Alma Latina

Dans son blog Alma latina, Cristina L'Homme vous donne rendez-vous avec des Latino-Américains, écrivains, poètes, universitaires, journalistes, économistes, chercheurs, anthropologues, sismologues… qui vous raconteront leur continent. Indianité, migrations économiques, procès contre les dictatures, la propriété de l’eau, tremblements de terre…

Au Chili, 18 Mapuches sur le banc des accusés : une parodie de procès

Cristina L’Homme
Journaliste
Publié le 29/01/2011 à 15h43


police chilienne et Mapuches

Ils étaient dix-huit à la barre des accusés, mais ne sont plus que dix-sept. L’un des Mapuches accusés s’est donné la mort en août 2010. Il avait 19 ans. Un sentiment d’injustice trop oppressant a fini par le tuer.

Dix-huit hommes de la communauté aborigène mapuche sont accusés par la loi antiterroriste de plusieurs délits, dont le principal est d’avoir organisé une « embuscade » et voulu atteindre, à coups de pistolets, une caravane de véhicules blindés. Les échanges de tirs ont fait trois blessés légers du côté des policiers.

Après deux mois d’un semblant de procès, où l’accusation a fait passer plus de 100 témoins à la barre, dont la majorité sont des policiers et des témoins protégés, « testigos sin rostro », anonymes, c’est au tour de la défense de prendre la parole.

Les peines encourues par les Mapuches varient entre 50 à 103 années de prison. Ils sont accusés d’être des meurtriers, des terroristes, des voleurs.

Mais il suffit de regarder d’un peu plus près la situation pour se demander qui vraiment est la victime :

  • l’entreprise forestière plaignante, qui possède 700 000 hectares de terres ?
  • l’Etat chilien, plaignant lui aussi, qui est à l’origine de la colonisation du territoire mapuche ?
  • ou les Mapuches, dont l’ensemble des terres (pour 800 000 personnes), dans tout le Chili, et pour toutes les communautés, n’atteint pas 600 000 hectares ?

Ce « procès », que les observateurs européens qualifient de burlesque, tant il va à l’encontre des droits élémentaires du droit à la défense, méritait que l’on s’y attarde en détail.

Nous avons donc rencontré Michael Barbut, qui suit de près cette affaire en tant qu’observateur pour le collectif de solidarité au peuple mapuche, composé d’organisations de défense des droits de l’homme et de défense des peuples autochtones.

Ce jeune français prépare une thèse de doctorat en science politique à Paris-I sur le processus de mobilisation et de politisation au sein d’une communauté mapuche, dans une perspective historique.

Après une longue interview avec Michael, j’ai pensé qu’il valait mieux vous présenter ce sujet en deux parties, afin que vous compreniez mieux le cadre dans lequel s’insère le procès. On parlera donc d’abord du procès et ensuite de l’histoire de la relation entre l’Etat et les communautés mapuche de Lleu-Lleu.

Le procès

Le procès des dix-neuf Mapuches a commencé le 8 novembre 2010. Michael Barbut a pu prendre part au procès en tant qu’observateur.

Cristina L’Homme : Comment avez-vous pu suivre ce procès ?

Michael Barbut  : Le premier jour, j’ai montré ma pièce d’identité, j’ai été enregistré, j’ai dit que j’étais « observateur », parce que je tenais à ce que ce soit notifié.

Pouvez-vous nous décrire ce procès ?

Une grande salle de 50-60 m2 séparée en deux par une vitre en plexiglas. D’un côté le tribunal, de l’autre le public. Côté tribunal, une estrade où sont assis trois juges avec leurs assesseurs, greffiers, en face le ministère public représenté par trois procureurs qui mènent à bien les interrogatoires. A leur côté, un représentant juridique de l’entreprise forestière Mininco (qui appartient à la puissante famille Matte) qui est partie prenante du procès en tant que plaignant, et deux avocats représentant l’Etat, également plaignant.

Face à eux, six avocats de la défense, dont quatre sont privés et deux sont des défenseurs publics fournis par l’Etat. Derrière ces avocats, douze prisonniers mapuches sur dix-huit. Les six autres ne sont donc pas obligés d’être présents, ils ne viennent pas tous les jours parce que ça coûte cher : Cañete, où se trouve le tribunal, est à une heure environ des communautés, en bus. Le trajet coûte 2 500 pesos (4 euros). C’est beaucoup pour les paysans mapuches.

