Alma Latina

Dans son blog Alma latina, Cristina L'Homme vous donne rendez-vous avec des Latino-Américains, écrivains, poètes, universitaires, journalistes, économistes, chercheurs, anthropologues, sismologues… qui vous raconteront leur continent. Indianité, migrations économiques, procès contre les dictatures, la propriété de l’eau, tremblements de terre…

Présidentielle en Colombie : l'élection racontée par un citoyen

Cristina L’Homme
Journaliste
Publié le 20/05/2010 à 12h34

Le 30 mai 2010, les électeurs colombiens se rendront aux urnes pour choisir leur nouveau président pour quatre ans. L’occasion pour Fernando Villamizar, Colombien, observateur électoral, de nous donner quelques repères sur l’histoire des élections dans son pays pour mieux comprendre celles d’aujourd’hui.

Du Front national à la fin du bipartisme

« Les élections et les partis politiques existent en Colombie depuis le XIXe siècle, avec une interruption dans les années 50, lors de la dictature militaire de Gustavo Rojas Pinilla.

Devant la recrudescence de la violence entre les partis conservateur et libéral, et pour permettre une transition vers la démocratie, le gouvernement met en place, en 1958, le “ Front national ” qui consiste à donner le pouvoir à chacun des partis à tour de rôle, tous les quatre ans.

Cela a duré seize ans jusqu’en 1974. La violence a diminué, mais ce système ne permettait pas à d’autres tendances politiques (surtout les courants de gauche) d’émerger.

Pour répondre à un besoin d’ouverture, des élections compétitives sont instaurées en 1974. Le mandat est toujours de quatre ans. Mais on se rend vite compte que les candidats qui ne viennent pas des deux principaux courants, n’ont aucune chance.

“ Le bipartisme va être chamboulé en 1998 par l’arrivée d’une troisième force politique. Symbole de fraîcheur et de nouveauté, Naomí Sanín (qui avait été proche des conservateurs, mais affichait son caractère ‘ indépendant ’), attire bon nombre d’électeurs des deux partis traditionnels, mais termine troisième au premier tour. ”

Pastrana et la montée en puissance des Farc

Pastrana gagne les élections en 1998 avec une promesse de taille : mettre en place des accords de paix avec la guérilla des Farc (il s’est même affiché, quelques jours avant les élections, avec l’un des leaders historiques des Farc, ‘ tirofijo ’ (tir précis) : Manuel Marulanda - de son vrai nom Pedro Antonio Marin.

Pastrana offre aux Farc un territoire de 42 000 km2 appelé ‘ zona de despeje ’ (zone dégagée) sans aucune autorité étatique, pour que puisse s’y dérouler un véritable dialogue pour la paix. Il s’agit de créer un terrain de confiance.

Mais très vite, la ‘ zone ’ se transforme en un Etat dans l’Etat : pour aller entendre les négociations de paix à San Vicente el Caguán, ville centrale de cette zone, il fallait obtenir un visa des Farc... qui en ont profité pour se renforcer militairement.

Les enlèvements se multiplient. La zone devient une véritable ‘ caverne d’Ali Baba ’ où les Farc emmènent après les avoir enlevés, les députés de l’Assemblée de la Vallée de Cauca et séquestrent Ingrid Betancourt pendant sa campagne.

Parallèlement, des groupes paramilitaires qui combattent les Farc grossissent et se transforment en véritables armées. En 2000, personne ne prend plus l’autoroute par peur d’être victime d’une ‘ pêche miraculeuse ’ (pesca milagrosa) des Farc qui séquestrent au hasard et demandent des sommes importantes en échange.

Le résultat est terrifiant : plus d’un million de personnes sont déplacées qui s’enfuient pour ne pas être massacrées par les paramilitaires ou les Farc. ”

Alvaro Uribe, la guerre sale et l’opération “jaque”

“ En 2002, pendant la campagne des élections présidentielles, un candidat fait figure ‘à part’. Il parle fort, il dit ne pas avoir peur. Il est même victime d’un attentat pendant sa campagne (et le sera plus tard en tant que président) : Álvaro Uribe.

Très critiqué, dès son arrivée au pouvoir, en raison de sa tendance à vouloir centraliser le pouvoir, Uribe change l’équilibre de la guerre contre les Farc. Il élimine les groupes paramilitaires, reprend le contrôle territorial de la zone cédée aux Farc par le gouvernement précédent, renforce l’armée. On appelle cela la guerre sale (la guerre contre les guérillas n’est jamais comme on la décrit)...

