American Ecolo

Les débats sur l'environnement vus par Hélène Crié-Wiesner, spécialiste française vivant en Caroline-du-Nord.

La Californie, niche écolo des Etats-Unis

Publié le 07/11/2010 à 20h15


Les défenseurs américains de l’environnement sont atterrés par le résultat des élections de mi-mandat. La plupart des candidats soutenant leurs idées ont été battus, laissant le champ libre à Washington aux climato-sceptiques farouchement procharbon et pétrole. Sauf en Californie, où l’écologie triomphe une nouvelle fois malgré une économie catastrophique. Pourquoi ?

Je ne suis pas une spécialiste de cet Etat réputé pour avoir été précurseur des normes antipollution et pour sa bienveillance historique envers les énergies renouvelables. J’avoue même n’avoir aucune inclinaison pour le mode de vie californien, ultra-individualiste, très artificiel, trop « American cliché ».

Mais quand on voit la défaite cuisante de la « proposition 23 », visant à suspendre une loi de 2006 requérant la baisse des émissions de CO2 en Californie jusqu’à ce que l’emploi local soit retombé sous les 5,5% (12,4% aujourd’hui), on se dit que les Californiens sont décidément un poil différents de leurs concitoyens.

D’autant qu’ils ont aussi réélu la sénatrice Barbara Boxer, co-auteure avec John Kerry du projet de loi énergie-climat récemment jeté aux orties par le Congrès. Et qu’ils ont rappelé à la tête de leur Etat sinistré leur ancien gouverneur Jerry Brown, pionnier de l’écologie dès les années 70.

Retour en arrière de la conscience écologique

Même si l’aversion pour l’écologie des électeurs n’est pas la cause principale de leur regain d’amour pour les républicains, le résultat est là : après une prise de conscience spectaculaire largement due à Al Gore, le peuple américain se laisse à nouveau convaincre que les réglementations antipollution sont mauvaises pour le business et les entreprises, donc pour l’emploi.

Mais pas en Californie, pourtant touchée par une crise sans précédent. L’Etat est en faillite, les coupes budgétaires tous azimuts sont terribles, la population souffre... mais elle continue de soutenir une loi aux visées purement environnementales.

J’ai trouvé quelques réponses au phénomène californien dans un article du site d’information écolo Grist, dont les analyses sont souvent pointues. Voici comment l’auteur explique l’exception californienne lors des midterms.

► Les Verts y ont une base solide

Sur le plan national, pour soutenir le projet de loi avorté, les environnementalistes avaient monté une coalition politique hétéroclite : des grands patrons, des Eglises, des groupes militaires, des syndicats ouvriers. Impressionnant, mais superficiel !

Quand vient le temps des élections locales, ce genre d’alliance vole en éclat. Les sénateurs se fichent des larges coalitions nationales, ils sont concernés par les seuls intérêts de leur Etat. Et les écolos n’ont la plupart du temps pas les troupes suffisantes sur place pour contrer les lobbies et les acteurs économiques majeurs.

En Californie, c’est tout le contraire. Quatre décennies d’action et de combat populaire, ça crée des racines. Beaucoup de gens se sont battus : militants de la justice sociale, pionniers, entrepreneurs et usagers des technologies propres, sans oublier l’armée des people hollywoodiens personnellement concernés par une prétendue vie verte.

► L’argent

L’un des problèmes majeurs des écolos est leur financement : contrairement aux lobbies des combustibles fossiles qui croulent sous l’argent, les Verts dépendent essentiellement d’associations à but non lucratif. Aucune ne fait le poids face aux précédents, même quand elles sont aidées par des entreprises de bonne volonté ou aux intérêts bien compris.

En Californie, l’industrie des énergies propres est une puissante réalité. Ses acteurs sont très riches et politiquement très influents, y compris à Washington.

► Une différente perspective sur les gentils et les méchants

Un autre problème a affecté le projet de loi présenté au Congrès : il s’agissait de courtiser les « méchants » (pollueurs, barons du pétrole, droite dure...) pour les amener à accepter des compromis difficiles à avaler. Lesquels ont ulcéré les militants environnementalistes, dégoutés par cette cuisine écolo-politicienne de Washington.

En Californie, deux géants texans du pétrole ont fait un super cadeau aux écologistes en s’investissant à fond pour soutenir la proposition 23, endossant d’emblée le rôle des « bad guys ». Ils ont déversé des tonnes de fric « étranger » dans la campagne électorale, devenant aux yeux des Californiens ceux qui se mêlaient de ce qui ne les regardait pas. Même pour les électeurs peu concernés par l’environnement, cette intrusion était insupportable.

► L’expérience concrète sur le tas

Contrairement au reste des Etats-Unis, la Californie n’est pas une bleue en matière d’efficacité énergétique et de technologies propres. Appareils performants, panneaux solaires sur le toit, voitures électriques, éoliennes..., rien de tout cela n’est nouveau pour ses habitants.

