Theatre et Balagan

Chronique ambulante d'un amoureux du théâtre, d'un amateur de l'Est et plus si affinités.

Mitterrand à Olivier Py (Odéon) : vous êtes formidable, je vous vire

Publié le 09/04/2011 à 17h28

On l’annonçait au conditionnel ici même il y a quelques jours, c’en est fait : Olivier Py ne sera pas reconduit à la tête de l’Odéon-Théâtre de l’Europe à l’issue de son mandat de cinq ans en mars 2012. Autrement dit, viré !

Le travail accompli ? « Remarquable »

Le ministre de la Culture lui a signifié cette surprenante décision vendredi à l’issue d’une rencontre à sens unique qui a laissé Py K.-O. debout. A -t-il démérité ? Pas le moins du monde. Le ministre juge, comme tout le monde (et en particulier le conseil d’administration de la maison qui s’est réuni la semaine dernière) son bilan excellent, puisqu’il qualifie de « remarquable le travail accompli ».

L’usage fondé sur l’expérience donne du temps au temps lorsqu’un directeur de théâtre national est nommé. Il est d’usage qu’après un premier mandat suive un second (de trois ans) sauf en cas de dysfonctionnement grave, d’ambiance délétère et autre agaceries.

Rien de tel à l’Odéon. Py avait été nommé pour prendre la succession de Georges Lavaudant qui était resté à la tête de l’Odéon pendant plus de dix ans. Il escomptait légitimement être reconduit et avait mis sur pied des projets jusqu’en 2015.

Bref, c’est incompréhensible.

Alors on cherche d’autres explications. On évoquait « Adagio » le dernier spectacle d’Olivier Py consacré à l’oncle du l’actuel ministre de la Culture, l’ancien président Mitterrand dont le spectacle relate les derniers jours. Il est certain que ce spectacle a agacé en haut lieu. On dit aussi que l’inimitié serait grande entre le ministre et le directeur de l’Odéon. Mais ce sont là des peccadilles. Peut-on prendre une décision de cet ordre à partir de telles considérations ? C’est indigne d’un ministre de la culture.

Bonjour les dégâts humains

Le ministre – qui ne marquera certes pas l’histoire de son ministère par sa clairvoyance et son écoute –, aurait-il trouvé l’homme providentiel dont la nomination noierait le poisson de la contestation ? Quand le quarantenaire Olivier partira, il sera remplacé par un metteur en scène de 63 ans, Luc Bondy. Ce dernier, grand metteur en scène européen, a une belle carrière derrière lui où les beaux postes n’ont pas manqué.

Il n’y a pas d’âge pour le talent – le génie de l’octogénaire Claude Régy le prouve amplement –, mais diriger un théâtre comme l’Odéon ne consiste pas seulement à signer des mises en scène et à ouvrir un carnet d’adresses. Par ailleurs, on n’ose imaginer les dégâts humains qu’une telle décision est en train de produire au sein de l’équipe de l’Odéon.

Bondy est un grand artiste, nul ne le conteste, mais un artiste se grandit en prenant de la hauteur, en mettant un peu d’éthique dans son potage. En acceptant le poste de directeur de l’Odéon dans ces conditions, Luc Bondy fait preuve à tout le moins de vanité.

L’Odéon et la lotte pourrie

Lorsque Jean-Louis Barrault avait été viré de l’Odéon par Malraux suite aux événements de mai 68 (l’occupation du théâtre), le grand Roger Blin, conscience de la profession, avait dit que celui qui lui succèderait serait « une lotte pourrie » (et Blin s’y connaissait en poissons). Si bien que le ministère n’avait nommé personne et offert l’Odéon à la Comédie-Française. On n’aimerait pas qualifier Bondy de « lotte pourrie ».

De tout cela, la rue de Valois comme l’Elysée n’en ont cure. On considère les nominations à la tête des grands théâtres et autres institutions culturels comme un jeu, un joujou, non un enjeu. Olivier Py est la dernière victime d’une liste qui devient conséquente.

On attend avec avidité les réactions de la profession, plus par respect pour le métier que pour défendre un homme (le ministre, qui n’a pas peur du ridicule, a promis à Olivier Py qu’il serait « bien traité », phrase que l’on entend souvent à propos des prisonniers), moins pour pointer une bévue (de plus) que dénoncer un système. En espérant que cette réaction dépassera le stade de l’habituel communiqué dénonçant le présent oukase... en attendant le suivant.

Quant à Olivier Py, suggérons lui de mettre sur pied une mise en scène sauvage de la pièce de son ami Jean-Luc Lagarce, « ’Les Prétendants ». C’est son histoire, mais à l’envers : l’histoire d’un vieux lion de la décentralisation culturelle qui se fait virer sous pression de la capitale par un jeune loup, tout cela au milieu d’un cercle de courtisans. L’irrévérence et le rire comme armes. Toujours.

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  • PGC
    PGC
    Impair Impasse89
    • Posté à 17h40 le 09/04/2011
    • Internaute 147266
      Impair Impasse89

    2ème article de la semaine, vous êtes un fan du PY, vous !
    Je ne vais donc pas me répéter, juste dire qu’Olivier PY a trop de talent pour être chômeur. La culture n’a pas besoin de ministre pour exister mais d’un monde qui aille mieux pour que les gens sortent de chez eux.

  • A déménagé le 02-02-2012-2
    • Posté à 18h11 le 09/04/2011
    • Internaute 82025
      non connue

    C’est la page face-book d’Olivier Py ?

  • caro
    caro
    délinquante avérée
    • Posté à 19h47 le 09/04/2011
    • Internaute 6484
      délinquante avérée

    qui c’est, Frédéric Mitterrand ?
    il veut montrer ses petits biceps et confond culture et culturisme ?
     ; -(
    C’est fort dommage pour tout le travail qu’Olivier Py préparait pour les saisons à venir.

  • --Yad--
    --Yad--
    yad Labus...indigné
    • Posté à 19h56 le 09/04/2011
    • Internaute 143885
      yad Labus...indigné

    Se faire virer par ce gouvernement ci précisement , ça vaut presque une légion d’honneur et Py a assez de talent pour rebondir.

    • ChatNoir
      ChatNoir répond à --Yad--
      • Posté à 00h08 le 10/04/2011
      • Internaute 41122

      Il va rejoindre la liste des virés de la sarkozie : Guillon, Porte ...

      A lui de transformer ce vidage en titre de gloire.

      • --Yad--
        --Yad-- répond à ChatNoir
        yad Labus...indigné
        • Posté à 10h07 le 10/04/2011
        • Internaute 143885
          yad Labus...indigné

        On ne peut que faire le rapprochement entre son spectacle (Adagio) et ses amitiés plutôt à gauche avec cette éviction.
        C’est particulièrement maladroit et donc dans la droite ligne de ce que fait ce gouvernement en général.
        Olivier Py :
        « Des projets ?

