Allemagne : dans le piège de la grande coalition

Alain-Xavier Wurst
Journaliste
Publié le 26/08/2009 à 10h54


Manif pour un « chancelier du climat » à Berlin le 3 août 2009 (Tobias Schwarz/Reuters).

(De Hambourg) Les élections législatives en Allemagne approchent dangereusement (le 27 septembre, save the date), et dans leur sillon aura lieu l’élection du chef du gouvernement. A un mois d’une telle échéance, on s’attendrait à une certaine effervescence, des débats d’idées, voire des empoignades. Il n’en est rien. La campagne ne passionne pas les foules, c’est peu de le dire.

Jusque là, on a surtout assisté à quelques tentatives de déstabilisation. Il y a de celà quelques semaines, c’était la ministre de la Santé social-démocrate (SPD) Ulla Schmidt à qui l’on cherchait des noises, parce qu’elle avait utilisé sa voiture de fonction à des fins privées. La Cour des comptes l’a blanchie, mais le mal était fait. La sensibilité de l’opinion publique outre-Rhin envers ce genre de questions est beaucoup plus élevée qu’en France -j’aime à penser que la durée de vie politique d’un Christian Estrosi en Allemagne serait d’une semaine. La non-affaire d’Ulla Schmidt aura quand même laissé quelques traces dont se serait bien passé le candidat social-démocrate Frank-Walter Steinmeier.

Ces derniers jours, ce sont les chrétiens-démocrates, et la première d’entre eux, la chancelière Angela Merkel, qui sont dans la tourmente. Un magazine diffusé par la première chaine ARD a révélé qu’en avril 2008, le président de la Deutsche Bank Josef Ackermann fêta son soixantième anniversaire à la Chancellerie, une partie des frais ayant été, semble-t-il, payée par l’Etat et donc par le contribuable. Aubaine pour le SPD qui exige désormais des explications. Ça risque de titiller un peu Angela Merkel, ça n’aboutira à rien, mais au moins, aux yeux de l’opinion, il y a un partout. C’est déjà ça.

Chaque nouvelle idée est bienvenue

Bref, on assiste avant tout à des querelles d’Allemands. Le débat politique de fond, lui, ne prend pas. « Je ne me rappelle pas d’une campagne aussi insignifiante », me confie un observateur. Et d’évoquer presque la larme à l’œil le bon temps de la castagne, comme lors des élections de 2002, entre le social-démocrate Gerhard Schröder et le conservateur bavarois Edmund Stoiber. Le débat avait été âpre, Schröder gagna in extremis. Il avait joué les Kouchner, portant à main nue des sacs non pas de riz mais de sable, sauvant ainsi à lui tout seul l’est du pays, noyé sous les eaux de l’Elbe. Le truc avait marché.

Aujourd’hui, rien de tel à se mettre sous la dent. Peut-être le sursaut viendra-t-il des élections régionales, qui auront lieu ce dimanche en Thuringe, Saxe et dans la Sarre ? Ces élections serviront de test au niveau fédéral pour les états-majors des grands partis, le SPD d’une part, l’Union de l’autre (l’Union étant l’alliance du parti chrétien-démocrate (CDU) et du parti chrétien-social (CSU) bavarois). On espère également que la campagne y gagnera un peu en nervosité.

En attendant, la principale responsable de cet ennui est Angela Merkel elle-même. Jusqu’ici, on peut clairement dire qu’elle refuse le combat. Son adversaire Steinmeier s’en plaint amèrement, mais il s’y casse les dents. Son « plan pour l’Allemagne » prévoit la création de 4 millions d’emploi en dix ans et vise le plein-emploi en 2020. Rires et haussements d’épaules des chrétiens-démocrates et des libéraux, qui s’amusent d’un tel manque de sérieux -et qui se gardent bien de répondre sur le fond. Mais en ont-ils besoin ?

