Theatre et Balagan

Chronique ambulante d'un amoureux du théâtre, d'un amateur de l'Est et plus si affinités.

Marseille : le théâtre Toursky et Richard Martin au bord de la faim

Publié le 30/09/2009 à 00h25

Le vieux port est à Marseille ce que Richard Martin est au Théâtre Toursky de cette ville : ils sont unis à la vie à la mort, ils ne vont pas l’un sans l’autre, ils sont inséparables. Et voici qu’on menace de briser les chaînes d’affection et de création qui unissent Martin & Toursky avec leur public, voici que le ministère de la culture via ses représentants de la DRAC PACA entend assécher le robinet à phynances comme dit la mère Ubu. De fait l’histoire oscille entre le grotesque et l’ubuesque. L’imagination s’avérant galopante pour justifier une suppression de subvention, on a prétendu que le théâtre était municipal or le Ministère n’a « pas vocation à soutenir un théâtre municipal et généraliste ». Etrange argumentaire puisque le Théâtre Toursky n’est pas municipal. Quant au terme de « généraliste » laissons le dans le flou de sa généralité.
Tout ce grotesque devient ubuesque quand on sait que depuis 38 ans Richard Martin n’a eu de cesse de traqueuer les exclus de tout bord et de brandir ses jumelles de pirate pour prendre à l’abordage les meilleures manifestations artistiques du pourtour méditerranéen si cher au présidentde la république et qui sera au centre des manifestations de Marseille capitale européenne en 2013.
Un comité de soutien s’est constitué (premier à signer Michel Bouquet et déjà 85 000 signataires), une lettre adressée à Frédéric Mitterrand a été envoyée, une délégation demande à être reçue par la DRAC le 30 septembre. Et si d’ici au 3 octobre rien ne bouge, si la subvention n’est pas rétablie, Richard Martin entamera une grève de la faim.

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  • Compte supprimé le 17 octobre
    • Posté à 13h31 le 30/09/2009
    • Internaute 91260
      Informateur.

    Autre amusement marseillais ...

    Marseille (NOVOpress) – La police a constaté dans la nuit de lundi à mardi que le défenseur de l’Olympique de Marseille, Souleymane Diawara, conduisait sa voiture en dépit d’un permis de conduire suspendu. Mal stationné sur le quai de Rive Neuve sur le Vieux-Port de Marseille, le Sénégalais a été contrôlé par des policiers auxquels il n’a pu présenter son permis de conduire, invalidé après une série d’infractions répétées.

    Cependant, l’ex-Bordelais n’est pas passé par le service des délits routiers en début de matinée. Il s’est envolé tranquillement avec ses partenaires afin de participer à la rencontre Real Madrid-OM de mercredi soir. Dans des circonstances similaires, un contribuable anonyme n’aurait certainement pas bénéficié d’un tel traitement de faveur…

    Théoriquement, le joueur marseillais risque pourtant dans un tel cas une peine de deux ans de prison, la suspension de son permis pour trois ans et 4 500 euros d’amende et la confiscation de son bolide....

    la police est elle raciste et anti musulmane ? ? ? ?

    Un article que pourrait exploiter de manière citoyenne le fabuleux journaliste de RUE89....

    eh oui ...

  • yourberthe
    yourberthe
    curieuse
    • Posté à 06h54 le 01/10/2009
    • Internaute 91613
      curieuse

    Avez vous regardé la programmation de ce théâtre depuis quelques saisons ? Avez vous la moindre info sur son budget et comment il soutient (ou pas) les artistes ? Que pensez vous de la programmation du festival russe établie par le ministère de la culture russe ? C’est dommage de ne pas faire son métier de journaliste aussi dans le domaine des politiques culturelles publiques, c’est à dire d’étudier où va l’argent et pourquoi, et pas seulement de se laisser aller à une démagogie angélique sur le « pauvre » ( ? ? ?) artiste et le méchant pouvoir ...dans ce cas là, on y est vraiment pas.....