        J’aimerais bien faire comme Shakespeare avec Henri IV, Henri V et Henri VI. Après Adagio avec François Mitterrand, Andante avec Jacques Chirac et Allegro avec Nicolas Sarkozy. »

        Pour le troisième, c’est un Allep’tit qu’il va falloir inventer et encore, c’est lui faire bien de l’honneur. A moins que ce soit féroce (- ; Quoi que , la vérité suffira, elle est déjà suffisament féroce.

  • Pierrrrre
    Pierrrrre
    → → → → → → → le marché autant (...)
    • Posté à 21h23 le 09/04/2011
    • Internaute 23078
      → → → → → → → le marché autant (...)

    « Mitterrand à Olivier Py (Odéon) : vous êtes formidable, je vous vire »

    ► Et on peut dire qu’Olivier Py possède toutes les qualités propres à bon nombres de responsables de Théâtre en France :

    il a participé au projet socialiste et est intervenu au congrès socialiste de La Rochelle : il y a même cité Mitterrand comme exemple de conscience culturelle.

    On devine le gars qui ne désire pas instrumentaliser l’art et ses fonctions au service de son engagement politique.

    Il est vrai qu’en France, pour faire carrière dans le monde théatral, l’engagement à gauche est indispensable, le talent y étant accessoire.
    .

    • egide
      egide répond à Pierrrrre
      Littéral
      • Posté à 22h15 le 09/04/2011
      • Internaute 45067
        Littéral

      Il est vrai qu’en matière culturelle le talent est à droite.
      Non, je ne ris pas.

      Tout le monde dit qu’Olivier Py a un grand talent, Olivier Py est un homme de gauche, on dit que les hommes de gauche n’ont pas de talent artistique.

      Olivier Py est viré

      CQFD        Lien

      • Pierrrrre
        Pierrrrre répond à egide
        → → → → → → → le marché autant (...)
        • Posté à 22h31 le 09/04/2011
        • Internaute 23078
          → → → → → → → le marché autant (...)

        « Tout le monde dit qu’Olivier Py a un grand talent »

        ► Les gens qui ont du talent sont légion.

        Ceux dont on dit qu’ils ont du talent sont en général engagés politiquement,
        leurs admirateurs partageant leur opinion politique.

        Nous sommes dans un contexte politique d’un théatre français complètement fagocité par la gauche,
        sachant que toute troupe de théatre, tout acteur se doit de s’encarter à gauche pour avoir une petite chance d’obtenir un contrat ou un rôle, le talent y étant un plus mais pas fatalement obligatoire :

        Il serait interessant que Rue89 se penche sur l’engagement politique de l’intégralité des responsables de théatre de la Région Parisienne ou de province :
        ils oscilent entre PCF, NPA Verts ou Parti Socialiste et je dis que ce problème est gravissime et une insulte à la culture utilisée comme vecteur de propagande politique.

        Dans ce contexte, s’indigner parce qu’ un responsable pro socialiste se fait virer ,
        m’apparait relever d’une histoire de paille et de poutre.

         
        • egide
          egide répond à Pierrrrre
          Littéral
          • Posté à 01h12 le 10/04/2011
          • Internaute 45067
            Littéral

          Vote thèse du complot communiste contre le reste du monde libre est à se tordre.

          Vous désignez les artistes du spectacle vivant comme des militants engagés jusque sur les scènes de théâtre pour lutter contre l’ordre établi.

          Pour faire bon poids, ajoutez les professeurs soixante-huitards et le compte y est.

          Même dans les années 50-60, du temps de l’après guerre et de l’action socio-culturelle, ce que vous décrivez n’a pas eu lieu.

          Ce qu’on a appelé les intellectuels de gauche ont été les personnalités, fort peu nombreuses, au demeurant, et que vous haïssez, qui se sont opposées sans équivoque à la guerre d’Algérie.

          Il en est resté quelques chose jusqu’au début des années 1980.
          L’arrivée de la gauche au pouvoir a sonné le glas de la création culturelle en France.

          Il est touchant de voir que les principales réformes de Jack Lang d’inspiration anti-libérale et xénophobe sont défendues par un représentant de la droite dure et ultramontaine, Hervé Gaymard, qui se gargarise du prix unique du livre et d’autres imbécilités du genre.

          Si vous vous intéressiez un tant soit peu au théâtre, ce dont je doute, vous sauriez que l’élargissement du statut de l’intermittence, voulu et organisé par le même Lang a conduit à l’asservissement du spectacle vivant, théâtre compris aux filiales multimédias des sociétés du CAC 40. Les télévisions ont raflé la mise et toutes les PME de l’évènementiel qui sont subventionnées par ... l’Unedic !

          Et comme le décrit si bien François Pineau, il n’est d’art et de spectacle français qu’à l’estomac, c’est le règne de l’émotion , du goût et du divertissement.

          Rock CoCO !

          • Pierrrrre
            Pierrrrre répond à egide
            → → → → → → → le marché autant (...)
            • Posté à 10h04 le 10/04/2011
            • Internaute 23078
              → → → → → → → le marché autant (...)

            « Si vous vous intéressiez un tant soit peu au théâtre, ce dont je doute, vous sauriez que l’élargissement du statut de l’intermittence, voulu et organisé par le même Lang a conduit à l’asservissement du spectacle vivant, théâtre compris aux filiales multimédias des sociétés du CAC 40 »

            ► On devine dans votre rhétorique le vocabulaire du soixant’huitard, nostalgique des paradis perdus socialistes protégés par le mur de Berlin.

            Si je parle théâtre, c’est que j’en suis partie prenante.
            Je connais le statut de l’intermittence ainsi que les difficultés pour certains artistes de vivre de leur art.
            Je sais aussi que les contrats s’obtiennent par copinage,
            ainsi que la mainmise outrageante, ostentatoire et affichée de la mouvance de gauche sur le spectacle vivant :
            On ne trouve que des responsables de théâtre engagés à gauche, et nommés responsables par un Conseil Général ou Régional de gauche afin d’y promouvoir des spectacles de gauche.

            Il suffit pour une compagnie de pondre un spectacle anti Israël ou anti « kakarante », avec quelques poèmes récités par un palestinien si possible « combattant » ou par un ouvrier syndiqué pour se faire embaucher illico par tous les théâtres et médiathèques, avec publicité garantie sur les revues municipales, départementales, régionales, et subventions pour compenser le manque de spectateurs.

            • david-vincent
              david-vincent répond à Pierrrrre
              tartempion
              • Posté à 12h10 le 10/04/2011
              • Internaute 152068
                tartempion

              Mais attends mais Py il a été nommé par qui ? non, mais, si si il a été nommé par un ministre de droite... Renaud Donnedieu de Vabres. Non c’est pas possible, c’est pas un responsable de conseil général...il est pas de gauche, à moins que...non... le complot ! Les ministres de la culture sont fagocités par la gauche. Whouaou le truc genre machination ! Les ministres de la culture sont des mecs de gauche, qui parfois se déguisent en mecs de droite. remarque j’aurais dû m’en douter. Mitterand... avec un nom pareil...

