Alma Latina

Dans son blog Alma latina, Cristina L'Homme vous donne rendez-vous avec des Latino-Américains, écrivains, poètes, universitaires, journalistes, économistes, chercheurs, anthropologues, sismologues… qui vous raconteront leur continent. Indianité, migrations économiques, procès contre les dictatures, la propriété de l’eau, tremblements de terre…

Les Maras, ces gangs armés qui piègent une jeunesse sans espoir

Cristina L’Homme
Journaliste
Publié le 04/05/2010 à 18h13

En France, nous avons découvert les Maras à l’occasion de la sortie du documentaire « La Vida loca » du réalisateur franco-espagnol Christian Poveda.

Assassiné le 2 septembre 2009, le photoreporter avait étudié la « Mara 18 », un gang très violent d’El Salvador où il vivait. (Voir la bande-annonce du documentaire)

Les gangs centraméricains -ou Maras- sont constitués de jeunes garçons extrêmement violents dont l’organisation est aujourd’hui internationale. Que savons-nous sur leur histoire ? Sur la manière dont ils se sont formés ? Des rites d’initiation ? De la manière dont les Etats ont réagi et réagissent encore ?

Interview de Fernando Villamizar

Avocat colombien et professeur de droit à l’Université d’Istmo (Ciudad Guatemala), Fernando Villamizar a longtemps vécu en Amérique centrale : il a passé cinq années au Guatemala et s’est rendu à El Salvador, au Honduras et au Nicaragua lors des élections au cours des années 2006 et 2007.

Son travail de chercheur et son regard sur les Maras peuvent nous aider à mieux comprendre ce phénomène, ses origines et son devenir.

Fernando Villamizar a travaillé à l’université d’Istmo, à Ciudad Guatemala, où il participait à un programme d’assistance sociale et juridique aux Mareros depuis 2007.

L’université venait à la prison

« L’université se déplaçait dans les centres de prévention où se trouvaient les jeunes Mareros (dont l’âge varie entre 12 et 21 ans), qui n’avaient souvent aucune idée de leurs droits, ne riaient jamais et étaient très marqués par la violence.

Les étudiants allaient leur donner des conseils sur leurs droits et, pour gagner leur confiance et les mettre à l’aise, ils leur apportaient des revues de foot, des vidéos. Il arrivait même qu’ils jouent ensemble au ballon.

Mais un jour, en 2009, un groupe de jeunes Mareros a enlevé un professeur (d’éducation primaire) et, pour une raison inconnue, ils l’ont emmené dans un coin, loin des gardes pénitentiaires et ils lui ont arraché le cœur. Le programme a été suspendu immédiatement. »

Petit rappel sur l’origine des Maras

« Tout a commencé dans les années 1960 et surtout à la fin des années 1970, lorsque les conflits armés se sont intensifiés en Amérique centrale. Nombreux sont ceux qui ont émigré vers les Etats-Unis, surtout vers la Californie.

Trouver du travail n’était pas facile à l’époque, d’autant que les nouveaux arrivant ne parlaient pas anglais. Et en plus, lorsqu’ils trouvaient enfin un travail, ils étaient attaqués par des gangs qui leur extorquaient leurs salaires. Des gangs de blacks, des Portoricains, des Mexicains.

Pour se défendre, ils se sont donc regroupés en imitant le fonctionnement des gangs noirs et portoricains (dont la culture était proche de la leur). C’est ainsi que sont nées les premières Maras à Los Angeles. »

Les Maras américaines

« Très vite, la logique de l’argent facile fait loi : ces jeunes Mareros -à l’époque plutôt défensifs qu’offensifs- se rendent compte qu’en volant ils gagnent dix fois plus qu’en travaillant : si la journée était payée cinq dollars, en volant une chaine stéréo de 400 dollars qu’ils revendaient 50 dollars, ils gagnaient en vingt minutes ce qu’il aurait reçu en dix jours de travail. La délinquance naît ainsi. Puis s’ajoute la drogue et la guerre entre les gangs.

