American Ecolo

Les débats sur l'environnement vus par Hélène Crié-Wiesner, spécialiste française vivant en Caroline-du-Nord.

Les Etats-Unis assis sur un tas d'or noir : info ou intox ?

Publié le 07/11/2007 à 16h07
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Dans les Rocheuses, à cheval sur trois états américains, dorment des stocks de pétrole colossaux : environ 2 trillions de barils, soit trois fois les réserves connues de l’Arabie Saoudite. L’info semble folle : si c’est vrai, pourquoi n’est-elle pas connue ?

Un internaute nous ayant récemment interpellés à ce sujet, nous avons donc creusé. Pour tomber sur quelques perles française, comme cet internaute, qui flirte avec l’idée d’un complot américain destiné à dissimuler des réserves secrètes. La Chine, qui exploite déjà ce qu’on appelle en anglais le « oil shale » (schiste pétrolifère, ou bitumeux), s’emploierait elle aussi à cacher son trésor.

En fait, l’information est connue aux Etats-Unis depuis un bon siècle. Elle a pas mal agité les gouvernements avant et après chacune des deux guerres mondiales. Elle a coûté un paquet d’argent aux plus grandes sociétés pétrolières, sans que celles-ci n’aient jamais réussi à vendre une seule goutte de cette manne.

L’histoire a resurgit en 2005, lorsque Bush a autorisé certaines compagnies à reprendre des essais d’extraction dans les montagnes du Colorado, du Wyoming et d’Utha. Mais, à l’exception de quelques excités s’accrochant désespérément à la civilisation de l’or noir, cette nouvelle n’a agité ni les foules, ni les marchés boursiers.

Un grand saut technologique nécessaire pour rendre l’extraction rentable


Morceau de schiste bitumeux (DR).

Car la mirifique production escomptée n’est pas près d’aboutir aux raffineries d’essence. En revanche, si l’exploitation de ces schistes bitumeux (techniquement il s’agit de roche et non d’huile) parvient à être un jour rentable et pas trop polluante, alors là, oui, « le monde sera sacrément secoué », pour citer le sénateur républicain Pete Domenici, qui rêve d’une mutation radicale de la géopolitique du pétrole. En attendant le grand saut technologique, les stratèges politiques doivent se contenter de fantasmer.

Les spécialistes parlent de sources « non conventionnelles » pour désigner les pétroles extraits par d’autres techniques que celle des puits. Entrent dans cette catégorie les sables bitumeux du Canada et du Venezuela (de plus en plus exploités), ainsi que ces fameux schistes des Rocheuses. Ces réserves non conventionnelles sont absolument énormes et se trouvent pour l’essentiel aux Etats-Unis. Elles pourraient en effet prendre le relais quand le pétrole « facile » sera tari. Gros problème : l’exploitation du pétrole rocheux a un coût prohibitif, tant sur le plan technique qu’environnemental.

Avec un prix du baril frôlant les cent dollars, le premier argument perd de sa force. Quant au second, tout dépendra du niveau de tolérance des Américains face aux nuisances qu’engendrerait une exploitation des schistes à si vaste échelle. C’est une chose d’accepter de saloper l’Alaska, une autre de bousiller l’écrin touristique des Rocheuses, et, surtout, de faire courir un danger mortel au fleuve Colorado et à son bassin, véritable ligne de vie de tout le sud-ouest d’Amérique du Nord.

« Des tas de raisons expliquent que personne n’ait jamais trouvé la bonne méthode »

Un article du New York Times de décembre dernier résumait bien la situation :

« Il y a des tas de raisons qui expliquent que personne n’ait jamais trouvé la bonne méthode, à la fois rentable et écologiquement acceptable, pour extraire le pétrole de sa roche. D’abord, les efforts précédents étaient trop chers et trop voraces en énergie pour concourir avec les ressources pétrolières conventionnelles.

“Mais surtout, ils ont laissé des déchets sur les terres, généré d’astronomiques quantités de polluants atmosphériques, et menacé le très chiche approvisionnement en eau d’une des régions les plus sèches des Etats-Unis.”

Pourrait-on espérer mieux aujourd’hui, grâce aux progrès techniques ? Les quatre sociétés (Shell, Chevron, EGL-Ressources et Oil Shale Exploration) qui, sur appel d’offre du gouvernement, ont été sélectionnées pour tester de nouvelles méthodes d’extraction s’accordent sur un point : les anciennes techniques minières sont passées de mode ; il faut désormais chauffer la roche là où elle se trouve (610 mètres sous la surface), pour ainsi la fondre et la transformer en huile ou en gaz, avant de la pomper vers l’extérieur et de la raffiner.

Au final, le “bilan carbone” risque d’être lamentable

Dans tous les cas, vu l’importance des gisements (après tout, il s’agit de concurrencer l’Arabie Saoudite), des quantités d’énergie astronomiques seront nécessaires pour faire cuire ces schistes profonds, puis pour refroidir simultanément les eaux souterraines afin de ne pas briser les écosystèmes. Il faudra construire sur place des centrales électriques qui fonctionneront... au gaz, ou au charbon, ou à l’énergie nucléaire.

Comme nul n’est encore capable de stocker le CO2, le bilan carbone risque d’être lamentable. Enfin, le risque de contamination des eaux souterraines par des substances aussi sympas que l’arsenic et le sélénium panique d’avance les autorités sanitaires de l’Ouest.

Les protagonistes -sociétés pétrolières, élus locaux, autorités fédérales- ne font pas semblant d’ignorer les problèmes. Shell, qui n’a cessé de chercher à exploiter les schistes bitumeux des Rocheuses depuis un quart de siècle et est considéré comme le leader de la bande, n’envisage pas de démarrer une production commerciale avant, au mieux, la prochaine décennie.

Un fâcheux précédent près de Parachute, Colorado, dans les années 70

Les populations concernées par les projets, quant à elles, ne savent pas sur quel pied danser. Outre le spectre d’une transformation radicale de leurs paysages et mode de vie, elles n’ont toujours pas digéré la violente déconvenue de 1982, qui clôtura le dernier “oil shale boom” (“boom du schiste bitumeux”) initié par Jimmy Carter pour contrer le choc pétrolier des années 70.