La stratégie d’Angela Merkel n’est pas mauvaise : elle joue la carte de la chancelière qui vaque aux affaires du pays. Tout juste si elle ne prend pas sur son temps de libre lorsqu’elle se présente sous son habit de candidate. Pour forcer le trait, quand Steinmeier propose quelque chose, Merkel répond que chaque nouvelle idée est bienvenue. C’est se moquer du monde, mais c’est efficace. Elle ne donne aucune prise. Il ne faut pas s’y fier : derrière ses allures avenantes et son sourire innocent, Angela Merkel est une tueuse.

Le problème des sociaux-démocrates ne se résume cependant pas à une simple question de stratégie. Leur problème majeur est qu’ils forment depuis quatre ans un gouvernement de coalition, au côté des chrétiens-démocrates et des chrétiens-sociaux. Dès lors, comment critiquer de façon crédible la politique de Merkel, puisqu’ils y ont contribué, ou, à tout le moins, ne l’ont pas empêchée ? Les lignes de front sont brouillées. « Die große Koalition », la grande coalition, voilà l’ennemie pour Steinmeier, qui ne peut ni l’assumer ni la répudier.

Les couleurs
des partis
CDU : Union chrétienne-démocrate (couleur : noir)
CSU : Union chrétienne-sociale, uniquement en Bavière (couleur : bleu/blanc)
L’alliance des deux partis est appelée l’Union
SPD : Parti social-démocrate (couleur : rouge)
FDP : Parti libéral (couleur : jaune)
Die Grünen : Parti écologiste (couleur : vert)
Die Linke : Gauche radicale (couleur : rouge)

En réalité, la question n’est pas de savoir qui de Merkel ou de Steinmeier emportera la Chancellerie. Sauf circonstance extraordinaire, Angela Merkel sera reconduite dans ses fonctions. En revanche, rien n’est clair quant au gouvernement qu’elle formera, étant entendu qu’aucun parti n’atteindra à lui seul la majorité absolue. Le cas le plus souvent évoqué, au vu des sondages actuels, est une coalition avec le parti libéral (FDP). Dans ce cas, on retrouverait au niveau fédéral une polarisation bien franche entre droite et gauche.

Une autre variante serait une coalition entre Union, libéraux et écologistes, appelée la « jamaicaine », en raison des couleurs des trois partis (voir lexique plus bas). Il semble exclu que les sociaux-démocrates réussissent de leur côté à atteindre la majorité absolue, même s’ils devaient obtenir le soutien des Verts et du parti de la Gauche, situé comme son nom l’indique, à gauche de la gauche.

Tout celà est bien compliqué. Le système allemand est ainsi fait qu’il favorise les alliances et rend très difficile la prise du pouvoir par un seul parti, tout en assurant au pays une grande stabilité politique. Une quadrature du cercle que les institutions politiques de l’après-guerre ont pratiquement résolue, ce qui devrait forcer l’admiration de tout citoyen épris de démocratie. C’est ce qu’on appelle les leçons de l’Histoire et sans elles, on ne peut rien comprendre à l’Allemagne d’aujourd’hui.

Photo : manif pour un « chancelier du climat » à Berlin le 3 août 2009 (Tobias Schwarz/Reuters).

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  • yoye-2000
    yoye-2000
    se leve tard et travaille mou
    • Posté à 11h22 le 26/08/2009
    • Internaute 48274
      se leve tard et travaille mou

    Pas bien sûr que nos prochaines élections présidentielles à nous soient bien plus impressionnantes.
    Sauf qu’on peut faire confiance à Sarkozy pour faire les questions et les réponses..

    Lien

    A part je voulais saluer cette rubrique « cousins germains ». Parce qu’on a beau répéter que c’est nos premiers partenaires, le moteur franco allemand etc etc... On en entend rarement parler de ces schleus rigolos en shorts sur les plages. A force, les allemands, c’est un peu « das unbekannte Wesen ». C’est bien d’aller un peu au delà. Même si ce n’est pas avec leur vie politique qui va briser leur réputation d’être un chouia ennuyeux.