Résultat : les Colombiens votent pour Uribe pour un deuxième mandat en 2006 (sans pour autant être ‘ uribistes’), parce qu’ils peuvent enfin aller voir leur famille en province.

Deux opérations vont rendre le président encore plus populaire : la mort du n°2 des Farc, Raul Reyes, lors d’un affrontement avec l’armée en mars 2008 et l’opération ‘ jaque ’ (échec et mat) en juillet de la même année, où quinze otages sont libérés, dont Ingrid Betancourt (que les Farc surnommaient ‘ la joyita ’, le petit bijou...).

La popularité d’Uribe est telle que les observateurs pensent qu’il va facilement imposer l’idée d’un troisième mandat. Mais les affaires de détournement de fonds publics et de corruption, comme celle de Agro Ingreso Seguro (détournement de subventions destinés au secteur agricole) et l’empressement du président à vouloir changer la loi pour pouvoir être réélu une troisième fois déçoivent.

Le ministre de l’Agriculture, surnommé ‘ Uribito ’ en raison de sa proximité avec le président et qui aurait pu être candidat aux présidentielles, est écarté suite à l’affaire Agro Ingreso Seguro.

C’est donc le ministre de la Défense, Juan Manuel Santos (issu d’une famille très puissante, d’un point de vue économique, médiatique et politique) qui se lance dans la campagne des présidentielles. ”

Les figures des élections de mai 2010

“ Uribe (son parti est le ‘ partido de la U : partido social de unidad nacional ’) avait gouverné en coalition avec le parti radical et le parti conservateur. Mais les trois partis se séparent pendant la campagne : le parti conservateur est incarné par Naomí Sanín, le parti libéral propose Rafael Pardo. Face à eux, la gauche se lance dans les élections avec le Polo Democratico Alternativo et son candidat Gustavo Petro (un vieil opposant à Uribe).

Comme en 1998, la campagne de 2010 fait surgir une figure nouvelle : Antanas Mockus. D’après les derniers sondages, il serait en première position, suivi de Santos puis de Naomí Sanín. Son entrée en scène change complètement la donne et met en danger la candidature de Santos qui, jusque-là, était donné gagnant.

Son style casse les habitudes. Recteur de l’Université nationale (université d’Etat la plus importante de Colombie), puis maire de Bogota, il s’était marié dans un cirque - à califourchon sur le dos d’un éléphant - pendant sa campagne, est capable de montrer ses fesses en public pour faire réagir un parterre d’universitaires... Mais c’est surtout l’homme du ‘ TransMilenio ’, le système de transports en commun de Bogota, véritable réussite qui arendu la capitale plus dynamique et moderne.

Son candidat à la vice-présidence, Sergio Fajardo, maire de Medellín, a réussi à sortir sa ville de l’étiquette ‘ ville de Pablo Escobar ’ et à baisser les indices de criminalité, créant des infrastructures et modernisant la ville, lui aussi.
Mais Mockus ne trouve ses appuis que dans le milieu urbain et il n’a pas de partisans au Congrès.

C’est un homme de communication, qui sait utiliser l’image. Et il a, en face de lui, de véritables machines. Or, lorsque l’on regarde les élections en Amérique latine, on se rend compte que c’est le plus souvent la machine qui l’emporte.”

Les attentes des électeurs colombiens

“ D’un autre côté, l’électorat d’aujourd’hui, qui comprend un pourcentage élevé de jeunes, est plus mûr, plus conscient des défis auxquels le pays doit faire face, plus informé. Même si l’ombre noire au tableau reste le fort taux d’abstention : les votants ne dépassent jamais 50% de l’électorat.

Et cela n’a rien à voir avec les 2 à 4 millions de Colombiens (selon les statistiques) qui ont quitté le pays dans les années 90 puisqu’ils avaient tous le droit de voter depuis l’étranger.

Avant, les conservateurs votaient pour les drapeaux bleus et les libéraux pour les drapeaux rouges qui caractérisaient une tendance. Aujourd’hui, on regarde davantage les candidats. Pour se détacher du bleu et du rouge, Santos a choisi l’orange et Mockus le vert. Rien à voir avec l’écologie : l’utilisation des couleurs est en lien direct avec le marketing électoral !

