Alma Latina

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Argentine : un ex-ministre de l'économie arrêté, la fin de l'impunité

Cristina L’Homme
Journaliste
Publié le 11/05/2010 à 04h23

José Martinez de Hoz, ancien ministre argentin de l’Economie du dictateur Jorge Videla (1976 à 1983), a été arrêté mardi 4 mai dernier à Buenos Aires.

Un ministre de l’Economie dictatorial et ripou

La demande d’arrestation a été faite au juge Norberto Oyarbide par le secrétaire argentin aux Droits de l’Homme, Eduardo Luis Duhalde, dans le cadre d’une enquête sur l’enlèvement, en 1976, de deux hommes d’affaires, Federico et Miguel Gutheim, propriétaires d’une fabrique de fibre de coton.

Ce kidnapping, qui avait duré 5 mois, était un moyen de pression qui devait obliger les deux hommes à renoncer à un contrat d’exportation vers Hong Kong au bénéfice d’une entreprise qui comptait avec l’appui de la dictature. La décision d’enlever les Gutheim aurait été prise au ministère de l’Economie de l’époque, d’après leur avocat.

Le secrétaire aux Droits de l’Homme aurait, par ailleurs, demandé que Martinez de Hoz soit détenu dans une prison de droit commun.

Sa requête a lieu deux jours après que la Cour Suprême de Buenos Aires ait annulé la grâce qui avait été accordée à Martinez de Hoz et à Jorge Videla en 1990 par le président Carlos Menem. Une grâce que le Collectif « Justicia Ya » refusait en réclamant l’inconstitutionnalité de ces décrets.

La plus haute instance de la justice argentine vient de donner raison aux défenseurs de Droits de l’Homme, en montrant qu’il est aujourd’hui possible de juger les personnes civiles qui ont été complices de la dictature. Le temps de l’impunité est révolu.

Le bourreau se dit victime

Martinez de Hoz lui, se dit « victime d’une persécution interminable » de la part du gouvernement actuel et de la Justice.

Il aurait sans doute préféré faire appel à la Loi du « point final » (Ley de Punto Final) de 1986 ou à la Loi sur le devoir d’obéissance (Ley de Obediencia Debida) de 1987, qui l’auraient protégé de toute poursuite. Mais il ne le pourra pas. Une chance pour les défenseurs des Droits de l’Homme : ces deux lois d’amnistie ont été déclarées nulles et non avenues en juin 2005.

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  • Tita
    Tita
    oiseau
    • Posté à 08h50 le 11/05/2010
    • Internaute 7659
      oiseau

    C’est vrai que c’est encourageant qu’il soit « aujourd’hui possible de juger les personnes civiles qui ont été complices de la dictature ».

    En même temps, entre la fin de l’impunité et une justice réelle, il y a encore une belle marge. Il semble que les complices de la dictature aient encore beaucoup d’appuis et nous savons qu’entre l’existence d’une loi et sa parfaite application, il y a une différence. La plupart des pays riches ont des lois contre la discrimination, mais cela n’empêche pas dans les faits que ces discriminations perdurent.

    Bref, la fin de l’impunité ne signifie pas nécessairement le début du grand nettoyage, mais juste que cela devient théoriquement possible. Symboliquement, c’est déjà beaucoup ; mais dans la réalité cela demande à ce que les argentins donnent du sens à cette fin d’impunité.

    • Errance
      Errance répond à Tita
      écouteur d'histoires
      • Posté à 04h03 le 13/05/2010
      • Internaute 114729
        écouteur d'histoires

      Tant que les péronistes de gauches seront au pouvoir l’impunité de la dictature reculera, ainsi que celle de l’époque Mennen.

      C’est dur mais les choses avancent. Que va-t’il se passer quand les études génétiques sur Lien seront enfin effectuées, voilà une lourde question. Le paysage argentin risque alors de totalement changer.

  • Adéménagé le 3 janvier 2011
    • Posté à 10h28 le 11/05/2010
    • Internaute 29846
      menuisier

    « Martinez de Hoz lui, se dit “ victime d’une persécution interminable ” »

    Il est clair que de son temps les procédures étaient plus rapides à l’ESMA.

    Qu’il crêve.

    • philippe.edmond
      philippe.edmond répond à Adéménagé le 3 janvier 2011
      http://unvoyageauliban.bafweb. (...)
      • Posté à 14h48 le 11/05/2010
      • Internaute 39518
        http://unvoyageauliban.bafweb. (...)

      Qu’il crêve.
      Voila bien une pensée de mec de gauche : c’est toujours les autres de droite qui sont criminels et doivent être poursuivis éternellement, et le rôle de la gauche dans la naissance des dictatures anti communistes est toujours occulté.

      • Errance
        Errance répond à philippe.edmond
        écouteur d'histoires
        • Posté à 03h51 le 13/05/2010
        • Internaute 114729
          écouteur d'histoires

        Aucun rapport avec la choucroute cher monsieur. On parle ici d’un assassin de sang froid, pas de politique.

        Je serai ravi de voir condamné pour crime contre l’humanité les bourreaux rouges, mais la plus part sont devenus d’actifs capitalistes et même d’habiles mafieux.

        N’oubliez pas qu’en Argentine 400 personnes vivent toujours sous la fausse identité que leur a « offerte » la dictature en se les appropriant et assassinant leurs parents.

        L’histoire est toujours là bien présente .... Hélas elle se cache et s’oublie.

    • Errance
      Errance répond à Adéménagé le 3 janvier 2011
      écouteur d'histoires
      • Posté à 03h47 le 13/05/2010
      • Internaute 114729
        écouteur d'histoires

      Qu’il crève non, ça serait trop facile.

      La famille Martinez de Hoz a laissé une longue trainée sanguinolente sur l’histoire Argentine. Le dernier rejetons se retrouve en taule, c’est plutôt une bonne nouvelle non ?

      Maintenant il faut qu’il tienne jusqu’à son procès c’est le premier civil important qui tombe, ça arrive enfin !

  • Garnement
    Garnement
    Destitution, vite !
    • Posté à 19h29 le 11/05/2010
    • Internaute 110524
      Destitution, vite !

    Et pour les ministres de l’économie qui détournent des milliards de l’argent des citoyens vers le privé...
    On pourra les poursuivre après 2012 ?

    • Errance
      Errance répond à Garnement
      écouteur d'histoires
      • Posté à 03h55 le 13/05/2010
      • Internaute 114729
        écouteur d'histoires

      C’est le cas de Martinez de Hoz, mais ce n’est pas pour cela qu’il sera condamné, hélas. Son successeur à faire fort aussi en étatisant 15 milliards de dette privée.

      2011 et non 2012 puisque l’on parle de l’Argentine. Il sera probablement impossible de le juger après cette date si la droite argentine reprend le pouvoir...

      Il pourra alors mourir paisiblement dans son lit, il n’est pas du genre à se préoccuper de sa place dans l’histoire ou d’avoir des remords.

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