American Ecolo

Les débats sur l'environnement vus par Hélène Crié-Wiesner, spécialiste française vivant en Caroline-du-Nord.

Sous le bitume brûlant, des quantités d'énergie à capter

Publié le 20/11/2008 à 04h33

Installé sous les routes et les parkings, le Roadway Energy Systems permettrait de produire de l'eau chaude ou de l'électricité.





Route de campagne en région parisienne (Pascal Aimar/Tendance floue)

(De Raleigh, Caroline du Nord) Chauffer la gomme sur le bitume ? Ringard. Chauffer de l'eau sous l'asphalte ramolli par le cagnard ? Une excellente façon de rentabiliser les 16 000 kilomètres de nouvelles routes construites chaque année aux Etats-Unis, ou les milliers d'hectares de bitume étalés sur les parkings des zones commerciales et industrielles, ou des nouveaux lotissements.

Pas sûr que l'équipe d'Obama en charge de l'énergie ait déjà eu vent de ce projet tout neuf : du gâteau pour un pays qui aspire à préserver son confort tout en baissant ses émissions de CO2. Car enfin, quoi de plus réconfortant que de trouver une utilité écologique à une nuisance environnementale ?

Ce n'est certes pas avec cette cynique vision des choses que le physicien entrepreneur Michael Hulen, président de Novotech, a mis au point les Roadway Energy Systems (RES). Hulen parle carrément de « source d'énergie entièrement nouvelle ».

Récupérer l'énergie de la route pour générer eau chaude et électricité

Disons plus modestement qu'il s'agit d'une nouvelle application de l'énergie solaire. Ce projet, déjà bien avancé, est le résultat d'une collaboration entre la petite entreprise, spécialisée depuis dix ans dans l'imagerie thermique et les produits utilisant le spectre infrarouge, et des labos universitaires du Massachusetts.

Tout le monde a déjà marché pieds nus sur le bord d'une piscine chauffé à blanc par le soleil de midi, ou sur un trottoir dont le goudron aurait pu servir à cuire des œufs au plat. Au lieu de surchauffer l'air des villes et de griller vos orteils, l'asphalte bouillant pourrait donc être utilisé pour générer de l'électricité et de l'eau chaude.

Un peu comme ces centrales solaires dont les miroirs captent la chaleur pour bouillir de l'eau, laquelle fait tourner des turbines.

Depuis les années 70, les éco-architectes et les babas américains utilisent la technique des tuyaux planqués sous le patio pour chauffer les piscines de Californie ou du Nevada. Michael Hulen a estimé qu'il était temps d'appliquer le principe à très grande échelle. Il a travaillé avec des chercheurs du Worcester Polytechnic Institute, dans le Massachusetts, qui ont développé un collecteur solaire spécifique à l'asphalte.

Effet secondaire : rafraîchir l'amosphère des villes pendant l'été

Evidemment, il faut concevoir la surface et l'étage inférieur en même temps : un réseau de tuyaux remplis d'eau. On peut se contenter d'utiliser l'eau chaude, comme l'expliquai Hulen sur le site Commercial Property News :

« Mettons que vous avez un énorme parking attaché à un grand hôtel, dont les clients prennent beaucoup de douches, et dans lequel tourne en permanence une grosse laverie. L'hôtel aura tout intérêt à utiliser notre système. »

L'appareillage peut aussi produire de l'électricité : le réseau de tuyaux sous surface génère alors de la vapeur à partir d'eau, ou d'un autre liquide atteignant l'ébullition à basse température. La pression alimentera une turbine, produisant des kilowatts, voire des mégawatts selon l'importance de l'installation.

Un effet secondaire non négligeable de ces Roadway Energy Systems serait de rafraîchir l'atmosphère des endroits ainsi équipés. Les scientifiques qualifient de « urban-heat island effect » ce phénomène estival, lié à l'urbanisation et au bétonnage, qui rend les villes si étouffantes. Les RES s'adressant en priorité aux régions chaudes, ils réduiraient d'autant les coûts de l'air conditionné.