Chaque Mara prend le nom de la rue où vivent ses membres. Dans la 13e rue vivent surtout des Salvadoriens, la Mara s’appellera “La Salvatrucha 13” (MS-13), et dans la 18e rue, la “Mara 18”. Ces deux-là se haïssent et s’attaquent continuellement. »

Le retour des Mareros dans leurs pays d’origine

« Lorsque les pays d’Amérique centrale initient les processus de paix dans les années 1990, Les Etats-Unis expulsent tous les jeunes ayant un dossier pénal vers leur pays d’origine. Mais le retour est difficile. Les jeunes Mareros n’ont plus la culture de leur pays d’origine.

De plus, ces pays -Nicaragua, El Salvador, Guatemala, Honduras- qui les accueillent, sont petits, pauvres et sans grande capacité institutionnelle, mais ils entrent par ailleurs dans un processus de démocratisation et des négociations processus de paix. Or, les mécanismes de sécurité de l’Etat qui auraient pu les contenir, sont absents.

Les Maras se développent donc à toute allure. Leur réseau s’étend dans toute l’Amérique centrale jusqu’aux Etats-Unis. Ils diversifient leurs activités : enlèvement de chauffeurs de bus, drogue, vol et revente de voitures, passage de frontières...

Les grands “ coyotes ” (passeurs de frontières) sont souvent des Mareros. Et comme ils sont spécialistes du contrôle desterritoires, ils intéressent les trafiquants de drogue qui les emploient volontiers pour protéger des lieux de transit. »

Plusieurs Clicas forment une Mara

« Une Mara est composé de plusieurs Clicas dont chacune comprend une dizaine de personnes. Plusieurs Clicas peuvent loger dans une même rue, mais chacune possède son territoire dont les limites sont très visiblement affichées sur les murs. La Mara est un ensemble d’une centaine - voire plus- de Clicas.

Certaines Maras comme la “Loca Barcelona” (terrifiante...) du quartier Barcelona de San Salvador, peuvent être affiliées à des Grandes Maras comme la “Mara Salvatrucha”.

Au total près de 100 000 Mareros vivent entre Honduras, El Salvador, Nicaragua, Guatemala et les Etats-Unis. En 2003, le président du Guatemala Oscar Berger estimait qu’ils étaient 65 000. »

Rituels d’initiation hyper-violents

« Les familles des Mareros sont complètement déstructurées. La Mara devient donc LA famille. Pour y entrer c’est très compliqué : si par exemple un jeune veut entrer dans la “Mara 18”, il doit être frappé pendant 18 secondes.

Une fille (elles représentent 20% des Mareros) doit coucher avec 18 membres de la Mara. Il faut aussi montrer qu’on est capable de tuer quelqu’un qu’on ne connaît pas...

A six ans, les gamins peuvent déjà faire partie d’une Clica en tant que “ messagers ” et prévenir l’arrivée des policiers. Entre neuf et douze ans, ils commencent les rites d’initiation.

Entrer dans une Mara est presqu’une obligation : si on n’est pas dans la “Mara 13” c’est qu’on appartient à la “Mara 18”, c’est-à-dire à l’ennemi (et les “ rencillas ”, les batailles entre Maras font beaucoup de morts...).

Entrer dans une Mara, revient donc à se protéger et à protéger les siens. De plus, ça donne une position sociale, les gens respectent un jeune Marero parce qu’il a accès à l’argent liquide en grande quantité, aux motos, aux belles voitures, aux armes... au prestige. »

Une vie à 100 à l’heure

« Un Marero sait qu’ils va mourir très vite, alors il vit intensément. Un garçon de quinze ans, peut avoir quatre ou cinq enfants. La morale ne fait pas partie de sa vision du monde : tuer, c’est normal. Le port d’armes, de fusils, de grenades, le viol, la violence intrafamiliale aussi.

Le Marero est souvent fils ou fille de Marero. Les filles sont mères très tôt, souvent elles ont été violées à 10 ou 12 ans. A 17 ans, elles ressemblent à des femmes de 30 ans.

