L'argent des élus

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L'argent des élus est d'abord le vôtre. Je vous propose de découvrir ce qu'ils perçoivent vraiment : retraites avantageuses, salaires confortables, innombrables à-côtés, etc. Le tout bien souvent cumulé.

Vincent Quivy

L'auteur

Je m'appelle Vincent Quivy. Je suis historien et journaliste, auteur de plusieurs ouvrages. Le dernier est sorti en octobre 2010 et a provoqué l'ouverture de ce blog : "Chers élus, ce qu'ils gagnent vraiment" (Seuil).

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Où est passée la réforme des retraites des parlementaires ?

Vincent Quivy
Journaliste
Publié le 12/10/2010 à 19h44


Jacques Chirac le 5 mai 1988 (Philippe Wojazer/Reuters).

Sur leurs retraites, les parlementaires restent... en retrait. On annonçait un projet de réforme pour octobre. Les Verts réclamaient un alignement sur les régimes « classiques », le président de l’Assemblée entendait mener une « réflexion ». Depuis, pas de nouvelles.

Toujours en discussion dans les bureaux bien clos des décideurs de l’Assemblée ? Freinée par ceux qui veulent préserver leurs acquis ? Face aux mouvements de contestations qui luttent, manif après manif, contre la réforme des retraites appliquée à tous, sauf aux élus, les parlementaires vont-ils se sentir obligés de modifier leur régime ?

Petit rappel : la retraite parlementaire est particulièrement favorable. Ici pas de départ à 65 ou 67 ans. Non. Jusqu’à récemment, le parlementaire pouvait toucher sa retraite dès 55 ans, à 60 ans désormais. Surtout, le député ou le sénateur a l’immense avantage de pouvoir bénéficier du « taux plein » (plus de 5 000 euros) après seulement 22 ans de (double) cotisation.

Mais ce n’est pas tout. L’élu sexagénaire a en effet le droit de toucher sa retraite tout en travaillant à temps plein. On l’a vu récemment avec les ministres les plus âgés du gouvernement Fillon qui cumulaient, jusqu’à ce que le scandale les pousse à y renoncer, leur salaire ministériel (14 000 euros) et leur retraite de député.

Exemple de la petite pension de Jacques Chirac

Avant eux, le président Mitterrand comme le président Chirac cumulaient allègrement leur indemnité de chef d’Etat avec leurs différentes retraites d’élu. Car non seulement l’ancien parlementaire peut cumuler salaire et retraite, mais il peut aussi cumuler les retraites.

La loi considère que les différentes fonctions électives constituent des activités différentes. Et donnent donc droit à des retraites différentes.

Reprenons donc l’exemple de Jacques Chirac, ancien parlementaire certes, mais aussi ancien conseiller général de Corrèze. Et ancien maire de Paris. Et, bien évidemment, ancien président de la République...

Une petite pension de 15 000 euros TTC à laquelle il faut ajouter sa retraite de haut fonctionnaire (il ne l’a pas été longtemps mais la loi, jusqu’à très récemment, l’autorisait à cotiser même s’il n’exerçait pas son activité) et son salaire de membre du Conseil constitutionnel.

Ajoutons, c’est un détail, que ses retraites d’élu local sont exonérées d’impôt et de CSG.

Des privilèges que, visiblement, l’exécutif paraît peu pressé de faire disparaître. Et que les parlementaires ne semblent pas trouver injustes. La pénibilité de la charge et la précarité de l’emploi sont, sans rire, mis en avant par bien des élus.

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  • tox
    tox
    http://www.dessins-tox.com
    • Posté à 20h11 le 12/10/2010
    • Internaute 10208
      http://www.dessins-tox.com
  • citoyen Roche
    • Posté à 21h41 le 12/10/2010
    • Internaute 28385

    Un journaliste s’intéresse ENFIN au régime de retraite des parlementaires. L’ensemble des privilèges associé à ce régime est tout simplement scandaleux ! ! !

