Le déclin de l’empire américain

Après une pause, ce blog initialement consacré à l'élection américaine de 2012 change de peau. Il s'intéressera aux aspects culturels mais pas que d'une Amérique confrontée à un nouveau monde.

A dix jours du vote, Obama et Romney ont trouvé l’ultime argument

Thomas Snegaroff
Prof, auteur
Publié le 28/10/2012 à 12h43

Mitt Romney et Barack Obama, le 22 octobre 2012 (Win McNamee/AP/SIPA)

Dix jours. Encore dix jours à calculer, recalculer avant peut-être de devoir compter et recompter les voix, tant l’issue de l’élection présidentielle américaine semble indécise. Mais une chose est sûre, les deux candidats ont trouvé leur dernier argument. L’ultime argument...

Dans cette dernière ligne droite, il est frappant de voir à quel point Barack Obama et Mitt Romney emploient la même idée simple : je suis le candidat du mouvement, mon adversaire celui du passé.

Romney, héros de « Mad Men »

C’est Obama qui est allé le plus loin affirmant notamment lors du dernier débat présidentiel :

« Quand on parle de notre politique étrangère, vous semblez emprunter la politique étrangère des années 80, exactement comme les politiques sociales des années 50 et les politiques économiques des années 20. »

Et depuis quelques jours, Obama se moque de Romney frappé de « Romnésie » tant il semble avoir oublié ses propos extrémistes tenus lors de la primaire républicaine. Comment prétendre avoir une « vision » pour l’Amérique quand on est atteint d’amnésie... ?

S’adressant dans le Wisconsin à des jeunes électeurs, Joe Biden a décrit un parti républicain vivant du temps de « Mad Men », une série se déroulant dans les années 50.

Mais un simple (simpliste) slogan, « Forward » (en gros, on continue), suffit-il à incarner l’avenir ?

Et Romney qui pique son mojo à Obama...

Mitt Romney n’est pas en reste, n’hésitant pas à se présenter comme le candidat du changement, du « vrai changement », du « grand changement », tel qu’il l’a formulé à Ames dans l’Iowa vendredi dernier.

Et, il dépeint son adversaire comme ayant perdu la bataille du temps, de l’avenir :

« Il y a 4 ans les propos de BO étaient à la hauteur des enjeux de l’époque. Maintenant il recule devant ces mêmes enjeux. »

Habile si on souvient que Barack Obama avait été élu en 2008 sur le thème du changement.

De même, en demandant systématiquement aux Américains s’ils sont dans une meilleure situation qu’il y a quatre ans, les républicains cherchent à imposer l’idée d’un retour en arrière avec Barack Obama.

Si l’Amérique n’avance pas, elle tombe

C’est que mettre l’Amérique en mouvement est une condition nécessaire – mais pas nécessairement suffisante ! – pour être élu président des Etats-Unis. Tous les vainqueurs de cette course d’endurance se sont présentés comme les candidats du mouvement.

Ce fut plus particulièrement le cas de John F. Kennedy qui, sa jeunesse aidant, avait stigmatisé l’immobilisme des années Eisenhower, couronné par l’envoi de Spoutnik dans l’espace par les Soviétiques en 1957. Lors du fameux débat télévisé face à Richard Nixon, vice-président d’Eisenohower en 1960, JFK conclut sa première allocution par ces mots :

« Je crois qu’il est temps pour l’Amérique de se remettre en mouvement. »

Une conclusion de tous les défis auxquels l’Amérique est confrontée.

John F. Kennedy lors du premier débat télévisé face à Richard Nixon, le 26 septembre 1960

Parce que c’est bien de cela qu’il s’agit. Le mouvement, c’est l’antidote au déclin. Le mouvement, c’est la réactivation du mythe d’une nation de pionniers qui relève avec courage les défis – intérieurs et extérieurs – qui s’offrent à elle. S’arrêter, choisir le confort, c’est tomber. L’Amérique est une bicyclette et son Président son cycliste-en-chef. Obama ou Romney ?

Entre l’un qui prétend être le changement en s’inspirant des politiques du passé et l’autre qui peine à offrir une vision claire pour l’avenir, le choix est difficile... Peut-être aussi pour cela que l’élection est si serrée.

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  • The Corpse Grinders
    The Corpse Grinders
    Cannibale Furax
    • Posté à 13h32 le 28/10/2012
    • 183627
      Cannibale Furax

    Le mouvement, le mouvement, c’est bien beau, mais les Américains eux-mêmes, devant leurs écrans plats dans leurs maisons cosy, allant chaque dimanche à l’église de la communauté de leurs banlieues moches, ils me semblent plutôt apathiques.
    Bon je sais, je généralise. Il y a aussi les agités de la gâchette qui se meuvent dans les bois déguisés en Rambo.

    • Warum
      Warum répond à The Corpse Grinders
      Rien ne sert à rien
      • Posté à 04h30 le 29/10/2012
      • Internaute 147878
        Rien ne sert à rien

      Je vis aux EUA depuis quelques mois et je pense pouvoir te dire que tu ne généralises pas. Les ricains me semblent à des années-lumière de même se poser les bonnes questions.

    • Bad Lieutenant
      Bad Lieutenant répond à The Corpse Grinders
      Bisounours de combat
      • Posté à 11h02 le 29/10/2012
      • Internaute 190065
        Bisounours de combat

      oui mais eux monsieur ils ont des plus grandes maisons que nous dans lesquelles on peut mettre des écrans hyper géants et 1500 chaînes de télévisions !

      Jaloux !

