Theatre et Balagan

Chronique ambulante d'un amoureux du théâtre, d'un amateur de l'Est et plus si affinités.

Voyage dans les archives de l’intelligentsia entre France et Russie

J.-P. Thibaudat
chroniqueur
Publié le 25/12/2012 à 14h28

En 1935 Romain Rolland et son épouse Maria Koudacheva reçus par Staline et le directeur de la VOKS, organisme voué aux échanges culturels avec l’étranger (RGAKFD)

Tout l’intérêt – et il est grand – de l’exposition « Intelligentsia entre France et Russie » à l’Ecole nationale des Beaux-Arts, réside dans son sous-titre : « Archives inédites du XXe siècle. » Confronté à ces documents, le visiteur peut mieux mesurer le poids du passé.

Lettres manuscrites, feuilles dactylographies, photos inconnues, articles de journaux oubliés : tout est là, palpable, dans l’exposition (un peu trop sommaire) et mieux encore dans l’épais catalogue qui l’accompagne, particulièrement riche et bien conçu.

L’entretien de Romain Rolland avec Staline


André Gide avec de jeunes pionniers russes à la gare de Bielorussie à Moscouen juin 1936 (RGAKFD)

C’est une histoire qui s’écrit en huit chapitres. Depuis 1917 (tout le pouvoir aux bolchéviks) jusqu’en 1991 (fin de l’URSS).

Il y a ceux qui viennent vivre en France, les exilés russes (plusieurs générations, plusieurs vagues, des Russes blancs aux dissidents).

Et les Français qui vont là-bas, parfois y restent ou y reviennent, les uns conquis, les autres dubitatifs, les derniers disant tout, aveuglément, et plus tard son contraire (tel Pierre Daix).

On se souvient de Gide faisant retour sur son voyage en URSS et passant, auprès des autorités soviétiques, de l’adoration à l’exécration.

Les expertes Véronique Jobert et Lorraine de Meaux, qui pilotent l’ensemble, ont réuni d’autres spécialistes telles Cécile Vaissié (plusieurs livres sur la dissidence) ou Sophie Coeuré (qui a publié cette année « Cousu de fil rouge, voyages des intellectuels français en Union soviétique », avec Rachel Mazuy, éditions du CNRS).

L’un d’entre eux, Boris Frezinski, pilote seul le spectaculaire chapitre « Staline et les écrivains français ». C’est là que l’on lit un morceau de choix, sur une vingtaine de pages reproduites en fac-similé : l’intégralité de la transcription en français de l’entretien de Romain Rolland avec Staline le 28 juin 1935, document qui devait rester inédit.

Vers la fin de la rencontre, l’écrivain français plaide la cause de l’écrivain francophone Victor Serge, alors emprisonné. Staline prétend ne pas le connaitre, ce qui ne l’empêche pas, quelques lignes plus loin, de le traiter de « trompeur », d’« homme malhonnête ».

Usant d’un chaud et froid très soviétique, il tient à rassurer Rolland : Serge « demeure actuellement librement à Orenbourg », dit-il (traduisez : il croupit en prison). L’écrivain français a entendu parler de cette ville comme d’un « désert ». Il n’insiste pas.

On mesure mal aujourd’hui la popularité de Romain Rolland en son temps. En France et plus encore en Russie, où l’on visite une maison qu’il a habité, devenue musée.

Eluard à la maison des écrivains de Moscou


Portrait de Staline par Picasso (DR)

Un peu plus loin sont exposées les pages d’un livre d’Anatole France traduit en russe avec, en marge, les commentaires de Staline au crayon bleu ou rouge. Etonnant.

Le catalogue revient longuement sur l’affaire du portrait de Staline par Picasso, publié par Aragon dans Les Lettres Françaises au lendemain de la mort du soi-disant « petit père des peuples ». L’œuvre scandalisa direction et militants du Parti communiste français (PCF).

Une photo qui en dit beaucoup montre le poète Paul Eluard – auteur d’un poème à la gloire de Staline qui fait tache dans son œuvre.