Exxon et la Tosco Corporation avaient investi un demi milliard de dollars dans l’élaboration d’une immense mine de schistes bitumeux près de Parachute (Colorado). Une ville avait commencé à sortir de terre, destinée à abriter 25 000 personnes. Le 2 mai 1982, journée baptisée depuis “Black Sunday”, Exxon annonçait qu’elle arrêtait tout, licenciant du jour au lendemain 2 200 personnes, dont la plupart avaient déjà acheté leur maison. Le traumatisme est encore frais. Toutefois, personne ne combat les recherches en cours, comme si l’enjeu national, et même international, valait d’attendre de voir venir.

Des techniques d’extraction expérimentales. A la base, il y a le schiste, précurseur n’ayant pas été brûlé avec assez d’intensité, ou maturé assez longtemps, pour avoir pu se transformer en pétrole liquide. Changer le schiste en pétrole nécessite de le chauffer : soit en surface, après l’avoir extrait selon le minage classique, soit “in situ”, à 600 mètres de la surface.

Shell va creuser des trous verticaux sur cette profondeur, et chauffer électriquement la roche, qui sera “cuite” tout doucement à 343° pendant deux ou trois ans. Pour protéger les eaux souterraines, Shell teste un “mur de gel” dans lequel la glace est générée par la circulation de liquides dans un réseau fermé de tuyaux.

La méthode de Chevron est encore en cours d’élaboration, avec le concours de l’université d’Utah et du laboratoire national de Los Alamos. Une piste consiste à creuser des puits d’injection pour faire circuler des gaz chauds au travers de la roche fracturée. Les caractéristiques propres à la configuration du schiste seraient utilisées pour prévenir les infiltrations de polluants dans les eaux souterraines, selon des techniques développées à Los Alamaos.

La méthode d’EGL est la plus simple de toutes : on enverra de la vapeur à 371°C, ou n’importe quel autre fluide bouillant, au travers d’un gigantesque et complexe radiateur creusé sous la formation de schiste. Des tuyaux pomperont les vapeurs et les hydrocarbures liquides vers la surface. Pour prévenir la pollution des eaux, EGL envisage de capter en continu les eaux issues de la zone d’extraction.

Dans tous les cas, résume un cadre de Chevron, “si vous utilisez les technologies du passé, attendez-vous à obtenir des résultats du passé. En employant des technologies contemporaines, vous pouvez escompter des résultats totalement différents.”

Source : New York Times et Associated Press.

► L’article d’Associated Press sur l’extraction des schistes bitumeux
► La page sur les schistes bitumeux de l’Energy Minerals Division
► L’article de l’Energy Bulletin sur les schistes bitumeux au Colorado

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  • Le Yéti
    Le Yéti
    yetiblog.org
    • Posté à 16h31 le 07/11/2007
    • Internaute 6095
      yetiblog.org

    C’est toujours comme ça ! Quand on se retrouve, bon gré, mal gré, perdus en plein désert — désert de nos illusions, de nos croyances, de nos ambitions, de nos espoirs — on est victimes d’hallucinations insensées, de mirages extravagants.

    Ah, vivent les puits de pétrole des Rocheuses, vivent les pluies d’or qui vont assurément ruisseler sur nos cranes dégarnis, vivent les eaux providentielles sur lesquels nous n’allons pas manquer de marcher d’un pas assuré, vivent les paradis artificiels et tous les trip cocaïnomaniaques... Alea jacta est ! Le paradis final est en vue ! ...

    • Anonyme répond à Le Yéti

      Rentable sans doute avec un barril à 150 ou 200 $ ? Ce qui ne va tarder ?

      Quid donc du charbon liquide ? Il semble y avoir déjà une industrie efficace dans ce domaine, l’entreprise Sasol en Afrique du Sud étant en pointe.

      Cf les liens suivant :
      –> Lien

      Sasol (en afrikaans Suid Afrikaanse Steenkool en Olie - Charbon et pétrole sud-africain) est une entreprise de l’industrie chimique basée en Afrique du Sud.

      C’est la deuxième entreprise d’Afrique du Sud derrière old Mutual et la troisième entreprise d’Afrique[1].

      Elles est spécialisée dans la transformation de charbon et de gaz naturel en hydrocarbures liquides selon le procédé Fischer-Tropsch.

      –> Lien

      Plus propre que le pétrole, le charbon liquide
      Emily Flynn Vencat pour Newsweek (Etats-Unis)
      Le 11-01-2007 (Publié sur internet le 18-01-2007 )

      Mise au point dans les années 1920, la liquéfaction du charbon fait aujourd’hui rêver les industriels de l’énergie, qui soulignent ses avantages économiques et environnementaux et multiplient les projets.

      [Traduction : Courrier International]

      Des voitures alimentées au charbon ? A priori, ça sent la catastrophe pour l’environnement. Or, si les experts ne se trompent pas, une forme liquéfiée de ce minerai à la très mauvaise réputation devrait servir de combustible dans nombre de transports du monde entier d’ici une vingtaine d’années. Grâce au charbon liquide, qui est au minerai ce que l’or est au plomb, automobiles, trains et même avions conçus pour fonctionner au pétrole pourraient changer de carburant. Au profit d’une énergie, nous disent ses plus ardents défenseurs, verte, économique et disponible en quantité.

      Le charbon liquéfié n’a rien d’une nouveauté. Mis au point pour la première fois par des chercheurs allemands dans les années 1920, il alimentait déjà la machine de guerre nazie. Mais, jusqu’à une date récente, le coût de la liquéfaction du charbon (une technique connue sous le sigle CTL, de coal to liquid [c’est-à-dire un mélange de monoxyde de carbone issu de la combustion incomplète du charbon et d’hydrogène, qui permet d’obtenir des hydrocarbures liquides]) restait prohibitif : jusqu’en 2003, le prix du baril de pétrole tournait depuis vingt ans autour des 25 dollars et le charbon liquéfié, avec ses 45 dollars, ne présentait aucun intérêt économique. Mais aujourd’hui, avec un pétrole au-dessus de la barre des 60 dollars et l’environnement placé en tête des priorités mondiales, le charbon est en passe de devenir la meilleure option pour garantir la sécurité énergétique d’un pays, échapper au cours élevé du pétrole et lutter contre le réchauffement climatique. Le CTL a tous les atouts pour répondre aux impératifs économiques et écologiques de 2007 et des années à venir, souligne Steve Knell, directeur de l’analyse énergétique chez Global Insight.