      Lien

  • Sam_des_bois
    Sam_des_bois
    Etudiant
    • Posté à 14h14 le 28/10/2012
    • Internaute 51616
      Etudiant

    Être en mouvement cela être marcher dans la bonne direction comme cela peut aussi vouloir dire chuter dans les profondeurs...

  • DiaboloSatanas
    DiaboloSatanas
    Fou du volant
    • Posté à 14h55 le 28/10/2012
    • Internaute 79165
      Fou du volant

    Vous me faites rire . C’est clair qu’Obama a 90 % de chance de gagner pour des tas de raisons .
    Beaucoup nous font du faux suspens médiatique avec le Mitt , mais c’est tellement gros que certains éditorialistes préfèrent passer outre l’omerta et le dire carrément pour ne pas sombrer dans le ridicule..
    Parce que qu’il faille mobiliser les électeurs américains, je le conçois fort bien, mais nous les habitants du reste du monde, c’est parfaitement idiot.

    • Atlantis
      Atlantis répond à DiaboloSatanas
      Etudiant apolitique
      • Posté à 15h39 le 28/10/2012
      • Internaute 39710
        Etudiant apolitique

      Ce n’est pas vraiment si simple : Romney est en avance au niveau des votes sur le plan national, et de nombreux états sont encore largement indécis... C’est tout sauf gagné pour Obama, on va droit vers une course très très serrée.

      • Laurent-Weppe
        Laurent-Weppe répond à Atlantis
        • Posté à 18h34 le 28/10/2012
        • Internaute 32921

        En fait... Non : il n’est pas en avance : les chiffres sont faussés par Rasmunsen qui fait exprès de gonfler les votes de Romney et des Républicains en général (soit dit en passant : c’est un secret de polichinelle) et par Gallup qui fait le yoyo (un coup ils surestiment les démocrates de 6-7%, ce coup-ci ce sont les républicains qui en profitent, et par le passé, quand Gallup a donné des estimations éloignées de celles de ses concurrents, les résultats finaux ont collé aux estimations des concurrents, pas de Gallup).
        Voilà à quoi ressemblent les sondages avec ces deux instituts pris en compte
        Voilà sans eux

        Mais l’élection présidentielle US est déterminée par le collège des grands électeurs, et en supposant que Romney l’emporte dans tous les états où il a au moins trois chances sur dix d’être majoritaire, il n’arrive qu’à 257 grands électeurs là où il lui en fautt 270.

        En fait, il est même très possible que l’existence même du collège des grands électeurs affecte les sondages : dans les états où le parti démocrate est dominant, la mobilisation des électeurs démocrates est faible, alors que dans les états où les partis sont au coude à coude la mobilisation des électeurs démocrates est plus forte.
        En d’autres termes, Obama ne fera pas le plein des voix en Californie où à New York, mais emportera quand même ces états. Ainsi le collège des grands électeurs favorise Obama (lui permettant de conserver la Maison Blanche même en étant minoritaire en voix) et le gêne (lui fait perdre des voix dans les bastions démocrates) en même temps.

        Dans tous les cas, les probabilistes pour qui ces élections sont un prétexte pour faire joujou avec leurs formules estiment -selon leurs modèles de calcul- que les chances se situent quelque part entre 73% et 97% : il y a toujours la possibilité d’une erreur, mais ça ne pressage pas d’une course « très serrée » ni d’un suspens jusqu’à la dernière minute.

         
        • Atlantis
          Atlantis répond à Laurent-Weppe
          Etudiant apolitique
          • Posté à 19h12 le 28/10/2012
          • Internaute 39710
            Etudiant apolitique

          J’utilise personnellement les données du site real clear politics, et même les autres sondages donnent Romney et Obama soit au coude à coude, soit avec une légère avance pour le premier. Quant au collèges des grands électeurs, on est dans une telle zone d’ombre que... on ne peut rien dire.

          • Albedo
            Albedo répond à Atlantis
            • Posté à 11h00 le 29/10/2012
            • Internaute 7121

            Pourquoi « zone d’ombre » ?

            • Laurent-Weppe
              Laurent-Weppe répond à Albedo
              • Posté à 15h51 le 29/10/2012
              • Internaute 32921

              Je ne sais pas « pourquoi » il a choisi un tel terme, par contre, je sais qu’il ne colle pas à la réalité des données en présence

              • Albedo
                Albedo répond à Laurent-Weppe
                • Posté à 18h02 le 29/10/2012
                • Internaute 7121

                Merci pour le lien ! Vous avez remarqué le contraste entre la stabilité des projections entre les candidats à la présidence et les mouvements importants sur les projections au Congrès ? Personne n’en parle mais c’est aussi une élection législative...

        4 autres commentaires
    • Bad Lieutenant
      Bad Lieutenant répond à DiaboloSatanas
      Bisounours de combat
      • Posté à 11h07 le 29/10/2012
      • Internaute 190065
        Bisounours de combat

      t’es marrant toi, ils ont pas intérêt à lâcher le truc hein non plus ! N’oublie pas que ce sont des américains..., seraient capables d’oublier qu’ils n’ont pas d’autre choix que de voter Obama, c’est l’avantage de la mémoire s’arrêtant à 24h... ^^

      Puis franchement ils ont eu bush fils et père, reagan, des clowns présidentiels ça ne manque pas dans leur « histoire », alors pourquoi pas aller jusqu’au bout de leur logique ? : -)

  • Pierre Serisier
    Pierre Serisier
    Journaliste
    • Posté à 09h59 le 29/10/2012
    • Journaliste 19811
      Journaliste

    Concernant Mad Men, l’action se déroule dans les années 60. La première saison débute en 1960 précisément. :)

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