  • Jean PONCET
    Jean PONCET
    Poète
    • Posté à 14h24 le 01/10/2009
    • Internaute 91641
      Poète

    2009, ANNUS HORRIBILIS
    ou
    POURQUOI JE FERAI LA GRÈVE DE LA FAIM AU THÉÂTRE TOURSKY DE MARSEILLE AVEC RICHARD MARTIN, SON DIRECTEUR-FONDATEUR

    Je n’ai pas envie de faire la grève de la faim. Richard Martin non plus. Aucune des personnes qui soutiennent notre action – et elles se chiffrent par dizaines de milliers, en France et à l’étranger – n’en a envie pour nous. Pourtant, face à la situation à laquelle le gouvernement Sarkozy accule aujourd’hui la culture et ses acteurs ainsi que bien d’autres secteurs de la société française, il semble qu’il n’existe plus d’autre voie pour se faire entendre. Parce que je crois encore en des lendemains qui, à défaut de chanter, seront plus justes, je ne me suiciderai pas comme l’ont déjà fait, recrus de désespoir, vingt-quatre employés de France Télécom. Parce que je considère que la culture est indispensable à l’homme, je ne menacerai pas de faire sauter nos outils de travail (culturel), comme d’autres ouvriers, aveuglés d’une légitime colère, l’ont fait de leurs usines. Simplement, comme Richard Martin, je cesserai de m’alimenter, jusqu’à ce que justice soit rendue, afin que la culture – la culture pour tous – retrouve, dans notre pays, la place qu’elle ne doit pas perdre.

    Je suis poète. Cela ne signifie pas que je suis un romantique éthéré. Cela signifie que je travaille avec les mots de la langue pour produire – essayer de produire – de la beauté et de la vérité. Je suis poète : alors, qu’il me soit permis, avant d’aborder la situation du théâtre Toursky, de mentionner brièvement quelques faits relatifs à la poésie et à sa diffusion en France cette année.

    ● Les Journées internationales de poésie de Rodez, créées en 1951 par notre ami Jean Digot, ont vécu cette année leur dernière édition.

    ● Le festival « Voix de la Méditerranée » qui, depuis 1998, sous le patronage de l’UNESCO, accueillait plusieurs centaines de poètes du monde entier, se voit retirer le soutien de la municipalité (socialiste !) de Lodève : 2009 en aura donc été la dernière édition, à Lodève du moins – la directrice du festival cherche un autre point de chute.

    ● La revue et les éditions La Barbacane, fondées en 1963 par Max Pons et restées emblématiques depuis cette date, ont rejoint cette année le cimetière de la poésie, dont les tombes se dressent de plus en plus nombreuses.

    ● À Marseille, les actionnaires des éditions Autre Temps ont jugé bon de faire cesser la parution de la revue Autre SUD, dont je suis membre du Conseil de rédaction et que j’ai contribué à créer en 1998, la même année que le festival de Lodève. Pourtant, selon leur propre aveu écrit, cette publication, consacrée presque uniquement à la poésie, ne perdait pas d’argent. Sans doute, le taux de profit était-il insuffisant... !

    D’aucuns argueront que la poésie est un art élitiste qui ne concerne qu’une infime minorité de lecteurs et qu’en situation de crise économique et de rigueur budgétaire, on ne peut indéfiniment soutenir une activité marginale. Le même argument nous est servi depuis des années pour mettre à bas le service public : hier, à Ponteau (c’est chez ma mère, mais vous pouvez choisir une autre localité, il n’en manque pas), on fermait – que dis-je ? on démolissait – la gare SNCF au prétexte qu’un nombre insuffisant d’usagers l’utilisait, les usagers restants – souvent personnes âgées ou insuffisamment fortunées pour posséder une voiture – peuvent toujours faire cinq kilomètres à pied jusqu’à la gare de Martigues ; aujourd’hui, et demain encore plus lorsque la Poste aura été privatisée, on ferme des bureaux de poste et les mêmes qui n’ont plus le choix qu’entre marcher vers une gare de plus en plus éloignée ou rester chez eux, les mêmes devront marcher encore plus loin pour timbrer leur lettre au percepteur ou à un être cher.

    Comme les trains ou la poste, la poésie et tout autre production culturelle, doit être un service public car tout le monde doit y avoir un droit d’accès. Un service public n’a pas à être rentable, un service public a à exister et la part de son coût qui n’est pas couverte par ce que paient les usagers doit être complétée par le budget de l’État, c’est-à-dire l’impôt, l’impôt payé par tous, de manière équitable. Dans le domaine culturel, cette part dévolue à l’État a pour nom « subvention ». C’est cela, la démocratie !

