Alma Latina

Dans son blog Alma latina, Cristina L'Homme vous donne rendez-vous avec des Latino-Américains, écrivains, poètes, universitaires, journalistes, économistes, chercheurs, anthropologues, sismologues… qui vous raconteront leur continent. Indianité, migrations économiques, procès contre les dictatures, la propriété de l’eau, tremblements de terre…

Bolivie : comment le goût du pouvoir est venu aux Indigènes

Cristina L’Homme
Journaliste
Publié le 31/07/2010 à 11h22


Sur une route de Bolivie (Dul)

Au nom de la justice communautaire, des paysans du nord de Potosí lynchent quatre policiers armés et en civil en les accusant d’avoir été les meurtriers de huit Indigènes du coin et d’être fortement corrompus. La police met douze jours à retrouver leurs corps. Nous sommes en mai 2010, à Saca Saca dans le Nord Potosí.

« La nouvelle fait scandale », raconte Claude Le Gouill, jeune thésard à l’Institut des hautes études de l’Amérique latine (IHEAL) et à l’Institut français d’études andines (IFEA), qui travaille depuis 2005 sur la prise de pouvoir des indigènes dans la région du nord de Potosí.

La zone est connue pour ses mines d’argent et d’étain, les millions d’Indigènes qui ont laissé leur vie dans ses veines, les premiers syndicats mineurs du début du XXe siècle, les mouvements ouvriers, les nombreux massacres.

« L’Etat n’est là que pour protéger les intérêts de l’élite »

La mort des quatre policiers n’est pas le fruit du hasard. L’histoire se répète : à l’époque de la colonie espagnole, l’Etat était, comme aujourd’hui, totalement absent dans la région. « Ou alors, lorsque l’Etat est présent dans certaines zones, ce n’est que pour protéger les intérêts de l’élite, corrompue, au pouvoir », rappelle Claude Le Gouill :

« En 1996, c’est l’Etat qui a fait massacrer les mineurs et les paysans qui luttaient contre le rachat de leur mine par une multinationale. A l’époque, la région de Potosí était totalement à l’abandon ; l’Etat n’y était plus représenté ; le trafic de voitures et de cocaïne s’y sont développés devant l’absence de politiques. »

En 1994, le président Gonzalo Sánchez de Lozada fait voter une loi dite de « participation populaire » qui, sous prétexte de décentralisation, veut installer les élites d’origine européenne, les « vecinos », à la tête des municipalités et pénétrer ainsi les zones rurales qui échappent complètement au contrôle de l’Etat :

« Au début, les Ayllus, la communauté indigène traditionnelle locale et les organisations syndicales paysannes voient cette loi d’un très mauvais œil parce qu’il s’agit d’une forme de pouvoir “néo-colonial”, disent-ils.

L’autorité indigène traditionnelle n’est pas reconnue et un gouvernement municipal, un maire, est imposé. Mais la situation bascule et les indigènes, qui n’ont pas vraiment le choix, vont intégrer ce processus.

C’est alors que contre toute attente, les Indigènes vont montrer une grande capacité à s’intégrer dans les structures de gouvernance politique, surtout dans les régions où des ONG leur ont donné accès à l’éducation. Le pouvoir, jusque-là dans les mains des “ vecinos ”, change de camp.

Un véritable leadership politique indigène prend forme dont l’objectif est clairement celui de gouverner. Un phénomène qu’on observe pas ailleurs, ni au Pérou, ni en Colombie.

En Bolivie, les indigènes veulent clairement prendre le pouvoir, au niveau local, régional, départemental et national. Et Evo Morales en est le symbole.

Cette tendance n’est pas prise à la légère, dans cette région du Nord de Potosí où -il ne faut pas l’oublier- le jour de la création du syndicat de paysans, à la fin des années 50, les “vecinos” ont tranché la tête du premier leader syndical, l’affichant sur la place du village pendant quatre jours, histoire de dissuader les indigènes. »

Trois partis indigènes s’affrontent dans certaines zones

Mais la montée au pouvoir divise les groupes indigènes. Dans les années 60, l’Etat manipulait les conflits entre groupes indigènes pour installer des bases militaires, ce qui leur permettait de contrôler la population locale, surtout les mineurs syndicalisés :

« Dans le Nord Potosi, les deux organisations indigènes (la fédération des Ayllus, l’organisation pré-coloniale, et le syndicat paysan) se disputent les mairies. Les premiers créent le Mapiq et les seconds le MOQ. Si on ajoute le MAS, le parti d’Evo Morales, on compte trois partis politiques indigènes dans certaines zones...