Quand tu les regardes dans les yeux, tu vois une haine profonde. Il faut dire que lorsqu’ils sont arrêtés, les Mareros sont entassés à dix dans des cellules sans toilettes habituellement destinées à trois détenus. »

Aucun contre-pouvoir

« A l’heure actuelle, les Maras ont atteint un pouvoir difficile à contrer. Comme leur principal champ d’action est leur propre quartier, les oncles, tantes, cousins et grands-parents les protègent lorsque la police ose s’y aventurer.

D’ailleurs, la police (rongée par la corruption, très mal payée et pas du tout préparée) ne peut pas grand chose : au Salvador, le gouvernement de Francisco Flores avait mis en place un plan anti-gang appelé “ Mano dura ” (“La Main forte”, très controversé) en 2003, suivi de “ Supermano dura ” du gouvernement d’Elias Antonio Saca, en 2004.

Les policiers pouvaient arrêter les Mareros sans aucune raison (ils sont reconnaissables parce que leur visage est tatoué et ont créé un langage codé avec les mains), entrer dans leurs maisons et fouiller sans mandat de perquisition. Mais aucun des deux plans n’a pu en finir avec les Maras. Au contraire... »

« Sortir de la Mara, c’est la trahir »

« Sortir d’une Mara est pratiquement impossible. Il existe des associations religieuses, notamment de salésiens, qui offrent des centres de formation professionnelle à ces jeunes.

Certains ont tenté le coup, voulant se “ recycler ” dans l’économie “ normale ”, mais la plupart ont fini assassinés par la Mara après deux ans de formation. Et ceux qui arrivent à passer à travers les mailles du filet, ont du mal à trouver du travail à cause de leurs tatouages.

Sortir de la Mara, c’est la trahir, et la Mara tue les traîtres... »

La politique sécuritaire ne résout rien

« Jusqu’ici, les gouvernements ont toujours compris les Maras comme une question de sécurité publique. Alors que la seule manière de combattre et de freiner ce phénomène d’hyperviolence, est de considérer le problème à son origine : si ces jeunes tombent dans les Maras, c’est parce qu’ils n’ont pas accès à la formation, ni à des activités sportives ou culturelles qui les valoriseraient, leur apporteraient du plaisir, de la joie.

La solution passe sans nul doute par la prévention. Leur apprendre des valeurs, leur faire comprendre dans leur chair que c’est la personne qui est importante. »

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  • Falbalala
    Falbalala
    nAAAnacoluthe
    • Posté à 18h27 le 04/05/2010
    • Internaute 67633
      nAAAnacoluthe

    Le film « Sin nombre » (2009) décrivait aussi très bien les maras et leur « mode de vie » . Glaçant ........ !

    • Cristina L’Homme
      Cristina L’Homme répond à Falbalala
      Journaliste
      • Posté à 18h54 le 04/05/2010
      • Journaliste 107052
        Journaliste

      Merci, je vais chercher le lien de la bande annonce pour l’ajouter aux liens.

    • brothe
      brothe répond à Falbalala
      chercheur Postdoc
      • Posté à 22h27 le 04/05/2010
      • Expert 53510
        chercheur Postdoc

      Ce (tres bon) film est interessant car il montre au monde (et aux USA) deux apsects de l’amerique qui sont souvent negliges :

      - L’amerique centrale a une sociologie et une histoire fondamentalement differente de l’amerique du sud.

      - L’imigration dite « mexicaine » est en realite une migration d’amerique centrale, qui ne peut se reduire juste au mexique.

      Apres, je trouve qu’il y a beacoup de similitues entre les maras et autres maffias. Meutre aveugle, rite d’initiation, tatouages, violence sexuelle et controle des trafics, ce n’est malheureusement pas original (les memes scenes se retrouvent dans Sin Nomre et les « promesses de l’ombre » sur la maffia russe).

