Alma Latina

Dans son blog Alma latina, Cristina L'Homme vous donne rendez-vous avec des Latino-Américains, écrivains, poètes, universitaires, journalistes, économistes, chercheurs, anthropologues, sismologues… qui vous raconteront leur continent. Indianité, migrations économiques, procès contre les dictatures, la propriété de l’eau, tremblements de terre…

« Lula est très représentatif de l'histoire du Brésil »

Cristina L’Homme
Journaliste
Publié le 05/07/2010 à 11h06

A quelques jours du lancement officiel de la campagne présidentielle qui doit aboutir à l’élection du président du Brésil les 3 et 30 octobre 2010, et de la projection de Dilma Rousseff, sa dauphine et candidate désignée du Parti des travailleurs (PT) sur la scène internationale, j’avais envie d’interroger quelqu’un sur le président Luiz Inácio Lula da Silva.

Quelqu’un qui l’aurait rencontré, suivi. Je l’ai trouvé en la personne d’Antoine Blanca, diplomate d’origine espagnole (né à Alicante), ambassadeur itinérant de France pour l’Amérique latine dans les années 80 et, pendant quatre ans, secrétaire général adjoint de l’ONU auprès de Javier Pérez de Cuellar. Interview.

Quelle place occupe Lula dans l’histoire du Brésil ?

Ce qu’il faut toujours avoir présent à l’esprit, quand on parle du Brésil, c’est qu’il y a eu dans ce pays, en 1964, la première dictature de « sécurité nationale » de la région qui a duré 20 ans. Les dictatures en Uruguay, au Chili, en Argentine, ont eu lieu après. Le Brésil avait commencé dix ans avant, et il a donné le point de départ.

Ces gouvernements militaires n’étaient pas comme ceux que l’Amérique latine avait connus au cours du siècle dernier, c’étaient des dictatures de l’institution militaire, qui avaient pris le pouvoir à l’instigation des Etats-Unis.

Lula est très représentatif de cette histoire : il incarne la résistance ouvrière à la dictature, il n’a jamais oublié cette longue et terrible période.

Comment la dictature brésilienne s’est-elle terminée ?

Les militaires ont eux-mêmes organisé leur perte en voulant se donner des allures semi-démocratiques. Ils avaient leur propre parti, l’Aliança Renovadora Nacional (Arena), et ont forcé l’opposition à s’unifier artificiellement pour créer, en 1966, le Movimento Democrático Brasileiro (MDB).

Tous les partis d’opposition à la dictature étaient obligés de faire partie du MDB, depuis les maoïstes jusqu’à la droite démocratique. Cette union n’aurait jamais pu être pensable dans un pays comme le Brésil... Ça a donné une grande force à l’opposition de facto, puisque tout le monde était obligé d’être là.

Quand rencontrez-vous Lula pour la première fois ?

J’ai rencontré Lula au début de l’année 1979, lorsqu’il est venu à Paris avec une délégation syndicale de métallurgistes du quartier São Bernardo, un quartier ouvrier de São Paulo.

Lula était l’homme qui faisait la synthèse entre les ouvriers chrétiens et les marxistes. Il était déjà connu à l’époque.

Un tout jeune homme, intimidé de se trouver là. Moi je l’ai escorté rue Solférino au siège du PS dans le bureau de Lionel Jospin.

Lula est un homme de synthèse...

Lula est également représentatif de la vraie majorité sociale et sociologique du Brésil. Par ses origines, sa naissance : il est originaire du Nordeste misérable auquel il est toujours resté fidèle et dont il se revendique.

Comme beaucoup, il a émigré, avec ses parents du Nordeste vers São Paulo, vers la grande ville où il est devenu un petit Gavroche de la rue.

Puis, il est devenu ouvrier métallurgiste et leader ouvrier, il a appris la vie politique à travers le syndicalisme. Il émane à la fois de ce monde rural et des classes exploitées lors de l’explosion industrielle du Brésil.

Mais Lula incarne aussi un besoin de rénovation de la vie politique en 2002. Car le Brésil était, jusque-là, passé par toutes sortes d’écoles politiques sans en avoir adopté aucune.

Il va faire coïncider la vie politique et la réalité sociologique de son pays en faisant la synthèse entre le monde du labeur, les gens d’en-bas, et les démocrates. Cette synthèse n’existait pas : les gens d’extrême gauche qui venaient de l’université se disaient proches des ouvriers, mais ne les connaissaient pas vraiment. Lula si.

Quelles étaient ses relations avec le PS français ?

Elles n’étaient pas faciles et elles ne le sont toujours pas. En fait, deux autres partis brésiliens sont devenus membres de l’Internationale socialiste (IS), mais pas le sien.