Au sein de ces organisations, la base veut s’approprier du parti politique en imposant son organisation propre. Eelle doit pour cela faire face aux élites locales qui cherchent à maintenir leur pouvoir en y imposant leurs structures : c’est surtout le cas au sein du MAS, qui est un parti indigène, mais infiltré par l’élite.

L’important, c’est que ce n’est jamais le parti qui impose un candidat aux élections, mais la base qui choisit son candidat. Au point que, lorsque le MAS a voulu imposer son candidat au Nord Potosi, il a perdu les mairies parce que les organisations indigènes lui ont alors tourné le dos. »

Drapeaux et flûtes de pan, une « prise de pouvoir physique »

Dans la municipalité de San Pedro de Buenavista, où travaille Claude Gouill, Ayllu et syndicat sont parvenus à une alliance. C’est la première fois que les communautés indigènes qui vivent en altitude, dans la « puna », se sont alliés aux syndicats pour stopper les « vecinos » et prendre le pouvoir. Claude Le Gouill se souvient d’un mouvement « très physique » :

« Le 30 mai, des camions pleins d’indigènes, 300 hommes vêtus de leur poncho et portant des drapeaux, sont descendus de la montagne et ont marché dans les rues en jouant de leur flûte de pan. C’était une vraie prise de pouvoir physique. »

Cette scène semble s’étendre à travers le pays à chaque élection. L’élite regarde le spectacle en silence, affichant son mépris pour cacher un sentiment de panique. L’heure des Indigènes est arrivée.

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  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 12h02 le 31/07/2010
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    comment le goût du pouvoir est venu aux Indiens ?

    avant :
    il n’y avait que l’église, et l’obscurantisme.

    maintenant :

    l’éducation, savoir lire et écrire, la radio et la télé, l’écoute du monde et de ses idées....

    le support des idées, n’est plus canalisé, censuré, castré.

    le support des idées est devenu électrique, électronique avec la radio, la télé, internet.. donc sans frontières..

    il n’y a même plus besoin de savoir lire, écrire, pour la télé et la radio, il suffit d’écouter..

    donc avec le temps on fini par sortir d’une sorte d’esclavage intellectuel, de cécité mentale imposée...

    • Cristina L’Homme
      Cristina L’Homme répond à pablico
      Journaliste
      • Posté à 20h09 le 31/07/2010
      • Journaliste 107052
        Journaliste

      Il me semble qu’ils ont pris conscience qu’en étant présent au niveau du gouvernement local, ils pourraient davantage faire passer des décisions qui les respectent. Il ne s’agit pas de la prise de pouvoir pour le pouvoir. L’intérêt de la Bolivie, c’est qu’il existe une réelle volonté politique de la part des amérindiens, qu’ils soient Aymaras, Quechuas... il ne faut pas oublier que la Bolivie comme le Pérou et l’Equateur, sont des pays où la population Indigène est très importante. Contrairement au Chili ou en Argentine où elle a été massacrée à la fin du XIXe et au début du XXe siècle. C’est dans ce contexte que c’est intéressant de voir comment évoluent les mentalités.

  • johanjohan
    johanjohan
    johan
    • Posté à 12h06 le 31/07/2010
    • Internaute 58574
      johan

    Et ben, ça fait du bien. On apprend des choses, ça donne envie d’en savoir plus etc. Vous devriez venir plus souvent, offrir cette image moins caricaturale que votre collègue néo-libérale ex-libertaire qui traite de l’Amérique du Sud sur Rue 89.

  • johanjohan
    johanjohan
    johan
    • Posté à 12h18 le 31/07/2010
    • Internaute 58574
      johan

    Par contre, j’aurais bien voulu savoir un peu mieux comment fonctionnent les Ayllus, l’article auquel vous renvoyez montrent plutôt comment la république ou l’Etat s’est affronté à ces formes traditionnelles d’organisation.
    Si je me trompe pas, Mariategui s’inspirait des Ayllus pour penser un socialisme sud-américain. Mais je n’ai jamais compris quelle forme de gouvernement ont ses communautés. Comment se prennent les décisions à l’intérieur des ayallus ?

