Alma Latina

Dans son blog Alma latina, Cristina L'Homme vous donne rendez-vous avec des Latino-Américains, écrivains, poètes, universitaires, journalistes, économistes, chercheurs, anthropologues, sismologues… qui vous raconteront leur continent. Indianité, migrations économiques, procès contre les dictatures, la propriété de l’eau, tremblements de terre…

Dette argentine : « Le colonialisme moderne est financier »

Cristina L’Homme
Journaliste
Publié le 11/08/2010 à 16h51

« Cette année, l’Argentine fête 200 ans d’indépendance. Indépendance gagnée à l’Espagne s’entend. Ce que nous devons encore apprendre aujourd’hui, c’est à nous défaire d’une autre dépendance, indirecte celle-là : celle de la dette extérieure. Le colonialisme moderne est financier. »

Ainsi parle Mario Cafiero. Entré en politique dans les années 80, d’origine péroniste, il est élu député de la nation entre 1997 et 2005. Il est connu pour ses nombreuses enquêtes sur l’exploitation pétrolière dans les Malouines, l’exploitation de la mine d’or Pascua Lama, la crise argentine de 2001 et le rôle central de la dette extérieure (sujet qu’il a développé dans un livre écrit avec Javier Llorens, « La Argentina robada », publié aux éditions Macchi).

Nous lui avons demandé de nous raconter la leçon argentine de la dette extérieure.

La crise de 2001 a laissé l’Argentine par terre

L’Argentine a traversé une grave crise en 2001, une crise bancaire, une crise de la dette, qui a touché le pays de plein fouet. Plus de 60% des Argentins se sont retrouvés en dessous du seuil de pauvreté, les salaires ont plongé. La dette devait être remise en cause. Car en 2001, notre pays de 40 millions d’habitants était en train de payer un million de dollars d’intérêts toutes les heures. Et il ne s’agissait que des intérêts de la dette !

L’histoire de la dette qui étouffe le pays aujourd’hui commence dans les années 1970 avec l’augmentation du prix du pétrole. Pour valoriser financièrement les pétrodollars, il fallait les placer. Et ce sont les pays comme l’Argentine, dont les structures financières étaient fragiles, qui furent choisis pour les « accueillir ».

La dictature militaire a brutalement endetté le pays. Pour les spéculateurs, peu importait que la dette soit lancée par une dictature et qu’un flux important de pétrodollars pouvait avoir des effets désastreux sur notre économie. Peu leur importait que cette dette soit tachée de sang.

Ils savaient pertinemment que cet argent injecté dans notre économie n’avait absolument pas pour objet de moderniser notre infrastructure ni de nous apporter des investissements productifs.

D’autant que la règle qui avait été instaurée à l’époque -et qui régit toujours aujourd’hui- était de garantir l’entrée comme la sortie rapide des capitaux du pays. En d’autres termes, l’Argentine ne contrôlait aucun mouvement de capital. Aucun mécanisme n’avait été prévu pour utiliser effectivement l’argent qui arrivait.

Résultat : alors qu’en 1976, l’endettement argentin était de « seulement » 6 milliards de dollars, il atteignait 44 milliards de dollars en 1983, à la fin de la dictature. Mais la majeure partie de ces dollars ne se trouvaient pas en Argentine. On a appelé cela « la fuite des capitaux ».

La dette de la dictature n’est pas remise en question

L’endettement inauguré par la dictature militaire en Argentine ne fut jamais remis en question par les gouvernements démocratiques qui se sont succédé depuis 1983. Alors qu’elle est tout à fait attaquable juridiquement, ne serait-ce que parce qu’aucun Parlement n’a entériné la dette d’un gouvernement illégitime.

Tous les gouvernements ont renégocié et payé la dette :

  • Raúl Alfonsín, le premier Président démocratique, a payé la dette avec les réserves de la banque centrale, provoquant une énorme inflation ;
  • Carlos Menem a essayé de rembourser avec des actifs d’entreprises publiques, mais la dette n’a diminué que trop peu ;
  • Fernando de la Rua a tenté un blindage financier ressemblant à celui qui a lieu en Grèce aujourd’hui, et a appliqué un plan d’ajustement qui s’est soldé par un échec mirobolant car une crise provoquée par la dette ne se résorbe pas en diminuant les salaires ;
  • Lorsque Néstor Kirchner arrive au pouvoir, après la crise, en 2003, il s’affiche « anti-dette » comme la majeure partie de la population. Mais son plan de restructuration de la dette n’a pas d’effets, lui non plus. Les ajustements, nous le savons maintenant, ne mènent qu’à d’autres ajustements...

La saignée se poursuit

De toute évidence la dette est « illégitime », « frauduleuse » même, comme l’a qualifiée Alejandro Olmos.

Elle s’élève aujourd’hui à plus de 170 milliards de dollars (la fuite de capital est estimée à peu près du même montant) et la Présidente, Cristina Kirchner, a annoncé qu’elle allait rembourser -en piochant dans les réserves de la banque centrale- et qu’il était « trop tard » pour la remettre en cause.

Résultat : une partie de la dette n’est plus extérieure. Elle est payée par les provinces argentines et par les retraités : les bons se trouvent aux mains de ceux qui gèrent les fonds de retraites des Argentins (avec les conséquences que cela implique pour les retraités qui ne reçoivent plus que 50% de leur salaire et non 82% comme le prévoit la loi).

L’argent de la dette est placé en Suisse et aux îles Caïman

L’argent de la dette argentine est en partie déposé dans des banques en Suisse, aux îles Caïman, à New York ou à Londres, dans les mêmes institutions qui prêtent de l’argent à l’Argentine. Sachant que le taux d’intérêt demandé à l’Argentine est usurier en raison de ce qu’on appelle « le risque pays » : le dernier emprunt réalisé par le gouvernement de Buenos Aires lui a coûté 12% annuels en dollars (au moment où le taux d’intérêt pour les Etats-Unis est inférieur à 1%).

