Alma Latina

Dans son blog Alma latina, Cristina L'Homme vous donne rendez-vous avec des Latino-Américains, écrivains, poètes, universitaires, journalistes, économistes, chercheurs, anthropologues, sismologues… qui vous raconteront leur continent. Indianité, migrations économiques, procès contre les dictatures, la propriété de l’eau, tremblements de terre…

Mineurs chiliens : après le show médiatique, les comptes ?

Cristina L’Homme
Journaliste
Publié le 24/10/2010 à 14h16

« Que sais-tu de la cordillère, dit la chanson... toi qui es né si loin. Il faut connaître la pierre qui couronne les glaciers, et parcourir, muet, les chemins du silence. » La voix du chanteur sur la place de Copiapó, rassemble les passants. Des passants qui ont les yeux injectés de sang, rouges, la peau tannée, les rides profondes. Des mineurs. Ils viennent tout juste de manifester.

La presse du monde entier est là, dans la ville ou sur les chemins qui mènent à la mine San José, mais elle ne s’intéresse pas à eux. Eux qui crient à l’injustice, parce qu’ils demandent que l’entreprise minière San Esteban (celle qui possède la mine San José) leur paye le salaire du mois de septembre et qu’elle leur remette leur solde de tout compte pour pouvoir, enfin, chercher du travail ailleurs.

Les journalistes passent devant sans poser de question

Le show est ailleurs. Les propriétaires de San Esteban le savent et en profitent ; ils disent être des « victimes », et expliquent à qui veut les entendre qu’ils vont devoir fermer boutique, se mettre en faillite. Manque de bol, un technicien qui a travaillé plus de deux mois autour des machines de sondage qui se sont affairées nuit et jour pour faire sortir les 33 mineurs, a lâché l’information à la presse locale : les forages ont mis à jour de nouvelles veines de la mine San José. D’or et de cuivre.

Les « dueños de la mina », (les patrons de la mine) de San Esteban ne pourront plus parler de faillite. Il va falloir payer. Et payer cher. Les familles des 33 mineurs se sont regroupées, elles ont pris un avocat.

Le tableau semble sorti du Moyen-Age

Les méchants proprios qui exploitent les mineurs, se remplissent les poches et se fichent des conditions de sécurité. Un cliché ? Ailleurs, on pourrait le dire, oui. Mais pour le Chili du XXIe siècle, qui connaît bien les conditions de travail des mines de petite et de moyenne taille, dans ce secteur qui lui rapporte la majeure partie de ses devises, c’est une réalité.

Pourtant, dans la même région, d’autres propriétaires, aussi puissants et argentés que ceux de San Esteban, comme Leonardo Farkas, adulé par les mineurs, donnent généreusement aux plus démunis. « Pour se faire voir », diront ses détracteurs. N’empêche. Farkas que les pauvres du Chili regardent comme un Robin des Bois, donne, et n’arrête pas de donner. Lui aussi a été mineur et fils de mineur. Et son discours pourrait être le suivant : « Moi je donne et je suis encore très riche. Si les autres propriétaires des mines faisaient la même chose, on pourrait combattre la pauvreté. »

Ça y est, ils sont sortis !

Le président chilien Sebastián Piñera a tiré tous les bénéfices du spectacle, les sondages ont grimpé à toute volée. Il aura été « le premier » à leur parler devant les caméras, « le premier » à leur donner l’accolade, « le premier » à leur présenter sa femme... tout comme les grandes marques internationales ont voulu être « les premières » à leur avoir envoyé du shampoing, de la mousse à raser, des baskets... et les journalistes « les premiers » à recueillir le premier baiser, la première sortie dans la rue, le premier verre de vin, le premier réveil...

Mais demain ? Demain ils seront aussi les premiers à les oublier. Comme on a oublié les 23 autres mineurs, morts et officiellement enregistrés (sans compter les autres qui n’auront pas été déclarés) dans les mines chiliennes en 2009.

Qu’en pensent « los 33 » ?

Les 33 mineurs attrapés depuis le 5 août après un éboulement d’une masse pesant environ 700 000 tonnes, n’en attendaient pas tant. Eux, ce dont ils rêvaient, c’était d’abord qu’on les trouve, puis qu’on les sorte vivants de l’enfer. Ils ont résisté, ils ont tenu le coup. Et leur arrivée, après ce long tunnel-cordon-ombilical qui les reliait à la lumière de cette nuit du 13 octobre, est un véritable hommage à la vie. Un hommage qu’ils ont (et nous avec eux, en direct), vécu avec les tripes. Et ce malgré le spectacle, le show et tout le reste.

Aujourd’hui, la fête les prend, ne les laisse pas s’échapper, mais au fond d’eux, quelque chose semble éteint. Ça se voit, ça se palpe. Il suffit de les regarder quand la caméra s’écarte. Les yeux qui se perdent dans le vide. Le rictus, le sourire forcé.

