Le bazar des entreprises

Un blog de l'économiste Gilles Le Blanc, professeur à Mines ParisTech. Il décrypte la stratégie des entreprises, l'état de la concurrence, la (non) politique industrielle.

Nucléaire : la grande inconnue du démantèlement

Gilles Le Blanc
Economiste
Publié le 06/02/2012 à 10h36

Les lacunes du rapport de la Cour des Comptes sur « les coûts de la filière électronucléaire » ont été passées au peigne fin.

Dans ce rapport, les uns y verront la démonstration chiffrée de la compétitivité de l’électricité nucléaire tandis que les autres souligneront le coût astronomique du parc de centrales actuel.

Le plus intéressant tient à mon sens ailleurs : en dépit des moyens alloués à l’étude en termes de temps et de ressources, ainsi que de la large consultation organisée, l’étape de démantèlement et les dépenses correspondantes restent toujours aussi incertaines.

Le rapport insiste sur cette incertitude des charges futures, l’absence d’expériences nationales ou internationales comparable, la nécessaire précaution à la lecture des chiffrages actuels… ce qui n’empêche pas plus loin d’afficher des coûts du MWh avec une précision d’une décimale ! ! !

Néanmoins, les 30 pages (sur les 300 du rapport hors annexes) consacrées aux charges futures de démantèlement ainsi que l’annexe 18 (comparaison sur 15 pages des expériences internationales en matière de démantèlement) fournissent plusieurs éléments intéressants. Quatre sont à souligner.

1. Des estimations forcément incertaines

Les charges futures sont évaluées à 18,4 milliards d’euros au 31 décembre 2010. Cette somme représente 19% du coût de construction des centrales concernée. La Cour s’appuie sur deux méthodes utilisées par EDF :

  • la première qualifiée d’historique consiste à estimer la charge du démantèlement en appliquant un pourcentage sur une base de référence : le coût complet d’investissement des parties nucléaires des centrales REP (à eau pressurisée, technologie utilisé dans le parc actuel) de 900 MW. Ce niveau a été fixé à 15% des coûts complets en 1991. Ce montant actualise les conclusions d’une étude menée en 1979 (Commission PEON) dont la Cour des comptes soulignait déjà en 2005 qu’il « ne résultait pas lui-même d’études très approfondies ». La faiblesse de cette première méthode est qu’elle ne repose pas sur un calcul réel, ni sur une analyse précise du démantèlement d’une centrale d’EDF ;
  • EDF a alors développé en 1999 un modèle d’ingénierie du coût de démantèlement d’une centrale de quatre réacteurs REP de 900 MW, autour de l’exemple de Dampierre, jugé représentatif. Cette évaluation a été mise à jour en 2009 et constitue la méthode dite Dampierre citée dans le rapport de la Cour des comptes. Elle consiste en une identification précise et détaillée des opérations à mener, puis une évaluation des coûts de chaque opération avec des paramètres portant sur les quantités à traiter, les coûts unitaires et le temps de réalisation (soit 9 millions d’heure au total étalées sur vingt ans).

Des devis estimés, pas des coûts observés

Très conforme à une bonne logique d’ingénieurs considérant un coût comme la somme de tâches à réaliser, cette méthode souffre néanmoins de plusieurs défauts :

  • d’abord, il s’agit toujours de devis estimés, pas de coûts réellement observés d’opérations ;
  • ensuite, si le raisonnement précédent s’applique bien à la construction et l’assemblage d’un système, un chantier de démolition est une toute autre affaire. Il entraîne par nature de nombreux aléas imprévisibles et souvent spécifiques à chaque cas particulier. Dans le calcul Dampierre, un aléa uniforme de 10% est appliqué sur le coût total. Or, comme la Cour le souligne justement, les aléas dans la réalité s’appliqueront à une ou plusieurs opérations particulières et dans des proportions vraisemblablement bien supérieures à 10%. La moyenne lissée sur l’ensemble n’a donc pas grand sens ;
  • on pourrait relever aussi l’absence de certaines dépenses, dans les calculs, comme le risque lié à la dépollution des sites après le démantèlement et les éventuels coûts d’assainissement des sols associés ;
  • mais le problème de fond, commun d’ailleurs à la méthode historique, est qu’on ne dispose d’aucune données de référence issues d’un chantier terminé de démantèlement. La Cour, reprenant les arguments d’EDF et d’Areva, cite le chantier en cours de Chooz A, jugé particulièrement pertinent car il s’agit d’un réacteur à eau pressurisée de la même technologie que les 58 réacteurs en activité.

