American Ecolo

Les débats sur l'environnement vus par Hélène Crié-Wiesner, spécialiste française vivant en Caroline-du-Nord.

Ces Français qui voulaient faire la révolution aux Etats-Unis

Publié le 02/05/2010 à 15h36


La couverture du livre « Révolutionnaires du nouveau monde » de Michel Cordillot

Luttes sociales, luttes écologiques : pourquoi ces luttes suivent-elles des voies si désespérément parallèles ? Le livre de l’historien Michel Cordillot, « Révolutionnaires du nouveau monde », ne répond pas plus à la question qu’il ne la pose. Mais l’actuel contexte américain, chargé en catastrophes industrielles, oblige à entrelarder sa lecture de questions annexes.

Cette extrapolation est très personnelle. Sinon, comment un ouvrage sous-titré « Une brève histoire du mouvement socialiste francophone aux Etats-Unis (1885-1922) » se trouverait-il chroniqué ici dans American Ecolo ? Le lien est ténu, mais pourtant solide. Il mêle émigration, intégration culturelle, immersion politique, constat écologique et social.

Le mazout engluant le golfe du Mexique relègue déjà aux oubliettes la mort des onze employés de la plate-forme pétrolière. A l’inverse, le sort des 29 mineurs de Virginie occidentale victimes d’un coup de grisou le 6 avril a encore une fois occulté les ravages de l’industrie du charbon sur l’environnement, notamment sur les montagnes des Appalaches.

Les populations les plus touchées par les pollutions sont toujours les déclassés, les minorités, les sans-grade. Aux Etats-Unis, il y a un terme pour cette situation particulière : « environmental justice ».

Il est vrai qu’à l’époque des agitateurs sociaux dont Cordillot raconte l’histoire, ces sujets-là n’étaient évoqués par personne. Maintenant, on sait : on ne devrait plus oublier l’écologie quand on se pique de social.

Les immigrés d’hier sont devenus l’élite

Aujourd’hui, les immigrés d’Amérique, héritiers naturels de ceux évoqués dans ce livre, travaillent rarement sur les champs pétroliers, gaziers ou dans les mines de charbon. Ces jobs sont réservés à une élite ouvrière locale, elle-même descendante d’immigrés européens, qui n’échangerait surtout pas son sort contre celui des Latinos cantonnés aux chantiers du bâtiment et des routes.

Leurs avantages sociaux ont été arrachés de haute lutte aux compagnies américaines par des hommes obstinés et courageux qui, dès la fin du XIXe siècle, surent s’organiser et faire plier propriétaires, patrons et gouvernement. Leurs conditions de vie étaient alors épouvantables.

La plupart de ces travailleurs venaient, seuls ou en famille, d’une Europe qu’ils avaient fuie en croyant trouver mieux en Amérique. Le livre rappelle un fait communément ignoré :

« Si les travaux historiques bien informés mentionnent, de manière souvent assez détaillée, le rôle joué dans l’histoire sociale des Etats-Unis par les immigrés de diverses origines (Allemands, Irlandais, Italiens, Juifs, Bohémiens, Finlandais ou encore Russes), ils restent en général désespérément muets sur celui des Français. »

Michel Cordillot connaît bien son affaire. Professeur à l’université Paris-VIII, il est un grand spécialiste des luttes politiques en général, et surtout de l’Amérique contestataire. C’est lui qui a coordonné et rédigé « La Sociale en Amérique », paru en 2002, sous-titré « Dictionnaire biographique du mouvement social francophone aux Etats-Unis, 1848-1922 ».

Un temps où le capitalisme était très sauvage

Ils ont été des dizaines de milliers de Français, Belges et Suisses à participer au peuplement post-industriel du nouveau monde. Sans compter les Canadiens de langue française contraints d’aller travailler « aux Etats » pour nourrir leurs familles.

Dans ce nouvel ouvrage, Cordillot raconte une histoire particulière : non pas celle de tous les immigrés francophones, mais celle des leurs qui militaient pour une révolution anarchiste, à une époque où le capitalisme américain était encore plus sauvage qu’aujourd’hui.

On a peut-être du mal à le croire aujourd’hui, mais ces anarchistes français étaient partis nombreux en Amérique du Nord. Ils voulaient renverser les rapports de force entre oppresseurs et opprimés et, accessoirement, libérer les femmes de leur joug. Au tournant du siècle, cependant, ils s’aperçoivent que :

« [...] L’activisme anarchiste est voué à l’échec parce que trop isolé, et que seule une action collective peut produire ces améliorations immédiates dont les mineurs ont tant besoin. »

D’investissement syndical en création de coopératives et autres secours mutuels, de débats théoriques en collaboration et confrontation continue avec d’autres révolutionnaires américains, la grande majorité de ces militants se rendent à l’évidence : l’action politique, donc électorale, est essentielle pour changer la vie.

La religion omni-présente rend fous les Français

Au sein du nouveau Parti socialiste américain, créé en 1901, ils veulent conserver leur place spécifique de francophones. Certaines caractéristiques de la société américaine les rendent fous, comme cette manie de tout voir au travers du prisme religieux. En outre, bien peu des leurs entendent correctement l’anglais.

Ils sont aussi terriblement nostalgiques des débats théoriques très français. Ils reçoivent quelques journaux de France, mais surtout, ils ont leur propre presse. Plusieurs titres se succèdent, et celui qui dure le plus longtemps est « L’Union des travailleurs » : quinze ans de longévité, jusqu’à la Grande Guerre.

Le livre met en exergue l’histoire de Louis Goaziou, originaire des monts
d’Arrée en Bretagne, débarqué à Philadelphie en 1880 à l’âge de 16 ans,
locuteur de breton. Grâce à l’action communautaire, politique et journalistique proprement stupéfiante de cet ancien mineur devenu journaliste et imprimeur, Michel Cornillot et d’autres historiens ont pu chroniquer l’évolution politique et la vie quotidienne des francophones installés aux Etats-Unis.