Un autre partenaire scientifique de Novotech, Sankha Bhowmick, de l'University of Massachusetts (), a calculé quelles seraient les conditions optimales de fonctionnement des RES : des climats très chauds comportant de longues heures d'exposition au soleil, où les tuyaux sous surface pourraient porter l'eau à 100°C.

Profiter de rénovation des routes pour installer ce système partout

Seuls 10 à 20% de l'énergie frappant le sol peut être transférée à l'eau, « mais ça équivaut tout de même à 200 watts au mètre-carré », explique le professeur d'ingénierie mécanique au magazine Plenty (déc/janv. 2009). « A l'échelle d'une route importante ou d'un large parking, ça peut fournir à des commerces ou des installations industrielles un paquet d'énergie propre et bon marché. »

Dans la mesure où le revêtement des routes et des parkings doit être refait environ tous les dix ans, sans compter les nouveaux équipements, pourquoi ne pas en profiter pour installer un maximum de Roadway Energy Systems ? Non seulement il n'est pas besoin de trouver des terrains, mais en outre les équipements sont invisibles dans le paysage, contrairement aux panneaux solaires installés sur les toits.

Bien sûr, l'efficacité énergétique est inférieure à celle de ces derniers, mais ceci est compensé par un coût bien inférieur par unité de production. « Il faut compter de 20 à 50 dollars par mètre-carré, pour une capacité de production allant jusqu'à 800 kilowatts par jour, six mois de l'année en Nouvelle-Angleterre. »

Michael Hulen et ses collaborateurs estiment tout à fait possible de démarrer les RES à l'échelle commerciale dès 2010. Jusqu'à présent, leurs recherches et expérimentations ont été financées par les universités et l'Etat du Massachusetts. Novotech compte bien recevoir à présent des fonds complémentaires du gouvernement américain.

Car l'étape suivante va consister à construire un vaste pilote. L'endroit et le partenaire sont trouvés, Novotech cherche maintenant des sponsors et des investisseurs, genre fabricants d'asphalte et promoteurs immobiliers.

Cœur de cible de cette maligne énergie renouvelable qui s'approprie les handicaps de l'urbanisation : les hôtels, aéroports, centres commerciaux… et laveries automatiques.

Photo : Route de campagne en région parisienne (Pascal Aimar/Tendance floue)

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  • 69 réactions
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  • Tyb
    Tyb
    • Posté à 16h43 le 20/11/2008

    c'est intéressant mais que se passerait-il en hiver ?

    • Numerosix
      Numerosix answers to Tyb
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 16h46 le 20/11/2008
      • Internaute
        Prisonnier dans le village (...)

      On aura des glaçons .

      • Mr. Useless
        Mr. Useless answers to Numerosix
        • Posté à 17h11 le 20/11/2008

        il faut savoir que la température du sol, même en hiver, tombe rarement beaucoup en dessous de zéro. La preuve, la plupart des rivières continuent de couler !

         
        • Numerosix
          Numerosix answers to Mr. Useless
          Prisonnier dans le village (...)
          • Posté à 17h25 le 20/11/2008
          • Internaute
            Prisonnier dans le village (...)

          ( je plaisantais )

          • Désinscrit le 19 avril
            • Posté à 18h44 le 20/11/2008

            Non on aura du pétrole ! ! ! Lien

          • Mr. Useless
            Mr. Useless answers to Numerosix
            • Posté à 16h40 le 21/11/2008

            j'avoue que ca s'adressait plutot au premier interlocuteur... loin de moi l'idée de vous ficher de vous numéroter, homme libre que vous etes : )

            en hiver le soleil rayonne toujours, donc meme si on récupérerait moins de chaleur on aurait quand même un peu d'énergie à retirer de ca ! une des faiblesses du système bien sur, puisque c'est à ce moment qu'on en aurait le plus besoin...

        3 other comments
      • JP_JP
        JP_JP answers to Numerosix
        • Posté à 09h40 le 21/11/2008

        « On aura des glaçons . »
        Faut en parler à Borloo ! ça va lui plaire !

