Alma Latina

Dans son blog Alma latina, Cristina L'Homme vous donne rendez-vous avec des Latino-Américains, écrivains, poètes, universitaires, journalistes, économistes, chercheurs, anthropologues, sismologues… qui vous raconteront leur continent. Indianité, migrations économiques, procès contre les dictatures, la propriété de l’eau, tremblements de terre…

Chili : Isabel Allende, candidate dénigrée au Prix de littérature

Cristina L’Homme
Journaliste
Publié le 14/08/2010 à 10h10


Isabel Allende (Wikimedia Commons).

A la fin du mois d’août, tous les deux ans depuis 1972, le Prix national chilien de littérature est remis à un auteur « qui a donné sa vie entière à l’exercice des Lettres ». La candidature, cette année, d’Isabel Allende, fille du cousin de l’ancien Président Salvador Allende, suscite la controverse dans le pays.

La candidature de l’écrivaine chilienne ne passe pas inaperçue, tout d’abord parce qu’elle a reçu une cinquantaine de prix internationaux et figure parmi les auteurs les plus lus du continent sud-américain.

Ses livres ont été traduits dans plus de 24 langues et ont été vendus à près de 51 millions d’exemplaires. Sans compter les centaines de versions pirates qui se vendent peu cher sur les étals des marchés et touchent, de fait, un lectorat sans le sou, qui a difficilement accès aux livres -chers au Chili. Ses textes sont aussi systématiquement étudiés à l’école chilienne, et dans le monde entier.

En faisant acte de candidature, la cousine issue de germain du Président Salvador Allende -le père d’Isabel, diplomate, en était le cousin- s’est attirée les foudres de ses détracteurs, qui depuis se déchaînent par médias interposés et via Facebook contre ses (plus) nombreux admirateurs.

Ceux qui ne veulent pas qu’elle reçoive le Prix national de littérature -qui s’accompagne du versement d’une pension à vie- usent d’un langage extrêmement méprisant à son égard ; les mots étant spécifiquement choisis pour la blesser. Pourquoi ?

L’œuvre d’Allende « trop divertissante pour être littéraire »

Elle ne « mérite pas le Prix », décrète la Société des écrivains chiliens (Sech, créée en 1932) parce qu’elle est un « un écrivain mineur » -sympa pour ceux qui, dans le monde entier, avalent goulûment ses livres et sont du même coup traités d’« incultes »-, et que « ses livres sont des best-sellers » -sous-entendu : « Elle s’est vendue au marché, ce n’est pas bien ! »

Ses livres sont classés « trop divertissants pour être littéraires », ils « poussent le lecteur à s’évader et ne l’amènent pas à apprendre des valeurs qui fondent une société en devenir [comme la société chilienne, ndlr] ».

Le critique littéraire Andres Aguirre a résumé :

« Si on veut donner le Prix à la vente massive et à la culture populaire... Allende. Mais si on veut primer l’apport littéraire et la création, le Prix devrait aller ailleurs... »

Plus vulgaire, Alvaro Matus, qui travaille dans les pages culture du journal La Tercera, écrit que « remettre le Prix national à Allende, reviendrait à primer les hamburger de Mc Donald lors d’un salon de gastronomie. »

L’agressivité gratuite a même traversé les frontières, puisque le Péruvien Gustavo Faveron soutient :

« Donner le Prix à Allende pour son succès commercial sans prendre en considération le contenu de ses livres -la poubelle de Garcia Marquez lue avec les lunettes de Corin Tellado [l’auteure la plus célèbre de la littérature espagnole avec 4 000 titres et 400 millions d’exemplaires vendus, ndlr]-, c’est transformer le Prix [...] en une récompense à l’exportation.

C’est déclarer [...] que la littérature est une pure marchandise et que sa valeur est simplement monétaire. »

« Au nom des femmes simples de ce Chili qui est le nôtre »

« La haine vient des envieux, d’un complexe d’infériorité qui les rend amers », répondent les défenseurs d’Isabel Allende, tranchant avec l’agressivité de ses détracteurs. De la jalousie, face au succès national et international d’Isabel Allende. La journaliste Ximena Torres, écrit dans Terra :

« On aimerait que nos footballeurs gagnent la Coupe et on ne supporte pas qu’Isabel Allende soit si connue dans le monde littéraire, comme l’est Ronaldo dans le foot. »

Delia Vergara, qui fut sa rédactrice en chef à Paula (revue féminine) dans les années 70, appuie Isabel Allende d’un ton complice :

« Je suis une grande lectrice et je ne supporte pas la mauvaise littérature. Et lorsque je commence ses livres, je ne peux plus m’arrêter de lire et chaque fois, je suis admirative, émue [...].

