Michel Deutsch raconte la RAF (Rote Arme Fraktion)
Dis tonton c’était quoi la RAF (Rote Arme Fraktion, plus connue sous le terme réducteur de « Bande à Baader) ? Alors tonton Michel Deutsch raconte cette “ Décennie rouge ” en Allemagne entouré de tas de livres, avec des dates, des lieux, des faits, une histoire chronologique des années 70. Très différente des brigades rouges en Italie ou du groupe Action directe en France. Une leçon de choses en forme de montage politique. Délice du didactisme. Où l’on voit les personnages dans leur individualité. Deutsch casse lies images d’Epinal et rentre dans le concret des vies, Gudrun Ensslin n’est pas Ulrike Meinhof, etc.
Une histoire allemande, insiste-t-il. L’histoire d’enfants dont les parents ont fait Auschwitz. “ On ne discute pas avec les gens qui ont fait Auschwitz ” ce sont les derniers mots du spectacle, répétant une réplique déjà entendue.
A l’origine une commande radiophonique, et de fait c’est une pièce faite pour la radio (bel enregistrement). Lorsque la pièce a été éditée (chez Christian Bourgois) il y a deux ans, elle tenait joliment la route. La version scénique qu’en donne l’auteur en signant la mise en scène est moins convaincante (acteurs un peu fragiles, etc.) mais on réentend ce texte avec plaisir. Car si tonton Michel raconte, l’écrivain Deutsch soigne la copie. De Buchner à Hölderlin en passant par Rosa Luxembourg, tous ses potes sont là, fidèles au poste. Un spectacle que tous les lycéens devraient voir avec ou sans leur prof d’histoire.
Théâtre de la Colline, du merc au sam 21h, dim 16h, jusqu’au 10 avril, 01 44 62 52 52
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Je suppose que vous avez vu la pièce l’année dernière à la MC93 aussi (en dehors de la version radiophonique) et je me demandais si des modifications ont été apportées depuis (donc « j’y retourne ou pas ? »). Ayant vécu cette période de l’histoire au même âge que les comédiens sur scène et ayant - je l’avoue - pleuré à la mort de Baader (ce que je ne ferai plus ! ! !), j’avais trouvé le projet riche d’enseignements pour notre époque. La fraîcheur des acteurs m’avait plu... juste un petit quelque chose qui manquait.




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