L’Amérique dans la peau

Comment incarner l'Amérique en 2012 ? Chaque candidat use et abuse de son corps. Décryptage politique et culturel d'une campagne

Présidentielle américaine : Barack Obama, éternel outsider

Thomas Snegaroff
non connue
Publié le 25/01/2012 à 15h47

C’est un moment essentiel de la vie démocratique américaine. Chaque année, à la fin janvier, le Président parcourt les quelques centaines de mètres qui séparent la Maison Blanche du Capitole pour y prononcer devant le Congrès le discours sur l’état de l’Union.

Simple message écrit, pendant un siècle – Thomas Jefferson rejetant le trop visible héritage de la monarchie anglaise –, il redevient oral en 1913 avec Woodrow Wilson. Ce message de devoir se transforme alors en une opportunité ; le Président s’adressant au Congrès mais aussi, et de plus en plus, au peuple américain.

L’« American dream » dans les gènes d’Obama

Mardi soir, Barack Obama a prononcé son troisième discours sur l’état de l’Union. Comme prévu, il a mis l’accent sur l’économie, suivant en cela le mot d’ordre de la campagne de Bill Clinton en 1992, imaginé par le génial James Carville :

« It’s the economy, stupid ! »

Au-delà des mesures annoncées et des satisfecit auto-distribués, Barack Obama a prononcé un véritable discours de campagne.

Discours intégral sur l’état de l’Union, Barack Obama, 24 janvier 2012

En anglais.

Si une chose n’a pas changé dans le discours d’Obama depuis 2008, c’est bien sa volonté d’apparaître comme un homme qui construit des ponts entre les Américains, qui réconcilie les républicains et les démocrates dans une défense vibrante du rêve américain.

Un rêve américain qu’il inscrit encore dans son histoire personnelle. Ici, c’est son grand-père et sa grand-mère qui sont évoqués pour leur contribution à l’effort de guerre et à la reconstruction, mais surtout parce que :

« Tous les deux partageaient l’optimisme d’une nation qui a triomphé de la dépression et du fascisme.

Ils comprenaient qu’ils appartenaient à quelque chose de grand ; qu’ils contribuaient à un succès que chaque Américain avait la chance de partager – la promesse américaine selon laquelle si vous travaillez dur, vous pourrez avoir assez pour construire une famille, posséder une maison, envoyer vos enfants à l’université et mettre un peu de côté pour la retraite. »

Pour cela, il en appelle à l’unité. Mais cet appel est éminemment politique.

Contre le « Do nothing Congress »

Stigmatisant les blocages des républicains, il se présente comme celui qui souhaite, sans le pouvoir, agir. Dans le champ de la guerre économique, Obama joue à fond la carte de l’action, se donnant les allures d’un super VRP :

« J’irai n’importe où dans le monde pour ouvrir de nouveaux marchés aux produits américains. »

Une allusion très claire aux entraves auxquelles il a dû faire face pour faire ratifier quelques accords de libre-échange.

Voilà une très vieille tactique inaugurée, avec succès, par Harry Truman qui en 1948 n’avait cessé de taper publiquement sur ce « Do nothing Congress ».

Un QG hors de Washington

En tapant indistinctement sur Wall Street et sur Washington, stimagtisant ici les plus riches (sur un ton très « Occupy Wall Street ») et là les politiciens coupés du reste du pays, Barack Obama semble s’adresser à Mitt Romney et Newt Gingrich, les deux principaux candidats à l’investiture républicaine.

Le premier est de plus en plus englué dans son passé d’entrepreneur requin sans foi ni loi – sorte de Bernard Tapie du Massachussets – et le deuxième doit sans cesse se départir de son image d’insider ayant regné de nombreuses années sur la Chambre des représentants.


Mitt Romney pendant les années fric, à la tête de Bain Capital ((Bain Capital))

Finalement en 2012, rien de véritablement nouveau sous le soleil qui avait tant brillé sur la campagne d’Obama en 2008. Barack Obama se présente encore et toujours comme l’infatigable bâtisseur de ponts entre les Amériques, un bâtisseur qui malgré quatre ans passés à Washington veut apparaître comme un outsider.

Ce n’est certainement pas un hasard si le QG de campagne d’Obama est réinstallé à Chicago. C’est la première fois qu’un président américain ne l’installe pas à Washington.

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  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 16h18 le 25/01/2012
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    Obama vient de propose de taxer tous les riches ! !

    c’est dégueulass­e ce que veut faire OBAMA.

    si cela continue il ne va plus rester de riches.

    Ils n’ont pas fait exprès de naitre riches.

    ils vont êtres en voie de disparitio­n si cela continue !

    groupons nous, et sauvons les, comme on essaye de sauver des espèces en voie de disparitio­n.
    qu’on les mette d’urgence dans la liste du WWF

     ; -)

    • Rivendell
      Rivendell répond à pablico
      Suppot de satan
      • Posté à 16h39 le 25/01/2012
      • Internaute 102483
        Suppot de satan

      Ah mais ils sont même déjà dans la liste du WWF !

      ... dans la liste des gens qui financent cette organisation...