    • gabonet
      gabonet answers to Tyb
      • Posté à 18h08 le 20/11/2008
      • Internaute

      c'est noté dans l'article.
      je ne vais pas faire de pub pour une marque de lunette de M.. quand même

  • rilax13
    • Posté à 16h45 le 20/11/2008

    c'est simple et séduisant : )

  • philap
    • Posté à 16h46 le 20/11/2008
    • Internaute

    Un petit doute quand même : dans la journée, c'est à dire quand le soleil tape, le parking est sensé être recouvert de bagnoles. Donc ça ne chauffe plus....

     ? ? ? ? ? ? ? ?

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 16h48 le 20/11/2008
    • Internaute
      Prisonnier dans le village (...)

    Y a une route.
    Y a une route.
    Tu la prends. Qu'est-ce que ça t'coûte ?
    Y a une route.
    Y a même un chien qui court,
    La tête entre les mains.
    Y a une route.
    Tu sais, y a pendant des années
    Des gens qu'ont vécu l'dos tourné
    Sur une route abandonnée
    Avec des marronniers sauvages
    Qui jettent leurs fruits plein l'paysage.
    Y a une route comme une blessure.
    On verrait l'os de ton visage.

  • Phil2922
    Phil2922
    Retraite invalidité
    • Posté à 16h48 le 20/11/2008
    • Internaute
      Retraite invalidité

    Depuuis que je sais que la déforestation de la forêt amazonienne continue à un rythme effréné : 45 hectares à la minute, j'ai du mal à me concentrer sur les questions de l'environnement qui se posent en Europe ou ailleurs. J'ai l'impression que ce sont des gouttes d'eau dans nos vies de tous les jours.

    Il me semblait que la forêt amazonienne était le poumon de la planète... ? ! !

    Lien

    • Hippopotable
      Hippopotable answers to Phil2922
      Honnête homme
      • Posté à 18h20 le 20/11/2008
      • Internaute
        Honnête homme

      Donc il faut continuer à gaspiller les ressources en Europe et ailleurs tant que la déforestation n'aura pas été stoppée ?
      On pourrait aussi arrêter de soigner les grippes tant que le cancer n'est pas vaincu...

  • pablico
    pablico
    Sudoku et Nord de face
    • Posté à 16h54 le 20/11/2008
    • Internaute
      Sudoku et Nord de face

    pourquoi faire des trous dans les routes, alors que nos toits n'attendent que des capteurs...

    • ashplif
      ashplif answers to pablico
      apprenti chercheur
      • Posté à 18h42 le 20/11/2008
      • Expert
        apprenti chercheur

      Je suis bien d'accord, l'article sous entends que le problème des panneaux solaire serait une pollution visuelle ! ! « équipements sont invisibles dans le paysage, contrairement aux panneaux solaires » pas convaincu ; mais franchement des panneaux ou des tuiles...
      On parlerais de d'éoliennes encore, bientôt grosse comme une tour Eiffel

      • pablico
        pablico answers to ashplif
        Sudoku et Nord de face
        • Posté à 19h44 le 20/11/2008
        • Internaute
          Sudoku et Nord de face

        dans toutes les villes, il y a les « nouveaux bâtiments » à toits plats... c'est une surface invisible qui ne fait rien, et qui pourrait être productive,,on peut y mettre du solaire et de l'éolien...
        Mais on préfère bruler...et bruler encore... alors que l'énergie revendue pourrait permettre de payer les charges de l'immeuble.. ne serait-ce que cela...

      • DBL8
        DBL8 answers to ashplif
        Retraité
        • Posté à 20h00 le 20/11/2008
        • Internaute
          Retraité

        Actuellement, les tuiles sont parmi les autres tuiles ; donc visuellement = à part la couleur des tuiles... et encore tout dépend des autres.
        Seul le prix est un frein !

      • didja
        didja answers to ashplif
        • Posté à 23h00 le 21/11/2008

        Si cette solution est vraiment moins coûteuse, ça attirera peut être plus ceux qui courent après les profits... et y'en a !

