American Ecolo

Les débats sur l'environnement vus par Hélène Crié-Wiesner, spécialiste française vivant en Caroline-du-Nord.

Faute de cash, les Américains se mettent au troc

Publié le 25/02/2009 à 15h48


Un trader au New York Stock Exchange (Brendan McDermid/Reuters).

(De Raleigh, Caroline-du-Nord) Ça a la saveur d’une rébellion communautaire contre le système bancaire, une allure de déjà-vu utopiste admirable, le goût d’une initiative altermondialiste. En fait, non : si le troc refait brusquement surface aux Etats-Unis depuis quelque mois, c’est surtout pour permettre à la société marchande de tenir bon en attendant le retour de jours meilleurs.

Le pragmatisme aigu des Américains m’étonnera toujours. Les banques ne prêtent plus aux entreprises ? Le robinet du crédit à la consommation s’est tari ? Il n’y a plus assez de cash en circulation ? Qu’à cela ne tienne : vive le troc !

Attention : un troc à l’échelle supersonique, celui qui va permettre aux entreprises de rester à flot et de ne pas perdre leurs marchés, aux restaurants de continuer à remplir leurs salles, aux cabinets médicaux de rentabiliser leurs scanners et leurs labos d’analyse, aux instituts de beauté de continuer à botoxer et purifier, aux garages d’écouler jusqu’à leurs 4x4. Et ce, sans que ces transactions n’impliquent la circulation du moindre dollar.

Echange trois consultants contre nouvel équipement informatique

Rien à voir, donc, avec « une coupe de cheveux contre une tonte de pelouse ». Ce genre d’échange amical, même quand il est codifié comme en France par l’usage des SEL (système d’échange local, une monnaie alternative utilisée dans les pays francophones, et dans le monde sous d’autres dénominations), existe bien sûr aux Etats-Unis.

Il est pratiqué un peu partout sur le territoire américain, avec le recours à des « monnaies » locales, tel le LET’s (Local exchange trading system), inventé au début des années 80 par des Canadiens.

Avec le troc appliqué à la grosse économie, on passe dans une autre dimension. Genre :

« Je mets trois consultants de mon cabinet à votre disposition pour vous assister dans votre étude de marché. De votre côté, vous renouvelez l’équipement informatique de ma société, et vous me fournissez une nouvelle photocopieuse couleur. »

Des plates-formes d’échanges qui ressemblent à des chambres de compensation

En fait, à ce niveau de valeur des prestations, les échanges ne se font pas directement entre troqueurs. Des sociétés spécialisées se sont créées, qui ressemblent à des banques à bien des égards. Voici l’argumentaire commercial de l’une d’elles, Tradebank Cashless Commerce, qui résume très clairement leur activité à toutes :

« Ne serait-ce pas formidable d’avoir la liberté d’acheter exactement ce dont vous avez envie, rien qu’en échangeant des biens et des services ?

Chez Tradebank, nos clients ont toute la souplesse nécessaire pour utiliser leurs “crédits d’échanges” comme ils veulent, où ils veulent, dans notre réseau international de fournisseurs. »

Le « trade credit », ou trade dollar, équivaut au dollar monétaire du pays où il est possédé.

Cela semble facile, non ? Eh bien, ça l’est ! Tradebank fournit une plate-forme d’échanges à ses clients, un peu comme des chambres de compensation avec des titres boursiers, ou une banque commerciale avec des chèques. Comme n’importe quelle société de courtage, Tradebank perçoit une commission sur chaque transaction :

« Notre service inclut votre mise en contact permanente avec de nouvelles opportunités d’échange, facilitant ainsi vos options d’achat, et l’enregistrement automatique de vos transactions. En outre, ces dernières sont immédiatement créditées, évitant ainsi toute dette intempestive. »

Evidemment, pareille philosophie n’a guère à voir avec les fameuses banques du peuple sans circulation d’argent, imaginées en 1848 par Joseph Proudhon. Mais nous sommes aux Etats-Unis, au XXIe siècle, hein !