Ses livres autobiographiques me semblent remarquables, en raison de son honnêteté, et parce que de tout cœur, avec courage, elle transmet la douleur qui l’a souvent déchirée.

Pourtant, dans chacun de ses livres, on trouve aussi son humour qui me fait rire aux éclats... »

Et puis, il y a cette lectrice. « Je suis de ces femmes qui lisent beaucoup moins qu’elles ne voudraient », écrit Iris Aceitón dans El Observatodo...

« Je suis l’héroïne courageuse, battante et imparfaite de chacun de tes romans. Je suis cette femme chilienne qui te remercie parce que tu as su raconter au monde ce qui déchire ta patrie...

Isabel Allende, au nom des femmes simples de ce Chili qui est le nôtre, je te remets le Prix national de littérature. »

Un Prix littéraire machiste ?

Les candidats

  • Isabel Allende
  • Antonio Skarmeta, également très connu au niveau international, auteur de « Il Postino », porté à l’écran,
  • German Marín,
  • Enrique Lafourcade,
  • Jaime Valdivieso,
  • Francisco Rivas,
  • Isidora Aguirre,
  • Maria Elena Gertner,
  • Fernando Emmerich,
  • Jorge Guzman.

L’auteur de « La Maison des esprits », elle, explique qu’il s’agit pour elle d’un défi, mais qu’elle n’en a nullement besoin. Elle dénonce par ailleurs le caractère machiste du Prix qui n’a été remis que trois fois à des femmes depuis son existence (Gabriela Mistral en 1951, six années après avoir reçu le prix Nobel, Marta Brunet en 1961 et Marcela Paz en 1982) et qu’aucun écrivain indigène, aucun Mapu Che, ne l’a jamais reçu non plus.

Alors que des écrivains autochtones tels que Elicura Chihuailaf, Graciela Huinao, Rosendo Huenumán ou Leonel Lienlaf, sont extrêmement appréciés hors des frontières.

Même si les raisons invoquées par les ennemis d’Isabel Allende sont « artistiques », il semble que son soutien, l’an dernier, à la candidature d’Eduardo Frei lors de l’élection présidentielle, n’a pas du tout plu à certains de ses confrères.

Et elle ne s’est pas fait d’amis non plus en déclarant, dans une interview donnée à la revue Ya (distribuée les mardis avec le quotidien El Mercurio), « avoir confiance... que le gouvernement de Piñera [actuel Président du Chili, ndlr] sera un bon gouvernement ».

Le Prix national de littérature est une reconnaissance de l’Etat chilien. Ceux qui en choisissent le gagnant sont :

  • le ministre de l’Education,
  • le recteur de l’université du Chili,
  • un représentant du conseil des recteurs,
  • un représentant de l’Académie chilienne de la langue,
  • l’écrivain primé il y a deux ans,
  • et, sans doute à partir de cette année, un ou deux membres de la Société des écrivains chiliens (Sech).

Ensemble, ils élisent le président du jury qui est généralement le ministre d’Education. En cas de désaccord, c’est lui qui a le dernier mot.

Au vu de ces caractéristiques, peut-on encore dire que le Prix répond à des critères « purement » littéraires ?

Aller plus loin
  • 6749 visites
  • 70 réactions
Vous devez être connecté pour pouvoir commenter : ou créez un compte
  • Gelone2010
    Gelone2010
    Sarkophobe
    • Posté à 12h18 le 14/08/2010
    • Internaute 99991
      Sarkophobe

    Ajoutons pour faire bon poids que si elle ne s’appelait pas Allende, en Europe, elle ne serait pas plus connue que Corin Tellado, dont j’ai découvert l’existence aujourd’hui et ici même, sans que cela comblât une réelle lacune de ma culture.

    • Adéménagé le 3 janvier 2011
      • Posté à 14h27 le 14/08/2010
      • Internaute 29846
        menuisier

      En ce qui vous concerne le terme de « lacune » est un peu léger pour rendre compte de la réalité.

      Et pour ce qui est de « combler » quoique ce soit, on est carrément dans la science-fiction.