    • Jean-Jacques Louis
      • Posté à 20h44 le 25/01/2012
      • Internaute 2277

      Pas de problème : quand les riches seront devenus pauvres, ils ne seront plus taxés et pourront donc redevenir riches. Avant qu’on se remette à les taxer, bien entendu. Mais, d’ici là, les fachos seront de nouveau au pouvoir.

  • la choukette
    la choukette
    libre penseur si possible
    • Posté à 17h17 le 25/01/2012
    • Internaute 90914
      libre penseur si possible

    « Tous les deux partageaient l’optimisme d’une nation qui a triomphé de la dépression et du fascisme. »

    avec Guantanamo et la FED tu peux t’accrocher, beau parleur,

    Guantanamo est toujours fonctionnel, et la pègre bancaire dérriere la FED aussi,

    En bref les 2 points qui constituaient le message d’espoir que tu a vendu aux ricains, tu t’es torché avec,

    quand à la réforme de la santé, elle sert surtout à remplir les poches des labos pharmaceutiques privés et celle des assureurs

    « J’irai n’importe où dans le monde pour ouvrir de nouveaux marchés aux produits américains. »

    en fait :

    Lien

    « J’irai n’importe où dans le monde pour ouvrir de nouveaux marchés aux produits américains. Et je ne resterai pas immobile lorsque nos compétiteurs ne respecteront pas les règles du jeu. [...] Il n’est pas juste qu’un autre pays permet à nos films, notre musique et nos logiciels d’être piratés »

    c’était a propos de mégaupload, mais aussi des contestations autour de SOPA et PIPA,

    qu’Obama ne semblait pas vouloir défendre dans une période si proche des élections

    Obama, Sarkozy, même combat d’hyppocrite

  • James Andros
    James Andros
    Bouffeur de pommes
    • Posté à 19h17 le 25/01/2012
    • 179324
      Bouffeur de pommes

    Mr Obama a eu une bonne idée d’installer son QG à Chicago car on sait bien que ceux qui ont souffert de la crise ne se trouve pas majoritairement à Washington. Alors mieux vaux aller dans les ville touché par cette crise afin d’essayer de conserver un électorat populaire.

  • temudjin1155-
    temudjin1155-
    Horror humanum est
    • Posté à 19h27 le 25/01/2012
    • Internaute 127128
      Horror humanum est

    Bel article de propagande pour bisounours...
    - Le « Super Congress » qui balaye du revers de la main l’existence du Congrès
    - Les guerres non-déclarées par le Congrès (donc anticonstitutionnelles).
    - La prolongation du Patriot Act
    - La dette publique si monstrueuse qu’en un seul mandat son administration a réussi à causer un déficit supérieur à celui de toutes les administrations précédentes cumulées.
    - La signature le 31/12/2011, alors que tout le monde se préparait à faire la java, du National Defense Athorization Act qui prévoit la détention par les militaires et de façon illimitée toute personne « suspectée » d’activités terroristes ou « associated forces », sans avocat, sans jugement.
    - Le maintien de Guantanamo.

    C’est pas un outsider votre pote Obama, c’est un insider

  • Fantomax
    Fantomax
    escroc
    • Posté à 19h35 le 25/01/2012
    • Internaute 157606
      escroc

    Un type qui chante avec autant de classe du Al Green, on ne peut que voter pour.

  • Féline
    Féline
    fée
    • Posté à 19h43 le 25/01/2012
    • Internaute 111221
      fée

    « il se présente comme celui qui souhaite, sans le pouvoir, agir. »

    Sans le pouvoir ? Tiens, « he ne can plus » le brave soldat de Wall Street ?

  • Nain Glumeux
    Nain Glumeux
    Touriste
    • Posté à 19h59 le 25/01/2012
    • Internaute 148099
      Touriste

    Après le « yes we can » le (en version française) « essayé a pas pu »
    Moins glamour tout de même, alors que selon les plus enthousiastes il allait même guérir les ongles incarnés.

  • Jean-Jacques Louis
    • Posté à 20h40 le 25/01/2012
    • Internaute 2277

    En tout premier lieu, Barack a flatté éhontément ses militaires. Jusqu’il y a peu de temps, une aussi basse flagornerie d’un président envers son armée n’existait que dans les dictatures les plus dures. Les craindrait-il à ce point ?

    Barack me déçoit de plus en plus.

    Quand on pense que les Américains n’auront le choix qu’entre ce guignol et une théocratie républicaine, il y a de quoi s’inquiéter. Il ne manquerait plus que Sarko de ce côté-ci de l’Atlantique.

  • baboune
    baboune
    contemplatif
    • Posté à 22h10 le 25/01/2012
    • Internaute 80478
      contemplatif

    super Mickey vient de trouver la solution à tous les maux, la dernière année de son mandat...il est comme nicolas.

  • Homere elmero
    Homere elmero
    communiste primitif
    • Posté à 01h20 le 26/01/2012
    • Internaute 87706
      communiste primitif

    Impressionnant talent d’orateur....

    apres l’avoir ecouté, se passer les voeux de sarkozy, histoire de se rendre bien compte du niveau de Not’President à nous...

    et en face d’Obama : Newt le parfait ringard republicouille neonazimericain. Beurk !

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