American Ecolo

Les débats sur l'environnement vus par Hélène Crié-Wiesner, spécialiste française vivant en Caroline-du-Nord.

Primaires en Caroline du Nord : sale temps pour les presbytes

Publié le 05/05/2008 à 13h31

Après un meeting d’Obama à Raleigh, Caroline du Nord (Jon Gardiner/Reuters).

(De Raleigh, Caroline du Nord) Mon homme n’allait pas être en ville mardi pour voter aux primaires. Samedi étant le dernier des dix jours ouverts au vote par anticipation en Caroline du Nord, nous enfourchâmes nos bicyclettes. L’Américain, c’est lui ; moi j’y allais juste pour voir et prendre la température.

Normalement, à 11 heures du matin, le centre-ville de Raleigh, la capitale de l’Etat, est quasiment désert. Sauf les jours de « parade », où les gens se pressent sur les trottoirs autour du Capitole pour applaudir (au choix) les défilés d’anciens combattants, des nains de Santa Claus, des mères de famille nombreuse, des équipes sportives ou des nostalgiques de la guerre de Sécession.

Ce samedi, une parade honorait les pompiers tombés au feu, et les imposants camions rouges et blancs serpentaient en file entre les bâtiments administratifs et commerciaux du centre d’affaires. Pas mal de spectateurs en avaient profité pour venir voter, escomptant en outre y passer moins de temps que mardi, jour officiel de l’élection.

Raté ! En accrochant nos vélos devant l’office du Wake County Board of Election, l’un des cinq bureaux ouverts aux primaires dans le comté, nous comprenons vite que nous allons y passer un moment. La queue d’une trentaine de mètres tourne au coin du bloc.

Des voitures patientent sagement l’une derrière l’autre dans la rue en crachant des gaz, attendant de pouvoir déposer exactement devant le bureau une vieille maman, une jeune femme en talons hauts, ou encore des enfants noirs endimanchés.

Une officielle remonte inlassablement la file, répétant en souriant : « Désolée, c’est un peu long. Préparez vos papiers, nous gagnerons du temps. Eteignez vos portables à l’intérieur. Merci de vous être déplacés. »

« A partir d’ici, il est interdit de distribuer de la propagande électorale. »

A vingt mètres de l’entrée, sur le trottoir, une borne prévient : « A partir d’ici, il est interdit de faire campagne pour des candidats et de distribuer de la propagande électorale. » Derrière le panneau, là où ils sont autorisés, des militants s’activent, tendant des feuillets à la foule.

J’attrape la feuille jaune de la Raleigh Wake Citizen’s Association, qui s’appelait à sa naissance, en 1932, le Negro Citizens Committee. Elle reproduit plus ou moins un bulletin de vote, listant les candidats qu’elle a décidé de soutenir lors de cette primaire.

Parce que c’est ça, le truc : aujourd’hui, on n’opte pas seulement pour Obama ou Clinton ; on doit aussi sélectionner, parmi une tripotée de noms, les individus qui seront candidats en novembre aux postes de représentant et de sénateur (à la fois à la chambre des représentants et au sénat des Etats-Unis et à ceux de Caroline du Nord), au poste de gouverneur de l’Etat, de lieutenant-gouverneur, d’auditeur, de trésorier général de l’Etat, de commissaire aux assurances, commissaire du travail, superintendant de l’instruction publique, enfin de juge dans trois différentes cours.

Plusieurs postulants par poste, tant dans les camps démocrates que républicains et parfois sans affiliation : la liste de patronymes est interminable, c’est ça la démocratie américaine ! Tous ces parfaits inconnus ont beau avoir fait campagne localement et diffusé des spots télévisés depuis des semaines, on a beau voir leurs noms plantés dans les jardins ou collés au cul des voitures, personne n’est capable d’en distinguer plus d’un ou deux sur un bulletin de vote.

Voilà pourquoi des associations bien connues localement « endossent » un candidat par poste, et font connaître leur choix aux citoyens reconnaissants.