  • jean terre
    jean terre
    journaleux
    • Posté à 11h26 le 26/08/2009
    • Internaute 56777
      journaleux

    Très bon article qui offre un survol de la politique allemande actuelle. Pourtant, certains éléments manquent. Comme par exemple une explication sur les problèmes du SPD avec Die Linke. Ce dernier parti d’extrême-gauche, est l’enfant de l’union du PDS (Est - ex-SED, le parti communiste de l’ex-RDA) et de différentes formations de gauche à l’Ouest (WASG, notamment). Le problème est que le SPD n’est pas habitué à la concurrence de gauche, car jusqu’en 2005 aucun parti de n’existait à la gauche des socio-démocrates. Cette nouvelle donne a littéralement bouleversé le climat politique outre-Rhin. Surtout, parce que les coalitions rouge-rouge au niveau des Etats fédéraux posent problème - car ils offrent une belle surface d’attaque pour les conservateurs, qui ne rechignent pas de brandir la menace communiste - une menace qui est perçue très différemment chez nos voisins... L’homme emblématique de Die Linke est d’ailleurs un ancien socio-démocrate : Oskar Lafontaine - populiste pour les uns, honnête défenseur des pauvres pour les autres - qui fût ministre sous le gouvernement Schröder pendant quelques mois, avant de démissionner et de quitter son parti afin de bâtir Die Linke...dont le candidat SPD Steinmeier veut bien au niveau des Etats fédéraux, mais exclut une alliance au niveau national, une décision inconséquente qui risque de le mettre encore plus dans le pétrin...

    • loufock
      loufock répond à jean terre
      étudiant
      • Posté à 18h36 le 26/08/2009
      • Internaute 64757
        étudiant

      A titre d’exemple : lors des dernières élections pour les Lander, l’équivalent des régions en France, mais avec plus de pouvoir, la SPD avait interdit à ses membres toute alliance avec die Linke dans les Land de l’ancienne allemagne de l’ouest.

      • jean terre
        jean terre répond à loufock
        journaleux
        • Posté à 12h37 le 27/08/2009
        • Internaute 56777
          journaleux

        Exact... et cela a même conduit le chef du SPD (Kurt Beck) à démissionner...c’était l’affaire Ypsilanti dans le Land de Hessen - la candidate SPD arrivée en tête des éléctions de son Land n’a pas pu se faire élire, parce que plusieurs de ses « Genossen » du SPD ont refusé l’alliance avec Die Linke, indispensable pour obtenir une majorité... Résultat : le conservateur Roland Koch, un des hommes politiques les plus corrompus et populistes (il avait notamment fait campagne sur des faits divers qui impliquaient des jeunes Turcs et un retraité allemand pure souche) du pays reste premier ministre en Hessen
        mais bon, comparé à la France deux partis de gauche sont toujours mieux que le cafouillis d’idéologues qui noie toutes les chances de la gauche dans l’Hexagone... c’est toujours le paradis ;)

  • E.M
    E.M
    *
    • Posté à 11h52 le 26/08/2009
    • Internaute 76393
      *

    Une petite précision (la formulation rapide de la première phrase prête à confusion) : le chancelier allemand n’est pas élu directement par les citoyens allemands, ceux-ci élisent d’abord leurs députés qui vont siéger au Bundestag. Les députés élisent ensuite le chancelier.

  • Jaycib
    Jaycib
    Désagrégé de l'Université
    • Posté à 12h37 le 26/08/2009
    • Internaute 37053
      Désagrégé de l'Université

    Si j’ai bien compris les annonces de ces dernières semaines, la grande coalition s’est entendue sur la réduction du déficit fédéral à zéro d’ici 2020, ce qui promet une sévère cure d’austérité pour les salariés. Dans le même temps, Merkel veut préserver autant que faire se peut les capacités exportatrices de l’Allemagne, ce qui promet de nouveaux transferts de fonds des particuliers aux entreprises. Ce pari est-il tenable ?

  • telemaque50
    • Posté à 13h20 le 26/08/2009
    • Internaute 10420

    Allez les gens de Gauche , les Ecologistes et le Modem, prenez exemple :

    « Le système allemand est ainsi fait qu’il favorise les alliances et rend très difficile la prise du pouvoir par un seul parti, tout en assurant au pays une grande stabilité politique ».