Tout d’abord, le parti travailliste qui est devenu parti démocratique travailliste (PDT) dont le chef était Leonel Brizola (gouverneur de Rio Grande do Sul). Brizola était le beau-frère de João Goulart, le dernier président démocratique du Brésil, qui avait été renversé par les militaires en 1964.

Il avait organisé une résistance contre la dictature, résistance qui n’avait pas durée. Puis il était parti en exil en Uruguay et avait fait adhérer le PDT à l’IS.

Un autre Brésilien, exilé à Paris, Fernando Henrique Cardoso, universitaire, francophone, qui venait de l’extrême gauche, était lui aussi en liaison avec le PS et Lionel Jospin. Dès qu’il a pu, il est rentré au Brésil et a formé l’aile centre-gauche du MDB imposé par les militaires.

Quand il a fondé son nouveau parti, le Parti socialiste démocratique brésilien PSDB, il l’a fait rentrer dans l’IS, lui aussi. Aujourd’hui, ce parti existe toujours et son candidat est José Serra, le candidat en opposition à la candidate du PT.

En d’autres termes, le PS français, tout en étant fasciné par Lula, doit tenir compte du fait que le Partido dos Trabalhadores (PT) ne veut pas être membre de l’Internationale socialiste.

Après huit années de Lula, que peut-on dire ?

Qu’il a mis le Brésil à sa place : la première nation d’Amérique latine et l’une des toutes premières nations émergeantes dans le monde. Lula est devenu un homme dont on a peine à imaginer à quel point il va manquer. Diplomatiquement, le monde entier appréhende son départ.

Pendant ces 8 années, il a joué un rôle d’intermédiaire, d’unificateur, de rapprocheur d’idées. Un rôle très positif au niveau international puisqu’il a facilité la compréhension mutuelle entre les différents univers.

Son départ, si sa succession n’est pas convenablement assurée, sera davantage ressenti au niveau international qu’au niveau national. Parce qu’au niveau du Brésil, personne ne pourra remettre en cause fondamentalement l’œuvre qu’il a entreprise.

Lula est parvenu à faire plusieurs synthèses : à l’intérieur du pays, celle entre le monde du travail des régions les plus pauvres du monde industriel avec la bourgeoisie éclairée, les nouveaux industriels.

Au niveau international, il est devenu le premier président-diplomate, puisqu’il a été l’homme auquel on a eu recours pour trouver des solutions, éviter des conflits (Colombie, Vénézuela, Equateur, Cuba).

Et, dépassant les frontières américaines, il a joué un rôle important dans des problèmes concernant l’Iran, l’Irak, les Etats-Unis et la France. Un homme de conviction qui, suivant la phrase de Jean Jaurès : « va à l’idéal et comprend le réel ».

Avant Lula, on disait en souriant que « le Brésil a été, est et sera toujours un pays d’avenir ». Aujourd’hui on peut dire qu’il a prouvé que c’est un pays où se joue une partie de l’avenir du monde.

Et la candidate du PT, Dilma Rousseff ?

Dilma Rousseff n’avait pas le profil pour être une candidate populaire parce qu’elle était toujours dans l’ombre de Lula, c’était son chef de cabinet, en quelque sorte son premier ministre (ce poste n’existe pas au Brésil). C’est une bosseuse qui connaît admirablement tous les dossiers. L’idéal pour lui succéder.

D’un naturel austère, elle n’était pas très implantée au sein du parti. Et elle avait plusieurs handicaps à surmonter. Elle a eu un cancer lymphatique il y a peu de temps, a perdu ses cheveux, devait porter une perruque... mais elle ne l’a pas caché. Elle s’est soignée et a guéri. Ça aussi, elle l’a annoncé.

Aujourd’hui, elle a changé de look : moins austère, moins technocrate, plus ouverte, plus féminine, on dirait une autre femme. Et ça marche.

On peut dire qu’avec l’aide déterminée de Lula qui ne cache pas son appui franc et massif à sa candidature, elle peut, elle a de bonnes chances d’être élue et de récolter de l’héritage de Lula. Elle est très bien préparée pour cela. Il est donc tout à fait possible qu’en octobre prochain, on ait la première femme présidente du Brésil.

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    In enculo cum vibro
    • Posté à 13h07 le 05/07/2010
    • Internaute 73535
      In enculo cum vibro

    Je croyais que Lula-Rosetto n’avaient pas fait la réforme agraire pour laquelle ils avaient été élus, et qu’il restait plein de paysans sans terre.

    N’y a-t-il pas un candidat qui propose de mener cette réforme, qui pourrait déborder le PT par la gauche ?

    • Errance
      Errance répond à Autist Reading -
      écouteur d'histoires
      • Posté à 20h37 le 05/07/2010
      • Internaute 114729
        écouteur d'histoires

      Le problème des réformes agraires ce n’est pas de vouloir mais de pouvoir les faire.