      • Gelone2010
        • Posté à 19h52 le 14/08/2010
        • Internaute 99991
          Sarkophobe

        « En ce qui vous concerne le terme de “lacune” est un peu léger pour rendre compte de la réalité. »

        Auriez-vous été chevalier dans une vie antérieure ? Parce que pour trouver le défaut de la cuirasse de vos adversaires, lors des tournois, vous deviez être insurpassable. Tous mes compliments.

         
        • Adéménagé le 3 janvier 2011
          • Posté à 21h18 le 14/08/2010
          • Internaute 29846
            menuisier

          Non, du tout.

          Il y a que je me lache avec les gens dans votre genre.

          C’est tout.

          nb : parceque vous avez une cuirasse ? ?

          • thierry reboud
            • Posté à 13h35 le 15/08/2010
            • Internaute 20923

            Une cuirasse, je ne sais pas ; des défauts de conception, en revanche, il les accumule...

            • républic1
              républic1 répond à thierry reboud
              Fièrement laïque
              • Posté à 02h59 le 16/08/2010
              • Internaute 100854
                Fièrement laïque

              Pour ce qui concerne le Prix national chilien de littérature, c’est certainement très dommage (je le dis sans ironie), mais j’ai la faiblesse de penser que c’est d’abord aux chiliens de s’en occuper. Il y a déjà suffisamment à faire en France, et nous ne sommes pas vraiment en situation de donner des leçons.

        6 autres commentaires
    • Errance
      Errance répond à Gelone2010
      écouteur d'histoires
      • Posté à 14h26 le 14/08/2010
      • Internaute 114729
        écouteur d'histoires

      Racontez nous ce qui peut combler une lacune réelle de votre culture.

      Allende comme Sepulveda, Cortazar et bien d’autres écrivains latino-américains (même Borges d’ailleurs) sont avant tout des conteurs.
      Sans le conte et le conteur la littérature n’est que vacuité.

      • Gelone2010
        Gelone2010 répond à Errance
        Sarkophobe
        • Posté à 18h55 le 14/08/2010
        • Internaute 99991
          Sarkophobe

        « Racontez nous ce qui peut combler une lacune réelle de votre culture. »

        Si on veut, tout ce qui se rapporte à la littérature de gare, mais je crois que même si j’essayais, j’aurais énormément de mal...

        « Sans le conte et le conteur la littérature n’est que vacuité. »

        Vous aurez sûrement remarqué que je ne suis pas le genre de type qui s’en laisse conter... Ce que je lis actuellement, c’est « Philosophie de la République » de Blandine Kriegel (Plon, 1998). Ce n’est pas ardu, mais ce n’est pas débordant de fantaisie non plus...

         
        • Errance
          Errance répond à Gelone2010
          écouteur d'histoires
          • Posté à 22h46 le 14/08/2010
          • Internaute 114729
            écouteur d'histoires

          Réduire Allende, Sepulveda, Cortazar et Borges à de la littérature de gare voilà qui est passionnant... Quoi d’autre à ajouter ?

          Je ne crois pas vous avoir demandé ce que vous lisiez. pour ma part je suis plongé dans « Putas assassinas » de Bolano, pas trop ardu non plus, mais j’ai plus de plaisir à lire « Desencuentro » pour rester dans les nouvelles et le Chili.

          Vous êtes plutôt du genre à ne pas vous en laissez compter.

        • Adéménagé le 3 janvier 2011
          • Posté à 23h26 le 14/08/2010
          • Internaute 29846
            menuisier

          Pour moi, c’est le chapitre XVII de l’oeuvre complète de San-Antonio, plus précisément nommé : « Les souris ont la peau tendre ».

          Blandine Kriegel, ce ne serait pas cette ex-stal passée à son semblable d’en-face, non ?

        2 autres commentaires
    • Célia
      Célia répond à Gelone2010
      Etudiante
      • Posté à 18h20 le 14/08/2010
      • Internaute 114304
        Etudiante

      « j’ai découvert l’existence aujourd’hui et ici même, sans que cela comblât une réelle lacune de ma culture. »

      Vous ne l’avez pas lu, vous ne savez pas ce qu’elle écrit, mais vous savez que ça ne manque pas à votre culture.

      Merci pour ce post dont nous avons découvert l’existence aujourd’hui et ici même, sans que cela éveillât le moins du monde notre intérêt.