Travaux d’impression contre dîners au restaurant

Quelques exemples concrets, près de chez moi, relevés dans la presse de Caroline du Nord, où le troc est solidement installé.

Tim G. est garagiste à Raleigh. Juste avant la crise, il avait investi toutes ses économies dans l’achat d’un vieux bâtiment industriel qu’il devait retaper et transformer en grand atelier. Pour cela, il comptait sur un prêt bancaire. Patatras, plus de crédit possible !

Pour 500 dollars, Tim s’inscrit à Barter Business Exchange, l’une des sociétés de troc les plus anciennes des Etats-Unis (1994), justement basée à Raleigh.

En échange de prestations à valoir dans son premier garage en activité, il voit arriver plombiers, peintres, électriciens, dératiseurs, et tous les professionnels (clients du même courtier en troc) dont il a besoin pour terminer ses travaux. Son nouveau garage a pu ouvrir en janvier.

Paula C. possède une petite imprimerie à Charlotte. Ses clients habituels sont presque tous en faillite, ou archi fauchés. Va-t-elle aussi mettre la clé sous la porte ? Que nenni ! Grâce notamment à Barter Brokers International, elle troque des travaux d’impression contre des dîners au restaurant, elle s’offre des nouvelles lunettes, bref, elle continue à vivre normalement « en dépit d’une absence presque totale de rentrées d’argent ».

Paula et son mari sont des vieux routiers de ce type de transaction. Quand ils ont quitté New York en 2007 pour s’installer en Caroline du Nord, ils étaient déjà clients de Tradebank et de Synergy Street Trade. Grâce à ces deux réseaux, ils ont pu échanger en 2008 des services et des biens pour un montant estimé à 22 000 dollars.

En découvrant l’ampleur de ce qui se fait aux Etats-Unis en matière de troc, je me suis souvenu de la polémique enflammée qui avait saisi la France dans les années 90 : l’usage des SEL avait commencé à faire de l’ombre aux artisans, et surtout le fisc français s’en était mêlé, estimant que toutes ces activités économiques parallèles échappaient aux taxations légales.

On dirait que tout le monde s’est calmé, si j’en crois cet article sur l’économie solidaire dans Wikipédia-France :

« Les SEL sont généralement tolérés par les administrations fiscales, à condition de rester de modestes structures d’entraide citoyenne. »

A chacun sa « monnaie »

Il semble qu’aux Etats-Unis les autorités fiscales de l’Internal Revenue Service se sont adaptées très vite à l’essor du troc. La valeur des biens et services reçus est tout simplement traitée comme un revenu pour les entreprises qui en profitent.

Mais cet « achat » peut naturellement être déduit du chiffre d’affaires, pour sa valeur en « vrais » dollars. D’ailleurs, la plupart des « banquiers du troc » fournissent les imprimés du fisc ad hoc à leurs membres.

Ceci pose la question de la « monnaie » utilisée lors des transactions. Apparemment, chaque société de troc à but lucratif a la sienne propre, qu’elle ait ou non une dénomination. Quand il s’agit d’échanges entre entreprises, comme décrits plus hauts, et que les transactions se font par le biais des banquiers troqueurs, les choses restent simples.

Mais les particuliers ont eux aussi de plus en plus recours au troc. Et la plupart du temps, ils passent par des associations à but non lucratif, militantes, communautaires, altermondialistes ou religieuses (on trouve tout en Amérique). Dans ce cas, les « monnaies » utilisées sont innombrables et varient selon les régions.

Une précision, enfin : pourquoi traiter du troc dans le blog American Ecolo ? Parce que la plupart des groupes oeuvrant pour un meilleur environnement, pour la préservation de la planète, pour une répartition équitable des richesses et des ressources, appellent de leurs vœux un changement des rapports économiques et sociaux. La généralisation du troc est en général une chose qu’ils favorisent.

Or, la pratique du troc aux Etats-Unis, sa récupération par l’establishment, est l’exemple de l’évolution d’une utopie vers une réalité… disons, inattendue.