A titre personnel, j’espère seulement qu’il n’y aura ni fraudes, ni violence. La guerilla a toujours appelé à ne pas voter au moment des élections présidentielles. Et pour cela, elle a toujours utilisé la violence. ”

  • 4227 visites
  • 19 réactions
Vous devez être connecté pour pouvoir commenter : ou créez un compte
  • Waldeck
    Waldeck
    Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)
    • Posté à 13h33 le 20/05/2010
    • Internaute 36864
      Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)

    Merci Christina pour cet article qui nous apporte un nouvel éclairage sur la Colombie et son paysage politique au travers du témoignage lucide et dépassionné de Fernando.

  • char23
    char23
    Salarié du privé
    • Posté à 16h19 le 20/05/2010
    • Internaute 71832
      Salarié du privé

    Mockus est le candidat officiel du Parti Vert... ça n’est donc pas un choix anodin comme couleur.

    • Errance
      Errance répond à char23
      écouteur d'histoires
      • Posté à 18h09 le 20/05/2010
      • Internaute 114729
        écouteur d'histoires

      Qu’il s’appelle parti vert n’a pas sens politique réel d’où le côté anodin de la couleur.

      • Cristina L’Homme
        Cristina L’Homme répond à Errance
        Journaliste
        • Posté à 00h39 le 21/05/2010
        • Journaliste 107052
          Journaliste

        En effet, ce vert-là n’a rien à voir avec l’Ecologie que nous lui attribuons en Europe. Le Vert n’est pas suivi du symbole du tournesol. : -))

         
        • Errance
          Errance répond à Cristina L’Homme
          écouteur d'histoires
          • Posté à 00h51 le 21/05/2010
          • Internaute 114729
            écouteur d'histoires

          C’est vrai que je l’oublie toujours ce brave tournesol.

          Avez-vous reçu mon mail ?

          C’est un truc assez passionnant cette élection. Mais c’est vrai que, même en vivant en Amérique latine, comprendre la Colombie n’est vraiment pas simple. Ce qui rend ce témoignage particulièrement intéressant.

          En fait aucun pays du continent n’est simple à comprendre !

          • Cristina L’Homme
            Cristina L’Homme répond à Errance
            Journaliste
            • Posté à 01h32 le 21/05/2010
            • Journaliste 107052
              Journaliste

            la Colombie est encore plus complexe que les autres pays sans doute. Un pays passionnant. Le premier jour on ne comprend rien, après une semaine on croit commencer à comprendre, un mois après on est content on a tout compris, et le lendemain on se rend compte qu’on n’a absolument rien compris...
            Mais la force de la Colombie, c’est la présence importante, plus qu’ailleurs je crois, d’universitaires, d’intellectuels, de penseurs.

            • Errance
              Errance répond à Cristina L’Homme
              écouteur d'histoires
              • Posté à 19h16 le 21/05/2010
              • Internaute 114729
                écouteur d'histoires

              J’ai le même sentiment avec l’Argentine.

              Par contre au niveau universitaire malheureusement la mal a été fait dans les années 60 et depuis ça ne va pas s’arrangeant.

        • Éric  Perrin
          Éric Perrin répond à Cristina L’Homme
          Ginkonaute
          • Posté à 17h47 le 21/05/2010
          • Internaute 51185
            Ginkonaute

          Certaine ?

          • Errance
            Errance répond à Éric Perrin
            écouteur d'histoires
            • Posté à 19h14 le 21/05/2010
            • Internaute 114729
              écouteur d'histoires

            Lien

            Bon donc il joue quand même sur l’inconscient écolo, du moins occidental.

            • Éric  Perrin
              Éric Perrin répond à Errance
              Ginkonaute
              • Posté à 20h40 le 21/05/2010
              • Internaute 51185
                Ginkonaute

              Ben à priori le parti vert de Colombie existait sous sa forme classique avant qu’il n’en soit le candidat, il n’a fait que reprendre le thème.

          • Cristina L’Homme
            Cristina L’Homme répond à Éric Perrin
            Journaliste
            • Posté à 18h59 le 21/05/2010
            • Journaliste 107052
              Journaliste

            Géniale la photo... est-ce que vous auriez entendu un discours écologique de Mockus qui va avec ? Si c’est le cas, envoyez-nous le lien, ça m’intéresse.