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 16h55 le 20/11/2008
    • Internaute
      Chroniqueur Grolandais

    Cela ma parait très intéressant, mais pour être rentable, il faut des régions très ensoleillées qui n'ont que très peu de besoins en matière de chauffage mais plutôt en matière de rafraichissement et de production d'electricité.
    La production d'electricité à partir de ce système nécessite sans doute la production de vapeur, ce qui sous entend de monter la température du fluide. Plus le fluide primaire est chaud, plus l'installation est rentable, car l'apport d'energie nécessaire ('electricité) est moindre.
    A part l'Europe méditérannéenne, je pense que cette source d'énergie n'est rentable que dans des pays qui n'ont malheureusement pas les moyens de se la payer.

    • Keldan
      Keldan answers to padiran
      Now future & karpe diem
      • Posté à 17h23 le 20/11/2008
      • Internaute
        Now future & karpe diem

      C'est tellement simple et sublime que je me trouve con d'avoir jamais pensé à ça !

      Il existe d'autres endroits où cela peut être très utile et où ils ont de l'argent : la Californie et le sud ouest des USA (Arizona, Nébraska, etc.), le Mexique, le Brésil, les pays du Golfe Persique, Israël, l'Australie.

      Même s'ils ont peu besoin de chauffage, ils ont besoin d'eau chaude comme tout le monde pour se laver et laver leur linge.
      Et comme une grande part de leur électricité est d'origine thermique, préchauffer l'eau peut être une économie de pétrole et de charbon.
      Et il me semble que les zones désertiques sont plutôt froides la nuit, ce système permettrait alors de stocker la chaleur de la journée pour la restituer la nuit.

      C'est sur qu'un système hydraulique dans des zones connaissant des températures négatives peut être problématique, le gel pouvant tout casser.
      Mais je suis en train de me demander si le principe des cellules photovoltaïques peut s'appliquer aux infrarouges. Si c'est le cas, même à faible rendement, les capteurs peuvent utiliser la chaleur (= rayonnement infrarouge) pour produire directement de l'électricité.

      • Duncan
        Duncan answers to Keldan
        • Posté à 18h33 le 20/11/2008
        • Internaute

        Pour le moment les cellules photovoltaïques ne marchent que dans le spectre du visible. Cela est du aux matériaux utilisés. Mais l'effet photoélectrique qui et le phénomène physique qui se produit peut avoir lieu théoriquement également dans le domaine de l'infrarouge.
        Le problème est de trouver le bon matériau pour que cet effet est aussi lieu dans l'infra rouge.
        Le rayonnement infrarouge, c'est de la lumière mais avec une énergie plus faible.
        C'est cette énergie qui est nécessaire pour arracher les électrons du matériau et créer du courant. Il est donc difficile de trouver un matériau qui se laisse arracher ses électrons avec si peu d'énergie apportée.

        En plus d'être physiquement acceptable, le matériau recherché doit aussi être d'un coût de fabrication modeste et également, peu polluant.
        Si le rendement est trop faible, la technologie ne sera pas économiquement viable ; ni écologiquement d'ailleurs. Si il faut dépenser de grosses quantités d'énergies pour créer la cellule mais en récupérer juste un tout petit peu, c'est inutile.

        Des recherches sont en cours dans divers labos dans le monde. Mais vous voyez toutes les difficultés auxquelles les chercheurs sont confrontés.

        Juste un point de détail. La chaleur n'est pas synonyme de rayonnement infrarouge.
        La chaleur est lié à l'agitation des molécules. Il se trouve qu'à température ambiante, les corps rayonnent spontanément un rayonnement infrarouge qui est une onde électromagnétique, d'où la confusion.

         
        • watashi_baka
          watashi_baka answers to Duncan
          ...
          • Posté à 20h01 le 20/11/2008
          • Internaute
            ...

          Remarque ( un peu trollesque) mais le photo-voltaïque est très polluant, non pas à l'usage mais à la construction.
          L'industrie des semi-conducteur est une industrie assez polluante, qui de plus est délocalisée dans des pays au normes environnementales inexistantes. Au final la production d'électricité solaire par des panneaux photo-voltaïque n'a que peu d'intérêt du point de vue écologique, par contre utiliser le soleil pour chauffer une machine thermique est beaucoup plus intelligent.

