Le bazar des entreprises

Un blog de l'économiste Gilles Le Blanc, professeur à Mines ParisTech. Il décrypte la stratégie des entreprises, l'état de la concurrence, la (non) politique industrielle.

Fukushima, trois mois après : un tournant historique

Gilles Le Blanc
Economiste
Publié le 22/06/2011 à 18h44

Emportés par le feu roulant de l’actualité, nous avons souvent du mal à mesurer la portée des événements auxquels nous assistons : mais les trois mois qui viennent de s’écouler marqueront assurément un tournant de l’histoire du nucléaire.

Fukushima : des réactions en chaîne

Jusqu’ici le nucléaire était un sujet très fermé, seulement rythmé par les protestations spectaculaires des manifestants antinucléaires. Mais soudain, une catastrophe majeure survient au Japon, l’on en découvre progressivement la gravité et l’ampleur des conséquences sur l’environnement.

En quelques semaines, les événements se succèdent : des choix politiques de sortie du nucléaire en Allemagne, Suisse et Italie, la décision de mener en Europe des « stress tests » pour analyser la sûreté des installations existantes, l’ouverture d’un débat enfin argumenté sur les enjeux du nucléaire en France, malgré la confirmation par le gouvernement et le président du choix prioritaire du nucléaire.

Derniers actes de cette séquence sans précédent : l’éviction, la semaine passée, d’Anne Lauvergeon de la tête d’Areva, le champion français du nucléaire qu’elle avait présidé depuis sa création il y a dix ans, et la volonté affirmée hier par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) de jouer un véritable rôle de gendarme international en vérifiant systématiquement et régulièrement la sûreté de toutes les centrales nucléaires.

Des changements économiques à venir

S’il est impossible d’écrire avec certitude les scénarios, on peut cependant affirmer une chose : le nucléaire ne sera jamais plus comme avant. Fukushima sera en ce sens radicalement différent de Tchernobyl, dont le retentissement avait été facilement absorbé par les promoteurs du nucléaire qui ont argué de la fermeture du pays, de technologies obsolètes, de l’absence de structures démocratiques.

Difficile d’adopter la même posture, même si certains s’y sont risqués, avec le Japon, l’une des toutes premières puissances industrielles et technologiques. En outre, le contexte a profondément évolué avec la politique mondiale de lutte contre le changement climatique ainsi que l’effort technologique et d’investissement général dans les énergies renouvelables.

Si l’absence relative d’émission de gaz à effet de serre a pu jouer un temps en faveur du nucléaire, l’existence aujourd’hui d’alternatives crédibles déjà déployées dessine un paysage très différent du débat post-catastrophe.

Tout cela se traduit très concrètement par des changements radicaux qui marqueront durablement les politiques à venir dans le nucléaire dans trois principaux domaines :

  • le marché et l’économie de l’électricité nucléaire,
  • les acteurs du contrôle de la sécurité,
  • le besoin pressent d’une filière du démantèlement.

L’expansion du parc nucléaire très ralenti

Le marché du nucléaire se compose aujourd’hui de deux activités différentes : la construction de nouvelles centrales et les services aux réacteurs en service (fourniture en combustible, retraitement des déchets, maintenance et modernisation des installations).

Encore évalué il y a peu à 250 réacteurs sur 20 ans, le premier débouché sera durablement réduit dans le monde d’après-Fukushima. Outre les annulations de projets déjà décidées, comme les quatre réacteurs (EPR) italiens ou les deux réacteurs prévus au Texas de l’électricien américain NRG, les exigences de sécurité accrues qui sortiront de l’analyse de la catastrophe japonaise se traduiront par une augmentation du coût des centrales. Augmentation qui risque de dissuader certains acheteurs potentiels, voire de remettre en cause la supériorité de coût absolue du nucléaire électrique sur les énergies renouvelables.

Fin mars, l’Agence internationale de l’énergie a ainsi divisé par deux son hypothèse d’expansion du parc nucléaire mondial d’ici à 2035. Le marché des services en combustibles et en retraitement va également se réduire logiquement, avec l’arrêt progressif des centrales des pays ayant décidé de sortir du nucléaire, comme l’Allemagne, ainsi que la fermeture prévisible des réacteurs les plus anciens.