            • Éric  Perrin
              Éric Perrin répond à Cristina L’Homme
              Ginkonaute
              • Posté à 20h33 le 21/05/2010
              • Internaute 51185
                Ginkonaute

              Oui vous avez raison, c’était juste un trait d’humour.
              Par contre Mockus reprend dans ses interventions les autres aspects de l’écologie politique classique, c’est à dire la priorité à l’éducation ou la lutte contre la corruption entre autre et beaucoup moins il est est vrai sur la thématique environnementale.

              Mais bon de toute façon je ne pense pas que cette question soit la principale priorité du peuple colombien aujourd’hui, gageons qu’elle soit traitée par la suite puisque s’il est élu, il sera l’élu du parti des verts tout de même.

              Mais c’est vrai que Mockus est un homme à la personnalité particulière avec un goût prononcé pour les images symboliques.

              Alors est-ce un déguisement de plus ?

        8 autres commentaires
  • po-latraverse
    po-latraverse
    étudiante
    • Posté à 19h55 le 20/05/2010
    • Internaute 115002
      étudiante

    Je ne prétend pas connaître les opinions de la majorité des Colombiens, mais ce que j’ai cru comprendre au cours de discussions avec certains d’entre eux, ou au cours de lectures, c’est qu’ils se sentent (du moins ceux qui seraient de sensibilité plus progressiste) pris dans le dilemme suivant :

    - Soit voter pour Gustavo Petro, perçu comme le meilleur candidat au niveau du programme politique, des idées et de la personnalité, mais que les sondages donnent perdant ;

    - Soit voter pour Antanas Mockus, perçu comme un bon candidat mais dont le programme se base aussi beaucoup sur la continuité par rapport à Uribe, et que les sondages placent en position très favorable.

    Finalement, il semble que nombreux sont ceux qui, dans l’idéal, auraient voté pour Petro, mais vont voter Mockus le 30 mai, par qu’il ne faudrait pour rien au monde que le vainqueur soit Santos.

  • Asty
    Asty
    Etudiant
    • Posté à 21h19 le 20/05/2010
    • Internaute 47320
      Etudiant

    Mais mais mais, que lis-je ?
    « [Uribe] élimine les groupes paramilitaires »

    Je pense qu’il faudrait prendre des contributeurs sérieux ici, parce que les groupes paramilitaires sont tout sauf morts... Les falsos positivos, personne n’en parle ?

    • Errance
      Errance répond à Asty
      écouteur d'histoires
      • Posté à 21h37 le 20/05/2010
      • Internaute 114729
        écouteur d'histoires

      J’ai le sentiment que ce sont des groupes guérilleros dont il est question ici, dans le contexte de la phrase

      A ce que je sache Uribe n’a jamais combattu les paracos de manières frontales ou non. Ça lui aurait d’ailleurs probablement été impossible.

      A confirmer.

    • Cristina L’Homme
      Cristina L’Homme répond à Asty
      Journaliste
      • Posté à 01h18 le 24/05/2010
      • Journaliste 107052
        Journaliste

      Réponse de Fernando Villamizar : en espagnol puis en français

      « Si hubieran exterminado a todos los paramilitares se hubiera cometido un genocidio, como el que ellos hicieron. Cuando comento sobre el fin de los paramilitares, lo expreso en el sentido de que la organización paramilitar de las Autodefensas Unidas de Colombia (AUC) inicia un proceso en el cual deponen las armas y prometen reincorporarse a la vidad civil. Los paramilitares que no se incorporan al proceso dejan de estar bajo la organización de las AUC (que era un ejército de alcance nacional) y pasan a ser grupos aislados que giran entorno al narcotráfico.

      Respecto de los falsos positivos, la gravedad de esos hechos es indudable, pero no se puede mencionar todos los escándalos que han ocurrido durante 8 años de gobierno. »

      Je traduis en français, du mot à mot, pour rester collée à ce que répond Fernando Villamizar :
      S’ils avaient exterminé tous les paramilitaires, il y aurait eu un génocide, comme celui que eux ont fait. Lorsque je parle de la fin des paramilitaires, je veux dire que l’organisation paramilitaire des Autodefensas Unidas de Colombia (Autodefenses Unies de Colombie, AUC) a commencé un processus qui consistait à déposer les armes et qu’ils ont promis qu’ils allaient reprendre (se réintégrer) dans la vie civile.
      Les paramilitaires qui ne sont pas revenus à la vie civile cessent alors de faire partie de l’organisation des AUC (qui était une armée aussi importante qu’une armée nationale) et deviennent alors des groupes isolés qui se tournent vers le trafic de drogues.