      • Gelone2010
        Gelone2010 répond à Célia
        Sarkophobe
        • Posté à 19h50 le 14/08/2010
        • Internaute 99991
          Sarkophobe

        « Vous ne l’avez pas lu, vous ne savez pas ce qu’elle écrit... »

        Je sais déjà qu’elle a écrit 4’000 livres en 60 ans de carrière, soit deux tous les onze jours et ça ne correspond pas tout à fait à l’idée que je me fais de la production d’un futur prix Nobel. De littérature, donc...

         
        • Errance
          Errance répond à Gelone2010
          écouteur d'histoires
          • Posté à 22h47 le 14/08/2010
          • Internaute 114729
            écouteur d'histoires

          rapport avec Isabel Allende en dehors de votre immense mépris ?

          • Gelone2010
            Gelone2010 répond à Errance
            Sarkophobe
            • Posté à 22h55 le 14/08/2010
            • Internaute 99991
              Sarkophobe

            « rapport avec Isabel Allende en dehors de votre immense mépris ? »

            La déclaration du critique péruvien Gustavo Faveròn Patriau, rapportée par Cristina L’Homme...

            Si vous avez d’autres questions, ne vous gênez pas.

            • Errance
              Errance répond à Gelone2010
              écouteur d'histoires
              • Posté à 23h48 le 14/08/2010
              • Internaute 114729
                écouteur d'histoires

              J’me fous pas mal de l’opinion de haine qu’exprime ce critique en dehors du fait qu’il exprime à merveille la bêtise qui anime ceux chez qui le simple nom d’Allende provoque des crises d’eczema.

              Et donc je vous demandais votre opinion sur les œuvres de Isabel Allende au delà bien sur de son nom. En allant des contes de eva Luna en passant par la maison des esprits ou encore Paula. Pas les divagation d’un crétin qui se croit critique littéraire.

              Je ne suis pas un inconditionnel de Isabel Allende de là à dire que c’est digne de la littérature de gare ou de mac Donald il y a un monde qui s’explique difficilement autrement que par la haine que provoque son nom.

              • Gelone2010
                Gelone2010 répond à Errance
                Sarkophobe
                • Posté à 00h55 le 15/08/2010
                • Internaute 99991
                  Sarkophobe

                « Je ne suis pas un inconditionnel de Isabel Allende de là à dire que c’est digne de la littérature de gare... »

                Mais jamais dit ça. J’ai écrit, c’est copier-coller : « Ajoutons pour faire bon poids que si elle ne s’appelait pas Allende, en Europe, elle ne serait pas plus connue que Corin Tellado, dont j’ai découvert l’existence aujourd’hui et ici même, sans que cela comblât une réelle lacune de ma culture... »

                A quoi quelqu’un a répondu que je n’avais jamais Corin Tellado, ce qui est vrai, puisque je ne la connaissais pas en me levant samedi matin. Pour le reste, je n’ai pas commenté Isabel Allende du tout, puisque je n’ai rien lu d’elle non plus...

                • Errance
                  Errance répond à Gelone2010
                  écouteur d'histoires
                  • Posté à 13h26 le 15/08/2010
                  • Internaute 114729
                    écouteur d'histoires

                  Je vous rappelle que vous affirmez dans votre premier com qu’elle n’est connu que grâce à son nom...

                  • Gelone2010
                    Gelone2010 répond à Errance
                    Sarkophobe
                    • Posté à 14h47 le 15/08/2010
                    • Internaute 99991
                      Sarkophobe

                    Vous connaissiez Corin Tellado, vous ? Non ? Et bien, c’est pareil pour Isabel Allende. Si elle n’avait pas été précédée par la notoriété médiatique de son poivrot d’oncle, elle n’aurait pas plus percé dans les médias que Corin Tellado...

                    • Errance
                      Errance répond à Gelone2010
                      écouteur d'histoires
                      • Posté à 14h53 le 15/08/2010
                      • Internaute 114729
                        écouteur d'histoires

                      C’est vous qui l’affirmez c’est gratuit voir con.
                      Lisez là et revenez nous en parler.

                      Il n’y a que votre haine de ce nom pour affirmer cela rien de plus.

                      Si vous voulez comparer Isabel Allende avec d’autres écrivains évitez de choisir une pondeuse de roman d’amour.

                      • Gelone2010
                        Gelone2010 répond à Errance
                        Sarkophobe
                        • Posté à 15h04 le 15/08/2010
                        • Internaute 99991
                          Sarkophobe

                        « C’est vous qui l’affirmez c’est gratuit voir con. »

                        Ecoutez, je vous propose un deal. Je renonce au « gratuit voire » et vous me lâchez la grappe : o) Ca marche pour vous ?