            • egide
              egide répond à Pierrrrre
              Littéral
              • Posté à 18h21 le 10/04/2011
              • Internaute 45067
                Littéral

              Vous trouverez nombre de militants pro-palestiniens qui rétorqueront qu’on les censure contrairement à ce que vous affirmez.

              J’ai beau scruter les programmes des régions et des départements et je ne trouve pas beaucoup d’ardeur anticapitaliste dans les spectacles de la saison 2011.

              Je constate que la même politique de réduction des subventions anime dans une émulation qui devrait vous plaire, l’état estampillé ministère de la culture, et les régions et les départements de tous les bords politiques.

              Non, non, vos piailleries anticommunistes qui évoquent le bon temps de la guerre froide pour la gauche qui aurait ainsi fait main basse sur le spectacle vivant et y serait restée accrochée jusqu’à maintenant, sont sans fondement.

              Les chiffres du ministère de la culture sont sans équivoque la moitié des dépenses pour l’emploi des intermittents proviennent d’entreprises du secteur privé de l’audiovisuel.

              L’autre moitié est pourvue par une myriade d’associations très diverses, la plupart échappant à la fameuse mouvance de gauche dont vous vilipendez la main-mise sur le théâtre.

              Ces associations ont vu le jour de plus en plus massivement depuis le début des années 90. Effet d’aubaine probablement et qui ne tient que de l’aspect financier.

              Le grand théâtre municipal affectée à une troupe d’avant-garde qui propose une pièce de théâtre engagé qui décourage les 4 ou 5 spectateurs venus là par hasard le jour de la première est un fantasme de conservateur réactionnaire ou une excuse pitoyable pour désengager une collectivité de toute action culturelle au profit du financement des divertissements.

          • Valdo Lydeker
            Valdo Lydeker répond à egide
            journaliste, auteur
            • Posté à 18h29 le 10/04/2011
            • Journaliste 7922
              journaliste, auteur

            J’étais d’accord avec le début de votre intervention, mais il faudra m’expliquer ce que l’intervention de Jack lang , qu’on peut certes critiquer sur bien des points, a d’« antilibéral » et de « xénophobe »..
            le prix unique du livre, c’est probablement ce qu’il a fait de plus intelligent, ça permet à de nombreuses librairires indépendants d’êtres restées vivants et de pouvoir trouver autre chose que du Marc Lévy dans les centres culturels Leclerc ou autres épicirs du temps de cerveau disponible.
            L’idée du spectacle vivant livré aux multinationales est ridicule. On petu faire beaucoup de reproches aux CDN et Scènes nationales, mais c’est précisément dans le spectacle vivant qu’existent encore des artistes qui ne sont pas inféodés au marchands !
            Quant à François Pineau, comme épicier de luxe de l’art , il n’y a pas mieux, avec ses stratégies pour faire monter la côte des artistes de sa fondation grâce à l’argent public en se débrouillant pour qu’ils soient exposés à Versailles. Alors, comme référence...
            Bref complètement brouillon votre intervention, qui veut cracher sur la culture marchande tout en reprochant à l’État de jouer son rôle pour faire en sorte que précisément, une partie de la culture échappe au secteur marchand !

            • egide
              egide répond à Valdo Lydeker
              Littéral
              • Posté à 20h03 le 10/04/2011
              • Internaute 45067
                Littéral

              Jack Lang est l’un des inventeurs de l’idéologie xénophobe dite de l’exception culturelle française que n’eussent pas reniée les petits clercs énervés de l’Action Française.

              La loi du prix unique du livre est une loi anti-libérale qui a permis aux investisseurs d’obtenir des ROI* énormes et de se débarrasser sur l’état du financement de la création littéraire, ce qu’il s’est empressé de ne pas faire vraiment, et de moins en moins.

              La vente de détail a été entièrement restructurée et de la manière la plus sauvage, des dizaines de millier de points de vente de livre ont été éliminé sans contrepartie au profit des chaine des grands distributeurs.

              De nombreuses librairies ont disparu avant que, devant l’ampleur de la crise, on soutienne par des subventions un commerce qui a de plus en plus de mal a jouer son rôle faute de chalands.

              Les lecteurs sont moins nombreux et moins consommateurs de livre, tandis que, malgré la réglementation sévère des tarifs de vente des livres, la grande distribution lui a raflé le principal de son revenu puisque les grandes enseignes ne vendent que les bestsellers avec des marges garanties par la loi en profitant de meilleures conditions de fourniture que les libraires.

              Cette fable de la loi sur le prix unique du livre qui a sauvé la librairie indépendante est une farce pour faire accepter que des industriels et des financiers se fassent financer par l’état.

              Pour se convaincre de la perversité de l’application de ces lois, il suffit de lire les chiffres des résultats qui démontrent que l’activité de l’édition ne produit pas de la valeur nouvelle, ne parvenant qu’à maintenir, de plus en difficilement les marges, tant et si bien que sans croissance à l’externe, il y aurait baisse globale du CA et des bénéfices. Ainsi que ça été le cas pour Hachette Livre dont les résultats ont baissé de 5 % en 2010. Afin de faire mieux pour 2011 Hachette Livre vient de prendre 25 % des parts dans un de s principaux éditeurs ... russes !

              Je ne sais qui vous a fait comprendre que le théâtre français est tombé entre les mains des 40 du CAC.

              Quoique, à bien y compter, on pourrait trouver qu’ils ont bien investi dans le spectacle, du moins en ce qui concerne l’immobilier parisien.

              Simplement, on doit à Jack Lang l’élargissement du financement par l’Unedic d’une grande part des revenus des techniciens et des artistes du spectacle vivant.

              Les premiers bénéficiaires de cette mesure aberrante ont été les filiales de l’audiovisuel des 40 du CAC dont l’engouement a conduit à surexploiter pour leur compte ce filon inespéré.

              Certes, les gestionnaires de l’Unedic ont réagi, mais ces sociétés d’audiovisuels représentent encore la moitié des emplois d’intermittence du spectacle.

              Le trentième anniversaire de l’arrivée de Jack Lang au ministère de la culture commémore un champ de ruine, la culture française, arts et littérature, a perdu son rayonnement international.

              L’échec n’est pas simplement dramatique, il a pris une tournure tragique puisqu’on assiste maintenant à l’extinction de la créativité, non pas fautes d’artistes et d’écrivains, mais parce que la création n’est plus du tout financée malgré le saupoudrage des subventions, les multiplication des résidences et d’autres soutiens directs à projet dont les critères d’attribution sont ubuesques et qui ne servent guère qu’à soutenir les chaines de valeur malades de la culture.