    Il serait temps que nos politiques Français de gauche prennent conscience qu’il est impossible de gouverner seul dans nos démocraties eclatées par tant de tendances exacerbées.

    Chacun a son droit et ses visions de la plus belle société qu’il souhaite, mais avec un peu de conciliation et beaucoup de volontés il serait parfaitement possible de changer cet actuel règime (de bananes) pour un mieux- être de tous...

    • E.M
      E.M répond à telemaque50
      *
      • Posté à 15h01 le 26/08/2009
      • Internaute 76393
        *

      En l’occurence, en Allemagne, les alliances sont contraintes par le système et moins une affaire de prise de conscience des partis. Le système présidentiel à deux tours à la francaise, où sont éliminés toutes les formations politiques sauf deux, n’existe pas. Au contraire, les alliances sont une nécessité pour obtenir la majorité des votes au parlement. Ces alliances sont plus une nécessité qu’un désir d’ouverture...

  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 13h50 le 26/08/2009
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    ce genre de calme et de silence, n’augure rien de bon..

    serait-ce le calme avant la tempête ? ?

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 14h20 le 26/08/2009
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Le truc qui me perturbe le plus, c’est de voir que des partis s’appellent « chrétien » quelque chose...
    Enfin au moins ça annonce la couleur directement : mensonge et endoctrinement.

    En tout cas sympa l’article, j’ai presque tout compris à leur politique. Alors que je savais même pas trop dans quel camp se situait la mère Merkel, vu qu’ils sont tous démorate jesaispasquoi.

  • skeltryx
    skeltryx
    Etudiant
    • Posté à 14h21 le 26/08/2009
    • Internaute 62906
      Etudiant

    Pour les élections européennes, je ne trouve pas qu’il est eu réellement des débats.

  • Bête à part
    Bête à part
    parmi nous autres.
    • Posté à 14h30 le 26/08/2009
    • Internaute 504
      parmi nous autres.

    .

    C’est d’un ennui tout ça ! Pô pô pô...

    Puis c’est pas très rassurant la grande stabilité politique...

    .

  • Atalante
    Atalante
    Illusionnée
    • Posté à 15h03 le 26/08/2009
    • Internaute 24533
      Illusionnée

    J´habite à Hambourg et effectivement, ca ne déchaine pas les passions, cette élection..Mais bon, c´est les vacances, il fait beau, y´a comme une envie de légereté et de pique nique sur les bords de l´Alster, on en parlera certainement avec plus de fougue à la rentrée.

  • Dan51
    • Posté à 15h12 le 26/08/2009
    • Internaute 12803

    « Une autre variante serait une coalition entre Union, libéraux et écologistes, appelée la “ jamaicaine ”, en raison des couleurs des trois partis . »

    Personnellement, je pense que c’est ce qui arrivera. A Hambourg, d’où vous semblez écrire, le Land est gouverné par une alliance CDU et Verts - une première en Allemagne - qui semble bien fonctionner.

    Et les signaux de cette coalition possible sont multiples.

    Pour les électeurs - qui peuvent « panacher », c’est à dire voter pour un député d’un parti et pour un autre parti - les choses sont annoncées d’avances, ils adorent calculer.

    - Les Verts ont refusé de se figer d’un côté ou de l’autre.

    - la Linke a déclaré par la bouche d’Oskar Lafontaine - par de grands encarts dans la presse - qu’il fallait absolument barrer la route aux Verts. Comme le SPD et la Linke ne pourront jamais avoir la majorité, ils auraient besoin des Verts, mais après une telle « déclaration d’amour », ils n’entreront pas dans cette « coalition ».

    - le FDP - jaune - a déclaré refuser catégoriquement toute alliance avec la Linke et le SPD et vouloir une coalition avec la CDU d’Angela Merkel.

    Donc, si la CDU et le FDP n’avaient pas la majorité absolue, les sondages leur donnent 50 - 51% depuis des semaines - ils auraient besoin des Verts qui, eux, n’ont pas dit non.

