American Miroir

Après avoir scruté, dans le blog "American Ecolo", les débats, innovations et curiosités du domaine de l'environnement, Hélène Crié-Wiesner, journaliste binationale vivant aux Etats-Unis, ausculte les Americains dans leur quotidien : pourquoi sont-ils différents ?

« La mondialisation, c’est pas juste des flux financiers, c’est aussi des flux migratoires »

Publié le 17/11/2012 à 17h24

(De Raleigh, Caroline du Nord) Une nouvelle députée socialiste sillonne sa circonscription d’Amérique du Nord pour rencontrer les Français qui y vivent. A quoi sert-elle ? Pourquoi faut-il s’occuper des citoyens ayant quitté la France ?


Corinne Narassiguin (assise à droite) rencontre l’Alliance française de Raleigh et la consule générale de France (Hélène Crié-Wiesner)

Corinne Narassiguin a été élue en juin à l’Assemblée nationale avec dix autres députés représentant les Français de l’étranger. Sa circonscription compte 165 000 électeurs inscrits.

Traditionnellement, les Français vivant au Canada et aux Etats-Unis élisaient des conseillers (au rôle consultatif), majoritairement de droite.

La jeune socialiste a pourtant battu à plate couture les candidats d’une droite divisée, parmi lesquels l’ancien ministre Frédéric Lefèbvre et Julien Balkany, demi-frère de Patrick, le maire de Levallois-Perret. Ingénieure télécom, Corinne Narassiguin vivait et travaillait à New York depuis dix ans.

Début novembre, elle était de passage à Raleigh, en Caroline du Nord, où vit une petite communauté française hétéroclite et enthousiaste. Entre une rencontre avec l’Alliance française locale et les rendez-vous de sa permanence, on a discuté avec elle.

Les métropolitains ont tendance à voir les Français de l’étranger, surtout ceux installés aux Etats-Unis, comme des hyper privilégiés qui n’ont pas à bénéficier des avantages des Français de France, dans la mesure où ils n’y payent ni cotisation, ni impôt...

Je pense qu’il est dans l’intérêt de la France d’avoir des communautés à l’étranger capables de se développer en gardant un lien fort avec la France. En transmettant à leurs enfants leur culture et les composantes de leur citoyenneté française. Ça va au-delà de la langue.

La France a tout intérêt à avoir des citoyens internationalement mobiles. On doit donc prendre en compte cela dans la manière dont on établit nos accords de sécurité sociale dans le monde. Que ça permette à ces Français qui ont une carrière très morcelée parce qu’ils ont beaucoup voyagé de planifier leur retraite comme tout le monde. C’est un investissement pour la France.

C’est vrai qu’on paye nos impôts là où on gagne notre argent, donc pas en France (sauf si on y a des biens immobiliers). Moi, de toute façon, je ne suis pas pour créer une fiscalité mondiale.

Ce serait contradictoire avec la philosophie française qui est pour la territorialité de l’impôt. Et ce serait contraire à toutes les conventions fiscales qu’on a signées.

Je pense aussi qu’on ne peut pas réclamer une continuité du service public français à l’étranger.

En revanche, on doit s’assurer que le système d’enseignement du français à l’étranger fonctionne bien. C’est au service de cette communauté, c’est aussi au service de l’influence de la France à travers le monde, non seulement linguistique, mais aussi économique.

Mon expérience de Française hors de France m’a montré qu’il y avait une grande différence entre les Français de New York, Los Angeles, Houston ou Washington, et ceux qui vivent dans le reste du pays. Avez-vous l’impression de réussir à représenter les deux mondes ?

Oui, c’est aussi pour ça que dans mes déplacements, je choisis de ne pas aller seulement dans des grandes villes.

Je vois une variété de plus en plus grande partout, à vrai dire. On n’est plus sur le modèle de contrats d’expatriés, ou de fonctionnaires internationaux. Maintenant, c’est plus de gens en contrat local, des étudiants, des chercheurs, professeurs d’université, venus à un moment et ayant choisi de rester. Il y a aussi des entrepreneurs.

On a de plus en plus de gens comme moi venus temporairement sur une opportunité professionnelle et qui, trois ans plus tard, ont choisi d’y faire leur nid. De plus en plus de familles plurinationales, plus intégrées qu’auparavant.