A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89
Tous les articles d’American Ecolo

Ailleurs sur le Web
► Du troc vraiment alternatif, Asheville Lets et Ithaca Hours, en anglais
Sur l’historique et le fonctionnement des monnaies alternatives sur Wikipédia, en anglais

Photo : Un trader au New York Stock Exchange (Brendan McDermid/Reuters).

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  • lauent
    lauent
    homme libre
    • Posté à 15h59 le 25/02/2009
    • Internaute 62262
      homme libre

    Aussi allergique soit-on parfois aux Américains, leur pragmatisme en effet a de quoi nous surprendre - et nous inspirer, au-delà de l’élection d’Obama.

    A propos de troc, je témoigne que je le vois revenir en douce un peu partout, jusque sur nos marchés.

    Et pour conclure sur une note plus optimiste encore, pourquoi ne pas réinventer aussi nos revendications, nos protestations, nos imaginations pour un monde plus juste, ou carrément meilleur ?

    Voici en tout cas des propositions à retravailler/améliorer :

    « Rêve éveillé… “
    19 mars, début d’un rêve général : Poésies et paroles libres partout, nouveaux slogans émancipateurs, nouvelles approches les uns des autres…

    Il s’agit de TOUS se donner la main !

    Voici, vite jetées sur le papier, quelques simples bases à améliorer
    pour des slogans vraiment nouveaux, permettant une nouvelle approche de
    toutes les questions, une nouvelle chance pour une nouvelle fraternisation :

    - ‘ Faisons reculer les comportements de profitation : au pouvoir comme entre nous ’

    - ‘ Ni droite, ni gauche, ni centre, ni extrêmes : grève des étiquettes, grève des politiques ’

    - ‘ Cessons de faire de nos différences des différends : grève générale illimitée de tous les jugements ’

    - ‘ Revenu minimum universel de survie (1)

    - Boycott illimité généralisé de la pseudo démocratie, assemblées souveraines partout ’

    - ‘ Plus de lois figées pour nous rétrécir, partout des règles souples à adapter à l’humain, de simples cadres ouverts ’

    - ‘ L’imagination au sommet de nos vies ’

    - ‘ Soyons réalistes, visons le paradis ’

    (1) petite explication rapide : il s’agit de créer une mise à l’abri minimale de tous les êtres humains, par un revenu minimum universel de survie décent, adapté et équitable ; revenu distribué en contrepartie d’un service civique rotatif volontaire, auquel chacun consacrerait - à la carte - tant d’années d’existence au cours d’une vie, dans les domaines de son choix.

    Ceci nous libérerait de l’obligation salariale.
    Toutes nos autres activités, occupant pleinement l’essentiel de nos vies, ne seraient alors plus commandées par la malédiction du ‘ pain gagné à la sueur de nos fronts ’, mais obéiraient à notre créativité sans contrainte.”

    l’article intégral sur :
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    • padiran
      padiran répond à lauent
      Chroniqueur Grolandais
      • Posté à 21h30 le 25/02/2009
      • Internaute 5159
        Chroniqueur Grolandais

      C’est pas contagieux j’espère ?

      • Utilisateur désinscrit à sa demande
        • Posté à 00h00 le 26/02/2009
        • Internaute 70482
          nc

        Ni dieu, ni maître, qu’ils disaient : -)

        Imagine la tronche de Ravachol découvrant l’existence de l’anarchisme évangélique...

         
        • lauent
          • Posté à 09h17 le 26/02/2009
          • Internaute 62262
            homme libre

          Ravachol, paix à son âme, n’a pas le monopole de l’anarchie, qui commence il y a 2000 ans avec un certain Jésus, l’homme qui délia les hommes de tous les dogmes, de toutes les autorités et qui pour cela fut lui aussi assassiné.

          Ni religion, ni chefs.
          Fraternellement.