Chacun connaît quelqu’un qui travaille ou profite de l’industrie verte, laquelle est partie intégrante de la vie quotidienne, ce qui est loin d’être le cas pour les autres Américains.

Ces raisons cumulées expliquent pourquoi la Californie fait bande à part dans le paysage idéologique états-unien. Ici s’arrête l’analyse de Grist.

Deux Etats, deux approches aux antipodes

A vrai dire, la Californie est selon moi l’opposée de la Louisiane, elle aussi gravement touchée par la crise économique.

La Louisiane a subi de plein fouet l’ouragan Katrina. Elle vient de vivre une marée noire inimaginable dont les conséquences à venir sur les écosystèmes et les ressources marines ne sont pas encore connues. Pourtant, la Louisiane ne jure que par la poursuite de l’exploitation du pétrole, et redoute une diminution américaine de la dépendance aux énergies fossiles.

Les écologistes y sont de méchantes bêtes à combattre. Si la sénatrice démocrate Mary Landrieu a sauvé son siège mardi dernier, c’est entre autres raisons parce qu’elle a adopté un profil bas face aux questions énergétiques.

Deux Etats américains emblématiques, deux façons d’appréhender la problématique environnementale. N’en déplaise aux clichés, les Etats-Unis et leurs habitants sont divers, on l’a compris.

  • 18289 visites
  • 47 réactions
Vous devez être connecté pour pouvoir commenter : ou créez un compte
  • jyeden
    jyeden
    khmer vert ( age des caverne, (...)
    • Posté à 20h32 le 07/11/2010
    • Internaute 20631
      khmer vert ( age des caverne, (...)

    merci pour cet article qui nous tire de notre grisaille franchouillarde
    ici il pleut, il fait gris, les journaux titrent sur la démobilisation, les syndicats trahissent, pierre haski grossi, et sarko se porte bien

  • John_Deuf
    John_Deuf
    met les pieds dans le plat
    • Posté à 20h59 le 07/11/2010
    • Internaute 75883
      met les pieds dans le plat

    Cela me fait pesner à l’épisode ’SnobFog’ de south park...

  • Jean-Sébastien Billard
    Jean-Sébastien Billard
    Elément à Charles
    • Posté à 21h15 le 07/11/2010
    • Internaute 125643
      Elément à Charles

    La Californie n’est pas un échantillon représentatif de la population américaine. La proportion d’artistes, de scientifiques et de divers intellectuels y est plus forte qu’ailleurs. Ce qui montre aussi le rôle de la formation et la sélection de gens doués d’une bonne sensibilité sur les choix politiques. Le populo barbaro regarde seulement le fric.

    • Gelone2010
      Gelone2010 répond à Jean-Sébastien Billard
      Sarkophobe
      • Posté à 00h30 le 08/11/2010
      • Internaute 99991
        Sarkophobe

      « La Californie n’est pas un échantillon représentatif de la population américaine. La proportion d’artistes, de scientifiques et de divers intellectuels y est plus forte qu’ailleurs. »

      Et la légendaire jobardise des soi-pensant « affranchis » fait le reste. C’est vieux comme le grégarisme snobinard...

      • Papayuf
        Papayuf répond à Gelone2010
        • Posté à 08h59 le 08/11/2010
        • Internaute 50618

        c’est quoi des « soi-pensants » ?

         
        • Gelone2010
          Gelone2010 répond à Papayuf
          Sarkophobe
          • Posté à 14h41 le 08/11/2010
          • Internaute 99991
            Sarkophobe

          Si les « soi-disant » soit ceux qui « disent de soi », c’est-à-dire d’eux-mêmes, les soi-pensant sont ceux qui pensent d’eux-mêmes, en l’occurrence qu’ils sont pour des affranchis. Et ça ne prend pas la marque du pluriel, c’est invariable.

        1 autres commentaires
    • lamouche
      lamouche répond à Jean-Sébastien Billard
      marié
      • Posté à 12h39 le 08/11/2010
      • Internaute 132367
        marié

      et oui le riche lui est écolo mais ne se déplace qu’en hélico

  • Rémim
    Rémim
    .
    • Posté à 21h18 le 07/11/2010
    • Internaute 107704
      .

    Pour moi qui ne connaît les Etats-Unis que par les journaux ce résultat en Californie a été la seule bonne nouvelle de ces élections.

    • Lictor
      Lictor répond à Rémim
      informaticien
      • Posté à 10h35 le 08/11/2010
      • Internaute 68450
        informaticien

      C’est pas surprenant non plus, la Californie est vraiment un état à part... Tout comme New-York n’est pas vraiment une ville américaine d’ailleurs...