Il faut ajouter les commissions légales qui suivent ces emprunts. En d’autres termes : nous sommes en présence d’un énorme business lié à une immense corruption politique. Ici, on dit que lorsqu’une escroquerie est trop importante, on lui donne un titre ronflant... c’est le cas de la « dette extérieure ».

A l’heure actuelle, la dette est utilisée comme un instrument de domination et non comme un instrument permettant aux pays en voie de développement d’évoluer. Chaque jour, les pays riches sont plus riches et les pays pauvres plus pauvres, c’est un fait que tout le monde déplore. Ceux qui, au sein des organismes internationaux, dénoncent les inégalités de répartition des revenus devraient se pencher sérieusement sur les systèmes financiers.

En 1955 à Bandoeng, Nehru et Nasser donnaient naissance au « mouvement des pays non-alignés ». Aujourd’hui, tous les pays ont été alignés grâce au mécanisme de la dette, sous le regard passif d’organismes financiers internationaux.

Il est urgent de créer des systèmes financiers plus transparents et plus solidaires, qui respectent la souveraineté des pays et leur monnaie et empêchent ces fonds financiers de déstabiliser les économies fragiles des pays émergents ou pauvres.

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  • Asse42-
    Asse42-
    Royaliste engagé contre le N.O.M (...)
    • Posté à 17h01 le 11/08/2010
    • Internaute 25124
      Royaliste engagé contre le N.O.M (...)

    J’aime votre titre ! Le vrai terrorisme mondial est financier ! C’est lui qu’il nous faudra combattre activement si l’on veut la survie de l’humanité :
    Lien

  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 18h52 le 11/08/2010
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    Aujourd’hui, tous les pays ont été alignés grâce au mécanisme de la dette, sous le regard passif d’organismes financiers internationaux.

    le mot « aligner » a deux sens.

    - aligner (ordre)
    - aligner au sens argotique militaire = tuer

    dans le texte il a curieusement les deux sens...

  • jma14
    • Posté à 17h17 le 11/08/2010
    • Internaute 31729

    Excellent ! ! !

    Un peuple qui n’assume pas son régime dictatorial ! ?

    Décidement c’est vraiment la mode, le client n’est jamais coupable. La banque, le bouc émissaire idéal, dont on est incapable de voir que leurs plus dangereux travers sont ailleurs !
    Le rachat de dette se n’est pas nouveau.

    Nous vivons dans un monde ou tous les 4 mois ont redécouvre l’eau chaude !

    On prépare tranquillement la prochaine crise.

    • pablico
      pablico répond à jma14
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
      • Posté à 18h57 le 11/08/2010
      • Internaute 14278
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

      qu’on le veuille ou pas, il est force de constater, que nous sommes dans le coeur d’un cercle vicieux..

      le cercle vertueux des 30 glorieuses n’est qu’un souvenir vaporeux d’alcoolique à la croissance.

      • jma14
        jma14 répond à pablico
        • Posté à 09h40 le 12/08/2010
        • Internaute 31729

        Cercle vicieux ? Le crédit est un choix !

         
        • pablico
          pablico répond à jma14
          À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
          • Posté à 11h08 le 12/08/2010
          • Internaute 14278
            À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

          le crédit raisonné et raisonnable, sinon c’est la descente aux enfers..

        • affreuxjojo
          affreuxjojo répond à jma14
          • Posté à 16h28 le 12/08/2010
          • Internaute 29421

          C’est le choix d’une minorité et le coût en sera assumé par la majorité.
          En Grèce par exemple l’endettement public a été camouflé par des emprunts de produits financiers toxiques et opaques qui n’apparaissaient pas dans les comptes publics. Ces choix ont été fait par une classe politique corrompue et irresponsable conseillée par un monde financier pourri. Mais c’est bien le peuple grec qui paiera longtemps les pots cassés de choix sur lesquels il n’a jamais eu à se prononcer.
          Pour la finance l’endettement public est une arme redoutable. Les emprunts rapporte des intérêts immédiats. Quand en plus ces intérêts s’accumulent et deviennent difficile à rembourser, ils amènent à des politiques d’ajustement anti-sociales qui améliorent encore par la suite les taux de rendements des capitaux : démantèlement des services publics (ce qui ouvre à la finance de nouveaux secteurs de profits), baisse des retraites et des prestations sociales (baisse du coût du travail), etc. La dette est l’outil de base des politiques ultra-conservatrices
          Le personnel politique grec ou Argentin est à l’abri des conséquences de ses turpitudes passées.
          Le personnel politique au pouvoir actuellement en France paiera-il un jour (électoralement voire judiciairement) les mêmes turpitudes ? J’en doute.

          • jma14
            jma14 répond à affreuxjojo
            • Posté à 09h51 le 13/08/2010
            • Internaute 31729

            Ce que je veux dire c’est que s’est le peuple le responsable. Quand un peuple vote un gouvernement, il doit en assumer les conséquences. S’il s’apercoit que le gouvernement est corrompu, il doit sortir dans la rue, s’il pense que les politiques ne sont pas assez controlés, il doit descendre dans la rue....
            Et pour la dictature, c’est exactement pareil. D’une manière où d’une autre cette dictature sera remplacée par une démocratie, autant se révolter le plus tôt possible.
            C’est trop facile cette position attentiste du citoyen.
            Tant que le citoyen ne comprendra pas que son vote à une signification et une conséquence, il ira de mauvaise nouvelle en mauvaise nouvelle.
            C’est pareil pour la France, la Vème république est morte, tout le monde s’y est essuyé les pieds (politique, police et justice). plus rien ne pourra sortir de bon. Nous sommes englué dans ce bi-partisme ridicule stérile parce que véhiculant du dogme et de la doctrine surrané.
            Continuons donc à élire des balcani et autres et on sera vous et moi dans 10 ans en train de parler de la m^me chose !