          Sur l’histoire de l’anarchie en relation à l’évangile, ce magnifique appel libertaire encore en attente d’accomplissement :
          Lien

          • Utilisateur désinscrit à sa demande
            • Posté à 11h42 le 26/02/2009
            • Internaute 70482
              nc

            Certes. Y a l’affreux Proudhon (quel faux-cul sexiste, celui-là), Louise Michel, les Reclus (je suis fan), etc.

            Mais arrête tes conneries : ton petit prophète galiléen s’est déjà fait coller tant d’étiquettes et récupérer par tant d’affairistes véreux (dont l’immonde Saül de Tarse, ce Bernard Tapie des culs-bénis) qu’il ne lui reste pas un centimètre carré de peau à l’air libre.

            Je vais pas rouvrir le débat, mais Jésus, c’est comme une poupée vaudoue : on la pique en projetant dessus sa frustration ou ses désirs. L’évangile chrétien, que je connais sur le bout des doigts, n’a vraiment rien d’un credo libertaire, et encore bien moins anarchiste.

            Tu fais comment avec les épitres de Paul ? Plus réac que lui, je connais que les Talibans.

            Et même si tu rejettes Paul, tu vas avoir l’air fin d’argumenter avec un fin connaisseur de l’histoire chrétienne (et de l’anarchie, qui est mon idéal) dans mon genre... Mais si ça te dit, pourquoi pas... J’ai pas trop de boulot en vue à l’atelier aujourd’hui et j’adore papoter.

            « L’évolution s’est faite, la révolution ne saurait tarder. »
            Élisée Reclus

            • ydcl
              • Posté à 15h08 le 26/02/2009
              • Internaute 17421

              Jesus a été le premier homme-sandwich ! Il a fait de la pub, pour des clous !

            • zénon denon 84
              • Posté à 10h52 le 27/02/2009
              • Internaute 30028
                Bonne

              Bon ,c’est vrai aussi ,que le bonhomme
              (d’aprés ce qui a été dit )bien longtemps
              aprés sa mort ...n’a rien écrit du tout _point barre_

              Il s’est contenté de vivre-comme il l’entendait-
              aprés ,me semble-t-il, avoir été « initié » à une forme
              de sagesse de vie -venant - de l’Egypte-
              Diable,,,,,,,,,,oui ,c’est tout bête,mais n’allez pas
              avec difficultés chercher ce qui est assez simple .

              Son propos à lui -Sa vie terrestre le démontre -
              était toute claire .
              Ouvrir les yeux .voir ce qui est présent ,et allerter ses semblables
              -prisonniers- de l’occupant Romain -et en plus
              sous la coupe de mecs du temple ...

              Donc une révolution , qui ne plaisait ,ni à ses copains juifs
              ni aux envahisseurs du pays .Vaste sujet .Oui.
              qui selon lui dévait être résolu par la sagesse ,ou du
              moins par la non violence ...et les pouvoirs immenses de l’homme

              Le reste_tout le reste _
              toutes les interpretations qui suivirent depuis + de 2000 ans
              ne sont que des adjonctions de ce qu’un seul homme
              a Vécu .
              Et que l’exemple à fait comprendre ,à tous .(parabole).

              Que touit devient possible(même le tragique)
              quand on y croit -fortement- et intimement -

              C’est ça une révolution . Sa révolution . Croyez pas ?

          • Mougik
            Mougik répond à lauent
            Loser imperturbable
            • Posté à 13h34 le 27/02/2009
            • Internaute 70567
              Loser imperturbable

            « Ravachol, paix à son âme » ... du pour foutage de gueule ça, paix à l’âme d’un anticlérical... pure provoc’ .

            Ni DIEU ni maitre , l’un ne va pas sans l’autre, point .
            « Ni religion, ni chefs » dis tu ? Espèce de Tartuffe !

            Ton évangélisation de rue89, c’est pas gagné !