Leur durée de vie ne pourra plus désormais être prolongée à 40, 50 voire 60 ans comme beaucoup de producteurs l’envisageaient, résultat : les débouchés vont décroître, selon une vitesse qui dépendra des décisions politiques. En tout état de cause, le nucléaire ne peut être considéré comme un marché en croissance.

Mieux contrôler le secteur du nucléaire

Deuxième conséquence majeure de Fukushima : la pression nouvelle pour une dimension internationale de contrôle du nucléaire. Prenant appui sur les évaluations nationales décidées, l’AIEA a affirmé la nécessité de les prolonger par des tests d’experts internationaux de l’agence.

Sans modification du traité fondateur qui serait le plus sûr moyen d’empêcher toute évolution, l’agence a présenté un plan en ce sens incluant un accord rapide sur des critères de sécurité renforcés, des visites sans préavis de centrales, un investissement dans l’expertise et les moyens techniques permettant en cas de crise.

Semblable proposition aurait été tout simplement impensable hier encore, tant le nucléaire était considéré comme une chasse gardée des Etats, jalousement protégée de tout regard extérieur. Mais après Fukushima, il apparaît clairement que l’argument « ça ne peut pas arriver chez nous » ne suffira plus. Seul le croisement des expertises et des approches au niveau international peut rétablir un minimum de confiance dans les bilans de sécurité présentés des installations.

Même si cela prendra sans doute du temps, comme en témoigne le refus de la France et du Royaume-Uni d’inclure dans les stress tests européens des scénarios de sabotage ou de terrorisme, un mouvement qui marque la fin de l’exclusivité sans partage des Etats sur leurs questions nucléaires s’est enclenché.

Que faire des centrales obsolètes ?

Enfin, le troisième enseignement de Fukushima et des débats qui ont suivi est qu’il est urgent de réfléchir à une filière du démantèlement des centrales nucléaires. Cette question a sans cesse été reportée à plus tard, avec le pari renouvelé d’un allongement de la durée de vie des réacteurs.

Aujourd’hui, la donne a clairement changé : des pays vont au cours de la prochaine décennie fermer toutes leurs centrales et d’autres leurs plus anciennes. Donc quels que soient les choix politiques de poursuite ou de sortie du nucléaire, la question du démantèlement va se poser avec une ampleur et une chronologie inattendues.

La radioactivité ne s’arrête pas suite à une décision politique : on ne va pas conserver dans la nature ces réacteurs en cadeau aux futures générations ! Cela pose des questions de coût décisives, mais qu’on ne traitera pas ici car elles mériteraient un article à elles seules. Le point qu’il faut souligner, c’est qu’on ne sait pas aujourd’hui comment démanteler une installation de façon optimale sur les plans économique et environnemental.

Pour limiter les coûts, tout en assurant la sécurité maximum des personnels impliqués et évitant tout risque de pollution, il va falloir :

  • faire un grand effort de recherche et développement,
  • tester et mettre au point de nouvelles technologies,
  • valider grandeur nature les procédures et schémas de chantier,
  • former les personnels.

Les divergences franco-allemandes

Il s’agit à l’évidence d’un gigantesque marché – plus de 100 réacteurs sont arrêtés et environ 450 sont en service et fermeront un jour – dans lequel les premiers entrants ayant validé leurs solutions sur des chantiers réels auront un avantage compétitif décisif.

Pas besoin d’être devin pour imaginer que l’industrie allemande va sans doute mobiliser ses savoir-faire, sa réputation, son ingénierie pour jouer les premiers rôles. Et par la même occasion, transformer ce qui est vu aujourd’hui par certains en France comme un handicap en une opportunité de croissance.

Sur ces trois enjeux, la France se distingue par sa position singulière : un maintien du nucléaire comme source ultradominante de production d’électricité avec le lancement de nouveaux réacteurs, un refus indigné d’un regard international sur notre parc, le marché du démantèlement jugé secondaire par rapport au nucléaire productif et des marchés d’exportation.

