Alma Latina

Dans son blog Alma latina, Cristina L'Homme vous donne rendez-vous avec des Latino-Américains, écrivains, poètes, universitaires, journalistes, économistes, chercheurs, anthropologues, sismologues… qui vous raconteront leur continent. Indianité, migrations économiques, procès contre les dictatures, la propriété de l’eau, tremblements de terre…

Chili : soulagement après les preuves de vie des 33 mineurs

Cristina L’Homme
Journaliste
Publié le 23/08/2010 à 17h55

Ils sont en vie ! Les 33 mineurs coincés à 700 mètres de profondeur dans le ventre de la mine de San José (de l’entreprise minière San Esteban), ont donné signe de vie après dix-sept jours d’attente.

L’un des tubes de forage est sorti dimanche après-midi marqué de feutre rouge. Et deux lettres enveloppées dans un sac en plastique (à cause de l’humidité) et attachées à l’extrême bout du marteau ont pu être dépliées et lues. « Nous sommes bien dans le refuge, les 33 », disait le premier bout de papier moite. Le deuxième est une lettre de l’un des mineurs, le plus âgé, à sa femme et sa famille.

J’ai rarement vu une telle liesse un dimanche après-midi à Santiago du chili. Les voitures klaxonnent, des drapeaux chiliens flottent partout, les cyclistes arrêtent des automobilistes pour transmettre la nouvelle : « Vous le saviez ? Les 33 mineurs sont vivants ! » La radio crie la nouvelle, la télévision aussi. Une manifestation s’organise place d’Italie.

Un nouveau tube est introduit dans le forage, avec une minuscule caméra au bout. On voit passer la terre, la pierre grise, puis tout à coup, deux yeux. Oui, ils sont bien vivants. (Voir la vidéo en espagnol)

Depuis dix-sept jours, le pays tout entier vivait accroché à l’image de la mine, un peu comme la France à l’époque des otages du Liban. A la une de tous les journaux écrits ou télévisés et dans toutes les conversations : les 33 mineurs, tout le monde s’imaginant à leur place : ont-ils trouvé un endroit en sécurité et ont-ils assez d’oxygène ? Ou sont-ils morts écrasés par le mur de pierre ?

Les experts s’expriment, les chiffres sont balancés comme des bombes : combien de temps tient un homme sans manger et sans boire dans un milieu à la fois chaud et humide ?

Si le pays est soulagé, les mineurs ne sont pas sur le point de pouvoir sortir : pour l’instant, il s’agit d’équiper le puits afin de faire passer des aliments, de l’eau et des médicaments.

Ensuite, il faudra commencer un autre forage pour faire un trou vertical d’environ 66 cm de diamètre et faire passer les mineurs un par un dans une cage. Ce qui risque de prendre encore trois ou quatre mois, d’après André Sougarret, l’ingénieur spécialisé en forage à Codelco, responsable des opérations de sauvetage.

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  • spidermoon
    spidermoon
    célibataire endurci
    • Posté à 18h14 le 23/08/2010
    • Internaute 42835
      célibataire endurci

    Bientôt sur vos écran, la prochaine émission de télé-réalité. On vous enferme 700m sous terre, dans un refuge exiguë, on vous alimente avec une sonde, le dernier qui sort à gagné. On la verra où en premier ? TF1 ou M6 ?

  • Errance
    Errance
    écouteur d'histoires
    • Posté à 18h15 le 23/08/2010
    • Internaute 114729
      écouteur d'histoires

    C’est totalement sidérant qu’ils soient vivant

    3, 4 mois ! ! Tu sais la taille du refuge, de l’espace qu’ils ont pour vivre à 33 ?

  • mick69
    • Posté à 19h00 le 23/08/2010
    • Internaute 2907

    ne boudons pas les bonnes nouvelles

  • Maxmaxence
    Maxmaxence
    Etudiant
    • Posté à 20h29 le 23/08/2010
    • Internaute 120649
      Etudiant

    Sans parler du système d’évacuation des sanitaires...

    • Cristina L’Homme
      Cristina L’Homme répond à Maxmaxence
      Journaliste
      • Posté à 03h29 le 24/08/2010
      • Journaliste 107052
        Journaliste

      A mon avis, ça va être un vrai problème, car s’ils doivent attendre 3-4 mois... Jusqu’ici, ils ne mangeaient pas, donc les excréments devaient être rares. Maintenant, ils vont être alimentés... Il faut surtout qu’ils tiennent le coup psychologiquement. Ce que disent les experts, c’est qu’il faut faire comme si la « faena », l’opération minière, se poursuivait. Ce sont des hommes habitués à la mine, donc si on les met en situation de faena, ils devraient pouvoir supporter davantage que s’ils sont dans l’attente.
      C’est un cas d’école. Mais surtout, ces 33 hommes inspirent un profond respect.