Avec la Première Guerre mondiale s’achève la saga des révolutionnaires français du nouveau monde. Contrairement à leurs camarades d’origine allemande, bien plus nombreux dans les instances dirigeantes du parti et des syndicats, les francophones n’ont pas pu se résigner à rester pacifistes et neutres.

Oublier l’arrière-grand-père anarchiste ou socialiste

Beaucoup sont rentrés au pays. D’autres, comme Goaziou, ont poursuivi autrement leur œuvre militante, s’intégrant, à leur façon, dans la société américaine. Leurs descendants ont fini par oublier (ou voulu oublier) que leur ancêtre était un anar, un rouge, un socialiste bien avant la révolution russe.

Alors, ce lien avec les luttes écologiques, où est-il ? Je le vois sous-jacent, sous les thèmes de l’immigration, de l’énergie, de l’eau, des pollutions délirantes qui affectent certains territoires des Etats-Unis où vivent des millions d’hommes et de femmes.

Parce que les amis de Goaziou avaient en tête de combattre les injustices générées par le capitalisme sauvage, ils ont été réticents envers les syndicats de métier, corporatistes, attachés à défendre les intérêts particuliers d’un groupe, au détriment d’une vraie révolution sociale.

Ils avaient raison. La vision à court terme, celle du petit bout de la lorgnette, est aujourd’hui encore ce qui pourrit le progrès social et environnemental.

► « Révolutionnaires du nouveau monde » de Michel Cordillot - Editions Lux - 212 p - 13 euros

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  • Anastaze
    Anastaze
    inconsolable
    • Posté à 16h21 le 02/05/2010
    • Internaute 53186
      inconsolable

    A propos des mineurs de Virginie, qui n’ont pas eu comme leurs confrères chinois les honneurs de la « presse internationale », le WSWS, semble penser que plus on avance moins ça change :

    Lien

  • Autist Reading -
    Autist Reading -
    In enculo cum vibro
    • Posté à 16h10 le 02/05/2010
    • Internaute 73535
      In enculo cum vibro

    Super chouette chronique d’un bouquin qui a l’air super chouette.

    Le défaut de l’écologie, c’est de se constituer en lobby spécifique, au détriment d’une vraie révolution sociale.

    • karlM
      karlM répond à Autist Reading -
      Précaire
      • Posté à 16h39 le 02/05/2010
      • Internaute 21378
        Précaire

      celui là est aussi très bien aussi

      Ronald Creagh présentera son livre « Utopies américaines - Expériences libertaires du XIXe siècle à nos jours »

      Ronald Creagh est un sociologue et historien anarchiste, un écrivain et il a fait des études doctorales en Sciences humaines. Il habite Montpellier, où il enseigne la civilisation américaine à l’université Paul-Valéry, anime le site web Recherche sur l’anarchisme et participe à la revue de critique anarchiste Réfractions.
      Il est aussi membre du comité de rédaction de plusieurs revues dont Utopian Studies.

      Son livre « Utopies américaines » constitue une mise à jour de « Laboratoires de l’utopie », publié en 1983, qui brossait un tableau des communautés utopiennes jusqu’aux années 1960. Cette nouvelle version, augmentée et prolongée, permet ainsi d’élargir l’étude jusqu’au début des années 2000. Le livre s’ouvre sur une rencontre avec le Collectif A Go-Go, une communauté punk installée dans le Massachussets, à Worcester. Ce qui n’est pas un détail. C’est là en effet que fut lue pour la première fois en public la Déclaration d’indépendance, là aussi que fut impulsé le mouvement des suffragettes et l’abolitionnisme, là encore qu’Emma Goldman et Alexander Berkman vendirent des glaces, là où vécu le yippie Abbie Hoffman… L’histoire se poursuit donc, ici et ailleurs, avec des gens qui ne se limitent pas à proclamer que d’autres mondes sont possibles. Les autres univers sont déjà là, sous de multiples facettes, pour conjuguer utopie et émancipation sociale.

      • nemo3637
        nemo3637 répond à karlM
        Déchoukeur
        • Posté à 18h28 le 02/05/2010
        • Internaute 44521
          Déchoukeur

        Tu me coupes l’herbe sous les pieds...
        Ben oui c’est ce que je voulais dire...
        J’ajouterai deux points concernant les Français et les Anarchistes aux Etats-Unis.
        Les Français immigrés, à partir du XIXe siècle n’ont pas constitué de communautés spécifiques comme les Allemands, les Russes, les Européens d’Europe Centrale, etc. Il préexistait des îlots francophones, en Louisane, au Canada. Mais il correspondait à une phase de la colonisation Française et non pas à une immigration dans un état déjà constitué comme les Etats-Unis.
        Pourquoi ? D’une part le Français représentait au départ, au XVIIIe siècle, un rival face au colon britannique protestant. L’Espagnol aussi, plus à l’Ouest ou en Floride. Leur culture leur religion était mal acceptée par la majorité anglo saxonne.
        Mais pour les immigrés français il y a aussi un attitude particulière, faite d’individualisme,d’indifférence - au mieux - à l’égard des religions, qui les font s’intégrer rapidement au monde anglo-saxon. La seule communauté « française » née au XIX e siècle que j’ai connue est celle de la petite ville de Castroville, au Texas, où tout le monde parle...alsacien !
        Concernant les utopies socialistes qu’on a tenté de mettre sur pied aux Etats-Unis il ne faut pas oublier l’Icarie de Cabet - un Français justement - vers 1856.
        Une anecdote : quand Karl Marx voudra se débarrasser de l’Internationale après l’exclusion des Bakouniniens en 1872 au congrès de La Haye, il l’installera à...New-York.
        Quant aux Anarchistes américains, souvent influencés par des immigrés allemands ou italiens, ils sont, comme ailleurs dans le monde, à l’origine du syndicalisme. Ce sont eux qui ont créé les IWW qui existent toujours aujourd’hui.