Aller plus loin
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  • Sixpatte-
    Sixpatte-
    Sur Mars
    • Posté à 19h03 le 22/06/2011
    • Internaute 77583
      Sur Mars

    Je reste sur ma faim concernant Fuku : où en est le corium ?
    Toujours sur le radier en béton ou en syndrome chinois ?

  • jmc06
    jmc06
    chasseur de gorille
    • Posté à 19h14 le 22/06/2011
    • Internaute 75030
      chasseur de gorille

    ouai ouai ,pour les vrais infos 3 mois après c toujours Fuck

  • A déménagé le 10-11-2011
    • Posté à 19h15 le 22/06/2011
    • Internaute 124772
      -

    Oui que fer ?
    Descendre un toboggan à l’envers ?

  • Autist Reading -
    Autist Reading -
    In enculo cum vibro
    • Posté à 19h31 le 22/06/2011
    • Internaute 73535
      In enculo cum vibro

    « tant le nucléaire était considéré comme une chasse gardée des Etats “

    A ce propos, la moindre des choses ne serait-elle pas de renationaliser le nucléaire ? ...

    Les travailleurs du nucléaires ont l’air de dire que le sérieux en a pris un coup avec la privatisation.

    En plus, si on se décidait à cesser d’alimenter les réacteurs, on n’aurait pas un lobby sur le dos...

    • I.P
      I.P répond à Autist Reading -
      Flat4
      • Posté à 22h55 le 22/06/2011
      • Internaute 25391
        Flat4

      Ne vous inquiétez pas, toutes les centrales en fin de vie seront renationalisées pour payer leur démantèlement.

      • Autist Reading -
        Autist Reading - répond à I.P
        In enculo cum vibro
        • Posté à 23h09 le 22/06/2011
        • Internaute 73535
          In enculo cum vibro

        Ouai ben j’espère que le candidat du POI sera élu en 2012, histoire qu’on attende pas la fin de vie (que le directoire a tendance a repousser sans cesse, en plus...).

  • Innsa
    • Posté à 19h25 le 22/06/2011
    • Internaute 28859

    « on peut cependant affirmer une chose : le nucléaire ne sera jamais plus comme avant. »

    Je vous trouve bien optimiste Monsieur Gilles Le Blanc.

    Sur la crise de subprimes, je me souviens que les politiques avaient gesticulé dans tous les sens, juré par tous les saints que rien ne serait pareille, régulation, paradis fiscaux etc.... En fin de compte rien...nada...zero. Tout est reparti comme si de rien n’était.

    Sur Fukushima, je pense que le black out des medias sur ce qui s’y passe est un signe comme quoi rien ne va changer : Soit les politiques n’ont pas pris conscience de la gravité des choses, soit il jouent à l’autruche. Quoi qu’il en soit, a moins que la situation ne devienne extrêmement grave ou se produise ailleurs, rien ne va changer.

    En tout cas, notre président a décidé tout seul que rien n’allait changer en France.

    • messieurs
      messieurs répond à Innsa
      Jaune
      • Posté à 08h08 le 23/06/2011
      • Internaute 161019
        Jaune

      Là, vous faites erreur. Souvenez vous... Certaines banques étaient suffisamment petites pour faire faillite et d’autres était trop grosses pour le faire. Les gouvernements ont donc donné l’argent du contribuable aux grosses banques pour qu’elles achètent les petites et qu’elles deviennent encore plus grosses. Ce faisant, les grosses banques ne sont pas en meilleure santé, mais les intermédiaires s’en sont mis plein les poches, et aujourd’hui, ce sont les états qui font faillite et non les banques. Vous voyez. Le monde a bien changé.
      Si on fait le parallèle avec les centrales nucléaires, on peut dire que le problème n’est pas tant les problèmes que rencontrent Fukushima, mais le fait qu’à cause d’internet les hommes peuvent se tenir au courant. La meilleure solution pour lutter contre les crises nucléaires est donc de brider internet, et ainsi, tant que les accidents resteront ni vus ni connus, il restera pour quelque uns la possibilité de s’en mettre plein les poches en diminuant la sécurité au profil des dividendes.
      Elle n’est pas belle la vie ?
      Et n’oubliez surtout pas que les générations futures trouveront les solutions pour résoudre les problèmes qu’on ne sait pas résoudre. Oui, je sais bien, c’est nous les générations futures, et on ne sait absolument pas résoudre les problèmes qui se sont accumulés depuis des décennies, mais vous savez bien, qu’à force de répéter un mensonge, cela fini par avoir l’apparence d’une vérité pour tout ceux qui le répètent inlassablement.