      On oublie aussi que les USA n’ont pas toujours été des monstres écologiques.
      Par exemple, la politique des parcs naturels a été très avant-gardiste, Yellowstone, créé en 1872, est l’un des premiers parcs au monde. La notion de préservation des paysages est présente dès le début du 20e siècle.
      C’est également un pays où le rapport à la nature, réel ou fantasmé, reste présent.

      De même, on oublie qu’en terme social, les américains ont pu aussi être très présent : le New Deal a précédé le Front Populaire.

      Ou que les USA ont pu être un phare pour la désobéissance civile, pour les styles de vie alternatifs...

      On juge un peu trop les USA sur la déconstruction qui a été faite par Reagan et Bush et par les errements récents des électeurs...

      • touko_2
        touko_2 répond à Lictor
        fonctionnaire http://minettelol (...)
        • Posté à 11h06 le 08/11/2010
        • Internaute 70143
          fonctionnaire http://minettelol (...)

        « C’est également un pays où le rapport à la nature, réel ou fantasmé, reste présent. »

        C’est vrai, ils aiment bien flinguer de pauvres cerfs en forets, sur leurs super 4x4 trop de la balle polluants ..
        C’est sur ,ils aiment bien la nature, tant qu’elle ne les fait pas trop chier.

         
        • Lictor
          Lictor répond à touko_2
          informaticien
          • Posté à 11h25 le 08/11/2010
          • Internaute 68450
            informaticien

          Ben oui, une fois qu’on a détruit leurs prédateurs, il faut effectivement aller flinguer les cerfs en forêt à leur place, autrement ils détruisent tout, notamment la végétation... C’est ce qu’on fait en France comme aux USA.

          Pour le reste, je maintiens. Les USA n’ont strictement rien à envier à la France en terme de parc nationaux, bien au contraire. Et l’expérimentation de la nature y est bien plus culturelle que chez nous.

          Après, il faut effectivement admettre que la protection de la nature est inversement proportionnelle à sa fréquentation. En France, c’est en ville qu’on trouve le plus d’écolos, qu’on évite le plus de prendre la voiture...

        1 autres commentaires
      • Aaarrrgh
        Aaarrrgh répond à Lictor
        utopiste aujourd'hui=réaliste (...)
        • Posté à 11h17 le 08/11/2010
        • Internaute 119837
          utopiste aujourd'hui=réaliste (...)

        Très avant-gardiste pour les parcs naturels, surement parce qu’ils étaient aussi très avant-gardistes sur la destruction de l’espace naturel. Les Etats-unis ont été créées sur le génocide du peuple indien, et dans le même temps, a quasiment éradiqué le bison des grandes plaines, a fait disparaitre de nombreuses espèces, puis ont construit, détruit, construit, détruit pour leur american way of life !

      • ShredBluZ
        ShredBluZ répond à Lictor
        Ingénieur Agronome
        • Posté à 12h05 le 08/11/2010
        • Internaute 50286
          Ingénieur Agronome

        Vous oubliez que la perception de la nature (et donc la conscience de l’environnement) est très dépendante du milieu dans lequel on vit.

        Je m’explique : en France, lorsque l’on pense « nature », on pense souvent à la campagne. Et ce n’est pas à tort : la campagne est un milieu naturel « anthropisé », c’est-à-dire façonné par l’homme pour correspondre à son mode de vie ; on vit donc majoritairement dans un écosystème artificiel comprenant l’homme dans tous ses mécanismes d’auto-régulation et d’échanges de matière (par exemple, l’agriculture). L’espace rural français est très dense par rapport à d’autres pays industrialisés. Comme à la campagne, on vit en plein milieu, on a très vite conscience de ce qu’impliquent les pollutions, le réchauffement climatique etc ...

        Aux États-Unis, les dimensions sont tout à fait différentes : chez eux, quand on parle de nature, ils pensent tout de suite à leurs gigantesques parcs nationaux, quasi-vierges de l’influence humaine. La nature est plus considérée comme une ressource touristique que comme un milieu de vie ! C’est donc beaucoup plus facile pour eux de jouer les protecteurs de la nature (leur espace leur permet de se placer dans cette position) et beaucoup moins lorsqu’il s’agit de prendre conscience de son importance et de son caractère vital pour l’humanité. Apparemment, seule la Californie a amorcé un virage dans ce sens, et malheureusement, d’après l’article, on constate que c’est toujours une histoire de fric.

         
        • Lictor
          Lictor répond à ShredBluZ
          informaticien
          • Posté à 12h17 le 08/11/2010
          • Internaute 68450
            informaticien

          Oui, c’est vrai que la perception est très différente.