Quelques mineurs ont compris que les médias en soif de stars, leurs jetaient des paillettes, et qu’il faut en profiter tant que ça dure. La plupart ont saisi qu’ils pouvaient monnayer leur histoire à coups de millions pour s’assurer un avenir moins sombre que celui d’un simple mineur. Et qui songerait à s’en offusquer, après deux mois d’un cirque qui a rapporté des milliards à toutes les entreprises qui ont su en profiter...

D’autres s’enferment derrière des lunettes sombres, se protègent. Mais ça, il n’y a que les très proches parents qui le voient. Le cauchemar des 33 mineurs n’est pas vraiment terminé. A partir de maintenant, un autre cauchemar commence, celui qui consiste à faire face aux images du fond qui reviendront toujours, d’intégrer ce vécu pour qu’il ne les submerge pas, qu’il ne les empêche pas de vivre.

La fascination du monde entier peut facilement se
comprendre : l’événement fait appel à notre inconscient collectif, à la
peur de mourir étouffé, à l’angoisse du noir, de se trouver dans les
profondeurs de la Terre, au milieu de nulle part, entre roc et pierre,
seul. L’angoisse prend à la gorge parce qu’on s’identifie à l’être,
enfermé, à 700 m sous terre. Et ce n’est pas qu’un chiffre 700 m. Il
suffit de regarder par le hublot de l’avion, quand il décolle, pour
s’apercevoir qu’à cette hauteur-là, l’être humain est plus petit qu’un
petit point. Et d’imaginer l’inverse : être dans un lieu obscur, fermé,
et regarder vers le haut sans voir la lumière...

En marge du « spectacle », le quotidien du monde des mines

Je viens de passer du temps à Copiapó. Mais je suis partie quand la horde des journalistes est arrivée (2 000 à 2 500 personnes semble-t-il), trois jours avant le sauvetage. Et ce qui m’a frappé, c’est le drame humain du monde des mineurs qui s’y déroulait, en marge du show médiatique.

L’histoire des mineurs, c’est leur difficile accès à l’éducation, ce qu’ils transmettent à leurs enfants, la fierté d’être mineur, la réputation d’aimer profiter de la « belle vie », de boire, de tout dépenser le 15 du mois, dans les bars et chez les filles... Cette histoire, est celle de familles pauvres pour la plupart, dont les hommes s’engouffrent dans les mines et y retournent toujours, malgré les accidents, malgré la peur. C’est l’histoire d’hommes qui se taisent quand il y a un accident, de peur de perdre leur emploi et ne plus pouvoir nourrir leur famille.

Même si le mineur y gagne en moyenne plus que dans d’autres métiers (surtout s’il a reçu une formation et encore plus s’il est ingénieur), le monde des mineurs n’a rien d’enviable. Plusieurs femmes m’en ont parlé, qui appartiennent à des milieux sociaux très différents. Leur témoignage est aujourd’hui écrit noir sur blanc. Un moyen de rendre hommage à leur dignité, à cette force qu’elles ont affiché depuis le début et jusqu’à la fin. Pour elles, ce drame n’était pas un spectacle : elles étaient là parce qu’il y avait, sous terre, un mari, un père, un frère.

Le manque de sécurité n’est pas un problème nouveau

Le Chili, pays à tradition minière, le premier producteur de cuivre (une production qui représente un tiers de l’offre mondiale), ne découvre pas le problème de sécurité. Il le connaît depuis des siècles.

Il est absolument inconcevable que des institutions de l’Etat chilien puissent tenir le discours du « je ne savais pas », et encore moins du « nous sommes responsables mais pas coupables ». C’est pourtant ce qu’elles font en se renvoyant la balle : les uns auraient reçu des pressions ou disent avoir signé mais sans envie malgré des rapports alarmistes depuis 2001, les autres se réfugient derrière la question du chômage.

Parce qu’il ne faut pas oublier qu’elle s’était exprimée, la mine, elle avait prévenu : « Elle grinçait », disent les mineurs. « Elle était mauvaise, méchante. »

L’Etat n’a pas fait de cadeau, mais son devoir

Ne nous leurrons pas. Le Chili n’a pas fait de cadeau aux mineurs. Il a fait son devoir, n’ayant jamais assuré son rôle de contrôle de la sécurité d’un certain secteur minier (de petite et moyenne taille). Fermant les yeux sur tous les abus. Aujourd’hui, les 33 et leur joie d’être vivants et hors des entrailles de la Terre, cachent la réalité de leur monde, celui que dénoncent les manifestants sur la place de Copiapó.

Il suffit de se tourner vers un passé, pas si lointain, et se remémorer le 21 décembre 1907 : ce jour-là, l’armée tirait sur plus de 14 000 mineurs boliviens, chiliens et péruviens, manifestant dans le port d’Iquique pour dénoncer les conditions inhumaines de travail et les salaires ridicules. 2200 à 3600 personnes, femmes et enfants y ont laissé leur vie.

