rappelais précédemment, ces études concluent à l’absence d’effets génétiques hérités, cf. par ex. cette étude.

        2 autres commentaires
  • tOrDrE L¤RdRe
    tOrDrE L¤RdRe
    chien de talus
    • Posté à 08h15 le 25/01/2012
    • Internaute 50571
      chien de talus

    Guéguan c’est acheté une moissonneuse-batteuse ou bien ?

  • lenawash
    lenawash
    Ingenieur
    • Posté à 11h00 le 25/01/2012
    • Internaute 165205
      Ingenieur

    je leur souhaite bon courage mais les gars peuvent camper jusqu’au retour du messie j’ai d’assez gros doutes sur leurs capacite a faire bouger quoi que ce soit dans ce pays. Les politiques se foutent completement et ignorent allegrement la population depuis 50 ans.
    Ces « occupy kasumigaseki » meritent mon respect mais sont ignores par la population japonaise parce qu’ignores par les media qui preferent parler du divorce recent de ayumi, la star locale et du transfert de Darvish, un « pitcheur » vedette chez les texas rangers.

    En gros, bel effort et bon courage, otsukare-sama comme on dit ici mais malheureusement, tres probablement voue a l’echec.

  • Uncastef
    Uncastef
    Icioulat
    • Posté à 18h14 le 27/01/2012
    • 180271
      Icioulat

    Bonjour, vous remercier pour votre article révélateur, qu’il a suscité d’autres publications et relai ici
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    pour ne parler que de ceux là...
    33.238 signatures à 18h13 sur Lien

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