    Et les électeurs allemands, habitués à ces coalitions stables, car négociées point par point sur des projets de gouvernement clairement formulés, voteront en conséquence.

    J’approuve ce qu’écrit telemaque50 :

    « Le système allemand est ainsi fait qu’il favorise les alliances et rend très difficile la prise du pouvoir par un seul parti, tout en assurant au pays une grande stabilité politique ».

    Il serait temps que nos politiques Français de gauche prennent conscience qu’il est impossible de gouverner seul dans nos démocraties éclatées par tant de tendances exacerbées.

    Toutes les démocraties évoluées du Nord de l’Europe - que la France envie pour leur cohésion sociale et leur Education - travaillent ainsi.

    En France, on est en quasi-monarchie - de gauche ou de droite - avec 85% de cumul des mandats, une « exception » en Europe, alors que tous les pays qui nous entourent en ont entre 10% - pour l’Allemagne - et 16 % pour l’Italie :

    Lien

    PS :
    La campagne n’est pas du tout ennuyeuse, elle est passionnante, il faut juste parler avec les gens.

    Angela Merkel a bien raison de ne pas céder à l’hystérie que certains veulent faire apparaître. On est bien loin de l’hystérie des présidentielles de 2007 avec toute les manipulations qui ont eu lieu...

    Elle est très appréciée en Allemagne, pour sa gestion tranquille et souveraine.

    Voir l’excellent tableau de la ZDF :

    Lien

    cliquer en bas à droite pour feuilleter les pages de 1 à 11...

    Bonne info : -)

  • Dan51
    • Posté à 15h19 le 26/08/2009
    • Internaute 12803

    Pour ceux qui ne connaîtraient pas le système de vote.

    Voici le bulletin type :

    Lien

    Chaque électeur choisit en mettant

    - une croix à gauche pour choisir un député élu directement, souvent un député qui travaille bien mais n’est pas forcément du parti de son choix

    - une croix à droite pour le parti de son choix.

    Les députés ayant la majorité sont élus directement, puis on fait un calcul des pourcentages de chaque parti qui obtient des mandats supplémentaires réservés à cet effet.

    Pas de bulletins à jeter à la poubelle, un bulletin par électeur, deux stylos dans l’isoloir.

    Voici le système d’élection qui permet des majorités très stables, grâce à la barre des 5% qui évite les dérives de la IVème République en France, de l’Italie ou d’Israel : n’a accès au Parlement que le parti qui dépasse la barre des 5% et qui représente donc une bonne partie de la population.

    Pas besoin d’allégeances comme en France.

    Lien

  • observeur
    observeur
    Libre penseur chez les ch'tis
    • Posté à 16h31 le 26/08/2009
    • Internaute 37812
      Libre penseur chez les ch'tis

    J’espère que cet article sera lu par les tenant de l’union nationale à tout va !
    le tous ensemble pour diriger et cela quelque soit la couleur politique du président ne peut être efficace longtemps ; une fois la population rassurée sur ses peurs par ses élites, ces derniers peuvent prendre des décisions aux conséquences néfastes pour l’économie et se goinfrer, personne ne viendra contester !
    L’union nationale n’a d’intérêt qu’en temps de guerre ou de pandémie, mais en dehors de ça, il faut une gauche, une droite, des partisans de la prime à l’initiative individuel, ceux de la prime à la démarche collective et solidaire... Aux électeurs de choisir en toute « réflexion“( vœux pieux) où mettre le ou les curseurs lors des élections présidentielles ou autres !

  • Mon-Al
    Mon-Al
    roturière : -)
    • Posté à 17h26 le 26/08/2009
    • Internaute 24219
      roturière : -)

    derrière ses allures avenantes et son sourire innocent, Angela Merkel est une tueuse...

    Et comment !

    La petite physicienne ossie, un peu terne, qu’on ne remarquait pas, nommée ministre fédéral des Femmes et de la Jeunesse ( poste très peu important), est montée peu à peu, à pas de loup, mais très intelligemment. Présidente du Meck-Pomm, ministre de l’Environnement, elle avance prudemment sous la houlette d’Helmutt Kohl et profite d’un scandale dans lequel son mentor est impliqué, pour le détrôner ! Ecartée de la candidature à la chancellerie en 2002 ( au profit de Stoiber), elle tisse ses fils après la défaite de ce dernier … jusqu’à être élue en 2005.