        • Mougik
          Mougik répond à Utilisateur désinscrit à sa demande
          Loser imperturbable
          • Posté à 13h21 le 27/02/2009
          • Internaute 70567
            Loser imperturbable

          Je suis anar, et trouve ce qu’il dit juste affligeant.
          Mais oui tu es anar, petit croyant... Pas de maitre vraiment, pas même ton dieu ? (d’ailleurs si tu te réfère a l’évangile tu l’appelle comment, « seigneur » ? .. )

          Des pseudos anars qui ont plus l’air de Trolls qu’autre chose ça commence a pulluler, manque plus qu’un anarcho-capîtaliste , et ils pourront former un trio avec l’autre anarcho-patriote...

          « Ni droite, ni gauche, ni centre, ni extrêmes : grève des étiquettes, grève des politique »... ouaaaai arrêtons d’avoir des opinions et prions tous ensemble ! ! : x
          « Cessons de faire de nos différences des différends : grève générale illimitée de tous les jugements »... je comprend que ça t’arrange une grève du jugement...
          « Il s’agit de TOUS se donner la main ! “...je préfère refuser de donner la mienne a un paquet de gens, et j’en suis même fier...

          Je m’arrête la, suis écœuré (je devrai avoir l’habitude pourtant)
          Et je continu de penser que ce type est un pur troll.

          • Mougik
            Mougik répond à Mougik
            Loser imperturbable
            • Posté à 13h23 le 27/02/2009
            • Internaute 70567
              Loser imperturbable

            Oups petite erreur, ce post est bien sur en réponse au post de Lauent, et non de Cyp, navré.

        8 autres commentaires
      • lauent
        lauent répond à padiran
        homme libre
        • Posté à 03h41 le 26/02/2009
        • Internaute 62262
          homme libre

        « Contagieux » ?
        Quoi donc ami ?
        Le troc ? La fraternité ?

        (ceci dit j’ai conscience d’avoir légèrement débordé du sujet, attiré par cette notion de troc si inattendue ici, et que de fait je vois revenir discrètement comme « réponse » solidaire à nos difficultés de survie - je suis rmiste, après 2 ans sdf.)

        Déborder ?

  • jean breton
    • Posté à 17h12 le 25/02/2009
    • Internaute 51943

    Pendant ce temps-là, au Crédit Agricole, à la BP, à la Société Générale, on relance des campagnes de recrutement de...mathématiciens.
    Comme au bon vieux temps.
    Un nouveau truc, par exemple, parier sur les dérivées secondes (les accélérations) à la baisse des courbes d’évolution des actions.

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 17h57 le 25/02/2009
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Il y a un truc que j’ai du mal à comprendre... Ils ont brulé les billets de banque pour en arriver là ?
    Appartement il y a du travail, donc si Al échange un service avec Bod, cela revient exactement au même que si Al payait Bob pour un service et que Bob utilisait cet argent pour payer Al pour un service.
    La seule différence c’est qu’ils utilisent une valeur unitaire comme reconnaissance de dette, et qu’on peut intégrer autant d’autres intervenants qu’on veut, sans devoir chercher quelqu’un de spécifique pour l’échange.

    • kasar
      kasar répond à Keldan
      • Posté à 22h25 le 25/02/2009
      • Internaute 542

      Mais non, l’économie tourne grâce au crédit, et du crédit aux States, y en a plus, vu que leur système bancaire est ... mort ?

  • bonbon rose
    bonbon rose
    à croquer
    • Posté à 18h40 le 25/02/2009
    • Internaute 52604
      à croquer

    Je troquerais bien le Pokémon qui nous gouverne contre quelque chose d’autre, mais quoi ?

  • richy
    • Posté à 18h40 le 25/02/2009
    • Internaute 38388

    probléme ,le fonctionnaire est payé comment ?
    car plus de rentrées d’argent pour l’état ! ! pas de tva par exemple !

    • Pseudo
      Pseudo répond à richy
      Enfin libre : -)
      • Posté à 19h17 le 25/02/2009
      • Internaute 25947
        Enfin libre : -)

      Ben oui, c’est la question que je me posais. Parce que ça peut aider les entreprises en difficulté effectivement, mais ça peut aussi être un moyen pour les entreprises de faire des affaires sans taxes.