         
        • kawouede
          kawouede répond à nemo3637
          • Posté à 11h44 le 03/05/2010
          • Internaute 27995

          Ajoutons aussi que le point de vue associant anarchistes et désorganisation (qu’on retrouve dans le discours de Michel Cordillot cité ci-dessus) est à nuancer : il y a un mode d’organisation anarchiste qui n’est pas celui des autres mouvements (constitués en partis notamment) mais il ne faut pas confondre ça avec une incapacité d’organisation.
          Si les anarchistes sont restés à la marge dans la seconde moitié du XXe siècle, pour quasiment disparaître au XXIe, ce n’était absolument pas le cas à la fin XIXe-début XXe où ils étaient une composante au moins aussi importante et puissante (y compris en Russie) que le socialisme marxiste, du mouvement social.
          Leur quasi-disparition a plusieurs facteurs, dont l’écrasement physique, la destruction politique de leurs formes d’organisation - attention à ne pas s’en tenir à la vision des vainqueurs donc...

          • nemo3637
            nemo3637 répond à kawouede
            Déchoukeur
            • Posté à 13h08 le 03/05/2010
            • Internaute 44521
              Déchoukeur

            +1
            Précisions utiles, nécessaires.
            Sur leur « disparition au début du XXIe siècle » un petit bémol quand même. Voir la Grèce.

            • ker
              ker répond à nemo3637
              • Posté à 14h18 le 03/05/2010
              • Internaute 12793

              Euh les anarchistes ont disparu ?
              Comprends pas,
              j’ai manifeste samedi avec eux a Göteborg en suede et nous etions quasi ex aequo avec les commnuistes dures en nombre de manifestants. La centrale syndicale principale (LO) est en train de perdre ses adherants apres les accords desastreux signes et la montee en force du chomage. Ici le syndicat anarchiste est le syndicat le plus mobilisateur apres celui des cogestionnaire. En espagne je crois que les anars sont encore tres mobilisateurs. Par ailleurs en france sud est aussi inspire par certains prinicipe anarchistes (ensuite peu importe le nom si la methode est bonne) et a des actions avec la CNT et d’autres syndicats autogere.
              Quand on voit la tournure que prend la politique actuelle (cgt,fo,crise), je pense que nous sommes nombreux a commencer a vouloir nous occuper serieusement des choses nous memes.

        3 autres commentaires
    • ganima
      ganima répond à Autist Reading -
      chomeur de longue durée furtur (...)
      • Posté à 23h39 le 02/05/2010
      • Internaute 55513
        chomeur de longue durée furtur (...)

      bonsoir,

      qu’est ce que vous entendez par revolution sociale ? ? ? ? ,

      révolution sociale = dictature, masacre, et autres ,

      des personnes qui veulent toujours imposer aux autres ce qu’ils croyent etre la vérité à d’autre, et le plus souvent dans la haine la souffre et le masacre !

      quand à l’écologie ? ? ? laver le linge au lavoir ? ? ? ? servir le nouveau leavens born ? ? ? si ce sont les hommes qui sont prevus pour toute les taches ménagères de force alors la je veux bien essayer !

      salut !

      • Nepigo
        Nepigo répond à ganima
        robot-singe - blog.nepigo.net
        • Posté à 11h46 le 03/05/2010
        • Internaute 16957
          robot-singe - blog.nepigo.net

        Révolution = Terreur
        Écologie = Moyen Âge

        Tout dans la nuance, hm ? : -)

        Blague à part, tous les jours des gens se mobilisent, agissent et font changer certaines choses sans que cela se traduise nécessairement par un bain de sang. Et, ce qui est sûr, c’est que si vous ne tentez rien vous n’aurez rien et que tout seul vous n’irez pas loin. Alors bon...

         
        • ganima
          ganima répond à Nepigo
          chomeur de longue durée furtur (...)
          • Posté à 18h43 le 03/05/2010
          • Internaute 55513
            chomeur de longue durée furtur (...)

          balgue à part,

          malheureusement c’est plus de la nuance c’est de la perversion !
          c’est de la haine que vous fabriquez , vous ne changez rien !

          salut !

        1 autres commentaires
      • ker
        ker répond à ganima
        • Posté à 14h25 le 03/05/2010
        • Internaute 12793

        Mon frere a casser sa machine a laver et lave son linge dans la baignoire depuis de nombreuses annees, parce qu’il est trop flemmard pour racheter une nouvelle machine (sans parler d’aller se faire chier a passer une heure a surveiller son linge dans une laverie)... Ca fait reflechir.
        Et honnetement, niveau proprete, c’est bluffant !

        Quand a la revolution social, c’est d’abord reclamer le droit de vivre tranquille sans etre emmerde, selon ses propres prerogatives. Si ce qui veulent vivre avec leur super ipod et leur grosse bagnole le fasse, super, mais qu’ils ne viennent pas nous chercher pour travailler a leur construction sinon on sera les recevoir chaudement.

        Ps : flemmard est un jugement personnel oriente, la realite c’est qu’il est tres occupe a droit a gauche... mais c’est vrai que l’achat d’une machine et son utilisation c’est tellement chiant pour une seule personne....

         
        • ganima
          ganima répond à ker
          chomeur de longue durée furtur (...)
          • Posté à 19h10 le 03/05/2010
          • Internaute 55513
            chomeur de longue durée furtur (...)

          bonjour,

          et bla bla bla bla,..............

          t’as raison, fabriquer du vent c’est mieux ! pour vivre aux depends de ceux qui les écoutent les bla, bla, !

          quand à l’histoire de la machine à laver, c’est encore plus rigolo !
          moi, je me suis retrouvée toute seule avec mon fils sans machine à laver ! entre les biberons, les nuits blanches, le linge à la main, la maison à tenir propre, les courses à faire, faire rentrer le fric sur le compte en banque, plus les administrations qui te font chier pour des conneries et te font venir du fin font d’une cite pourri à pied parceque tu as pas de voiture, jusqu’au centre ville avec un gamin de moins de 2 mois dans les bras, avec une cagnasse d’enfert en plein mois d’aout ! et en plus qui te fond poirreauté dans la salle d’attente parceque c’est des cons et qu’ils n ont pas de bon sens !

          moi, je suis tombée malade, mon fils lui il est mort !

          alors tu m’en reparleras, de ta connerie d’écolo d’independance et de ton refus de la modernité !

          ton frère il a que son petit cul à s’occuper alors tant mieux pour lui !
          tu connais antoine ? ta cassé ta moto godil, maintenant il te reste plus qu’a paguaye ou trouver une petite femme qui le fasse à ta place !

          salut !