        3 autres commentaires
    • Zeki
      Zeki répond à jma14
      Curieux de tout
      • Posté à 21h27 le 11/08/2010
      • Internaute 64085
        Curieux de tout

      How are loans made ? By the issue of bonds entailing on the Government the obligation to pay interest proportionate to the capital it has been paid. Thus, if a loan is at 5%, the State, after 20 years, has paid out a sum equal to the borrowed capital. When 40 years have expired it has paid double, after 60 years triple : yet it remains debtor for the entire capital sum.
      — Montesquieu, Dialogues, p. 209

      Rien de nouveau en effet.
      Pourtant le pouvoir financier effraye les media aboutissant à une situation où peu connaissent cet état de fait. Il suffit de voir l’accueil réservé à l’argent dette de paul grignon (qui avait une sale odeur pour mr riché) révélation pour le grand public ou désinformation pour les experts payés par les banques.
      Au final le système de la dette est une escroquerie si les intérets ne sont pas réinvestis dans l’économie réelle mais placés sur des comptes en suisse.

      • Errance
        Errance répond à Zeki
        écouteur d'histoires
        • Posté à 23h27 le 11/08/2010
        • Internaute 114729
          écouteur d'histoires

        Pourquoi Montesquieu en anglais ?

         
        • Zeki
          Zeki répond à Errance
          Curieux de tout
          • Posté à 19h34 le 12/08/2010
          • Internaute 64085
            Curieux de tout

          Le web anglophone est juste plus riche...

          • Errance
            Errance répond à Zeki
            écouteur d'histoires
            • Posté à 22h38 le 12/08/2010
            • Internaute 114729
              écouteur d'histoires

            un auteur français en anglais sur un site francophone avouons que c’est bizzare.

            Montesquieu se trouve en intégralité en français sur le web :).

            • Zeki
              Zeki répond à Errance
              Curieux de tout
              • Posté à 02h21 le 13/08/2010
              • Internaute 64085
                Curieux de tout

              Désolé...trop de flemme.

        3 autres commentaires
      • Errance
        Errance répond à Zeki
        écouteur d'histoires
        • Posté à 23h47 le 11/08/2010
        • Internaute 114729
          écouteur d'histoires

        Sur l’argent dette il est regrettable que le film se termine sur un délire conspirationniste qui n’était vraiment pas indispensable à la cohérence de l’ensemble et disons le regrettable.

         
        • zakut
          zakut répond à Errance
          employé
          • Posté à 14h44 le 12/08/2010
          • Internaute 60843
            employé

          Malheureusement ce n’est pas un délire c’est une arme silencieuse qui fait autant de dégâts qu’une vraie guerre.
          Les US ont utilisé cette méthode pendant la guerre froide afin de lutter en secret contre l’influence des russes en Amérique Latine allant même à favoriser des dictatures sanglantes, lorsque la voie de la dette n’était pas aussi efficace, grâce à des putschs, des insurrections en tous genre pour arriver à leurs fin.
          De plus les grandes institutions financières mondiales, FMI, Banque Mondiale et autres y participent amplement et sont Les outils pour contrôler les pays qui ne sont pas sur la ligne US.
          De nos jours cela continue avec l’Europe, l’Irak, L’argentine, le mexique, Haiti, etc.........
          Ci joint leurs technique utilisée
          Lien
          cela fait parti de leurs doctrine de guerre de basse intensité avec en dernier recours la guerre la vraie.
          Cette dernière ne doit pas être gagnée mais entretenue pour faire du fric.
          L’iran, le venezuela et d’autres tentent de ne pas s’y faire prendre......

          • Errance
            Errance répond à zakut
            écouteur d'histoires
            • Posté à 15h24 le 12/08/2010
            • Internaute 114729
              écouteur d'histoires

            Vous faites des amalgames là.

            Que la dette soit, ait été et sera utilisée comme une arme de guerre, ou plus exactement comme une arme de domination c’est un fait.

            Que les grandes institutions financières soient contrôlées par les USA cela ne fait aucun doute, c’est même dans leurs gênes. Pour combien de temps ? C’est une question intéressante...

            C’est une technique efficace qui cependant va s’essoufflant au fur et à mesure que les USA se transforme en une gigantesque fosse septique de dettes pourries.

            La dette est disons le clairement l’outil le plus efficace du néo-colonialisme, qui au final est pire que le colonialisme, car au moins dans le colonialisme le colonisateur construit des infrastructures en plus de piller. Si l’on ajoute à cela des élites dans chaque pays plus intéressées par leur bien propre que celui du pays qu’elles dirigent, on a le schéma plus ou moins encore en place de l’Amérique latine, y compris Chavez soit dit en passant.

            Maintenant la fin de l’argent dette avec ces petites phrases de tel ou tel grand financier semble vouloir démontrer qu’il y a un grand complot mondial poussé par la finance. C’est bien là que le bas blesse et c’est cette partie finale qui cherche à créer un grand méchant digne de James Bond qui entache l’ensemble du film, ce qui est tout à fait regrettable.

            Les USA, comme l’on fait jusqu’à la guerre l’Angleterre (qui est un peu l’inventeur de cette méthode), mais aussi la France ou l’Allemagne et quelques autres, est d’utilisé cette arme terrible de la dette pour contrôler des pays sans recours à la forme, sauf i les élites deviennent un peu trop nationalistes. Le délire du grand complot n’est pas cohérent dans ce schéma. Cela n’enlève rien au reste du film qui est bien intéressant.

        • Zeki
          Zeki répond à Errance
          Curieux de tout
          • Posté à 19h33 le 12/08/2010
          • Internaute 64085
            Curieux de tout

          L’expression « délire conspirationniste » me dérange car elle ne tient pas compte de ceux qui sont communément admis par la société. Je lui préfère une argumentation au discrédit par la formule.
          Pourtant cette vidéo pas exempte d’erreurs avait le mérite d’informer le grand public sur des évidences connues de tous les économistes avec un point différent. Le n°2 corrige quelques erreurs et mérite lui aussi d’être regardé sans perdre sa capacité d’analyse critique.