    Or, voici qu’au 1er janvier de cette année, après dix-sept ans de réduction constante de leur soutien, le Ministère de la Culture et de la Communication et sa délégation régionale, la DRAC PACA, ont décidé, d’un simple trait de plume, sans concertation ni justification aucune, de supprimer toute subvention au théâtre Toursky de Marseille. Il s’agit pourtant là d’un lieu historique qui, par son implantation dans les quartiers Nord et sa politique tarifaire unique, ouvre depuis quarante ans les portes de la culture aux populations les plus démunies, constituant en cela l’une des clés de la cohésion sociale de notre cité, en même temps que, par sa programmation originale, il ouvre Marseille, bientôt « Capitale européenne de la culture », aux troupes théâtrales et aux artistes du monde entier.

    Monsieur François Brouat, Directeur de la DRAC PACA, que Richard Martin, accompagné de plusieurs représentants du Comité de soutien au théâtre Toursky, a rencontré mercredi 30 septembre, est resté sourd à toute argumentation.

    ● Qu’importe si les moins fortunés – élèves et étudiants, habitants de Saint-Mauron, RMIstes – ne peuvent plus aller au théâtre comme ils ont pris l’habitude de le faire pour leur plus riche développement intellectuel et moral ? Ils pourront toujours aller voir jouer l’OM au Stade Vélodrome. Mais Monsieur Brouat sait-il seulement qu’il y a à Marseille plus d’abonnés aux théâtres qu’à l’OM ?

    ● Qu’importe si demain voit la fin de la paix sociale dans les quartiers Nord – paix de surface, certes, mais comme telle, indispensable à la sérénité minimale qu’exige la vie quotidienne –, cette paix régulièrement décrite par les média nationaux et internationaux comme une exception surprenante chaque fois que des émeutes embrasent les banlieues de Paris, Lyon ou Strasbourg ? Les Marseillais ne sont pourtant pas gens naturellement plus pacifiques que d’autres, mais il existe dans cette ville un plus haut degré de mixité sociale car il y existe un plus grand nombre d’agents de cette mixité : le théâtre Toursky en est indubitablement un. Mais qu’importe ? Pour la paix sociale, l’État ne dispose-t-il pas de CRS dont c’est la fonction que de l’imposer à coup de matraque ?

    ● Qu’importe si la programmation du théâtre Toursky doit se ratatiner comme peau de chagrin, en commençant par ce qui lui est le plus coûteux – mais constitue aussi son originalité : l’invitation d’artistes internationaux et les échanges culturels avec les pays étrangers ? Qu’importe si sombre au fond du Danube le « Bateau pour la paix », cher à Richard Martin et à tous ceux épris de fraternité ? Le Port autonome de Marseille n’a-t-il pas la volonté de développer l’activité croisiériste afin que les touristes s’amusent ? Monsieur Brouat en arriverait presque à oublier que Marseille sera en 2013 « Capitale européenne de l’Europe » et qu’elle aura besoin d’acteurs culturels rodés à une telle ouverture internationale. Ou bien aurait-il décidé que le théâtre Toursky devait être exclu de cette belle opération ? Il existe encore une autre hypothèse – mais je n’ose croire qu’elle puisse être la bonne : c’est que Monsieur Brouat partage l’opinion de cet autre personnage, aujourd’hui membre influent de l’équipe organisatrice de « Marseille Capitale européenne de la culture » – je ne le nommerai pas mais il se reconnaîtra sans peine s’il lit ces lignes – qui m’annonçait sans rire, en 1998, que pour lui « le monde, ça va de La Treille au Planier » !

    La culture, la culture pour tous, est un droit inaliénable. Elle doit relever du service public et non du seul secteur marchand. Pour cela, la culture a besoin d’un financement de l’État, elle a besoin de subventions, de subventions accordées et gérées dans la transparence et non selon le bon vouloir du Prince.

    En 1994, sous l’impulsion du gouvernement français, soucieux de protéger la culture de tous les pays du monde, même – et surtout – les plus faibles économiquement, la clause de l’exception culturelle a été introduite, non sans mal, dans les accords de l’Organisation Mondiale du Commerce. Aux termes de cette clause, les biens et productions culturels ne sont pas considérés comme des biens et des productions marchands comme les autres et ne peuvent répondre aux même règles de concurrence. Dans ce monde de libre-échange marchand qui nous est imposé, la culture peut – et doit – donc être protégée. Ce système fonctionne au niveau international, plus ou moins bien – car, depuis quinze ans, la pression est constante des pays contestant le concept même d’exception culturelle (États-Unis en tête, est-il besoin de le préciser ?).