Quel est le cadre de l’accusation ?

Plusieurs délits sont en jeu. Le plus grave est ce que le ministère public appelle « l’attaque au Fiscal Elgueta » en octobre 2008. Elgueta était chargé d’enquêter sur « le conflit mapuche » dans la région.

La théorie de l’attaque ou de l’embuscade préméditée est refusée par la défense, mais aussi par des personnalités comme le juge Guzman qui parle d’affrontement et de droit légitime de se défendre. Les imputés voulant empêcher les forces policières (venues en blindés et en force : quinze véhicules) de réaliser une perquisition violente, un « allanamiento », comme la police le fait régulièrement dans les communautés mapuche, détruisant tout, usant et usurpant le pouvoir d’intimidation que signifie l’apparition de 50 ou 100 militaires casqués et armés dans une petite maison en tôle, éventrant les sacs de graines, détruisant les récoltes, les outils agricoles, et bousculant femme et enfant.

Y a-t-il eu des morts ? Des blessés graves lors de l’échange de tirs ?

A l’issue des échanges de tirs qui se sont déroulés sur la route qui longe le territoire mapuche, il y a eu trois blessés légers. Le Fiscal Elgueta et deux policiers. Pour cela, et pour une série d’autres délits mineurs, certains accusés Mapuche risquent de payer entre 50 et 103 années de prison...

Quels autres délits auraient commis les Mapuches ?

Ils sont accusés d’avoir incendié les propriétés des entreprises forestières et volé leur bois. Et c’est là que le bât blesse, car si le territoire appartient légalement à cette entreprise, et qu’ils ont un papier qui atteste leur propriété, celle-ci est le produit de l’expropriation au XIXe siècle, dont ont été victimes les communautés mapuches (voir la suite de cet article à venir).

Ces délits renvoient à un conflit politique. C’est pourquoi, au fil des procès des Mapuches, les tribunaux se transforment en espace d’expression politique.

L’expropriation territoriale est une question plutôt récente ici : les territoires mapuches ont été annexés il y a seulement une centaine d’années par l’Etat chilien qui a entrepris de repartir les terres et de favoriser l’installation de colons venus d’Europe au détriment des Mapuches. Les textes législatifs de l’époque le montrent clairement.


terres mapuche

Les Mapuches ont-ils créé une association ?

On ne peut pas vraiment parler d’une association, il s’agit d’une organisation politique qui naît en 1997, la Coordinadora Arauco Malleco (CAM). Elle est alors composée de jeunes Mapuches qui ne sont pas satisfaits de la nouvelle relation instaurée entre le peuple mapuche et l’Etat chilien, au moment de la transition démocratique. Cette organisation entend reconstruire le territoire mapuche ancestral et revendique le contrôle du territoire mapuche. Elle fait ainsi écho à la convention 169 de l’OIT qui prévoit pour les peuples autochtones le droit d’exercer une souveraineté sur leur territoire ancestral. La convention a été ratifiée par l’Etat chilien.

Qu’est-ce qui vous frappe quand vous regardez les accusés ?

La jeunesse de leurs visages. Et aussi leurs rires, sourires et la tendresse de leur visage lorsqu’apparaît dans la salle réservée au public leur famille. Tout cela contraste avec l’accusation de terrorisme et la diabolisation faite par certains médias. Des fois ils dorment aussi : l’un d’eux m’expliquait que c’était dû aux chutes de tension, des séquelles de la longue grève de la faim qu’ils ont tous suivie entre juillet et octobre 2010.

Toutes les photos du procès de Cañete ont été prises en janvier 2011 par Arthur Dressler

► A venir : la deuxième partie sur la relation entre l’Etat chilien et le peuple mapuche depuis un siècle

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  • 37 réactions
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  • Sixpatte-
    Sixpatte-
    Sur Mars
    • Posté à 16h14 le 29/01/2011
    • Internaute 77583
      Sur Mars

    « la convention 169 de l’OIT prévoit pour les peuples autochtones le droit d’exercer une souveraineté sur leur territoire ancestral, ratifiée par l’État chilien. »

    Les résolutions de l’ONU, les accords et les conventions foulées au pied
    par les effets de la Mondialisation sont la norme. Comment s’étonner encore qu’il y ait de la résistance à leur non-application ?

    Les choses qui rendent les révolutions pacifiques impossibles
    rendent les révolutions violentes inévitables. J.F.Kennedy.