On le voit debout, flanqué de son interprète, parler entre deux chandeliers ouvragés à une assemblée d’écrivains, pour la plupart âgés et replets, à l’occasion du 150e anniversaire de la naissance de Victor Hugo en 1952.

On reconnait derrière lui l’escalier en bois de la Maison des écrivains, lieu mythique. La pièce où est prise la photo est devenue un restaurant de luxe.

Autres délectations, ces photos où se détache le profil acéré de Roger Vailland, ce courrier diplomatique de l’ambassadeur de France Maurice Dejean racontant et commentant en janvier 1963 la visite de Jean-Paul Sartre à Moscou.

Le manuscrit du « Docteur Jivago »

Les écrivains français qui viennent en URSS sont triés sur le volet, et rien ne se fait sans l’aval de Moscou. Il y a les « camarades » – des gens sûrs, fiables et contrôlables –, les sympathisants et les autres. D’Henri Barbusse le fidèle à André Malraux l’électron libre, le spectre est assez large.

Jacqueline de Royat raconte comment, jeune slaviste étudiant à Moscou (envoyée par le professeur André Mazon dont il est beaucoup question dans l’ouvrage), elle se retrouva devant Boris Pasternak, qui lui confia le manuscrit du « Docteur Jivago ». Elle le fit passer en France.

A la fin de son séjour linguistique, elle retourne dans l’Hexagone. Faute de pouvoir obtenir un visa, elle ne put revenir en Russie que vingt-deux ans plus tard. et ne revit jamais Pasternak.

La demande de naturalisation de Nathalie Tcherniak, future Sarraute, sera refusée


la lettre au ministre de Nathalie Tcherniak (Sarraute) en 1924 (archives nationales)

En France, ce sont les demandes de naturalisation des Russes émigrés qui sont regardées avec prudence, et prennent beaucoup de temps.

Fac-similé d’une feuille à en tête de la préfecture de police, service des étrangers. Le préfet considère une demande de naturalisation le 6 décembre 1924 :

« Melle TCHERNIAK, Nathalie, né le 18 juillet 1900 à Ivanovo-Veznessensk (Russie), en instance de naturalisation, est étudiante à la faculté de droit… »

Le préfet conclura à un ajournement du dossier, Nathalie future Sarraute devra attendre. Le préfet n’a pas été sensible à la signature appliquée et maladroite qui figure au bas de sa demande envoyée à « Monsieur le ministre ».

Il ne savait pas ce que nous savons, il n’a pas lu « L’ère du soupçon » que Nathalie Sarraute écrira en français.

Le premier Congrès de l’union des écrivains soviétiques se tient en 1934

Dans ses écrits en prose ou en vers, Marina Tsvetaieva parle souvent de ses difficultés financières lors de son long séjour en France. Et ici, cette misère est palpable à travers les demandes écrites, les mots de remerciements, les reçus.

Ces documents, comme beaucoup d’autres, proviennent du riche fonds de la bibliothèque de documentation internationale contempioraine (BDIC).


Clara et André Malraux à Moscou en 1934 au moment du premier Congrès des écrivains soviétiques (RDAKFD B. Koudoïarov)

Plusieurs entrées du catalogue évoquent le fameux premier Congrès de l’union des écrivains soviétiques. Organisée en 1934, à Moscou, cette assemblée mériterait à elle seule qu’on lui consacre un ouvrage.

On voit une photo du jeune Aragon à la tribune et cette autre photo, rare, de Clara et André Malraux prise lors de leur séjour par le photographe Koudoïarov. Des photos (re)trouvées dans des fonds d’archives russes.

Les exclus de la cellule 622

Allez, un dernier exemple de ces riches relations entre soviets et intellectuels françaises. Plusieurs documents évoquent les exclusions de Robert Antelme, Marguerite Duras et Dionys Mascolo de la cellule 622 du PCF. Une décision qui date de 1952 et témoigne, selon la formule de Lorraine de Meaux, de « la soviétisation de la vie intellectuelle française ».

Autrement dit, on voit comment le PCF utilisait les mêmes méthodes que le grand frère soviétique quand des militants avaient l’idée saugrenue de critiquer la ligne du parti.