          • Duncan
            Duncan answers to watashi_baka
            • Posté à 20h18 le 20/11/2008
            • Internaute

            Vous avez un peu raison (pas trop quand même n'encourageons pas les trolls). C'est pourquoi une piste intéressante est le solaire organique. Les panneaux ne seraient plus en silicium mais à base de molécules organiques déposé sur une surface.
            plus écologique à la conception, moins chers, certains imaginent même de l'appliquer en peinture, en tout cas sur plus de surfaces.

            Les 2 gros problèmes actuelles de cette technologies sont les rendements qui ne sont pas assez élevés pour la rendre rentable et le fait que ces panneaux se dégradent trop vite. (... au soleil ! )
            Et en plus en se désagregeant, certains composés pourraient être toxiques. Donc ça rajoute une contrainte sur le choix des molécules à utiliser.

        2 other comments
      • pablico
        pablico answers to Keldan
        Sudoku et Nord de face
        • Posté à 19h58 le 20/11/2008
        • Internaute
          Sudoku et Nord de face

        la terre a une température constante à plus de 60 cm (je crois). si on fait passer de l'eau froide, elle prend la température de la terre, et se charge de calories, ces calories sont reprit par une pompe à chaleur, et l'eau repart se réchauffer dans la terre toujours à 15 degrés...

        j'explique mal, mais allez voir les sites de pompes à chaleur géothermique, et ça marche très bien...
        Comme me disait un vendeur de pompe à chaleur :
        « allez faire comprendre à quelqu'un qui s'est chauffé au fioul pendant 15 ans, que l'on peut se chauffer avec de la terre, ou de l'air... IMPOSSIBLE.'

    • antonh
      antonh answers to padiran
      • Posté à 17h52 le 20/11/2008

      pas forcemment, il y a toujours une difference de rayonnement infrarouge entre les sols nus, les forets les routes ou meme les ruines ensevelies, donc un potentiel énergétique de prime abord, un peu comme une pompe à chaleur ou un puit canadien.
      après je ne suis pas spécialiste...

  • skalpa
    skalpa
    actif et militant ?
    • Posté à 17h27 le 20/11/2008
    • Internaute
      actif et militant ?

    Si j'ai bien compris, sous les pavés, la plage

    et sous le bitume : le soleil ?

    Lien

    • padiran
      padiran answers to skalpa
      Chroniqueur Grolandais
      • Posté à 17h34 le 20/11/2008
      • Internaute
        Chroniqueur Grolandais

      Dis donc t'a une sacré collection de photos skalpa. Un connaisseur de 68

  • JeanBavedeRage
    • Posté à 17h34 le 20/11/2008

    soleil vert

  • timiota
    timiota
    (lecteur de Bernard Stiegler)
    • Posté à 17h57 le 20/11/2008
    • Internaute
      (lecteur de Bernard Stiegler)

    @ Keldan
    Ben non, l'infrarouge rayonné par les routes ne sert à rien d'un point de vue photovoltaique. Pour qu'une cellule soit rentable, il faut que les photons soient d'énergie bien grande devant kT : devant les photons « thermiques » : ceux-ci sont en nombre maximal à une longueur d'onde de 10 microns pour un corps noir (bitume) à 300K, puis plus courte longueur d'onde (inversement proportionnellement à T) au dela. Ce sont des photons d'énergie 4 kT pour être précis, alors que ceux « utiles » font 40 à 80 kT (proche infrarouge au vert). Avec les photons de seulement 4kT, on crée bien des paires électrons trous dans certains materiaux, mais il faut être le diable pour les trier,les empecher de se recombiner aussitot, etc. C'est bien connu par tous les gens (un peu kakis) qui étudient les capteurs IR (imageurs, plans focaux), imageurs pour lesquels divers systèmes sont en compétition (InSb, HgCdTe, QWIP sur GaAs, bolomètres...) dont les trois premiers sont par essence photovoltaique.