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  • Errance
    Errance
    écouteur d'histoires
    • Posté à 15h41 le 24/10/2010
    • Internaute 114729
      écouteur d'histoires

    Merci Cristina,

    La visite de Humberstone reste un moment extrêmement fort. Comment pouvait-on vivre dans cet enfer. j’y pense parce que tu cites le massacre de santa Maria d’Iquique. En fait non j’y pense presque tous les jours, entre fascination et écœurement.

    Le texte de Neruda sur la pampa du Salpêtre est aussi un truc très fort. (Lien)

    Lien

    Lien

    J’aime la colère et l’affection pour les mineurs qui ressortent de ton texte.

    Et bien sur je pense à Potosi, mais aussi à ces ouvriers qui exploitent le sel d’Uyuni, mais aussi à cette colonne vertébrale de l’exploitation qu’ont été les chemins de fer britanniques qui de port en mine ont organisés l’hémorragie de matière première qui de Valparaiso à Buenos Aires ont rendu l’Amérique Latine si exsangue.

    En Chine c’est presque tous les jours que ce genre de drames de produits.

    Je me demandais, comment réagissent les mines et les mineurs quand se produit un fort tremblement de terre. Ce doit être terrible d’être dans ses entrailles quand la terre est prise de convulsion !

  • Tristian
    Tristian
    moi-même
    • Posté à 16h11 le 24/10/2010
    • Internaute 121503
      moi-même

    Merci beaucoup pour cet article.

    Carlos Mamani, le seul étranger, sur les 33, qui devrait recevoir un très bon travail et un logement, en Bolivie, est, effectivement, retourné au Chili, pour porter plainte, au côté de ceux qui l’ont traité comme leur fils, contre les propriétaires de la mine.

    On verra, avec le temps, ce qui restera de cette histoire.

    Bien sûre que le gouvernement de Piñera n’a pas fait de cadeau aux mineurs. Mais, au moins, il a fait son devoir, et rien que pour ca, il mérite les remerciements qu’il a recu.

    On verra ce qu’il fera des bénéfices d’image qu’il va en tirer.

    Mais bon, qui, de gauche comme de droite, n’aurait pas profiter la même chose d’une tragédie du genre, qui arrive, en plus, à finir en happy end ? Surtout que c’est l’état qui a payé.

    • Cristina L’Homme
      Cristina L’Homme répond à Tristian
      Journaliste
      • Posté à 01h54 le 25/10/2010
      • Journaliste 107052
        Journaliste

      Vous avez raison : on verra avec le temps... si les conditions laborales et de sécurité des mineurs dans les chantiers de petite et moyenne taille vont changer. Les promesses c’est une chose, la réalité souvent une autre. Il faut espérer que ça change.

      L’une des femmes que j’ai côtoyé longuement, là-haut, me disait ce que vous dites (sur le fait que de gauche comme de droite tout le monde en aurait profité de la même manière).
      Elle rajoutait aussi quelque chose d’intéressant, que je vous livre : « l’Etat a réagi, heureusement, car sinon, on n’en serait pas là. On n’aurait pas toutes ces machines qui arrivent du monde entier. Ils seraient sans doute tous morts. Et si le show a lieu, moi ça ne m’intéresse pas. Ce que je veux, c’est que mon père sorte de là, et vite. Les propriétaires, eux, auraient certainement étouffé l’affaire, si la presse n’avait pas été là. Piñera et à la fin, Evo Morales aussi, sont venus, ont promis, ont embrassé, se sont montrés émus, je les crois. Mais là où Piñera est allé trop loin, c’est quand il a montré son enfant, au mineur qui est devenu papa en étant à 700 m sous terre, et qui s’attendait sans doute à voir sa femme, sur l’écran, et non le président lui présenter LEUR petite fille “Esperanza”.

      Ce geste a été très critiqué, ici au Chili. Et pas seulement par les opposants au président. Il y a des moments qui appartiennent à l’intimité d’un couple. Même un président peut et doit comprendre cela.
      CL

      • Amarouayache Zaky
        • Posté à 06h03 le 25/10/2010
        • Internaute 11970

        Je l ai deja dit plus bas mais :

        MERCI D EXERCER VOTRE METIER AVEC TANT D INTEGRITE ......

      • Weekiwachee
        Weekiwachee répond à Cristina L’Homme
        Tallahassee
        • Posté à 20h53 le 25/10/2010
        • Internaute 956
          Tallahassee

        Cristina, Les mineurs vont-ils finalement être payés ? Merci.

