Theatre et Balagan

Chronique ambulante d'un amoureux du théâtre, d'un amateur de l'Est et plus si affinités.

Au Festival d'Aurillac, « le but c'est de briser les murs »

Publié le 22/08/2010 à 15h08


« Comment sortir la phrase de sa gangue ? », hurle un homme le long d’une bande blanche, collée devant la fontaine surplombée par la statue qui symbolise les droits de l’homme, sur la place du même nom, au centre d’Aurillac.

L’expression libre est un droit et l’homme s’exprime. Il macule une machine à écrire de crème à raser, étale une peinture bleue sur la bande blanche, rampe en se maculant de couleurs, fracasse la machine à écrire à coups de massue, puis jette des lettres sur la bande maculée, les balaie et finit par se jeter dans la fontaine en se posant la question : « Est-ce que j’ai été au zoo ? »

Qu’est-ce ? Un spectacle « off » ou « in » ? Une performance ? Un acte désespéré ? La veille, lors d’une « conversation d’été », exercice cher au Festival d’Aurillac, l’homme qui s’appelle Julien Blaine avait déclaré, en « postscriptum numéro un », que la performance était « un acte désespéré ».

En écho, concluant une autre conversation, Pascal Larderet, l’un des fondateurs de la compagnie de rue Cacahuète il y a 25 ans, dira :

« Il y a aujourd’hui une crise de la prise de risque dans les arts de la rue. »

Deux mondes indéfinissables

C’est pour remuer toutes les questions sous-jacentes à ces points de vue que le Festival d’Aurillac avait invité pour son vingtième anniversaire quelques pointures anciennes (comme Julien Blaine) ou nouvelles (comme l’étonnante Polonaise Suka off ou Annie Lam) du monde de la performance, du « performing art », même si chacun rejette le mot « performance » (comme Larderet) et que les autres ont en horreur le terme « arts de la rue ».

Toujours est-il que ces deux mondes indéfinissables et cependant proches ne s’étaient jamais rencontrés à Aurillac et guère ailleurs.

La question des définitions est de celles, oiseuses, qu’il faut déchirer en quatre et foutre aux chiottes comme disait Genet. Et comme le dit El Coyote alias Michel Giroud, l’un des dinosaures en pleine forme du monde de la performance, qui se définit comme « peintre oral et tailleur en tout genre » (comme au Moyen Age) et que beaucoup ont découvert à Aurillac : « Le but, c’est de briser les murs. »


Pascale Ciapp à Aurillac (Jean-Pierre Thibaudat/Rue89)

La singularité d’un être et la radicalité de son geste y sont pour beaucoup. La preuve avec Pascale Ciapp. Assise à une terrasse de café, elle se déchausse et met des chaussures à hauts talons.

Puis elle pose sa petite valise devant une cabine téléphonique, dispose et branche quelques néons, entre dans la cabine, enlève son chandail.

Torse nue, elle trace des lignes sur son corps, étire une capote sur un petit téléphone portable et se l’enfile sous la jupe. Puis elle enlève sa jupe et, nue, se colle contre la vitre, le visage fixe légèrement penché, comme une madone.

De « une heure à l’insupportable »

Alors sa partenaire dispose quelques bandes de scotch noir qui fixent le corps à la vitre et, sur les autres parois vitrées, colle des bandes où figure un numéro de téléphone.

Cela s’appelle « Affichage(s) » et la durée de la chose est de « une heure à l’insupportable ». Certains spectateurs composent le numéro de téléphone (rien au bout). D’autres attendent. Chacun finit par s’en aller.

Pas d’explication, pas de message explicite, pas de spectacle.

On retrouve cela autrement, dans « Le Bal des chaises » de Max Horde. Sur la place de l’hôtel de ville d’Aurillac sont installées des chaises. Les premiers arrivés s’y assoient, les autres restent debout ou se posent par terre.