On ne connaît pas la moitié des Français à l’étranger, en particulier dans les pays développés comme les Etats-Unis, car ils choisissent de ne pas se manifester auprès des autorités consulaires.

Il n’y a pas forcément une volonté de rupture consciente. Simplement, parce qu’ils sont dans un endroit où il n’y a pas de communauté française visible, ils ne se renseignent pas. Jusqu’au jour où ils ont besoin de se refaire des papiers français... Et là, ils cherchent, nous trouvent, et finissent par s’apercevoir qu’ils ne sont pas les seuls Français du coin.

Les Américains n’aiment pas la notion de binationalité. Pour eux, si on n’est pas à 100% américain, on n’est pas un bon citoyen, du moins pas un citoyen loyal...

Nous aussi, on a eu cette méfiance vis-à-vis de la binationalité. On a beaucoup de binationaux en France. Et on estime qu’environ la moitié des Français de l’étranger sont des binationaux.

On a des nouvelles générations de binationaux nés à l’étranger, qui vivent la citoyenneté française autrement. Il faut être très ouvert vis à vis de ces nouvelles situations.

La mondialisation, c’est pas juste des flux financiers. C’est aussi des flux migratoires, des gens qui construisent leur vie ailleurs, dont les enfants naissent ailleurs.

C’est une richesse pour l’humanité, et pour la France. Il faut prendre soin de cette capacité à assumer plusieurs nationalités dans une seule personne. J’ai une amie dont le conjoint est américain, qui a ses filles binationales. Elle a horreur de les entendre dire : « Je suis moitié française, moitié américaine. » Elle leur répète : « Vous êtes 100% les deux. »

Comment vous partagez-vous le travail avec vos collègues conseillers des Français à l’Etranger ?

Les conseillers sont dans un rôle d’élus locaux, ils font l’articulation entre les besoins des Français dans leur circonscription. Ils siègent dans les consulats aux commissions des bourses, des affaires sociales. Ils vont faciliter des dossiers administratifs.

Nous, en tant que parlementaires, on travaille avec eux parce que parfois c’est plus facile de faire avancer certains dossiers de Paris. Le rôle de l’Association des Français de l’étranger est en cours de réforme. La discussion porte notamment sur le fait de savoir si on donne à ces élus locaux des pouvoirs de décision. Je pense qu’il le faudrait.

Concrètement, les gens ne se rendent pas compte que les conseillers jouent un rôle crucial au moment des attributions des bourses scolaires. Il n’y a pas mieux qu’eux pour défendre les dossiers des gens, et aussi pour les faire remonter aux parlementaires.

Comment marchent les aides sociales pour les Français des Etats-Unis ?

Pour les bourses scolaires, le barème était mal fichu et un nouveau va être mis en place l’année prochaine. Quant aux aides sociales, qui ont aussi besoin d’être renforcées, elles s’adressent surtout aux personnes âgées en situation précaire.

Ce sont de toutes petites aides qui permettent, aux Etats-Unis, de payer par exemple la cotisation au système Medicare, pour avoir une couverture sociale. J’espère qu’on arrivera à augmenter ces budgets dès qu’il y aura une meilleure marge budgétaire. On a en effet de plus en plus de personnes âgées en précarité à l’étranger.

Il y a aussi une toute petite aide accordée aux personnes avec handicap. Pour les adultes, c’est sous condition de ressource, mais pour les enfants, sans condition.

Ce sont des budgets qu’on vote au niveau national, nous parlementaires. Mais ce serait bien que les élus locaux aient leur mot à dire.

Comment organisez-vous votre vie de députée transatlantique ? Est-ce que vous coûtez cher à la Nation ?

J’ai le même salaire et budget de fonctionnement que n’importe quel député. Seul mon budget de voyage est plus élevé. Chaque député des Français de l’étranger en a un différent, qui dépend de la taille de sa circonscription. Il faut bien le gérer : moins je dépense sur chaque voyage, plus je peux me permettre d’en faire.