          En France, la nature est avant tout une ressource. Par exemple, la forêt française a recommencé à croître depuis Louis XIV. Pourquoi ? Parce que la forêt, c’est des arbres, les arbres, c’est du bois et le bois, c’est des bateaux pour aller faire la guerre... Donc, Louis XIV a replanté des forêts à tours de bras et la tendance est restée.
          De même, la campagne a structuré le paysage très tôt et de manière profonde. Même si l’exemple le plus frappant reste en Italie (Crete Senesi, Val d’Orcia, Chianti, qui sont des paysages complètement construits par l’homme).

          Aux USA, c’est effectivement l’état par défaut du territoire, ce qui reste parce qu’on a pas jugé utile de le conquérir. Et le pays ne manquant pas d’espace, il est effectivement facile de la laisser là (enfin, tant qu’il n’y a pas de ressources pétrolières en dessous).
          Mais il y a aussi une conception « littéraire » de la nature, à travers les romans ou le cinéma d’aventure, qui est assez absente en France.
          Mais effectivement, la nature américaine se regarde d’un peu loin, avec un mélange de respect et d’admiration. Quand on y va, on sait bien qu’on est pas chez soi.

          Après, sur l’aspect financier, c’est aussi leur façon de faire culturellement... On peut critiquer, mais dans un pays où l’ingérence de l’Etat est très mal vécue, c’est probablement la seule solution de masse...
          Le jour où l’on convaincra les conducteurs de Hummer de passer au 4x4 électrique, ça sera déjà pas mal... Et la Californie est plutôt bien placé sur le véhicule électrique. Sachant que les transports en commun ne sont pas une solution sur une bonne partie des USA...
          De même, le meilleur axe pour faire consommer local aux américains est probablement plus le patriotisme que l’écologie...

        1 autres commentaires
  • vieilanarfatigué
    vieilanarfatigué
    Changer le monde, c'est se (...)
    • Posté à 21h30 le 07/11/2010
    • Internaute 125168
      Changer le monde, c'est se (...)

    Ils ne sont pas tous complètement abrutis par leur système libéral les amerloques ! Il y en a quelques uns au dessus du lot, ça fait plaisir. Depuis bien longtemps cet Etat est le symbole du progrès des esprits aux USA.
    Longue vie à lui.
    Ceci étant les autres n’ont pas fini de nous enfumer , nous polluer et bordéliser la planète avec leurs guerres pétrolifères.
    Sortons les masques à gaz, c’est tout ce que l’on peut faire.

  • sitoihien
    • Posté à 21h50 le 07/11/2010
    • Internaute 21237

    Les californiens mangent-ils mieux ou moins mal que les autres américain-ne-s, car d’après un journaliste texan William Reymond la nourriture industrielle américaine est très polluée. plus qu’en Europe pour le moment ou la situation ne s’améliore pas non plus,vu que la nourriture industrielle est planétaire.

    Lien

    • Faimousse
      Faimousse répond à sitoihien
      Music Business
      • Posté à 06h55 le 08/11/2010
      • Internaute 132329
        Music Business

      Ici à Los Angeles et par rapport aux autres états ou j’ai habité auparavant (Texas et Wisconsin), les gens sont beaucoup plus branchés nourriture bio et font en général plus attention à ce qu’ils mangent. Déjà le fait qu’il fasse beau toute l’année, ça permet d’avoir des légumes moins chers et en abondance et puis, la « culture du corps » a plus d’importance ici que dans le reste des US.
      Comme preuve, même en période de récession, les supermarchés Whole Foods, plutôt haut de gamme et spécialisés dans le bio ont fortement augmenté leur chiffre d’affaires.

      • LuWang
        LuWang répond à Faimousse
        loin
        • Posté à 08h22 le 08/11/2010
        • Internaute 126564
          loin

        Ce qui est assez marrant, puisque dans l’Inland Empire, ce n’est pas du tout le cas. Ici, à Riverside - qui fait plus ou moins parti du « grand Los Angeles » (ça me fait toujours rire de dire grand los angeles, comme si on pouvait parler de petit LA), il n’y a ni supermarché bio ni marché, etc. Après c’est bien évidemment lié au fait que « ma » population est uniquement constituée d’étudiants et de commuters plus ou moins riche/républicain/ conservateur/religieux (ce qui tranche décidément avec le LA county).

         
        • Faimousse
          Faimousse répond à LuWang
          Music Business
          • Posté à 19h21 le 08/11/2010
          • Internaute 132329
            Music Business

          Oui c’est vrai que le West Side n’a rien à voir avec le reste du LA county. C’est une population un peu à part.

          • LuWang
            LuWang répond à Faimousse
            loin
            • Posté à 20h59 le 08/11/2010
            • Internaute 126564
              loin

            définitivement. Sauf sur les campus, ce qui est assez marrant. UCR est peut être le campus des UC le plus écolo, le plus diversifié et le plus progressive, le tout dans une région très conservatrice et dans une ville fondamentalement républicaine.