      Et par exemple, en ce qui concerne le garagiste, s’il n’y a plus d’argent pour entretenir les routes, à quoi sert de monter un garage ?

      • Hélène Crié-Wiesner
        Hélène Crié-Wiesner répond à Pseudo
        Binationale
        • Posté à 19h35 le 25/02/2009
        • Internaute 57
          Binationale

        Non, les entreprises qui passent par les courtiers en troc sont obligées de déclarer la valeur de leurs échanges. Elles paient donc des taxes en « vrai argent », comme je l’indique dans l’article. Quant à l’argent pour entretenir les routes, eh bien... à quoi ça servirait que Obama se décarcasse avec son stimulus plan ? A améliorer les infrastructures, il a dit.

         1 autres commentaires
    • kasar
      kasar répond à richy
      • Posté à 22h29 le 25/02/2009
      • Internaute 542

      Dans ce monde-là, il n’y a plus de fonctionnaires.
      Et un toubib américain doit payer son train de vie, donc ils font peut-être du troc aussi.

      Le problème à mon avis, c’est que le Troc, voire le Don, forme supérieure du commerce, ça marche pour une société à croissance zéro.

      Là les américains se démerdent, car ce sont de formidables bosseurs et des vrais démerdards. Mais c’est un artefact.

      Le capitalisme ultra-libéral est presque mort, et à moins de se protéger derrière des murs (ce qu’ils feront à n’en pas douter), ils ne s’en sortiront pas. Ca j’en suis bien certain.

      A moins qu’ils nous fassent une bonne guerre, logique du cycle capitaliste. Qu’ils crèvent tous.

  • flixp
    flixp
    Aboyeur
    • Posté à 18h59 le 25/02/2009
    • Internaute 34063
      Aboyeur

    Erreur, oups mauvais endroit

  • brazz
    • Posté à 19h58 le 25/02/2009
    • Internaute 40271

    Ils ont retrouvé les SEL ?

  • Lemmy_Nothor
    Lemmy_Nothor
    - Gone fishing !
    • Posté à 20h42 le 25/02/2009
    • Internaute 12434
      - Gone fishing !

    Les traders font du troc, et ceux qui ont besoin de fric, vu que les banques ne prêtent plus beaucoup, mettent leur Rembrandt au « clou » ( de luxe)

    Lien

    • kasar
      kasar répond à Lemmy_Nothor
      • Posté à 22h32 le 25/02/2009
      • Internaute 542

      En ce moment il y a de formidables affaires à faire pour les grattes de collec aussi. Les « ruinés » bradent des instruments qu’ils ont sans doute peu fait sonner. Ils vendent aussi des vinyls qui ressortent depuis un moment.

      L’ultra-consommateur qu’était le « ruiné » a fait monter les prix à mort. Maintenant ça baisse, que ceux qui peuvent en profitent : o)

  • Fa414
    Fa414
    DNP
    • Posté à 21h27 le 25/02/2009
    • Internaute 53999
      DNP

    Comme quoi, favoriser la « généralisation du troc » de saurait suffire à « un changement des rapports économiques et sociaux ».

    A quoi bon troquer, si c’est pour reproduire les mêmes schémas d’exploitation ?

    A quoi bon troquer, si c’est toujours pour perdre sa vie à la gagner, quand bien même on ne paierait plus son beefsteak à coup de biftons, mais de biblots ?
    A quoi bon troquer, si c’est pour que les plus puissants finissent par en amasser, en capitaliser donc, l’objet (les objets...) ?
    A quoi bon troquer, si nous sommes toujours asservi-e-s à la machine économique et politique, quelle que soit sa forme, toute « alter » qu’elle puisse sembler ?

    Ce texte devrait servir d’avertissement aux alter-boboïsants : il ne suffira pas de paraitre pour changer ce monde, il faudra d’abord lutter !

    Salutations libertaires !