    • thylkerisis
      thylkerisis répond à Falbalala
      Graphiste
      • Posté à 10h05 le 05/05/2010
      • Internaute 110318
        Graphiste

      Un très bon film !

  • amonhumbleavis
    amonhumbleavis
    Rue89 fait monter le FN
    • Posté à 18h58 le 04/05/2010
    • Internaute 93168
      Rue89 fait monter le FN

    « Une fille (elles représentent 20% des Mareros) doit coucher avec 18 membres de la Mara. “

    Arghh ! C’est d’une violence inouïe...

    Ce qui est affligeant c’est qu’aucune espèce de solution n’est envisagée, l’échec d’une première politique sécuritaire ayant conduit à un durcissement policier, j’espère que la troisième solution ne sera pas le déploiement de l’armée.

    • -Géo-
      -Géo- répond à amonhumbleavis
      Tb
      • Posté à 20h18 le 04/05/2010
      • Internaute 51248
        Tb

      Au Salvador, l’armée fait parti du dispositif depuis quelques mois (dont le président est de centre-gauche et la majorité parlementaire de gauche dure). Cela semble avoir un effet positif dans le quartier ou ils sont déployés mais bien sûr le problème se déplace.

      Autre problème qui se développe c’est le retour des escadrons de la mort, la police et la justice ne pouvant rien faire certains policiers rendent justice eux-même.

  • Jonas2
    Jonas2
    Les mouches ne me trouveront (...)
    • Posté à 19h49 le 04/05/2010
    • Internaute 19359
      Les mouches ne me trouveront (...)

    La bande annonce est à la limite du soutenable. Un scalpel plongé dans une tumeur. Une société qui fabrique des fauves puis les enfourne dans des sacs poubelles une fois massacrés.Des fleurs à peine écloses ensevelies sous quelques poignées de terre.

    Tout est dit. Poignant et désolant à la fois.

    Il faut quand même avoir le cortex bien épais pour ne pas comprendre que la politique du tout sécuritaire est finalement la principale cause de ce gâchis humain.

    • Cristina L’Homme
      Cristina L’Homme répond à Jonas2
      Journaliste
      • Posté à 04h40 le 05/05/2010
      • Journaliste 107052
        Journaliste

      Oui mais aussi le fait d’avoir renvoyé les Mareros chez eux, les laissant désoeuvrés, déracinés, et au moment où leur pays d’origine n’avait pas les moyens de les contrer.

      • Shakana
        Shakana répond à Cristina L’Homme
        (Entre parenthèses)
        • Posté à 17h44 le 05/05/2010
        • Internaute 30512
          (Entre parenthèses)

        mais aussi le fait d’avoir renvoyé les Mareros chez eux, les laissant désoeuvrés, déracinés, et au moment où leur pays d’origine n’avait pas les moyens de les contrer.

        Ce pourrait être une piste à fouiller pour comprendre que les USA, à l’inverse de sa longue tradition interventionniste et d’ingérence en Amérique Centrale, ne soient plus si intrusif.

        Sans pratiquer la théorie du complot, nous ne pouvons qu’admettre que les USA ont bien pris en compte l’intérêt qu’ils pouvaient en tirer. Pour preuve, les maras ont été incorporés dans la liste des objectifs justifiant une intervention contre le terrorisme, cet axe étant la colonne vertébrale de la nouvelle politique économique proposée aux latinos américains par l’administration US ayant comme argument un « droit d’ingérence démocratique ».

        En l’absence de définition commune et universelle du terrorisme, le Lien ne s’embarrasse pas de précisions : la guerre qui lui est menée est définie comme « une entreprise globale d’une durée incertaine », « ayant une portée globale ». Dans cette guerre asymétrique, les ennemis sont divers : islamistes, contrebandiers et narcotrafiquants réfugiés dans la « triple frontière » entre l’Argentine, le Brésil et le Paraguay ; « populistes radicaux », en premier lieu au Venezuela et en Bolivie ; « organisations terroristes » – Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), Armée de libération nationale (ELN) et paramilitaires en Colombie ; mouvements sociaux. Mais aussi gangs de jeunes, réfugiés, immigrés clandestins, et autres terroristes « potentiels »...