Mais la partie « nucléaire » du chantier (le circuit primaire) vient seulement de débuter, avec la dépose du premier des quatre générateurs de vapeur en février 2011. Le travail sur la cuve, sous traité à l’américain Westinghouse (qui avait fourni la licence de cette technologie à EDF dans les années 1960) ne commencera que fin 2013. En outre, si des informations utiles seront effectivement retirées de ce chantier, l’extrapolation du cas d’une centrale de 300 MW ayant fonctionné 24 ans au démantèlement de centrales de 900 à 1600MW ayant fonctionné (au moins) 40 ans devrait logiquement être mené avec prudence.

2. Les comparaisons internationales : un biais français ?

La Cour des comptes a passé en revue onze évaluations du coût de démantèlement des centrales dans des pays étrangers en extrapolant les résultats au parc de 58 réacteurs d’EDF. Les résultats sont forcément fragiles et à manier avec précaution. Néanmoins, comme le relève la Cour, toutes ces évaluations sont supérieures aux estimations actuelles d’EDF : de 1,4 à 3,4 fois en Allemagne, de 2,1 fois au Japon, de 1,5 à 1,9 fois aux US (cas intéressant car mesuré à partir des coûts de démantèlement du réacteur REP de Maine Yankee réalisé entre 1997 et 2005).

3. L’espoir d’économies d’échelle

Dans ses calculs, EDF mise l’existence d’économies d’échelle dans l’activité de démantèlement du parc, permettant de lisser les dépenses des premiers chantiers avec les suivants moins coûteux. L’argument est celui de 58 centrales utilisant la même technologie construites en une quinzaine d’année.

Le patron d’EDF affirme ainsi, dans sa réponse au rapport de la Cour (annexe du document) :

« Je rappelle enfin que les coûts de déconstruction bénéficieront du même effet de standardisation que celui que nous avons connu lors de la construction du parc : en moyenne, les centrales françaises ont coûté deux fois moins cher que les centrales américaines. »

L’argument mériterait une discussion plus précise. Si on conçoit bien que la fabrication des différents équipements d’une centrale (cuve, générateurs, tuyauterie…) sur des séries de dizaines d’exemplaires génère des économies d’échelle et que des chantiers de construction successifs peuvent gagner en efficacité avec des procédures améliorées, ces marges de manoeuvre devraient en toute logique être beaucoup plus réduites dans un chantier de démantèlement.

D’abord, parce qu’il s’agit principalement, comme dans tout chantier de ce type d’une activité de main d’œuvre, d’heures de travail nécessaires pour démonter, découper, trier, transporter les déchets (avoir traité une cuve ne fait pas en soi gagner du temps pour le démontage de la cuve suivante). Ensuite, car tout chantier pose des problèmes inattendus, spécifiques, liés à la géographie du site, son agencement, telle particularité lors de la construction, etc. qu’il faudra traiter au cas par cas.

4. Quid de la R&D, des équipements et de la formation ?

Dans ce rapport, comme dans ceux qui l’ont précédé, pas une ligne n’est consacrée aux dépenses d’investissement nécessaires pour mener efficacement le démantèlement des centrales. Tout se passe comme si on disposait déjà aujourd’hui de tout ce qu’il faut.

Or démanteler une centrale est une opération très complexe. Il s’agit en effet de gérer plusieurs contraintes antagonistes : assurer la sécurité des personnels et des habitants proche, éviter toute pollution du site ou des lieux traversés lors du transport des déchets, le tout en limitant les coûts. Une méthode artisanale appliquée à 58 réacteurs serait hors de prix. On sait déjà qu’il faut des outils très spécifiques pour découper les équipements (lance thermique, torche à plasma), des tenues de radioprotection, des sas de confinement du chantier, des systèmes de traitement de l’eau et de l’air, une logistique poussée de conditionnement des déchets…

Mais des efforts seront sûrement nécessaires pour innover et mettre au point les meilleures technologies (R&D), fabriquer des équipements dédiés comme peut-être des robots (investissement) et enfin former les personnels (plusieurs centaines voire milliers de salariés).