                        • Errance
                          Errance répond à Gelone2010
                          écouteur d'histoires
                          • Posté à 15h11 le 15/08/2010
                          • Internaute 114729
                            écouteur d'histoires

                          Pourquoi vous lâcherais-je la grappe si vous continuez d’écrire des conneries ?

                          Si vous arrêtez d’écrire n’importe quoi, là pourquoi pas.

                          • fabricker
                            fabricker répond à Errance
                            traducteur, architecte logiciel
                            • Posté à 11h20 le 16/08/2010
                            • Internaute 56472
                              traducteur, architecte logiciel

                            ++

                • fabricker
                  fabricker répond à Gelone2010
                  traducteur, architecte logiciel
                  • Posté à 00h19 le 16/08/2010
                  • Internaute 56472
                    traducteur, architecte logiciel

                  Pour quelqu’un, qui n’a pas lu Allende, vous êtes bien verbeux* avec vos innombrables « commentaires » d’un article concernant Allende.

                  Certes, ce sont souvent les gens, qui ne savent rien, qui parlent beaucoup. On en voit ici une démonstration.

                  À croire, que vous n’avez rien d’autre à foutre en cette fin de semaine.
                  Solitaire ?

                  * et hautain et dédaigneux et, oui, méchant aussi !

              • fabricker
                fabricker répond à Errance
                traducteur, architecte logiciel
                • Posté à 11h23 le 16/08/2010
                • Internaute 56472
                  traducteur, architecte logiciel

                << Je ne suis pas un inconditionnel de Isabel Allende de là à dire que c’est digne de la littérature de gare ou de mac Donald il y a un monde qui s’explique difficilement autrement que par la haine que provoque son nom.>>

                Très bon résumé, que je ne peux que plussoyer. ++

        • Célia
          Célia répond à Gelone2010
          Etudiante
          • Posté à 11h36 le 15/08/2010
          • Internaute 114304
            Etudiante

          4000 livres en 60 ans.

          1) Pour quelqu’un né en 1942 , on peut dire qu’elle a commencé à écrire très jeune.

          2) Auriez-vous la liste des 4000 livres ? Je me demande si vous ne confondez pas livres avec productions littéraires (romans, articles dans des revues, nouvelles...)

          3) Je n’ai pas lu qu’il était question d’un prix Nobel, mais peut-être que cela m’a échappé.

          • Gelone2010
            Gelone2010 répond à Célia
            Sarkophobe
            • Posté à 12h02 le 15/08/2010
            • Internaute 99991
              Sarkophobe

            « 1) Pour quelqu’un né en 1942 , on peut dire qu’elle a commencé à écrire très jeune »

            *mdr* - Elle est née le 25 avril 1927 Viavélez, dans les Asturies, et elle est morte à Gijon, le 11 avril 2009.

            « Auriez-vous la liste des 4000 livres ? »

            Il faudrait voir du côté d’un de ses fans-clubs. Il doit certainement y en avoir un ou plusieurs sur le web.

            « Je n’ai pas lu qu’il était question d’un prix Nobel, mais peut-être que cela m’a échappé. »

            Moi non plus. Je disais simplement que les conditions ne me paraissaient pas remplies. Outre le fait que l’attribution posthume du Nobel de littérature est vraisemblablement proscrite par les statuts de l’institution.

            • Célia
              Célia répond à Gelone2010
              Etudiante
              • Posté à 12h11 le 15/08/2010
              • Internaute 114304
                Etudiante

              « *mdr* “ : sur ce coup là, on est deux. Moi aussi mdr.

              Lien

              • Gelone2010
                Gelone2010 répond à Célia
                Sarkophobe
                • Posté à 12h15 le 15/08/2010
                • Internaute 99991
                  Sarkophobe

                « Lien

                C’est quoi ce lien ?

                • Célia
                  Célia répond à Gelone2010
                  Etudiante
                  • Posté à 12h19 le 15/08/2010
                  • Internaute 114304
                    Etudiante

                  « Isabel Allende

                  Romancière chilienne vivant en exil.