        Dans le cadre des divers plans proposés par les USA aux pays d’Amérique Latine et principalement d’Amérique Centrale, l’existence des maras est un levier supplémentaire pour l’acceptation d’une nouvelle politique plus subtile d’intrusion très contestée par les progressistes latinos américains.

        Sous l’impulsion de Washington, les armées latino-américaines sont de nouveau impliquées dans des tâches de police intérieure. En décembre 2006, le président mexicain Felipe Calderón a envoyé sept mille soldats dans l’Etat de Michoacán pour combattre le trafic de drogue. L’armée intervient également dans les favelas de Rio de Janeiro, au Brésil ; contre les gangs de jeunes (les maras), en Amérique centrale ; et pour contrôler l’immigration à la frontière mexicaine. Cette militarisation de la sécurité publique n’est pas nouvelle, mais, favorisée par une demande de protection devant la montée du crime organisé, elle contredit la tendance au retour des militaires dans les casernes qu’on observait depuis la fin des dictatures. Les organisations de défense des droits humains sont préoccupées, les « fauteurs de troubles » étant souvent des indigènes, des jeunes sans travail, des chômeurs marginalisés. L’intervention de l’armée peut stigmatiser ces catégories sociales, ressusciter le vieil « ennemi intérieur » et ainsi permettre aux militaires de retrouver une capacité de pression politique rappelant un sinistre passé (10).
        Lien

        (cf le coup d’état contre Chavèz ou Manuel Zelaya).

        Je comprends tout à fait la réflexion de Jonas, en la poussant un peu plus loin :
        Il faut quand même avoir le cortex bien épais pour ne pas comprendre que la politique du tout sécuritaire est finalement la principale cause de ce gâchis humain.

        Merci pour la qualité de votre article.

        Il devrait peut-être être ajouté que l’expulsion de délinquants latinos des USA n’est pas une mesure judiciaire, ni policière, mais bien politique, dans la mesure où ce phénomène connu n’est ni endigué à leur arrivée (et pourtant la police les « coince » quand ils sont bien mûr pour être irrécupérables), ni combattu par des mesures sociales de réinsertion pendant leur séjour « toléré ».
        Comme pour le Roquefort, le développement de la « moisissure » est contrôlé.

         
        • Cristina L’Homme
          Cristina L’Homme répond à Shakana
          Journaliste
          • Posté à 20h31 le 05/05/2010
          • Journaliste 107052
            Journaliste

          Vous me donnez l’impression de bien connaître le sujet... une spécialiste sans doute. Le sujet est important, ça vaut une interview. Si vous voulez, envoyez-moi vos coordonnées sur l’email et on en parle.
          CL

        1 autres commentaires
  • -Géo-
    -Géo-
    Tb
    • Posté à 20h48 le 04/05/2010
    • Internaute 51248
      Tb

    La naissance des maras étant devenu un « mythe », plusieurs versions existent.
    Ce qui me parait sûr, c’est que les gangs portoricains n’ont pas grand chose à voir avec les maras (les portoricains sont installés sur la côte est, les centraméricains dans le sud de la Californie). Ils ont plutôt pris l’exemple des gangs mexicains qui existent depuis au moins depuis les 40s-50s (les Zoot suits, la Mafia Mexicana).
    Et en parlant de la MM, le 13 de la MS peut également venir de sont affiliation à ces tout début (le « m » est la 13ème lettre de l’alphabet). A une époque la MM dominait la Californie du sud , du coup beaucoup des gangs latinos mettait alors un 13 à son nom pour se différentier des gangs noirs, blancs ou asiatique (en Californie du nord il me semble que l’on mettait un 14 - je ne sais plus pourquoi).

    Un problème qui n’a pas été évoqué est l’échec de la récolte des armes après les guerres civiles, les maras ont commencé à se faire de l’argent dans l’export/import avec le trafic d’arme avant de passer à la drogue (se trouver entre la Colombie et les USA, ça aide pas).