« Parfait, je vais recopier les noms qu’ils conseillent. »

Nous approchons de la zone interdite aux « campainers ». Je saisis un ultime tract, tendu cette fois par la Coalition pour l’éducation. Comment savoir si ce sont des gens de notre bord politique ? « Regarde qui ils soutiennent pour la présidentielle », conseille mon mari, « ça donne le ton. » Obama, c’est bon. Et au poste de gouverneur ? Bev Perdue, la démocrate. « Parfait, je vais recopier les noms qu’ils conseillent. »

Voilà, ça marche comme ça. Enfin, ça devrait. Parce que mon chéri s’aperçoit qu’il a oublié ses lunettes à la maison. Panique : il ne va pouvoir lire le bulletin de vote, ni le tract modèle. Ah, la presbytie ! Heureusement, à l’entrée du bureau (car ça y est, trente minutes et un petit coup de soleil plus tard, nous sommes à l’intérieur) figure un panneau reproduisant le bulletin vierge qu’il faudra remplir dans l’isoloir. Il scrute, je compte les lignes, je pose mon doigt sur la première case :

« Tant pis pour les autres postes à pourvoir, tu n’as qu’à te contenter de cocher la case “présidentielle’. Hillary est en premier, Barak en second. Tu pourras distinguer ? Pas sûr. Attends, on va demander si tu peux venir avec moi dans l’isoloir”

Je grommelle qu’en France, ce ne serait pas possible, mais de toute façon, chez nous, on n’a pas à répondre à un tas de questions sur le même bulletin. Première halte devant une table chargée d’ordinateurs où officient les vérificateurs d’identité et d’appartenance politique : il vote démocrate ou républicain ? Son épouse avec lui ? Pas de problème, on ne réclame même pas mes papiers.

On nous oriente vers le second poste, où le citoyen reçoit son bulletin, démocrate en l’occurrence : au moins n’y figurent, recto verso, qu’une trentaine de noms. On a le choix entre des box isolés les uns des autres par des parois, ou… une grande table où papotent des gens s’entraidant, eux aussi.

“Avec ce système, aucun risque de fraude, on peut recompter les votes.”

Je lis à voix haute les candidats recommandés par mon papier. Crayon noir en main, mon mari noircit les cases que je lui désigne une à une. Mince ! Au poste d’auditeur (quel est donc le job d’un auditeur ?), la Coalition pour l’éducation ne conseille personne. Et le papier jaune de l’association black, il dit quoi ? Fred A. Dans la mesure où Obama est aussi leur candidat principal, va pour Fred A.

C’est fini. Renseignement pris, ça se passera aussi de cette manière le jour de l’élection générale, en novembre. Mon Américain voit assez clair pour glisser lui-même son bulletin dans l’appareil à lecture optique :

“Ben voilà, c’est très bien ce système. Aucun risque de fraude, avec ça on peut recompter les votes s’il y a contestation. Pas comme les machines à voter qui ne laissent pas de traces ! ‘

Il faut dire que nous vivions au Texas, où les machines à voter très partiales (selon lui) l’énervaient au plus haut point.

On se retrouve dans la rue. Il est midi, la queue a encore grandi, c’est fou. Nous pédalons vers chez nous, dépassant le QG raleighsien de Barak Obama qui grouille de monde. Plus aucun signe’ aux armes du champion, ces panneaux à planter devant les maisons, qui se sont arrachés dès l’ouverture de la permanence début avril. Plus de T-shirt non plus, mais un particulier en a des pelletées dans sa voiture garée en face, qu’il vend à un prix raisonnable.

‘On avait l’habitude de voir nos primaires ignorées. Cette fois, on va compter.’

Un peu plus loin, dans le downtown historique noir, les vitrines d’une boutique désaffectée sont couvertes des magnifiques affiches multicolores du Officialy Unofficial Obama Art Show, ‘Go Tell Mama’.

Ces posters sont l’œuvre d’un peintre de rue de Chicago qui balade son expo à travers les Etats-Unis en campagne. La permanence d’Hillary Clinton, installée non loin mais très à l’écart de toute circulation piétonne, est bien tristounette et bien blanche, en comparaison. Mais lundi soir, même la rue obscure de son QG à elle sera envahie par la foule. Car Bill Clinton viendra à Raleigh l’ultime soir avant les primaires.