              Et quand à François Pineau, vous avez manqué le sens de ma remarque le concernant.

              L’art et la littérature à l’estomac, très peu pour moi. Je ne suis pas du tout émotionnel.

              * Return On Investment (retour sur investissement)

              • Valdo Lydeker
                Valdo Lydeker répond à egide
                journaliste, auteur
                • Posté à 21h15 le 10/04/2011
                • Journaliste 7922
                  journaliste, auteur

                D’abord, pour moi, « antilibéral », pour une mesure, c’est un compliment.
                Ensuite, il ne faudrait pas confondre, quand on parle d’immobilier pour le théâtre théâtre public et théâtres privés, ces derniers n’étant pas concernés par les aides de l’État, ou marginalement.
                ensuite, l’élimination des librairies indépendantes au profit des chaînes est un phénomène européen et international. C’est bien pire dans les pays où il n’existe pas de prix unique du livre ! essayez de trouver une librairie indépendante aux Etats-Unis ou en Grande Bretagne..
                Quant au financement par l’Unedic.. faut-il en imputer la responsabilité à Jack Lang, ou au fait que le budget de la culture ait complètement stagné après lui, alors que de nouvelles compagnies et nouveaux artistes apparaissaient ? Ce qu’on peut lui reprocher, c’est la constitution de baronnies (gros centres dramatiques et scènes nationales). Mais quelle était la situation avant lui ? Vous vous souvenez du giscardisme finissant ? Qui peut honnêtement dire qu’à cette époque la création était mieux soutenue ?
                Et d’accord avec vous sur l’extension du périmètre de l’intermittence aux grosses sociétés de l’audiovisuel , qui est scandaleux.
                Après, je trouve le tableau un peu moins noir que vous le dites sur le financement de la création.
                et pas plus que vous, je n’aime l’art de l’esbrouffe d’un Koons, par exemple, que je ne qualifierai même pas d’« à l’estomac ». Pour autant, un art qui n’aurait aucune dimension émotionnelle, ça me laisse sceptique. Mais c’est un long débat, depuis l’apolloniaque contre le dyonisien...

                • egide
                  egide répond à Valdo Lydeker
                  Littéral
                  • Posté à 22h37 le 10/04/2011
                  • Internaute 45067
                    Littéral

                  On ne sait s’il s’agit de naïveté de votre part ou manque d’information, car vous n’argumentez pas vraiment vos affirmations.

                  Vous semblez vous satisfaire du financement de la création. Peut-être ne vous sentez-vous pas de crachez dans la soupe  ?

                  Savez-vous pas ce que coute à l’auteur un projet d’écriture  ?

                  Il n’y a qu’un sens au mot libéral, la possibilité de pourvoir s’activer en toute liberté comprenant la possibilité de vendre son ouvrage.

                  Tout le reste est libertarisme, c’est à dire le non-droit au service du plus puissant.

                  La révolution anglaise, c’est ça, comme la révolution américaine qui fut la mère de toute les révolutions modernes dont la révolution française de 1789  :

                  Pourvoir travailler honnêtement et vendre son ouvrage équitablement.

                  Ce n’est pas le cas des auteurs, cela reste difficile pour les interprètes, les artistes s’en tireraient mieux avec l’existence d’un vrai marché de l’art et non pas ce bazar des DRAC. mais il n’y a pas d’alternatives.

                  Comme les auteurs ne peuvent pas vendre librement les ouvrages, ils ne trouvent plus de quoi les financer.
                  Les éditeurs ont renoncé depuis longtemps à investir dans la création des prototypes que sont les œuvres littéraires nouvelles.

                  On ne peut pas imputer à Jack Lang le financement de l’intermittence par L’Unedic, mais il savait pertinemment ce qu’il faisait en l’étendant à de plus nombreux bénéficiaires.
                  Cela a été, en toute préméditation, une véritable privatisation du spectacle vivant.

                  Car ce qui a été délégué, c’est la possibilité d’offrir des contrats d’intermittence. Ce sont les organismes privés, associations et entreprises éligibles à la capacité d’offrir de tels contrats qu’est dévolue la redistribution des rétributions financées par les assurances interprofessionnelles qui couvrent le risque d’inactivité des salariés.

                  Or les périodes entre les contrats des artistes et des techniciens du spectacle ne sont pas fruit d’un risque mais des épisodes habituels et fréquents de plus ou moins longue durée entre deux projets.

                  Il faut évidemment rémunérer les professionnels du spectacle pour leurs périodes d’inter-contrat mais pas avec l’argent des assurances chômages qui ne couvrent qu’un risque et non pas un état récurrent.

                  Jack Lang aurait dû créer une taxe pour financer les emplois du spectacle vivant et dégager les entreprises et les salariés qui ne sont pas concernés par ce secteur économique (qui tient de plus en plus du divertissement et de la distraction et beaucoup moins de la culture) de l’obligation de financer à leurs dépends et probablement de façon illégale parce que non fiduciaire en mettant en danger leur assurance.

                  Quant à la dimension émotionnelle, le débat est terminé depuis longtemps. Si je veux m’émouvoir, ce qui m’arrive comme tout un chacun, je lis, j’écoute et je regarde des conneries, des bêtises quoi, et dieu sait si les artisans qui les produisent sont des travailleurs consciencieux et acharnés.

                  Grand bien leur fasse s’ils bénéficient des financements pour œuvrer. Je ne suis pas jaloux.

                  Dire que les financements immobiliers ne sont pas aidés, c« est à mourir de rire, je ne connais pas activité plus aidée que celle-là.

                  Le patrimoine est la mission la plus sacrée du ministère de la communication, du divertissement, et, aussi, de la culture.

                  • Valdo Lydeker
                    Valdo Lydeker répond à egide
                    journaliste, auteur
                    • Posté à 17h20 le 11/04/2011
                    • Journaliste 7922
                      journaliste, auteur

                    Vous occultez le fait qu’il y a toute une partie de l’art qui n’est pas « vendable ». Baumol le théorisait déjà dans les années 20 pour le théâtre à Broadway ! Sauf à se produire dans des Zéniths, le spectacle vivant ne peut pas être rentable si l’on paie les répétitions les techniciens et les acteurs normalement. Quant à une organisation du marché qui permettrait aux poètes de vivre de leur plume, ça me laisse sceptique. D’ailleurs,peintres et poètes vivaient-ils mieux avant la création du ministère ?

                    • egide
                      egide répond à Valdo Lydeker
                      Littéral
                      • Posté à 21h27 le 11/04/2011
                      • Internaute 45067
                        Littéral

                      Vous confondez les bénéfices et l’investissement, il y a dans toute activité de prototypage, dont les arts et la littérature une part des œuvres qui ne peuvent générer un ROI* par elles-mêmes.