    En plus des problèmes de violence (13 homicides par jour au Salvador depuis le début 2010 pour une population de 6 million de personnes), de trafic et de racket, les autorités commencent à s’inquiéter des jeunes éduqués de la bourgeoisie qui préfèrent travailler pour les maras (blanchiment d’argent, investissement, etc.).

  • NGNG
    • Posté à 21h10 le 04/05/2010
    • Internaute 104811

    Ils sont pas frappés pendant 18 minutes sinon il n’y aurais aucun nouveau mareros c’est 18 secondes de tabassage pour les garçons comme pour les filles dans le gang eigheen et 13 secondes pour les MS 13 .
    En espagne en ce qui concerne les « latin kings » c’est 30 secondes.
    Après il y a aussi le meurtre pour prouver son appartenance au gang et bien sur ramener de l’argent.

    Je pense que le problème a relativement bien été explicité dans l’article tout commence par l’absence de structure familliale qui se verra remplacée par le gang.

    Dans l’ensemble un très bon article qui mets en évidence une réalité vraiment très dure pour ces jeunes car le choix d’entrer dans une mara est fait en connaissance de cause ...

    • Cristina L’Homme
      Cristina L’Homme répond à NGNG
      Journaliste
      • Posté à 14h58 le 05/05/2010
      • Journaliste 107052
        Journaliste

      Ouff.... j’ai corrigé. En effet, Fernando Villamizar m’avait dit 18 secondes. Mea culpa...

      • NGNG
        • Posté à 15h13 le 05/05/2010
        • Internaute 104811

        c’est pas très grave en tout cas un très bon article qui cerne plutôt bien le problème.

        Sinon il y a 2 reportages sur Youtube concernant les maras du SALVADOR il faut les voir on apprends plus de choses qu’en visionnant la vida loca j’essaye de retrouver les liens et je les rajoute ici si ça intéresse quelqu’un.

  • Stranger in Paradise
    • Posté à 21h52 le 04/05/2010
    • Internaute 29210

    Bonjour Cristina,

    Sans rien retirer aux mérites du travail de Christian Poveda d’autres travaux sur les Maras étaient déjà publiés en France depuis bien longtemps. En 2004 par exemple, celui du photographe et journaliste Philippe Revelli.

    Voir ici :
    Lien

    et là
    Lien

    On peut aussi lire avec intérêt (2004 - 2005) :

    - Gangs de la mondialisation

    Lien

    - Les gangs en Amérique Centrale, un fléau incontrôlable

    Lien

    - Les « Maras » : une nouvelle menace internationale ?

    Lien

    .................

    Pour finir, une petite observation qui n’a rien à voir ...

    Depuis des années (2003) il existe un bon site latino-américain en France qui s’appelle Lien ... Alma latina, en espagnol.

    On trouve aussi : almalatina.org, alma-latina.org, almalatina-salsa.com, almalatina.fr, alma-latina.net, alma-latina-87.blog4ever, voyages-alma-latina, Lien, almalatina71.skyrock, etc, etc, etc

    Pitié ... : -)

    • Cristina L’Homme
      Cristina L’Homme répond à Stranger in Paradise
      Journaliste
      • Posté à 20h42 le 05/05/2010
      • Journaliste 107052
        Journaliste

      Merci, j’ai mis le lien sur Philippe Revelli en bas de l’article.

      Le choix d’un nom de blog c’est une question personnelle. En tout cas, des alma-latina, il y en a un seul dans RUE89. C’est ça l’important.

  • jyeden
    jyeden
    khmer vert ( age des caverne, (...)
    • Posté à 05h51 le 05/05/2010
    • Internaute 20631
      khmer vert ( age des caverne, (...)

    du coup ils nous paraissent tout mimines nos petits sauvageons de banlieue !

    • thylkerisis
      thylkerisis répond à jyeden
      Graphiste
      • Posté à 10h07 le 05/05/2010
      • Internaute 110318
        Graphiste

      Peut être parce qu’on a une police moins corrompu aussi !
      Et une société qui arrive encore à éduquer un minimum...