          • ker
            ker répond à ganima
            • Posté à 23h53 le 03/05/2010
            • Internaute 12793

            Pas la peine de me prendre pour objet de rancoeur. Je ne suis pour rien dans la mort de ton fils. Quand a mon frere, il n’a pas eu la chance de rencontrer qui que ce soit, il a vecu dans la deche pas mal de temps.
            Je ne fais pas de mon cas une generalite.
            Que certaines personne ne puissent pas vivre sans voiture dans le monde actuelle ou les villes ont ete construit pour la voiture est une evidence qui ne se discute pas.
            Qu’une tres grande partie de la population pourraient s’en passer est aussi une autre evidence, il suffit de voir qui circule dans Paris. Je n’ai jamais eu le temps materiel de passer mon permis, je n’ai jamais eu de voiture, j’ai 35 ans, c’est pas facile, mais je n’en voudrai une pour rien au monde. Faire du velo est un plaisir vraiment profond, surtout quand on voit ces capacites physique se developper progressivement.
            Concernant la machine a laver j’ai bien precise pour une personne seule. Pour une mere de famille, qui plus est seule, c’est evidemment autre chose.
            Mais la france est sur ce point, desole, un pays en retard. La suede ou j’habite a fait un autre choix : quasiment tous les immeubles sont equipe d’une laverie commune, avec des machines robsutes et simples, et un systeme de temps alloue a chacun (3 heurres par semaine). Ca marche : les suedois sont tres propres. PERSONNE ne possede de machine particuliere en ville. Cela permet un gain de place considerable en appartement, de ne pas se prendre la tete avec des reparations quand sa tombe en panne (cela fait parti de la cogerence, c’est organise) et cela permet d’economiser enormement d’energie et de materiau gaspille en france a construire 40 machines par immeubles au lieu de 2 ou 3 rustiques.
            Ton probleme n’a rien a voir avec l’ecologie mais avec l’individualisme d’une societe stresse, ce qui est encore plus vrai dans les grandes villes ou le temps de transport est plus long qu’ailleurs, ou les gens s’ignore. Je suis desole pour toi. En general il est normal de recevoir un coup de main de ses voisins, c’est bien le symptome d’une societe devenu inhumaine et ce n’est pas qu’un probleme de machine a laver.
            Par ailleurs, il est injuste d’avoir de la rancoeur vis a vis de ceux qui n’ont pas d’enfant, Souvent ce n’est pas un choix, mais le fait de la vie : tout le monde n’est pas attirant physiquement, n’a pas la chance d’avoir beaucoup de cie masc ou feminine, de temps libre pour rencontrer d’autres personnes. Pour d’autre c’est un choix. Mais ce n’est pas majoritairement un choix egoiste aujourd’hui : nous sommes trop nombreux et avoir moins d’enfant permet de consacrer plus de temps et de ressource a ceux qui sont deja la.
            Visiblement, cela n’a pas ete d’une tres grande utilite pour toi. Je suis desole. Mais peut etre que tu gagnerai a connaitre des gens simples et ecolo, ayant des valeurs differentes, peut etre serais tu agreablement surprise. Une de leur caracteristique est souvent de ne pas rechercher justement une compagne pour pagayer a leur place car ils aiment pagayer et faire la cuisine.

            • ganima
              ganima répond à ker
              chomeur de longue durée furtur (...)
              • Posté à 18h09 le 05/05/2010
              • Internaute 55513
                chomeur de longue durée furtur (...)

              je disais donc
              le dis eux que vous etes entrain de vous fabriquez, il vous conduit tous droit dans le gouffre !

              Mais ça, cela m’étonnerai que tu le comprennes !

              peux etre un jour, je l’espère pour toi !

              salut !

        • Keldan
          Keldan répond à ker
          Now future & karpe diem
          • Posté à 18h01 le 04/05/2010
          • Internaute 5164
            Now future & karpe diem

          Avoir la flemme d’acheter un lave-linge, quand on compara la simplicité d’utiliser cet appareil à la prise de tête que c’est de laver son linge à la main... J’ai lavé mon linge à la main au début de ma vie d’adulte indépendant (ouais la laverie c’est pas forcément pratique) et non, plus jamais, trop fatiguant.

          Nan, c’est pas de la flemme... Je sais pas ce que c’est, mais c’est pas de la flemme, foi de flemmard de première : D

        4 autres commentaires
  • christobal0094
    christobal0094
    citoyen du monde
    • Posté à 16h29 le 02/05/2010
    • Internaute 77671
      citoyen du monde

    Tres bon article.
    Il est utile de rappeler le role des mouvement anarchistes au debut de l’industrialisation.

    le lien avec l’ecologie se resume en un mot : exploitation

    exploitation des resources naturelles particulierement vraies dans les colonies espagnoles et portugaises qui ont mis en esclavage les Indiens jusqu’a leur quasi extinction et ont dut importer la main d’oeuvre d’Afrique (esclaves bien sur).

    mais aussi au Nord politique de sur exploitation et concentration. Au Canada dans l’Alberta, les derniers indiens, sont victimes de l’exploitation de gisement de sables melanges au petrole.