Dimanche matin, je jette un oeil sur le site web du journal local : tous les bureaux ouverts dans le Wake County pour les votes en avance ont connu les mêmes foules, les mêmes queues d’une heure et demi et plus, le même enthousiasme.

Les militants et les officiels ont distribué de l’eau et des barres de céréale. Début avril, un membre de l’équipe locale d’Obama s’enflammait :

‘On avait l’habitude de voir nos primaires ignorées, parce qu’elles intervenaient trop tard dans le processus. Tout était joué. Eh bien, cette fois, on va compter. Yes, we can [le slogan officiel d’Obama, ndlr].’

Il avait raison. Pour une fois, les habitants de Caroline du Nord ont l’impression que leur vote va servir à quelque chose.

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  • Lairderien
    • Posté à 14h23 le 05/05/2008
    • Internaute 22751

    Merci pour ce reportage vécu de l’intérieur qui éclaire beaucoup mieux que tout ce que j’ai déja lu, la complexité de la démocratie aux USA.

    Je comprends d’ailleurs facilement que de nombreuses personnes puissent renoncer à voter, ou votent n’importe quoi (n’importe qui) devant une telle avalanche de candidats à des postes aussi divers, qui sont renouvelés en même temps, ce qui crée à mon avis un brouillard qui ne favorise pas du tout la démocratie.

    • fabinet
      fabinet répond à Lairderien
      • Posté à 14h46 le 05/05/2008
      • Internaute 20044

      Moi, je n’appelle pas ça la « complexité » de la démocratie aux USA.
      Ça me fait plutôt penser à une espèce de gros machin préhistorique complètement crétin ....

    • I.P
      I.P répond à Lairderien
      Flat4
      • Posté à 16h33 le 05/05/2008
      • Internaute 25391
        Flat4


      Je comprends d’ailleurs facilement que de nombreuses personnes puissent renoncer à voter, ou votent n’importe quoi (n’importe qui)

      Et quand on voit qu’ils élisent des juges et des procureurs comme ça, ça fait peur.
      La justice indépendante c’est bien beau, mais si le juge devient l’otage des elections je ne suis pas certain qu’on y gagne...

      • lemuet
        lemuet répond à I.P
        • Posté à 07h32 le 06/05/2008
        • Internaute 26129

        cher LR je comprends votre frayeur devant cette justice issue d’elections factices où la moitié de la population reste à la maison. Mais que dire de la nôtre issue d’une caste qui s’auto-régènère par l’origine sociale tout comme le milieu médical et la haute administration. Me voilà bien perplexe...

  • brise marine
    brise marine
    portier de nuit
    • Posté à 14h38 le 05/05/2008
    • Internaute 23644
      portier de nuit

    En comparaison de tous ces postes mis aux votes,la République Française parait pour le moins oligarchique sinon élitaire.

    • mmarvin
      mmarvin répond à brise marine
      • Posté à 14h50 le 05/05/2008
      • Internaute 19929

      Ce n’est pas parce qu’un poste est ouvert à élection que c’est une bonne chose.

      Aux USA, le vote est exigé pour choisir un juge, un procureur et parfois même un policier !

      Cela revient à laisser n’importe qui qui a un bagout suffisant pour s’installer à un poste sensible.

      Limitons les élections aux fonctions de représentation et de gestion politique.

      Qui serait assez idiot pour élire Tapie à la Brigade Financière ? ? ?

  • brise marine
    brise marine
    portier de nuit
    • Posté à 14h57 le 05/05/2008
    • Internaute 23644
      portier de nuit

    « Qui serait assez idiot pour élire Tapie à la Brigade Financière ? ? ? » ou N.Sarkozy Président de la République ?

  • Jaycib
    Jaycib
    Désagrégé de l'Université
    • Posté à 15h00 le 05/05/2008
    • Internaute 37053
      Désagrégé de l'Université

    La Huronne en Caroline ? Il aurait fallu lire la presse locale pour connaître les positions des candidats aux postes « subalternes ». Quand on connaît la ligne du canard local, on sait où se positionner.