    A l'inverse, si tu as un corps très chaud (>1000 K, 600°C), rougeoyant au moins, et plus si possible, tu peux faire du photovoltaique avec, c'est ce qu'on embarque sur les satellites sous le nom de géné thermophotovoltaique. Dans ce cas, on joue sur les bruleurs d'une part (de gaz) et les cellules d'autres part pour avoir le maximum de joules électriques par kg embarqué en orbite. Utile quand il fait froid (à l'ombre) et sans doute moins lourd que les batteries pour la meme « reserve » (épuisable dans le cas du gaz).

    En ce qui me concerne, l'idée du bitume me semble certes bonne, mais juste un peu meilleure que mettre des pompes à chaleur dans son jardin (rendement du meme ordre, je pense, sauf pour leau chaude directe), et pose de gros probleme d'entretien des routes.
    (i) il faut être juste sous le bitume (5cm ) pour en profiter. les 38 tonnes vont causer la fatigue rapide de toute la tuyauterie. demandez à votre commmune combien de rupture d'egouts dans les rues dues aux racines et aux routes qui se déforment. Dans un circuit fermé, on est encore plus exigeant, pas de fuite du tout, sinon pas de pompage...

    (ii) On ne fait pas si facilement basculer cette profession la (fabrique de route), et la rentabilité qu'elle a apprise avec ces monstres qui terrassent au km et rendent le prix d'une route « relativement » bas. Mais c'est vrai qu'à l'inverse, on peut détourner cet effort technique « remarquable » qui consiste à faire des belles routes.

    L'option des toits me parait d'une certaine rationalité. Maintenant, une fois qu'on a construit le lotissement et ses tristes raquettes de dessertes des pavillons (un non sens environemental, et social, ces raquettes), ouais, le bitume cool est une option.

    • sefero49
      sefero49 answers to timiota
      • Posté à 18h20 le 20/11/2008

      Et en plus, je n'ose imaginer le prix de revient des moindres travaux sur ces routes. Quand on constate le nombre de « réparations » faites sur nos routes françaises, la facture risque d'être salée ! ! !

    • Keldan
      Keldan answers to timiota
      Now future & karpe diem
      • Posté à 16h40 le 24/11/2008
      • Internaute
        Now future & karpe diem

      Merci à toi et à Duncan pour vos précisions.

  • tyglouk
    • Posté à 17h59 le 20/11/2008

    un pull chaud ça marche aussi ! pour le chauffage !

  • duarn
    • Posté à 18h13 le 20/11/2008
    • Internaute

    Et avec cette production d'énergie, le prix des péages d'autoroute va bien baisser ? ... je plaisante...

  • richy
    • Posté à 18h27 le 20/11/2008
    • Internaute

    quel sera le cout pollution de la crétion et de l'entretien de ces réseaux ? et effectivement la casse devrait étre importante sur les routes et autoroutes ;
    sur un parking vl éventuellement !
    mais la théorie est bonne grandes surfaces éxposées,pourquoi pas des célules photovoltaique sur le bitume ? casse ?

  • Pictulo
    • Posté à 18h33 le 20/11/2008

    C'est drôle de voir comment les états-uniens abordent le problème du développement durable : surtout ne pas remettre en cause le niveau de confort des gens. C'est un préalable à toute réflexion. Du coup, des routes productrices d'eau chaude et d'éléctricité, c'est cool. On pourra même construire plein de nouvelles routes en proclamant « c'est bon pour l'environnement ».
    A rapprocher d'un article sur le même thème dans la Rue aujourd'hui : Mc Donalds est champion de l'environnement. Et du coup, plus je bouffe des big mac, plus j'aime ma planète.
    Atterrant de bétise et de vue basse.

    • Czar.
      Czar. answers to Pictulo
      • Posté à 23h10 le 20/11/2008

      non le vrai con, c'est celui qui explique que pour sauver la planète il faut s'habiller en laine de bouc non-lavée, s'arrêter de bouffer du chocolat parce que c'est pas produit à côté de chez soi et se chauffer à 14° en pensant que le monde entier va suivre son exemple.