      Un avis qui semble largement partagé, au vu des milliards de dollars que représentent les contrats passés récemment sur le charbon liquide. La production mondiale de charbon liquéfié devrait passer de 150.000 barils par jour actuellement à 600.000 en 2020, pour atteindre 1,8 million de barils quotidiens en 2030. En Chine, la filière reçoit aujourd’hui quelque 25 milliards de dollars d’investissements. Sasol, la société sud-africaine qui fait autorité dans le monde en matière de CTL, y fait actuellement construire deux usines à charbon liquide, pour un coût de 6 milliards de dollars l’unité, dans la région autonome du Ningxia et dans la province du Shaanxi. L’entreprise publique Shenhua Group, qui s’apprête en 2007 à lancer la production dans la première usine CTL chinoise, aurait déjà dépensé quelque 7,5 milliards de dollars.

      Le charbon liquide serait 30% plus propre que l’essence

      Aux Etats-Unis, au moins neuf Etats envisagent sérieusement de se lancer dans le charbon liquide. Des sénateurs de l’Illinois et du Kentucky étudient un projet qui permettrait aux usines CTL de bénéficier de garanties bancaires et d’incitations fiscales. En octobre dernier, le gouverneur du Montana, Brian Schweitzer, a annoncé que son Etat allait bâtir la première usine CTL verte pour 1,3 milliard de dollars. Le CTL pourrait bien un jour fournir l’ensemble du carburant pour les transports aux Etats-Unis, s’enthousiasme Eric Stern, conseiller du gouverneur.

      L’Afrique du Sud fait la preuve à grande échelle que le charbon liquéfié fonctionne. En raison des sanctions antiapartheid, qui limitaient son accès au pétrole étranger, le pays compte déjà des infrastructures de pointe en matière de CTL. Sasol, entreprise semi-publique, couvre 30% des besoins énergétiques dans les transports en Afrique du Sud. C’est un exemple à suivre, quand on sait que la plupart des pays les plus gourmands en énergie sont aussi les plus riches en charbon. Le charbon liquide ne va pas remplacer le pétrole brut, précise Pat Davies, le PDG de Sasol, mais il peut faire une énorme différence dans des pays comme la Chine, l’Inde ou les Etats-Unis.

      Les Etats-Unis, qui abritent les plus importantes réserves du monde, ont assez de charbon pour alimenter le pays pendant au moins un siècle. La Russie, la Chine et l’Inde sont presque aussi bien placées. Et, à en croire les partisans du CTL, le charbon l’emporte sans conteste sur la coqueluche actuelle des capital-risqueurs de l’énergie que sont les biocarburants dans les comparatifs en termes de disponibilité et de rentabilité. Aux Etats-Unis, par exemple, les producteurs d’éthanol consomment actuellement 14% des récoltes annuelles de maïs pour ne couvrir que 2% des besoins du pays en carburant.

      Et le charbon liquide a aussi des arguments écologiques qui tiennent la route. Si les usines de CTL à l’ancienne, comme celles en service en Afrique du Sud, sont de grandes pollueuses, la plupart des nouvelles infrastructures sont des modèles en matière d’écologie. Les techniques artificielles de stockage géologique du carbone [qui consiste à enfouir le dioxyde de carbone dans des cavités souterraines hermétiques] permettent de piéger et d’enterrer les émissions de CO2, qui ne s’échappent donc pas dans l’atmosphère. Grâce à cette séquestration, une voiture alimentée au charbon liquide serait environ 30% plus propre que si elle roulait à l’essence. Le vieux roi charbon pourrait bien connaître une cure de jouvence.

      • Anonyme

        A travers ces recherches ou découvertes scientifiques qui, comme on le vois n’en sont pas, l’homme cherche désespérément à continuer à utiliser sa voiture comme il le fait encore aujourd’hui, en essayant de se persuader qu’en plus de ça il ne polue pas. Comment finalement entretenir cette illusion sur laquelle se batit nos représentations de la réusite sociale d’aujourdhui, à savoir, la possétion d’une voiture, la plus grosse possible.
        En fait la question que l’on évite ainsi est la façon de concevoir d’autres modes de transports qui inévitablement passeront par moins de transports à titre individuels. Mais ça, ça genne énormément notre conscience étroite, tiraniquement individualiste, en cours en particulier (mais pas seulement) aux états unis.
        Pour se masquer la réalité climatique actuelle et le cortège de mesures radicales qu’elle engendrera inévitablement, certaines instances étatiques et autres entitées indusrielles, entretiennent le mythe d’une energie non poluante, via les carburants verts qui en ont peut etre la couleur, mais pas les effets sur l’enironnent au moins au niveau de leurs processus de fabrication ou de production de matière première. Le mythe de l’énergie non poluante reste tenace et beaucoup d’énergie et de sous (ce qui est la meme chose)sont dépensés pour l’entretenir au lieu d’accés la recherche vers d’autres modes de transports qui auront sans aucun doutes des concéquenses sur notre mode de vie.

      • Sakata Eio
        • Posté à 21h56 le 07/11/2007
        • Internaute 17893

        Le calcul est incomplet et, forcément, induit en erreur. Ce qui compte n’est pas le CO2 qui sort de la voiture, mais l’ensemble du CO2 produit pour aboutir à faire avancer la voiture. En l’occurence, la fabication de l’essence obtenue à partir du charbon produit une quantité pharamineuse de CO2, avant même d’être brulée dans un moteur.

        Le charbon étant la ressource énergétique (fossile) la plus abondante, il va de soi que la tetation est presque irrésistible de l’utiliser. Tant que le coût carbone ne sera pas pris en compte, qu’est-ce qui en empêchera les goinfres énergétiques ?

        Aujourd’hui, l’Agence internationale de l’énergie a émis un communiqué comme quoi la fourchette basse du scénario de réchauffement à la fin du siècle serait de 3° (au lieu de 1,5°).

        Je cite un autre communiqué de juin : Lien :
        « En prévision du G8, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a publié le 22 juin, pour la première fois, un scénario tendanciel 2050 d’envolée des émissions mondiales de CO2 liées à l “énergie (+137% par rapport à 2003 et 2050). Ce scénario n’est pas une simple prolongation linéaire des tendances annoncées précédemment (World Energy Outlook 2005 -WEO 2005) par l’Agence (+52% entre 2003 et 2030). ‘Il est fondé sur une très forte hausse du prix du brut qui conduit à développer massivement les pétroles non conventionnels et les carburants synthétiques à partir du charbon’, explique un expert.