  • unagi-
    unagi-
    卑語
    • Posté à 19h43 le 22/06/2011
    • Internaute 24252
      卑語

    Nucléaire : incidents en série à la centrale de Paluel (mediapart)

    Fuites à répétition, rejets de gaz radioactif, déclenchements de balises d’alertes, contaminations de travailleurs : depuis plus d’un mois, l’une des plus grosses centrales nucléaires françaises, le site de Paluel, en Haute-Normandie, connaît des dysfonctionnements en série. La multiplication des incidents crée un vent de panique chez les agents qui y travaillent, selon des témoignages et des documents exclusifs recueillis par Mediapart. La centrale de Paluel produit, à elle seule, environ 7% de l’électricité nationale.

    L’inquiétude collective commence à se manifester sur Internet : « Centrale de Paluel : EDF sur les traces de Tepco ? » Cette formule provocatrice, qui compare l’électricien français à l’exploitant de la centrale de Fukushima, n’émane pas d’un groupe antinucléaire. Elle figure en tête d’un communiqué de la CGT de la région dieppoise (à lire ici), où se trouve la centrale de Paluel.

    Avec quatre réacteurs de 1300 mégawatts (MW), ce site qui emploie 1250 salariés d’EDF est l’une des trois plus importantes centrales nucléaires françaises (avec celles de Gravelines et de Cattenom). Mis en service entre décembre 1985 et juin 1986, le site de Paluel n’a pas posé de problème particulier pendant les deux premières décennies de son fonctionnement.

    Mais depuis quelque temps, divers problèmes techniques se sont accumulés sur le réacteur n°3, que l’un de nos interlocuteurs qualifie de « tranche la plus poissarde du site » : une fuite d’huile sur l’alternateur, une fuite d’eau du circuit primaire, une fuite de gaz radioactif dans le bâtiment réacteur, ainsi qu’une fuite dans une ou plusieurs gaines de combustible.

    Jusqu’ici occultés, ces dysfonctionnements ne sont pas contestés par la direction de la centrale. Mais l’interprétation de leur gravité diverge radicalement d’une source à l’autre. Tous s’accordent cependant à décrire une inquiétude grandissante chez les agents et, pour certains, de l’angoisse et de la panique. L’un de nos interlocuteurs parle même de « terreur étouffée » !

    Il raconte qu’un bâtiment proche du réacteur a dû être évacué plusieurs fois à cause du déclenchement de l’alarme mesurant la présence de gaz nocifs dans l’air. Des salariés « ont forcé des coffrets contenant des pastilles d’iode » pour se prémunir contre une éventuelle contamination. Cette réaction révèle un niveau élevé de stress chez des personnels pourtant formés à travailler dans le contexte particulier des installations nucléaires. Inquiétude nourrie par le fait que « l’alarme se déclenchait tout le temps », selon une autre source. Si bien que les seuils de détection de ces rejets gazeux ont fini par être relevés pour obtenir le silence....

    Article complet et gratuit à :

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    • Ishtar
      Ishtar répond à unagi-
       ? ?
      • Posté à 20h00 le 22/06/2011
      • Internaute 26226
         ? ?