Max Horde s’assoit devant tout le monde sur l’une de ces chaises et s’en coiffe d’une autre, s’inspirant d’un tableau de Goya.

Pendant ce temps, ses acolytes distribuent des tickets numérotés aux possesseurs de chaises. Puis les numéros sont appelés. Chacun apporte sa chaise et, petit à petit, les spectateurs construisent une pyramide de chaises tandis qu’en voix off, Max Horde égrène ses peurs.

La performance cesse lorsque l’igloo est construit. Max Horde dit être à l’abri de tout, souhaite à chacun une bonne journée et reste dans son igloo de chaises.

L’attitude performative

Ces performers -et d’autres que nous n’avons pas vus- ont apporté à Aurillac tout un lot de questions. Exemple : une réflexion sur la gestion d’un temps non normé, notion soulignée avec force par Michel Giroud. Ce dernier, avec Lionel Magal, Julien Blaine et Joël Hubaut -présents à Aurillac -, sont les fleurons d’une génération à l’œuvre depuis les années 70 dans le monde de l’art, de la poésie sonore ou pas, via une « attitude performative » (pour reprendre une proposition de Joël Hubaut), mais qui ignorait les arts de la rue et réciproquement.

D’un côté comme de l’autre, et toutes générations confondues, on se méfie de la clôture des réseaux, des cloisonnements, des enfermements, des normes, des limites et des conditions de travail imposés par toute notion de festival.

A l’heure où le groupe 26 000 couverts triomphe avec « L’Idéal club », un spectacle prêt à tourner dans n’importe quelle salle de spectacle mais dans aucune rue, il était excitant de voir les jeunes Belges Antoine Defoort et Halory Goerger transformer le théâtre d’Aurillac en un lieu d’une installation à tiroirs et d’une performance aussi inclassable que son titre « &&&& & & &&& » est imprononçable.

Il est probable que cette première rencontre n’en restera pas là. Rendez-vous l’année prochaine, même endroit.


Max Horde à Aurillac (Jean-Pierre Thibaudat/Rue89)

Aller plus loin
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  • a déménagé le 31 août 2010
    • Posté à 15h10 le 22/08/2010
    • Internaute 42625
      MAL EMBOUCHE

    Question : ca nous coute combien ces elucubrations ? Hmmmm ?

    • karlM
      karlM répond à a déménagé le 31 août 2010
      Précaire
      • Posté à 15h34 le 22/08/2010
      • Internaute 21378
        Précaire

      ça doit rapporter beaucoup surtout, beaucoup de commerçants du pays attendent le festival avec impatience.

      à part quelques in et le photographe spencer t qui photographie les « pti zosio » (20 000€ j’ai entendu ?), les troupes se nourrissent aux chapeaux.
      Et les troupes du spectacles vivants rament avec les réformes des intermittents, l’art vivant c’est pas de la production de bien (un moteur de voiture, une marée noire), ça crée une richesse que les € ont du mal à mesurer (les blaireaux aussi ont du mal...hein)

      • Lictor
        Lictor répond à karlM
        informaticien
        • Posté à 15h52 le 22/08/2010
        • Internaute 68450
          informaticien

        A noter que 20k€, c’est pas grand chose non plus... Si on compte que ça tout de même proposé de l’animation à un bon paquet de personnes, c’est moins cher qu’une fête foraine ou qu’un feu d’artifice... D’ailleurs, dans ce cas, qui a payé les 20k€ ? La municipalité (public), les commanditaires de la photo (privé) ? Dans le second cas, c’est en fait gratuit pour le citoyen...

        Mais même dans le cas des spectacles hors festival (donc, payants), ça permet de faire de l’animation populaire pour vraiment pas cher. Par exemple, pour 5k€ et une chambre en HLM sur la durée, tu vas avoir très facilement un plasticien qui va aller passer un mois en banlieue sensible faire du lien avec les habitants et leur donner l’impression de pouvoir s’exprimer. Pour le même prix, tu n’as même pas deux flics pour leur taper dessus sur la même période...