        Lien

         
        • Cristina L’Homme
          Cristina L’Homme répond à Weekiwachee
          Journaliste
          • Posté à 21h13 le 25/10/2010
          • Journaliste 107052
            Journaliste

          Je ne peux pas vous répondre, il est encore trop tôt. Il y a quelques jours, 27 des 33 familles de mineurs portaient plainte contre l’entreprise San Esteban et contre l’Etat et réclamaient un million de dollars. L’Etat s’en est offusqué, les familles ont reçu une ribambelle d’insultes. Le procès sera long. Et je pense que le résultat ne sera connu que bien plus tard, quand la réponse n’intéressera plus personne.
          Pour ce qui est des salaires, c’est très différent selon que l’on soit un salarié de San Esteban ou une petite main d’un sous-traitant, un contratista. Les familles des 33 ont reçu entre 3/4 et 4/5 de leurs salaires en moyenne. Mais les autres salariés, ceux qui n’ont pas été enfermés pendant deux mois, n’ont pas encore reçu leur solde de tout compte. Ceux de San Esteban pleurent, mais la mine est extrêmement riche, les sondages l’ont montré.
          Il faut espérer que la pression de la presse ne diminuera pas, pour qu’ils touchent quelque chose. Sinon, le désert et son silence auront le dernier mot. Comme toujours.

        1 autres commentaires
  • wouahab-
    wouahab-
    libre
    • Posté à 16h22 le 24/10/2010
    • Internaute 130219
      libre

    homme d’affaire Leonardo Farkas a adressé un chèque de 10 000 dollars à chacun des 33 mineurs chiliens rescapés de la mine de San José.

    Par ailleurs, le gouvernement d occupation israélien a invité les mineurs et leurs familles à passer de luxueuses vacances de Noël en Terre sainte occuper afin de les remercier pour la foi qu’ils incarnent.

    Leonardo Farkas, qui avait hésité à se présenter aux élections présidentielles chiliennes de 2009, pourrait franchir le pas en 2013. Juif d’origine hongroise, il a épousé l’héritière des hôtels Concord, Betina Friedman Parker.

    Ensemble, ils ont développé la petite entreprise minière de son père jusqu’à devenir les magnats du fer chilien. Sa vie de jet-setter et sa proximité avec des stars du show-business, qui tranchent avec le style réservé et cassant des patrons chiliens, l’ont rendu populaire. Il dispose du soutien du mouvement sioniste qui voudrait en faire l’« Obama » d’Amérique latine

  • mick69
    • Posté à 16h29 le 24/10/2010
    • Internaute 2907

    En France, il y a eu en 1906 la catastrophe minière de Courrières avec 1099 morts

    C’est après la grève de protestation sur les conditions de travail qui a suivi cette catastrophe que le repos hebdomadaire a été rendu obligatoire par la loi.

    Dommage que l’histoire sociale ne soit pas enseignée. Ca éviterait aux caniches de l’UMP de raconter n’importe quoi sur la légitimité des grèves

  • tvargentine-
    • Posté à 16h45 le 24/10/2010
    • Internaute 17486

    Le Chili est encore sous la coupe de l’idéologie ultra libérale de Pinochet et des Chicago boys

    Les conditions des travailleurs sont épouvantables mais curieusement personne n’a été remettre en cause ce système mais il est vrai que le pays à voté démocratiquement quelques mois ,auparavant pour élire un candidat de la droite libérale au détriment d’un candidat de gauche

    Un très bon article

    Lien

  • A déménagé le 18-1
    • Posté à 17h02 le 24/10/2010
    • Internaute 116615
      bc

    Le grand paradoxe : s’ils étaient restés ensevelis au fond rejoindre leurs collègues d’infortune, personne n’en aurait parlé.
    Espérons que cette médiatisation, comme ce très beau papier, apporte de meilleures conditions sociales aux mineurs chiliens et aux autres.
    Mais je crains que le grand barnum médiatique ne les recycle tout au plus en fait divers de l’année. Ce qui arrangerait bien les politiciens chiliens et le lobby des mines.

    • Errance
      Errance répond à A déménagé le 18-1
      écouteur d'histoires
      • Posté à 17h20 le 24/10/2010
      • Internaute 114729
        écouteur d'histoires

      Il n’y aurait pas eu le show médiatique autour, mais je crois que vous vous trompez quand vous dites que ce serait passé inaperçu.

      Regardez le premier article de Cristina sur le sujet quand les mineurs ont été découverts vivants, c’est déjà très fort.

      En Europe, en France peut-être que ce serait passé inaperçu, mais je ne crois que ça aurait été le cas au Chili.

      Lien

  • leo s
    leo s
    (...)
    • Posté à 17h12 le 24/10/2010
    • Internaute 73621
      (...)

    Voilà un article de journaliste.
    Merci L’Homme.
    Vous êtes l’avenir de rue89.

  • A déménage le 7-6
    • Posté à 17h36 le 24/10/2010
    • Internaute 91661
      NC

    Cristina, votre article est bouleversant, merci.

