Theatre et Balagan

Chronique ambulante d'un amoureux du théâtre, d'un amateur de l'Est et plus si affinités.

la Revue « Cassandre » refuse de prédire sa disparition annoncée

Publié le 14/10/2009 à 18h53

On a plusieurs fois ici parlé de la revue « Cassandre “ revue ouverte aux vents violents de la culture. Elle a ses chroniqueurs grognons comme Jacques Livchine, elle constitue des dossiers costauds sur les façons de faire de l’art et pas du cochon, elle mène des entretiens au long cours avec des esprits féconds comme Jacques Rancière. Bref elle ne se satisfait pas du paysage ambiant et c’est tant mieux .

Mais les temps sont durs pour les revues. Après ‘Théâtre/public’, ‘Cassandre’ est à son tour menacée.

Valérie de Saint-Do et Nicolas Roméas qui la dirigent aux forceps, tirent la sonnette d’alarme :

‘Depuis 15 ans, Cassandre a tenté d’offrir une autre information
artistique et culturelle. De réagir à la tendance qui voit nos
confrères, même les plus honorables à l’origine, se transformer en
guides de la consommation du spectacle. D’analyser les interactions
entre l’évolution d’une société et les transformations de son
imaginaire. De mettre en valeur des artistes et des acteurs culturels
qui œuvrent là où l’art ne va pas de soi’ (dans les banlieues, en
prison, dans,les hôpitaux, en milieu rural... D’affirmer que les
inégalités de ‘capital culturel’ ne sont pas une fatalité.

Cette aventure éditoriale, on s’en doute, n’est pas rentable. Ni
‘bankable’ pour des annonceurs. Ni ‘sexy’ pour les diffuseurs et les
médias. Elle n’a pu vivre qu’avec des soutiens publics, sans jamais
pour autant cesser de se montrer critique envers les tutelles du monde
culturel et ses institutions. Dans un contexte où l’existence service
public de la culture est gravement menacée par un gouvernement qui ne
conçoit la culture qu’au service de sa communication ou de grands
groupes privés des industries culturelles, une grande partie de ces
ressources nous a été retirée au fil de ces dernières années par
l’Etat. Les collectivités territoriales qui nous soutiennent ne peuvent
à elles-seules compenser ce désengagement.”

Bref en attendant un nouvel état de l’Etat, les abonnements ne sont pas de refus. Les mécènes sont bienvenus.

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  • Gwendoline
    Gwendoline
    Maman
    • Posté à 02h26 le 15/10/2009
    • Internaute 66875
      Maman

    Ils ne faut pas qu’ils s’arrêtent, car ce serait vraiment l’annonce de la fin de beaucoup d’autres activités qu’ils soutiennent et dont ils rendent compte, en résistance contre la marchandisation actuelle.

    Soutenons les : Lien

    Faisons circuler l’info !

  • nina93
    nina93
    étudiante
    • Posté à 04h28 le 15/10/2009
    • Internaute 92976
      étudiante

    j’ai découvert ce magazine récemment par l’Appel des appels, un groupe où nous nous réunissons avec des gens d’horizons très différents : profs ou étudiants, médecins, psys et travailleurs sociaux, avocats, juges, journalistes, écrivains, artistes…

    on parle entre personnes sincères, mutuellement on pense « autrement », c’est-à-dire en relation les uns avec les autres, ça ouvre des horizons pour mieux se comprendre soi-même, et pour imaginer un futur ensemble

    depuis je lis régulièrement Cassandre, qui montre avec des philosophes, des sociologues, ds économistes, des penseurs, comme l’art peut être au cœur de tous les changements, en lien avec la ville, le social, le travail, la santé… ça m’apporte une vraie respiration intellectuelle

    c’est hyper varié et de haut niveau, mais je m’y retrouve : ça change des guides du bon goût pour les dernières sorties à la mode, j’y découvre plein de spectacles ou de projets dont je n’avais pas entendu parler ailleurs,
    et on y apprend comment tout ça se fabrique, ce que les gens ont dans le crâne… pour un peu je serais presque réconciliée avec les artistes, que je trouve si souvent égoïstes ou loin du réel

    lire ce journal est pour moi une vraie ouverture et une opportunité de ressourcement, ne m’enlevez pas cet objet de désir !

  • iota
    iota
    souscrit ou adscrit
    • Posté à 05h50 le 15/10/2009
    • Internaute 92975
      souscrit ou adscrit

    cette revue est l’une des rares à se faire l’écho critique du travail d’artistes engagés pour une émancipation des consciences, communauté d’esprit qui se développe en rhizome… sans matrice, à quelle errance sera livrée la multitude d’invisibles qui œuvrent à ancrer la pensée en actes ?
    ce week-end, je comptais me divertir au salon de la revue : l’ambiance y sera-t-elle aussi lugubre qu’aux célébrations du cinquantenaire du ministère de la Culture ?

  • thomasdehambourg
    thomasdehambourg
    travailleur non-cadré
    • Posté à 12h10 le 16/10/2009
    • Internaute 93087
      travailleur non-cadré

    La création artistique (pour éviter de parler de « culture » - ce qui veut tout dire et donc rien) ne peut vivre sans reflet, sans débat, sans médiateurs, sans espaces de réflexion... Ils sont donc autant à protéger que la création elle-même. Les petites critiques crachées en trois lignes comme dans certains hebdomadaires, on peut s’en passer. Mais la vraie interrogation dans des revues qui créent le dialogue, voilà qui est élémentaire. Une politique culturelle qui n’en tient pas compte, n’en est pas une. Aller voir des spectacles ou des oeuvres sans plonger dans les espaces de réflexion, c’est de la consommation. Sauvez les revues !