          • Errance
            Errance répond à Zeki
            écouteur d'histoires
            • Posté à 22h37 le 12/08/2010
            • Internaute 114729
              écouteur d'histoires

            j’n’ai pas vu le second...

        4 autres commentaires
      • jma14
        jma14 répond à Zeki
        • Posté à 09h39 le 12/08/2010
        • Internaute 31729

        « Au final le système de la dette est une escroquerie si les intérets ne sont pas réinvestis dans l’économie réelle mais placés sur des comptes en suisse. » Comme dans tous les comptes de résultat une partie du bénéfice est distribuée, une partie va au impot et une partie circule à nouveau (autre crédit, bours...).
        Je ne vois pas où vous voulez en venir ?

         
        • Zeki
          Zeki répond à jma14
          Curieux de tout
          • Posté à 19h08 le 12/08/2010
          • Internaute 64085
            Curieux de tout

          On abouti à un appauvrissement de la nation si la part réinvestie dans l’économie réelle est réduite à peau de chagrin grace aux paradis fiscaux et à la libre circulation des capitaux, préférant la rentabilité au développement national.
          Le système de la dette n’est pas mauvais en soit c’est le fait que la dérive devienne la règle qui est le noeud du problème.
          Sans oublier la conséquence de la monnaie unique européenne qui prive les états d’un autofinancement que ce soit par émission de monnaie (avec les risques associés) que par emprunt à une banque nationale.

          • jma14
            jma14 répond à Zeki
            • Posté à 10h01 le 13/08/2010
            • Internaute 31729

            Vous avez raison mais quand vous dites cela vous parlez quelques part du pourcentage admissible de prise de bénéfice.
            Hors aujourd’hui il est difficile de prendre plus de 20% de prise de bénéfice. Il reste dons 80% dans l’économie. Les financiers le savent en dessous de cela, la machine ne fonctionne pas.

            Le problème n’est pas la. Je m’explique, il y a deux manière d’injecter de l’argent dans une société, soit par augmentation du capital soit par rachat de part. Quand vous êtes en bourse et que vous achetez 10 actions à votre voisin. Vous ne générez aucun flux d’argent dans la société (donc pas de valeur ajoutée, pas d’investissement). En revanche qu’en vous augmentez la capital, vous amenez de l’argent qui sera réinvestit.

            L’important est donc de créer un capitalisme d’entrepreneur, pas de boursicoteur. Cela permet de réduire l’augmentation de l’argent fictif à cause de cet l’effet de lévier qui vous permet avec 10.000.000€ de boursicoter avec 50.000.000€ !

        2 autres commentaires
  • Errance
    Errance
    écouteur d'histoires
    • Posté à 18h22 le 11/08/2010
    • Internaute 114729
      écouteur d'histoires

    Sais-tu d’où il sort ce chiffre de 170 milliards j’avais plutôt 120 en mémoire.

    Le point fondamental est et reste cette illégalité de la dette Argentine.

    Je crois qu’il faut ajouter sur la dette qu’elle était de 500 000 millions au moment de la chute de Peron en 1956 et que l’Argentine a effacé la dette Anglaise et je crois aussi Allemande et Française à la fin de la guerre.

    Pratiquement ke seul gouvernement qui ait fait un effort sur la dette est celui de Illia qui a sauté en 1966.

    Et il est sidérant de voir l’explosion de la dette sous la dictature d’Aramburu, puis celle de Ongania et enfin celle de Videla et ses successeurs.

    L’article ne parle pas non plus d’un fait sidérant qui a été en 83 l’étatisation par Cavallo, déjà lui, de la dette privée de nombreuses sociétés privées. Presque 15 milliards si je me souviens bien.

    Et enfin la période Menem qui par la politique du uno a uno a doublé en 10 ans la dette du pays de 60 à 120 milliards.

    cavallo a été président de la banque d’Argentine au moment de la privatisation de la dette privée, ministre de l’économie de Menem pour le Uno à Uno, ministre de l’économie de de la Rua au moment du corralito de 2001. Il doit représenter à lui tout seul pas loin des 2/3 de la dette argentine et a bossé avec la dictature, Menem et de la Rua, il n’est pas en taule faut pas croire hein.

    Les deux énormes crises qui ont ruiné le pays l’hyperinflation et la crise de 2001 sont des crises de la dette...

    • karlM
      karlM répond à Errance
      Précaire
      • Posté à 07h42 le 12/08/2010
      • Internaute 21378
        Précaire

      Je croyais qu’il était possible de ne pas rembourser les dettes dite « scélérates ».
      Lien

      • Errance
        Errance répond à karlM
        écouteur d'histoires
        • Posté à 11h38 le 12/08/2010
        • Internaute 114729
          écouteur d'histoires

        C’est possible, voir l’Equateur, mais encore faut-il le vouloir et le pouvoir.
        L’Argentine avec son délirant besoin, désir, d’exporter peut difficilement se mettre au banc des nations (qu’on le veuille ou non c’est le soja qui rempli les caisses de l’état et plus exactement l’exportation de soja vu qu’il n’y a pas d’impôt sur le revenu pour les propriétaires terriens), par contre il est évident que le pays devrait effacer une grande partie de cette dette construite par les dictatures et très probablement une bonne partie de celle générer par Menem. Mais quels sont les leviers que le pays pourrait actionner pour être en position de force, c’est une autre question.
        Il faut très probablement, avant tout effacement de dette illégale, revoir intégralement le système fiscal argentin. Le soucis c’est que pour se faire il faut un gouvernement puissant pour pouvoir mettre au pas les latifondos et ceux qui devraient en toute logique payer des impôts et qui en sont pratiquement totalement exempt aujourd’hui. On se plaint de notre système fiscal, ici c’est 1 millions de fois pire. Payer des impôts est vu comme du vol et l’évasion fiscale la normalité.