  • BertrandBertranD
    BertrandBertranD
    (voyageur)
    • Posté à 17h45 le 24/10/2010
    • Internaute 50003
      (voyageur)

    Bravo et merci de rétablir quelques vérités qu’il semble bon d’entendre après ce brouhaha médiatique insupportable pour qui sait la réalité minière chilienne.
    A Valparaiso depuis plus de cinq ans, je peste chaque fois que je vois combien les inégalités sont immenses au Chili entre les (très très) riches, et la grande majorité de la population.
    Maiscomme me le disait un ami, le Chili est avant tou un pays minier, il est des plus naturel qu’il se rappelle au monde à travers une telle aventure.
    Ce n’est pas rien de produire le tiers du cuivre mondial, mais ausi de l’or, de l’argent et depuis quelques temps aussi, du lithium, le nouvel or blanc à la mode...
    Ce sont des millions de dollars... mais une grande partie s’évapore à l’Etranger ou dans le portefeuille d’actionnaires ou dans les poches de riches familles.
    Certains experts considère qu’avec une autre législation et d’autres organisations industrielles, les Chiliens pourraient avoir le niveau de vie des Norvégiens (petit pays aux mêmes latitudes et aux mêmes types de richesses en matières premières).
    La route est longue, mais elle n’est pas impossible.

    • Errance
      Errance répond à BertrandBertranD
      écouteur d'histoires
      • Posté à 18h21 le 24/10/2010
      • Internaute 114729
        écouteur d'histoires

      Il y a des moments où je me dis qu’il est temps de remettre en route le grand rêve de San Martin et Bolivar, celui d’une grande confédération latino-américaine dont les anglais ont miné les fondations avec patience et acharnement.

      Une petite nouvelle qui est passée relativement inaperçue, la Bolivie a retrouvé un accès à la mer.

      Lien

      • Tristian
        Tristian répond à Errance
        moi-même
        • Posté à 19h11 le 24/10/2010
        • Internaute 121503
          moi-même

        he he, c’est juste, pour 99ans.

        Mais ca fait longtemps, que la Bolivie avait des facilités, dans le port d’Ilo, au Pérou.

        J’attends de retourner en Bolivie, pour parler avec les gens et voir quel est la véritable portée de ce prêt de 99ans.

        Si le rêve de San Martin et de Boliviar devait devenir réalité, il faudrait, sur le Pacifique, un ou deux ports internationaux de taille conséquente. Plus au Sud que celles du canal de Panama, il n’y a aucunes infrastructures de la même importance.

        Sur l’Atlantique, par contre, il me semble qu’entre le Brésil, l’Uruguay et l’Argentine, c’est pas les infrastructures qui manquent.

        Bon, si il se marie, Evo Morales pourra passer sa lune de miel là-bas.

        Mais j’attends de voir quel emplacement portuaire pourrait drainer la plus part des produits agricoles excédentaires du continent, pour les envoyer en Chine et au Japon, deux pays qui manquent de terres agricoles pour nourrir leur population.

         
        • TienTien
          TienTien répond à Tristian
          impavide devant les ruines de (...)
          • Posté à 08h17 le 25/10/2010
          • Internaute 86881
            impavide devant les ruines de (...)

          Sauf erreur de ma part, la Bolivie dispose de terminaux et de facilités douanières à Matarani ( Pérou ) et à Arica ( Chili ). Ces 2 ports sont reliés par chemin de fer à la Bolivie. Antofagasta aussi, mais j’ignore si ce port, fort abîmé par le dernier gros séisme, dispose d’entrepôts libres de douane pour la Bolivie.
          Quant au fait que les infrastructures portuaires ont peine à se développer au sud de Guyaquil (Ecuador), c’est uniquement dû à la géographie. L’énorme houle en provenance du Pacifique sud gêne considérablement l’accostage en toute sécurité dans tous les ports péruviens et chiliens, avec la seule exception de Callao.
          Mejillones, au nord d’Antofagasta, serait le SEUL endroit de cette côte habilité à recevoir des infrastructures portuaires convenables et relativement bien abritées du violent ressac. Les projets y existent, mais n’avancent guère...

          • Tristian
            Tristian répond à TienTien
            moi-même
            • Posté à 19h23 le 25/10/2010
            • Internaute 121503
              moi-même

            C’est juste, on m’avait plusieurs fois parler de Guyaquil, mais je ne crois pas qu’ils ont, encore, une infrastructure équivalente à celle qu’il y a vers le canal de Panama.

            En Bolivie, il devrait bientôt y avoir une grand autoroute, qui permettrait de relier le Brésil au Chili. Elle devrait passer dans les environs de l’axe : Santa Cruz, Cochabamba et Oruro, El Alto.

            Les lignes de chemin de fer, par contre, elles sont, malheureusement, assez mourante. Il me semble qu’il ne reste presque plus qu’une seule ligne, qui transporte, encore, presque exclusivement, du minerais, d’Oruro, en direction du Chili (je crois bien que c’est à Antofagasta).

            Presque toutes les marchandises, en Amérique du Sud, sont transportée en camion et les passagers en bus.