D’après les chiffres de la Cour, 50 milliards d’euros sur les 200 milliards du coût total du parc ont été dépensés en R&D. Sans appliquer de façon trompeuse une analogie, on mesure cependant que l’immense défi du démantèlement exigera un réel effort, forcément coûteux, pour être efficace, industrialiser le plus possible les chantiers, et éviter une dérive astronomique des coûts. Pourtant, ce point reste curieusement absent des évaluations présentées.

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  • timeofbrain
    timeofbrain
    disponible
    • Posté à 13h53 le 06/02/2012
    • Internaute 90332
      disponible

    Les seuls (EELV), à en parler et proposant de se confronter directement au problème en en sortant le plus rapidement possible ne feront pas 5 % et c’est bien dommage. Aubry est la seule à avoir évoqué l’idée d’un rapprochement avec ces idées, mais aujourd’hui la stratégie à changé et les médias suivent tous en réduisant une vision politique à la caricature et aux attaques personnels à l’image d’Audrey Pulvar et Natacha Polony qui incapable de la moindre réflexion en la matière se contentent de recracher le discoure dominant ; désespérant.

    • les bulles
      les bulles répond à timeofbrain
      avocat
      • Posté à 09h40 le 07/02/2012
      • Expert 150814
        avocat

      JL Mélenchon propose qu’un référendum soit organisé sur la question du nucléaire. Il fait plus de 5 % dans les sondages (avec toutes les reserves qu’on peut avoir sur ces trucs scientifiquement nuls et source de manipulations).

    • Samuel Vimaire
      Samuel Vimaire répond à timeofbrain
      Ancien pauvre
      • Posté à 11h25 le 07/02/2012
      • Internaute 140339
        Ancien pauvre

      Jean Luc Mélenchon en parle aussi : il parle de faire un référendum précédé de débats citoyens. Lors de ces débats, les gens pourraient alors s’informer des tenants et aboutissants d’une sortie du nucléaire.

      Lors de certaines de ces interviews, il a même parlé de l’association Négawatt lorsqu’on lui a demandé la marche qu’il suivrait s’il devait sortir du nucléaire.

      A mon sens, bien qu’imparfait, le plan Négawatt est certainement l’un des plus crédibles pour une sortie du nucléaire en 25 à 30 ans. Bien plus crédible, en tous cas, que ce qu’a pu proposer EELV à ce jour.

      • Rivendell
        Rivendell répond à Samuel Vimaire
        Suppot de satan
        • Posté à 13h48 le 07/02/2012
        • Internaute 102483
          Suppot de satan

        Vous avez lu les liens que je vous ai filé l’autre jour ?

        Si oui, pourquoi continuez vous à citer Négawatt ? avez vous trouvé un contre argument à ce qui y était dit ?

        Si non, pourquoi venir débattre, puisque vous ne prenez pas la peine de lire ce qu’on vous propose ?

         
        • Samuel Vimaire
          Samuel Vimaire répond à Rivendell
          Ancien pauvre
          • Posté à 00h06 le 08/02/2012
          • Internaute 140339
            Ancien pauvre

          Quel besoin avez-vous d’être aussi agressif ?
          A mon sens, bien qu’imparfait, le plan Négawatt est certainement l’un des plus crédibles pour une sortie du nucléaire en 25 à 30 ans.

          Les liens que vous m’avez fillé l’autre jour étaient intéressant néanmoins ils ne sont pas parole d’évangile.

          • Rivendell
            Rivendell répond à Samuel Vimaire
            Suppot de satan
            • Posté à 09h01 le 08/02/2012
            • Internaute 102483
              Suppot de satan

            « Bien qu’imparfait » vous avez le sens de l’euphémisme : son application serait catastrophique, ne serait ce qu’écologiquement parlant.