        ‘Les politiques actuelles n’ouvrent pas la voie à un avenir énergétique durable, nous en sommes très éloignés’, a averti à cette occasion le directeur de l’AIE, Claude Mandil, en présentant ‘Perspectives des technologies de l’énergie’.Contrairement à l’affichage politique de plusieurs pays européens en faveur d’une division par deux des émissions mondiales de CO2 pour 2050, l’ouvrage estime qu’à un prix acceptable (moins de 25 dollars par tonne de CO2) les émissions pourraient, au mieux, être ramenées à leur niveau actuel en 2050, la décarbonisation des transports ne pouvant être envisagée avant la deuxième moitié du siècle.”

      • pierrejcallard
        pierrejcallard
        http://www.nouvellesociete.org
        • Posté à 00h47 le 08/11/2007
        • Internaute 3366
          http://www.nouvellesociete.org

        Nous avons encore des ressources conventionnelles pour au moins 200 ans. La hausse du prix du pétrole n’a rien a voir avec une supposée rareté. Pure prise de profit, qui va finalement payer le trillion de dollars qu’auront coûté les guerres au Moyen orient... Pas le payer en pétrole ; le payer à partir de la seule inflation induite. Comme les USA, avec la réévaluation de l’or de 35 à +700 dollars /oz, n’ont jadis payé que 5% de ce qu’ils avaient promis pour acquérir un intérêt de contrôle dans toute l’économie européenne. C’est la destinée manifeste de l’’Europe de se faire blouser par le capitalisme à chaque génération...

        Lien

        Pierre JC Allard

      • Anonyme

        Je ne sais pas où les auteurs de cet article ont pris leurs source (probablement auprès des compagnies !), mais le CTL est une abomination sur le plan environnemental, et ce pour deux raisons : la première est que les techniques de séquestration ne sont pour le moment qu’expérimentales et n’ont en rien prouvé leur efficacité. La deuxième, c’est qu’il faut fournir, en énergie, l’équivalent d’un baril de pétrole pour en produire 3 ! C’est une abération ! La Chine l’a bien compris : elle vient d’arrêter tous ces projets d’usine CTL, étant devenu une importatrice net de charbon : c’est bien plus intéressant et économique de le brûler directement dans une centrale thermique ! (ils en ouvrent 2 par semaine...)

         
        • Anonyme

          Merci pour ces précisions. Intéressant de pouvoir modérer un point de vue grâce à d’autres informations, intéressantes et précises qui plus est.

          Il est vrai qu’à la lecture de l’article de Newsweek que j’ai posté, le CTL semblait à première vue une bonne solution dans un avenir proche(ou moins mauvaise en tout cas, au regard de la remise en question sans doute nécessaire du mode de vie de l’« auto/homo-tobilis »).

          A+

        1 autres commentaires
    • Anonyme répond à Le Yéti

      Quelle bande d’idiots. Il y aura forcément de la pollution, surtout à cette échelle-là, et puis tout le paysage, les magnifiques montagnes, la faune, la flore du Colorado, on peut prendre des photos maintenant car ce sera plus qu’un spectacle de désolation.

      S’ils utilisaient tout cet argent et les 2500 milliards de dollars passés dans les guerres d’Afghanistan et d’Irak pour développer la recherche dans les domaines des énergies renouvelables et de l’hydrogène, on aurait tous laissé le pétrole depuis longtemps.

      • dulconte
        dulconte
        Mordu par un fachogarou
        • Posté à 18h43 le 07/11/2007
        • Internaute 250
          Mordu par un fachogarou

        Quitte à tout prendre je préfère qu’il détruise le paysage au USA qu’en Amérique du sud...
        Je ne sais pas ou en est le projet de mine sur le cerro san Cristobal en Bolivie, mais à l’époque la compagnie qui devait exploiter le gisement annonçait qu’ils rendraient en fin d’exploitation le site dans l’état où ils l’avaient trouvé tout en exploitant la mine à ciel ouvert......
        y a comme un soucis non...

      • Anonyme

        j’allais dire a peu pres la meme chose, je suis tout a fait d’accord, si on investissait directement dans du durable plutot que de s’évertuer à faire durer l’enciens...

    • Servais-Jean
      Servais-Jean répond à Le Yéti
      43
      • Posté à 00h25 le 08/11/2007
      • Internaute 4591
        43

      Les schistes ne sont pas bitumeux mais ils sont bitumineux,ça marche mieux comme ça.

    • Anonyme répond à Le Yéti

      Bonjour à tous.
      Je fait de la recherche sur l’histoire de l’énergie. Après avoir lu un certain nombre des réactions à cet article, il m’a semblé important de faire une remarque importante :
      il n’y a rien de neuf sous le soleil, soyez en certains.
      Oui le CTL existe depuis bien longtemps, et son rendement (qui reste très faible) a déjà été optimisé depuis longtemps.
      Non le CTL ne sera pas à court terme le substitu du pétrole, en partie à cause du prix, mais surtout en raison de sa nocivité environnementale (qui est avérée malgré ce que disent les fabricants de CTL qui vont faire de la publicité sur Wikipédia).
      Ensuite, en ce qui concerne les réserves américaines, je dirais qu’il faut comparer ce qui comparable : le brut saoudien n’a rien a voir avec les schistes du colorado. Les réserves « non conventtionnelles » sont immenses partout dans le monde. Et partout dans le monde les problèmes techniques et environnementaux soulevés par cette articles sont les mêmes.
      Que tout le monde se calme et tout ira bien. Si vous avez peur : vendez votre voiture et ce sera encore mieux.

      Bien à vous.
      Michael ACHILLI.

  • Anonyme

    2 trillions de barils font 2 milliards de milliards de barils (cf Wikipédia). C’est manifestement trop !
    En anglais, cela ne fait que 2 mille milliards de barils, ce qui n’est déjà pas mal.
    Moralité : l’usage du terme trillions dans un texte français est à proscrire ou à expliciter, ce qui éviterait une erreur aussi grossière.