      Et en Amérique latine toutes les tentatives se sont finies dans des bains de sang. Le premier à avoir essayer c’est Artigas en Uruguay, il a tenu un an avant de sauter.

      La question me semble donc davantage, comment est-il possible pour un gouvernement sud américain de réussir une réforme agraire. Un parti plus radical n’y réussirait pas plus.

      • Autist Reading -
        Autist Reading - répond à Errance
        In enculo cum vibro
        • Posté à 21h51 le 05/07/2010
        • Internaute 73535
          In enculo cum vibro

        Faudrait que l’armée française attaque l’armée US sur son territoire, pour que les élus d’Amérique Latine ne sautent pas tout le temps.

        Je dis çà parce que je suis citoyen français. Toutes les nations soucieuses de paix devraient en faire autant.

         
        • fidesien
          fidesien répond à Autist Reading -
          ouvrier
          • Posté à 22h04 le 05/07/2010
          • Internaute 61414
            ouvrier

          Marie Christine Robin a sorti un bouquin sur le role d’officiers Français dans la répression en Amérique du Sud notamment en Argentine ; l’opération Condor est aussi française...

        • fidesien
          fidesien répond à Autist Reading -
          ouvrier
          • Posté à 22h09 le 05/07/2010
          • Internaute 61414
            ouvrier

          Erratum : Marie Monique Robin
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          • Autist Reading -
            Autist Reading - répond à fidesien
            In enculo cum vibro
            • Posté à 22h40 le 05/07/2010
            • Internaute 73535
              In enculo cum vibro

            Oui. Je sais bien.

            C’est pourquoi nous devons renverser le gouvernement en France, et rendre l’armée à sa nation assoiffée de liberté, d’égalité et de fraternité (pas que avec l’Amérique Latine, mais là, c’est le sujet).

        • Errance
          Errance répond à Autist Reading -
          écouteur d'histoires
          • Posté à 22h35 le 05/07/2010
          • Internaute 114729
            écouteur d'histoires

          Y a une vieille blague ici :

          Pourquoi n’y a-t’il pas de coup d’état aux USA ?

          Parce qu’il n’y a pas d’ambassade des USA...

          Deux coups d’états en 10 ans les USA ont quand même perdues la main.

          • Autist Reading -
            Autist Reading - répond à Errance
            In enculo cum vibro
            • Posté à 22h44 le 05/07/2010
            • Internaute 73535
              In enculo cum vibro

            On me l’avais déjà sortie, mais çà me fait toujours marrer...

            Les sud-américains ont un humour de l’oppression qui n’est pas sans rappeler celui des juifs.

            • Errance
              Errance répond à Autist Reading -
              écouteur d'histoires
              • Posté à 23h02 le 05/07/2010
              • Internaute 114729
                écouteur d'histoires

              sur l’oppression c’est pas aussi simple que ça quand même.

              1- les élites ont une énorme responsabilité.
              2- Les oppressés ont souvent aussi été oppresseurs.
              3- ça a heureusement bien évolué ses dernières années.
              4- Dans le cône sud l’influence des USA est relativement récente. Les Anglais ont beaucoup plus contrôler la région en fin de compte.

              • Autist Reading -
                Autist Reading - répond à Errance
                In enculo cum vibro
                • Posté à 23h33 le 05/07/2010
                • Internaute 73535
                  In enculo cum vibro

                Oui. Je dis US, parce que je ne maitrise pas le sujet et que c’est eux qui donnent le la.

                Je savais que la France avait envoyé Seine Spezialisten, pour le UK, je croyais que seule l’Argentine avait morflé, et que le reste c’était les ricains.

                J’ai encore plein de trucs à fouiller...

                • Errance
                  Errance répond à Autist Reading -
                  écouteur d'histoires
                  • Posté à 00h37 le 06/07/2010
                  • Internaute 114729
                    écouteur d'histoires

                  L’Angleterre avant même l’indépendance essaye de mettre la main sur Buenos Aires. le français Liniers, fidèle parmi les fidèles du roi d’Espagne les foutera par deux fois dehors.

                  Le premier président Argentin Rivadavia s’endette avec des banques anglaises, les suivants, entre les guerres civiles, ancreront sérieusement la pays à l’Angleterre.

                  La dette permet de ternir l’Argentine jusqu’à la guerre, en fait jusqu’à Peron qui rembourse tout et signe d’une certaine manière la vraie indépendance du pays. A la chute de Peron ce sont les USA qui prennent la main et surtout au moment de la dictature de Ongania donc finalement de 56 à 2001 ou de 66 à 2001 c’est court par rapport au siècle et demi de l’Angleterre.