        2 autres commentaires
    • Boutauvent
      Boutauvent répond à timeofbrain
      Testeur de temps libre
      • Posté à 01h10 le 08/02/2012
      • Internaute 45018
        Testeur de temps libre

      « Les seuls à en parler »...
      A parler de quoi ?
      Le sujet, c’est le coût du démantèlement... pas de savoir si on poursuit ou non le nucléaire ; de toute façon il faudra bien les démanteler un jour ou l’autre, ces centrales, quand elles seront en fin de vie.
      Puisque je suis là, j’en profite pour répondre à ceux qui évoquent le référendum proposé par Mélenchon : qu’est-ce que ça va changer au coût du démantèlement ?
      Par politesse, est-ce que vous pourriez lire les articles avant de les submerger par vos commentaires ?

  • vieilanarfatigué
    vieilanarfatigué
    Changer le monde, c'est se (...)
    • Posté à 14h02 le 06/02/2012
    • Internaute 125168
      Changer le monde, c'est se (...)

    Bel article ! Les politiques sont en train de faire avec le nucléaire ce qu’ils ont fait depuis 20 ans avec les retraites : la politique de l’autruche et des faux culs réunis.La différence avec le nucléaire , est le danger évident de ces installations pour l’environnement d’une part et les côuts que nous ne pourrons engager du fait des crises économiques savamment entretenues depuis 30 ans.

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 18h21 le 06/02/2012
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    Le démantèlement des centrales nucléaires est un sujet sensible car lors de leur conception et construction, il est à parier que les ingénieurs et techniciens étaient persuadés qu’une centrale était destinée à produire de l’électricité pour l’éternité moyennant une maintenance permanente et le remplacement des pièces défectueuses. Jusqu’içi, la cuve du réacteur était la seule pièce non remplaçable de l’îlot nucléaire, la faisabilité a été étudiée et le coût de l’opération était prohibitif par rapport au gain espéré avec une nouvelle centrale
    Les centrales actuelles, arrivant pour certaines en fin de vie, la politique de remplacement de la cuve à deux avantages
    - Doubler la vie du réacteur
    - Ne pas avoir à démanteler et à reconstruire une autre centrale
    Le coût financier est ainsi acceptable. Le débat sur l’arrêt du nucléaire en France ne fera pas l’impasse sur les couts comparés du démantèlement des installations ou du renouvellement des cuves de réacteurs, surtout dans un contexte de budgets contraints.
    Coût de la filière estimé à 228 milliards d’euros

    • Samuel Vimaire
      Samuel Vimaire répond à padiran
      Ancien pauvre
      • Posté à 10h26 le 07/02/2012
      • Internaute 140339
        Ancien pauvre

      Reste un problème, celui de la fiabilité.
      Le risque 0 n’existe pas et un nouveau réacteur (même s’il n’est pas parfait) est plus fiable qu’un ancien.
      Même si le coût est prohibitif, le moindre risque évitable doit être évité. On ne joue pas avec la vie des gens...

      • padiran
        padiran répond à Samuel Vimaire
        Chroniqueur Grolandais
        • Posté à 11h54 le 07/02/2012
        • Internaute 5159
          Chroniqueur Grolandais

        Je ne parlais pas du risque car effectivement le risque 0 n’existe pas et on pourrait parler des mesures qui sont prises pour s’en rapprocher, de la fiabilité des matériaux et matériels, des retours d’expériences de Three Mile Island, Tchernobyl, Fukushima,....... Ma contribution ne porte que sur l’aspect économique du démantèlement des centrales nucléaires par rapport aux couts de remplacement des cuves.

         
        • Samuel Vimaire
          Samuel Vimaire répond à padiran
          Ancien pauvre
          • Posté à 12h00 le 07/02/2012
          • Internaute 140339
            Ancien pauvre

          D’accord, mais je trouvais difficile de dissocier l’aspect fiabilité de l’aspect économique.

          Merci d’avoir pris le temps de me répondre.