      « “Si bien que les seuils de détection de ces rejets gazeux ont fini par être relevés pour obtenir le silence....” »

      Ce type de réactions se retrouve dans nombre de circonstances.
      J’entendais un jour un ouvrier de la région havraise dire que l’alarme de son usine les empêchait de travailler en paix donc qu’on faisait la même chose pour ne plus être dérangé ( il oubliait que sa santé était directement visée).Ou un autre qui travaillait de nuit et auquel on disait qu’il était alors possible de rejeter des fumées toxiques car cela se voyait beaucoup moins.Ou un autre qui trafiquait les résultats de contamination de l’air pour « ne pas être emmerdé par la sécurité ».....

      Quant au taux de pollution de l’air en région havraise qui est particulièrement élevé,je suis certaine que les seuils de détection ont eux aussi été modifiés pour ne pas faire état trop souvent d’un taux à 8 ou 9 ce qui est considérablement élevé.

      NB la centrale de Paluel n’est pas loin de chez moi ce qui me rend fatalement particulièrement vigilante sur ces infos.

      • unagi-
        unagi- répond à Ishtar
        卑語
        • Posté à 20h18 le 22/06/2011
        • Internaute 24252
          卑語

        je vais essayer de te retrouver l’article sur une action citoyenne en Russie.
        Achat de compteurs geigers et traversée des régions russes avec des relevés réguliers. Une cartographie des radiations est établie qui permet d’une part de contredire les chiffres officiels et d’autres part de mettre à jour des sites de déchets illégaux etc, etc

        Pour ma peine
        « Le nucléaire devient une abstraction. Comment garantir la sécurité d’une abstraction ? », s’interrogeait en 2006 le journaliste Jean-Philippe Desbordes, auteur du livre Atomik Park.
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      • unagi-
        unagi- répond à Ishtar
        卑語
        • Posté à 20h23 le 22/06/2011
        • Internaute 24252
          卑語

        Je crois l’avoir

        Russie : les résultats surprenants d’une carte collaborative sur la radioactivité
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        • Ishtar
          Ishtar répond à unagi-
           ? ?
          • Posté à 15h43 le 23/06/2011
          • Internaute 26226
             ? ?

          Merci beaucoup

          Où on voit que l’onde de choc provoquée par Fukushima (ou n’importe quelle autre catastrophe) interpelle chacun ( enfin les citoyens parce que les dirigeants quant à eux, ont d’autres préoccupations )et permet d’être plus vigilant pour d’autres sources de contamination.

        1 autres commentaires
  • Albufera
    Albufera
    Observateur.
    • Posté à 19h59 le 22/06/2011
    • Internaute 29241
      Observateur.

    Voilà une belle analyse. Mais comme toutes les belles analyses qui reposent essentiellement sur une rationalité économique, elle est très fragile, très incomplète et très naïve. L’ exploitation de l’ énergie nucléaire échappe au bon gros sens économique pour reposer sur des critères essentiellement politiques (les très mauvais comptes d’ Aréva avec la session massive d’ actifs dans la précipitation pour combler les trous le montre et on ne découvre pas aujourd’ hui que les centrales françaises en fin de vie sont des usines à gaz). Un état n’ est pas une entreprise et l’ économie ne nous est pas très utile à cette échelle (l’ économie politique un peu plus). Ceux qui s’ intéressent au Japon savent que son économie n’ est pas vraiment capitaliste et que la plupart des choix politiques et économiques résulte d’ un pacte social qui autorise une autonomisation de la décision politique -et une opacité- consentie en dehors de la société civile. L ’effet de la catastrophe de Fukushima sera peut-être de mettre à mal ce pacte mais certainement pas d’ entreprendre des calculs économiques pour rechercher la meilleure solution et l’ appliquer comme la ménagère qui cherche à remplir son panier au meilleur compte (ce que les économistes font toujours mine de croire en voyant des opportunités partout). Mais n’ est-ce pas le mal des temps que de tout vouloir expliquer, comprendre, prévoir (et imposer aussi...) avec une rationalité de chef d’ entreprise ou de contremaîttre comme si faire de la politique était une faute de goût ?