Cela partait souvent d’une lettre de dénonciation ou de propos rapportés en haut-lieu. Les exemples abondent. Le catalogue exhume des archives de la BDIC une note de 1939, signée André Marty, qui occupe un poste élevé dans le Kominterm. L’homme politique y règle son compte à Paul Nizan, « intellectuel complètement détaché des masses », « très prétentieux ». Document complété par une lettre anonyme assassine faisant un portrait au vitriol du même Nizan et retrouvé au RGASPI, un des grands fonds d’archives russes en la matière.

Dans le cas de la cellule 622, c’est Jorge Semprun qui aurait rapporté des propos de son ami Antelme. Semprun parlera de « maladresse », Antelme de « mouchardage ». Tout cela a été raconté dans « Procès stalinien à Saint-Germain-des-Prés » par Gérard Streiff (éditions Sylepse), reconstitué à partir des archives du PCF.

C’est de là que proviennent ici les fac-similés des lettres qu’Antelme, Duras et Mascolo écrivent après une exclusion prononcée par leurs camarades, mais pas à l’unanimité, les jeunes adhérents refusant de participer au vote, comme l’observe Duras. La conclusion de cette dernière donne le ton des deux autres :

« Je reste profondément communiste, je ne vois pas comment je pourrais être autrement désormais. Ai-je besoin de dire dans ces conditions que non seulement je ne m’associerai jamais à rien qui puisse nuire au Parti, mais que je continuerai à l’aider dans la mesure de mes moyens. »

La lettre adressée aux « camarades » est daté du 26 mars 1950. C’était avant la mort de Staline, le XXe Congrès du PCUS, la Hongrie de 1956, le printemps de Prague, « L’Archipel du Goulag »… Mais après le procès de David Rousset, largement évoqué dans le catalogue, et les témoins qui furent appelés à la barre dirent des vérités alors difficiles à entendre.

Les lettres de Maurice Blanchot au poète russe Vadim Kozovoï ont été publiées (chez Manucius) il y a quelques années. L’exposition montre le fac-similé de l’un de ces courriers. Kozovoï, au goulag, commença à traduire en russe Paul Valéry, Lautréamont et Rimbaud. Il mourra à Paris juste avant la fin du siècle, alors qu’il traduisait « Les Illuminations ».

Infos pratiques
Intelligentsia entre Russie et France, archives inédites du XXe siècle
Sous la direction de Véronique Jobert et Lorraine de Meaux
  • Exposition à l'Ecole nationale supérieure des beaux-arts – 13, quai Malaquais, Paris VIe – jusqu'au 11 janvier – 13h-19h du mar. au dim. sf jours fériés – entrée libre.
  • Catalogue paru aux éditions Beaux-Arts de Paris/Institut Français – 536 pages – 500 illustrations – 49€

 

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  • Listéria
    Listéria
    particulier
    • Posté à 14h58 le 25/12/2012
    • 180828
      particulier

    « La litterature est la promesse de votre émancipation »

    Affiche de propagande féministe de l’ère stalinienne.

    Intéressant article, mais qui omet l’autre volet de la question : l’engouement et la promotion de l’artiste - et plus spécifiquement de l’écrivain - chez les communistes en général, et notamment dans la Russie soviétique (même chez Staline qui s’essaya aussi à la poésie, mais ne prétendit jamais être un poète).

    Sans cet arrière plan fondamental, on ne comprend pas très bien pourquoi les écrivains français ont pu être tellement attirés par ce régime.

    • Makach
      Makach répond à Listéria
      Walou
      • Posté à 17h39 le 25/12/2012
      • Internaute 65727
        Walou

      Ne pas oublier non plus l’autre grande destination, avant guerre, des voyages (organisés) d’écrivains : Berlin…

      Et puis cette anecdote, qui se raconte toujours dans la Maison, les Allemands prenant Paris se répétaient à l’envi : « Qui tient Gallimard, tient Paris ».

      C’était un peu le monde d’avant la télévision de masse et la communication à l’émotion, quoi.
      Lorsque l’opinion « qui compte » se faisait entre bourgeois lecteurs (pas forcément lettrés…).