    On notera que l’opposition qui dénonce l’injustice de l’actuel projet de réforme s’est bien abstenue de le comparer au régime dont bénéficient ses élus... Assurément cela renforcerait pourtant l’argumentation ! Il est à craindre que l’on ne trouve pas plus de courage politique dans l’opposition que dans la majorité...

    Moins ironiquement, je ne comprends pas pourquoi les syndicats n’ont jamais dénoncé cette situation. Les régimes spéciaux des cheminots c’est de la « gnognote » comparé à celui des parlementaires ! Qu’ont-ils à craindre à le dénoncer ? Suffisamment répété, cet argument peut mettre des millions de personnes dans la rue car rien ne saurait justifier un tel traitement de faveur. Nos élus ont tout de même un devoir d’exemplarité non ? Et comment avec de tels privilèges peut-on encore parler de représentants du peuple ?

  • vieilanarfatigué
    vieilanarfatigué
    Changer le monde, c'est se (...)
    • Posté à 21h50 le 12/10/2010
    • Internaute 125168
      Changer le monde, c'est se (...)

    La philosophie est simple : une personne à la retraite doit pouvoir vivre décemment. Une personne qui travaille doit pouvoir vivre décemment de son travail. C’est aussi bête que ça. Si le gouvernement n’était pas ouvertement corrompu à un système délibérément inégalitaire et ait un tant soit peu de dignité et de respect pour le peuple , ça irait bien mieux. Ils sont malhonnêtes
    sur un plan intellectuel , moral et bien sur financier.

  • Ishtar
    Ishtar
     ? ?
    • Posté à 23h17 le 12/10/2010
    • Internaute 26226
       ? ?

    On retrouve ici la tendance en vogue chez les politiques :
    -pas ou peu d’impôts sur les revenus
    -privilèges injustifiés
    -esprit communautariste,les députés et les politiques sont solidaires et accrochés à leurs acquis
    -faites ce que je dis mais pas ce que je fais ! ! ! Proverbe qui se vérifie à chaque fois que ces messieurs stigmatisent les cheminots par exemple comme étant des privilégiés
    -silence assourdissant sur les seuls français qui ne voient pas leurs droits grignotés à chaque lubie présidentielle

    La conclusion s’impose : il faut impérativement que ces gens ne décident plus de leurs salaires,retraites et avantages.

  • airlane
    • Posté à 12h13 le 13/10/2010
    • Internaute 28372

    C’est bien là le problème. Le régime de retraite des parlementaires comme leur salaire est défini par eux-mêmes alors ils ne vont pas se tirer une balle dans le pied !

    Extrait de l’intervention de F. Bayrou devant l’A.N. le 10 septembre concernant le décalage de 65 et 67 ans :

    « Pour finir, nous ne devrions pas accepter, nous tous ici, une mesure de cet ordre. Car il n’y a pas sur ces bancs une personne, pas une femme et pas un homme, qui relèvera d’un dispositif de cet ordre. Tous, protégés que nous sommes par nos carrières professionnelles ou par le régime spécial que nous nous sommes donné en tant que parlementaires, nous sommes à l’abri de ce que nous imposons aux plus faibles de nos compatriotes. Par un mouvement d’honneur et de fierté, nous ne devrions pas l’accepter. Nous devrions au contraire revendiquer, s’il y a une réforme juste, et qui entraîne en effet que l’on prolonge l’activité pour pouvoir toucher sa retraite, qu’au moins nous ne la fassions pas supporter à ceux qui n’ont personne pour les défendre. Parce que ceux-là n’ont pas de syndicats, ceux-là sont isolés, ils n’ont pas de voix qui parlent en leur nom ; c’est pourquoi nous nous honorerions en renonçant au contenu de cet article 6 et à l’injustice qu’il comporte. »

    L’amendement présenté par F. Bayrou a failli être voté...

    Il est clair que maintenant que Accoyer a fait passer « en force » cette loi devant l’A.N. et Larcher devant le Sénat, ils ont les coudées franches pour faire ou ne pas faire ce qu’ils veulent !

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