    • screugneugneux
      screugneugneux répond à christobal0094
      râleur-NRV
      • Posté à 00h41 le 03/05/2010
      • Internaute 43534
        râleur-NRV

      en fait, je crois que ce sont surtout les maladies qui ont fortement participé a exterminer les indiens d’amerique du sud ( exepté la phase de conquette dont je ne connais pas le taux de mortalité)
      des maladies qui pour les européens étaient benignes, mais totalement nouvelles nouvelles pour les amerindiens et pour lesquelles ils n’avaient pas de defenses.

      et pour ce qui est d’avoir fait venir des esclaves d’afrique, c’est surtout que c’etait plus « rentable » ( meilleur productivité que les locaux qui se laissaient deperir, ou fuyaient dans un environnement qu’ils connaissaient)
      il y a ausi le fait que lors d’une fameuse reunion d’envoyés du pape ( je n’ai plus le nom du conciliabule)
      il a été reconnu que les indiens avaient une ame, et que donc on ne pouvait les réduir a l’esclavage,
      alors que les noirs« n’avaient pas d’ame » et que donc ils pouvaient etres reduits à l’esclavage.........sic ! !

      n’oublions pas que la plus grande source d’enrichissement issue d’amerique du sud ne fut pas l’or, l’argent, les minerais ou les pierres precieuses,
      mais ce fut, le sucre, le café, et le cacao

      ces productions necessitent beaucoup de main d’oeuvre,
      et a vil prix pour rester rentables malgrés le transport et les pertes de marchandises pour causes diverses.

      • christobal0094
        christobal0094 répond à screugneugneux
        citoyen du monde
        • Posté à 04h31 le 03/05/2010
        • Internaute 77671
          citoyen du monde

        Il y a eut bien sur combinaison de plusieurs facteurs, dont les maladies importees.

        Le jesuite Frere ANtonio Vieira a delivre en 1653 un sermon sur le sujet, comdanant l’esclavage des indiens ( Bradford Burns A Documentary History of Brazil)

        Michel le Bris dans D’Or, de Reves et de Sang parle d’un genocide de 100 millions d’indiens. Recit hallicinant d’actes barbares.

        Les eclaves africains coutaient chers a l’achat mais il n’y avait plus assez de main d’oeuvre.

      • Bonnequestion
        Bonnequestion répond à screugneugneux
         ?
        • Posté à 09h19 le 03/05/2010
        • Internaute 64815
           ?

        Il s’agit de la controverse de Valladolid. Mais il n’y a jamais eu de débat sur l’humanité des Indiens, c’est une invention de la pièce de théâtre.

         1 autres commentaires
  • vik75
    • Posté à 16h30 le 02/05/2010
    • Internaute 89761

    MAINtenant on on veut que des américains viennent en france pour enfin faire la vraie revolution liberale : dehors les gauchos, la CGT et les fossoyeurs de la france

    • karlM
      karlM répond à vik75
      Précaire
      • Posté à 16h46 le 02/05/2010
      • Internaute 21378
        Précaire

      et le filsfils à son papa patron, (pour dire de tel conneries faut être fils de riches qui n’a pas besoin de penser pour s’en sortir)
      on ne dit pas américain (sinon t’auras les gauchos qui dominent l’amérique du Sud) mais étatsuniens. (ne pas oublier que 50% des étatsuniens ne votent pas car ne respectant pas leur théocratie).
      (vous en connaissez vous une démocratie qui aurait porté au pouvoir un débile comme Bush)

      • Jean-Luc LUMEN
        Jean-Luc LUMEN répond à karlM
        en invalidité
        • Posté à 19h30 le 02/05/2010
        • Internaute 47198
          en invalidité

        oui... la france...la preuve sarko

      • ganima
        ganima répond à karlM
        chomeur de longue durée furtur (...)
        • Posté à 23h52 le 02/05/2010
        • Internaute 55513
          chomeur de longue durée furtur (...)

        bonsoir,

        tu peux dire ce que tu veux, c’est pas cela qui m’offusque des raconte n’importe quoi, y en a de partout !

        mais Bush n’est pas un débile ! si il l’avait été aujourd’hui, les trois quart de la planete , si non la planéte entière , serait éradiquée suite aux présumés attentat du 11 septembre !

        cela, c’est une preuve de non débilité !

        salut !

      • Keldan
        Keldan répond à karlM
        Now future & karpe diem
        • Posté à 18h07 le 04/05/2010
        • Internaute 5164
          Now future & karpe diem

        Bin non, on dit « américain », car tant que les vieux de l’Académie ne décideront pas du contraire, c’est le mot utilisé par le dictionnaire officiel.

        Et surtout on utilise pas l’autre mot... putain faut vraiment avoir aucun gout pour oser utiliser un mot aussi moche !
        Donc ouais je comprends le problème de mélange entre le nom des habitants d’un pays et d’un continent, mais trouvez un vrai mot qui ressemble à quelque chose.

    • Anastaze
      Anastaze répond à vik75
      inconsolable
      • Posté à 16h44 le 02/05/2010
      • Internaute 53186
        inconsolable

      Bou !

    • Autist Reading -
      Autist Reading - répond à vik75
      In enculo cum vibro
      • Posté à 16h45 le 02/05/2010
      • Internaute 73535
        In enculo cum vibro

      Aide-toi, et dieu t’aidera, espèce d’assisté !

    • asozial
      asozial répond à vik75
      Bobo reprazent - aus Berlin.
      • Posté à 20h45 le 02/05/2010
      • Internaute 2273
        Bobo reprazent - aus Berlin.

      aaaaaaaaaaah encore un étudiant !

    • ganima
      ganima répond à vik75
      chomeur de longue durée furtur (...)
      • Posté à 00h07 le 03/05/2010
      • Internaute 55513
        chomeur de longue durée furtur (...)

      bonsoir,

      c’est quoi ta révolution libérale ? EXPLOITATION en tout genre, jungle de civilisation ? la loi du et des plus pourris de ceux qui croyent qui vont survivre eux et les leurs au détriments des autres ! ? ? ? ? ?

      mdr, je crois que grace à sarko, c’est gens là aujourd’hui, on sait ou ils se trouve, cette fois ci les gens auront peut etre pas besoin qu’on leur designe un coupable !

      Lien

      salut !

    • ker
      ker répond à vik75
      • Posté à 14h43 le 03/05/2010
      • Internaute 12793

      Ouais ! Et fini tous ces etudiants branleurs qui perdent leur temps a discuter sur des forums avec des gauchistes a la rue... Les etudiants qui n’etudient pas, a l’usine pour monter des ipods, comme en chine !
      (pas sur que ca suffisent pour payer les frais de scolarite parcontre).