  • A déménagé le 02-02-2012-2
    • Posté à 20h00 le 22/06/2011
    • Internaute 82025
      non connue

    Ceci dit, l’omerta continue :

    Accident classé niveau 3 dans la centrale expérimentale d’Anshas, en Egypte (4 juin 2011).

    « Le directeur du département de recherche nucléaire égyptien Samer Meikheimar a précisé que l’incident est survenu en raison du non respect de mesures de sécurité lors du rejet des eaux de la centrale. Il a ajouté que l’Agence à l’Energie Nucléaire avait obligé le personnel à tenir secret l’incident sous menace d’être renvoyé.

    Selon lui, “Le fait que le réacteur était par chance non activé le lendemain de l’incident à sauvé le territoire d’un désastre environnemental”, a-t-il ajouté. “Tous les ministères ont changé après la révolution, sauf le ministère de l’Electricité et de l’énergie”, a-t-il ajouté. »
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  • erqzor
    erqzor
    Détecteur de Greenwashing
    • Posté à 21h38 le 22/06/2011
    • Internaute 69919
      Détecteur de Greenwashing

    Right, ce n’est pas un article sur Fukushima, c’est un article que l’on peut publier après l’explosion d’une centrale, encore plus lorsqu’on sort tout droit du sacro-saint Mines/ParisTech qui nous a fournit les plus brillants cerveaux pour que la politique énergétique de la France soit à la fois mono-énergie et nucléaire.

    Merci de venir faire votre mea-culpa, lorsque vous voudrez faire briller votre CV n’oubliez pas que l’on ne vous a pas attendu.

    Tu fais bisous, et tu retournes te coucher avec tes maîtres, on aime pas trop ceux qui retournent leurs vestes trop facilement.

    • Reiichido
      Reiichido répond à erqzor
      Ingénieur
      • Posté à 22h44 le 22/06/2011
      • Internaute 132710
        Ingénieur

      Réaction un peu hâtive, et pleine de préjugés oserais-je dire. Juger les gens sur leur provenance, ce n’est bon dans aucun contexte si vous voyez ce que je veux dire.

      Finalement vous n’êtes guère différent des recruteurs qui mettent un CV directement à la poubelle sans le lire parce que l’adresse indique une personne des quartiers. Tant qu’il y aura des gens qui jugent au facies ou au diplôme, sans lire, le monde ne tournera pas bien rond...

      • erqzor
        erqzor répond à Reiichido
        Détecteur de Greenwashing
        • Posté à 23h20 le 22/06/2011
        • Internaute 69919
          Détecteur de Greenwashing

        J’ai lu la bonne soupe pleine de bonnes intentions qui a été servies ici. A vrai dire, Monsieur fait état de sa provenance par lui même, il y cherche certainement un certain crédit pour ses propos. Ne pas s’étonner d’être attaqué sur ce qu’on met en avant.

        Peut-être que pour le coup, Monsieur aurait du s’abstenir car son article est truffé de contre-vérité, de travestissements de la réalité. Les sources de Monsieur sont celles qui ont vendues le nucléaire comme la belle énergie. En fait ce Monsieur, jette l’opprobre sur sa famille de souche. Je ris de lire ce type de diatribe, en effet impensable, car Monsieur aurait pu nous servir les excellentes progressions d’ITER (pas plus tard qu’il y a deux ans j’étais à l’IEP d’Aix pour un colloque sur la fusion avec le CEA). Je me gausse en pensant que ce type de gens sont capables de retourner leur veste aussi vite que le vent tourne.

        En effet, quand je dois faire du recrutement, je jette machinalement les gens qui m’envoient leur CV, si brillant, pourtant ces gens sont inutiles, ils sont vides, ils sont les rails qui les supportent, ils sont inutiles, il n’y a aucune créativité chez eux, tout comme ce monsieur. Ces propositions sont de l’ordre de la redite. Et oui, je perds mon temps à lire un article de ce type qui est au mieux est consensuel, au pire trouverait sa place sur France-Soir.

  • Reiichido
    Reiichido
    Ingénieur
    • Posté à 22h31 le 22/06/2011
    • Internaute 132710
      Ingénieur

    Article très intéressant mais deux corrections à apporter tout de même.