                      Mais l’influence des créateurs de ces œuvres est telle qu’elle générera une économie très bénéficiaire pour ceux qui auront su exploiter les voies nouvelles défrichées par les artistes d’exception.

                      Il n’y a que des haut-fonctionnaires et des technocrates pour imaginer ces idioties que chaque œuvre doit être rentable et l’artiste doit être misérable sinon il ne crée pas.

                      Il n’est pas besoin de remplir des Zénith pour générer des profits avec le spectacle vivant. Les enregistrements audiovisuels «  live  » des spectacles est un filon qui n’est pas exploité du tout.

                      D’ailleurs les auteurs de pièces de théâtre bénéficient du meilleur rapport tant ils vendent bien leurs texte. C’est un des très rare secteur de l’édition dans lequel les auteurs trouvent leur compte car ils génèrent des droits à chaque représentation. Beaumarchais les a si bien défendu, ces auteurs dramatiques qu’ils s’en sortent plutôt pas mal, aujourd’hui.

                      Vous posez la question  :
                      D’ailleurs,peintres et poètes vivaient-ils mieux avant la création du ministère  ?

                      Et la réponse est oui, ils vivaient beaucoup mieux.

                      La preuve par les chiffres est la meilleure démonstration.

                      Dans les années cinquante Paris était la première place en montant global des ventes avec New-York

                      Aujourd’hui, le volume des ventes place Paris au 4ème rang mondial, très loin derrière Londres, 12 fois moins de vente, avec seulement 24 millions d’euros en 2010.

                      Lire l’excellent article de Lien
                      Lien

                      Quand aux poètes n’en parlons pas, c’était eux qui faisait l’art et la littérature, les surréalistes, ça vous dit quelque chose  ?

                      Après la guerre, ils n’avaient pas à pleurer pour avoir des subventions afin d’organiser des expositions internationales.
                      Ils n’en avaient pas besoin. Mieux, ils les fuyaient  !

                      Vous devriez laisser tomber tous vos présupposés sur la culture française et son économie.

                      La situation est dramatique en terme de création et l’économie est totalement sous la coupe de cartels avec lesquels les industriels et les financiers, lourdement soutenus par l’état, font des marges énormes avec une production d’une rare médiocrité qui s’apparente de plus en plus avec la vision étriquée, nostalgique des académismes, des détenteurs de patrimoines culturels qu’ils exploitent comme des parc d’attraction.
                      Un petit tour à Versailles vous édifiera  !

                      * Return On Invesment retour sur investissement.

                      Pour le reste, informez-vous en détail, soyez critique, mais les données statistiques dont beaucoup proviennent du ministère de la culture sont accablantes.

                      • Valdo Lydeker
                        Valdo Lydeker répond à egide
                        journaliste, auteur
                        • Posté à 00h29 le 13/04/2011
                        • Journaliste 7922
                          journaliste, auteur

                        Vous ne parlez que des auteurs. Pas des metteurs en scène, danseurs, comédiens... Et d’époque où on prenait des risques, on ne nous assénait pas Feydeau et autres boulevardiers en permanence.
                        Quant à l’information, merci,mais c’est mon métier, vous pouvez rembarrer votre condescendance et lire vous-même autre chose que Fumaroli. La loi de Baumol , vous avez entendu parler ?
                        Vous savez dans quel état était le théâtre français au début du XXème siècle, ou même dans les années 50, quand les régions étaient vouées au tournées Karsenty ?
                        Les subventions n’ont pas pour seul objet de financer la création , mais de rendre la culture accessible à tous. Objectif trés imparfaitement atteint, je vous le concède, mais on n’est plus obligé au moins aujourd’hui de se déplacer à Paris pour voir de l’art, du théâtre ou de la danse contemporaine !
                        Votre prose sent le dépit et le déclinisme à la Baverez. Il y a beaucoup à dire sur la politique du ministère, mais les années Lang nous ont valu les Chéreau, Lavaudant, Gallotta, Chopinot, Brook, Marin, Bagouet et j’en passe, dans le spectacle vivant...

                        • egide
                          egide répond à Valdo Lydeker
                          Littéral
                          • Posté à 21h19 le 13/04/2011
                          • Internaute 45067
                            Littéral

                          Je parle des créateurs, auteurs et des artistes qui ne bénéficient d’aucun dispositif de financement comme le régime des intermittents qui subventionnent tous ceux que vous mettez, curieusement, en avant, metteurs en scène, danseurs, comédiens ...

                          La loi de Baumel est tout simplement fausse. Elle sert à justifier un système inepte fondé sur le présupposé de la rareté.
                          En bref, il permet de considérer les activités artistiques et culturelles comme une activité économique en soi qui doit assumer en dehors même de la nature de son fonctionnement, l’absence de subsidiarité pour se financer sur ses seuls gains directs.

                          D’autres activités économiques en dehors de celles de la culture et de l’art ne sont pas suffisamment génératrices de valeur pour se financer sans grever l’ensemble de l’économie.

                          C’est le cas des transports en commun ou bien de l’’éducation que l’on tente de faire passer pour de la formation professionnelle afin d’en faire un marché lucratif.

                          Or, l’activité culturelle et artistique favorise l’attractivité des pôles économiques et contribuent à la notoriété des grandes places de marché. Ces gains indirects qui profite à l’économie marchande, c’est le fondement légitime d’une forme de redistribution qui nomme subsidiarité et qui nécessite l’organisation de ces transferts.

                          Entre le libertarisme néo-libéral qui impose l’obligation à toute activité de se financer par elle-même et le dirigisme planifié qui fonctionnarise ces activités non-marchandes mais qui ont besoin de financement, il existe d’autre voies qui garantissent l’indépendance et la liberté de tous les créateurs.

                          Des activités complémentaires lucratives, des financement par les droits sur les chiffres d’affaire des opérateurs multimédias, par la taxation de l’économie marchande afin de rendre aux auteurs et aux créateurs une part de la richesse qu’ils contribuent à créer.

                          En France, aucune de ces voies n’a pu voir le jour faute, d’une part à l’absence de conscience d’une responsabilité collective des créateurs eux-mêmes, d’autre part à l’organisation oligopolistique des activités de divertissement et de loisir qui ont pris le pas sur la culture et les arts, enfin à cause de la main-mise des collectivités publiques qui tiennent sous leur coupe par la redistribution par subventions et le financement direct d’institutions à vocation culturelle afin d’asservir ces activités à leur communication institutionnelle.

                          Enfin, nous avons assisté depuis la fin de la seconde guerre mondiale, en France, à l’anéantissement de toutes les marchés indépendants qui avaient trait aux arts et à la culture et à la disparition concomitante de tous les métiers annexes qui permettaient aux créateurs de pouvoir financer leurs activités en commercialisant la part qui en était vendable facilement.