      Typique des khmers verts qui criminalisent la voiture alors que le seul problème de celle-ci, c'est son mode de propulsion.

      S'il s'agit d'un enjeu vital, l'humanité capable d'envoyer des sondes au bout du système solaire parviendra sans peine à trouver une alternative crédible à un mode de propulsion centenaire. Au luie de casser les couilles à tout le monde en voulant les empêcher de circuler librement.

      C'est la science qui nous donnera une solution à l'enjeu environnemental, pas un revival régressif néanderthalien.

      • Pictulo
        Pictulo answers to Czar.
        • Posté à 10h22 le 21/11/2008

        Le vrai con te remercie. Ton approche scientiste, largement majoritaire dans la pensée moderne, nous conduira dans le mur.
        Je penche pour une vraie modernité qui induit une réflexion sur nos modes de vie actuels. Pas un retour en arrière. Je ne prétend pas qu'il faut vivre au fond des bois. Mais construire des routes en criant « c'est du bio », c'est absurde.

      • A déménagé le 25 octobre
        • Posté à 10h31 le 21/11/2008

        Et quand la science bazarde l'environnement ? Quand les scientifiques se muent en docile serviteur du lobby juridico-marketing ?

        Qu'est-ce qu'on fait, Czar ?
        On continue la mise à sac ? On se couche devant « leurs solutions pour l'enjeu environnemental » comme nos lâches politiciens le font en catimini, en coeur et au coeur de l'Europe ? On montre la voie à nos enfants en leur ouvrant, bien en grand, la bucale ?

        Vous êtes complètement à côté de la plaque, Czar.

        « C'est la science qui nous donnera une solution à l'enjeu environnemental » Voilà que notre couilles-sur-table est prêt à se coucher tel un béni oui-oui.
        Bravo, Raoul.
        T'as juste oublié de te poser la question de savoir de quelle science l'on parle...

        Blaise, néanderthalien sachant prendre marteau et taper sur tête à gros réac.

         
        • Czar.
          • Posté à 13h06 le 21/11/2008

          C'est quoi, sinon le progrès technique, qui a fait comprendre aux hommes les enjeux climatiques ?

          Si l'humanité s'était arrêtée au stade pré-industriel, avec une population qui aurait continué à progresser, on n'aurait absolument conscience dce ce qui se passe, condamnés à subir des évolutions, parfois naturelles (la petite glaciation du XVIIIème s. ou le gros réchauffement de l'An Mil ne devaient rien à la bagnole ou au massacre des baleines, eux)

          Libre à vous de vous palucher sur les Indiens qui vivent en harmonie dans leur environnement mais à ce moment-là soyez cohérents et soyez assez polis de crever comme à à peine 32 ans. Après tout, les médocs, c'est un résidu du conglomérat chimico-pas-bien.

          • Pictulo
            Pictulo answers to Czar.
            • Posté à 16h13 le 21/11/2008

            C'est un peu bas de plafond, tout ça. Qu'attendre de plus d'un réac qui s'en vante ?

            • Czar.
              Czar. answers to Pictulo
              • Posté à 21h20 le 21/11/2008

              entre être réac et une chêvre bêlante à tous vents, j'ai pas choisi le pire.

              Si je suis bas de plafond, toi tu vas nous trouver du pétrole, ma truffe

            • renlog
              renlog answers to Pictulo
              • Posté à 02h40 le 22/11/2008

              Et pourtant czar a raison.

              En tant qu'espèce, notre plus grand talent c'est la capacité à développer des technologies.

              Et ça ne date pas d'hier.

              Le jour où nous nous sommes retrouvés sans fourrure et sans plumes, nous avons immédiatement eu recours à la technologie (les vêtements).
              Et rebelote quand nous avons constaté que nous n'avions ni crocs et ni griffes (armes… outils).

              D'un autre côté, l'une de nos plus grandes faiblesses c'est que nous sommes incapables de changer nos habitudes sans qu'on nous y force. Nous y sommes même activement hostiles.

              Confrontés à une telle crise, il me semble parfaitement logique et souhaitable que nous mettions l'accent sur nos points forts, tout en essayant de minimiser nos faiblessses.

