L’Amérique dans la peau

Comment incarner l'Amérique en 2012 ? Chaque candidat use et abuse de son corps. Décryptage politique et culturel d'une campagne

« Newt la brute » est devenu « Newt le pleurnichard », la clé du succès de Romney

Thomas Snegaroff
non connue
Publié le 01/02/2012 à 15h16

Mitt Romney lors d’un meeting en Floride, le 31 janvier 2012 (Mike Carlson/Reuters)

La stratégie a porté ses fruits. Distancé en Caroline du Sud, certains voyaient Romney mal engagé en Floride. Mais les deux semaines séparant les deux primaires ont été parfaitement gérées par le candidat mormon qui a su creuser un écart considérable dans les urnes floridiennes.

Si ces primaires républicaines sont peu intéressantes par leurs idées, elles sont fascinantes par les stratégies de communication mises en œuvre.

Deux stratégies opposées

Rappelant furieusement le jeu de miroirs entre François Hollande et Nicolas Sarkozy, les deux principaux adversaires républicains ont, chacun, cherché à changer son image. Mais seul l’un d’eux a triomphé.

Newt Gingrich a cherché à adoucir son image, à gommer en partie celle d’un conservateur sans cœur (pensez à ses infidélités conjugales) et brutal (après la Caroline du Sud, il avait répondu à une supportrice qui lui demandait de faire saigner le nez d’Obama qu’il le mettrait plutôt KO). En tenant un discours plus souple sur l’immigration ou en pleurant ostensiblement en public en évoquant sa mère à quelques jours du début des primaires, Gingrich s’est en fait mis en danger.

Newt Gingrich pleure en évoquant sa mère

Le 30 décembre 2011

Face à lui, Romney devait combattre l’image d’un mou, trop proche des démocrates (sa réforme de santé dans le Massachusetts a influencé celle, honnie par les républicains, d’Obama) et, mais c’est très marginal, parlant français.

Romney s’engouffre dans la brèche

Tout a certainement basculé lors du débat de Jacksonsville de la semaine dernière. Romney, très combatif, a éclipsé Gingrich qui paraissait soudainement vieux. Lors du désormais fameux échange sur les colonies américaines sur la Lune (voulues par Gingrich), Romney a employé des mots très fermes expliquant que si, patron, un de ses employés lui proposait une telle chose, il lui répondrait sur le champs  : « Vous êtes viré. »

Juste après le débat, Romney confiait avoir pris du plaisir, prêt à en découdre avec Barack Obama pendant que Gingrich regrettait les manifestations d’un public qui, pour ce débat, avait reçu l’autorisation d’applaudir. La réponse de Romney ne se fit pas attendre  :

« Le speaker Gingrich avait dit après le débat d’avant-hier soir que, comme la foule n’avait pas le droit de réagir, il n’avait pu être bon. Puis hier soir, il a dit que la foule était trop bruyante. C’est comme Boucle d’Or. Cette bouillie est trop chaude, cette bouillie est trop froide. »

C’est qui le plus fort ?

C’est un miracle  : en quelques semaines, «  Newt la brute  » – son surnom au temps de sa splendeur dans les années 1990 lorsqu’il s’acharnait sur ce pauvre Bill Clinton – est devenu «  Newt le pleurnichard  ». Mitt Romney a réussi un coup de maître  : en infantilisant Gingrich, il s’est lui-même virilisé.

Et si on ajoute que les électeurs de Floride ont vu dans la fortune de Romney le signe que le rêve américain n’est pas mort, on comprend peut-être un peu mieux la victoire éclatante d’un Romney moribond il y a seulement dix jours.

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  • Cannibal Ferox-
    Cannibal Ferox-
    mangeur de chouineur
    • Posté à 16h24 le 01/02/2012
    • Internaute 159072
      mangeur de chouineur

    Newt, c’est le prénom de la gamine d’Aliens, le retour.

    Qu’est pas une chochotte, elle.

  • -Protagoras-
    -Protagoras-
    Relativiste relatif
    • Posté à 17h07 le 01/02/2012
    • Internaute 161557
      Relativiste relatif

    On s’en fout, de toutes façons quel que soit le vainqueur il perdra contre Obama...

  • Penelope Sweetheart
    • Posté à 17h09 le 01/02/2012
    • Internaute 164730
      perplexe

    Et dire que nos candidats , et leurs supporters, deviennent aussi débiles : au lieu de se focaliser sur les points forts de leurs programmes , ils préfèrent jouer au jeu du « c’est çui qui dit qu’y es ». C’est décourageant.