Pour l’année 2012, j’ai à peu près 60 000 euros, et ça devrait être plus pour 2013, année de mandat complète. Et ça sera réévalué en décembre pour voir l’utilisation qui en a été faite. Pour l’instant, je suis loin d’avoir utilisé l’enveloppe, et ce qui n’aura pas été utilisé sera forcément restitué.

Je pars de Paris le jeudi pour ma circonscription nord-américaine, j’arrive le vendredi, je dois travailler illico en arrivant. Je retourne sur Paris lundi soir, j’arrive le mardi matin et j’enchaîne sur ma journée de travail. Faut tenir le reste de la semaine. Ça casse, ces voyages !

Aussi je voyage en business sur les vols de plus de six heures, pour être capable de fonctionner dès mon arrivée. C’est impossible d’être opérationnelle et efficace si on n’a pas dormi. Et impossible aussi de tenir cinq ans à ce rythme.

Par contre, à l’intérieur des Etats-Unis, sur les vols de moins de cinq heures, je voyage en classe économique. Ou je prends le bus, par exemple entre Montréal et Québec.

Donc la création des députés de Français à l’étranger a augmenté le budget de l’Assemblée nationale ?

Absolument, oui.

Quels sont les thèmes qui sont abordés par les Français que vous rencontrez pendant vos tournées ?

Vraiment de tout. Je prends des rendez-vous avec les acteurs de la vie économique, les chambres de commerce, les associations. Pour voir ce qui marche ou pas, ce qu’on peut améliorer, comment je peux apporter un soutien. Et aussi trouver les partenariats potentiels avec la France, en matière universitaire, scolaire, culturelle, économique.

J’ai un rôle plus politique que les attachés culturels ou scientifiques des consulats. Je les rencontre toujours. C’est toujours bien que les mêmes thèmes passent par le double canal administratif et politique.

Après, je tiens à offrir des plages de permanence au cas où des gens auraient des problèmes plus particuliers à me présenter. Et comme je ne peux pas aller partout, ou que les gens ne sont pas forcément libres quand je viens dans leur coin, je vais organiser des plages de permanence par internet.

Quant aux dossiers personnels, c’est vraiment varié. Il y a la question des bourses scolaires, des soucis avec la retraite et les conventions entre la France et les Etats-Unis. D’autres viennent me voir parce qu’ils ont des projets à développer, soit ici, soit pour un retour en France. D’autres s’inquiètent de savoir si leurs enfants vont pouvoir aller à l’université en France, et comment il faut s’y prendre.

Souvent je redirige les gens vers les personnes compétentes, mais, pour moi, c’est important d’entendre les disfonctionnements pour éventuellement intervenir auprès des autorités françaises, ou alors voir ce qui ne va pas avec les conventions elles-mêmes.

Redites-moi en résumé quel est l’intérêt pour la France de chouchouter sa diaspora à l’étranger.

Parce que les Français de l’étranger, plus d’un million d’inscrits dans les consulats donc sans doute plus de deux millions, sont vraiment un atout majeur pour la France. Si aujourd’hui la France veut être moteur de l’Europe, ou trouver sa place dans la mondialisation, ce qu’elle n’a pas encore réussi à faire vraiment, elle doit absolument savoir s’appuyer sur ses réseaux de nationaux à l’étranger.

Ces réseaux sont les mieux placés pour comprendre les problématiques internationales, pour avoir ce regard un peu extérieur sur la France, pour comprendre quels sont ses atouts et ses faiblesses par rapport à d’autres pays.

C’est ça que j’essaie d’apporter à Paris. Je ne suis pas là uniquement pour réclamer des choses pour une espèce de lobby.

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  • layote
    • Posté à 17h58 le 17/11/2012
    • Internaute 17790

    Voilà des économies à faire.La France le pays avec le plus de députés rapporté au nombre d habitant.