    Le seul problème véritable est que la présidentielle occulte les autres scrutins par son battage. Mais c’est ça la démocratie : elle suppose que le citoyen de base est informé et sait par conséquent comment faire ses choix. Ce qui n’est pas le cas dans une société aussi apolitique que les USA.

    On peut déplorer la confusion qui règne lors des élections à tous les échelons de gouvernement, mais devrait-on scinder les scrutins aux gubernatoriales, sénatoriales, etc., du scrutin présidentiel ? J’ai connu des scrutins « subalternes » qui n’attiraient que 2O % des électeurs, quelquefois moins...

    Alors, vive le bordel à l’américaine !

    Je ne vois pas en quoi il est moins démocratique que l’élection au suffrage indirect des sénateurs en France, pour laquelle l’intervention du peuple ne se situe que très en amont, ouvrant la voie à toutes sortes de tractations entre « grands » électeurs.

    La pléthore de candidats de tous bords permet au moins (en théorie) de desserrer le carcan du bipartisme.

  • Phil2922
    Phil2922
    Retraite invalidité
    • Posté à 15h54 le 05/05/2008
    • Internaute 36639
      Retraite invalidité

    Merci Hélène Crié-Wiesner pour votre papier. On voit que vous aimez raconter le vécu.... Mais désolé, déjà qu’entre Républicain et Démocrate, je pense que c’est équivalent entre Pepsi et Coca. Alors, pour les primaires démocrates, je peux comprendre votre engouement pour Obama, mais il n’a aucune chance. L’ Amérique est, encore, trop raciste... ! !

    Lien

    • Don Matito
      Don Matito répond à Phil2922
      • Posté à 16h41 le 05/05/2008
      • Internaute 25853

      Vous avez certainement une grande connaissance de l’amerique pour dire ca. vous y avez vecu longtemps, et recement, ou bien vous avez fait de la recherche academique sur le sujet ? Je suppose que vous n’oseriez pas assener vos certitudes si elles n’etaient basees que sur des « on-dit ».

      L’Amerique nous apparait raciste tout simplement car elle l’etait il n’y a pas si longtemps, 50 ans seulement depuis les marches pour les droits civiques, et elle reste tres segreguee. Mais elle laisse aussi enormement de place aux success story de personnes de couleur - les Rama Yade ou Rachida Dati locales sont bien moins l’exception qu’en France ! Et Obama fait voter des populations entieres, noirs, jeunes, qui n’avaient pas l’habitude de voter (laissant le pouvoir aux riches, vieux, blanc).

      Les choses changent, et bien plus vite aux US qu’en France

      • juliettelucie
        juliettelucie répond à Don Matito
        Agitée du bocal
        • Posté à 17h45 le 05/05/2008
        • Internaute 4918
          Agitée du bocal

        Vous avez presque raison... L’Amérique est aujourd’hui encore raciste, mais ni plus ni moins que la France ou la Chine. Les moeurs ont beaucoup évolué, en particulier au Sud de la ligne Mason-Dixon. Le changement radical est venu du sud, des Etats comme le Mississippi, l’Alabama, la Louisiane ou les Carolines, qui étaient les derniers repères du racisme pur et dur, à la KKK. non, le KKK n’a pas disparu, pas plus que les nazi en Europe. Ils sont beaucoup plus faibles politiquement, par contre, comme en Europe.
        Dire que le racisme est toujours aussi fort aux Etats-Unis aujourd’hui que dans les années 20 est un peu comme dire que l’antisémitisme est aussi fort en Allemagne aujourd’hui que dans les années 30...

  • Jean-Baptiste
    Jean-Baptiste
    Projets entre marketing, (...)
    • Posté à 16h36 le 05/05/2008
    • Internaute 646
      Projets entre marketing, (...)

    Merci pour ce recit fort intéressant.

  • clive
    • Posté à 16h39 le 05/05/2008
    • Internaute 27908

    Je conseille à Mme Crie-Wiesner et à son mari de regarder le documentaire « Hacking Democracy » qui va être rediffusé bientôt sur HBO.
    Il y est montré que les machines à lecture optique, abritant logiciels et cartes mémoire, sont tout aussi susceptibles d’être hackées que les autres ordinateurs de vote.
    Et pour ce qui est de recompter les bulletins en cas de contestation, il n’y a qu’à voir ce qui est arrivé au New Hampshire, quand justement certains ont contesté le résultat et demandé une vérification...