  • KASAP12
    KASAP12
    sdf
    • Posté à 17h23 le 25/12/2012
    • Internaute 196380
      sdf

    Picasso était tellement ému à la mort de staline qu’il en a fait un portrait presqu’ aussi beau qu’un Bernard Buffet

  • Rienzi
    Rienzi
    Bien pensant hystétique
    • Posté à 21h25 le 25/12/2012
    • Internaute 195966
      Bien pensant hystétique

    Et oui...

    Pendant qu’on nous beurre la raie du matin jusqu’au soir avec la collaboration nébuleuse des Celine / Drieu la Rochelle / Brasillach & compagnie, les Eluard / Aragon / Rolland baignent dans l’humanisme...

    Merci de contribuer à rétablie ( un peu ) la balance.

    • jyeden
      jyeden répond à Rienzi
      khmer vert ( age des caverne, (...)
      • Posté à 07h01 le 26/12/2012
      • Internaute 20631
        khmer vert ( age des caverne, (...)

      mais Céline aussi a été en URSS, il en parle dans « bagatelles »

    • LaoJinHu
      LaoJinHu répond à Rienzi
      non-conventionné par la (...)
      • Posté à 09h49 le 26/12/2012
      • Internaute 161554
        non-conventionné par la (...)

      C’est aimable de nous parler le matin de ce qui sert aux autres à autre chose que parler.
      C’est parce qu’une cause peut séduire que le pouvoir a toujours recherché la caution des génies et des saltimbanques, mais ça ne confère ni à l’un ni aux autres pas une once de plus-value.

  • Vieux taxi
    Vieux taxi
    retraité
    • Posté à 09h19 le 26/12/2012
    • Internaute 54218
      retraité

    Passionnante exposition et bon article.... Pas grand chose à rajouter sinon que les hommes et les femmes qui nous ont asséné de la réalité et de la vérité toutes faites étaient encore largement aux commandes de nos institutions universitaires et culturelles dans les années 80.... Le combat ayant cessé faute de combattants, restent de bien mauvaises habitudes, un goût immodéré pour les idées en boîte et un dégoût institutionnel pour la sensualité et l’empirisme.... Il a été facile de remplacer les staliniens morts par des néolibéraux actifs. Vents d’est, vents d’ouest....

  • çavapasser
    çavapasser
    toubib
    • Posté à 11h53 le 26/12/2012
    • Internaute 162231
      toubib

    je réve d’un article (P Haski ?) sur les intellectuels de gauche et MAO !
    Ahhh comme c’était beau et bien la Révolution Culturelle vue de Paris rive gauche ! A mort les enseignants, les universitaires, les propriètaires !
    Ahhh vive la Pensée de Mao ! vive Le Petit Livre Rouge !
    Ahhh « la religion est l’opium du peuple » Bravo aux masses laborieuses Chinoises qui nous débarrassent des moines tibétains ! A mort l’obscurantisme !
    Les mêmes qui criaient à mort pour les ennemis du Peuple sont souvent des patrons de presse (de gauche c’est vrai !)

    • LaoJinHu
      LaoJinHu répond à çavapasser
      non-conventionné par la (...)
      • Posté à 12h09 le 26/12/2012
      • Internaute 161554
        non-conventionné par la (...)

      En général, on rêve très au dessus de ses moyens et on est toujours déçu ... Et il n’est pas impossible qu’Haski renonce un de ces jours à publier des papiers sur des sujets aussi éculés.

    • Petr Yacub Czwynglsstaijn
      Petr Yacub Czwynglsstaijn répond à çavapasser
      Comité de défense du homard
      • Posté à 14h11 le 26/12/2012
      • Internaute 195787
        Comité de défense du homard

      Oh oui ! ! !
      Un article sur ces intellectuels de la Gauche Prolétarienne, comme Glucksmann et Sollers, qui sont passés d’un soutien inconditionnel à Mao et Pol Pot à un soutien inconditionnel à Sarkozy. Qu’on rigole.