        Par rapport aux autres coûts d’une commune, c’est très faible, il suffit de voir le coût du moindre rond point...

    • asozial
      asozial répond à a déménagé le 31 août 2010
      Bobo reprazent - aus Berlin.
      • Posté à 15h33 le 22/08/2010
      • Internaute 2273
        Bobo reprazent - aus Berlin.

      il faut toujours un blaireau de service pour sortir le poujadisme attendu...

      • Numerosix
        Numerosix répond à asozial
        Prisonnier dans le village (...)
        • Posté à 15h39 le 22/08/2010
        • Internaute 14499
          Prisonnier dans le village (...)

        Ou du néo poujadisme comme moi : -)

    • Numerosix
      Numerosix répond à a déménagé le 31 août 2010
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 15h34 le 22/08/2010
      • Internaute 14499
        Prisonnier dans le village (...)

      Vous pensez que le tourisme ne rapporte pas d’argent ?

    • Lictor
      Lictor répond à a déménagé le 31 août 2010
      informaticien
      • Posté à 15h46 le 22/08/2010
      • Internaute 68450
        informaticien

      Décidément, c’est une obsession ! Dès qu’on parle d’autre chose qu’un truc strictement utilitaire, « combien ça coûte »...

      La réponse quand même : pas grand chose, et en tout cas beaucoup moins que ça rapporte.
      Dans un festival, le off ne coûte rien : les compagnies viennent à leurs frais. Le in coûte un peu : on va défrayer les compagnies et les payer quelques milliers d’euros.
      Mais, surtout, ça rapporte beaucoup. Par exemple, en 4 jours d’un festival comme Chalon (et je pense qu’Aurillac est pareil), les commerçants engrangent sans trop de mal un mois de chiffre d’affaire. Sachant que les frais, eux, sont réduits. Par exemple, les restos proposent souvent une carte spécialement pour le festival, plus réduite, plus rapide à cuisiner et moins chère à produire.

      Sans compter les bénéfices indirectes, en termes de retombées touristiques et de notoriété pour la ville.
      Par exemple, quel est l’intérêt d’une ville comme Avignon en dehors de son festival ? Quasiment aucun : il y a bien plus joli aux alentours et le Palais des Papes est extrêmement survendu. Mais la ville attire le tourisme, parce que le festival suffit à lui donner l’aura d’une ville de culture.
      Même chose pour Arles. C’est une ville avec une belle histoire, très jolie, mais qui pourrait ronronner. Mais les rencontres photographiques lui donnent une image plus modernes. Du coup, elle se constitue en centre de création, avec un projet qui invite Frank Ghery (l’architecture du Guggenheim de Bilbao).

      Ces « élucubrations », euros pour euros, sont beaucoup plus rentables que les sous dont on arrose les grands groupes internationaux pour qu’ils viennent en France par exemple....

    • jarjinus
      • Posté à 15h53 le 22/08/2010
      • Internaute 110015
        Chômeur

      ... Il est parfois des jours où on se sent fatigué de voir tant de sottise. Sérieusement peut-on résoudre l’art à une question de coût ? C’est sûr que quelqu’un qui essaye de faire passer un message au travers d’un oeuvre (ou performance appelez ça comme vous voulez) ça s’évalue difficilement en terme de dollars. En attendant, même en utilisant ce petit raisonnement de bas étage, on peut simplement dire qu’en donnant un cachet à ces artistes et en les laissant se produire on leur donne de quoi manger et donc soutenir la croissance (n’est-ce pas mesdames et messieurs les productivistes ?) et ça attire du client ! Les rues sont pleines apparemment ce qui ne doit pas être souvent le cas à Aurillac et les « retombées économiques » doivent être par conséquent je pense, assez sympathiques pour les commerces locaux.