                          Alors William Baumol peut offrir des théories soi-disant économiques pour justifier la pénurie du financement et l’absence d’investissement, l’histoire des cent dernières années avec le développement incroyable de la diffusion de la culture et des contenus qui rapporte des sommes considérables dont on refuse par idéologie et par cupidité à reverser la part qui revient au financement de la nouveauté.

                          D’ailleurs William Baumel n’est pas tant à incriminer qui a théorisé une situation typique du XIXe siècle et basée sur une observation d’une activité qui ne trouvait de débouché que dans le spectacle vivant très couteux par nature à cause des prix de l’immobilier hyper-urbain en particulier.

                          Sa théorie ne rendait pas compte du développement de la diffusion de masse grâce aux nouvelles technologies de l’information et qui ont commencé à changer la donne économique de la culture dans le courant des années 20.

                          D’ailleurs sa théorie, très imparfaite, en raison de ses prémices fausses concluent à la nécessité de trouver des financements extérieurs à l’activité du spectacle vivant. La taxation des activités qui profitent de la notoriété de l’activité culturelle doivent participer au financement de la création.

                          Depuis la publication de William Baumel l’industrie du divertissement qui vampirisent les arts et la littérature et les opérateurs qui la diffusent massivement se refusent à financer les prototypes dont dépendent les innovations de leur propre secteur.

                          On constate que ceux là-même qui invoque leurs droits à la propriété intellectuelle sont les premier pillards et les pires, sans foi mais avec l’aide des législateurs corrompus qui les soutiennent, et qui dérobent les droits des auteurs et des créateurs sans les œuvres desquels ils ne seraient rien.

                          Si je connais l’œuvre de Marc Fumaroli, je ne partage pas du tout la vision très réactionnaire d’un conservateur certes éclairé mais qui vante l’activité créatrice comme un privilège de classe.

                          Néanmoins sa critique de l’état culturel est souvent très juste mais au service d’une cause qui m’indiffère, je me fous que les élites sociales se divertissent à créer où se reconvertissent sur le tard dans des activités artistiques.

        • Sowinski
          Sowinski répond à Pierrrrre
          • Posté à 05h17 le 10/04/2011
          • Internaute 45555

          Que voulez-vous, on peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre.

          Comme vous le savez, les gens sérieux, les gens de droite, choisissent préférentiellement des voies sérieuses : le droit, la médecine, la pharmacie, le management, la comptabilité... Je suis sûr que vous vous en félicitez. Je suis sûr aussi que vous seriez le premier à inviter un jeune comme il faut à ne pas se détourner de ces voies.

          Etant donné que le théatre est un boulot à temps plein difficilement cumulable avec une autre carrière, vous voyez où je veux en venir...

        13 autres commentaires
    • david-vincent
      david-vincent répond à Pierrrrre
      tartempion
      • Posté à 12h00 le 10/04/2011
      • Internaute 152068
        tartempion

      Ouais je comprends... ce serait pas facile à avaler qu’un PD catho soit de droite. Ouais c’est vrai. Parce que pour l’avoir écouté j’ai toujours été persuadé qu’il était de droite, limite réactionnaire comme ses textes.

  • egide
    egide
    Littéral
    • Posté à 20h08 le 10/04/2011
    • Internaute 45067
      Littéral

    Alfred Jarry écrivait, il y a plus de cent ans  :

    République Française  : Liberté, Égalité, Fraternité.
    C’est à dire  :
    Liberté pour le plus fort, d’imposer à ses subordonnées ses principes fraternels, égaux et libres.

    Il ajoutait  :
    ... il faut faire sentir sa liberté à quelqu’un, Robinson Crusoé captura son esclave Vendredi.

    Frédéric Mitterrand se paye un double plaisir  :
    Déposer Olivier Py, directeur de théâtre méritant et dont l’opinion est unanime pour louer les mérites des cinq années de sa direction.
    Capturer son Vendredi à lui, Luc Bondy afin de le nommer à la tête de l’Odéon, devenu le théâtre de la République plus que celui de la Nation, les places sont chères à Paris, et l’Odéon voit sa cote monter en flèche au Panthéon des offices distribués.

    Nos grands hommes d’aujourd’hui, ceux désignés à la majorité des suffrages de l’an deux mille et tant ainsi que le craignait Jarry sont incapables de traduire Homére, (on ne le fait plus dans les classes, virés les profs de grec, non remplacés), on n’écoute plus la Belle Hélène sur les pianos des temps présents.

    Il faut dire que le directoire des Trois Sages n’a guère tenu son rôle de garde-fou du président, ainsi Mme de Bouygues Téeffun, Mme de la Fond à Sion Béenepée, et l’homme de métier Vivant du Spectacle n’ont rien pu pour le pis de Py tandis que Bond-y est presque.

    Un ministre de la communication, un conseil d’administration culturel, cela fait tout juste quatre, le nombre qu’il faut pour représenter une armée innombrable sur la scène d’un théâtre. Même Jarry l’a écrit.

    Du mont Odéon, l’Olivier est à vaux, mais on lui promet des traitements radieux, comprenne l’allusion qui pourra, tandis qu’a Bondy au fait de l’Odéon si pentu, et on ne sait à quel prix, il a ce haut fait de fin de carrière.

    Pas si mal lo(te)ti, à la veille de Pâques le poisson, mais Fred n’a jamais ferré le menu fretin sinon qu’en ses lointains voyages ainsi qu’il l’a conté, et par ici, que du gros, foi de pécheur impénitent, carte sur table en sus, puisqu’on l’annonce sans férir.

    La culture française est vraiment exceptionnelle, c’est la politique du coup de théâtre permanent  !

  • domifa
    domifa
    retraitée
    • Posté à 23h50 le 09/04/2011
    • Internaute 109150
      retraitée

    Ne vous inquiétez pas, Mitterand ne va pas tarder à se faire virer comme un malpropre lui aussi.

    Et lui, il n’y aura personne pour le regretter !

  • Lionel Dominique Guérin
    • Posté à 01h35 le 10/04/2011
    • Internaute 5420
      Ecolo

    vivement 2012

  • J_P_M
    J_P_M
    N/A
    • Posté à 09h31 le 10/04/2011
    • Internaute 91451
      N/A

    Py qui déchante !

  • kersablen
    kersablen
    retraité
    • Posté à 09h53 le 10/04/2011
    • Internaute 120772
      retraité

    Dire que miterrand est un pourri est exagéré, il est juste faisandé .

  • sparte
    sparte
    iconoclaste
    • Posté à 11h32 le 10/04/2011
    • Internaute 76139
      iconoclaste

    Olivier Py change de statut ; d’artiste engagé, il passe à dégagé.

    Sans gage, libre de tout engagement,
    Comme quoi, même en république ont peut acquérir des lettres de noblesses et de marques.
    Devenir martyr en 2012, sera propice à servir d’autres maîtres.
    Éternelle et banale histoire de courtisans et de fait du prince.