  • BertrandBertranD
    BertrandBertranD
    (voyageur)
    • Posté à 21h08 le 23/08/2010
    • Internaute 50003
      (voyageur)

    Ce sont des mineurs professionnels, habitués à passer plusieurs jours sous terre et à travailler dans des conditions qu’il n’est pas nécessaire de rappeler.
    Ils semblent avoir eu les bons réflexe tout de suite et sans doute que le bruits des nombreux sondages effectués les auront aidé à patienter.
    Ils savent aussi que leur « libération » prendra du temps.
    La télévision chilienne TVN parlait hier de « miracle du bicentenaire » (ils fêteront en septembre le bicentenaire du Chili), et le nouveau président Sebastian Piñera a su tout de suite bien utiliser cette extraordinaire nouvelle pour sa propre image.
    Mais cet accident a révélé les grands retards de la politique sociale du Chili où des mines font travailler des hommes sans assurances, sans couverture santé, etc.
    Le Chili possède une très grande culture minière, mais un grand retard sur les conditions de travail et la couverture sociale de la plupart de ses mineurs. Jusqu’à quand ?

    • Cristina L’Homme
      Cristina L’Homme répond à BertrandBertranD
      Journaliste
      • Posté à 23h33 le 23/08/2010
      • Journaliste 107052
        Journaliste

      J’ai posé la question de la sécurité à un monsieur qui est directeur du centro de minería de la Universidad católica de Chile. Un spécialiste. Voici ce qu’il dit de la sécurité dans les mines chiliennes.

      Lien

    • Yvon le Zébulon
      Yvon le Zébulon répond à BertrandBertranD
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
      • Posté à 12h14 le 24/08/2010
      • Internaute 65781
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

      « Ils savent aussi que leur “libération” prendra du temps ».

      Certes, mais ce « temps », ils l’évaluent plutôt à 5, 6, 15 jours maxi, car je ne sais même pas s’il sera bon de leur annoncer qu’ils sont coincés sous terre (sans logistique) pendant trois ou 4 mois...
      ...voire plus, car en général, les annonces sont toujours très optimistes.

      La première des urgences est de ventiler le site et de l’éclairer.
      Pour le reste, nous ne sauront que plus tard ce qu’un homme est capable de supporter, car je me doute que ceux qui ne pêtent pas les plombs sous terre, seront extrêmement traumatisés à la sortie.
      ...suffisemment en tout cas pour ne plus être apte au travail ! (dans une mine)

  • Raphaelle-B
    Raphaelle-B
    Community manager
    • Posté à 09h54 le 24/08/2010
    • Internaute 120717
      Community manager

    Comment pourront-ils tenir encore 3/4 mois, ça semble une éternité !

    • Yvon le Zébulon
      Yvon le Zébulon répond à Raphaelle-B
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
      • Posté à 12h25 le 24/08/2010
      • Internaute 65781
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

      Le problème n’est pas d’être naufragé, car c’est le mot qui convient. Le vrai problème est l’affaiblissement des organismes, même s’ils sont alimentés, à cause de la privation totale d’UV.

      Ne pas voir le soleil, les sous-mariniers connaissent, mais eux au moins ont une formation et un logistique qui prévoit d’ailleurs des source soleil artificiel (UV) qui compensent les carences.
      - Même le système cellulaire osseux va se détériorer et se disloquer.

      Les hommes sont comme les plantes, même sans être des légumes.
      Pas de soleil, pas de vie. pas de régénération cellulaire non plus.

      Un drame humain, dans toute l’acception du terme !

      • Raphaelle-B
        Raphaelle-B répond à Yvon le Zébulon
        Community manager
        • Posté à 12h28 le 24/08/2010
        • Internaute 120717
          Community manager

        Ils vont donc mourir d’une mort lente et viscieuse pendant les prochaines semaines .... et dire que tout le monde se réjouit qu’ils soient vivants

         
        • Yvon le Zébulon
          Yvon le Zébulon répond à Raphaelle-B
          L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
          • Posté à 12h31 le 24/08/2010
          • Internaute 65781
            L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

          Ton pronostic est triste, mais j’ai bien peur que tu aies raison !
          (Il ne sont que 33, mais la folie les touchera aussi peu à peu)