    • Hélène Crié-Wiesner
      • Posté à 16h45 le 07/11/2007
      • Internaute 57
        Binationale

      Vous avez raison, je me prends toujours les pattes dans la traduction des chiffres américains. J’aurais dû aller voir sur le dico Robert au lieu de me contenter de la trad. automatique (et fausse). Donc, Robert : » REM. Les termes billion, trillion, quatrillion, quintillion et sextillion sont à éviter en raison des risques de confusion entre les nouvelles et les anciennes acceptions, encore en usage dans certains pays. »

      • Alain Colbert
        • Posté à 12h34 le 08/11/2007
        • Internaute 2215

        Pour les grands nombres, il vaut mieux utiliser les puissances de 10
        Ex 6.10² signifie 600 (malheureusement je n’arrive pas à écrire 12 en exposant avec le présent éditeur de texte)

        Pour en revenir à l’article, le seule espoir de survie de notre planète c’est, à mon avis, E = mc².
        C’est au coeur du noyau des atomes que nous pourrons trouver les petawatts d’énergie dont nous-mêmes et nos descendants auront besoin. Pas, cependant, avec l’écrémage de l’uranium 235 tel qu’il se pratique actuellement dans nos centrales nucléaires, mais avec la fusion nucléaire.
        Une technique de vaporisation de métal engendrant un champ de compression gigantesque fait l’objet d’une recherche intensive et secrète aux Etats-Unis ...

        Je voudrais dire aussi, aux écolos au petit pied qui ont gardé leur automobile personnelle et peut-être celle de leur conjoint et de leurs enfants, de cesser de cracher sur notre bagnole, celle, vous savez qui crée les ralentissements sur l’autoroute quand ils rentrent de petits week-ends, par exemple en Normandie.
        Puisqu’ils sont collectivistes sur les transports des personnes, il faudrait aussi, logiquement, qu’ils défendent des idées collectivistes et égalitaristes sur le plan politique et même en général pour toute la vie sociale. Or je ne crois pas que c’est ce qu’ils font ...

  • jseb
    • Posté à 16h47 le 07/11/2007
    • Internaute 15946

    il y a au moins une bonne raison de penser ou de laisser penser qu’il y a toutes ces réserves de pétrole disponibles : si c’est ça, pas de raisons de s’inquiéter d’une éventuelle pénurie ou flambée des prix durable, donc pas de raison de changer quoique ce soit à notre mode de développement ! !
    Lien

  • Anonyme

    Tant mieux qu’ils aient autant de pétrole, ils arrêteront de provoquer des guerres dans le monde pour piquer celui des autres !

  • Anonyme

    Quand on sait que le bas-Colorado est le plus souvent asséché à cause de l’irrigation, c’est un deuxième danger mortel pour cette « ligne de vie ».
    Porter un coup mortel à un mort a t’il un sens ?

  • Anonyme

    Déjà qu’ils étaient assis sur un tas de morts noirs, quand vont t’ils enfin se mettre debout , signe de recouvrance de dignité humaine.

  • Anonyme

    Envahissons les Etats Unis ! Ils ont la première armée du monde, des stocks d’armes de destruction massive, l’arme atomique et plein de chimiques !

    Que fait l’ONU pour sauver les américains de leur tyran qui déclare la guerre partout et se prélasse ?

    (comment ca, je ne pense qu’au pétrole ? ? ? : p )

    • Anonyme

      les etats-unis d’amériques ont la seule armée du monde capable d’intervenir partout dans le monde de facon significative.ce qui fait qu’a chaque fois qu’il y a un probléme,tout le monde se retourne vers eux.Les américains sont accusaient d’etre des interventionnistes quand t’ils interviennent et accusaient de fermer les yeux quand t’il n’interviennent pas.

  • A déménagé le 8-10-2011
    • Posté à 18h04 le 07/11/2007
    • Internaute 13512
      nc

    A quoi ça sert, vraiment !
    de leur expliquer qu’il faut trouver autre chose que le pétrole parce que ça pollue et que la planète ne va pas pouvoir supporter longtemps leurs turpitudes !
    Apparemment à rien !
    C’est comme lorsque le ministère de l’écologie fait passer un spot sur les économies d’énergie qui est immédiatement suivi par la retransmission d’une course de F1
    à la longue ...

  • Anonyme

    Comment est-il possible d’encore rêver à de nouveaux champs pétrolifères alors que brûler toutes les réserves connues suffira déjà à rendre la planète invivable ? La Terre commence à tousser mais apparemment certains s’imaginent qu’ils pourront rester à l’abri des postillons.
    Malheureusement l’article se contente d’évoquer les espoirs mis dans les avancées technologiques pour prolonger l’ère du pétrole. Inconscience ou aveuglement ?

    • Anonyme

      difficile d’imaginer des inconscients rédiger un article sur rue89.

      l’aveuglement serait pratique pour expliquer, au fond, une identification totale au discours de leurs maîtres (discours qu’ils ignorent d’ailleurs, suprême ironie).

    • Hélène Crié-Wiesner
      • Posté à 22h23 le 07/11/2007
      • Internaute 57
        Binationale

       »... l’article se contente de... » Vous confondez le fait de donner une information (connaissiez-vous cette histoire de schistes américains ? de techniques pour les transformer ? d’investissement des sociétés ? Non ? Alors, vous n’êtes pas content de savoir ça ?) avec l’adhésion aux idées décrites.Il me semble inutile d’ajouter une tartine idéologique sur le fait que c’est idiot de vouloir prolonger l’ère du pétrole. Pour moi, ça tombe sous le sens, surtout quand j’écris pour Rue 89. Au cas où vous auriez des doutes sur mon « inconscience » ou sur mon « aveuglement », jettez un oeil au reste de mes articles en archives. Cette réponse vaut aussi pour la réaction qui suit.

      • Anonyme répond à Hélène Crié-Wiesner

        Désolé, mais l’impression laissée par votre article est plutôt celle d’un espoir apporté par ces promesses technologiques. Les réticences de type « nimby » dont vous vous faites l’écho, si elles ont leur importance pour les populations concernées, deviennent ridicules quand on les rapporte à la catastrophe panétaire qui s’annonce. L’occasion était pourtant belle de faire ressortir le côté absurde de ces « développements ». J’aurais eu beaucoup plus de satisfaction à apprendre comment il AURAIT ETE possible d’exploiter ces schistes plutôt que de voir ces informations présentées sans pointer du doigt leur caractère éminement nocif.
        Je suis heureux d’apprendre que pour vous, il tombe sous le sens qu’il est idiot de vouloir prolonger l’ère du pétrole. Je ne suis malheureusement pas persuadé que ce soit aussi évident pour tout le monde.
        Enfin, je ne suis pas censé être au courant de ce que vous avez déjà écrit avant de me lancer dans la lecture de votre dernier article.