      • ljos
        ljos répond à ker
        photographe / géologue
        • Posté à 17h49 le 03/05/2010
        • Internaute 32902
          photographe / géologue

        bah non voyons ... Papa paye les études et lui refilera les clés de la boite quand il sera à la retraite ... construire des ipods c’est réservé aux étudiants gauchos qui n’ont pas une thune pour se payer un ciné ....

         
        • ker
          ker répond à ljos
          • Posté à 23h59 le 03/05/2010
          • Internaute 12793

          Sauf que moi je te predis que la boite du papa, elle ne passera pas la crise.

        1 autres commentaires
  • A déménagé le 02-02-2012-2
    • Posté à 16h55 le 02/05/2010
    • Internaute 82025
      non connue

    Même si cette histoire reste relativement confidentielle, elle rappelle également un autre fait :

    Bien avant le marxisme, bien avant la révolution russe, puis le bolchévisme et son symétrique (dans l’horreur) ultra-libéral, se trouvaient des mouvements d’émancipation davantage basés sur les bonnes volontés, ça et là, que sur un dogme particulier.

    Lorsque le « socialisme scientifique » est né, ces mouvements ont été mis au rencard, d’abord en les flanquant de l’appellation « socialisme utopique ».

    C’est pourtant à ce socialisme utopique que l’on doit la création des syndicats, ou les coopératives ouvrières de production, par exemple.

    A force de toujours se situer par rapport au socialisme scientifique et donc au marxisme, les socialistes et les communistes oublient leurs véritables racines, plus anciennes, et beaucoup plus loin des intellectuels ou du moins d’une intellectualisation des luttes par l’idéologie.
    Ces racines sont basées sur les bonnes volontés, la solidarité, la dynamique d’union, tout en laissant plus de libertés dans l’organisation...

    Et il ne reste de cette formidable genèse de la gauche que cette appellation dérisoire de socialisme utopique...

    • Enki
      Enki répond à A déménagé le 02-02-2012-2
      alchimiste
      • Posté à 17h30 le 02/05/2010
      • Internaute 9562
        alchimiste

      Peut-être pas le plus mauvais exemple, un lendemain de 1er mai :

      En France, au Lien de Guise naît en 1867 la fête du Travail.

      Lien venant tout juste d’achever la rédaction de « Solutions sociales », la date de la manifestation n’est pas encore arrêtée au premier mai, mais le 5 juin. Elle est toujours célébrée aujourd’hui.

      Lien

      • A déménagé le 02-02-2012-2
        A déménagé le 02-02-2012-2 répond à Enki
        non connue
        • Posté à 17h36 le 02/05/2010
        • Internaute 82025
          non connue

        Joli, en effet !

        Voila quelqu’un qui a su développer la flamme de la gauche ; o)

         2 autres commentaires
      • ganima
        ganima répond à Enki
        chomeur de longue durée furtur (...)
        • Posté à 00h17 le 03/05/2010
        • Internaute 55513
          chomeur de longue durée furtur (...)

        bonsoir,

        impressionnant, et le godin de marseille c’est un de Guise aussi ? ? ? ? ?

        etonnant non ! Duc de Guise, heu voyons voir, c’est pas lui qui voulait etre Kalif à la place du kalif ?

        mdr !

        salut !

    • christobal0094
      christobal0094 répond à A déménagé le 02-02-2012-2
      citoyen du monde
      • Posté à 19h10 le 02/05/2010
      • Internaute 77671
        citoyen du monde

      je vous rejoint

      Marx avait essayer d’obtenir le raliement de Proudhon au tout etat authoritaire. Ce dernier avait refuse.

      j’ai toujours penser que la doctrine de la disparition progressive et future de l’Etat etait un rajout de Marx pour seduire libertaires et anarchistes internationaux.

    • Weatherboy
      Weatherboy répond à A déménagé le 02-02-2012-2
      v2=notes articles en moins...
      • Posté à 20h04 le 02/05/2010
      • Internaute 38063
        v2=notes articles en moins...

      C’est assez facile Liger au fond de créer un grand groupe appelé « socialisme scientifique » dans lequel on choisit de mettre beaucoup de choses entre lesquelles les liens sont pour le moins complexes (Le marx« isme » qu’est-ce ? Les écrits de Marx ? La révolution russe, en quoi en serait-elle plus directement affiliée à Marx que la chinoise ou la cubaine ? les spartakistes par exemple ne sont pas exempts de critiques face à Lénine, pourtant tous se réclament de Marx), et qu’on envoit valser d’un coup au profit d’un autre, le « socialisme utopique » qui aurait été oublié.

      Les deux sont sans doute tout aussi divers, et sans doute tout aussi liés au fond l’un à l’autre. « Le Capital » c’est bien plus une approche scientifique, du discours économique et de ses concepts, que d’un quelconque « socialisme ». Et s’il y a besoin d’une telle analyse à l’époque c’est que le discours capitaliste en face s’est depuis bien longtemps réapproprié la science (critère de vérité) pour défendre son propre discours fondé sur d’innombrables mythes, celui qu’il appelle toujours « économie politique », et le propager. Parce qu’il faut voir le nombre de sotises que se sont avalés les ouvriers du XIXème au nom de cette « analyse économique », où on leur expliquait par exemple que tout le progrès tenait à la 12ème heure de travail (sic), et que sans le travail des enfants le pays courrait à la ruine. Un peu comme d’autres aujourd’hui nous chantent l’urgence de la retraite à 65 ans.

      Alors c’est un peu facile de dire que Marx ou d’autres auraient fait dérailler la chose, là où il donnait des armes supppélémentaires (la plus-value) pour aller de l’avant.
      Et puis je ne pense pas que ce soit dans de quelconque « racines » et un ancien âge d’or qui n’a jamais éxisté en réalité que se trouve des solutions, mais bien plus dans le fait de prendre en compte tous ces gens là, utopique ou non, pour voir ce qu’ils ont encore à nous dire du présent. Et tant qu’à faire de prendre les plus récents qui ont introduit des phénomènes nouveaux qui n’existaitent pas à cette époque, comme par exemple ( !) la consommation (Baudrillard), le spectacle, les paradis fiscaux, la néo-colonisation (Fanon), les médias (H. Marcuse).
      Bref, utopiques ou scientifiques, unissez-vous (au lieu de pointer du doigt votre voisin...) : -P

      • A déménagé le 02-02-2012-2
        • Posté à 20h32 le 02/05/2010
        • Internaute 82025
          non connue

        Sujet sensible, c’est certain. Bon, on ne va pas tout résoudre là maintenant ; o)

        Juste que j’en profite pour donner mon opinion.