    • jabier
      jabier répond à a déménagé le 31 août 2010
      consultant dans les Landes
      • Posté à 16h08 le 22/08/2010
      • Internaute 31087
        consultant dans les Landes

      J’aime bien le « ca nous coute combien ces elucubrations ? Hmmmm ? »
      Le nous surtout qui prouve le niveau de réflexion qui doit faire bouillir votre cafetière percée.
      Un bobo... de la gaugauche pas milliardaire encore mais qui ne désespère pas

    • EdkOb
      EdkOb répond à a déménagé le 31 août 2010
      la France d'après...
      • Posté à 18h58 le 22/08/2010
      • Internaute 85736
        la France d'après...

      Rien.

    • berlage
      • Posté à 20h33 le 22/08/2010
      • Internaute 14849

      moins d’1 % du budget de l’Etat...

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 15h37 le 22/08/2010
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Trouver une cabine téléphonique en ville aujourd’hui ( avec ou sans fille à poil dedans) est devenu une sacrée performance, effectivement ..

  • Roger Velu-
    Roger Velu-
    CHEF EN CHEF DE L'ICI-BLOG
    • Posté à 15h49 le 22/08/2010
    • Internaute 102062
      CHEF EN CHEF DE L'ICI-BLOG

    « Il y a aujourd’hui une crise de la prise de risque dans les arts de la rue. »

    Dans les arts tout court.

    • Lictor
      Lictor répond à Roger Velu-
      informaticien
      • Posté à 15h59 le 22/08/2010
      • Internaute 68450
        informaticien

      Sauf que c’était un peu une spécialité des arts de la rue... A l’origine, il s’agissait d’aller à la rencontre des gens qui n’iraient pas au théâtre spontanément, de les déstabiliser, de les faire réfléchir...
      Mais aujourd’hui, le théâtre de rue est de plus en plus dans les festivals. Et dans les festivals, il est de plus en plus dans des cours, dans des salles et de moins en moins réellement dans la rue...

      Le dernier vrai moment de rue que j’avais vu, c’était l’occupation artistique à Chalon lors de la grève des intermittents. Beaucoup de compagnies n’avaient pas joué pendant le festival. Mais les spectacles ont repris une fois le festival terminé. Sauf que les spectacles sont sortis des clous : certains sont allé jouer à la sortie des usines, d’autres devant les supermarchés, d’autres au milieu des HLM... Les compagnies restaient discuter avec un vrai public de rue, pris par surprise...
      Une vrai beau moment en fait, sauf que ça faisait un peu figure de chant du cygne. Depuis, on a plutôt l’impression, à de rares exceptions, d’une normalisation des spectacles...

      • Roger Velu-
        Roger Velu- répond à Lictor
        CHEF EN CHEF DE L'ICI-BLOG
        • Posté à 16h32 le 22/08/2010
        • Internaute 102062
          CHEF EN CHEF DE L'ICI-BLOG

        Je vois ce que tu veux dire... la dernière fois qu’on a mis les pieds à Aurillac c’était en 96... et déjà cette dérive que tu stigmatises était bien sensible : Royal de Luxe était déjà une institution et nombre de spectacles n’étaient que de pâles copies de ce qui s’était fait des années plus tôt, avec la rage et l’énergie joyeuse des hors-clous.

        C’est vrai aussi pour tous les autres arts : ça ronronne et ça encaisse des sous-sous ; subventions, tickets d’entrée, à-valoir et droits d’auteur...

        Et surtout : ça ne fout plus le joyeux souk.