    • Makach
      Makach répond à çavapasser
      Walou
      • Posté à 16h26 le 26/12/2012
      • Internaute 65727
        Walou

      @ Petr Yacub Czwynglsstaijn

      Rectification : si Sollers a bien été Mao (pour emm… les stals, se justifie-t-il aujourd’hui), son grand homme, maintenant, c’est Jean-Paul II.
      En 2007, il — Sollers, pas J-P II — écrivait : « La France était moisie, elle méritait Sarkozy ».

      Pour rappel, son excellente tribune « La France moisie », de 1999 quand même, est là :
      Lien
      ça se relisait avec délectation pendant le précédent quinquennat.
      Reste à voir si son actualité va perdurer, et le traitement des Roms par Valls le laisse penser.

      (Quant à Gluksmann, en revanche, celui-là a complètement sombré corps et biens dans l’atlantisme, oui. Ouachinguetonne, la Nouvelle Moscou… On aime tant les « villes fortes », en France…)

      • Petr Yacub Czwynglsstaijn
        Petr Yacub Czwynglsstaijn répond à Makach
        Comité de défense du homard
        • Posté à 18h29 le 26/12/2012
        • Internaute 195787
          Comité de défense du homard

        Sollers maoiste pour emm... les stals ! ! !
        Voilà une justification qu’elle est bonne. C’est qui le quatrième en partant de la gauche ?

         
        • Makach
          • Posté à 19h13 le 26/12/2012
          • Internaute 65727
            Walou

          Ça, faut connaître un peu l’histoire des idées pour saisir la nuance.

          Sinon, c’est tout comme ne pas être capable de faire une différence entre Céline et Brazillach.

        • çavapasser
          • Posté à 19h33 le 26/12/2012
          • Internaute 162231
            toubib

          sais-tu si on peut et comment on insere une photo perso ?
          j’ai une photo perso prise en 1966 aux débuts (gentillets) de la Revolution culturelle
          merci

          • Petr Yacub Czwynglsstaijn
            Petr Yacub Czwynglsstaijn répond à çavapasser
            Comité de défense du homard
            • Posté à 19h59 le 26/12/2012
            • Internaute 195787
              Comité de défense du homard

            Cliquer sur ’ajouter une image’ (en haut à gauche du commentaire), puis faire ’parcourir’ jusqu’à votre photo (1966, j’espère qu’elle est scannée) et faire ajouter.
            C’est tout.

        3 autres commentaires
    • Pierre Haski
      Pierre Haski répond à çavapasser
      Cofondateur Rue89
      • Posté à 22h58 le 26/12/2012
        éditeur
      • Journaliste 9
        Cofondateur

      J’ai devancé vos desirs, à l’occasion de la parution du journal de Roland Barthes :

      Lien

      Mais il y a encore fort à faire, c’est vrai...

  • Petr Yacub Czwynglsstaijn
    Petr Yacub Czwynglsstaijn
    Comité de défense du homard
    • Posté à 22h26 le 26/12/2012
    • Internaute 195787
      Comité de défense du homard

    Critique gentillette sur une exposition gentillette... En gros, on découvre l’eau tiède avec vingt ans de retard : je renvoie à la lecture de « Un passé imparfait, les intellectuels en France 1944 -1956 » (Tony Judt, Fayard 1992).
    Tony Judt même pas cité, mais c’est normal. La critique venant des États-Unis, elle est donc irrecevable car - et c’est bien connu en France - les Américains sont tous des abrutis nourris dès leur plus jeune age à la Bible sponsorisée par Coca et Mc Do.

    Et puis, c’est difficile de parler de ceux (les plus précieux) qui sont restés en dehors du Parti. Ceux qui apportaient aux staliniens une certaine crédibilité intellectuelle par leur appui et leur statut indépendants de penseurs, ce contingent d’intellectuels chargé, non de défendre, mais d’expliquer les œuvres du stalinisme au nom du sens de l’Histoire.
    Mais là, il aurait fallu déboulonner les statues des dieux que sont Mounier, Merleau-Ponty, Beauvoir et surtout Sartre.
    C’est une autre histoire...

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