  • Errance
    Errance
    écouteur d'histoires
    • Posté à 18h26 le 11/08/2010
    • Internaute 114729
      écouteur d'histoires

    Sur l’utilisation des réserves il y a beaucoup à dire.

    1- l’argent utilisé a permis de débloquer pas mal de négociations
    2- Les réserves ont été reconstituées et ont même atteint un niveau record en juillet
    3- Payé pourquoi pas, mais si un travail de fond est fait pour éliminer la dette frauduleuse et ses intérêts.
    4- Tant que le problème de la dette illégale n’est pas résolue, le pays ne devrait pas payer, mais ne pas payer c’est être au banc des nation.. est-ce un mal ? .... la réponse est complexe.

    Sur le 82% movil, là j’sais pas quoi dire, il y a une campagne très forte de la part de l’opposition, majoritaire mais totalement désunie dans les deux chambres, et surtout portée par le péronisme fédéral, c’est à dire le péronisme opposé au gouvernement, c’est à dire globalement Duhalde, Sola qui ont été très très proche de Menem (Dyhalde a été son vice-président) et qui n’ont jamais rien fait sur ce sujet.

    en plus beaucoup de ceux qui militent pour le 82% movil militent aussi pour l’exonération des impôts sur les exportations agricoles. Rappelons que les producteurs ne payent déjà pas d’impôt sur leur revenu et que le mois dernier une évasion fiscale de plus de 600 millions de $ (7 millions de tonnes de soja vendues au noir...) a été découverte...

    Du coup, oui au 82% movil, mais, mais pas n’importe comment... Il y a un besoin urgent de revoir l’intégralité du système fiscal argentin.

  • mamane
    mamane
    le futur c'était mieux avant
    • Posté à 18h54 le 11/08/2010
    • Internaute 44657
      le futur c'était mieux avant

    mmmmhhh intéressant.

    il est vrai que la finance est une facette de la colonialité. Mais pas que.

    • Errance
      Errance répond à mamane
      écouteur d'histoires
      • Posté à 19h04 le 11/08/2010
      • Internaute 114729
        écouteur d'histoires

      C’est une arme utilisée d’abord par les anglais et ce dés les « indépendances » de ces pays. La France a fait de même avec Haïti d’ailleurs avec le succès que l’on sait.

  • Emmanuel M
    Emmanuel M
    Commentateur liberal
    • Posté à 19h22 le 11/08/2010
    • Internaute 39528
      Commentateur liberal

    Beurk

    Un article purement demagogique, pointant les éternel boucs émissaires (la grande méchante finance aux dents pointues)

    Le problème de la dette est dramatique, et la France s’y enfonce. L’Argentine nous y a précédé, et pour les mêmes raisons : les politiciens ont endetté le pays pour financer des mesures (ou des absences de réforme) clientélistes destinées à les faire (ré)élire.

    Dans un ménage on ne dépense pas plus que ce qu’on gagne, et on n’emprunte que pour quelques dépenses d’investissement (logement, voiture, ...). Si on emprunte pour financer le loyer, ca part en couille assez vite.

    Les hommes politiques ont décrété que cette règle universelle ne s’appliquerait pas à eux. Donc la dette explose, et la crise vient avec.

    • Errance
      Errance répond à Emmanuel M
      écouteur d'histoires
      • Posté à 19h53 le 11/08/2010
      • Internaute 114729
        écouteur d'histoires

      La dette explose en Argentine pendant les dictatures et à l’époque de Menem, quand le pays suivait à la virgule près les demandes du FMI...

      Démagogique vous êtes sur ?

      • -Candide-
        -Candide- répond à Errance
        Jardinateur
        • Posté à 01h26 le 13/08/2010
        • Internaute 40778
          Jardinateur

        Je n’ai pas envie de soutenir ni la dictature ni ce corrompu de Menem, mais d’un point de vue économique ne noircissez-vous pas le tableau ?

        Menem a quitté le pouvoir en 1989 il y a plus de 20 ans et la fin des dictatures c’était il y a plus de 27 ans

        les chiffres de la dette en %age du PIB sont sur les années 1999-2002
        (source Lien)
        1999 : 47.4%
        2000 : 50.8%
        2001 : 62.5%
        2002 : 150.6%

        vous ne pensez pas que le problème vient principalement de cette période sans avoir à remonter jusque Menen, ou la dictature, et pourquoi pas à Napoléon ?

         
        • Errance
          Errance répond à -Candide-
          écouteur d'histoires
          • Posté à 02h11 le 13/08/2010
          • Internaute 114729
            écouteur d'histoires

          Menem arrive au pouvoir en 89 il le quitte en 99 ....

          La période 2001-2002 marque la fin du uno a uno

          le U$S passe de 1 à 1 à 1 à 3 la dette est en U$S d’où l’explosion de la dette à cette période.

          Non l’historique de la dette est très important car il marque tout ce qui suit.

          • -Candide-
            -Candide- répond à Errance
            Jardinateur
            • Posté à 02h58 le 13/08/2010
            • Internaute 40778
              Jardinateur

            oui, désolé,
            j’avais commencé à écrire « pris le pouvoir », puis j’ai changé en « quitté » pour être plus homogène en oubliant de corriger les chiffres.
            mea culpa.

            • Errance
              Errance répond à -Candide-
              écouteur d'histoires
              • Posté à 03h06 le 13/08/2010
              • Internaute 114729
                écouteur d'histoires

              ça fait quand même une différence sensible sur sa responsabilité dans la crise de 2001 et l’explosion de la dette.

              D’autant plus que son ministre de l’économie préféré a aussi été ministre de l’économie de de la Rua.