    • kasar
      kasar répond à Fa414
      • Posté à 22h32 le 25/02/2009
      • Internaute 542

      Yes ! LA devise : « ne perdez pas votre vie à la gagner ! ! ! »
      Turn on, tune in, drop out ! ! !

    • fde
      fde répond à Fa414
      technicien
      • Posté à 11h08 le 26/02/2009
      • Internaute 49800
        technicien

      Il y a quand même une différence entre capitaliser des objets et capitaliser de l’argent.

      L’argent est une mesure virtuelle de votre crédibilité ; cela veut dire non seulement une mesure de la confiance qu’on vous accorde, mais aussi, et implicitement, du nombre d’individus que vous dominez parce qu’ils vous sont débiteurs (n’oubliez pas que l’argent correspond aussi à de l’endettement ; c.f. les discussions qui ont été faites ici relativement à la création monétaire).
      En ce sens, l’argent symbolise votre hiérarchie dans une sorte de système de gouvernance économique. Et c’est un système qui n’est pas particulièrement démocratique (je trouve même qu’il a une saveur féodale) mais qui est par contre très efficace et puissant.
      Et comme l’argent est virtuel, il n’y a pas de limite à la manipulation de l’argent. Et il n’y a potentiellement pas de limite à votre pouvoir par l’argent.
      Et c’est peut-être parce que l’argent c’est du pouvoir qu’il n’y a pas de satiété pour l’argent.

      Un objet est concret. Et là, vous vous retrouvez avec des limites physiques. C’est plus difficile de manipuler des objets concrets. Et c’est bien pour ça que l’argent est très utile pour virtualiser les biens ! De même, le sentiment de satiété arrive vite (à mon avis, vous allez commencer à vous ennuyer au bout de votre 100eme porsche). Et puis, il y aura forcément une limite à votre pouvoir, si vous vous contentez de manipuler des objets concrets.

      En ce qui me concerne, je sais très bien ce que je ferais avec 1M€, alors que cela m’emmerderais d’avoir un million de brosses à dents...

  • siko
    siko
    capitaliste révolutionnaire
    • Posté à 12h00 le 26/02/2009
    • Internaute 38962
      capitaliste révolutionnaire

    Terrible cet article. Est-ce que vous auriez plus d’infos sur le mécanisme des sociétés qui gère ces bourses d’échange.

    • Hélène Crié-Wiesner
      Hélène Crié-Wiesner répond à siko
      Binationale
      • Posté à 16h39 le 26/02/2009
      • Internaute 57
        Binationale

      N’étant pas une économiste, j’aurais du mal à entrer dans les détails qui vous intéressent. Mais si vous lisez l’anglais, cliquez sur n’importe quel des liens mentionnés dans l’article, et vous aurez tous les détails des mécanismes en question. Je dis bien : tous. Non seulement c’est assez transparent (ça doit l’être, car les troqueurs sont des gens méfiants, normal), mais en général, les Américains ne sont pas du tout gênés de donner leurs recettes, ça prouve qu’ils sont des bons businessmen. Le riverain bzorglub (post ci-dessous) est allé sur le site de Tradebank, un des plus explicites, en effet.

  • obella
    obella
    female
    • Posté à 12h51 le 26/02/2009
    • Internaute 71436
      female

    c’est une solution à la crise actuelle. Les americains utilsent maintenant le troc comme les mauritaniens.
    Lien

    • bzorglub
      bzorglub répond à obella
      techcom
      • Posté à 14h10 le 26/02/2009
      • Internaute 71463
        techcom

      Bonjour a tous,
      je ne veux pas vous decevoir mais allez jeter un oeil sur le site mentionne :
      Lien
      ca ressemble mechamment a une entreprise commerciale comme une autre qui surfe sur la crise..... : ( sad but true.
      BZ.