        2 autres commentaires
      • LuWang
        LuWang répond à Faimousse
        loin
        • Posté à 08h22 le 08/11/2010
        • Internaute 126564
          loin

        Ce qui est assez marrant, puisque dans l’Inland Empire, ce n’est pas du tout le cas. Ici, à Riverside - qui fait plus ou moins parti du « grand Los Angeles » (ça me fait toujours rire de dire grand los angeles, comme si on pouvait parler de petit LA), il n’y a ni supermarché bio ni marché, etc. Après c’est bien évidemment lié au fait que « ma » population est uniquement constituée d’étudiants et de commuters plus ou moins riche/républicain/ conservateur/religieux (ce qui tranche décidément avec le LA county).

    • yalienx
      yalienx répond à sitoihien
      • Posté à 11h23 le 08/11/2010
      • Internaute 66859

      Quand on se balade un peu aux Etats-Unis, en touriste du moins (je n’y ai jamais vécu), on s’aperçoit qu’il est beaucoup plus facile de manger sainement en Californie que dans la plupart des autres Etats (en tout cas, ceux que j’ai pu parcourir). La différence était même absolument saisissante !

      • Lictor
        Lictor répond à yalienx
        informaticien
        • Posté à 11h47 le 08/11/2010
        • Internaute 68450
          informaticien

        Tout à fait, il est très facile de faire son marché à San Francisco aux Farmers Market et d’avoir de la nourriture de très bonne qualité (mais assez chère)... Et la ville étant très cosmopolite, on a une grande variété de restaurants où l’on peut manger sain sans trop de problèmes... Sans oublier les smoothies qu’on trouve un peu partout et qui permettent de manger des fruits...

        L’autre exception serait également New York, où l’on trouve assez facilement des fruits et légumes frais. Même si le culte de bouffe « saine » y est parfois agaçant : trouver du beurre ou du lait avec tout ce qu’il doit y avoir dedans (entier !) mais rien de plus (pas d’oméga-truc ou autre) est parfois difficile...

        Après, il doit être possible de manger sain dans d’autres états. La Lousiane, par exemple, a une histoire culinaire riche qui est loin de se limiter à la friture et aux beignets (par ailleurs très bons) !

  • Jean-Paul Rouzé
    Jean-Paul Rouzé
    Fonctionnaire Territorial au (...)
    • Posté à 23h57 le 07/11/2010
    • Internaute 66468
      Fonctionnaire Territorial au (...)

    Sacré pays de contrastes que ces etats-unis !
    Une nouvelle preuve que culture, éducation... que du bon
    C’est marrant, je voyais tout à l’heure G W Bush en « retraite », quel contraste...
    Il faut dire qu’il est difficile de voir loin devant soit en gardant les yeux baissés sur la bible...

  • CecileCali
    CecileCali
    journaliste
    • Posté à 02h06 le 08/11/2010
    • Journaliste 132325
      journaliste

    « J’avoue même n’avoir aucune inclinaison pour le mode de vie californien, ultra-individualiste, très artificiel, trop “ American cliché ” »

    Vive le jugement à l’emporte-pièce. Si vous n’êtes pas spécialiste de cet Etat vous devriez vous abstenir de faire ce genre de remarque...

    • Hélène Crié-Wiesner
      Hélène Crié-Wiesner répond à CecileCali
      Binationale
      • Posté à 13h43 le 08/11/2010
      • Internaute 57
        Binationale

      Pas spécialiste, en effet, ce qui ne veut pas dire que je ne connais pas la Californie. Non, simplement, c’est l’endroit des US où je me sens le plus mal à l’aise. A cause, principalement, de l’individualisme exacerbé de ses habitants. C’est presque plus dur à vivre que le sens exacerbé (et pesant) de la « communauté » qu’on ressent notamment dans le Midwest et dans les Etats du sud.

      Mais pour la nourriture, j’admet que San Francisco, c’est plutôt mieux qu’ailleurs. Quoiqu’aujourd’hui, on trouve de plus en plus de « farmers’ markets » aux Etats-Unis avec des bonnes choses.

      • williamfaulkner
        williamfaulkner répond à Hélène Crié-Wiesner
        sous les cocotiers
        • Posté à 17h27 le 08/11/2010
        • Internaute 128990
          sous les cocotiers

        Je suis tres surpris par votre jugement sur « l’individualisme exacerbé » des californiens. J’habite en Floride et j’ai sejourne plusieurs fois en Californie. Les californiens ne sont pas plus individualistes que les floridiens. De plus, les californiens et les floridiens sont bien plus ouverts aimables et accueillant que les parisiens envers les etrangers. On peut critiquer les Etats-Unis pour leur mentalite individualiste pour autant la Californie (et la Floride) sont des modeles d’ouverture et d’accueil envers les etrangers, les immigres, les gens « differents ».