        • Errance
          Errance répond à -Candide-
          écouteur d'histoires
          • Posté à 02h55 le 13/08/2010
          • Internaute 114729
            écouteur d'histoires

          En dehors de ce problème purement de dette qui passe quand même de 0 ou presque en 56 à entre 45 et 60 milliard en 83.

          C’est aussi la de-industrialisation du pays qui se joue dans la période 76-83 et la période 89-2002.

          Une des premières décisions de la junte en 76 c’est la suppression des impôts et des taxes de douanes sur les produits importés, alors que la taxation reste la même pour les produits nationaux, je vous laisse imaginer les conséquences sur l’industrie locale.

          la période Menem c’est la vente de tout ce qui reste, industries, mais aussi services publics, donc le pays vit sur ces ventes pendant les 10 ans de Menem. Quand il n’y a plus rien à vendre... ça craque... période 99-2002. Plus d’entrée, mais énormément de sortie....

        4 autres commentaires
    • terrysulivan
      terrysulivan répond à Emmanuel M
      ...
      • Posté à 20h24 le 11/08/2010
      • Internaute 89568
        ...

      le demagogique, c est surtout votre commentaire quand vous vous permettez l analogie entre un ménage et un Etat-Nation (je sais pas si rattacher ce genre de ressources discursives á Hobbes, Locke ou Quesnay...).
      considerer que le choix de différentes politiques économiques n’est pas conditionné par un rapport de force au niveau international, c est quelque peu naïf. D’oú la seconde fausse vérité de votre commentaire : « L’Argentine nous y a précédé, et pour les mêmes raisons », Il est impossible de faire une comparaison de ce type étant donné que les histoires de leurs systèmes économiques sont complètement différentes, que ça soit au niveau de la balance commerciale, politique douanière, emprunts, etc.. . En Argentine, ces dernières variables ont toujours été conditionné depuis l extérieur, que ça soit par la force (la dictature de 75 qui a véritablement appliqué la politique économique que leur dictait les nord américains), ou par la raison économique (sanctions économiques diverses depuis l extérieur) de 45 á 75. Au final, l ISI sous Peron, le desarrollismo sous Frondizi, ou sous des dictatures nationalistes assez « môles » se sont toujours vues frustrées.
      Vous conviendrez que De Gaulle, Mendes France et les autres ont du faire face a un panorama autrement plus favorable pour reconstruire la France d’après guerre...

      • -Candide-
        -Candide- répond à terrysulivan
        Jardinateur
        • Posté à 02h32 le 13/08/2010
        • Internaute 40778
          Jardinateur

        D’un autre coté si on veut la solidarité objective des autres pays, il faut arrêter la démagogie populiste.

        La guerre des falklands a été déclenché parce que le pouvoir avait misé sur une cohésion nationale autour de l’évènement permettant de faire oublier les problèmes économiques.

        On aurait pu en rester là et dire qu’il s’agissait d’une initiative idiote d’une dictature en fin de règne qui a misé sur un bout de caillou a plus de 450 km des cotes, habité depuis plus de 150 ans par une population qui n’a aujourd’hui que le désir de rester britannique.

        Mais c’est sans compter sur le populisme des politiques argentins qui ont tenu à inscrire dans la révision de constitution de 1994 que ce bout de caillou leur appartenait : -)
        Hormis le fait que ce point de vue est discutable, vous pensez vraiment que les institutionnels de la city qui voient les difficultés des argentins à rembourser leur dettes ont envie de leur faire des cadeaux, de faire pression sur le FMI pour effacer les ardoises ?

        En deux mots, si De Gaulle, Mendes France et les autres ont du faire face a un panorama autrement plus favorable pour reconstruire la France d’après guerre, c’est aussi du à leur prestance et à la crédibilité de la France. Tout se mérite !

         
        • terrysulivan
          terrysulivan répond à -Candide-
          ...
          • Posté à 14h44 le 13/08/2010
          • Internaute 89568
            ...

          Les différents gouvernements militaires qui se sont succédés en Argentine depuis 1955 jusqu’á 1983 avaient pour objectif de « retablir l ordre » et de se debarasser ... du populisme (il est notable que l une des organisations qui fut la cible privilégiée de la dernière dictature militaire n est autre que les monteneros : une organisation peroniste...).

          Vous partez donc d une prémisse un brun équivoque : tout ce qui a été gouvernement en Argentine (militaire ou démocratique) a été populiste (êtes vous essentialiste ? les argentins ne sont peut etre pas fait pour la démocratie ?).

          En ce qui concerne la question des Malouines, elle est loin d’être réglée. Elle se débat toujours régulièrement a l’ONU , pour preuve ce document de juin 2010 :
          Lien

          Sans rentrer dans les détails, et sans invoquer Napoléon (á lire vos commentaires, l histoire vous intéresse peu, une paire de statistiques suffisent) le panorama argentin d’après guerre était au beau fixe. C’était littéralement le grenier du monde, avec une balance commerciale très favorable avec entre autre l Angleterre ... mais tout ca en Livre Sterling. L’Argentine a été incapable de se faire payer cette dette, comme beaucoup d autres, ou a été forcé de signer des accords complètement aberrant (comme le rachat de la concession de chemin de fer aux anglais qui était sur le point de se terminer...).
          A la sortie de la guerre, le pays était donc sur le papier parlant une des principales puissances mondiales, possédant des infrastructures très importantes (des universités qui formeront 3 prix nobels en sciences dans la seconde moitie du XX eme siecle et industriels : pétrole et industries légères) mais... c’etait sans compter sur l ogre nord américain qui avait décidé de relancer l économie européenne, oú elle pourrait rétablir un marché pour refourguer toute sa camelote qui permettrait la reconstruction de l Europe : le plan Marshall ! (c’est tout de même ça le panorama de De Gaulle ! et je sais pas si ça se mérite !)
          Cette courte description de l après guerre argentin n’est que le prologue de ce que sera l ingérence politico-militaire ou économique des grandes puissances dans les affaires argentines. (Une qui réapparait ces jours ci dans les tribunaux du pays n est autre que franco-argentine : Thales aurait été l un des principaux acteurs d’un réseau de corruption millionnaire, ça aussi, ça doit se mériter !)