        1 autres commentaires
      • Cristina L’Homme
        Cristina L’Homme répond à Yvon le Zébulon
        Journaliste
        • Posté à 15h21 le 24/08/2010
        • Journaliste 107052
          Journaliste

        Bonjour,
        juste pour vous apporter des infos supplémentaires : ils ont apporté une machine, la plus puissante qui existe dans le pays, qui avancerait entre 15 et 20 m par jour. Etant donné qu’ils sont à 688 m sous terre, en calculant, ça fait un peu plus d’un mois et pas 3 ou 4. Mais la mine est très fragile, et il n’y a pas eu qu’un seul éboulement. A mon avis, l’annonce de 3-4 mois, c’est pour estimer « au pire ». Les deux mineurs australiens, à qui c’est arrivé aussi, disent que leur force, c’est d’être aussi nombreux. Parce qu’ils se connaissent et qu’ils peuvent se soutenir. Maintenant ils peuvent communiquer avec la surface de la terre, ça aussi ça joue.
        Une foule de psychologues, nutritionnistes et autres médecins spécialisés sont sur place. Les familles se relayent. Même la Nasa leur apporterait des conseils. Visiblement, ils ont aussi des conseils de sous-mariniers... espérons que tous ces conseils les fassent tenir. Et qu’il existe des moyens de renforcer le système osseux, même à 688 m sous terre.

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 12h06 le 24/08/2010
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    Soulagement ?

    Certes, ils sont vivants et en bonne santé apparente, mais tiendront-ils le coup, lorsqu’on sait (mais pas eux) qu’il faudra peut-être trois ou quatre mois pour les sortir de leur enfer.

    Une expérience ouvrière grandeur réelle, qui permettra au patronats de tous les pays du monde, de savoir (à leur sortie) combien de main d’oeuvre ouvrière ils pourront trimbaler sur la lune pour exploiter je ne sais ce qu’ils ont dans la tête.

    Comme des sous-mariniers en temps de guerre, (mais hélas avec la logistique en moins) ils sont condamnés à tenir, dans une situation d’enterrés vivants, s’ils veulent survivre....et tenus de s’entendre !
    (Le plus difficile sera de faire en sorte que la folie ne les gagne pas)

    Je n’aimerais pas être à leur place ou à la place de leurs proches.

  • Sybylle
    Sybylle
    Autodidacte multilingue
    • Posté à 13h52 le 24/08/2010
    • Internaute 117442
      Autodidacte multilingue

    3-4 mois ! C’est digne d’un entrainement pour le voyage vers Mars, même si en l’occurence c’est plus « Voyage au centre de la Terre »...

  • Pierrrrre
    Pierrrrre
    → → → → → → → le marché autant (...)
    • Posté à 15h45 le 24/08/2010
    • Internaute 23078
      → → → → → → → le marché autant (...)

    ► Faudrait demander aux chinois, de creuser un trou de l’autre coté..
    suis sur qu’ils arriveraient avant.

  • zzzut
    zzzut
    étudiant
    • Posté à 16h23 le 24/08/2010
    • Internaute 78406
      étudiant

    je regrette un peu qu’on s’en tienne vraiment exclusivement au sensationnel dans cet histoire. j’aimerais en savoir plus sur l’endroit où ils sont (pouvoir respirer à 33 sous terre pendant 3 mois, ça veut dire qu’il y a de la place, une aération, ...) et sur la logistique qui va se mettre en place pour assurer leur survie (évacuation des excréments, soutient psy, médicalisation). j’imagine que si on prévoit de les sortir de là, c’est que c’est faisable mais avec les mêmes pauvres renseignements qu’on lit partout, ça semble pourtant totalement inimaginable.
    bref, apprenez-nous quelque chose, svp.

  • JOE le Joe
    JOE le Joe
    Stagiaire
    • Posté à 16h36 le 24/08/2010
    • Internaute 123232
      Stagiaire

    Je me suis renseigner et il semble que ce soit dans un sas de survie qu’ils se sont réunis, c’est d’ailleurs pour cela qu’il peuvent encore respirer... donc si ce sas fut bien construit il doit avoir un peu de logistique quand meme ( il devait par exemple au moins avoir de l’eua car sinon il serait tous déja mort). 3 à 4 mois ils peuvent tenir surtout si ils ont les familles qui les soutiennent. De plus ils sont 33 donc vont pouvoir se soutenir jouer au carte ( ils vont iben pouvoir en faire passer dans les tuyaux !) etc... faire passer le temps quoi !
    Confiance, la nature humaine est surprenante !

