Theatre et Balagan

Chronique ambulante d'un amoureux du théâtre, d'un amateur de l'Est et plus si affinités.

Alexandra et Joachim se disent « Oh oui » au théâtre Monfort

Publié le 19/10/2009 à 11h10


ce que nous vimes photo dr

C’est l’histoire d’un grand joueur de trombone qui, un jour, rencontre une grande fille qui se trouve jouer l’actrice. Et si on faisait des choses ensemble ? « Oh oui », disent-ils de concert. De fait, la compagnie Oh oui présente un spectacle invraisemblable (comme les précédents) qui leur ressemble et qui a pour titre « Ce que nous vîmes ». (Voir la vidéo)

Des mots accrochés au trombone

Elle, c’est Alexandra Fleischer. Lui c’est Joachim Latarget (un ancien de la compagnie Sentimental bourreau). La première fois qu’on les a croisé à La Ménagerie de verre, ils étaient tous les deux. Lui, au fond à droite, jouait du trombone et parfois de la batterie. Elle, « à la face “ côté gauche, disait un texte qu’elle avait écrit, sans doute avec lui, un beau duo assez chaud.

Cela s’appelait comment ? ‘ Oh oui ’ peut-être, ou bien ‘ Hox ’, les titres sont souvent aussi bizarres que les spectacles, d’ailleurs celui-là tournait autour de la folie.

Récemment, on les a retrouvé à L’Echangeur de Bagnolet pour ‘Stille Nacht’ (‘douce nuit’). Outre Alexandra et Joachim en robe et bas noirs (sa tenue de scène), on voyait un type sauter comme un cabri : Alexandre Thery, un architecte qui après avoir bossé sur le thème ‘ danse et architecture ’ s’est mis à danser. On le croirait échappé d’un film de Jacques Tati, et d’ailleurs il a créé un duo autour du cinéaste.

Le regard du silence

On voyait également le témoignage filmé de René Fleischer, le père d’Alexandra, qui racontait comment on lui avait coupé sa langue natale, comment le bégaiement était entré dans sa vie, comment son enfance pendant la guerre a été marquée par la peur, et comment tout cela est resté tu, noué au fond d’un gouffre, bordé de silence.

La compagnie Oh oui aime bien laisser le silence baguenauder en scène.

Et la voici aujourd’hui au Monfort, l’ancien théâtre Sylvia-Monfort complètement relooké et dynamisé par sa nouvelle direction : Laurence de Magalhaes et Stéphane Ricordel. Après avoir fait le tour du monde avec leur compagnie les Arts sauts, ils se posent au bord d’un parc pour accueillir des spectacles qui ont la pêche sans se soucier de genres. Avec ‘ Ce que nous vîmes ’, ils sont servis.

Plein de bouts d’histoires


Ce que nous vîmes photo dr

De quoi ça parle ? D’un jeu télévisé qui s’appelle ‘ Ce que nous vîmes ’, du bonhomme qui figure sur les bouteilles de Johnny Walker, d’un type qui s’appelle vraiment Berlioz, d’une femme qui dort, d’un ballon blanc gros comme un spoutnik et léger comme une plume, du colonel Sanders et j’en passe.

Un chouïa de vidéo, une page chipée d’un livre aimé, de la musique, des mots, un revolver pour en finir. Tout cela ne fait pas une histoire. Mais plusieurs. Plein de bouts d’histoires qui s’amorcent et s’évanouissent.

D’ailleurs, l’un des acteurs nous offre un cours accéléré de ‘ storytelling ’, cette méthode Assimil pour raconter des histoires et il le fait pour nous dire : méfiez vous des histoires qu’on vous raconte.

Le plaisir d’être ensemble

‘ Ce que nous vîmes ’ n’en finit pas de ne pas raconter des histoires. Bref, c’est irracontable et plein de petits plaisirs furtifs. La musique (Latarjet joue cette fois de la guitare, et, à ses côté, Nicolas Barrot s’occupe de cogner la batterie) est là, un peu trop dans l’ombre peut-être, elle nous arrive par effluves comme les marées. En scène, on retrouve Alexandra et l’architecte-danseur, deux autres acteurs les accompagnent.

Un tel spectacle risque de déconcerter ceux pour qui il n’y a de salut que dans un récit traditionnel bien ficelé. Mais un large public qui va des accros du zapping aux nuitards de la Nuit blanche et des nuits de France Culture en passant par le spectateurs de Heiner Goebbels, de Joan Le Guillern et des vieux standards de Jean Luc Godard y trouveront de quoi picorer de plaisir.

Car tout commence par là : le plaisir d’être ensemble sur un plateau. Et l’envie de faire partager ce plaisir. C’est pas plus compliqué

Ce que nous vîmes au théâtre Monfort - jusqu’au 31 octobre- mar, mer, ven, sam à 20h30, jeu à 19h - 5€/23€ - Rens. : 01-56-08-33-88.

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  • marie 75
    • Posté à 12h00 le 19/10/2009
    • Internaute 3563

    Les théâtres ont du mal à se remplir en ce moment. Avez-vous eu la même impression ? Le public est « à sec » ! C’est un vrai drame pour le spectacle vivant.

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