            Bon, avec les liens que la France entretient avec le Brésil et la croissance économique qu’il y a dans tout le continent, on pourrait imaginer possible que plusieurs pays décident de remettre en place, une infrastructure ferroviaire et, vu que tout est à refaire, ils pourraient décider de construire directement un réseau de trains à grande vitesse.

            Je me demande, pour le Brésil, quel est le plus intéressant, entre sortir tous leurs produits par l’Atlantique (en particulier l’agro-alimentaire qui doit partir en Chine ou au Japon), ou amener par la terre, des produits qui pourraient embarquer directement sur le Pacifique.

            Le Brésil et l’Equateur ont une frontière commune et les routes, au Brésil, qui passent dans l’Amazonie, sont bonnes.

            Mais si cette fameuse autoroute « bi océanique » arrive à voir le jour, sans que l’argent du financement disparaisse des dizaines de fois, je me demande si cet axe : Brésil-Bolivie-Chili, ne pourrait pas être central, dans le développement de l’Amérique du Sud.

            En Suisse, on a fêté aussi d’autres mineurs, qui viennent de terminer le plus long tunnel au monde (au Gothard). La Bolivie, en Amérique du Sud, a une position central, qui pourrait lui permettre, au niveau des transports, d’être l’équivalent de ce qu’est la Suisse, en Europe.

            Mais il manque l’équivalent du Port de Rotterdam, sur le Pacifique.

            Où qui pourrait être ?

            • TienTien
              TienTien répond à Tristian
              impavide devant les ruines de (...)
              • Posté à 21h12 le 25/10/2010
              • Internaute 86881
                impavide devant les ruines de (...)

              J’ai participé, de 1980 à 1982, à une étude de faisabilité portuaire couvrant l’ensemble des côtes péruviennes et chiliennes. Elle portait tant sur la possible extension et/ou amélioration des ports que sur les problèmes liés à la conteneurisation des trafics. Par exemple, la ligne de chemin de fer reliant Matarani à la Bolivie était à l’époque inadaptée au transport des conteneurs, ce qui fut corrigé par la suite, mais limité aux 20 pieds.
              J’ignore si la ligne de chemin de fer Arica-Bolivie est toujours utilisée à l’heure actuelle.
              De toutes manières, les contraintes géographiques ne permettront jamais le développement de ports importants sur la côte ouest de l’Am.Sud. Comme je le précisais dans mon 1er commentaire, seul Mejillones, au nord d’Antofagasta, pourrait voir se développer des infrastuctures portuaires abritées de la terrible houle du Pacifique sud. Malgré tout, même dans le meilleur des cas, cela resterait un port relativement modeste.

              • Tristian
                Tristian répond à TienTien
                moi-même
                • Posté à 22h49 le 25/10/2010
                • Internaute 121503
                  moi-même

                Merci beaucoup pour l’info.

                Mejillones, effectivement, il me semble qu’on en a beaucoup entendu parler, lors de la guerre du gaz, en Bolivie.

                Mais les présidents de Bolivie, avant Evo Morales, étaient tellement des incapables et des « gatos », qu’ils étaient prêt à offrir le gaz de Bolivie, contre presque rien en échange. Mais il y avait bien un projet chilien, de créer un grand port, à Mejillones, pour exporter ce gaz bradé et en ponctionner une partie.

                A vous entendre, si le Pérou et la Bolivie arrivaient à négocier des bons avantages, Mejillones pourrait devenir un grand centre portuaire et industriel, qui pourrait favoriser, autant le Chili, la Bolivie, que le Pérou

                Bon, les années 80, en Bolivie, si elles ont permis de passer, de nouveau à la démocratie, elles ont été un désastre économique, qui a débouché sur le néolibéralisme, qui a bradé et détruit ce qu’il restait.

                Il n’y a plus aucun chemin de fer qui arrive à La Paz et à El Alto, aujourd’hui. Où j’habite, vers Cochabamba, ma femme se souvient du temps où le marché de Vinto drainait tous les produits agricoles de la région (et le bois d’eucalyptus), pour les amener, en train, vers les mines (en particulier à Oruro).

                Mais moi, je n’ai jamais connu la Bolivie, de cette période (des année 80), j’ai seulement le droit de témoignages.

                Cette histoire des 33 mineurs montre, peut-être, que si on veut, on peut toujours tenter l’impossible.

                Il doit être possible de crée un nouveau chemin de fer, qui relierait Mejillones à la Bolivie, puis au Brésil, qui pourrait transporter des conteneurs, bien plus grand que 20pieds.

                Par contre, la plus part de l’infrastructure que tu as connue n’existe plus.