  • Cristina L’Homme
    Cristina L’Homme
    Journaliste
    • Posté à 17h26 le 24/08/2010
    • Journaliste 107052
      Journaliste

    Quelques infos supplémentaires que l’on arrive à glaner maintenant : ils avaient rationné des aliments de survie qu’ils avaient trouvé dans le « refuge » (dont les conditions de ventilation ne sont pas des meilleures, d’après leurs dires et qui mesure 10m sur 4m), même s’il est sûr en cas d’éboulement. Ils mangeaient toutes les 48 heures : la moitié d’un gâteau sec, deux cuillerées de jurel (poisson de type thon en conserve), un demi-verre de lait, un peu de pèche en conserve et de l’eau dans un bidon qui en contenait 65 litres.
    Ils se trouvent dans une galerie près du refuge, qui mesure deux kilomètres de long. Ce qui leur permet de se déplacer.
    Ils auraient choisi un lieu éloigné dans un tunnel, pour faire leurs besoins.

  • Cristina L’Homme
    Cristina L’Homme
    Journaliste
    • Posté à 17h26 le 24/08/2010
    • Journaliste 107052
      Journaliste

    Quelques infos supplémentaires que l’on arrive à glaner maintenant : ils avaient rationné des aliments de survie qu’ils avaient trouvé dans le « refuge » (dont les conditions de ventilation ne sont pas des meilleures, d’après leurs dires et qui mesure 10m sur 4m), même s’il est sûr en cas d’éboulement. Ils mangeaient toutes les 48 heures : la moitié d’un gâteau sec, deux cuillerées de jurel (poisson de type thon en conserve), un demi-verre de lait, un peu de pèche en conserve et de l’eau dans un bidon qui en contenait 65 litres.
    Ils se trouvent dans une galerie près du refuge, qui mesure deux kilomètres de long. Ce qui leur permet de se déplacer.
    Ils auraient choisi un lieu éloigné dans un tunnel, pour faire leurs besoins.

  • BertrandBertranD
    BertrandBertranD
    (voyageur)
    • Posté à 17h50 le 24/08/2010
    • Internaute 50003
      (voyageur)

    Un point important.
    Une des première assistance a concerné la soif.
    Mais tr`s vite ils ont envoyé un questionnaire santé pour connaître l’état de chacun des 33 mineurs (santé physique, problèmes et douleurs éventuelles, antécédents et aussi santé mentale).
    Ils sont 33, c’est un atout et parmi eux, de vrais expérimentés.
    Le seul point d’interrogation réside dans la technicité et la faisabilité de forer un diamètre de 65 cms aussi profond, sachant que cela n’a jamais été fait pour sauver des hommes et seulement dans le forage pétrolifère...
    J’aime bien le terme der « naufragés », car c’est à peu près ca.
    En même temps, on pense aussi à la prison ou au bagne.
    L’enfermenent avec de rares contacts extérieurs...
    A suivre donc...

  • jrh
    jrh
    patagon
    • Posté à 05h28 le 25/08/2010
    • Internaute 51524
      patagon

    Les mineurs se trouvent dans une galerie a 700 metres de profondeur, en fait cette galerie est relativement grande ils ont pres de 2 km pour ce deplacer, pour avoir une idee de la taille du lieux il faut savoir qu’ il s’ y trouve en ce moment 2 camionettes y un camion d’ ou ils ont put se procurer l’ energie electrique a fin de pouvoir quelque chose.

    En ce qui concerne les 3 a 4 mois pour pouvoir les voir sortir, il faut savoir que l’ outil qui doit faire ce travail vient tout juste d’ arriver sur place. Il a fallu plusieurs camions pour amener tout l’ equipement qui pése quelques 40 tonnes. Pour commencer il faudra construire une dale de beton de 6 x 6 m par 0,60 cm de hauteur, ont peu donc penser que cette construction plus le temps de sechage va bien prendre plusieurs jours. Une fois la « bete » instaler sur son socle de beton, celle ci devra mettre, selon l’ entreprise qui se charge de cette mission, 114 jours pour arrivée dans la galerie. Sachant que la cheminée ne fera que 66 cm de diametre ont comprendra facilement que cela ne sera pas sufisant pour faire passer une nacelle, (Mesurez la largeur de vos epaules et faites vos propres conclusions) il faudra donc elargir le diametre de la cheminée avec une autre machine ce qui prendra encore x jours et puis pour assurer le tour il faudra consolider les contreforts de l’ excavation.... et on pourra esperer voir les 33 mineurs (32 chiliens et un bolivien) sortir a un a un de cette enfer pour Noel ! ! ! ...

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