    • observeur
      observeur répond à Sixpatte-
      Libre penseur chez les ch'tis
      • Posté à 21h52 le 29/01/2011
      • Internaute 37812
        Libre penseur chez les ch'tis

      L’auteur pose des bonnes questions, mais cela est probablement vain, car tout ce beau monde vont se justifier d’être démocrates, ce qui suffit à faire à peu près n’importe quoi à n’importe qu’elle minorité, voire une nation !

      Pour ce qui est de la phrase de J.F.KENNEDY , ce monsieur aurait été bien inspiré de ne pas livrer ce qui est aujourd’hui la Papouasie occidentale à l’Indonésie, c’est au moins la garantie pour ces peuples papous de ne pas subir un mépris de la part d’un état et d’une partie de sa population qui ne semble guère gouter leur existence !

      • Sixpatte-
        Sixpatte- répond à observeur
        Sur Mars
        • Posté à 11h28 le 30/01/2011
        • Internaute 77583
          Sur Mars

        Kennedy n’était pas à un paradoxe près, les États-Unis non plus.
        Mais la citation reste pertinente. Pot de fer contre pot de terre et
        mitrailleuse lourde pour dézinguer les mouches.

  • Waldeck
    Waldeck
    Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)
    • Posté à 18h18 le 29/01/2011
    • Internaute 36864
      Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)

    Pinera = Pinochet !

  • jacques.touch
    jacques.touch
    medecin
    • Posté à 18h32 le 29/01/2011
    • Internaute 137891
      medecin

    De toute façon et ça ne date par d’hier, si vous résistez alors vous êtes un terroriste, et étant donné que l’occident et ses puissants lobbies ont déposé la marque, il va devenir très difficile de la remettre en cause dans le reste du monde ! ! !

  • michesive
    michesive
    retraité
    • Posté à 18h36 le 29/01/2011
    • Internaute 142303
      retraité

    Scandaleux procès opposant des Mapuches ’’têtes nues’’, face à la disproportion de forces bien encapuchonnées d’un pouvoir au service d’intérêts privés !
    Ce n’est pas le premier, mais, c’est celui qui figure, déjà, parmi les derniers, un jour prochain, faute de gens authentiques à accuser d’être trop autochtones !

  • Philippe Mahieu de Warelles
    • Posté à 18h44 le 29/01/2011
    • Internaute 18856
      La Rochelle

    Et BHL, il ne fait rien ? ?

    • jacques.touch
      • Posté à 18h50 le 29/01/2011
      • Internaute 137891
        medecin

      ben non, y a pas d’intérêts sioniste en jeu, donc tout va bien au Chili,donc pas de cause à défendre, voyons.

    • Yémanja
      Yémanja répond à Philippe Mahieu de Warelles
      Dans l'eau
      • Posté à 21h44 le 30/01/2011
      • Internaute 15640
        Dans l'eau

      Il n’y a pas de télé et il fait froid sur la terre des Mapuches, alors le col ouvert cela ne le fait pas...

  • michesive
    michesive
    retraité
    • Posté à 18h48 le 29/01/2011
    • Internaute 142303
      retraité

    Il est loisible de penser ou de croire, que, des ’’excuses’’ françaises seront en retard, à cause de la multiplication soudaine de tant de tragédies à l’international !

  • GWERN
    GWERN
    Ex militant du vaste mouvement (...)
    • Posté à 00h26 le 30/01/2011
    • Internaute 60684
      Ex militant du vaste mouvement (...)

    « Ce “ procès ”, que les observateurs européens qualifient de burlesque, tant il va à l’encontre des droits élémentaires du droit à la défense, méritait que l’on s’y attarde en détail. »
    Question subsidiaire et néanmoins engagée : qu’ont fait les « socialistes » chiliens pour changer la situation des Mapuches ?
    RIEN ! ! ! !
    Merci la « gauche “ plus ‘molle’ que moi tu meurs !

    • Cristina L’Homme
      Cristina L’Homme répond à GWERN
      Journaliste
      • Posté à 14h18 le 30/01/2011
      • Journaliste 107052
        Journaliste

      J’ai posé une question de ce genre à deux élus chiliens. Un de droite, l’autre de gauche. Celui qui était à droite (RN, le parti du président) m’a dit que les Mapuches ne savaient pas valoriser la terre, qu’ils ne la méritaient pas. Celui de gauche (PPD) m’a répondu que la Concertation les avait, en effet, attaqués et fragilisés, parce que les Mapuches ne sont pas traditionnellement « à gauche »... ce qui montre en tout cas que l’Etat chilien, quel que soit le gouvernement, a une position très claire : les rayer de la carte.