                  Nièce du président Salvador Allende, elle est née en 1942 à Lima au Pérou, où son père était diplomate. Celui-ci disparaîtra alors que Isabel n’a que trois ans. »

                  Mais si ce lien ne vous plait pas, en voilà un autre :

                  Lien

                  • Gelone2010
                    Gelone2010 répond à Célia
                    Sarkophobe
                    • Posté à 12h29 le 15/08/2010
                    • Internaute 99991
                      Sarkophobe

                    « Mais si ce lien ne vous plait pas, en voilà un autre : »

                    C’est-à-dire que je m’en fous d’Isabel Allende... : o(

                    • Célia
                      Célia répond à Gelone2010
                      Etudiante
                      • Posté à 13h15 le 15/08/2010
                      • Internaute 114304
                        Etudiante
                      • Gelone2010
                        Gelone2010 répond à Célia
                        Sarkophobe
                        • Posté à 14h27 le 15/08/2010
                        • Internaute 99991
                          Sarkophobe

                        Dites-moi, vous êtes bien logée... Et connectée à Internet... De quelle heure à quelle heure, sans être indiscret ?

        20 autres commentaires
    • thierry reboud
      • Posté à 13h40 le 15/08/2010
      • Internaute 20923

      Tant qu’à utiliser de l’imparfait du subjonctif, assurez-vous aussi de la concordance des temps. Après un passé composé, un subjonctif présent est amplement suffisant.

      Vous avez décidément l’identité nationale bien approximative.

      • Gelone2010
        Gelone2010 répond à thierry reboud
        Sarkophobe
        • Posté à 14h44 le 15/08/2010
        • Internaute 99991
          Sarkophobe

        P’tain... J’ai « concordé » sur le conditionnel du verbe être...

        Mais vous savez, l’identité nationale n’a rien à voir avec l’orthographe, la grammaire et la syntaxe. Elle est l’apanage de ceux qui appartiennent à la Nation, dans la définition qu’en a donné Ernest Renan, dans un discours célèbre.

         
        • thierry reboud
          • Posté à 14h53 le 15/08/2010
          • Internaute 20923

          Ah, tiens donc... Respecter sa langue devient donc superfétatoire pour les tenants du « génie » français ? Vous m’en direz tant...

          • Gelone2010
            Gelone2010 répond à thierry reboud
            Sarkophobe
            • Posté à 15h02 le 15/08/2010
            • Internaute 99991
              Sarkophobe

            « ... Respecter sa langue devient donc superfétatoire pour les tenants du “génie” français ? Vous m’en direz tant... »

            Au moins, vous aurez appris quelque chose... J’aimerais bien pouvoir en dire autant.

            • Errance
              Errance répond à Gelone2010
              écouteur d'histoires
              • Posté à 15h13 le 15/08/2010
              • Internaute 114729
                écouteur d'histoires

              Il est sûr que quand on refuse d’apprendre on n’apprend rien. Continuez dans cette voie, qui sait vous atteindrez p’tre l’illumination par le vide.

            • thierry reboud
              • Posté à 15h10 le 15/08/2010
              • Internaute 20923

              C’est que je vous trouve bien désinvolte avec l’héritage sacré de nos ancêtres, voyez-vous.

        4 autres commentaires
  • LienRag
    • Posté à 12h18 le 14/08/2010
    • Internaute 34767

    Ne connaissant rien à la littérature chilienne, à part Allende justement - dont j’avais bien apprécié les Contes d’Eva Luna mais sans reconnaître le pays dont il racontait une part de l’histoire - il est difficile de juger à partir du peu d’informations que vous donnez...
    De quels bords politiques sont les différentes personnes dont vous donnez les avis ? Sont-elles connues pour leur objectivité ou au contraire ont-elles donnés des preuves de leur esprit partisan ?
    Dans une société à l’histoire aussi chargée que celle du Chili, on peut supposer que la société, à tous les niveaux, continue à être divisée...

  • noregreb
    noregreb
    instit
    • Posté à 12h21 le 14/08/2010
    • Internaute 69702
      instit

    « Trop divertissante pour être littéraire » : on devrait donc se faire suer à lire pour être sûr de lire de la la « vraie littérature » ? ? ? ! ! !
    Fille du destin , Portrait sépia etc...de grands moments de lecture en ce qui me concerne !

  • Shakana
    Shakana
    (Entre parenthèses)
    • Posté à 14h26 le 14/08/2010
    • Internaute 30512
      (Entre parenthèses)

    Il est important de lire le lien que Cristina donne sur le Lien.
    Je ne l’ai pas vu à la première lecture (j’ai besoin de lire les articles pour lesquels je dépose un commentaire deux fois au moins... Je comprends vite, mais il faut m’expliquer plusieurs fois...) et j’ai dû chercher l’historique de ce Prix et sa chronologie sur le web, pestant contre l’auteure (pardon mille fois !) pour ne pas avoir indiqué un lien sous la rubrique « Ailleurs sur le Web ».