      En ce qui concerne les falsos positivos, la gravité de ces faits est indiscutable, mais on ne peut pas faire mention de tous les scandales qui ont eu lieu pendant les 8 années de gouvernement.

      • Errance
        Errance répond à Cristina L’Homme
        écouteur d'histoires
        • Posté à 01h58 le 24/05/2010
        • Internaute 114729
          écouteur d'histoires

        Merci Cristina et Bien sur à Fernando Villamizar.

        Je trouve la fin de la réponse de Fernando terrible. Comme si les falsos positivos n’était qu’un scandale parmi tant d’autre.

        Qu’est-ce qui va sortir dans les années qui viennent si ce n’est qu’un scandale parmi d’autre et ça renforce ma crainte qu’un victoire de Mockus provoquerait le retour de la violence.

        J’espère voir la situation de traviole et ne rien comprendre...

  • ccardenastorres
    ccardenastorres
    Étudiant
    • Posté à 21h45 le 20/05/2010
    • Internaute 115231
      Étudiant

    À mon avis, ils manquent quelques choses à dire.

    D’abord, le candidat officiel Juan Manuel Santos a eté le ministre de la défense pendant le période dans lequel s’est passé le scandale des faux positives (falsos positivos), où beaucoup des jeunes ont eté assassinés par l’armée colombienne en voulant les faire passer pour des guerrilleros. En plus, Santos est membre d’une famille très piussante en Colombie, qui est propriétaire du journal El tiempo. Alors, Santos représente la continuité d’un gouvernement avec beaucoup de scandales.

    En deuxième lieu : le candidat Gustavo Petro a eté sénateur de la Colombie pendant les deux périodes du président Alvaro Uribe, et Petro a révélé les liens du président et quelques sénateurs officiels avec les paramilitaires. Donc, il se présente comme le candidat qui veut nettoyer le congrès du pouvoir de la mafia (les traficants de drogues, les paramilitaires, etc). Cependat, les sondages ne sont pas favorables pour lui.

    Antanas Mockus se montre comme le candidat qui veut changer la façon de faire la politique, qui n’accepte pas la violence, qui dit que les ressoures publiques sont sacrés, et c’est pour cela que plusieurs colombiens le considèrent comme le candidat du change, malgré d’avoir nombreuses idées en commun avec le gouvernement actuel.

    Finalement, je suis d’accord avec po-latraverse, nombreuses colombiens veulent voter pour Gustavo Petro, mais comme il n’est pas en tête dans les sondages, ils préfèrent voter pour Antanas Mockus. Pourtant, Gustavo Petro a tourné sa campagne politique pour que les colombiens votent pour le meilleur candidat, plutôt que pour celui qui est en tete dans les sondages.

  • RémiFa
    RémiFa
    En Colombie
    • Posté à 00h30 le 21/05/2010
    • Internaute 115066
      En Colombie

    Je vis à Bogotá et je peux vous dire que Petro (polo democratico, gauche) n’a aucune chance de passer le 1er tour (malheureusement).
    Il a existé (et il existe toujours) de fortes campagnes de dénigrement envers les membres du Polo et envers toutes pensées plus ou moins a gauche. Il commence à sortir que ces différentes campagnes ont été mené par le DAS (service secret colombien) et il commence également à avoir des preuves que ces instructions venaient directement de la Casa del Nariño (l’Elysée colombien). Uribe perd clairement la main sur ses pratiques en fin de mandat et il sortira encore plus de scandales sur ce gouvernement si Mockus arrive à être élu (Santos fera tout pour le protéger).
    Tout ces attaques envers la pensée de gauche en général a rendu le polo comme la face légal des Farcs ou de Chavez (a vous de choisir). Ce qui est confirmé par les scores catastrophique du Polo aux dernières élections (sénat et député) et sur les dernières enquêtes d’opinion.
    La seule opportunité de voir avancer la Colombie serait une victoire de Mockus. Il est loin d’être un révolutionnaire (il serait plutôt centre) mais se serait déjà une bonne avancée pour lutter contre la corruption et rendre les pratiques politiques colombiennes plus dignes.

Retour sur Rue89

Note Les notes de blogs ne sont pas toutes mises en forme par l'équipe de Rue89 contrairement aux articles du site.