      • GWERN
        GWERN répond à Cristina L’Homme
        Ex militant du vaste mouvement (...)
        • Posté à 17h16 le 30/01/2011
        • Internaute 60684
          Ex militant du vaste mouvement (...)

        Merci pour cette réponse , quand la « gauche “ du Chili ne vaut pas mieux que la droite il y a de quoi s’interroger sur le sens des mots !
        Que dirait-on au fait d’un tel procès au Venezuela ? Que n’entendrait-on pas sur une ‘dérive’ ‘totalitaire du régime ?
        Rendez-nous Jaulin !
        ’ Robert Jaulin effectue de nombreux séjours chez les Bari, des Amérindiens vivant à la frontière du Venezuela et de la Colombie, qui déterminent son engagement contre la politique et la pratique de ce qu’il appelle l’‘ ethnocide ’ : la négation et l’extermination, par le système occidental, de toute autre culture, notamment dite ‘ primitive ’. Il le dénonce à travers La Paix blanche (1970) et La Décivilisation (1974).”

  • freakfeatherfall
    freakfeatherfall
    moonchild
    • Posté à 03h19 le 30/01/2011
    • Internaute 21024
      moonchild
  • freakfeatherfall
    freakfeatherfall
    moonchild
    • Posté à 03h25 le 30/01/2011
    • Internaute 21024
      moonchild
  • Gelone2010
    Gelone2010
    Sarkophobe
    • Posté à 08h29 le 30/01/2011
    • Internaute 99991
      Sarkophobe

    Il y a les bons d’un côté, les Mapuches, les salauds de l’autre, tous ceux qui sont pas Mapuches, c’est dans des circonstances comme celle-là qu’on regrette que Yul Brynner, James Coburn, Charles Bronson, Horst Buchholz et Brad Dexter soient morts, et que Robert Vaughn et Eli Wallach soient trop vieux pour faire le ménage...

    • Philippe Mahieu de Warelles
      Philippe Mahieu de Warelles répond à Gelone2010
      La Rochelle
      • Posté à 10h51 le 30/01/2011
      • Internaute 18856
        La Rochelle

      Et steve Mc Queen, il n’en était pas ?
      (Yul Brynner
      Steve McQueen
      Charles Bronson
      Robert Vaughn
      James Coburn
      Horst Buchholz
      Brad Dexter)

      Eli Wallach était le méchant !

      • Gelone2010
        Gelone2010 répond à Philippe Mahieu de Warelles
        Sarkophobe
        • Posté à 12h12 le 30/01/2011
        • Internaute 99991
          Sarkophobe

        « Et steve Mc Queen, il n’en était pas ? »

        Autant pour moi...

        « Eli Wallach était le méchant ! »

        Au temps pour moi : o)

    • Cristina L’Homme
      Cristina L’Homme répond à Gelone2010
      Journaliste
      • Posté à 14h26 le 30/01/2011
      • Journaliste 107052
        Journaliste

      Je crois que c’est plus intéressant que ça. Ici, ce n’est pas un western qu’on regarde et qu’on range dans le placard ensuite pour l’oublier aussitôt. Car le problème des indigènes, en Amérique latine, n’est pas une question qui date d’il y a 500 ans. C’est une question d’actualité. Les entreprises qui les attaquent, que ce soit grâce à l’armée ou à un semblant de justice, pour les réduire, sont des entreprises qui extraient du bois, du pétrole, de l’eau... pour une utilisation ailleurs, en Europe, en Amérique du Nord. Et ça ne se passe pas il y a 500 ans. C’est aujourd’hui. Je crois que ça vaut la peine d’y penser : changer cela, c’est peut-être commencer à y réflechir.

      • Tristian
        Tristian répond à Cristina L’Homme
        moi-même
        • Posté à 17h21 le 30/01/2011
        • Internaute 121503
          moi-même

        Oui, effectivement.

        Les indigènes que je connais, en Bolivie, sont souvant entièrement dans la modernité (ou, même, dans la postmodernité).