    Il me semble qu’il y a deux polémiques. L’une est la candidature de Isabel Allende au Prix et l’autre le Prix lui même par la composition du jury et son orientation politique possible.

    Ce qui est surprenant, c’est que c’est la candidature et non le choix du jury pour Isabel Allende qui est à l’origine de cette querelle...

    Pablo Neruda aurait-il reçu le Prix, non en 1971, mais après le 11 septembre 1973 (s’il n’était pas décédé) ou avant 1970 ? ... Y a-t-il eu polémique autour de sa candidature ?
    Et son frère ennemi, le turbulent Pablo de Rokha n’a semble-t-il pas déclenché de polémiques équivalentes, étonné lui-même de recevoir ce Prix tardivement, qui lui aurait été attribué, selon ses dires, parce que le jury était convaincu qu’il ne pouvait plus déranger (en 1965 il avait 71 ans et était submergé par la peine et la douleur) ?

    Au sujet du Prix National chilien de littérature, y a-t-il eu d’autres polémiques par le passé ? Par exemple pour contester les nominations d’auteures (Prix « machiste ») ? ou encore de candidats « marqués » politiquement selon l’orientation politique du gouvernement ?

    Merci

    PS : Esta defensa transversal se explica por una gran capacidad diplomática de Allende. El año pasado apoyó abiertamente la candidatura presidencial del candidato oficialista Eduardo Frei. Sin embargo, dedicó palabras de buena crianza a Sebastián Piñera, la carta presidencial opositora y quien a la postre ganaría las elecciones : « Yo tengo fe en que el Gobierno de Piñera va a ser un buen Gobierno », dijo la escritora en la revista Ya en julio del año pasado.
    Lien

    Sans remettre en cause les qualités littéraires d’Isabel Allende, on ne peut pas dire que nous sommes dans la littérature là ! ... Ça ressemble plutôt à des manoeuvres politiques de coup de force, non ?

    La escritora tiene el apoyo de los escritores Marcela Serrano, Roberto Ampuero, Teresa Calderón y Delia Domínguez, Por otro lado, sus seguidores han creado un grupo en Facebook que se acerca a los 3.000 usuarios. La autora de La Casa de los Espíritus cuenta también con el beneplácito de la elite política. Parlamentarios de todos los espectros ideológicos le han dado su apoyo.

    • Cristina L’Homme
      Cristina L’Homme répond à Shakana
      Journaliste
      • Posté à 15h54 le 14/08/2010
      • Journaliste 107052
        Journaliste

      C’est exactement cela : la candidature d’Isabel Allende soulève une double polémique, littéraire et politique. Tous les critiques et écrivains qui ne veulent pas qu’elle reçoive le prix (ils sont de tous les bords politiques), considèrent, que sa « qualité littéraire » n’est pas suffisante. Ce qui choque c’est la manière dont ils le disent (vulgarité, méchanceté gratuite) sans tenir compte de la reconnaissance littéraire internationale. La littérature chilienne se place-t-elle au-dessus du niveau international ?

      Le deuxième volet de la critique est politique : en étant pro-Frei et en ayant « confiance » en Piñera, elle se situe dans une espèce de « neutralité » politique qui caractérise une grande frange la population chilienne aujourd’hui, plutôt de gauche mais extrêmement déçue par la Concertation. Mais elle s’appelle Allende et ça... c’est pas neutre du tout.

      Et pour répondre à la question sur le machisme : étant donné qu’il s’agit d’un prix qui signifie un « salaire à vie », pour des personnes qui ont souvent du mal à joindre les deux bouts... il est effectivement donné en préférence aux hommes. Un homme qui ne gagne pas sa vie, c’est très mal perçu socialement au Chili (et ailleurs...), une femme c’est toléré. Si, si, on en est encore là... Personnellement, je ne trouve pas cela « normal » du tout. Mais c’est ainsi. Une année, un couple d’écrivains avait posé sa candidature, et ils étaient touts les deux aussi « méritoires », mais c’est à LUI que le Prix a été remis.
      Polémique, les Prix le sont toujours. Les critiques se déchaînent, les collègues aussi. Culturellement, on n’appelle pas cela de l’amertume ou de l’envie ici...