         
        • Lictor
          Lictor répond à Roger Velu-
          informaticien
          • Posté à 17h10 le 22/08/2010
          • Internaute 68450
            informaticien

          Pour le théâtre de rue, c’est surtout une volonté des organisateurs et des municipalités. On veut bien les sous que le tourisme rapporte, mais on veut pas le bordel dans les rues.
          C’est criant à Chalon. Cette année, l’essentiel du in était soit en salle (26.000 couverts), soit dans des cours, soit sur des places éloignées du centre (type Panoptikum). Autre dérive, la multiplication des spectacles à billetterie ou à réservation. Même si la somme reste symbolique (typiquement moins de 5€), ça instaure une barrière et, surtout, un comportement de spectateur, assis sur sa chaise et ayant droit à un spectacle rentable.

          C’est également un problème lié aux spectateurs. Le théâtre de rue a maintenant un public attitré, un peu blasé, qui connait tous les codes et conventions. Le rapport avec le public devient plus conventionnel, il est sage, bien élevé (on entend même plus les portables, c’est dire), lisse... Mais du coup, il implique de moins en moins de mise en danger des compagnies.
          Et aujourd’hui, ce public devient conformiste. Il vient au spectacle avec ses gamins, il est choqué dès qu’on montre une chatte ou une bite, il a sa petite chaise pour être bien installé, il préfère qu’on lui parle de trucs rigolos que de choses existentielles, il n’aime pas s’il ne comprend pas...
          La tentation est grande d’aller dans son sens. D’où la grande mode des spectacles rigolos, esthétiques ou qui font crac-boum.

          Il y a aussi un problème lié à l’afflux touristique, qui tue complètement les spectacles intimistes, spectacles qui sont souvent dans une vraie création (notamment avec la disparition du 4e mur). Par exemple, des spectacles comme Chambres d’amour (Théâtre de l’Unité) ou Embouteillage, pourtant excellents, ne peuvent pas gérer les afflux de centaines de spectateurs. Par exemple, Royal de Luxe ne peut plus vraiment fréquenter ces festivals sans créer des afflux ingérables. Sachant que Royal de Luxe a complètement changé d’échelle (quand on se rappelle des premiers « petits » spectacles comme Roman Photo).
          D’où la dérive vers des spectacles de plus en plus gigantesques ou pyrotechniques, qui permettent d’afficher des jauges de plusieurs centaines de spectateurs.

          • Roger Velu-
            Roger Velu- répond à Lictor
            CHEF EN CHEF DE L'ICI-BLOG
            • Posté à 17h36 le 22/08/2010
            • Internaute 102062
              CHEF EN CHEF DE L'ICI-BLOG

            Ah, le conformisme !

            Je suis cent pour cent d’accord avec ce que tu écris.

            Je rajouterai simplement que l’art vivant est haut perché sur un fil et avance dessus sans filet dessous.

        • bricole
          bricole répond à Roger Velu-
          les doigts dans la prise
          • Posté à 19h45 le 22/08/2010
          • Internaute 108490
            les doigts dans la prise

          Bonsoir Roger, Lictor,

          Difficile de passer aprés Royal de Luxe ...

          Mais ceux qui m’avaient à l’époque ( dans les années 90) laissée sur le cul, faite chavirée de partout : o) c’était ARCHAOS !
          Alors là encore plus dur ! Tu les vois et tu te dis « voilà ! c’est ça que je voulais atteindre ! »
          Nous avons été nombreux à ressentir ça ... donc forcement, là encore, difficile de passer aprés ARCHAOS !

          • Roger Velu-
            Roger Velu- répond à bricole
            CHEF EN CHEF DE L'ICI-BLOG
            • Posté à 19h55 le 22/08/2010
            • Internaute 102062
              CHEF EN CHEF DE L'ICI-BLOG

            Ah ouais : Archaos, c’était trop déchirant, y a longtemps. Mais c’est fini tout ça. Tout bien propre maintenant. Même le trash est devenu clean.

            • bricole
              bricole répond à Roger Velu-
              les doigts dans la prise
              • Posté à 20h04 le 22/08/2010
              • Internaute 108490
                les doigts dans la prise

               : o))

              Oui le trash aujourd’hui est aseptisé !