    • Cristina L’Homme
      Cristina L’Homme répond à johanjohan
      Journaliste
      • Posté à 20h13 le 31/07/2010
      • Journaliste 107052
        Journaliste

      On ne peut malheureusement jamais « tout dire sur tout » dans un article. Mais votre question est importante : je connais un spécialiste des Ayllus, je vais essayer d’avoir une itw et de lui poser des questions aussi centrales comme celle que vous posez et à laquelle je ne sais pas répondre (sur la prise de décision au sein des Ayllus).
      C’est passionnant...

    • claudeLG
      claudeLG répond à johanjohan
      étudiant
      • Posté à 02h27 le 03/08/2010
      • Internaute 121543
        étudiant

      L’ayllus est l’organisation socio-territoriale rassemblant un certain nombre de communautés autour d’un territoire et d’une autorité commune. Si son organisation a connu de profonds changements au cours de l’histoire, elle est symbolisée aujourd’hui par le « muyu » (la rotation des autorités entre les différentes communautés) et le « thakhi » (le « chemin des charges » qui accorde le pouvoir aux plus « anciens »). Les décisions sont prises le plus souvent par le consensus des membres de la communauté.
      Dans les faits cela ne se passe bien sûr pas comme cela partout. De plus, l’ayllu a bien souvent été idéalisé pour sa forme communautaire. De nombreux auteurs (Mariategui, Baudin, Felipe Quispe, Reinaga) ont ainsi « oublié » d’y décrire la stratification interne liée à l’accès à la terre et les inégalités qui en découlent (même s’il existe des formes de redistribution des richesses).

  • A déménagé le 02-02-2012-2
    • Posté à 12h29 le 31/07/2010
    • Internaute 82025
      non connue

    Il reste aux vecinos trois outils de réaction, largement employés dans les démocraties « matures » :
    - la corruption et l’infiltration, mais le contrôle par la base est là pour éviter ça,
    - l’aliénation par les média, mais c’est peut-être encore impossible,
    - la division et la zizanie, et si l’unité indigène est encore solide à travers une culture forte et pas encore diluée, le contrôle par la base risque de mettre en exergue chaque sujet de discorde possible. C’est ça ou la corruption.

    Il y a donc une fenêtre démocratique, pendant laquelle les Indiens peuvent tirer parti de l’accès à l’éducation et de l’organisation politique des partis et du pays, sans être avalés par le lavage de cerveau médiatique ni la corruption présente dans toute société de consommation.
    Mais cette fenêtre risque d’être bien courte.

  • LienRag
    • Posté à 12h33 le 31/07/2010
    • Internaute 34767

    Intéressant, mais c’est quoi le Mapiq et le Moq ?
    Le MIP (Parti Indigène Panchakuti) n’est pas présent dans la zone ?

    Par ailleurs quelles sont les procédure de justice traditionnelle qui ont permis de juger les policiers corrompus ?
    Et était-ce un lynchage ou une éxécution ?

    • Errance
      Errance répond à LienRag
      écouteur d'histoires
      • Posté à 16h17 le 31/07/2010
      • Internaute 114729
        écouteur d'histoires

      Lynchage ou exécution dans un pays ou ma peine de mort est abolie c’est un meurtre.

      4 flics ont été assassinés le problème est là. Qu’ils aient été les pires ordures ne changent pas grand chose à l’affaire.

    • Cristina L’Homme
      Cristina L’Homme répond à LienRag
      Journaliste
      • Posté à 20h20 le 31/07/2010
      • Journaliste 107052
        Journaliste

      le MAPIQ (Movimiento de Ayllus y Pueblos Indígenas del Qullasuyu) et le MOP (Movimiento Originario Popular).
      J’ai l’impression que c’est la même chose, lynchage et exécution dans ce cas. En tout cas, c’est une réponse aux 8 meurtres d’Indigènes par la police. Ce que le chercheur voulait souligner, c’est qu’il y a une escalade, et qu’elle fait partie de tout un contexte.