  • 187-to-NWO
    187-to-NWO
    Activiste
    • Posté à 16h04 le 26/02/2009
    • Internaute 68950
      Activiste

    Article à voir ;

    La politique de l’Histoire

    « Comment percevons-nous notre culture ? Comment nous comprenons-nous en tant qu’êtres en manque de signification ? Nous sommes socialisés et nous vivons dans des cultures complexes desquelles nous extrayons l’essence même de notre identité, mais en même temps, nous construisons également ces cultures. Comment ce processus est-il accompli ? Quelle est la nature de ces processus culturels… ?

    Lien

  • BGY
    BGY
    ouvrier
    • Posté à 16h58 le 26/02/2009
    • Internaute 71388
      ouvrier

    ILS NE SONT PAS A PLEINDRE. ONT S’EN FOU.

    • Hélène Crié-Wiesner
      Hélène Crié-Wiesner répond à BGY
      Binationale
      • Posté à 17h17 le 26/02/2009
      • Internaute 57
        Binationale

      Qui sont ces « ils » qui ne sont pas à plaindre, et dont vous vous foutez ? Les Américains, je suppose... Ben cher monsieur, même si ce que je vais dire n’a rien à voir avec l’article ci-dessus, je tiens à vous faire remarquer quelque chose : Le nombre de pauvres aux US est énorme. Depuis quelques mois, ça s’aggrave à toute vitesse. Les abris pour... sans-abris ne peuvent plus faire face, des familles entières s’y entassent, des gamins ont faim quand ils vont à l’école, et ces gens-là n’ont pas droit à la CMU ou au chômage, comme en France, tout bêtement parce que la plupart du temps, ils occupaient des emplois de merde, une semaine par ci, un jour par là, donc pas déclarés. Maintenant, ils n’ont plus rien du tout. (Et même quand on a assurance médicale, donc un boulot correct, le « ticket modérateur » est plus élevé que la visite plein pot en France.) Donc, oui, en France c’est la crise aussi, je sais. Mais comparée à la crise aux Etats-Unis, C’EST RIEN DU TOUT. Alors, arrêtons de dire que TOUS les Américains sont des richards-plein-de-fric-qui-exploitent-le-pôvre monde.

      • BGY
        BGY répond à Hélène Crié-Wiesner
        ouvrier
        • Posté à 17h28 le 26/02/2009
        • Internaute 71388
          ouvrier

        Je parles des traders.........
        Les Americains subissent la crise comme nous je le sais bien.

         
        • Hélène Crié-Wiesner
          Hélène Crié-Wiesner répond à BGY
          Binationale
          • Posté à 17h35 le 26/02/2009
          • Internaute 57
            Binationale

          Bon, merci de le préciser. Désolée de m’être énervée...

          • BGY
            BGY répond à Hélène Crié-Wiesner
            ouvrier
            • Posté à 17h50 le 26/02/2009
            • Internaute 71388
              ouvrier

            Les traders font des salaires hors norme.
            S’ils ont sont la ils avaient qu’à epargner au lieu de flamber.
            La moral de l’histoire de la sigale et la fourmis ne les a pas guidés.......

          • puresonic
            puresonic répond à Hélène Crié-Wiesner
            Contempteur irascible
            • Posté à 22h37 le 26/02/2009
            • Internaute 55211
              Contempteur irascible

            Vous pouvez vous ré-énerver car moi je m’en fout vraiment....
            Hum.... le seul problème c’est que s’ils sont vraiment à sec, on aura peut-être droit à une grosse guerre......
            Hum.. histoire, histoire......

        3 autres commentaires
  • g.fec.nk
    g.fec.nk
    ouvrier intérimaire
    • Posté à 12h06 le 27/02/2009
    • Internaute 59679
      ouvrier intérimaire

    Merci pour ce super article.

    Ca laisse pensif.

    Conclusion :

    - pour faire réparer ma vielle guimbarde, je vais tondre la pelouse de mon garagiste ;
    - pour faire le plein de patates, je vais faire des travaux de peintures chez mon maraîcher ;
    - Et pour payer mes frais bancaires ?

    En tout cas, la démarche est instructive.

    Bonne continuation.

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