         
        • Hélène Crié-Wiesner
          Hélène Crié-Wiesner répond à williamfaulkner
          Binationale
          • Posté à 19h58 le 08/11/2010
          • Internaute 57
            Binationale

          Tout ce que vous dites est vrai, même si je ne connais, pour le coup, pas du tout la Floride. Je crois simplement qu’on en ressens pas l’individualisme de la même manière.
          Quant à être ouvert et accueillant envers les immigrés et les étrangers, ce n’est pas moi qui dirait le contraire. C’est même une caractéristique générale des Américains. J’ai même écrit un post sur le sujet cet été, qui m’a valu bien des rancoeurs !

        1 autres commentaires
      • Conch
        Conch répond à Hélène Crié-Wiesner
        Etudiant en sciences politiques
        • Posté à 00h56 le 09/11/2010
        • Internaute 104952
          Etudiant en sciences politiques

        Il est clair à lire votre réponse que votre expérience personnelle et sensible de la Californie fut/est également celle d’un individualisme érigé en style de vie.

        Cependant, les habitants de cet état sont au nombre de 40 millions, et la Californie est le 3e état du pays en terme de superficie, chose que je ne vous apprend certainement pas. Un état héritier d’une telle culture et d’une telle diversité ne peut se confondre dans une analyse rapide de la masse hétérogène que forment ses habitants.

        Vivant en Californie, j’ai remarqué qu’il existait, au moins dans le langage, une fracture culturelle, représentée par les deux appellations : NoCal (North California) et SoCal (South California), bien souvent opposés à travers leur ville respective : San Francisco et Los Angeles, qui présentent des modes de vie et des inclinaisons politiques et sociales très différentes.

        S’il y a bien une culture du corps, de la réussite, de l’autosatisfaction, du soi tout puissant en Californie, elle existe au même titre qu’une culture bourgeoise, élitiste, apathique, existe en France. Alors quoi, le sommes nous tous ? Cette ligne de votre article où vous employez le mot « cliché », comme par citation, en fait apparaître un autre.

  • Causonsensemble
    Causonsensemble
    mère au foyer
    • Posté à 09h27 le 08/11/2010
    • Internaute 132337
      mère au foyer

    Bonjour,
    je suis avec beaucoup d’interêt vos articles concernant l’écologie et la société américaine, et il y a quelques mois il me semble, vous aviez relater dans ces pages la création de jardins potagers associatifs à Détroit. Depuis, j’ai entendu parler d’un projet de loi, soutenu par le lobby agro-alimentaire, qui viserait à interdire aux gens de cultiver leur propre potager. En avez-vous entendu parler, ou n’est-ce qu’une rumeur ?

    Cordialement

    Causonsensemble

    • Hélène Crié-Wiesner
      Hélène Crié-Wiesner répond à Causonsensemble
      Binationale
      • Posté à 15h43 le 09/11/2010
      • Internaute 57
        Binationale

      Ce n’est pas une rumeur, mais je suis presque sûre que ça n’aboutira jamais. Patience ! Je vais faire un papier sur le sujet. En attendant, voyez le dernier numéro de la revue XXI, qui publie un reportage sur les jardins de Détroit.

    • Hélène Crié-Wiesner
      Hélène Crié-Wiesner répond à Causonsensemble
      Binationale
      • Posté à 17h56 le 09/11/2010
      • Internaute 57
        Binationale

      En fait, non, je ne ferai pas d’article, il n’y a pas assez à dire sur le sujet. En résumé, il y a eu une proposition de loi l’an dernier visant à créer un département supplémentaire au sein de l’Agence pour l’alimentation et les « drogues » (FDA), qui se serait occupé spécifiquement de la sécurité alimentaire.

      Partant de ça, un buzz d’enfer s’est créé sur internet, affirmant que la loi voulait s’attaquer aux potagers et autres jardins bios personnels. En fait, le projet ne parlait pas du tout de ça. Juste des vraies grandes fermes produisant des aliments bio, mais c’est une autre histoire.

      Si vous lisez l’anglais, voici le détail de l’histoire, du projet de loi, du buzz et de l’hystérie internet qui a suivi :
      Lien

  • Redroom
    Redroom
    La V2, une grosse merde.
    • Posté à 09h31 le 08/11/2010
    • Internaute 23589
      La V2, une grosse merde.

    C’est ce qui est formidable avec les américains autant ils ont un peuple de crétins, autant ils ont des exceptions comme celle-là qui ont bien plus de capacité d’analyse et de conscience politique que tous les démocrates et intellectuels européens réunis.

    Merci, ça fait du bien en effet...