  • artpsy
    artpsy
    responsable culturel
    • Posté à 13h26 le 16/10/2009
    • Internaute 93085
      responsable culturel

    La revue Cassandre est extrêmement précieuse pour aider à rendre visible ce que la culture « des paillettes » ignore.
    L’action culturelle et artistique menée en psychiatrie a besoin de sens et de souffle, de sortir de son isolement. Cassandre doit rester en vie, au nom de la préservation des espaces publics d’expressions exigeants trop rares. Cassandre fait le choix de préférer la difficulté de l’intelligence critique, à la facilité de communiquer pour consommer. La fin d’une si belle revue, repousserait derrière les murs de l’enfermement ce qu’elle a déjà aidé à sortir de l’ombre. Cassandre c’est aussi un fourmillement de pensées, et de débats. Vous pouvez lire à ce propos le livre qu’elle a co-édité avec Noys en 2007 « L’art en difficultés. Les hors-champ de l’art. Psychiatrie, prisons, quelles actions artistiques ? » Et consulter son site Lien !

  • artpsy
    artpsy
    responsable culturel
    • Posté à 13h37 le 16/10/2009
    • Internaute 93085
      responsable culturel

    Faites comme nous à l’hôpital psychaitrique et ailleurs : Aidez la revue Cassandre / horschamp à continuer. Abonnez - vous... et vos amis !
    « Contre la machine à décerveler », le numéro 79, est en vente sur Lien.
    Il sera présenté au public au salon de la revue samedi 17 et dimanche 18 octobre et au Lavoir Moderne Parisien le mercredi 21 octobre de 19h à 22 h.

  • artpsy
    artpsy
    responsable culturel
    • Posté à 13h42 le 16/10/2009
    • Internaute 93085
      responsable culturel

    La revue Cassandre est extrêmement précieuse pour aider à rendre visible ce que la culture « des paillettes » ignore.
    L’action culturelle et artistique menée en psychiatrie a besoin de sens et de souffle, de sortir de son isolement. Cassandre doit rester en vie, au nom de la préservation des espaces publics d’expressions exigeants trop rares. Cassandre fait le choix de préférer la difficulté de l’intelligence critique, à la facilité de communiquer pour consommer. La fin d’une si belle revue, repousserait derrière les murs de l’enfermement ce qu’elle a déjà aidé à sortir de l’ombre. Cassandre c’est aussi un fourmillement de pensées, et de débats. Vous pouvez lire à ce propos le livre qu’elle a co-édité avec Noys en 2007 « L’art en difficultés. Les hors-champ de l’art. Psychiatrie, prisons, quelles actions artistiques ? » Et consulter son site Lien !

  • julielarousse
    julielarousse
    internaute curieuse
    • Posté à 19h40 le 16/10/2009
    • Internaute 85152
      internaute curieuse

    Je ne suis pas toujours d’accord avec ce que dit cette revue, mais c’est ça l’art, la culture, c’est le débat, contradictoire, pas le consensus ! Lorsqu’il n’y aura plus un seul espace de véritable débat sur l’art et la culture dans notre pays, on pourra toujours compter sur la grande presse pour nous informer des équipes de terrain qui agissent au jour le jour dans les milieux ruraux ou dans les banlieues, sans parler des prisons et des hôpitaux…
    Alors évidemment qu’il faut les soutenir, même quand on n’est pas toujours en phase avec eux.

  • Sganarelle
    Sganarelle
    Argonaute curieux
    • Posté à 20h17 le 16/10/2009
    • Internaute 93150
      Argonaute curieux

    Putain, une trentaine d’euros par ans pour un abo à une revue top niveau, c’est faisable, non ? On va laisser Cassandre couler pour si peu… Qu’est-ce qu’ils foutent avec leur argent de poche, les mômes ? Faudrait peut-être leur expliquer qu’il y a urgence à défendre l’art et la culture dans cette société de merde, sinon on va vraiment commencer à être très très mal barrés…

  • Kalimera
    Kalimera
    Hélène et parisienne
    • Posté à 21h11 le 16/10/2009
    • Internaute 93160
      Hélène et parisienne

    BRAVO POUR TON BOULOT KASSANDRA ! CONTINUE, ON A BESOIN DE TOI HORS-CHAMP !

  • judithe
    judithe
    editrice
    • Posté à 08h35 le 17/10/2009
    • Internaute 93182
      editrice

    Je trouve la situation grave, dommageable et regrettable.
    Cassandre est la seule revue à ma connaissance à aborder l’art par le biais du social, c’est l’une des rares existantes à être aussi viscéralement engagées. Les discours tenus sont d’une grande intelligence et honnêteté. Quand elle sera disparue, parlera-t-on encore de l’art en banlieue ? en prison ? à l’hôpital ? je ne connais que cette revue pour témoigner d’un ministère de la culture en déliquescence. Les informations délivrées par Cassandre, on les trouve que dans Cassandre, car les journalistes vont sur le terrain pour rencontrer des équipes. Ce ne sont pas des dépêches qu’on peut trouver sur le site de l’afp ! Il faut absolument que cette revue continue d’exister, pour que sa mort ne précède pas celle de notre service public !

  • judithe
    judithe
    editrice
    • Posté à 08h41 le 17/10/2009
    • Internaute 93182
      editrice

    cassandre sera au salon de la revue ce weekend, je passerai leur dire bonjour et les assurer de mon soutien ! rendez-vous là-bas !

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