« Nous sommes le peuple ! », ce slogan qui changea le monde

Publié le 10/10/2009 à 01h45


à Dresde, le 1er octobre 2009, commémoration des 20 ans de la libération de 4000 Allemands de l'Est qui s'étaient réfugiés à l'ambassade allemande de Prague (Wolfgang Rattay/Reuters).

Le mur de Berlin est tombé le 9 novembre 1989, mais le véritable tournant de la révolution allemande eut lieu un mois plus tôt. Ce jour-là, un slogan est né. « Wir sind das Volk ! » (« Nous sommes le peuple ! ») allait changer la face du monde. Nous avons pu rencontrer son auteur. Un cadeau de la Providence journalistique et une exclusivité de Rue89, qui n'a jamais aussi bien porté son nom.

Peter habite Berlin. Nous nous sommes donné rendez-vous chez lui pour qu'il me raconte les événements de 1989, dont il a vécu chaque heure intensément. Il n'a que 22 ans lors de la chute du Mur, mais a déjà un long passé activiste derrière lui. Il fréquente dès l'âge de 14 ans les cercles de mouvements pour la paix, affiliés à l'Eglise protestante.

L'Eglise a joué en Allemagne de l'Est un rôle majeur pendant la révolution, bien que différent de celui tenu par l'Eglise catholique en Pologne, avec Solidarnosc. Elle n'a pas conçu la révolution à proprement parler, mais elle demeurait le seul endroit où il était possible de penser et parler librement. C'est dans les églises que se réunissent au début des années 80 les premiers mouvements pour la paix, témoigne Peter :

« On y parlait de tout, de la menace nucléaire, qui était réelle en Allemagne, en raison du stationnement des missiles américains Pershing à l'Ouest et SS-20 soviétiques à l'Est, mais aussi d'écologie, et bien sûr, des changements à l'intérieur de la société. Ces cercles pacifistes sont essentiels pour comprendre le mouvement de 1989. Sous le manteau de l'église, ils ont été les artisans de la résistance politique. »

A la croisée des chemins entre ces mouvements et l'Eglise se situent les « Montagsdemo », les manifestations du lundi, dont on peut dire qu'elles vont sonner le glas du régime. Parties début septembre de Leipzig, elles prennent rapidement de l'ampleur et s'étendent à l'ensemble des grandes villes du pays.

« A la fin du culte, les gens sont restés ensemble et ont manifesté pour plus de liberté. C'est comme ça que ça que tout a commencé. »

La foule réclame la liberté d'expression et le droit de circuler librement à l'étranger.

« A aucun moment, il n'a été question de réunification entre les deux Allemagnes. Jusqu'à la chute du Mur, les gens n'y pensaient absolument pas. C'était tout simplement inimaginable. »

Le contexte international, en cette fin d'été 1989, est tendu. De plus en plus d'Est-Allemands fuient la RDA. Le 10 septembre, la Hongrie ouvre ses frontières avec l'Autriche. Des milliers d'Allemands profitent de cette brèche pour rejoindre l'Ouest. D'autres choisissent le chemin des ambassades de la République fédérale d'Allemagne en Pologne ou en Tchécoslovaquie, afin d'obtenir des visas.

« Tout ce qu'on voulait, c'était mettre enfin en œuvre les idéaux socialistes qu'on nous avait inculqués depuis la tendre enfance et dont on voyait qu'ils étaient trahis tous les jours. Il fallait que ça change. »

« Le moment-clé de la révolution a eu lieu, selon moi, le 9 octobre », analyse Peter :

« A Berlin, l'atmosphère était très tendue ce jour-là. Je me suis rendu à la Gethsemanekirche, à Prenzlauer Berg, un des endroits principaux de la résistance. C'était un lundi et nous savions que la police avait reçu cette fois-ci l'ordre d'intervenir violemment. Bref de tirer. »

Jusque lors, la police et la Stasi avaient interpellé de nombreuses personnes, mais il n'y avait pas eu effusion de sang. La direction du parti SED, débordée par la tournure que prennent les événements, est divisée sur la position à tenir. La ligne dure s'impose.

« Il y avait un monde fou à l'église. A la fin de la cérémonie religieuse, personne se songeait à rentrer chez soi. Chacun savait qu'il allait se passer quelque chose mais personne ne savait vraiment quoi. C'est alors que la police est venue sur nous de tous les côtés.

Nous étions pris en étau. Jusqu'alors, le mot qui circulait était “Wir sind ein Volk”, “nous sommes un seul peuple”. On voulait signifier à la police qu'eux et nous, nous étions ensemble. Mais la police commençait déjà à nous charger. Je me suis dit, ils sont trop cons, on leur crie “Nous sommes un peuple”, et ils ne comprennent pas. A ce moment-là, j'ai eu une illumination, et j'ai crié “Nous sommes le peuple ! ”. »

La foule reprend la formule, comme une évidence. Ce mot deviendra le leitmotiv d'un peuple en colère. Ce jour-là, la police ne tira pas, ni à Berlin ni à Leipzig, ville où se déroula la plus importante manifestation. Ce fut le tournant. Le pouvoir avait capitulé. La révolution pacifique était en marche, plus rien ne pouvait l'arrêter. Peter sourit :

« Je sais bien que ça parait délirant, mais j'ai l'impression que je suis le premier à l'avoir dit. »

On ne le saura jamais, mais je veux le croire. Et puis qu'importe ? « When the legend becomes fact, print the legend. »

Photo : à Dresde, le 1er octobre 2009, commémoration des 20 ans de la libération de 4000 Allemands de l'Est qui s'étaient réfugiés à l'ambassade allemande de Prague (Wolfgang Rattay/Reuters).