        C’est assez triste qu’il reste, encore, des dinosaures, qui sont restés avec les modes de pensée : « nazi », « oustachi », « vichiste/école francaise », et d’autres fossiles du même genre, en Bolivie, et dans beaucoup d’autres pays d’Amérique Latine.

        Le western et la loi de la jungle, s’étaient le 19ème siècle, mais là, on est plus des barbares.

      • Gelone2010
        Gelone2010 répond à Cristina L’Homme
        Sarkophobe
        • Posté à 18h48 le 30/01/2011
        • Internaute 99991
          Sarkophobe

        ¨« Et ça ne se passe pas il y a 500 ans. C’est aujourd’hui... »

        Moi, je viens d’une campagne où les vaches portent des sonnailles reconnaissables au son. Je ne sais pas si ça vient de là, mais enfin on dit à chaque fois que le besoin s’en fait sentir « Qui n’entend qu’une cloche n’entend qu’un son... »

        C’est le cas ici, et comme personne ne m’est jamais sympathique a priori, je ne vois guère qu’un scénario bien manichéen, qui ne m’inspire rien de particulier. Ni pour quelqu’un ni contre quelqu’un d’autre.

  • bbking
    bbking
    DTC
    • Posté à 13h33 le 30/01/2011
    • Internaute 125653
      DTC
  • tOrDrE L¤RdRe
    tOrDrE L¤RdRe
    chien de talus
    • Posté à 12h11 le 30/01/2011
    • Internaute 50571
      chien de talus

    on va se trouver beaucoup de solidarité avec les mapuches bientôt avec les autorisations qui ont été accordées par le gouvernement pour extraire les gaz de schistes. Merci la World Company d’aider au rapprochement des (du) peuples, nous sommes tous des mapuches pour celle-ci c’est à dire des moins que rien qui doivent s’écraser.

    Lien

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  • lokoma
    lokoma
    ex cadre inernationale.. (...)
    • Posté à 13h57 le 30/01/2011
    • Internaute 140023
      ex cadre inernationale.. (...)

    Silence on tue et ce que fait l’état chilien à l’égard des mapuche n’est que la continuité du génocide du peuple amérindien les « vrais américains ». Je peux témoigner de cela mon arrière grand mère était Mapuche de la famille du grand cacique Reuquecura et lorsque ce dernier a été massacré elle a été adopté par des français (diplomates en argentine). Ce n’est que grâce à Internet et près d’un siècle plus tard que nous avons pu relier le fil qui nous lie à nos ancêtres et invoquer leur « newen ».
    Mari mari chi weu (dix fois nous vaincrons)

    • Cristina L’Homme
      Cristina L’Homme répond à lokoma
      Journaliste
      • Posté à 14h41 le 30/01/2011
      • Journaliste 107052
        Journaliste

      belle histoire... vous ne voulez pas la raconter ? A commencer sur ce blog ?

      • lokoma
        lokoma répond à Cristina L’Homme
        ex cadre inernationale.. (...)
        • Posté à 16h21 le 01/02/2011
        • Internaute 140023
          ex cadre inernationale.. (...)

        Bien volontiers c’est une longue et magnifique histoire et la narrer me permettrait de relayer le « newen » de mes ancêtres qui m’ont conduite à retrouver le fil de l’histoire qui nous manquait à nous tous les descendants de cette courageuse petite Mapuche prisonnière à Buenos Aires à environ 7 ans (il n’y avait pas d’état civil) pui adopté par le Conte Amelot de Chailloux ambassadeur en poste en Argentine et arrivée en Normandie fin du 19ème siècle... Si cela vous intéresse nous pourrions nous rencontrer votre plume de journaliste étant certainement plus affutée que la mienne ! J’attends de vos nouvelles avec impatience.
        PS : mon pseudo est « lokoma » transcription erronée du prénom de mon arrière grand mère lorsqu’elle est arrivée en France elle s’appelait Lonkomilla : tête d’or
        A bientot

         
        • Cristina L’Homme
          Cristina L’Homme répond à lokoma
          Journaliste
          • Posté à 19h14 le 01/02/2011
          • Journaliste 107052
            Journaliste

          Vous êtes en France ou au Chili ? Donnez-moi un téléphone.

          • lokoma
            lokoma répond à Cristina L’Homme
            ex cadre inernationale.. (...)
            • Posté à 16h27 le 02/02/2011
            • Internaute 140023
              ex cadre inernationale.. (...)