        Mais d’abord une précision :
        Je ne confonds pas Marx et marxisme (lui-même disait à qui voulait l’entendre qu’il n’était pas marxiste). J’ai essayé de lire quelques passages de Marx, souvent imbitables pour un non économiste. Mais j’en retiens d’une part sa faculté d’analyse, et surtout de vision de ce qu’allait devenir le capitalisme et ses outils de production comme l’OST, la nécessité du chômage, ou d’autres joyeusetés.
        J’en retiens aussi, du peu que j’ai pu lire, un début de considération pour l’écologie. Bref, je ne jette pas l’œuvre, et encore moins l’humanisme qu’il y avait derrière.

        Simplement, j’ai l’impression qu’avec les débuts du marxisme, on a jeté aux orties la Commune, toute l’aventure des débuts de la mutualité, des coopératives, des syndicats, en invoquant finalement un savoir supérieur qui mettait tout ça au placard. Le présent article l’illustre, d’une certaine façon.

        Or, et c’est là qu’à mon avis on peut avancer, ce qu’on appelle socialisme utopique était probablement plus proche des réalités humaines que les tentatives de mise en place d’un socialisme très cérébral, et au final très autoritaire.

        Cela tient à mon avis au fait que ces premiers mouvements, relativement libertaires, ont avancé en tenant compte de davantage d’opinions, et ont donc mieux intégré le débat et la contradiction dans leurs démarches. Les résultats étaient plus modérés, plus « real-politik », mais ils existent toujours.
        Mais surtout, il me semble, on n’avait pas encore commis cette erreur, qui s’est révélée dramatique et meurtrière, de vouloir changer l’homme.

         
        • Weatherboy
          Weatherboy répond à A déménagé le 02-02-2012-2
          v2=notes articles en moins...
          • Posté à 22h14 le 02/05/2010
          • Internaute 38063
            v2=notes articles en moins...

          En fait je ne suis pas du tout sûr qu’on ait « jeté aux orties la Commune » après Marx, de « La guerre civile en France » à Lénine qui la gardait en exemple. Je pense au contraire que tout ça s’est nourrit mutuellement. Que certains boivent trop à une source unique en ayant tendance à oublier les autres, en revanche, là je suis d’accord, mais pas seulement ceux qui l’ont précédé, mais aussi les plus récents, tout ce qui a relevé par exemple des situationnistes, du tiers-mondisme au XXème, des analyses sociologiques modernes, des médias, etc etc etc bref du monde ! !

          Et si ce socialisme se doit d’être « cérébral » c’est que ce qu’il y avait (a toujours !) en face un discours qui se targue de « rationalité », propagé par des « experts » au coeur pur parce qu’ils ont suivi 20,000 h d’économie, c’est la statue que le socialisme scientifique s’est justement employé à déboulonner. Disons qu’il n’était pas suffisant, mais nécessaire.

          Quand à la critique classique de l’« homme nouveau » (en fait je ne sais pas où c’est chez Marx ? En revanche chez Guévara, Fanon et Mao, oui), elle est révélatrice du fait que la seule qu’on ait à reprocher finalement à celà c’est d’être un discours politique. Car dans le fond, mais absolument tous les discours poilitiques cherchent à « changer l’homme » (de la droite au discours écologiste), c’est même l’objet essentiel de toute campagne, de tous les média de masse, de toute l’armada publicitaire moderne, faire un « homme nouveau » qui consomme, pollue ou non, bénit le capitalisme, ses marques et ses industries, son spectacle et se résigne. Ce qui est reproché dans ce cas, ce n’est pas tant l’ « homme nouveau » en soi, que cet homme nouveau ne soit pas l’homme nouveau jugé « naturel » et non-aliéné du capitalisme. Et si la question doit être tranchée à la pesée de cadavre, je ne suis pas si certain que cet homme là soit moins meurtrier que l’autre

          • A déménagé le 02-02-2012-2
            • Posté à 22h16 le 02/05/2010
            • Internaute 82025
              non connue

            C’est certain que pour contrer des concepts comme l’organisation scientifique du travail, ou pour analyser le capitalisme sous toutes ses phases et toutes ses crises prévisibles, il fallait un esprit brillant et scientifique comme Marx. Il reste le théoricien de référence du capitalisme, et est enseigné encore partout.

            Quand je parle de l’Homme nouveau, je n’évoque pas du tout Marx, mais les débuts de l’histoire soviétique. Je me souviens d’une interview de Sartre au cours de laquelle il parlait d’un philosophe ami, un esprit pourtant en état de marche, qui était pressé de découvrir, lors d’un premier voyage en URSS, le fameux Homme nouveau. Ça illustrait bien toute l’idéalisation que beaucoup, et pas les plus cons, avaient construite autour du communisme. Et bien sûr avec le recul, on en percevait toute la naïveté.

            Reste qu’il faut combattre les mauvais systèmes, et en construire qui soient compatibles avec l’Homme tel qu’il est.
            Souhaiter le contraire est finalement un terrible aveu de misanthropie...

            • Weatherboy
              Weatherboy répond à A déménagé le 02-02-2012-2
              v2=notes articles en moins...
              • Posté à 01h30 le 03/05/2010
              • Internaute 38063
                v2=notes articles en moins...

              A mon sens ça ne veut pas dire grand-chose « l’Homme tel qu’il est », si on parle du commun des êtres humains aujourd’hui. « L’Homme tel qu’il est », c’est souvent un homme qui reste conditionné par l’idéologie au sens de Marx, c’est-à-dire le discours légitimant l’ordre social dans lequel il vit, par des mythes comme la nation, la religion, etc.