    Voici que le gouvernement Sarkozy – et plus généralement le capitalisme –, ayant réussi au fil des ans à annihiler tout outil d’analyse du système économique dans lequel nous vivons, ayant ainsi désarmé toute opposition politique véritable et se trouvant, en conséquence, libérés de toute contrainte, prétendent « marchandiser » la culture dans notre pays, alors que nous défendons le contraire sur la scène internationale.

    ● Les poètes d’Autre SUD doivent générer un taux de profit plus important pour leurs actionnaires, et tant pis s’il n’existe plus de lieu où la poésie vivante puisse s’exprimer.

    ● Le théâtre Toursky doit fonctionner comme n’importe quel théâtre privé, et tant pis si les tarifs non aidés excluent des pans entiers de la population marseillaise, tant pis si la programmation ne peut plus être à la hauteur des ambitions de l’opération « Marseille, capitale européenne de la culture 2013 ». D’ailleurs, nous a précisé Monsieur Brouat, l’État n’a jamais demandé au Toursky de fonctionner comme il le fait depuis sa création, quels que soient les succès qu’il rencontre et l’enthousiasme populaire qu’il suscite.

    Cela ne peut plus durer ! Mais ils ne réussiront pas à nous tuer ! Même pas à nous bâillonner !

    Pour ce qui est de la revue Autre SUD, son Conseil de rédaction recherche une solution alternative qu’il espère pouvoir mettre en place dans le courant de l’an prochain.

    Pour ce qui est du théâtre Toursky, un Comité de soutien a été créé, qui rassemble des artistes et des comédiens de renom international, des personnalités, des élus, des fervents par milliers du théâtre en général et du théâtre Toursky en particulier. La pétition qui a rassemblé au cours des dernières années quelque 85.000 signatures s’ajoute et se joint à la mobilisation actuelle, relayée par tous les média locaux, régionaux, nationaux et même internationaux.

    Nous n’en sommes pas moins confrontés à l’autisme de la DRAC PACA et de son Directeur.

    Aussi, sauf réaction du Ministre de la Culture et de la Communication, Monsieur Frédéric Mitterrand, dont nous osons encore attendre une ouverture positive, me verrai-je contraint de m’associer à la grève de la faim que Richard Martin entamera le samedi 3 octobre dans son théâtre.

    Je le répète : ni Richard Martin ni moi-même n’avons pris de gaieté de cœur cette décision lourde de conséquences. Nous y sommes contraints car telle est la seule voie qui semble encore ouverte. Pour ce qui me concerne, je ferai la grève de la faim :

    ● pour soutenir le combat de Richard Martin, artiste de talent et citoyen passionné de justice,

    ● pour défendre la spécificité du théâtre Toursky, le droit à la culture pour tous et obtenir le rétablissement intégral de la subvention du théâtre,

    ● plus généralement, pour témoigner du sort fait à la culture par un système économique qui n’a comme horizons que la calculette et les dividendes. Les banquiers peuvent perdre au casino de la Bourse l’argent des autres, l’État, dont les caisses sont censées être vides, trouve néanmoins toujours de quoi les rembourser – avec notre argent, bien sûr, l’argent des impôts qui ne devrait avoir d’autre usage que le financement des services publics ou de la solidarité nationale et internationale. Pour la culture, allez voir ailleurs : il n’y a plus d’argent, c’est la Crise !

    Non ! La culture est un droit, un droit pour tous et l’État a le devoir de la soutenir !

    Marseille, le 1er octobre 2009

  • Alain Paire
    Alain Paire
    Galeriste
    • Posté à 05h53 le 04/10/2009
    • Internaute 41717
      Galeriste

    Il est 5h 49 dimanche matin, je viens de lire plusieurs articles de Thibaudat dans son blog, et je veux le remercier. Je ne lis pas constamment Rue 89, je vagabonde... Thibaudat vient d’évoquer des personnes et des milieux qui donnent envie d’aller au théatre, Richard Martin, Bernard Sobel, Aurillac ou bien Roussillon... Sincèrement merci, et puis bien sur je vais signer la pétition du théatre Toursky. Et je veux ajouter ceci, Richard Martin a choisi le nom d’Axel Toursky pour baptiser son théatre. Toursky n’était pas un bolchevik, c’était un poète qui publiait dans les Cahiers du Sud, et un journaliste au « Provençal ».

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