Theatre et Balagan

Chronique ambulante d'un amoureux du théâtre, d'un amateur de l'Est et plus si affinités.

Le militant volant Armand Gatti et les canards de Saint-Nazaire

Publié le 14/02/2010 à 00h05

La vie d’homme d’Armand Gatti est liée à des pays comme l’Irlande ou Cuba et à des villes comme Saint-Nazaire. Un livre retrace dans le détail et le contexte, l’entreprise artistique que Gatti et sa « tribu » menèrent à Saint-Nazaire entre septembre 1976 et février 1977. L’un des membres de cette tribu, Marc Kravetz, journaliste à Libération en fut le chroniqueur dans les colonnes du journal. Sa plume est ici relayée par celles de Michel Séonnet, membre de la tribu depuis 1975, Gilles Durupt qui accueillit tout le monde à la MJEP (maison des jeunes et de l’éducation permanente) de Saint-Nazaire et enfin Léonid Plioutch par qui tout commença.
Interné dans les hôpitaux psychiatriques soviétiques, le mathématicien ukrainien avait été libéré sous la pression internationale. Il rencontre Gatti et sa compagne Hélène Chatelain (qui parle parfaitement le russe). Il leur parle de Vladimir Boukovski, toujours emprisonné et malade. Armand et Hélène envoient un mot à Plioutch : « Hier soir Léonid, vous étiez semblable à un canard sauvage ». Plioutch répond par une chanson de Galitch qui se termine ainsi « Une balle s’est logée en plein cœur/ mais il reste quatre canards/quatre qui continuent à voler. /Et si un seul d’entre eux /de son vol, atteignait le but/cela voudrait dire que ça valait la peine de voler/ qu’il fallait le faire-Malgré tout ».
Boukovski va devenir le canard de Saint-Nazaire, ville qui ignore tout de lui, jusqu’à son nom. Libéré lors d’un échange de prisonniers est-ouest, Boukovski se rendra en Bretagne. Mais rien ne se passe comme attendu avec le « peuple de gauche » et le récit de toute cette histoire est passionnant. Il y aura des spectacles, des expositions, des actions dans les écoles, les IUT. Gatti n’écrira rien. Plus tard il reviendra sur ces mois passés à Saint-Nazaire en écrivant « Le cheval qui se suicide par le feu », il évoquera aussi ces mois dans « La parole errante ».Ce livre de témoignages, fort de nombreux documents, rassemble tous ces éclats.
« Ces canards qui volaient contre le vent, Armand Gatti à Saint-Nazaire », éditions Meet (diffusion Verdier), 320p, 35 €

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  • Gwendoline
    Gwendoline
    Maman
    • Posté à 17h11 le 14/02/2010
    • Internaute 66875
      Maman

    Armand Gatti c’est un très beau parcours de vie qu’il faut d’urgence faire connaître aux nouvelles générations.

    Et c’est aussi un lieu à Montreuil où il se passe des choses passionnantes :

    Lien

  • Parisienne de Xian
    • Posté à 21h29 le 14/02/2010
    • Internaute 31442

    Je vous signale aussi l’observatoire de la censure et de la liberté d’expression, un blog du Theatre Orphéon - bibliothèque Armand Gatti Lien.
    Ils décernent aussi un prix Tartuffe chaque année.

  • LienRag
    • Posté à 00h48 le 15/02/2010
    • Internaute 34767

    Et si un caneton perd un oeil, c’est quand même bien triste...

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