  • parousnik
    • Posté à 09h41 le 08/11/2010
    • Internaute 18991

    Ils ont eu tort ceux des « écolos » qui ce sont associés à la théorie alarmiste et mensongère du Giec organisme crée par des policards soucieux de justifier les impôts futurs, taxes etc sensés combler les abyssaux déséquilibres budgétaires aux EU et en UE creusés par les cadeaux fiscaux offert aux bourses banques industries et autres parasites financiers. Les études sur les variations naturelles climatiques ont été pris en otage par le Giec et servent de prétexte pour la reféodalisation économique, sociale etc de nos pays et évidemment les médias serviles contaminent ceux qui n’ont pas le temps de vérifier ce qui est prétendu… Il est évident que la consommation d’énergie fossile est polluante mais les émissions de CO2 est ce qui est sans probablement le moins préoccupant pour l’avenir… Outre le CO2, ce qui sort du trou du cul de nos bagnoles, particulièrement les diesels et autrement plus toxique, la bouffe industrielle est aussi gravement toxique, les pollutions intellectuelles que nous offre les valetailles politiques et médiatiques sont des agressions permanentes contre nos libertés, contre la vérité.

    • ShredBluZ
      ShredBluZ répond à parousnik
      Ingénieur Agronome
      • Posté à 12h17 le 08/11/2010
      • Internaute 50286
        Ingénieur Agronome

      Avant de critiquer à tout-va les résultats d’un gigantesque groupe d’experts internationaux, il faudrait prendre quelques cours d’écologie pour vous rendre compte de l’importance des phénomènes de régulation, et des perturbations que provoquent chez eux l’ajout de CO2 et autres gaz dans l’atmosphère. Avec le savoir dont on dispose aujourd’hui, il est inconcevable d’être un éco-sceptique sans être doublé d’un ignare crasse.

      • parousnik
        parousnik répond à ShredBluZ
        • Posté à 14h02 le 08/11/2010
        • Internaute 18991
         
        • ShredBluZ
          ShredBluZ répond à parousnik
          Ingénieur Agronome
          • Posté à 15h09 le 08/11/2010
          • Internaute 50286
            Ingénieur Agronome

          La pensée unique, c’est aussi de critiquer tout et son contraire sans jamais se faire d’avis. On constate déjà partout sur la planète les effets du réchauffement climatique, je peux vous le dire, je travaille dans l’agriculture, domaine hautement dépendant du climat.

          Par ailleurs, je considère tout comme vous les banques, la pub, les magouilles financières comme du parasitisme du premier degré. Mais là aussi, pour comprendre ce qu’est vraiment le parasitisme, il faut prendre des cours d’écologie.

          • parousnik
            parousnik répond à ShredBluZ
            • Posté à 18h40 le 08/11/2010
            • Internaute 18991

            Il n’y a pas pire aveugle que celui... etc etc.

          • parousnik
            parousnik répond à ShredBluZ
            • Posté à 18h40 le 08/11/2010
            • Internaute 18991

            Il n’y a pas pire aveugle que celui... etc etc.

        • NIGAU
          NIGAU répond à parousnik
          • Posté à 18h12 le 08/11/2010
          • Internaute 14220

          Pour ceux qui aiment chiner dans les bacs des bouquinistes, je vous conseille la lecture de ce livre prémonitoire, hélas épuisé, d’Ernest Callenbach : « Ecotopie », traduction de l’américain par Christiane Thiollier, édtions Stock 2 (1978) dont voici un extrait de la 4ème de couverture :
          « Que se passerait-il si les écologistes prenaient le pouvoir ? En 1980 les 3 états de la côte ouest des USA : Californie, Oregon et Washington ont fait sécession du reste de l’union. nous sommes en 1999. Depuis son indépendance l’Ecotopie a accepté de recvoir un journaliste américain, William Weston, grand reporter au Times Post. »
          Salut & fraternité.

        4 autres commentaires
  • Hassan_nasrallah
    • Posté à 11h35 le 08/11/2010
    • Internaute 43740

    Parce qu’il y a des riches. Qui s’intéresse à l’environnement ?

  • Rémim
    Rémim
    .
    • Posté à 12h09 le 08/11/2010
    • Internaute 107704
      .

    Lien Vidéo Lien sélectionnée dans Lien

  • williamfaulkner
    williamfaulkner
    sous les cocotiers
    • Posté à 17h39 le 08/11/2010
    • Internaute 128990
      sous les cocotiers

    « le peuple américain se laisse à nouveau convaincre que les réglementations antipollution sont mauvaises pour le business et les entreprises, donc pour l’emploi »

    Qui pense honnetement le contraire ? Il est clair que les politiques ecologiques ont des impacts negatifs sur la croissance, l’emploi et le pouvoir d’achat. Les voitures electriques sont plus cheres, le cout des infrastructures de transport en commun est plus eleve que celui des autoroutes, le solaire est plus cher que le nucleaire, le petrole est moins cher a produire que l’ethanol, les eoliennes ne permettent pas d’avoir un source fiable d’electricite car le vent est aleatoire...
    Le passage a une societe eco-responsable implique necessairement un endettement massif des etats et une baisse du niveau de vie, ou en tout cas a un changement radical des modes de vie. Les theories sur la decroissance montre bien la tension etre l’economique et l’ecologique.