      • LienRag
        • Posté à 21h07 le 31/07/2010
        • Internaute 34767

        Pourriez- vous expliquer un peu mieux les origines et le positionnement politique de ces deux partis ?
        D’un vieil article j’avais tiré que le MIP se positionnait, en plus d’un appétit de pouvoir personnel de son dirigeant et d’une démagogie non négligeable, sur une ligne qu’on pourrait dire plus à droite que le MAS, notamment par l’absence de recul sur les traditions indigènes qu’il voudrait rétablir toutes.

        Mais je ne sais rien du MOP ou MAPIQ.

        Par ailleurs, la différence entre lynchage et exécution, outre l’aspect matériel (un exécuteur détenteur du pouvoir symbolique de mise à mort, sur des individus préalablement réduits à l’impuissance, ou une foule déchaînant sa colère sur des personnes moins nombreuses), a une signification politique très forte : une exécution signe la naissance d’un nouveau pouvoir, un lynchage témoigne de la perte d’autorité du pouvoir en place.

         
        • Cristina L’Homme
          Cristina L’Homme répond à LienRag
          Journaliste
          • Posté à 22h41 le 31/07/2010
          • Journaliste 107052
            Journaliste

          je vais demander au chercheur de vous répondre sur le MIP.

          Pour ce qui est de la mort des quatre policiers, vous avez raison de donner cette précision, je ne l’avais pas vue ainsi. En tenant compte de votre définition, j’ai plutôt l’impression qu’il s’agit d’une signification politique. Il n’y a pas UN exécuteur, détenteur du pouvoir de mise à mort, dans le nord Potosí, mais, comme l’explique le chercheur, la naissance d’un nouveau pouvoir. Il s’agirait donc davantage un « lynchage » que d’une exécution.

        • claudeLG
          claudeLG répond à LienRag
          étudiant
          • Posté à 01h53 le 03/08/2010
          • Internaute 121543
            étudiant

          Le MIP est le parti créé par le leader indianiste Felipe Quispe. Ce parti n’a eu qu’un faible poids électoral (et surtout concentré autour du lac Titicaca d’où est originaire son leader). Son discours radical indianiste (prônant par exemple la construction d’un Etat aymara) s’est heurté au discours plus intégrateur d’Evo Morales. Le MIP n’a ainsi jamais eu de force dans la région du Nord Potosi.
          Le MOP et le MAPIQ sont au contraire deux partis nés dans le Nord Potosi. Le 1er est issu de la fédération syndicale paysanne, le 2nd de la Fédération des Ayllus. Depuis 2004 les organisations sociales ont la possibilité de participer aux élections en tant que « regroupement citoyen » afin d’élire directement leurs candidats politiques aux élections. Le MOP et le MAPIQ sont issus de cette dynamique. Il existe dans toute la Bolivie de nombreux partis de ce type. Si chacun des deux défend un intérêt corporatiste en soutenant son organisation sociale, dans le fond cependant le discours change peu et reste proche de celui du MAS. Le MOP se détache cependant en proposant ses propres candidats contre ceux du MAS (suite à des rivalités entre personnes le plus souvent) et en s’opposant à l’autonomie indigène, alors que les dirigeants du MAPIQ sont aujourd’hui liés au MAS.
          En ce qui concerne la mort des 4 policiers, il faut parler ici de lynchage et en effet de la perte d’autorité du pouvoir en place dans la région. Les ayllus se sont ainsi déclarés au même moment « territoire autonome » libre de contrebande de voitures et y interdisaient la présence de la police.
          Toutes les organisations indigènes affirment qu’il ne s’agissait pas de « justice communautaire ». Cette dernière doit en effet respecter la déclaration universelle des droits de l’Homme et être effectué selon certaines « us et coutumes » locales, ce qui ne fut pas le cas ici.

          • Tristian
            Tristian répond à claudeLG
            moi-même
            • Posté à 10h34 le 03/08/2010
            • Internaute 121503
              moi-même

            he he, je ne sais pas si vous savez, que, après être sorti de prison, où il y avait passé quelque temps, comme terroriste (mais sans charges), Felipe Quispe s’est retrouvé à la tête de la CSUTCB. Mais c’est vrai que ses discours, souvant prononcé en Aymara, avaient plus d’impacte dans le département de la Paz (pas seulement dans les environs du lac Titicaca). Il avait été élu « Malku », dans cette région (pas à Oruro, où il y avait un autre Malku).