              Quoi qu’il reste quand même quelques troupes ici et là ...

              En Espagne il y a du bien déjanté ( manque de poésie pour ceux que j’ai vu .... mais je suis loin loin , trés loin d’avoir tout vu !)
              et l’allemagne aussi qui n’a pas froid aux yeux !

              Trés difficile d’avoir un regard sur tout et tous dans ce domaine... faut pouvoir bouger, beaucoup bouger pour celà ...

              • Roger Velu-
                Roger Velu- répond à bricole
                CHEF EN CHEF DE L'ICI-BLOG
                • Posté à 20h28 le 22/08/2010
                • Internaute 102062
                  CHEF EN CHEF DE L'ICI-BLOG

                Là j’ai été bien coincé à la casa pendant plusieurs années : boulot + les enfants... mais dès l’automne on reprendra le char à pneus pour sillonner le pays.

                Là poésie... mon pauvre... si tu as le malheur de parler de poésie de nos jours, astique ton armure et ajuste bien ton heaume...

                • bricole
                  bricole répond à Roger Velu-
                  les doigts dans la prise
                  • Posté à 20h46 le 22/08/2010
                  • Internaute 108490
                    les doigts dans la prise

                  Pareil... coincée ! ...

                  La poèsie elle est partout ! là où on laisse trainer son regard, là où on laisse aller ses pensées ... là aussi où nous amènent les artistes de rues ; o)
                  ... et les facheux je leur botte le cul !

                  • Roger Velu-
                    Roger Velu- répond à bricole
                    CHEF EN CHEF DE L'ICI-BLOG
                    • Posté à 20h58 le 22/08/2010
                    • Internaute 102062
                      CHEF EN CHEF DE L'ICI-BLOG

                    Oups : « la poésie, *ma* pauvre » ; -)

                    Un bricolo, une bricole.

                    [bruit de bottes et nuage de poussière d’amidon de culs pincés côté jardin]

        8 autres commentaires
      • Erika Gorria
        Erika Gorria répond à Lictor
        Vendeuse de Fromage
        • Posté à 13h10 le 23/08/2010
        • Internaute 122818
          Vendeuse de Fromage

        Bonjour,
        voilà ce que j’avais envie de lire en vopus lisant et que je n’ai pas trouvé dans le sujet proposé par Rue 89.
        Après 25 ans de festival, c’est ce type de question qu’il fallait se poser. La normalisation du spectacle, l’interaction artiste-spectateur, l’évolution de l’offre, le devenir des compagnies qui arpentent Aurillac, l’évolution du statut d’intermittent et la place de la marginalité dans le théâtre de rue.
        L’article du journaliste est (pour moi) assez bidon, particulièrement artisteux dans le langage, notamment la phrase où le terme macule, malculant et maculée est utilisé 3 fois, cela ne veut rien dire : « Il macule une machine à écrire de crème à raser, étale une peinture bleue sur la bande blanche, rampe en se maculant de couleurs, fracasse la machine à écrire à coups de massue, puis jette des lettres sur la bande maculée ».
        Si l’éclairage est intéressant, la polémique autour de la performance ne date pas d’hier et semble bien dépassée. On dirait un article du Spiegel de 1978 commentant un performance de joseph Beuys.
        Moi j’ai vu des super trucs à Aurillac, il faut bien un angle, mais réduire cet évènement hors norme à Spencer tunic et une performance prise au hasard dans la rue. Non merci.

    • Numerosix
      Numerosix répond à Roger Velu-
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 16h06 le 22/08/2010
      • Internaute 14499
        Prisonnier dans le village (...)

      La seule prise de risque intéressante dans le genre , ce fut l’ année dernière a Poitiers quand des anarchistes de l’ ultra gauche on tout cassé pendant un spectacle de rue en foutant les jetons aux bourgeois , aux spectateurs et aux tristes clowns qui pleuraient beaucoup en criant « maman » ..