                Les facilités que le Pérou avait offertes à la Bolivie, avec le port d’Ilo, c’est un accord qui date de 1992, signé par Fujimori et Paz Zamora. Mais il intégrait seulement la construction d’une bonne route (qui est très correcte, d’ailleurs)

        4 autres commentaires
  • joundi-
    joundi-
    sylviculteur
    • Posté à 18h18 le 24/10/2010
    • Internaute 48269
      sylviculteur

    Bravo pour cet article un grand merci à Cristina L’Homme

  • Jana
    Jana
    bretonne en Normandie
    • Posté à 19h12 le 24/10/2010
    • Internaute 13372
      bretonne en Normandie

    merci pour ce partage de l’autre versant de la réalité de ces mineurs.

    « elle grinçait » disant les mineurs.. combien grincent à travers le monde, et ensevelissent à jamais, sans presque pas de « bruit » médiatique...

  • speedy38-
    speedy38-
    Ingénieur des travaux finis
    • Posté à 23h10 le 24/10/2010
    • Internaute 124689
      Ingénieur des travaux finis

    Dans tous les pays du monde les mineurs sont les victimes silencieuses de nos besoins voraces de matières premières.

    Et dans tous les pays du monde ils mettent chaque jour leurs vies en danger, souvent pour des salaires de misère, dans des conditions de sécurité effarantes, pour que nous puissions bénéficier de notre « petit confort ».

    Et quand enfin les législations nationales obligent les compagnies minières à leur donner des salaires décents et des conditions de sécurité suffisantes, les mines sont fermées pour cause de « non rentabilité » vis à vis des pays qui continuent à permettre ces pratiques cyniques..

    On ne fait que déplacer la misère...

    D’abord en Europe, en Amérique du nord et en Australie, puis en Amérique du sud et en Afrique, maintenant en Asie...

    Quand seront-ils enfin reconnus comme des Êtres Humains à part entière ?

    Quand auront-ils droit à la reconnaissance qui leur est due pour mettre chaque jour leurs vies en jeu dans ces mines infernales ?

    Quand auront-ils droit au respect qui leur est dû pour permettre à l’humanité entière de bénéficier de la manne qu’ils extraient des entrailles de la terre au péril de leurs vies ?

  • Gelone2010
    Gelone2010
    Sarkophobe
    • Posté à 00h45 le 25/10/2010
    • Internaute 99991
      Sarkophobe

    « La fascination du monde entier peut facilement se
    comprendre... »

    Du monde entier ? Il ne faut pas pousser. Ayant dès le début éprouvé la certitude que tout se terminerait de la façon dont cela s’est terminé, je n’ai pas regardé une seule image télévisée de cet accident.

    C’est ce qui me différencie de ceux qui ont regardé tout ce qu’il pouvait humainement regarder, en se disant que si ça tournait mal, il ne fallait surtout pas louper « ça ».

    P.S. - Je ne suis pas non plus amateur des autres formes de la télé-réalité.

    • Errance
      Errance répond à Gelone2010
      écouteur d'histoires
      • Posté à 01h07 le 25/10/2010
      • Internaute 114729
        écouteur d'histoires

      à croire que vous n’avez lu que cette phrase.

      Lien

      Ps : je n’ai pas de télé c’est encore plus simple.

      • Amarouayache Zaky
        • Posté à 05h45 le 25/10/2010
        • Internaute 11970

        Oui mais ce qui est particulièrement croustillant , c’est de voir que quand on lui parle du « monde entier », il réponds immédiatement par « je »...

        « Dix sept millions de chiliens
        Et moi, et moi, et moi
        Avec ma vie, mon petit chez-moi
        les trentes trois mineurs a qui on sauv’la vie
        J’y pense et puis j’oublie
        C’est la vie, c’est la vie »

         
        • Errance
          Errance répond à Amarouayache Zaky
          écouteur d'histoires
          • Posté à 13h19 le 25/10/2010
          • Internaute 114729
            écouteur d'histoires

          Oui je me suis aussi la réflexion, mais je me suis dit que ça ne valait pas la peine d’aller plus loin avec Gelone. Parce que effectivement ça m’étonnerai fort que cette histoire ait eu beaucoup de retentissement en Chine par exemple.

          eheh jolie re-interprétation de Lanzmann.

          Lien

          • Tristian
            Tristian répond à Errance
            moi-même
            • Posté à 23h27 le 25/10/2010
            • Internaute 121503
              moi-même

            Joli

            Effectivement, il serait intéressant d’avoir un article sur le retentissement du destin des 33, en Chine.

            Si l’héritier du dictateur Pinochet l’a fait, je pense que n’importe quel premier secrétaire du PCC pourrait être tenté de démontrer qu’il peut faire encore mieux.

            En plus, il me semble que la Chine et le Chili n’ont aucun différant, qu’ils ont, au contraire, des très bons traités de libre-échange.

            Il me semble que rien n’aurait interdit à un haut représentant de la Chine d’avoir été présent, au côté de Piñera, ce jour.

            En plus, ca ne serait pas la Chine, qui achète la plus part de ce cuivre ?