        Merci quand même pour votre article qui n’est certainement pas sans intérêt.

  • Anonyme

    Même si l’on trouvait une technique rentable et pas trop polluante sur place, il y a toujours un gros problème : ce sont des hydrocarbures fossiles que l’on brûle.
    Donc augmentation de la teneur en gaz carbonique atmosphérique, donc de l’effet de serre, acidification des océans, etc. Continuer le mode vie actuel conduira toujours à un mur. On choisira juste entre la pénurie, l’effet de serre, la destruction de l’environnement et/ou la pollution (voire d’autres). Charmant.

  • Démocrate-13
    • Posté à 19h41 le 07/11/2007
    • Internaute 15563

    Pour gagner encore plus de fric les Etasuniens sont prêt à nous faire gober n’importe quoi !

    Ils se foutent globalement de tout ce qui est écologie, protection de la planète ça ne rapporte pas encore !
    Du fric, du fric, encore du fric, toujours du fric
    Que la planète péte dans 50 ans, ils s’en foutent ceux qui ont LE POUVOIR seront tous crevés d’ici là et se foutent complètement de l’avenir de leurs descendances !

    DU FRIC DU FRIC ! ! ! !

    • Anonyme répond à Démocrate-13

      Parce que vous croyez que ce genre de comportement est le monopole des USA ? Quelle est la plus grosse entreprise Francaise ? Total ! Qui fait son business en se vautrant dans les bras des pires dictatures de la planête (Birmanie, Congo). Après avoir (tout du moins pour sa composante ELF) pourri le système en se plaçant en te des corrupteurs numéro 1 des politiques (Affaire(S) Elf).

      Ensuite viennent les boites d’armement : La france est l’un des plus gros marchands d’arme de la planète (pas encore assez au goût de Fillon). Y compris pendant longtemps les mines antipersonels.

      Ensuite, le nucléaire à fond la caisse, y compris dans des pays qui représentent un vrai danger comme la Lybie ou d’autres....

      Alors on se calme, et on essaye de faire passer dans sa représentation du monde les lignes de clivages là où elles passent réellement dans la réalité : ce n’est pas les bons européens contre les méchants américains, mais les cyniques contre ceux qui ont un vrai soucis du bien collectif. Et ce n’est pas une question de nationalité !

  • Daniel R
    Daniel R
    Visiteur d'entreprise
    • Posté à 20h18 le 07/11/2007
    • Internaute 6667
      Visiteur d'entreprise

    Je ne voudrais pas jouer les cassandres mais les nouvelles du front ne sont pas bonnes.

    La Chine et l’Inde ne renonceront pas au développement à marche forcée dans lequel ils se sont lancés. A la fois concurents et solidaires, ils n’accepteront aucune limitation de leur souveraineté.

    Des millions de tonnes de charbon vont brûler dans les pires conditions c’est à dire sans aucune précaution.

    Les américains brûlent également leur charbon sans retenue pour des raisons de politiques locales.

    La stagnation de la production de pétrole ne fera que précipité le recours au plus polluant des carburants fossiles.

    Conclusion, nous dépasseront bientôt le point de non retour, si ce n’est déjà fait. Une fois la machine climatique emballée, il y aura des gagnants et des perdants mais dans tous les cas d’immenses mouvements de populations désespérées avec toutes les conséquences prévisibles pour des pays déjà pauvres et instables.

  • Anonyme

    Juste pour réagir à une petite phrase de l’article et à un commentaire d’un courageux anonyme (comme moi), sur le problème de l’émission du C02.

    Il est dit dans cet article qu’on a pas encore de solution pour stocker le CO2. Je sors juste d’une conférence sur le stockage géologique du CO2, et je peux donc dire que cette affirmation est fausse. Les solutions existent mais n’ont pas encore été réalisée à échelle industrielle.
    Forcément, elles entraînent un surcoût, et tant que la contrainte réglementaire n’existe pas, personne ne vas se l’imposer.

    Cependant, total a flairé le filon, et met actuellement sur pied un projet pilote, dans la région de Pau (à Rousse), pour stocker sous terre le C02 émis par une usine électrique. Sous terre, c’est à dire à l’endroit même ou ils ont extrait le gaz méthane brûlé par l’usine pour produire de l’électricité. Le surcoût (par rapport à une production normale où on ne se pose pas de question sur ce qu’on rejette) est de 30%, ce qui est apparemment assez compétitif.

    La solution semble intéressante uniquement pour les grosses industries, donc intéressante pour l’industrie dont parle cette article. Si la contrainte réglementaire apparaît aux états-unis - peu probable pour l’instant - Total pourrait bien vendre sa solution aux ricains...

    • Anonyme

      Petite précision concernant le stockage du CO2 :

      La technique se base sur le fait qu’au dessus d’une certaine pression, le CO2 se transforme en neige carbonique solide et pourrait donc être stocké sous la terre, en particulier au sein même des anciens gisements de gaz ou de pétrole. Cela ne va toutefois pas sans poser un certain nombre de questions :

      - Tout d’abord, comment être certain qu’il va bien accepter de rester dans ces stocks souterrains pour l’ETERNITE ? Comment garantir que ces réservoirs sont absolument sans fuite ? ou en tout cas avec des fuites suffisement faibles pour que le CO2 qui pourrait s’en échapper serait libéré en quantité suffisement faible pour être absorbé par la biosphère (de manière définitive ? Non, car dans la biosphère, le carbonne suit un cycle et réapparait constement). L’étanchéité parfaite des zones de stockage peut difficilement être établie. En effet, l’extraction des ressources soutéraines modifie structurellement les roches qui hébergeaient le pétrole ou le gaz. Il y a des effets d’écroulement, de fracturation, des fissures peuvent se former. De plus, le CO2 est acide et peu creuser des trous dans certaines roches. Comment sécuriser tout cela de manière éternellement pérène ? A quel prix ? Qui paiera la maintenance « éternelle » de ces stocks ? Qui paiera le gardien du tombeau en concession à perpétuité ? On tombe dans la même problématique que celle du stockage des déchets nucléaires. Comment s’assurer que personne ne laissera le robinet de la bouteille ouvert ? Y compris en Russie, en Chine, en Inde ? Y compris dans 2000 ans ? Y compris dans des situations politiques ou économiques peut être fort différente (voir la dégradation de la sécurité nucléaire après la chute de l’URSS) ?