    Qu’il se rassure ; l’histoire populaire a retenu Molière, pas le nom du frère du roi.

  • miremond
    • Posté à 11h44 le 10/04/2011
    • Internaute 34942

    bon ça continue ! ! Mitterrand ne fait que répercuter des décisions venues d’« en haut » ! !
    il faut bien caser les choix de Carla , comme à La Criée de Marseille

  • Ginette Bouzigue
    Ginette Bouzigue
    concierge dans l'escalier
    • Posté à 13h14 le 10/04/2011
    • Internaute 102660
      concierge dans l'escalier

    Quadragénaire, et non quarantenaire !

  • jordanbes
    jordanbes
    Etudiant Philo-Socio
    • Posté à 13h37 le 10/04/2011
    • Internaute 151414
      Etudiant Philo-Socio

    C’est du grand n’importe quoi, Olivier Py est un génie

  • sarahappy
    • Posté à 14h09 le 10/04/2011
    • Internaute 9117

    ceci confirme son incompétence... sa mépris... et sa stupidité... trait familiale ?

  • aurelienfr
    aurelienfr
    Sarko au cachot subito
    • Posté à 15h07 le 10/04/2011
    • Internaute 48716
      Sarko au cachot subito

    Que ce soit Olivier Py ou Luc Bondy, au juste qu’est-ce que ça va changer pour le commun des mortels ? C’est juste que Mimi veut faire tourner (pas le pétard) mais l’Odéon à d’autres personnes (ou copains).
    L’Odéon sera toujours un théatre cher pour le commun des mortels...alors ?

    Par contre, si l’Odéon avait été dirigé par des écrivains de la trempe de, allez au hasard, Thomas Bernhard ou Bertold Brecht, là, on aurait pu dire que le licenciement du directeur de l’Odéon aurait été politique.
    Mais Olivier Py comme Luc Bondy, ça ne dérange personne...sauf le milieu théatreux-médiatique parisianiste.

    • aurelienfr
      aurelienfr répond à aurelienfr
      Sarko au cachot subito
      • Posté à 15h54 le 10/04/2011
      • Internaute 48716
        Sarko au cachot subito

      En +, j’écris un non-sens car ni Thomas Bernhard ni Bertold Brecht n’auraient accepté d’être nommés par un gouvernement de droite pour diriger un quelconque théatre...
      Bertold Brecht aurait pu écrire Noces chez les petits bourgeois... de l’Elysée.

    • EschylePasMort
      EschylePasMort répond à aurelienfr
      (lectrice)
      • Posté à 16h04 le 10/04/2011
      • Internaute 151736
        (lectrice)

      cher, l’Odéon ? mais c’est une plaisanterie ? ? payer 24 euros une pièce de théâtre au prix fort, quand on paye 150-300 euros un billet pour un concert ou pour un match de foot ? ?
      Bon, je ne rajouterai rien à la logorrhée assez mal renseignée qui précède (par exemple c’est le président qui nomme le directeur des théâtres nationaux, donc c’est Chirac qui a nommé Py, et même, à ce qu’on dit, Bernadette, alors Bernadette ou Carla, kif kif ?).
      Quant au bilan d’Olivier Py, comme d’habitude on confond le metteur en scène / auteur sur lequel chacun peut avoir son avis, et le directeur qui donne l’impulsion, et dont le bilan est irréprochable, tant sur l’ouverture du public, la programmation donnant la part belle aux jeunes compagnies et à des metteurs en scène européens encore peu connus, et le bilan financier, bien au delà des objectifs qui avaient été fixés à l’Odéon. Toutes choses que Thibaudat rappelle fort bien.
      Donc, oui, le débarquement de Py est bien politique, même s’il ne s’est jamais dit de gauche, seulement l’Adagio a déplu en haut lieu, alors qu’Olivier Py devait ensuite faire un allegro etc, consacrés à Chirac puis à Sarkozy.
      Pour ceux que ça intéresse, il y a un groupe qui se constitue sur Facebook, « Pour le maintien d’Olivier Py à la tête de l’Odéon-Théâtre de l’Europe ».

      • aurelienfr
        aurelienfr répond à EschylePasMort
        Sarko au cachot subito
        • Posté à 17h09 le 10/04/2011
        • Internaute 48716
          Sarko au cachot subito

        1) Oui, 32-28€ c’est cher pour une place individuelle de théâtre à l’Odéon ou à Berthier.
        Trop à mes yeux pour une qualité de mise ne scène qui peut être aléatoire et une durée qui n’excède pas 1h20 en général. Ce n’est pas seulement l’Odéon qui est cher, ce sont tous les théâtres de Paris qui le sont.
        Que dire alors d’Idoménée à l’Opéra Garnier pour 170€ (place orchestre) où le spectateur, s’il mesure + de 1,50m, se trouve les genoux recroquevillés sur le siège de devant ?

        Pour moi, qui ai la chance d’habiter Paris et d’emprunter en bibliothèque gratuitement des CD-ROM de textes de théâtre (ex : Camus, Ionesco lisant leurs propres pièces, T. Bernhard...et bien d’autres) je ne vois pas l’intêret à risquer d’aller au théâtre alors que je peux les écouter tranquillement avec mon casque vissé sur mes 2 oreilles.

        2) Si O. Py a bien été nommé par Chirac, pourquoi n’a-t-il pas commencé par faire un allegro consacré à Chirac ?
        Oui, Bernadette et Carla, c’est kif-kif car c’est le pouvoir.
        Je ne me fais aucun souci pour O. Py car je suis sûr qu’un théâtre l’accueillera pour monter ses 2 allegros (allegri ?) restants.

         
        • Taedium vitae
          Taedium vitae répond à aurelienfr
          Citoyen, tant d'Europe que du (...)
          • Posté à 13h24 le 11/04/2011
          • Internaute 52682
            Citoyen, tant d'Europe que du (...)

          « (les) écouter tranquillement avec mon casque vissé sur mes 2 oreilles ».
          Je suis entièrement d’accord avec vous sur le plaisir qu’on peut y prendre, mais c’est plus du théâtre.
          Une pièce de théâtre n’est pas faite pour être lue, ou même simplement entendue, mais bien pour être vue (et entendue aussi, cela va de soi), avec des acteurs qui jouent, une mise en scène (qui fait qu’à partir du même texte, on refait la pièce, on change le regard du spectateur, on recrée à chaque fois), des décors qui, lorsqu’ils sont conçus avec talent, sont partie prenante de la pièce, et aussi avec le public.
          Une pièce n’est pas un roman, ... c’est une pièce.