  • Benoît Granger
    Benoît Granger
    Chercheur en microfinance
    • Posté à 17h50 le 05/05/2008
    • Expert 1916
      Chercheur en microfinance

    Dis donc, ton mari, c’est un handicapé de la démocratie ? ? Embrasse le quand même de ma part !

    (à propos des machines à voter : ya des preuves en Europe que ces trucs sont hackables fastoches –heu pas par moi) et donc que c’est un outil encore plus dangereux que la presbytie !)

  • vincicom
    vincicom
    Responsable « informatique » (...)
    • Posté à 22h58 le 05/05/2008
    • Internaute 24211
      Responsable « informatique » (...)

    Une question à l’auteure :

    Je voudrais savoir si elle avait une impression sur l’ambiance qui regne lors de ce genre d’election pour un cimple citoyen non militant ? Est-ce que c’est plutot une ambiance « ca me fait chier » ou plutot « excitant interessant » ? ? ?

    • Hélène Crié-Wiesner
      Hélène Crié-Wiesner répond à vincicom
      Binationale
      • Posté à 03h22 le 06/05/2008
      • Internaute 57
        Binationale

      Je n’ai pas eu l’impression que quiconque, dans ce bureau, ou même dans la queue, trouvait ça emmerdant. Deux raisons à cela : 1) Les Américains sont en général plus placides que les Français, dans toutes circonstances. Ils râlent rarement. C’est encore plus vrai dans le Sud. Bon, New York est une vraie exception ! 2) Ceux qui font l’effort de se déplacer pour les primaires sont des électeurs encore plus motivés que les autres. Je penserai à votre question lors des « vraies “élections en novembre prochain.Quant à trouver ça excitant, je ne sais pas. Pour moi, ça l’était, certes. Mais encore une fois, les gens sont plutôt ‘smoth’, ici, ils n’extériorisent guère en dehors des lieux où il est requis d’être extraverti (comme sur un plateau TV, par exemple, ou en recevant un cadeau d’anniversaire), ce serait impoli.

  • Loig
    Loig
    enseignant à Londres
    • Posté à 23h43 le 05/05/2008
    • Expert 40765
      enseignant à Londres

    Etonnant !

    Je suis moi-même allé voter la semaine passée (jeudi soir vers 21h00) pour les élections « municipales » londoniennes. On y élisait bien sûr le Mayor en un seul tour, mais en indiquant deux choix hiérarchisés(pour mémoire, Ken le Rouge a été défait par le conservateur),mais également tout un tas d’élus « municipaux » locaux.

    Le plus stupéfiant pour un Français reste le caractère « artisanal » du dispositif et du contrôle :

    Les bulletins sont à cocher au crayon à papier et le contrôle d’identité (en l’absence de pièce d’identité obligatoire) se fait en toute confiance sur la seule annonce, à voix haute, de son patronyme par l’électeur tandis que l’assesseur vérifie... l’équivalent de la carte d’électeur que chacun reçoit à son domicile et doit produire !

    Ensuite, isoloir, cochage et l’on glisse ses bulletins dans l’urne de carton sans plus de contrôle...

    Dernière anecdote, devant moi, ce soir-là, une jeune femme s’excuse : elle a oublié sa « carte d’électeur ». Aucun problème, l’assesseur lui demande son nom et la barre consciencieusement dans sa liste. Elle peut voter.

  • jck
    jck
    • Posté à 04h29 le 07/05/2008
    • Internaute 27688

    ’Voilà pourquoi des associations bien connues localement « endossent » un candidat par poste, et font connaître leur choix aux citoyens reconnaissants’

    Voila un système qui peut favoriser la corruption ou, au mieux, le copinage... Comment toutes ces associations choisissent entre deux juges, ou deux inspecteurs... il n’en a pas qui donne leur soutiens au plus offrant ?
    Ce n’est pas forcément bon de tout faire choisir au peuple si au final, celui-ci ne connait même pas les patronymes de ceux qu’ils doivent choisir.

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