    1) EDF a un centre d’ingénierie à Lyon, le CIDEN, où travaillent environ 150 personnes spécifiquement sur le démantèlement. La France n’est donc pas en retard sur ce sujet, loin de là (le SEPTEN travaille par exemple sur des centrales en Bulgarie).

    2) Point qui en découle, on a une idée bien précise du démantellement d’une installation nucléaire. Vous m’objecterez « Et Brenillis ? ». Mais Brenillis est surtout un exemple de l’ingression stupide d’un débat politique dans une procédure de démantèllement. Je vous renvoie à la notice Wikipedia, très complète. De toute manière, démanteler une centrale c’est comme la construire : ça prend du temps, un temps qui n’est hélas plus à la mesure de la société.

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 09h43 le 23/06/2011
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    Lorsqu’il y a eu un accident à Tree Miles en 1979, le monde entier était persuadé que le nucléaire était dangereux et n’avait pas d’avenir, les USA ont stoppé la construction de centrales nucléaires sur leur territoire, suivis des suisses, italiens, allemands, ....
    Lorsqu’il y a eu un accident à Tchernobyl en 1986, le monde entier était persuadé que le nucléaire était dangereux et n’avait pas d’avenir, les USA ont prolongé leur moratoire, suivi des suisses, italiens, allemands,....
    Et puis la demande en énergétique mondiale étant en pleine croissance, il a bien fallu se rende à l’évidence et construire d’autres centrales nucléaires en Chine en Inde d’abord, puis en Europe (Finlande, France) et les américains devaient.
    La sortie du nucléaire est d’actualité depuis plus de 30 ans, les allemands sont à l’avant garde de la lutte anti nucléaire et ont développé une industrie de construction de générateurs d’énergie renouvelable avec l’éolien et le solaire.
    Le nucléaire est dangereux et génère des déchets difficilement gérables, certes, mais le problème n’est pas d’arrêter la production électronucléaire, solution techniquement envisageable, mais de la remplacer par une production facilement disponible, abondante, non polluante et économiquement rentable.
    La France et le Japon sont confrontés au même problème, tout deux ont une industrie « lourde » de production d’acier, de cimenteries, de construction navale et automobile,....sans avoir de ressources en charbon, houille ou pétrole, la solution du nucléaire s’est imposée à eux comme une évidence. Pour arrêter la production d’électricité nucléaire, il faut réorienter la production industrielle et développer une autre filière de génération d’électricité, dans le renouvelable certes, mais aussi dans le fossile car les besoins sont tels que l’éolien et le solaire ne seront pas suffisants pour satisfaire la demande sans ralentir notre production industrielle, sinon en délocalisant celle ci avec des conséquences évidentes en matière d’emplois.

  • Jef Jaquier
    Jef Jaquier
    violoneux
    • Posté à 12h58 le 23/06/2011
    • Internaute 85889
      violoneux

    monsieur l’économiste,
    TEPCO est en faillite et n’a même pas les moyens de construire un radier en dessous de la dalle de béton percée par le corium.
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    le japon est en faillite, et n’aura sans doute pas les moyens de payer le coût de cette construction, ni ceux des dégâts causés à ses concitoyens, aux éco-systèmes, à l’ensemble de la population terrestre, ni même de réparer quoi que ce soit.

    pour TEPCO cela coûterait trop cher et ferait encore baisser le prix de ses actions, déjà bien bas !

    nous n’avons pas beaucoup de solutions. et surtout pas de répéter des banalités genre « plus rien ne sera comme avant ». rien n’est jamais comme avant, d’une manière générale.

    devant ce genre de catastrophe il est temps de cesser les analyses et de mettre toute l’humanité en branle pour, avec toutes ses ressources matérielles et intellectuelles, faire face à ce casse-tête.

    même areva, qui est notre fer de lance de la « sécurité nucléaire » se ridiculise au japon. sa pompe miracle a été arrêtée 6 fois depuis qu’elle est en place :
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    vous pouvez aller voir ici aussi (c’est chez moi) :
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