            Je suis à Paris et vous ? mon numéro de tél est le 06 87 30 44 55 Je serai vraiment ravie de vous rencrontrer.
            A très bientot j’espère

        2 autres commentaires
  • lokoma
    lokoma
    ex cadre inernationale.. (...)
    • Posté à 13h57 le 30/01/2011
    • Internaute 140023
      ex cadre inernationale.. (...)

    Silence on tue et ce que fait l’état chilien à l’égard des mapuche n’est que la continuité du génocide du peuple amérindien les « vrais américains ». Je peux témoigner de cela mon arrière grand mère était Mapuche de la famille du grand cacique Reuquecura et lorsque ce dernier a été massacré elle a été adopté par des français (diplomates en argentine). Ce n’est que grâce à Internet et près d’un siècle plus tard que nous avons pu relier le fil qui nous lie à nos ancêtres et invoquer leur « newen ».
    Mari mari chi weu (dix fois nous vaincrons)

    • edgardez
      edgardez répond à lokoma
      rédacteur
      • Posté à 14h40 le 30/01/2011
      • Internaute 142941
        rédacteur

      Bonjour Cristina,
      merci pour cette contribution dans Rue89, qui permet à de nombreuses personnes de s’exprimer sur un sujet important.
      (juste une petite chose orthographique, c’est le bât qui blesse, pas le bas ...).

      • Cristina L’Homme
        Cristina L’Homme répond à edgardez
        Journaliste
        • Posté à 14h42 le 30/01/2011
        • Journaliste 107052
          Journaliste

        merci pour la faute... je corrige immédiatement

      • lokoma
        lokoma répond à edgardez
        ex cadre inernationale.. (...)
        • Posté à 16h22 le 01/02/2011
        • Internaute 140023
          ex cadre inernationale.. (...)

        merci l’émotion sans doute ! à bientot

         
        • Cristina L’Homme
          Cristina L’Homme répond à lokoma
          Journaliste
          • Posté à 19h12 le 01/02/2011
          • Journaliste 107052
            Journaliste

          Ce serait bien de raconter votre histoire. Si vous le voulez, envoyez-moi vos coordonnées sur mon email.

        1 autres commentaires
  • alberte
    alberte
    Sage-femme retraitée
    • Posté à 15h24 le 30/01/2011
    • Internaute 60250
      Sage-femme retraitée

    Voilà ce que des colons avides peuvent faire à de pauvres peuples innocent pour se défendre. Que leurs avocats fassent valoir cette clause stipulant que tout peuple expulsé de ses terres ancestrales doit les récupérer, ce ne serait que justice ! ! !

  • A déménagé le 13-12-2012
    • Posté à 19h36 le 30/01/2011
    • Internaute 134475
      non connue

    il ne fait pas bon d’être un indien sur cette planète. même chez nous c’est de plus en plus difficile de vivre en marge de la « société ». en france non plus nous n’avons pas le droit de vivre sur notre terrain en caravane, yourte ou autres tipies. bien sur les gens normaux vont se marrer en prétendant que cela n’a rien à voir. pourtant c’est bien l’état qui décide à ta place de la façon et du lieu ou tu dois vivre

  • Yémanja
    Yémanja
    Dans l'eau
    • Posté à 21h41 le 30/01/2011
    • Internaute 15640
      Dans l'eau

    Merci à vous pour cet excellent article.
    Bien peu de journalistes rapportent et tiennent informé l’Europe de la lutte des Mapuches.
    Pourtant il s’agit bien d’un nouvel épisode de la colonisation et de l’expropriation par les européens des terres des peuples autochtones.
    Entre les grandes compagnies forestières, les néo-colons agricoles (ex la famille Beneton) l’armée chilienne (celle de Pinochet) si les Mapuches arrivent à survivre sur leurs terres historiques ils auront bien de la chance !
    Alors, relayez fort et loin ce combat !

  • TienTien
    TienTien
    impavide devant les ruines de (...)
    • Posté à 06h55 le 31/01/2011
    • Internaute 86881
      impavide devant les ruines de (...)

    Un grand merci pour cet article qui nous fait découvrir un aspect fort peu reluisant de la « démocratie “ à la sauce chilienne. Les aborigènes d’Amérique du Sud ne cessent de subir les spoliations de leurs terres ancestrales, quand ce n’est pas l’extinction lente, mais totale, comme dans tout le bassin amazonien.

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