          • padiran
            padiran répond à Samuel Vimaire
            Chroniqueur Grolandais
            • Posté à 12h16 le 07/02/2012
            • Internaute 5159
              Chroniqueur Grolandais

            Lauvergeon , quand elle était patronne d’Areva et qu’elle défendait l’EPR et son cout disait que le nucléaire « fiable » avait un cout

        2 autres commentaires
      • Rivendell
        Rivendell répond à Samuel Vimaire
        Suppot de satan
        • Posté à 13h57 le 07/02/2012
        • Internaute 102483
          Suppot de satan

        Très bien.

        Le souci étant qu’on ne peut scientifiquement pas prouver que quelque chose est impossible. Comme dirait l’autre : « On ne peut pas prouver que les fantômes n’existent pas ». On peut à la rigueur estimer plus ou moins la probabilité d’un phénomène.

        Exemple : pouvez vous me prouver qu’implanter une surface conséquente de panneau solaire ne va pas avoir de conséquence dramatiques sur le climat, voir la géosphère, étant donné que l’énergie qui sera captée par les panneux solaires ne sera pas transmise en partie au sol comme c’est normalement le cas ? non ? doit on alors l’interdire au nom du principe de précaution ?

         
        • Samuel Vimaire
          Samuel Vimaire répond à Rivendell
          Ancien pauvre
          • Posté à 00h08 le 08/02/2012
          • Internaute 140339
            Ancien pauvre

          Parce que n’importe quelle construction, n’importe quel relief, n’importe quel forêt à le même effet sur le sol en l’empêchant de capter la lumière du soleil...

          Et puis même si risque écologique il pouvait y avoir, j’ai du mal à voir un réel impact en plein désert... (Oui, j’aime l’idée de Desertec)

          • Rivendell
            Rivendell répond à Samuel Vimaire
            Suppot de satan
            • Posté à 09h00 le 08/02/2012
            • Internaute 102483
              Suppot de satan

            Et alors ? la radioactivité aussi c’est naturel, et pourtant est ce une raison pour vouloir en ajouter ?

            Pourquoi faire encore plus d’ombre à la terre ?

        • goom
          goom répond à Rivendell
          citoyen désabusé
          • Posté à 08h42 le 08/02/2012
          • Internaute 19294
            citoyen désabusé

          remarquons quand même que démonter une surface conséquente de panneau solaire est bien plus facile que démanteler une centrale nucléaire.

          • Rivendell
            Rivendell répond à goom
            Suppot de satan
            • Posté à 09h10 le 08/02/2012
            • Internaute 102483
              Suppot de satan

            Oui c’est même l’argument utilisé pour implanter des panneaux solaires dans les parcs naturels protégé, genre le Luberon : mais puisqu’on vous dit que c’est démontable et naturel ! NA-TU-REL ! les sangleirs se réjouissent déjà de voir plusieurs hectares de garrigue être ratiboisées et recouverts par quelques chose d’aussi naturel.

            • Samuel Vimaire
              Samuel Vimaire répond à Rivendell
              Ancien pauvre
              • Posté à 18h54 le 08/02/2012
              • Internaute 140339
                Ancien pauvre

              Personnellement, je pense que, si on veut des centrales solaires efficaces, il faut les mettre dans des déserts, comme, par exemple, le Sahara...

        5 autres commentaires
    • Boutauvent
      Boutauvent répond à padiran
      Testeur de temps libre
      • Posté à 01h48 le 08/02/2012
      • Internaute 45018
        Testeur de temps libre

      Les « nucléocrates » étaient parfaitement conscients des problématiques qui se poseraient à plus ou moins long terme ; plus de 50Kgs de documentation à usage de propagande pro-nucléaire auprès des élus locaux (devant accepter des constructions sur leur territoire), éditée par le ministère de l’industrie (avant 1981), en attestent.
      (Je le sais, j’y « étais » !)
      La technique de propagande consistait essentiellement à ne pas répondre aux questions dérangeantes des élus concernés en changeant de sujet, en faisant miroiter de colossales rentrées fiscales et en assurant que tous les problèmes, quels qu’ils soient, seraient réglés par « la vitrification des déchets » qui était imminente en 1980 (on sait ce qu’il en est !).
      A l’époque, on a vu le même « courantologue » (sic) vendre une théorie -favorable au nucléaire de Flamanville- qui envoyait les effluents radioactifs vers le large... et une autre, inverse, qui allait faire grossir les huitres plus rapidement parce que les courants « chauds » issus du système de refroidissement redescendraient le long de la côte jusqu’au Mt St Michel...
      Maintenant que la France, à cause de ce lobby nucléaire (avec le soutien des syndicats corporatistes d’EDF et consorts), a pris 20 ans de retard sur la recherche/développement d’énergies renouvelables et moins polluantes et que nous allons devoir en importer les technologies de chez nos voisins moins bornés en même temps que l’essentiel des matériaux destinés à réduire nos consommations, la cour des comptes s’aperçoit enfin que les citoyens et leurs élus français ont été pris pour des gogos et que ça va nous coûter des fortunes.
      Il est pathétique de constater que des naïfs prennent comme argent comptant cette nouvelle fumisterie de changer les cuves de ces passoires délabrées.