  • Asse42-
    Asse42-
    Royaliste engagé contre le N.O.M (...)
    • Posté à 17h53 le 22/08/2010
    • Internaute 25124
      Royaliste engagé contre le N.O.M (...)

    Super ! L’art de la rue a un rôle énorme à jouer dans notre univers formaté où l’on ne se rencontre plus entre voisins. Il doit être l’éclaireur pour nous montrer que non l’humain n’est pas forcément une bête et que lorsqu’on sait le prendre par les sentiments d’humanité on peut en tirer le meilleur.

    Oui brisons les murs !

    • Roger Velu-
      Roger Velu- répond à Asse42-
      CHEF EN CHEF DE L'ICI-BLOG
      • Posté à 19h43 le 22/08/2010
      • Internaute 102062
        CHEF EN CHEF DE L'ICI-BLOG

      Parle pour toi : nous autres on se rencontre entre voisins à peu près tous les jours et la grande table en bois d’arbre de la cuisine voit défiler un nombre pas possible de joyeux convives tout au long de l’année.

      Et justement : les être humains sont des bêtes qui n’aiment rien tant qu’à faire la foire ensemble.

      Faut pas venir se plaindre qu’on s’emmerde dans la vie si on a cadenassé sa porte.

      Le spectacle est partout : pas que dans la rue.

      • Asse42-
        Asse42- répond à Roger Velu-
        Royaliste engagé contre le N.O.M (...)
        • Posté à 20h12 le 22/08/2010
        • Internaute 25124
          Royaliste engagé contre le N.O.M (...)

        Je parlais en général, dans l’esprit quoi. En tout cas je suis heureux pour toi.

         
        • Roger Velu-
          Roger Velu- répond à Asse42-
          CHEF EN CHEF DE L'ICI-BLOG
          • Posté à 20h38 le 22/08/2010
          • Internaute 102062
            CHEF EN CHEF DE L'ICI-BLOG

          Ben justement : l’esprit de cloître actuel est chiant comme la mort.

          D’ailleurs c’est la mort : chacun dans son béton ; la vie privée... à laquelle je préfère la vie publique.

          Évidemment, faut renoncer à la vie privée, pour être heureux en société... et ça, c’est hors de question pour qui ont érigé le privé en religion.

          C’est encore plus vrai pour les troupes de théâtre : tant qu’on y est en véritable troupe : tous en tas sur le matos dans les camionnettes et entassés dans les mêmes piaules, alors tout va bien : le spectacle ne peut être que le reflet du vivant.

          Par contre, dès que chacun, chacune, reprends le petit chemin de son chez soi après la représentation, c’est la mort garantie sur facture.

        1 autres commentaires
    • bricole
      bricole répond à Asse42-
      les doigts dans la prise
      • Posté à 19h56 le 22/08/2010
      • Internaute 108490
        les doigts dans la prise

      Là vous enfermez dans une bien petite case ce que peuvent vouloir vous montrer , vous faire toucher, les artistes de rue !
      Vous avez juste été sensible à ceux dont les performances résonnent en vous : « l’humain n’est pas forcément une bête ».

      Ils peuvent aussi vous montrer le contraire...
      ou encore bien autre chose...
      ou vous amenez dans des « schémas » qui brouilleraient toutes vos lignes ...

      • Asse42-
        Asse42- répond à bricole
        Royaliste engagé contre le N.O.M (...)
        • Posté à 20h14 le 22/08/2010
        • Internaute 25124
          Royaliste engagé contre le N.O.M (...)

        Et oui encore une fois mon commentaire était général et pas particulier. J’aurais du fermer ma gueule...

         
        • bricole
          bricole répond à Asse42-
          les doigts dans la prise
          • Posté à 20h28 le 22/08/2010
          • Internaute 108490
            les doigts dans la prise

          « j’aurai du fermer ma gueule »
          ça c’est vous qui le dites ...