      • mick69
        • Posté à 20h24 le 14/08/2010
        • Internaute 2907

        Et quelle est votre opinion littéraire sur les romans d’Isabel Allende ? (je pose la question sans a priori)

  • julienE
    julienE
    producteur
    • Posté à 15h08 le 14/08/2010
    • Internaute 116770
      producteur

    Quoiqu’en pensent les jaloux de la « SECH », Isabel Allende est devenue un écrivain de renommée internationale avec d’excellents romans comme « Eva Luna », « la Hija de la Fortuna », Ines del alma mia » et dernièrement « la isla bajo el mar » roman prémonitoire sorti juste avant le tremblement de terre d’Haïti. Elle mérite le Prix littéraire.

  • lancetre
    • Posté à 16h11 le 14/08/2010
    • Internaute 18658

    Le plus étonnant, c’est qu’elle ait, semble-t-il, fait acte de candidature.

    Si je comprends bien : c’est elle qui le demande ?

    Dans l’article en espagnol que vous ajoutez sous le lien « candidature », on trouve le verbe « busca » (du verbe « chercher », pour les non-hispanisants), qui parait confirmer la chose.

    Mais pourquoi donc ? Elle n’a besoin ni de gloire, ni d’argent ?

    Par ailleurs, je ne crois pas qu’on soit, en france « candidat » à un prix littéraire.

    C’est le jury qui choisit.

    Ce ne sont pas les auteurs qui s’inscrivent.

    Seul le promeneur de chien Houellebecq feint de ne pas l’avoir compris.

    • Cristina L’Homme
      Cristina L’Homme répond à lancetre
      Journaliste
      • Posté à 18h20 le 14/08/2010
      • Journaliste 107052
        Journaliste

      En effet, elle a posé candidature. Il faut dire que le jury ne comprend pas uniquement des personnalités capables de reconnaître la bonne littérature... je ne suis pas sûre que le ministre de l’Education chilien, quel qu’il soit (l’actuel comme les passés) possède, dans son CV, une mention : spécialiste en littérature. Et pourtant, c’est lui qui tranche ! C’est donc un prix qui n’a rien à voir avec les prix français. Où le monde des lettres juge l’un des siens en quelque sorte.

      Je ne suis pas dans la tête d’ISabel Allende, et ne peux donc pas répondre à sa place, mais j’ai entendu à la radio qu’elle disait que c’était avant tout un défi personnel, pour faire bouger le carcan machiste de ce Prix littéraire chilien. Si elle l’obtient, c’est bien, si elle ne l’obtient pas c’est bien aussi, disait-elle.Il ne faut pas oublier qu’elle est chilienne... il y a un dicton en français qui dit que « nul n’est prophète dans son pas ». C’est toujours vexant, et eut-être même blessant, que le monde des écrivains vous méprise ouvertement chez vous... mais ça, c’est juste mon opinion. Pas la sienne.

      • Boutauvent
        Boutauvent répond à Cristina L’Homme
        Testeur de temps libre
        • Posté à 16h34 le 15/08/2010
        • Internaute 45018
          Testeur de temps libre

        Pour autant que je sache, ce prix n’est pas « un prix littéraire » au sens propre, mais plutôt une sorte de « bourse » qui assure à un auteur une rente mensuelle afin qu’il continue à travailler à l’enrichissement de la littérature du pays, après qu’un comité a jugé qu’il en avait le talent et le désir.
        Ce serait plus un encouragement qu’une reconnaissance...
        Je me garderai bien d’émettre la moindre critique sur l’œuvre de Isabel Allende (et des autres concurrents) du fait que ma maîtrise de la langue (je n’ai pas lu les V.O) est largement insuffisante pour me conférer cette capacité, mais j’ai lu dans la presse Chilienne qu’il lui était surtout reproché de postuler pour cette « bourse » -dont elle n’aurait aucun besoin du fait de ses revenus réputés confortables- en se servant de sa notoriété, de son entregent, et alors que ses textes ne présenteraient pas les exigences de qualité littéraire requises.
        Certains l’ont affirmé de façon peu aimable, ainsi que nous le rappelle cet article ; mais on a souvent entendu ce genre de propos dans « Le masque et la plume » sans qu’on en fasse une montagne !

  • Go to the page
  • 1
  • 2
Retour sur Rue89

Note Les notes de blogs ne sont pas toutes mises en forme par l'équipe de Rue89 contrairement aux articles du site.