L’Amérique dans la peau

Comment incarner l'Amérique en 2012 ? Chaque candidat use et abuse de son corps. Décryptage politique et culturel d'une campagne

Présidentielle américaine : Obama se la joue Reagan

Thomas Snegaroff
non connue
Publié le 03/03/2012 à 09h06

Les Républicains en ont longtemps rêvé. Revivre l’élection de 1980. Avec Barack Obama dans le rôle de Jimmy Carter -qui doit faire avec une économie malade et une crise iranienne...- et le candidat républicain dans celui de Ronald Reagan.

C’est là que ça se complique déjà un peu. Aucun candidat républicain à l’investiture ne semble taillé pour jouer le rôle d’un acteur de cette trempe. Ô ce n’est pas faute de s’y être essayé. Tous se sont référés à leur glorieux ainé qui avait su, selon eux, redonner à l’Amérique son honneur.

Les deux plus expérimentés, Newt Gingrich et Mitt Romney se battent pour être l’héritier, le premier s’enorgueillissant d’une vidéo de Nancy Reagan déclarant,

«  Ronnie a donné le relais à Newt et aux membres républicains du Congrès pour maintenir ce rêve vivant  ».

Tandis que le second peut compter sur d’anciens membres de l’Administration Reagan rappelant que Gingrich ne manquait jamais une occasion de critiquer Reagan !

Obama en Reagan 1984...

Bon. Mais il y a pire pour les Républicains. Obama lui-même semble suivre l’exemple de Reagan. Lui qui devait jouer le rôle du faible et moralisateur président qui échoue dans sa campagne de réélection, lit la partition du président républicain adoré qui, en 1984, l’emporte dans un fauteuil.

Depuis quelques semaines, Obama en fait des tonnes. Il chante, il sourit, il lance des marshmallows, il chante à nouveau.


Barack Obama souriant sous les colonnades de la Maison-Blanche le 24 janvier 2012 ([REUTERS/Jonathan Ernst])

Et quand il parle, il emploie les mots de Reagan. Lors de son discours sur l’État de l’Union prononcé en janvier dernier, il utilise les mêmes mots que le très populaire 40ème président des États-Unis  :

«  America is Back  »

Et ce slogan, qui pourrait bien devenir le véritable slogan de la campagne d’Obama, est répété à l’envi et plus particulièrement pour évoquer l’industrie automobile.

Obama est redevenu optimiste. Les chiffres de l’économie s’améliorent. Certes, l’Amérique est très loin d’être sortie de l’ornière et la dette redeviendra rapidement un enjeu politique majeur entre républicains et démocrates, mais l’heure est à l’optimisme (mais qu’en sera-t-il en novembre ?).

Barack Obama qui avait lors de la campagne de 2008 balayé d’un revers de la main la notion d’ «  exception américaine  » en expliquant qu’elle existait certes, mais au même titre qu’une «  exception grecque  » ou autre, ne cesse depuis quelque temps de vanter l’exceptionnalisme américain, un thème cher à Reagan.

...et rejette le Carter de 1980 !

Et ce faisant, Obama rejette, consciemment ou non, le rôle dans lequel les républicains avaient rêvé de l’enfermer. Celui de Carter qui, en juillet 1979, prononcera l’un des discours les plus calamiteux de l’histoire présidentielle américaine, le Malaise Speech, dans lequel il étalera son inquiétude, évoquera une «  crise de confiance  » et appellera les Américains à l’aide. Un fiasco.

Non, les Américains ne veulent pas entendre la vérité. Ils veulent entendre quelqu’un qui leur vende une Amérique qui n’existe pas, qui n’a certainement jamais existé, et qui n’existera probablement jamais, celle du rêve américain.

Et à ce petit jeu-là, le maître reste Ronald Reagan. Alors, plutôt que d’inventer, Barack Obama a choisi d’imiter -sur la forme evidemment- le maître.

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  • balala
    • Posté à 09h52 le 03/03/2012
    • Internaute 3552

    « Les deux plus expérimentés, Newt Gingrich et Mitt Romney se battent pour être l’héritier, le premier s’enorgueillant d’une vidéo de Nancy Reagan déclarant, »

    S’enorgueillir est du deuxième groupe, pas du troisième... donc : s’enorgueillissant !

    Par ailleurs, c’est intéressant ce thème du « aidez-moi » de Carter... à rapprocher de celui de Sarko !

  • .666
    .666
    Juif errant
    • Posté à 10h14 le 03/03/2012
    • 181210
      Juif errant

    Obama en Reagan 1984...
    Mais Obama, c’est 1984...

  • A déménagé le 04-03-2012
    • Posté à 17h57 le 03/03/2012
    • Internaute 89071
      non connue

    Trouver un type aussi charismatique que Regan...c’est pas gagné !

  • noname nobrand
    noname nobrand
    used to be "outsider"
    • Posté à 09h15 le 04/03/2012
    • 180845
      used to be "outsider"

    moi je vote pour le prix nobel de la paix / rock n roll star / talkshow host / cool dude / american president / ....

    • temudjin1155-
      temudjin1155- répond à noname nobrand
      Horror humanum est
      • Posté à 13h00 le 05/03/2012
      • Internaute 127128
        Horror humanum est

      Obama est certainement celui qui sera retenu comme un des pires président que l’Amérique ait connu

  • Cannibal Ferox-
    Cannibal Ferox-
    mangeur de chouineur
    • Posté à 20h08 le 04/03/2012
    • Internaute 159072
      mangeur de chouineur

    Après point Godwin, le point Reagan.

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