      - Ensuite, il y a un conflit d’intérêt évident entre les promoteurs du stockage du CO2 et les producteurs de carburants fossiles. Comment s’assurer que ces producteurs ne biaisent pas les résultats de leurs études pour rassurer l’opinion et pouvoir continuer à produire encore au delà de ce que la menace du réchauffement rend possible ? Comment être certains qu’on ne minimisera jamais le risque de fuites d’un réservoir souterrain ? Pourtant, si l’un d’eux s’avère trop peu étanche, il sera trop tard pour revenir en arrière. Le supplément de CO2 que l’existence de ce réservoir aura autorisé à être émis sera là et on ne pourra plus rien faire ! Et compte tenu des quantités en jeu, si le bouchon d’une de ces bouteilles de champagne saute, c’est la grosse catastrophe.

      La situation dans laquelle nous sommes, c’est celle d’un assassin qui doit faire disparaître un corps en s’assurant qu’il ne réapparaitra jamais sous une forme ou sous une autre. Nous savons tous que c’est une tache souvent impossible, en dehors des crimes d’état qui bénéficient de la « myopie » organisée des institutions..... Et même dans ce cas là, la vérité ressurgit souvent après un certain temps.

      Evidement, si tout cela « tient » assez longtemps, les actionnaires de nos grosses boites pétrolières auront eu le temps de passer leur vie à se dorer les bonbons au soleil des Bahamas et finalement, c’est surtout cela qui compte. Personne n’ira les déranger dans leur cercueil dans 60 ou 100 ans...

      • Alain Colbert
        • Posté à 12h47 le 08/11/2007
        • Internaute 2215

        Cher anonyme,
        Je suis parfaitement d’accord avec vous : le stockage de CO2 sera un marché profitable donc il « n’échouera » pas quelle que soit la technique. (Je ceux dire que les échecs ne seront pas communiqués au vulgum pecus pour ne pas démoraliser les actionnaires.)
        Mais comme les faits sont têtus, la dégradation du climat se poursuivra, s’amplifiera même, de telle manière qu’avant 2000 ans, les humains ou bien auront disparus ou bien n’utiliseront plus la technique archaïque d’oxydation du carbone pour produire de l’énergie. Ils pourront alors stocker du charbon de bois dans le sous-sol pour dépolluer leur atmosphère avec un rique bien moindre de fuite qu’avec du CO2.

  • Anonyme

    Sauf erreur de ma part, c’est un fait connu. Les américains s’approvisionnent en pétrole depuis des décennnies sur les marchés internationaux pour ne pas entamer leurs propres réserves considérées comme réserves staratégiques. Ils ont effectivement des réserves énormes (donc sans parler de schistes bitumineux) qu’ils s’astreignent à ne pas utiliser en prévoyance de temps mauvais : guerre, pénurie, ...

  • Anonyme

    Et voilà, encore un article sur comment se rassurer à bon compte... Le premier commentaire à cet article avait déjà tout dit excellemment...
    la vraie question c’est de sortir du qualitatif qui permet de continuer à rêver béatement(« ya du charbon qu’on peut transormer en pétrole, ya les sables bitumeux du Canada, ya les huiles lourdes du Venezuela, ya les schistes bitumeux des USA, etc... ») , et de regarder les chiffre en face (notamment les flux et pas seulement les stocks) : au-delà du désastre environnemental qu’elles vont générer, ces sources non-conventionnelles n’offriront jamais que quelques millions de barils / jours supplémentaires en tout (aujourdhui, on doit consommer globalement 86-87 millions de barils /jour...), et ne permettront pas longtemps de compenser le déclin inéluctable et indéfini de la production de pétrole brut quand elle s’amorcera (entre maintenant et 2010-2015 selon l’ASPO par exemple, avant 2020 quoiqu’il en soit, selon la plupart des pétroliers) , et encore moins de soutenir une demande croissante d’or noir.

    L’argument des USA qui se gardent d’énormes réserves stratégiques, c’est vraiment à pleurer d’anti-américanisme bas de gamme et d’incompréhension du monde.

    Lien

    • pierrejcallard
      pierrejcallard
      http://www.nouvellesociete.org
      • Posté à 01h02 le 08/11/2007
      • Internaute 3366
        http://www.nouvellesociete.org

      Au prix actuel des hydrocarbures le solaire et l’éolien sont IMMEDIATEMENT rentables. Il n’y a donc pas de « crise de l’énergie ». Seulement une arnaque pour maximiser les profits sur le pétrole. J’ai essayé de faire de l’anti-américanisme haut de gamme, mais le sujet ne s’y prête pas. Lien

      Pierre JC Allard

      • Anonyme répond à pierrejcallard

        « Au prix actuel des hydrocarbures le solaire et l’éolien sont IMMEDIATEMENT rentables. »
        J’aimerais que vous donniez des exemples concrets de rentabilité IMMEDIATE (et encore, j’assume que pour vous, immédiat signifie 2-3 ans) parce que je suis chercheur en énergétique (solaire thermique) et la rentabilité, je la vois très raremement avant 7-8 ans...

         
        • Anonyme

          Ah oui ! Et le solaire ou l’éolien pour le transport, ca n’est pas encore ca...

        • Anonyme

          « Rentable » vient de « rente », tout comme « rentier ».

          Il ne s’agit pas d’une notion scientifique. Elle dépend fortement de ce qu’on décide ou non d’intégrer dans les coûts. Il suffirait d’instaurer une taxe carbone suffisante pour que des choses JUGEES non-rentable aujoud’hui ne le soit plus du jour au lendemain. Si les producteurs d’énergie fossile devaient intégrer dans leur coûts de production le dédommagement des futurs exilés climatiques, les énergies fossiles auraient été jugées non-rentables depuis longtemps.