              Oui, je sais, la technologie a un côté négatif.

              Ceci dit, si vous trouvez une seule chose sur cette planète qui n'a pas un côté négatif, je vous conseille de la mettre sous verre.

              Vous ferez fortune en vendant des billets aux foules qui viendront voir l'objet rare.

        4 other comments
  • General Subverciòn
    • Posté à 18h39 le 20/11/2008

    MeuuH noooooon ! ,c'est pas dangereux...

    Lien

  • Houvaton nouveau compte
    • Posté à 19h25 le 20/11/2008

    J'ai le sentiment que rue89 nous amuse avec des solutions alternatives dont la plus tordue jusqu'à présent est celle de l'expert scientifique Hi-tech avec des éoliennes cerf-volants placées à 10000 mètres d'altitude.

    Moi, ce que je veux savoir c'est :
    Je suis propriétaire de mon terrain, je passe 6 mois pour trouver le meilleur emplacement en fonction du vent ok, et après :
    - comment je me la construis mon éolienne ?
    - son prix ? Echelle des prix suivant que je la construis ou que je l'achète
    - je l'achète où (qui en fabrique ? )
    - quels sont en kwatt les besoins annuels d'un foyer ?
    - combien peut produire une petite éolienne ?
    - quels sont les divers types ? car il existe aussi des éoliennes sans pâles à hélices verticales etc ?
    - Où en sont les expériences à Montpellier ? (installation de petites éoliennes à hélices sur toit d'immeubles)
    - l'énergie éolienne peut-elle être stockée et si oui comment ?

    Je pose ces questions car je veux être AUTONOME d'un point de vue énergétique et je suis sûr que c'est possible.
    Le sieur Pierre Vandeginste | Journaliste scientifique n'ayant pas souhaité répondre à mes questions citoyennes, j'ai eu le bonheur de « tomber » sur une vidéo diffusée avant-hier sur Dailymotion :

    Lien

    La solution, la révolution est là : dans les petites éoliennes à hélices verticales : silencieuse, pas de hachoirs pour les oiseaux, 50% plus performante que celles avec des pâles. Pas besoin d'être reliée à l'informatique car sa prise au vent est de 360° ! S'installe aussi bien sur les toits d'immeubles.
    Un seul fabriquant dans toute l'Europe : l'entreprise Lien

    Alors pourquoi tourner autour du pot ? Pourquoi n'y-at-il qu'une seule entreprise en Europe sur un produit qui pourrait nous rendre chacun, totalement indépendant des lobbies nucléaires gaziers et pétroliers ? ? ? ? (on peut coupler tripler avec d'autres solutions alternatives si nécessaire, pas de problème)

    Pourquoi Rue89 et Eco89 ne se mouillent-elles pas sur des solutions CONCRETES qui existent déjà ? ? ? ?
    Qu'en est-il en Amérique du Nord ?

    • Hélène Crié-Wiesner
      • Posté à 20h54 le 20/11/2008
      • Internaute
        Binationale

      Bon, je ne peux pas repondre pour les entreprises, hein ! A mon avis, quand elle verront qu'il y a un marche, elles se decideront. C'est ce qui s'est passe au cours des dix dernieres annees avec le « grand eolien ». A propos de votre toit a vous, a tout hasard, jettez un oeil a l'un de mes anciens papiers sur Rue89 : LienLien Et puis, vous demandez ce aui se passe en Amerique du Nord ? Plein de choses> J'essaie d'en parler regulierement sur ce blog.

      • Houvaton nouveau compte
        • Posté à 19h40 le 21/11/2008

        Le marché est bel et bien là !
        Sauf qu'en France si ce marché se développe il pourrait faire du tort à EDF AREVA ... d'abord quelques petits pourcentages de parts de marché en moins et puis un peu plus jusqu'à toucher le domaine militaire (avec quoi fabrique-t-on la bombe d'après vous ? ) ... voilà pourquoi les pouvoirs soit-disant publics ne donnent aucune info sur ce type d'éolen.
        Faut pas chercher ailleurs.

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