      • padiran
        padiran répond à Boutauvent
        Chroniqueur Grolandais
        • Posté à 09h47 le 08/02/2012
        • Internaute 5159
          Chroniqueur Grolandais

        Toute cette argumentation venant du milieu anti nucléaire est recevable quand on est ...anti nucléaire. Pour la cours des comptes qui vient de faire paraitre le cout du nucléaire depuis ses débuts, il aurait été pertinent de le comparer à la mise en place d’une autre filière, thermique essentiellement (gaz, charbon, fioul) puisque le renouvelable est postérieur.
        Quant au changement des cuves des réacteurs, je ne prenais cet exemple que sous l’angle économique, quant à en faire un débat sue la pertinence de cet échange sous l’angle de la sureté et sécurité des installations, des personnels et des populations environnantes, cela est un autre débat.
        Comprendre le nucléaire, même quand on est nul ou pas d’accord.

  • flower-power
    flower-power
    Raie-nette charentaise
    • Posté à 18h30 le 06/02/2012
    • 180462
      Raie-nette charentaise

    Quel est le montant total couvert par leurs assurances en cas d’accident nucléaire sur notre territoire ?
    A comparer avec le coût estimatif des moyens mis en oeuvre au Japon jusqu’à présent sur cette catastrophe de Fukushima ...

    Une electricité bien plus chère qu’il n’y paraît, malgrè ce qu’en dit Mr Besson le Bref ^^...

    • Samuel Vimaire
      Samuel Vimaire répond à flower-power
      Ancien pauvre
      • Posté à 10h27 le 07/02/2012
      • Internaute 140339
        Ancien pauvre

      Quel est le montant total couvert par leurs assurances en cas d’accident nucléaire sur notre territoire ?
      Une assurance ne rembourse pas des vies humaines et des régions inexploitables pendant des siècles...

    • Jaimz
      Jaimz répond à flower-power
      ingénieur
      • Posté à 11h16 le 07/02/2012
      • Internaute 87110
        ingénieur

      L’industrie nucléaire est la seule industrie en France qui ne soit pas couvert par les assurances. Il n’y a pas de contrat prévu en cas d’accident grave.
      Les assurances ne couvrent que les accidents professionnels classiques dit « du travail » : blessures, handicap, ... des personnels y travaillant.
      Si un réacteurs entraient en fusion incontrôlée et dégageait de la radioactivité sur un large rayon entrainant des pertes civiles et financières, ce serait l’Etat qui prendrait en charge les indemnisations.

      • Bernardo Zorro
        Bernardo Zorro répond à Jaimz
        Il était une fois dans le Sud- (...)
        • Posté à 12h07 le 07/02/2012
        • 176980
          Il était une fois dans le Sud- (...)

        « L’industrie nucléaire est la seule industrie en France qui ne soit pas couvert par les assurances. Il n’y a pas de contrat prévu en cas d’accident grave »

        Non c’est pas la seule, la téléphonie mobile n’est pas assurée non plus pour les effets sur la santé que pourraient occasionner les portables et autres antennes relais... Et oui c’est pour dire... -_-

      • padiran
        padiran répond à Jaimz
        Chroniqueur Grolandais
        • Posté à 11h18 le 08/02/2012
        • Internaute 5159
          Chroniqueur Grolandais

        « se serait l’Etat qui prendrait en charge les indemnisations. »
        Tout à fait puisque l’Etat est actionnaire majoritaire de EDF, Areva, ....
        Aux USA, la construction de nouvelles centrales nucléaires après Three Mile Island à longtemps été retardée en partie parce que l’opinion y était défavorable et surtout parce que le nucléaire étant dans le domaine privé les assureurs ne voulaient pas le prendre en compte. Depuis que l’Etat fédéral apporte sa caution dans les risques encourus, la construction de centrales est de nouveau envisagée.