        1 autres commentaires
    • affreuxjojo
      affreuxjojo répond à Emmanuel M
      • Posté à 16h37 le 12/08/2010
      • Internaute 29421

      SVP, expliquez-nous pourquoi Sarkozy fait grimper la dette Française.
      Il se présente pourtant comme un réformateur courageux, non ?

  • Titonèpalà
    Titonèpalà
    Titolélàba
    • Posté à 11h41 le 12/08/2010
    • Internaute 96315
      Titolélàba

    ...............OMC FMI OMS ENC...LES ! ! ! ! ! !

    Strauss machin aussi socialo qu’un singe.. ! ! !

    Marionnette de mes c... qui appauvrit et amène à la misère des pays déjà en difficultés au profit des riches des pays riches !

    Souteneur de dictatures et de juntes militaires !
    Affameur d’enfants !
    Destructeur des droits de l’homme !
    Chose à banquiers et financiers !
    Pollueur !

    Ceux là comme Strauss qui dirigent ces structures sont des animaux ou des pantins, ils n’ont pas ou que peu de valeurs humaines. (et pourtant des prix nobels ; j suis sûr que c’est comme la légion d’honneur : ça s’achète ! ! !)

    « Quoi un enfant qui crève ? » « Et alors ! des millions qui rentrent ! ! ! »

    Voilà leur façons de penser et de considérer l’humanité. Ce sont des objets,des machines formatés et ils veulent nous transformer comme tels en tous cas nous considèrent comme tels !

    Cet article soulève un fonctionnement mafieux de la dette.
    Et donc des banques et donc du système entier !
    Une dette qui n’amène au pays QUE des intérêts à payer ! ! !
    Et qui engraisse les plus riches de ces mêmes pays !

    C’est pareil ici en France !
    On paye encore et encore les intérêts de leur putain de dette, mais de l’autre côté on nous bousille notre socialisme on nous sucre nos fonctionnaires, notre sécu etc... en gros on nous dit que les caisse sont vides !
    Pourtant nos élus mènent la grande vie avec leurs potes des grandes familles esclavagistes et Belges ! ! !

    On a qu’a manger de la brioche ! C’est à elle que me font penser nos élus incapables ! ! ! Droite et gauche confondus !

    Bien étrange lorsque l’on constate tous les liens entre politiques et financiers sinon lien familliaux, liens d’intérêts, liens de promotions... (droite et gauche encore)

    Oui il est urgent de créer une économie plus juste avec des banquiers dont le Dieu n’est pas l’argent ! ! !
    Et des élus qui ne soient pas des pantins sans idées ni combat ! ! !
    Des élus qui visent a améliorer le sort de l’ensemble d’une société et non uniquement d’une caste déjà riche qui veut l’être toujours plus ! ! ! Les Belges français !

  • jpouille
    jpouille
    Fils du vent
    • Posté à 13h05 le 12/08/2010
    • Internaute 31114
      Fils du vent

    SUS A LA FINANCE INTERNATIONALE ! ! !

  • johanjohan
    johanjohan
    johan
    • Posté à 13h47 le 12/08/2010
    • Internaute 58574
      johan

    « L’endettement inauguré par la dictature militaire en Argentine ne fut jamais remis en question par les gouvernements démocratiques qui se sont succédé depuis 1983. “

    Ce n’est pas tout à fait exact. Le gouvernement d’Alfonsin a remis en question la dette. Le ministre de l’économie, Bernardo Grinspun (1983-85), a cherché à imposer l’idée d’une distinction entre dette ‘légitime’ et ‘illégitime’. Comme il n’était pas ingénu au point de penser que les bailleurs de fonds accepteraient un simple principe de justice, il avait cherché à s’allier avec tous les pays endettés de la région pour renégocier ensemble la dette. C’est là que l’ambitieuse politique d’Alfonsin s’est cassé les dents, l’Argentine n’a pas réussi à obtenir un soutien régional.

    Par ailleurs, Alfonsin a aussi péché par enthousiasme : il semblait vraiment convaincu que les ‘démocraties du monde’ se montreraient solidaire envers la nouvelle démocratie argentine encore fragile.

    L’expérience de Grinspun n’est cependant pas à jeter aux oubliettes, elle est probablement l’antécédent qui inspire aujourd’hui l’Equateur. Il est possible que Mario Cafiero oublie Grinspun (radical) parce qu’ils sont de familles politiques différentes. Il est péroniste et fils du dirigeant péroniste Antonio Cafiero - à la tête de la Renovacion Peronista dans les années 80, il était alors pressenti pour être président devant un certain Carlos Menem.

    Pour les personnes qui douteraient de la totale illégitimité de la dette publique argentine, il faut aussi rappeler que dans les derniers mois de la dictature, les dettes de la plupart des grandes entreprises ont purement et simplement été nationalisé. Ce fut un certain Domingo Cavallo (ministre de Menem), alors président de la Banque Centrale, qui a socialisé ces dettes privées.

    • Errance
      Errance répond à johanjohan
      écouteur d'histoires
      • Posté à 22h40 le 13/08/2010
      • Internaute 114729
        écouteur d'histoires

      Sur Alfonsin ajoutons le rôle terriblement néfaste de la CGT péroniste, qui a transformé le pays en grève permanente.

      Mario Cafiero n’est pas que péroniste, il a aussi ou est encore, proche de lilita Carrio qui elle vient du radicalisme.