        • Anonyme

          Allons allons

          J’imagine bien (tout comme vous je pense) qu’une solution IMMEDIATEMENT rentable est une solution qui n’a pas besoin de saut technologique pour devenir rentable ( à 5, 7 ou 15 ans, ce qui reste viable pour de la production énergétique décentralisée).

          Qui (même le pire illuminé) peut croire à une méthode qui produit immédiatement plus d’énergie qu’elle n’en a consommé pour exister ? Allons allons...

        • pierrejcallard
          pierrejcallard
          http://www.nouvellesociete.org
          • Posté à 00h51 le 09/11/2007
          • Internaute 3366
            http://www.nouvellesociete.org

          Immediatement, j’aurais dû le préciser, signifie pour moi qu’on commence immédiatement la mise en place des équipements « state of the art » et qu’ils fournissent l’énergie, quand ils sont terminés, à un prix alors concurrentiel avec le celui projeté pour les autres composantes du panier energétique.

          En pointe, je crois, pour l’éolien, c’est le projet Norsk Hydro d’éoliennes de 5MW en batteries sur le littoral et les fjords. Pour le solaire, c’est le recent breakthrough en PV a Rice University, plutot que le thermique, mais le coût à l’ETP, dans le Mojave, n’est-il pas DEJA concurrentiel, en Californie, avec du pétrole à USD$ 100 le barils ?

          Pierre JC allard

          Et pour l’anticipation : Lien

        4 autres commentaires
  • Anonyme

    je remarque que ça n’a pas deranger les americain de detruire les paysages et les richesses archeologiques de l’Irak pour du petrole. si ils veulent continuer à conduire leurs 4x4 ils ont cas en assumer les consequences.
    Beeks

  • Anonyme

    Pourvu qu’il saute et vite !

    Il y a Deux USA, celui des poliques et des financiers qui ne pensent qu’a se gaver et celui des Citoyens lambda, anesthesies par les Télé debilités.

  • Anonyme

    Le bilan énergétique total parait effroyablement mauvais.
    Déjà les énormes quantités d’énergies nécessaires pour traiter les schistes bitumineux de l’Alberta amènent à revoir les perspectives d’exploitation (sans compter les dégâts environnementaux dantesques) alors que se rapprochent les dates estimées des pics du gaz et du charbon (vers 2020) et que le parc nucléaire ne fonctionne qu’en ponctionnant les réserves de la guerre froide, les mines ne suffisant pas à sa consommation.
    Voir la relation de la dernière conférence de l’ASPO sur Terre de Brut Lien, en particulier la fin sur le nucléaire :
    « Mais ce fût sur la production d’uranium que Dittmar surprit le plus l’assistance. Actuellement, les 439 réacteurs nucléaires produisent 371 GWh et nécessitent 67000 tonnes d’uranium naturel par an. La production d’uranium issue des mines d’uranium totalisait 41700 tonnes en 2005 puis 39400 en 2006. Le reste de l’approvisionnement est assuré par les stocks commerciaux et militaires ainsi que du recyclage. La mine de Cigar Lake au Canada devait être mise en activité en 2007 mais une grave inondation de la mine en octobre 2006 a repoussé son ouverture à 2011.
    “ cet incident est l’équivalent pour l’industrie nucléaire de ‘perdre le pétrole de l’Arabie Saoudite’ pendant quelques années.’

    Avec la crise multi-énergies qui se profile d’ici quelques années et les menaces sur le climat, un tel gaspillage et une telle pollution pour prolonger un peu l’aire du pétrole sont proprement insensés.

  • Anonyme

    La question du petrole et de l’energie en generale n’est pas qu’une question de reserve c’est essentiellement un probleme de debit.
    Les etats unis consomme 20 millions de baril par jour soit 7 milliards par an ou encore 1 milliard de tonne de petrole par an.
    Aucune methode industriel actuelle ou à venir ne poura fournir un tel debit de production avec des shiste bitumineux que soit le progrès technique. C’est une contrainte physique.

  • Anonyme

    Je reviens sur le stockage géologique du C02, je suis l’auteur du premier message à ce sujet.
    Un autre courageux anonyme m’a répondu que la technique du du stockage géologique se base sur le fait qu’au dessus d’une certaine pression, le CO2 se transforme en neige carbonique solide.

    En fait non, elle se base sur le fait qu’un gisement de gaz ou de pétrole qui était sous pression à l’origine est à priori étanche, donc on peut y fourrer du C02.
    Pour gagner de la place, la technique s’assure aussi qu’on ne produit *que* du CO2 lors de la combustion, c’est à dire qu’on réalise la combustion du méthane avec de l’oxygène pur. Donc il ne sors que du C02 et de l’eau. On récupère le CO2 et on l’enterre.

    Il est vrai que mettre du CO2 là où il y avait du méthane n’est pas sans risque, surtout que comme l’a rappelé la réponse, le C02 est apparemment un facteur d’acidité. L’expérience pilote de total est là pour mesurer tous ces problèmes à échelle pré-industrielle, et apparemment pas mal de simulations ont été faite avant de la mener. Donc il y a quand même des mesures de précaution (on n’a pas encore lancé le stockage sauvage).

    Pour le reste de la réponse, je suis d’accord. Cependant, stocker le CO2, c’est mieux que de le rejeter ; -)
    Pour ce qui est du futur, la prucence inciterait effectivement à mettre en place un processus de vidage progressif des réservoirs de CO2, en transformant le C02 en autre chose (des forêts ?).

    Sinon si j’ai pu assister à cette conférence, et si elle a été organisé, c’est que Total à choisi de soumettre ce projet à un processus de débat public. Donc ils y a toute les infos sur leur site (maintenant ou dans un futur proche), et on peut réagir. Donc n’hésitez pas à y poster vos remarques et histoires de cadavre qui ressurgissent ! ; -)

    Sebastien.

  • Anonyme

    On parle toujours du carbone mais quid du méthane ? Ce gaz qui a un effet de serre 8 fois plus puissant que le carbone se trouve en grande quantité au fond des océans et des sols gelés en permanence (le permafrost ).Quand ceux-ci auront dégelé, n’assisterons nous pas à un emballement du réchauffement ?
    Nathalie

  • Anonyme

    Pouvez-vous prendre le temps de lire (ou relire) Rick Bass : Là où était la mer. On y trouve une autre dimension de cette futurologie pétrolière. Et il sait de quoi il parle (il était géologue)
    AK

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