        1 autres commentaires
  • LEPINE
    LEPINE
    Critique dramatique
    • Posté à 20h00 le 10/04/2011
    • Internaute 85658
      Critique dramatique

    Frédéric Mitterrand a un illustre prédécesseur en la matière. Se souviens-t-on des aillagonneries qui en 2003 aboutirent à l’annulation pure et simple du Festival d’Avignon, chose qu’on n’avait jamais vue même en 1968 ? ... Une manière de record en quelque sorte. Dans notre République croulante, encore une fois bel et bien le fait du Prince ! ...

  • SébastienCamus
    • Posté à 11h07 le 11/04/2011
    • Internaute 3184

    Y a-t-il un courrier collectif ou une pétition à signer pour faire savoir au ministre ce qu’on pense ?
    Quelques remarques :
    Si FM conclut du « remarquable travail accompli » par Olivier Py à la nécessité de le lourder, il faut peut-être en conclure qu’il préférerait que ce soit mauvais.
    Le premier spectacle présenté par Luc Bondy à l’Odéon s’intitulera « Prestissimo molto agitato (Sarkozy, l’exhibition et la vie éternelle) ».
    Carla Bruni sera à l’affiche pour quelques spectacles.
    Si Sarkozy n’est pas réélu, il pourrait lui aussi brûler les planches de l’Odéon.

  • jma14
    • Posté à 10h59 le 11/04/2011
    • Internaute 31729

    On s’embête pas à Paris dans le cercle des intellectuels ! ! ! ! !

    A vomir, leur petit problème d’occidentaux.

    • Taedium vitae
      Taedium vitae répond à jma14
      Citoyen, tant d'Europe que du (...)
      • Posté à 13h28 le 11/04/2011
      • Internaute 52682
        Citoyen, tant d'Europe que du (...)

      Et bien retournez voir le Carré VIIIP le Bigdil ou la StarAc, c’est pour vous qu’ils sont faits .

    • Taedium vitae
      Taedium vitae répond à jma14
      Citoyen, tant d'Europe que du (...)
      • Posté à 13h43 le 11/04/2011
      • Internaute 52682
        Citoyen, tant d'Europe que du (...)

      Et quant au (fumeux) concept « d’intellectuels occidentaux » (vous avez oublié « bobo »), ils est très restrictif, il y a des intellectuels dans le monde entier, en Orient, proche ou lointain , en Afrique, noire ou Maghreb, en Océanie. Il y a foule d’auteurs et d’intellectuels arabes, perses, indien, chinois, japonais, russes, chiliens, mexicains, cubains, africains, et tant d’autres encore, voulez vous des noms ?
      Et « intellectuel », c’est quoi pour vous ?
      Pour moi, c’est s’intéresser au monde, aux autres, à tous ceux qui ont quelque chose à dire et qui le disent avec talent, plutôt que de se contenter de la soupe fournie quotidiennement par TF1, M6 et consorts et dont le seul but, avoué qui plus est, est de vendre « du temps de cerveau disponible » aux annonceurs de publicité
      C’est prendre plaisir à être curieux, curieux du monde, curieux des autres, curieux de soi aussi.
      Et, non, la curiosité n’est pas un vilain défaut

      • jma14
        jma14 répond à Taedium vitae
        • Posté à 15h10 le 11/04/2011
        • Internaute 31729

        On va dire que j’ai la même définition que Régis Debray.
        Vous devriez lire « Entretien d’un été », il en donne une définition et en fait une analyse à gouter sans modération.

        Quant aux intellectuels des autres continents, il seront toujours meilleurs que chez nous, avec leurs petites pensées étriquées, d’occidentaux (je généralise bien sur, il y a en chaque chose des exceptions, fort heureusement).

        Concernant la télé, cela fait depuis belle lurette que je me suis désintoxiqué. Pour la maxime de patrick le lay, je l’ai longuement médité et j’en ai entre autre conclu qu’on pouvait l’appliquer aux cons (je ne parle pas de vous bien, je ne vous connais pas). Cette maxime bien que horrible au prim abord est pleine de vérité.

        Quant à l’ouverture d’esprit, j’ai beaucoup voyagé, je suis marié à une étrangère et je vais bientôt vivre ailleurs qu’en France, on a su plutôt cultiver la médiocrité de pensée ces dernières années.
        Il m’est de plus en plus difficile de vivre dans un pays en particulier et une civilisation en générale, en déclin.

        Compte tenu de votre surnom sur rue89, je vous conseillerai de faire la même chose.

  • tessnel
    tessnel
    parce que fraise des bois
    • Posté à 12h21 le 11/04/2011
    • Internaute 102897
      parce que fraise des bois

    Le « mythe errant » est apatride...

  • DeSuisse-
    DeSuisse-
    Je pense donc je gêne !
    • Posté à 13h19 le 11/04/2011
    • Internaute 101756
      Je pense donc je gêne !

    La France invente le contrat de travail à durée déterminée à vie....

    La France invente le fait d’être ’viré’ au terme de son contrat de travail....

    Le monde du travail est tombé sur la tête, me semble-t-il...

    La seule chose répréhensible dans cette non-reconduction annoncée bien à l’avance d’un contrat de travail, c’est que cela sorte dans les médias avant que cela soit annoncé à l’employé...

    • antivol oiseau
      antivol oiseau répond à DeSuisse-
      fustigeur de commentaires cons
      • Posté à 17h49 le 11/04/2011
      • Internaute 130084
        fustigeur de commentaires cons

      En même tant quand on est un employé de la trempe d’Olivier Py, figure publique qui adore l’être et issue d’un milieu qui passe son temps à se comparer les nombrils y’a pas mort d’homme. Parce qu’en plus personne ne l’a informé avant l’employeur de son débarquement et qu’on lui a promis une autre gâche. En plus il a toute latitude d’aller pointer dans pas mal d’autres usines à gaz. dingue de voir autant de mémoires courtes à propos de ce non fait divers. Y’en a plein qui s’indignaient au moment de la nomination du Py et ce sont les mêmes qui viennent chouigner aujourd’hui. racisme anti vieux ? racisme anti suisse allemand ? va savoir, Charles ! Sarko semble avoir bien réussi à pourrir des lottes bien au delà : dans les cerveaux de temps disponibles des cul-cultureux gauchisants mais bien planqués derrière leurs privilèges. Ici, seul le commentaire de aurelien.fr m’a paru judicieux. Le reste, bof : querelles de vieilles chapelles croulantes, bien plus vieilles que messir Bondy qui doit bien se marrer quand même.On a les traîtres qu’on mérite ! et au jeu Miterrand-Py, c’est match nul.

  • Hulk
    Hulk
    Gros con de droite
    • Posté à 22h04 le 11/04/2011
    • Internaute 108405
      Gros con de droite

    Que c’est long, que c’est lent cette purge des gauchistes qui infestent partout les milieux culturels. À ce rythme, il va falloir cinq quinquennats pour arriver à une situation assainie...

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