  • républic1
    républic1
    Fièrement laïque
    • Posté à 13h49 le 12/08/2010
    • Internaute 100854
      Fièrement laïque

    Ce genre d’article manque énormément sur Rue 89.
    Le colonialisme financier et néolibérale fait des ravages partout, dans tous les pays. C’est une stratégie de conquête qui tend à vouloir remplacer le pouvoir étatique démocratique par un pouvoir féodal.
    Les états ne doivent devenir que les vassaux des transnationales. Afin de pouvoir arriver plus vite à leur fin, ces transnationales s’appuient non seulement sur la libre et sauvage circulation des capitaux mais aussi sur une émigration de main d’œuvre à bon marché et corvéable à merci.
    Inévitablement ces afflux de populations entrainent une baisse du cout du travail et un communautarisme qui divise et inquiète la population locale. Ce communautarisme renforce le principe de féodalité.
    Les transnationales et leur dirigeants sont en train de réussir ce que les royalistes et impérialistes n’osaient plus espérer la fin de la pertinence du suffrage universel.
    Pour asseoir leur crédibilité les dirigeants ont réinventé la charité. Les organisations humanitaires ne sont que des instances féodales supplémentaires vassales des transnationales. La dernière preuve est le coup de pub que Bill gates a fait avec son idée à ce que des milliardaires donnent charitablement la moitié de sa fortune à des organisations caritatives.
    Il faut aussi faire croire aux pseudocitoyens que nous sommes devenus, que nous sommes encore des hommes responsables capables d’une part de réagir à l’injustice, (aussi nous parle-t-on soit de luttes et d’injustices exotiques soit d’injustice qui relève plus de l’épiphénomène), et d’autre part de nous faire réfléchir sur nous-mêmes (m’enfin ? de quoi se plaint-on). Alors les médias, télé, radios, journaux bras armé des transnationales est aussi là pour ça
    Le débat de fond, l’information structurelle diraient certains, est renvoyé aux calendes grecques pour raison de faible audimat et de désintéressement de la classe populaire envers la chose publique. Trop compliqué nous dit-on, alors, on nous envoie des vulgarisateurs de la pensée politique qui nous assène plusieurs fois par jour ce qui est raisonnable et ce qui est déraisonnable…(certains sur Rue 89, commentateurs et journalistes doivent se reconnaitre)

    Et si malgré tout ce travail de sape de la réflexion citoyenne que chacun de nous tente de faire n’est pas dissous, et que nous sentions monter en nous un sentiment d’impuissance que nous n’arrivons pas malgré notre bonne volonté (parce que nous sommes de bonne volonté en plus) à autocensurer, nous pouvons toujours nous diriger vers les salles obscures ou un gentil héros, un quidam, « un gars comme nous quoi ! », va foutre une raclée à tous les méchants, les riches et les puissants. Rien de mieux pour décharger une rancœur afin de ne pas remettre en cause la belle mécanique dans laquelle nous sommes depuis plus de 40 ans...

  • zakut
    zakut
    employé
    • Posté à 14h45 le 12/08/2010
    • Internaute 60843
      employé

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    Lien

  • damienl
    damienl
    Chercheur
    • Posté à 23h39 le 12/08/2010
    • Expert 101560
      Chercheur

    D’accord, c’est bien beau tout ça, mais qu’elle est l’alternative aux prêts ? Si un pays s’endette, ce n’est généralement pas pour faire joli mais parce que les dépenses auxquelles il doit faire face sont supérieures à ces recettes actuelles. Je trouve cela assez étrange de blâmer ceux qui prêtent à l’Argentine, comme s’ils venaient offrir leur argent à un pays qui n’en est absolument pas demandeur.

    En pratique, qu’est-ce qui se serait passé si, soudainement, l’Argentine n’avait plus obtenu de crédit ? Je pense que ceux qui critiquent les créanciers auraient crié au meurtre en expliquant comment le monde de la finance a étouffé l’Argentine et que les rares programmes sociaux ont du être coupés, etc. C’est un peu « pile je gagne, face tu perds ».

    Il faut également faire attention et ne pas se contenter de dire : Argentine = Junte = néolibéralisme = mauvais. Qu’est-ce que ceux qui étaient en faveur du néolibéralisme disaient sur l’Argentine ? Est-ce qu’ils disaient que les politiques économiques menées étaient bonnes (comme ils le disaient du Chili par exemple) ? Si je lis ce que le Fraser Institute a publié par exemple et le classement de l’Argentine dans leur célèbre indice, j’ai l’impression que l’Argentine n’est pas l’exemple type de pays ultralibéral : « In both 1975 and 1985, the economic freedom rating of Argentina placed it in the Bottom Ten among the more than 100 countries in our study. Trade restrictions, monetary expansion, hyperinflation, high taxes, and government regulations characterized the Argentine economy for years. This began to change in the late 1980s ». On parle ici de la période Menem, soit bien après la chute de la junte.

    Ce qui manque également à cet article, c’est une quelconque mise en perspective de la part de la dette qui est « juste » et de la part « injuste ». On parle de 44 milliards à la fin de la dictature (je serais plus intéressé par des chiffres en % du PIB pour voir quelle est la magnitude de l’augmentation entre avant et après la junte). On parle ensuite de 170 milliards. Quelle est la part de ces 170 milliards qui peut être attribuée aux politiques menées par les gouvernements démocratiques ? Si je me souviens bien, en 1992, le rapport dette/PIB étant proche de 30%, contre 41% en 1998. Cette augmentation n’était pas due uniquement aux intérêts sur la dette pré-existante mais à la politique fiscale menée par le gouvernement légitime.

    De manière plus générale, ne peut-on pas dire que la légitimité de toute dette publique n’est qu’une fiction juridique ? Après tout, pourquoi les générations actuelles devraient-elles payer les erreurs du passé pour lesquelles elles ne sont aucunement responsables ? Ce n’est pas non plus la faute des gens nés en 1980 si, dans les années 70, les gouvernements européens ont dépensé sans compter et ont emprunté beaucoup. Dans tous les cas, ceux qui ont emprunté ne sont pas ceux qui doivent rembourser !

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