Action directe : bientôt l'air libre pour Rouillan ?
L’ex-activiste d’Action directe Jean-Marc Rouillan était entendu ce mercredi par le juge d’application des peines (JAP) qui va délibérer sur sa demande de libération conditionnelle. Le jugement doit être rendu le 16 février ; il devra donc encore attendre quinze jours pour prendre connaissance de son sort de prisonnier.
« Il n’y a aucune raison qu’ils ne le relâchent pas maintenant », estimait début janvier Alain Pojolat, du comité de libération. Une telle décision permettrait à Jean-Marc Rouillan de sortir au printemps. Le directeur de la prison des Murets, où Jean-Marc Rouillan est détenu près de Toulouse, est d’ailleurs favorable à sa sortie.
« Plus d’opposition que d’habitude »
Le juge Bernard Lugan, seul juge d’application des peines compétent en matière d’antiterrorisme, décidera de sa libération, avec l’avis du JAP toulousain. L’avocat de Jean-Marc Rouillan, Me Jean-Louis Chalanset, est prudent et observe une opposition plus forte que lors des demandes de libération précédentes :
« Je ne suis pas pessimiste, mais assez surpris par le rapport du JAP toulousain. Il y évoque des raisons assez étranges et peu crédibles : Jean-Marc n’aurait par exemple pas fait profiter de son expérience d’auteur aux autres prisonniers. »
L’avocat a d’ailleurs trouvé l’audition, qui a duré près de deux heures, plus « dure » que d’habitude : « Ils l’ont beaucoup embêté. Notamment sur l’engagement de ne pas parler à la presse ». Autre réticence mise en avant par le juge : la notoriété médiatique de Jean-Marc Rouillan, qui pourrait nuire aux autres détenus en cas d’échec de sa libération.
Le ministère public est de son côté opposé à une libération. Comme d’accoutumée. L’avocat et les soutiens de Jean-Marc Rouillan s’attendent donc à un appel du parquet en cas de décision positive. Lors des précédentes délibérations, le procureur n’avait cependant pas été suivi.
Un livre « pas très opportun »
Pour ne rien arranger, Jean-Marc Rouillan a eu la bonne idée de sortir un livre le 21 octobre dernier. Dans « Infinitif présent », il évoque notamment son passé à Action directe.
« Jean-Marc considère que tant qu’il est incarcéré, sa liberté d’expression ne peut restreinte. En théorie, c’est vrai. Mais ce n’était pas très opportun », reconnaît Me Chalanset. « Ce n’est pas une apologie de la lutte armée, mais ce n’est pas non plus une repentance », confirme Alain Pojolat.
S’exprimer sur son passé avait pourtant déjà coûté cher à Jean-Marc Rouillan. Placé en semi-liberté en décembre 2007, il accorde une interview à L’Express en septembre 2008. Sa loquacité lui vaut alors une suspension puis une révocation complète de liberté. Le juge d’application des peines avait jugé ses propos « ambigus », alors que l’ex-activiste avait l’interdiction de s’exprimer sur Action directe.
Cipriani entendu en mars
De son côté, George Cipriani sera entendu entre les 9 et 11 mars afin de commuer sa semi-liberté (les journées dehors, les nuits et week-ends en prison) en liberté conditionnelle.
L’ex d’Action directe n’en fait pourtant lui aussi qu’à sa tête. Son régime de semi-liberté repose sur un contrat de 24 heures pas semaine à la Banque alimentaire. Alors que le JAP aurait préféré qu’il fasse des heures supplémentaires afin d’indemniser les victimes, il a fait le choix de passer à 20 heures. Une initiative qui n’est pas pour plaire au juge.
George Cipriani pourrait être pénalisé pour non respect des conditions de semi-liberté. « Choisir le temps de travail le plus court, à deux mois de la conditionnelle, ce n’est pas une analyse très fine », ironise son avocat Me Chanselet, qui ne s’inquiète pourtant pas :
« Je les ai prévenus, mais s’ils veulent faire quarante ans de prison, c’est leur problème. Cependant, le différend est en principe réglé. George travaille à nouveau 24 heures. »
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La lutte armée était une belle connerie. Certes.
Mais sur ce coup là, l’Etat est dans l’acharnement total.
En 45, en dehors de quelques exécutions permettant de dire qu’il y a eu épuration, les collabos ont étés rapidement réintégré à la vie Française, y compris aux plus hauts postes.
A la fin de la guerre d’Algérie, les plastiqueurs de l’OAS ont étés amnistiés très rapidement.
Faut il penser que pour la droite la collaboration et le terrorisme aveugle de droite était des fautes légères ?
Servier en infiltrant ses experts dans les instances du médicament, en cachant des études alarmistes, en vendant des produits qu’il savait dangereux, à fait infiniment plus de morts qu’Action Directe. Et que fait l’Etat ?
Les anciens d’Action Directe ont payé pour leurs erreurs. Ils sortirons de prison vieillis prématurément et gravement malades pour certains. On ne comprends pas, plus de 30 ans après, la position inhumaine du gouvernement.




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