    Et tout ça tranquillement, avec son allure simple et son pragmatisme …

  • loufock
    loufock
    étudiant
    • Posté à 19h11 le 26/08/2009
    • Internaute 64757
      étudiant

    Je suis passé en Allemagne il y a pas très longtemps, voilà les échos que j’ai eu de cette élection :

    - La campagne n’est pas très active et il ne devrait pas y avoir trop de changement. Les allemands en général ne pensent pas que en pleine crise économique il soit intéressant de tout bouleverser politiquement. Merkel devrait rester chancelière.

    Le SPD fait partie du gouvernement et n’a pas de programme ambitieux ou révolutionnaire à proposer par rapport à la crise et ne semble pas capable de pouvoir renverser la tendance, elle a donc choisie de rester assez défensive jusqu’à maintenant.

    La CSU-CDU se contente de gérer son avance, si le SPD ne la provoque pas, elle n’a pas de raison de bouger. D’autant plus qu’elle peut avoir peur de vivre le même scénario qu’au dernière élection : la CDU avait beaucoup d’avance, on pensait à un moment qu’elle aurait avec le FDP suffisamment de siège au bundestag pour diriger seul. Merkel a fait une campagne très pragmatique clamant au et fort qu’on entrerait dans une période d’austérité : hausse des impôts, baisse des dépenses de l’état, baisse des minimas sociaux. Et le SPD rattrapé son retard en menant une campagne très populiste sur les thèmes sociaux et a pu rester au gouvernement avec la CDU.
    La CDU se contente donc pour le moment juste de mettre en avant leur expérience et leurs qualités de gestionnaires en mettant en avant certaines personnalité comme Angela Merkel ou encore leur ministre de l’économie « Dr. Karl-Theodor Freiherr zu Guttenberg » qui est très populaire là bas.

    - En ce qui concerne les alliances, on aurait soit à nouveau une grande coalition SPD-CSU, soit une jamaïque, même si les verts ont pour le moment exclue de faire ça, mais en campagne électoral ce genre de promesse n’engage pas grand monde.

    - Une parenthèse sur la FPD : il était à 10% au dernière élection, avait un peu chuté entre temps dans les sondages, et malgré la crise, le parti libéral allemand a surpris tout le monde en remontant à 16%. En Allemagne, le mot libéral n’a pas la même connotation qu’en France. Le FDP est plus proches de la CDU/CSU pour les questions économiques, et du SPD et des Verts pour les questions de société. Ce parti a dans le passé déjà été amené à s’allier avec le SPD et à porter au poste de chancelier un candidat SPD.

  • martinn
    martinn
    Etudiant
    • Posté à 20h00 le 26/08/2009
    • Internaute 87162
      Etudiant

    j’espère que vous creuserez bientôt la question du (possible ? éventuel ? déjà effectif ?) rapprochement entre CDU et Grünen. Serait-ce éclairant à propos de Cohn-Bendit et certaines tendances d’Europe-Ecologie chez nous ?

  • martinn
    martinn
    Etudiant
    • Posté à 20h00 le 26/08/2009
    • Internaute 87162
      Etudiant

    j’espère que vous creuserez bientôt la question du (possible ? éventuel ? déjà effectif ?) rapprochement entre CDU et Grünen. Serait-ce éclairant à propos de Cohn-Bendit et certaines tendances d’Europe-Ecologie chez nous ?

  • Stephane MOT
    Stephane MOT
    Author & Chief AtoZ Officer
    • Posté à 10h09 le 27/08/2009
    • Internaute 17943
      Author & Chief AtoZ Officer

    Pourquoi pas un scenario a la Japonaise avec un meta-parti tout le temps au pouvoir, des chanceliers jetables, et une bureaucratie qui fait ronronner tout doucement le pays vers le declin ?

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