      • jyeden
        jyeden répond à thylkerisis
        khmer vert ( age des caverne, (...)
        • Posté à 11h57 le 05/05/2010
        • Internaute 20631
          khmer vert ( age des caverne, (...)

        tu me sort bonne toi ! !

        me fais pas rire, j’ai les levres gercées

         
        • thylkerisis
          thylkerisis répond à jyeden
          Graphiste
          • Posté à 18h25 le 05/05/2010
          • Internaute 110318
            Graphiste

          N’empêche j’aimerai pas voir la gueule de cette société, sans flics et sans justice. Parce que justement à ce moment là c’est la loi du plus fort qui prévaut, et vu l’état de tes lèvres je doute que tu sois bien placé dans la chaîne alimentaire...

          Le jour où tous les homme seront bons, non violents et respectueux de leur prochain, n’est pas pas arrivé... En attendant on aura besoin de flics

        1 autres commentaires
  • rko
    rko
    • Posté à 08h47 le 05/05/2010
    • Internaute 90061

    Merci pour cet article...passionnant...et effrayant.

  • Guy Valte
    Guy Valte
    Parisien abonné au gaz
    • Posté à 09h21 le 05/05/2010
    • Internaute 24462
      Parisien abonné au gaz

    La société libérale est vraiment mortifère, il ne faut pas se cacher derrière son petit doigt : si on va au bout de la logique libérale on obtient... ça.
    La loi du plus fort, puis la bande, c’est le résultat d’une politique de destruction de la solidarité entre les gens, la vénération de l’égoïsme, l’individualisme comme idéal. Voyez les républicains aux USA, la sécurisation des privilèges pour les riches en France.

    • Shakana
      Shakana répond à Guy Valte
      (Entre parenthèses)
      • Posté à 17h58 le 05/05/2010
      • Internaute 30512
        (Entre parenthèses)

      La loi du plus fort, puis la bande, c’est le résultat d’une politique de destruction de la solidarité entre les gens, la vénération de l’égoïsme, l’individualisme comme idéal.

      Les objectifs sont les mêmes pour la crème comme pour la lie : profiter des richesses pour eux même. Ainsi que la finalité : exister au dessus des autres, au détriment du bien commun.

      La seule différence, c’est que les règles établies par les élites, l’état, les institutions (justice, police, armée, religion), admises ou supportées par le corps social, favorisent les uns et condamnent les autres selon les règles établies.
      Elles justifies les uns et exclues les autres, au nom de ces règles subies.

      Imaginez que les valeurs changent... La solidarité devient la règle centrale de la société...
      Les oligarchies (aristocraties) deviennent criminelles par leur pouvoir de domination contrevenant aux nouvelles règles... et le bas peuple est réhabilité par son aliénation aux anciennes règles...

      Mais l’on peut inverser le mécanisme. Les règles changent de nature selon les valeurs affichées par le système des dominants en fonction du contexte.

      Les délinquants d’hier en France étaient un mal nécessaire issus des couches les plus défavorisées, jeunes, blancs, de culture chrétienne, de souche... des voyous.
      Ceux d’aujourd’hui sont noirs, maghrébins, assez souvent de culture musulmane, l’âge n’étant pas un critère explicité. Ce ne sont plus des voyous, ni même des français (ils agitent le drapeau algérien), mais de la racaille gangrénant notre société de par leur nature et non par leur condition.

      Les mareros comme les jeunes des « quartiers » créent des zones de « non-droit » avec leurs codes découlant de valeurs propres en réponse aux règles qui ne leur sont pas accessibles.