            Evo Morales non plus, n’avait pas beaucoup de soutien, en dehors du tropique de Cochabamba.

            Mais vous êtiez sûrement trop jeune pour avoir connu cette époque, où il était difficile de savoir qui, du Malku ou d’Evo, allait pouvoir être à la tête des paysans (les pauvres et indigènes). Alejo Veliz, lui, était déjà connu comme « pasa-pasa » et était, même, candidat du NFR de Manfred Reyes.

            Felipe Quispe avait Garcia Linera, à ses côtés., mais Evo Morales, sans l’aide de l’ambassade des USA, jamais n’aurait pu prendre le dessus.

            Tout le monde se souvient de quand l’ambassadeur Greenlee, a dit, à la TV, qu’Evo est un narco, et qu’il ne faut pas voter pour lui.

            N’importe quel jeune étudient en sociologie peut arriver à savoir que rien ne pouvait plus aider aider Evo Morales, pour qu’il se retrouve à la tête de l’opposition au modèle néolibérale et au néocolonialisme des USA, en Bolivie.

            Maintenant, je ne sais plus trop ce qu’est devenu Felipe Quispe. Je sais que les rebelles Aymaras, à El Alto et dans le reste du département, ne lui font vraiment plus confiance.

            Garcia Linera n’est plus au côté de Felipe Quispe, mais du côté d’Evo Morales, depuit, déjà, un moment.

            Si certains des conseillers d’Evo, étaient, sûrement, au service de la CIA, aujourd’hui, je crois que les choses sont très différantes.

            Bon, en Bolivie, les lychages sont, malheureusement, choses assez courantes. Mais, on ne peut pas exclure, que, derrière un lychage, certaines personnes, avec des intérêts personnels, ont instrumentalisé la soif de justice de cette population.

            Je n’ai pas peur de parler « d’assassinat », mais je peux très bien me tromper. Il s’agit, peut-être, que d’un simple lychage, entièrement justifié.

            J’espère que la justice arrivera à faire le jour sur cette histoire. Malheureusemement, en Bolivie, c’est rare qu’on arrive à savoir vraiment ce qui s’est passé. lls feront, sûrement, un statue pour les 4 policiers, sans savoir ce qui s’est passé. C’est vraiment triste, de penser à toute la martyrologie, qui est même, des fois, encore exploitée par les vrais assassins.

        3 autres commentaires
  • Errance
    Errance
    écouteur d'histoires
    • Posté à 15h47 le 31/07/2010
    • Internaute 114729
      écouteur d'histoires

    Hum, voilà bien une nouvelle loin d’être anodine et même assez inquiétante. L’état aura-t-il la possibilité de faire respecter l’ordre constitutionnel ?

    La justice populaire on sait hélas comment ça termine.

    Espérons que ce basculement de pouvoir ne va pas déstabiliser le pouvoir actuel. C’est souvent ainsi que les élites reviennent dans la place.

    Sur l’inversion de pouvoir il a probablement commencé le jour où les indiens ont été trainé comme des animaux pour l’abattoir sur la place d’arme de Sucre. Ces images étaient terribles.

    • lapin
      lapin répond à Errance
      étudiant
      • Posté à 02h20 le 01/08/2010
      • Internaute 59117
        étudiant

      « L’état aura-t-il la possibilité de faire respecter l’ordre constitutionnel ? »
      Je viens de passer deux mois en Bolivie, la politique est extrêmement compliquée. C’est suréaliste d’entendre des marxistes accuser Evo de donner le pouvoir aux paysans et de faire chuter la classe moyenne urbaine. Enfin bref, juste pour réagir la justice communautaire était un des chevals de bataille d’Evo, donc c’est légal, après jusqu’à quel point, je ne sais pas.
      Pour la petite blague j’étais dans un cyber où c’était écrit

      - interdit de jeter vos déchets dans l’ordinateur
      - interdit de poser vos poubelles dans nos poubelles
      - interdit de regarder des films et des photos pornographiques

      - Si vous volez quelque chose ici, on ne commencera pas par vous livrer au autorité. Nous appliquerons la justice du peuple et nous espérons sincérement pour vous que vous possederez argent et travail.