    • kakoulite
      kakoulite répond à layote
      Intermediation & Imprecation
      • Posté à 20h12 le 17/11/2012
      • Internaute 126452
        Intermediation & Imprecation

      Je pense que l Irlande nous depasse ...et de loin pour le nombre de deputes et leurs salaires ainsi que pour leur president qui sans aucuns pouvoirs gagne plus /autant qu’obama ou Cameron (a verifier mais je pense avoir raison)

  • Olivier Lefebure
    • Posté à 20h16 le 17/11/2012
    • Internaute 193737
      Avocat

    On n’a malheureusement absolument pas entendu Mme Nassariguin au mois de juillet dernier, lorsque le gouvernement a décidé de supprimer la PEC (prise en charge) des frais de scolarité des lycéens français à l’étranger (ce à quoi j’étais favorable) en appliquant la suppression rétroactivement aux dossiers en cours déjà acceptés, ce qui a contraint un grand nombre de famille à des acrobaties budgétaires non anticipables et d’autres tout simplement à déscolariser leurs enfants des lycées français. Sur le fond la mesure est bonne, sur la forme elle a été organisée sans aucun soucis des problématiques budgétaires des français de l’étranger, corroborrant l’idée que « de-tout-manière-ils-ont-les-moyens ». J’aurais aimé entendre ou lire Mme Nassariguin (qui est ma député) à ce moment...

    • simla
      simla répond à Olivier Lefebure
      desperate housewife
      • Posté à 01h26 le 18/11/2012
      • Internaute 164811
        desperate housewife

      Je pense que les français de l’étranger ne sont pas les plus nécessiteux ! ! ! !

      • Sophie en Cali
        Sophie en Cali répond à simla
        Chercheuse précaire à l'étranger (...)
        • Posté à 10h04 le 18/11/2012
        • Internaute 195246
          Chercheuse précaire à l'étranger (...)

        J’ai créé un compte juste pour répondre au commentaire précédent.... Savez-vous ce qu’est un post-doc ? un chercheur précaire malgré le bac +8, et bien c’est mal payé en France mais ça l’est aussi aux Etats-Unis... et on est plein comme ça à faire tourner la recherche américaine (sûrement plus pr lgtps vu les finances catastrophiques)...
        donc non tous les français de l’étranger ne sont pas riches.

         
        • simla
          simla répond à Sophie en Cali
          desperate housewife
          • Posté à 00h26 le 19/11/2012
          • Internaute 164811
            desperate housewife

          Je pensais plutôt aux familles installées et travaillant dans des entreprises françaises ou autres....

          Comme contre exemple à votre propos, j’ai ma nièce, chercheuse en biologie, partie faire un post-doc aux US, bien mieux payée qu’en France, et qui y a d’ailleurs fait carrière, elle a obliqué vers le privé, mais avec un bon salaire, de bien meilleures conditions de travail et de bien meilleurs moyens !

          Tous ses amis sont des européens dans le même cas, et son mari un finlandais qui, lui aussi, a trouvé de meilleurs opportunités de travail aux Etats-Unis....il est chercheur aussi !

          J’espère que pour vous ce sera le cas aussi ! ! ! ! !

          • Sophie en Cali
            Sophie en Cali répond à simla
            Chercheuse précaire à l'étranger (...)
            • Posté à 00h37 le 19/11/2012
            • Internaute 195246
              Chercheuse précaire à l'étranger (...)

            Ahah je serais curieuse de savoir où votre nièce et son mari travaillent (dans quel coin des US je veux dire).

            parce que moi, à $2300/mois et des loyers supérieurs à $1000 (courant dans toutes les grandes villes américaines)... je n’ai pas l’impression de mieux vivre que mes amis chercheurs restés en France.
            Après oui je veux bien croire qu’il y a plus d’opportunités de travail ici et que les salaires dans le privé sont plus élevés pour sûr.

            Mais merci :)

            • simla
              simla répond à Sophie en Cali
              desperate housewife
              • Posté à 05h30 le 19/11/2012
              • Internaute 164811
                desperate housewife

              Ma nièce et son mari (rencontré sur place !) ont fait leur post-doc à Yale !

              Je crois qu’elle avait déniché une maison pas trop chère mais un peu excentrée....

              A présent, ils ont migré à San Francisco !

              Bonne chance pour la suite !