        2 autres commentaires
  • JahRastafari
    • Posté à 01h38 le 25/10/2010
    • Internaute 9177

    Pareil, un grand big up pour l’article, ça fait plaisir : =)))

  • Amarouayache Zaky
    • Posté à 06h01 le 25/10/2010
    • Internaute 11970

    C’est le meilleur article qui m a été donne de lire sur le site de rue89.

    Surtout surtout, ce qui me frappe c’est l’honnêteté dont vous faites preuve dans l’exercice de votre métier( pour vous, c’est une passion assurément ...Je dis bien ..pour vous...)

    Inutile d’énumérer ici , point par point, ce qui fait de ce travail un RÉEL et excellent travail de journaliste. Inutile de faire le parallèle entre cet article concernant l’amerique du sud et d’autres articles que l’on peut lire d’autres auteurs sur la rue... Ce n’est pas le moment.

    C’est juste le moment de dire merci .

    MERCI !

    ps : en écrivant le dernier mot, je me dis quand même qu on a du toucher le fond en ce qui concerne la qualite du travail journalistique pour que j en arrive a dire merci avec autant d insistance. C est un peu désespéré....Surtout de voir que je ne suis pas le seul a dire merci ! D ailleurs pour une fois la plupart des internautes n ont pas grand chose d autre a rajouter que de dire merci ! ! ! ! Pierre ! ! ! ! LA REDACTION DE LA RUE ! ! ! CA DEVRAIT ETRE L OBJECTIF PREMIER ! ! NON ? ? ? ? ? ? ?

  • Simonette
    Simonette
    Enseignant dans l'Hérault
    • Posté à 09h16 le 25/10/2010
    • Expert 39428
      Enseignant dans l'Hérault

    Enfin un article de « fond » sur ce sujet. Je n’ai jamais regardé cette affaire avec les yeux des médias mais avec les yeux des mineurs. Ceux qui étaient restés à la surface, il suffisait de lire dans leurs regards l’incompréhension de ce monde absurde où 2000 journalistes du monde entier se pressent pour recueillir le témoignage des survivants sans prêter la moindre attention aux horreurs issues de la dictature de Pinochet.
    Le président de droite du Chili y a gagné 10 points dans les sondages alors qu’il se fout du tiers comme du quart de la sécurité dans les mines.
    Plutôt que d’éclairer sa bouille hilare, il aurait mieux valu rappeler qu’il est un des héritiers de cette dictature, la pire de la planète. Dans le désert d’Acatama, des milliers de cadavres d’opposants assassinés, les 2000 journalistes auraient peut-être pu faire un détour...

  • Bad Time For Human Kind
    Bad Time For Human Kind
    Chieur Public
    • Posté à 11h14 le 25/10/2010
    • Internaute 53377
      Chieur Public

    Très bon article !

    C’est pour ce genre de « pépite » que je viens encore sur la rue...

    Merci.

  • LeLapin
    LeLapin
    Infopigiste
    • Posté à 17h06 le 25/10/2010
    • Internaute 31149
      Infopigiste

    Merci pour votre article.

  • poularde
    poularde
    à l'affut d'idées intéressantes (...)
    • Posté à 17h33 le 25/10/2010
    • Internaute 130973
      à l'affut d'idées intéressantes (...)

    merci d’apporter un éclairage différent de celui des spots et des micros. Merci aussi d’être critique et pas sensationnelle, d’éviter le piège « micro trottoir » qui fait le contenu des journeaux télé ou radio...

  • Shakana
    Shakana
    (Entre parenthèses)
    • Posté à 03h05 le 26/10/2010
    • Internaute 30512
      (Entre parenthèses)

    De la télé réalité. Cette idée obsédante ne me lâche pas. On a fait de ce drame humain de la tv réalité. Les lendemains seront durs pour les mineurs et leurs familles. Peut-être que ceux qui ont été enfermés s’en tireront mieux que les autres. Peut-être. En tant que figurants. Ils vont être encore un peu essorés pour enrichir la trame d’un scenario.

    Aujourd’hui qu’ils sont libérés de leur enfermement, qu’est ce qui différencie un mineur sans travail d’un autre mineur sans travail ?

    Ce qui m’a le plus heurté, c’est le désintérêt pour les mineurs restés à la surface. C’est le désintérêt pour la condition de mineur en somme. Car les mineurs de la surface et ceux enterrés vivants sont interchangeables. Chacun peut raconter le quotidien de l’autre comme si c’était le sien et pourtant ceux de la surface ont été ignorés.
    Le spectacle aurait été identique avec d’autres figurants. En définitive le spectacle, l’intérêt profond a été la situation, pas l’humain. Pas le mineur et sa condition de laissé pour compte exposé à tous les dangers pour mener une vie de misère à remonter des fortunes.

    Quelles sont les perspectives pour les mineurs chiliens ? Un film dont ils ne seront pas les héros... Un bouquin éphémère qui citera tout au plus leurs noms...

    Votre article est poignant Cristina...

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