      • Gelone2010
        Gelone2010 répond à lapin
        Sarkophobe
        • Posté à 08h42 le 01/08/2010
        • Internaute 99991
          Sarkophobe

        « C’est suréaliste d’entendre des marxistes accuser Evo de donner le pouvoir aux paysans... »

        Ca n’a rien de surréaliste. Ce qui est surréaliste, c’est de nier les identités propres aux peuples.

        Pour des marxistes, ces paysans sont des arriérés confits dans leur revendication identitaire indigène, aux antipodes de l’internationalisme, qui peuvent tout incarner sauf une avant-garde du prolétariat.

  • leo s
    leo s
    (...)
    • Posté à 18h49 le 31/07/2010
    • Internaute 73621
      (...)

    comment le goût du pouvoir est venu aux Indiens...

    par besoin de justice

    • Errance
      Errance répond à leo s
      écouteur d'histoires
      • Posté à 19h16 le 31/07/2010
      • Internaute 114729
        écouteur d'histoires

      si ce n’était que ça, ça fait 500 ans que ce serait fait.

      J’crois plus en l’explication de Pablico au dessus : Lien

  • Errance
    Errance
    écouteur d'histoires
    • Posté à 17h24 le 01/08/2010
    • Internaute 114729
      écouteur d'histoires

     :)

  • alberte
    alberte
    Sage-femme retraitée
    • Posté à 18h43 le 01/08/2010
    • Internaute 60250
      Sage-femme retraitée

    finalement c’ est un juste retour des choses. Cela prouve que
    l’ éducation, l’ utilisation du numérique, la volonté et
    l’ organisation et peut - être le gouvernement d’ Evo - Moralès si décrié par les occidentaux, tout cela a sûrement contribué à remplacer une « élite “ placée là artificiellement, par une autre élite celle du mérite et de la dignité retrouvée.

  • Tristian
    Tristian
    moi-même
    • Posté à 16h47 le 02/08/2010
    • Internaute 121503
      moi-même

    J’ai de la peine à comprendre le titre de l’article.

    Est-ce qu’est sous-entendu que le mot « pouvoir » doit être remplacer par « sang » et « venu » par « revenu » ?

    Je ne sais pas si la journaliste sait que le terme « indio » est très insultant. Je vous laisse imaginer la réaction des gens si, à la place d’Indien (pour les habitants de l’Inde, j’ai rien contre), le titre disait « Nègres ». Un mot sans conotation insultante aurait été « indigènes », si on parle des Aymaras et des Quechuas originaire de Potosi.

    Mais je sais que les réflexes colonialistes sont encore légions, chez ceux qui se nomment « l’occident judéo-chrétien ». Les autres sont, par définition, des « barbares ».

    Dans l’article, par contre, le terme « indigène » est presque systématiquement utilisé. Les gens du coin et M. Le Gouill, c’est sûre, ne se seraient sûrement pas permis d’utiliser le terme insutant « indien ».

    Sur le fond de l’affaire, je ne sais pas quel est la situation actuel.

    Dans la nouvelle constitution, la justice communautaire est reconnue, mais seulement dans la mesure où elle respecte cette même constitution (là, il me semble que j’ennonce une évidence).

    C’est un peu comme les autonomies, reconnuent par la constitution, avec certains, qui voudraient imposer leur vision de l’autonomie, en allant contre d’autres articles de cette même constitution.

    Malheureusement, je n’ai pas eu souvant l’occasion d’aller dans le Nord Potosi. Je ne sais pas quels forces politiques sont présentes, là-bas. Mais je dirais que les « potosinos » sont très loyaux, vis-à-vis d’Evo Morales.

    Par contre, des meurtres de policiers ne sont jamais favorable à Evo Morales. C’est son opposition, qui se régalle, à chaque fois.

    Que la police et la justice soit profondemment corrompue n’est un mystère pour personne. Mais le gouvernement est très clairement réformiste et cherche à régler les choses de l’intérieur. Il offre son soutien à l’institution policière, mais demande que les lois et la lutte contre la corruption soit un combat aussi mener par les forces de polices, et qu’aucun policiers (actif ou à la retraite), ne puisse profiter de passe-droit.

    Dans la base électoral d’Evo Morales, il y a beaucoup de gens bien plus radicaux. Mais, des fois, je me demande si ce n’est pas son opposition, qui cherche à les radicaliser, pour lui nuire.

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