    Il faut militer pour le developpement durable, mais ne pas nier son caractere parfois profondement anti-economique et anti-social.

  • joletaxi6
    joletaxi6
    acrobate
    • Posté à 18h52 le 08/11/2010
    • Internaute 98354
      acrobate

    « L’un des problèmes majeurs des écolos est leur financement : contrairement aux lobbies des combustibles fossiles qui croulent sous l’argent, les Verts dépendent essentiellement d’associations à but non lucratif. Aucune ne fait le poids face aux précédents, même quand elles sont aidées par des entreprises de bonne volonté ou aux intérêts bien compris.

    En Californie, l’industrie des énergies propres est une puissante réalité. Ses acteurs sont très riches et politiquement très influents, y compris à Washington.

    Toujours le même blabla..
    allez donc voir ici, s’ils ne disposaient pas de moyens :

    Lien

    Et pour ce qui concerne l“intelingentia” ,on a subi,et on subit encore la “vista” des nos comédiens, auteurs,cinéastes engagés,et autres penseurs qui nous vantaient les magnifiques réalisations de papa Staline,du grand timonier, et plus près de nous, des barbus cubains,pas à dire, si Dicaprio l’a dit, je suis tenté d’y croire....

  • mlamouche
    mlamouche
    chercheur
    • Posté à 21h19 le 08/11/2010
    • Expert 123601
      chercheur

    Habitant la magnifique ville de Pasadena, californie depuis quelques annes, je pense que la defaite de Prop23 est surtout due a la tres efficace et tres intense campagne de publicite du NO :
    Lien

    L esprit ecolo ici me parait tout a fait relatif vue la defaite de la proposition 21 qui entrainait une augmentation de la taxe annuelle (vignette) sur les voitures pour pouvoir financer le fonctionnement des 270 State Parks de californie (sites naturels et historiques).

    Biensur les habitants aises de LA veulent moins de pollution mais pas de taxe sur leur voiture. Ils veulent axheter leur pomme bio a 1.50$ l unite chez Whole foods (qui est je dois dire un super magasin) mais ils ne portent pas beaucoup d interet a l espace naturel situe au dela des montagnes de San Gabriel (les state parks ne sont pas submerges de visiteurs, a mon grand etonnement lors de mon arrivee ici, vue la beaute des sites).

    L esprit ecolo ici est je pense plus important car les californiens savent que l investissement high tech dans les emplois verts peut rapporter beacoup a la californie : les californiens ont les entreprises, les universites et les competences high tech. En revanche, la volonte de protection de l environnement est assez limitee.

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 14h17 le 09/11/2010
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    A mon avis l’influence du vedettariat d’Hollywood ajoute aussi sa part dans la marmite. Il est clair que c’est autant pour des questions de frime que d’écologisme, mais si vouloir se la péter en achetant la même voiture qu’un acteur parce qu’on connait un gars qui connait un gars qui connait l’acteur permet de garder Dhaka, alors why not.

    Et puis avoir le désert juste à portée de main, ça doit motiver à éviter le réchauffement, surtout quand on exploite autant de fruits et qu’on peut croiser tous les jours des anciens fermiers mexicains qui ont tous perdus dans la chaleur...

  • STEFFEN Louis
    STEFFEN Louis
    ancien enseignant réformateur
    • Posté à 09h34 le 10/11/2010
    • Expert 25070
      ancien enseignant réformateur

    Vous ne dites pas un mot du « niveau » culturel moyen en Californie. Et pourtant il y a peut-être à chercher de ce côté une explication de l’exception californienne. Ne dit-on pas que ses habitants sont plus instruits, plus ouverts à la nouveauté que les autres Américains ? Il serait peut-être utile, à cet égard, de relire le Journal de Californie d’Edgard Morin qui donne sur cet état, et dès les années 1970, de précieuses indications. Au fond, les difficultés de la prise de conscience écologique ne viennent-elles pas partout de l’échec patent des politiques éducatives qui n’apprennent pas réellement à penser et ne permettent pas le développement de l’esprit critique,contrairement à leurs prétentions affichées, surtout en France. L’école normalise, sélectionne et conditionne le plus grand nombre, livrant ainsi les futurs citoyens au conformisme conservateur, aux séductions de la publicité mensongère, à la persuasion clandestine, et à la propagande des pouvours établis.

Retour sur Rue89

Note Les notes de blogs ne sont pas toutes mises en forme par l'équipe de Rue89 contrairement aux articles du site.