                  L’Angleterre est aussi à l’origine des deux principales guerres du continent la guerre du pacifique pour protéger son salitre et la guerre de la triple frontière, le Paraguay étant sourt au projet de libre commerce avec eux....

                  Le Brésil, directement ou par le Portugal a été très contrôlé par l’Angleterre aussi.

                  Un truc étonnant c’est que quand des régimes non conservateurs s’installe les militaires se déchainent, Irygoyen, Peron, Allende...

        8 autres commentaires
  • Errance
    Errance
    écouteur d'histoires
    • Posté à 20h20 le 05/07/2010
    • Internaute 114729
      écouteur d'histoires

    Ce qu’il faut toujours avoir présent à l’esprit, quand on parle du Brésil, c’est qu’il y a eu dans ce pays, en 1964, la première dictature de « sécurité nationale » de la région qui a duré 20 ans.

    1956 révolucion libertadora en Argentine. Si ce n’est pas une dictature j’sais pas ce que c’est. Par contre il la classe peut-être comme la dernière dictature de l’autre siècle. C’est vrai que le vrai basculement c’est 1966 et Ongania.

    Sinon c’est bien intéressant merci.

    • Autist Reading -
      Autist Reading - répond à Errance
      In enculo cum vibro
      • Posté à 22h55 le 05/07/2010
      • Internaute 73535
        In enculo cum vibro

      Oui, c’est vrai que c’est bien intéressant. Merci aussi.

      Je ne comprends pas pourquoi le punching-ball de l’Osservatore Romano fait plus d’audience !

      C’est plus Faure que du roquefort...

      • Éric  Perrin
        Éric Perrin répond à Autist Reading -
        Ginkonaute
        • Posté à 23h12 le 05/07/2010
        • Internaute 51185
          Ginkonaute

        Je plussoie...

      • Errance
        Errance répond à Autist Reading -
        écouteur d'histoires
        • Posté à 03h18 le 06/07/2010
        • Internaute 114729
          écouteur d'histoires

        Michel joue sur la corde sensible, sur la provoc, sur l’idéologie, là où Cristina parle du fond,des sentiments, de la vie. C’est moins sexy, moins provocant, mais diablement plus important.

        Tout le monde peux se lancer des insultes dans des combats de coq stériles, dans le second cas, il faut se renseigner, comprendre, réfléchir, se remettre en question.

        D’un autre côté pour moi ce qui importe c’est que l’Amérique latine soit connue et comprise, du coup que l’on est parle d’une manière qui ne ma plait guère me convient au final.

        Plus je vis ici plus j’aime ce pays, cette région du monde, oins je la comprends. aucun de mes repères de franchute ne fonctionne. c’est fascinant, c’est terrifiant.

    • Cristina L’Homme
      Cristina L’Homme répond à Errance
      Journaliste
      • Posté à 23h51 le 05/07/2010
      • Journaliste 107052
        Journaliste

      En fait, j’ai compris dans l’itw qu’il faisait une différence entre une dictature de l’Institution militaire (quand l’armée prenait le pouvoir pour le conserver et instaurer des lois qui sont celles de l’Institution) et une dictature où l’armée fomente un coup d’Etat pour renverser un pouvoir en place, mais pas pour le garder ni pour imposer ses règles. Les pays du Cône Sud ont vécu de nombreux coups d’Etat en effet, tout le long du XXe siècle. Et les dictateurs n’ont jamais été rares... malheureusement.

      • Errance
        Errance répond à Cristina L’Homme
        écouteur d'histoires
        • Posté à 01h13 le 06/07/2010
        • Internaute 114729
          écouteur d'histoires

        Cet éclairage est bien intéressant et ouvre des portes qui m’étaient fermées jusqu’alors.

    • Cristina L’Homme
      Cristina L’Homme répond à Errance
      Journaliste
      • Posté à 00h40 le 06/07/2010
      • Journaliste 107052
        Journaliste

      Pardon, j’oubliais un « détail » qui a son importance, et que M. Antoine Blanca souligne : c’est qu’à l’époque ce sont des dictatures militaires qui arrivent là « poussées » ou « aidées » par les intérêts américains. Les autres dictatures, n’avaient pas eu cette opportunité-là

      • Errance
        Errance répond à Cristina L’Homme
        écouteur d'histoires
        • Posté à 01h12 le 06/07/2010
        • Internaute 114729
          écouteur d'histoires

        Ouias je vois le concept et effectivement les coup de 58 et 62 sont différents de celui de 66.Les deux premiers ont encore un fond nationaliste. Celui de 66 c’est le début du processo quelque part, tous les acteurs sont en place et finalement en dehors de l’élection de Campora et à la rigueur jusqu’à la mort de Peron, il n’y a plus de démocratie jusqu’à 83.

        Je dis à la rigueur car la triple A se développe avec Lopez Rega Fidèle de la loge P2.

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