      • Guy Valte
        Guy Valte répond à Shakana
        Parisien abonné au gaz
        • Posté à 18h50 le 05/05/2010
        • Internaute 24462
          Parisien abonné au gaz

        @Les objectifs sont les mêmes pour la crème comme pour la lie@

        Je ne suis pas d’accord sur l’usage de « les extrêmes se rencontrent » dans le cas de figure ce sont les deux faces d’une même pièce dont le nom est « libéralisme ».
        Au delà je trouve votre texte bizarrement construit, plusieurs inversions en cours de route, Il y a des assimilations et généralisations. Du coup ce n’est plus une analyse, juste une interprétation très contestable.
        Pour conclure j’estime que la racaille est globalement au pouvoir, au gouvernement comme dans certains quartiers. Mais j’évalue que la racaille que l’on peut trouver au gouvernement est plus dangereuse que celle des quartiers (je parle des fachos devenus libéraux)

         
        • Shakana
          Shakana répond à Guy Valte
          (Entre parenthèses)
          • Posté à 19h53 le 05/05/2010
          • Internaute 30512
            (Entre parenthèses)

          Je ne suis pas d’accord sur l’usage de « les extrêmes se rencontrent »

          Je ne sais pas où vous avez pu lire cela dans mon commentaire ? ! ...

          Par contre je peux vous citer :

          j’estime que la racaille est globalement au pouvoir, au gouvernement comme dans certains quartiers.

          Vous allez me coller quoi comme note ?
          (Je sens que je ne vais pas avoir la moyenne !)
          Au delà je trouve votre texte bizarrement construit, plusieurs inversions en cours de route, Il y a des assimilations et généralisations. Du coup ce n’est plus une analyse, juste une interprétation très contestable.

          • Guy Valte
            Guy Valte répond à Shakana
            Parisien abonné au gaz
            • Posté à 22h06 le 05/05/2010
            • Internaute 24462
              Parisien abonné au gaz

            Je vois la vraie nature de vos préoccupations, elles ne sont pas les miennes, et pire, elles ne m’intéressent pas, je vous suggère de grandir.

        2 autres commentaires
  • mick69
    • Posté à 10h04 le 05/05/2010
    • Internaute 2907

    « Mais un jour, en 2009, un groupe de jeunes Mareros a enlevé un professeur (d’éducation primaire) et, pour une raison inconnue, ils l’ont emmené dans un coin, loin des gardes pénitentiaires et ils lui ont arraché le cœur. »

    à ce stade, que peut-on faire d’autre que les buter ?

    • Shakana
      Shakana répond à mick69
      (Entre parenthèses)
      • Posté à 17h58 le 05/05/2010
      • Internaute 30512
        (Entre parenthèses)

      à ce stade, que peut-on faire d’autre que les buter ?

      Un indice ?
      Taper (pas trop fort) « Cuba mareros » sur un moteur de recherche...

      Le bonjour à Michel Faure.

      Quoi qu’il en soit, le problème central posé par le recours à des politiques répressives reste le même : en plus d’être improductives, ces dernières épurent souvent les fonds publics réservés aux politiques sociales. Or, ces pays manquent et, ont en l’occurrence, cruellement besoin d’investissements publics massifs. Plutôt que de lutter contre la criminalité des cellules Maras, peut-être serait-il préférable de lutter contre les causes sociales de cette criminalité : chômage, pauvreté, insalubrité des logements et des lieux de vie, difficile accès au soin et à l’éducation... ? Comme le signale, Frédéric Faux dans son ouvrage, chaque terrain de football construit, chaque camp de jeunes ouvert, chaque association de quartier créée, apparaissent comme autant d’investissements en faveur de la jeunesse et partant, en faveur de l’avenir du pays. Or, jusqu’à présent, il est vrai qu’ont été « plus construites des prisons que de terrains de sports... ». Au Salvador, tous les regards se portent aujourd’hui vers la nouvelle coalition de gauche dirigée par le Président Funes. Beaucoup attendent ainsi de lui une gestion par le social de la criminalité.
      Lien

  • LienRag
    • Posté à 18h07 le 06/05/2010
    • Internaute 34767

    J’avais lu je ne sais plus où que dans les zones qui avaient été libérées par le FMLN les maras sont quasiment absentes.
    Vous confirmez ?

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