        3 autres commentaires
  • c.d.g.
    c.d.g.
    ami d un pingouin nommé Tux
    • Posté à 22h15 le 17/11/2012
    • Internaute 83383
      ami d un pingouin nommé Tux

    JE vis a l etranger (en RFA dans mon cas). C est vrai qu il faut arreter de penser que tous les francais qui viventa l etranger le font pour fuir les impots francais. Ici, c est pour fuir pole emploi qu il y a plein de francais
    Par contre il faut etre logique, on peut pas reclamer des bourses ou autres d un cote et ne pas payer d impots de l autre

    PS : la depute se trompe. on peut payer des impost en france meme sans y avoir de bien immobilier. dans mon cas par exemple, ma banque m a envoye un papier a faire signer par les impots allemands pour etre dispense du paiement. Probleme : le papier n est pas en allemand. j ai essayé, et evidement le fonctionnaire allemand n a pas voulu signer quelque chose qu il ne connait pas et pas dans sa langue et j ai laisse tomber

  • totor101
    totor101
    em...deur
    • Posté à 11h04 le 18/11/2012
    • Internaute 124415
      em...deur

    Je rigole (jaune ?)
    - l’immigration une chance pour la France
    - l’émigration un atout pour la France
    Et si on laissait les français de france se débrouiller au lieu de les paralyser avec des normes, protocoles et bureaucratie ?

  • tArTeL¤RdRe
    tArTeL¤RdRe
    click toride
    • Posté à 11h52 le 18/11/2012
    • Internaute 192571
      click toride

    les paradis fiscaux : une chance pour la France.

    • trouble fêtes
      trouble fêtes répond à tArTeL¤RdRe
      aconforme
      • Posté à 16h32 le 18/11/2012
      • Internaute 156689
        aconforme

      Paradis cela dépend pour qui. Le terme exact est « enfer fiscaux ». Stop à la novlangue néolibérale. Merci.

  • jamjamjam
    jamjamjam
    retraité
    • Posté à 14h04 le 18/11/2012
    • Internaute 97081
      retraité

    Et richesse de l’immigration.
    Tout nous enrichit.
    C’est merveilleux.
    Et ça fait des députés en plus.
    Qui contemplent notre richesse.

  • srollins
    srollins
    Doctorante Franco-Américaine
    • Posté à 14h39 le 19/11/2012
    • Internaute 2921
      Doctorante Franco-Américaine

    ...Je n’avais aucune idée que nous les citoyens français à l’étranger avions droit à des députés. Je suis très contente de l’apprendre, comme j’ai toujours eu le sentiment, après avoir été élevée binationale dans une petite ville américaine (je pense que Mme Crié-Wiesner sait laquelle !), d’être trop séparée de la France.

    En tout cas, en tant que Franco-Américaine binationale qui voudrait lutter contre l’idée de « pas assez américain(e), » « pas assez français(e) », ça me fait drôlement plaisir de voir Mme Narassuiguin dire que « Nous aussi [les français], on a eu cette méfiance vis-à-vis de la binationalité. [...] On a des nouvelles générations de binationaux nés à l’étranger, qui vivent la citoyenneté française autrement. Il faut être très ouvert vis à vis de ces nouvelles situations. [...] C’est une richesse pour l’humanité, et pour la France. Il faut prendre soin de cette capacité à assumer plusieurs nationalités dans une seule personne. J’ai une amie dont le conjoint est américain, qui a ses filles binationales. Elle a horreur de les entendre dire : “ Je suis moitié française, moitié américaine. ” Elle leur répète : “ Vous êtes 100% les deux. ” »

    C’est bien ce que j’aime (ou que j’aimerais) dire de moi-même, et ça fait plaisir (même si ça pourrait être vu comme un peu pathétique) de l’entendre dire par un membre du gouvernement. Ça fait plaisir aussi d’être vue comme une richesse plutôt qu’une espèce d’hybride un peu déféctif ; -) (Je sombre dans les anglicismes... mais je suis, après tout, comme l’a dit la députée, 100% américaine ainsi que 100% française.)

    • Hélène Crié-Wiesner
      Hélène Crié-Wiesner répond à srollins
      Binationale
      • Posté à 21h40 le 21/11/2012
      • Internaute 57
        Binationale

      Hello Sophie.
      Et donc, ça fait quoi d’être momentanément en France en tant que binationale plus habituée à la vie américaine ? Au bout de quatre mois, ton pourcentage de feeling français/américain est à quelle hauteur ?

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