              De fait, le système actuel par exemple, ne fait pas du tout avec les hommes tels qu’ils sont, on se demande bien d’ailleurs à quoi servirait tous ses mass-média si tel était le cas. Il fait surement plus avec les Hommes tels qu’ils sont condamnés à survivre. Je pense qu’il n’y a vraiment que les situationnistes qui en appellent à une « subjectivité radicale » qui soient prêt à faire avec les hommes tels qu’ils sont vraiment, cad à ce qu’ils se retrouvent eux-même loin des froides abstractions, des rôles et de la société marchande.

              Mais le point essentiel c’est que si tous soulignent le rôle central du travail, c’est qu’ils voient tous de deux façons différentes qu’il est l’obstacle essentiel à l’émancipation humaine et individuelle.
              En se réappropriant le développement technologique, dont Marcuse montre par exemple à quel point il est aujourd’hui un outil d’oppression des individualités, il est possible par exemple d’en faire un outil d’émancipation (contrairement au créateur de plus value relative auquel il se réduit aujourd’hui), en répondant aux besoins de tous et pas d’un outil infini de génération de profit pour quelques uns. Tout ce qui lutte contre l’exploitation et le temps de travail, tout ce qui accroit ce temps à soi, est in fine la seule chose qui puisse un jour rendre les hommes véritablement libre d’être ce qu’ils « sont » vraiment.

              « Moins l’homme doit dépenser de temps et d’énergie pour sa survie et celle de la société, plus il a la possibilité d’individualiser la sphère de la réalisation humaine. »

              C’est-à-dire ne pas faire avec les hommes « tels qu’ils sont » condamnés à survivre, mais faire en sorte qu’ils puissent vivre et avoir un temps pour « être », justement

              • A déménagé le 02-02-2012-2
                • Posté à 10h45 le 03/05/2010
                • Internaute 82025
                  non connue

                Je comprends bien ton point de vue, ainsi que la nécessité d’avoir un recul sur les comportements et leur causes.
                Mais je me méfie d’une tendance, que l’on retrouve dans toutes les idéologies, à idéaliser ce que serait l’Homme sans aliénation.
                - d’abord parce que toute tentative d’action politique se trouve confrontée aux réalités de ce que les gens sont « ici et maintenant », et pas à ce qu’ils sont supposés être,
                - ensuite parce que la nature humaine est toujours l’expression d’une grande diversité, parfois dans les antagonismes, et qu’il faut bien tenir compte de ces équilibres,
                - enfin parce que la chronologie n’est pas la même pour tous, et que quel que soit le timing souhaité pour une évolution sociologique, on trouvera toujours une masse de gens en avance, et une autre en retard, sur ce timing.

                Sur ce qu’on appelle le progrès, et ses réelles conséquences sur le quidam, j’avais écrit ça :
                Lien

                Et concernant le sens de l’histoire, et l’aspect irréversible de l’émancipation, je fais une analogie entre l’entropie et ce que j’appelle l’entropie idéologique ici :
                Lien

                N’hésite pas à laisser des commentaires, c’est fait pour ça. Notamment sur le premier article, forcément incomplet.
                (et c’est valable pour tout le monde)

        4 autres commentaires
      • ganima
        ganima répond à Weatherboy
        chomeur de longue durée furtur (...)
        • Posté à 00h34 le 03/05/2010
        • Internaute 55513
          chomeur de longue durée furtur (...)

        bonsoir,

        mdr, mais toutes vos salades sur le socialisme, elles sont complètement dépassées !

        l’histoire oui, cela fait trés bc/bg, même cela peut etre interessant pour comprendre les mécanismes humains sans psychatrie invasive et intempestive, pour ceux qui veulent apprendre l’homme en socièté !

        mais bon , en france y a plus d’usine ! fini le taylorisme !

        le socialisme, c’était la dernière phase avant le communisme !

        aujourd’hui, fini le communisme !

        alors il vous reste la scientologie, alkaida, le front nationnal, les écolo .........et tout et tout

        mais faut arreter avec vos anneries !

        le social assité, pour servir de justificatif d’emploi, de matière première aux bien planqués dans la socièté qui croyent qui vont passer à travers sans se faire remarquer !
        et en plus qui vont gagner plus, aux détriments des autres !

        les nazis l’ont déjà fait ! on va pas recommencer, non ! ? ? ? ?

        salut !

         
        • Weatherboy
          Weatherboy répond à ganima
          v2=notes articles en moins...
          • Posté à 01h36 le 03/05/2010
          • Internaute 38063
            v2=notes articles en moins...
          • ganima
            ganima répond à Weatherboy
            chomeur de longue durée furtur (...)
            • Posté à 01h54 le 03/05/2010
            • Internaute 55513
              chomeur de longue durée furtur (...)

            bonsoir,

            oui, c’est jolie, et alors quoi ? le rapport avec la choucroute ! ? ? ? ?

            salut !

          • christobal0094
            christobal0094 répond à Weatherboy
            citoyen du monde
            • Posté à 04h45 le 03/05/2010
            • Internaute 77671
              citoyen du monde

            bonjour,

            c’est un debat un peu recurant.

            le Capitalisme, (j’aime pas trop le mot : est-ce une theorie ou une pratique ?), se drappe dans le rationnel et le Marxisme-leninisme dans le scientifique.
            deux systemes bases sur l’autorite et plus ou moins justifies par des demonstrations quelques peu tautologiques.

            encore une fois au nom de la scientificite Marxiste il faut que l’homme ne soit qu’une condition sociale.
            c’est pour forcer ce concept que le marxisme a debouche sur le totalitarisme au nom de la dictature du proletariat, bien sur.

            Badiou President ?

            je prefere, profitant de la marche arriere sociale, revenir aux fondamentaux de la pensee libertaire et anarchiste.

            rien de scientifique, pas de pilules, pas de bible.

        3 autres commentaires
  • Nils Wilcke
    Nils Wilcke
    Etudiant
    • Posté à 16h59 le 02/05/2010
    • Internaute 49020
      Etudiant

    J’apprécie toujours vos articles fouillés. Merci.

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