  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 19h08 le 06/02/2012
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    les scientifiques n’avancent qu’en faisant des théories, et surtout en les mettant en oeuvre dans des expériences pour prouver la véracité des théories et avancer.

    pour les centrales nucléaires, ils ont théorisé, on a les a fabriqué, mais qui a assez de recul dans le temps, les dérapages, les accidents, les coûts de déconstruction ?

    Personne nous naviguons à vue.... mais ce n’est pas une petite expérience de labo ! !

    imaginez qu’il y ait un tel refroidissement que toutes les rivières gèlent sur plusieurs mètres

    comment vont se refroidir les 58 réacteurs ?

    ce n’est pas prévu, il fait toujours chaud ! ! !

    • Herostrate
      Herostrate répond à pablico
      mal barré...
      • Posté à 18h38 le 07/02/2012
      • Internaute 147050
        mal barré...

      rechauffer les trucs alentours n’est pas vraiment le probleme pour le nucleaire...

  • les bulles
    les bulles
    avocat
    • Posté à 09h37 le 07/02/2012
    • Expert 150814
      avocat

    « Le patron d’EDF affirme ainsi, dans sa réponse au rapport de la Cour (annexe du document) :

    “ Je rappelle enfin que les coûts de déconstruction bénéficieront du même effet de standardisation que celui que nous avons connu lors de la construction du parc : en moyenne, les centrales françaises ont coûté deux fois moins cher que les centrales américaines. ” »

    Cet argument est savoureux quand on sait que « le coût de construction initial, y compris l’ingénierie (79 751 M€2010) ramené à la puissance des réacteurs, progresse dans le temps, de 1,07 M€2010/MW en 1978 (Fessenheim) à 2,06 M€2010 en 2000 (Chooz 1 et 2) ou 1,37 M€2010 en 2002 (à Civaux), avec une moyenne de 1,25 M€2010/MW pour les 58 réacteurs. Cette augmentation s’explique notamment par des référentiels de sécurité dont les exigences augmentent dans le temps. » (Rapport Cour de Comptes 2012).

    Donc, nous dire que les coûts baisseront automatiquement en se fondant sur ce qui a été observé à la construction est juste un gros mensonge.

  • Jaimz
    Jaimz
    ingénieur
    • Posté à 11h10 le 07/02/2012
    • Internaute 87110
      ingénieur

    Pour rejoindre votre conclusion, il semblerait que la volonté de prolonger la durée de vie des centrales (par exemple Fessenheim) soit aussi une bonne façon de repousser l’échéance du démantèlement.
    Dans cette optique on comprendrait que EDF sait qu’elle sous-estime le coût de l’opération et que ses finances actuelles ne lui permettraient pas de commencer ce type de chantier aujourd’hui.
    Et vous soulignez bien le temps nécessaire pour un démantèlement, il faut savoir que pour Phénix (1968-2009) et Super-Phénix (1977-1998) les chantiers ne sont toujours pas terminés (encore ~30 ans).
    Il semble aussi que le site de stockage des cuves (coeurs) et des échangeurs de chaleur (fortement irradiés), vraisemblablement géré par l’Andra ne serait pas encore prêt à accueillir les 54 réacteurs français.
    Lien
    Lien

    • Bernardo Zorro
      Bernardo Zorro répond à Jaimz
      Il était une fois dans le Sud- (...)
      • Posté à 12h10 le 07/02/2012
      • 176980
        Il était une fois dans le Sud- (...)

      non, après fukushima et avec 58 réacteurs dans ce pays on vise la fin du nucléaire sinon on est reparti pour des décennies d’angoisse après.

      Marre de vivre avec l’épée de Damoclès au dessus de la tête hein...

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