        1 autres commentaires
    • shillom
      shillom répond à Asse42-
      • Posté à 13h00 le 23/08/2010
      • Internaute 22134

      Tiens, un(e) royaliste. Ca se reconnait au type de discours.

      • We want a shrubbery
        We want a shrubbery répond à shillom
        Fonctionnaire. A voté!
        • Posté à 15h59 le 24/08/2010
        • Internaute 100046
          Fonctionnaire. A voté!

        ça dépend, il y a les légitimistes et les orléanistes.

  • otzi
    otzi
    salarié
    • Posté à 09h33 le 23/08/2010
    • Internaute 100587
      salarié

    Curiosité qu’est le festival d’aurillac. Haut lieu de la liberté d’expression dans une région enclavée du massif central. Avec ses performance et ces routards . Curieux aussi un festival de théatre de rue. La rue qui au jour d’aujourd’hui devient un lieu clean et qui temporairement va accueillir tous les gens qui vivent La rue, qui vive dans la rue et pour la rue. Curieux aussi que finalement il est si peu d’incidents, effectivement les routards cohabitent avec les familles, les enfants avec les vieux , les créatifs avec les restaurateurs avergnats et chacun y trouve son compte .... Les crs ont la bonne idée de se cantonner sur la place du marché ... la question qui se pose est de savoir combien de temps la création resistera à la consommation....

  • Pierrrrre
    Pierrrrre
    → → → → → → → le marché autant (...)
    • Posté à 11h16 le 23/08/2010
    • Internaute 23078
      → → → → → → → le marché autant (...)

    « la performance de Julien Blaine (Matthieu Galeyant) ; Pascale Ciapp à Aurillac ; Max Horde à Aurillac ...

    ► Je faisais le même empilement de chaises et de tables pendant les interclasses au lycée,
    même que en enlevant une chaise, ça faisait tomber la chaise d’à côté qui en tombant faisait tomber la chaise d’à coté.. et ainsi, à la méthode dominos, ça rentrait par la porte de l’avant de la classe pour ressortir par la porte du fond, faire un bout de couloir, et rentrer dans la salle d’à coté, le tout se terminant par l’apothéose d’une dégringolade d’un monticule de tables et de chaises.

    Faut pas croire, fallait une sacré organisation, entre ceux qui faisaient le gué et la mécanique à mettre en oeuvre et qui devait marcher toute seule...

    C’était chiadé, gratuit et complètement dénué de toute prétention artistique...

    Tout le contraire de l’amoncellement de chaises à Aurillac,
    empilement nul, payé très cher, et se prétendant artistique,
    devant un amoncellement de gens.. assis par terre.. en raison du manque de chaises.

  • steu
    steu
    synapse
    • Posté à 15h12 le 23/08/2010
    • Internaute 65559
      synapse

    Ci dessous un lien vers le site d’Antoine Deffoert pour en savoir plus sur son enthousiasmant travail :

    Lien

    et là la captation d’un autre des spectacles de la compagnie à laquelle il appartient :

    Lien

    Salutations.

  • camyo
    camyo
    Touriste
    • Posté à 13h44 le 24/08/2010
    • Internaute 109879
      Touriste

    Bonjour,
    Je me permet de revenir sur la performance « Affichage(s) »
    Il faut reconnaître que le texte de présentation était plus attirant que la performance elle même ..
    Mais mon intervention a pour but de rétablir une vérité :
    vous dites « Certains spectateurs composent le numéro de téléphone (rien au bout). “

    Faux, le téléphone était sur répondeur, le message était ( de mémoire) :
    ‘Bonjour, vous êtes en direct de mon vagin ... déchargez votre fantasme’

    Concernant Julien Blaine , quand il fait sa performance dans un musée d’art contemporain .. il peux y avoir un ‘décalage’ avec le public, mais dans la jungle d’Aurillac ... il fait quand même ‘illustre supercherie’ ...

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