  • miles.v
    miles.v
    Matheux
    • Posté à 18h14 le 01/02/2012
    • Internaute 80105
      Matheux

    Il ne faut pas oublier qu’il a surtout dépensé énormément d’argent dans cette primaire. Il a dépensé plus de 15 millions de dollars pour ce scrutin dans la seule Floride quand le plafond autorisé était de 21 millions d’euros en 2007 en France.

  • Epimethée
    Epimethée
    Pas loin
    • Posté à 20h08 le 01/02/2012
    • Internaute 122050
      Pas loin

    Dites, à ma connaissance, Goldilocks, c’est pas les petites têtes blondes, c’est Boucle d’Or, comme dans Boucle d’Or et les trois Ours. La bouillie est trop chaaude, le lit est trop petit... Parce que non seulement on comprend pas la vanne du coup mais en plus ça fait traduction par Google trad.

  • scripta manent
    scripta manent
    anarchogaulliste social
    • Posté à 00h52 le 02/02/2012
    • 175612
      anarchogaulliste social

    le grinch m a l air d etre un gros con ,la fille lepen à coté c est françois bayrou .je pense que pour obama c est les doigts dans le zen cette campagne.

  • SEB_B
    SEB_B
    intermittent
    • Posté à 01h24 le 02/02/2012
    • Internaute 164798
      intermittent

    Cette campagne des primaires fait penser à une pub comparative pour des pompes à pénis. C’est à celle qui fera enfler le plus.

  • zorbeck
    • Posté à 10h37 le 02/02/2012
    • Internaute 9110

    « Et si on ajoute que les électeurs de Floride ont vu dans la fortune de Romney le signe que le rêve américain n’est pas mort... »

    Tu parles d’un reve. Romney est l’homme de Wall Street, largement financé par tout ce que l’Amerique compte comme hedge funds et autres investment banks, Goldman Sachs en tete, qui soutiennent l’un des leurs contre Obama qui a osé envisager mettre des restrictions au laissez-faire le plus total (Dodd frank act et consors) financé par le contribuable americain.

    Si les électeurs de Floride s’étaient un peu mieux renseigné, ils auraient peut-etre compris que Romney c’est bien la mort du reve americain.

  • tomaz31
    tomaz31
    (immigre belge en Allemagne)
    • Posté à 14h48 le 02/02/2012
    • Internaute 107093
      (immigre belge en Allemagne)

    Il ne faut pas oublier qu’il y a encore 3 candidats en course et que Ron Paul n’a pas sur prendre part car il n’a pas assez d’argent, là on touche aussi à un problème de fond, l’opacité de l’élection chez les républicains comme chez les démocrates.

    Les thèmes de campagne sont aussi nullissimes, je ne pense pas que les américains en aient réellement quelque chose à foutre de retourner sur la Lune et de coloniser Mars avant les chinois...

    Ils veulent du boulot, arrêter de 5 guerres que leur gouvernement mènent et dont il met le coup sur les soins de santé, 1000 milliards de USD +50 % depuis Bush, Obama a encore augmenté le budget, avec -30 %, on sera toujours dans la stratosphère des budgets militaires jamais voter sur Terre. D’ou le cout « exhorbitant » des soins de santé, avec 30 milliards d’économies sur un mandant de 5 ans, qui fait sortir des tas de gens du système de santé étas-unien.

    Je rappelle une fois ENCORE que l’espérance de vie baisse aux USA Lien
    les cours du pétrole s’envole, donc RAS, on parle de la Lune et des seins de Pamela Anderson, pendant que Ron Paul défend un Etat plus léger, l’arrêt de toutes guerres et immision dans les affaires internes des pays étrangers, une coopération économique rentable et une liberté individuelle, union maritale ou autres pour tous et autorisation de l’avortement jusqu’à X semaines, vu qu’il est médecin lui même.

    Il dit même que si Israel veut envahir l’Iran, qu’ils y aient, mais les USA n’ont aucun engagement militaire avec ce pays, s’ils se font écraser en gros, ce sera de leur faute...

    C’est une vision très pure des choses, qui amènent un vent de fraicheur, Mitt Romney lui, il amène les petro dollar et les cadeaux des amis s’il est élu, et comme à Disney Land, on sourit, on applaudit et on est content, on continuera comme avant, appareil militaro-industriel, limitation des liberté, scanners corporels radioactif dans aéroports, drones pour les polices locales, hélicoptères de guerre apache pour surveiller la frontière mexicaine, logique et drônes pour surveiller la canadienne (ces canadiens vendeur de caribou, tellement dangereux).

    On finira donc par Terminator, guerre contre les machines, les USA ne font déjà plus rêver grand monde, donc bon, continuons avec Romney

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