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  • ysengrimus
    • Posté à 14h46 le 10/10/2009
    • Internaute

    Franchement, ces recycleurs du slogan hautement suspect « das volk » qui se servent de la calotte excécrable comme d'un tremplin pour retourner se nicher dans les replis fétides de l'empire capi, je ne suis pas impressionné. Parler de « révolution » en décrivant cela, ma foi, c'est du journalisme à la Marianne…

    Comme quoi, bien, « le peuple » ne fait pas toujours la révolution. Sauf que…

    Lien

    des révolutions, des vraies, il y en aura encore, allez....

    Paul Laurendeau

    • christobal0094
      • Posté à 15h04 le 10/10/2009

      L'usage du mot revolution vous heurte, ce n'est pas tres grave.

      mais « nous sommes le peuple » reste un slogan sublime.

      Le peuple sans organisation n'est rien. Dans l'etat de deliquescence de nos societes quelle structure, qui, peut dire aujourd'hui, dans nos telecraties, nous sommes le peuple ?

      et bien sur la structure parvenue au pouvoir trahit toujours le peuple.

      mais on n'entend pas trop parler de l'eglise protestante de l'ex-RDA, elle a prete ses locaux, protege les citoyens ( droit d'asile ? ) et ne joue plus aucun role politique, a ma connaissance.

      • ysengrimus
        • Posté à 15h08 le 10/10/2009
        • Internaute

        Hum... « nous sommes le peuple » reste un slogan... populiste, sans plus.
        P.L.

      • Crepitus
        Crepitus answers to christobal0094
        Retraité
        • Posté à 16h13 le 10/10/2009
        • Internaute
          Retraité

        Quelle organisation, une église, un parti ? merci nous connaissons, nous avons déjà donné. Je ne sais quelle réponse donner mais surtout pas celles précitées.

         
        • christobal0094
          • Posté à 16h59 le 10/10/2009

          me suis-je mal exprime ?

          les eglises protestantes et c'est clairement rappele dans l'article, n'etaient que des lieux de rassemblement de « dissidents ». Il s'agissait de clandestinite.

          et arrives au pouvoir avec ou sans vote les revolutionnaires ont tjrs trahit le peuple.

          de Napoleon a Staline, reste lesa utopies. Mais je prefere personnellement le non-etat et les idees de Proudhon.

          je n'ais jamais donne dans les clerges et partis.

        1 other comments
    • yan
      yan answers to ysengrimus
      • Posté à 00h47 le 11/10/2009

      Avant de parler de « recycleurs du slogan » je parlerais de recycleur de sujet.

      Je ne sais plus sur quelle chaine (Arte, France5...) un docu est passé à la télé à ce sujet il y a 8 jrs environ.

      Pur hasard de calendrier bien sur.

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 14h54 le 10/10/2009
    • Internaute
      Prisonnier dans le village (...)

    Et vingt ans après , le slogan , c'est quoi ?

    « Nous sommes le consommateur “ ?

    ‘Nous sommes le spectateur ?

  • dU8cHI8rONd --
    • Posté à 14h49 le 10/10/2009

    ouais.... un article de plus qui se rajoute au déluge de propagande anti communiste qui deferle sur les ondes, dans la presse et à la télé à l'occasion des 20 ans de la chute du « mur ».

    Ainsi, le « monde libre » l'a emporté sur le « totalitarisme ».

    On dirait que la droite rence et les bobos de Libération ne savent pas que la guerre froide est terminée et repetent inlassablement les mêmes ponisifs éculés sur les pays socialistes.

    On aurait pu esperer, la menace disparue, un peu d'objectivité et de lucidité sur ce qu'a été le quotidien des millions d'habitants de ces pays pendant près d'un demi siècle. Bah non. On en reste aux caricatures.

    Moi j'aimerais bien qu'on me dise ce qu'on gagné les Allemands de l'est à l'annexion de leur pays par les capitalistes de l'ouest.

    La « liberté » me direz vous. La liberté d'être au chômage, la liberté de perdre son logement, la liberté de ne pas avoir les moyens de se soigner, celle de ne pas pouvoir financer les études de ses enfants ...

    Bien sûr que le totalitarisme bureaucratique avait depuis longtemps étouffé les idéaux socialistes, et qu'on ne pouvait pas attendre grand chose de la gérontocratie au pouvoir, mais fallait il pour autant jetter le bébé avec l'eau du bain ?

    Partout, dans ces pays, on est passé du stalinisme naftaliné au liberalisme le plus barbare dans des conditions qui n'ont pas profité au plus grand nombre. Voir le taux de chômage dans les ex landers et les scores électoraux de « die linke » dans ces ex-distrikts de RDA.

    • Alain-Xavier Wurst
      • Posté à 15h49 le 10/10/2009

      Merci pour votre commentaire. Je vais l'envoyer à Peter, Christian, Evelyn, Kerstin et tous les autres, qui ont passé les 20 ou 30 premières années de leur vie derrière le Mur - comme vous, n'est-ce pas ? J'attends leurs réactions avec impatience. Allez savoir pourquoi, ils sont tous très conscients, comme nous tous, des limites et insuffisances de notre société, mais je n'en connais pas un/e qui regrette le temps passé. Il est vrai qu'ils en ont payé le prix, eux. Mais sans doute sont-ils tous de bien méchants financiers, qui ne pensent qu'à produire, exploiter et accaparer.
      Bonne lutte.

      • ysengrimus
        • Posté à 16h07 le 10/10/2009
        • Internaute

        Ouf... facile... C'est comme cette brillante réponse. On va la lire à haute voix aux analphabètes canadiens tiens, quêteux, robineux, immigrants chômeurs et autres laissés pour compte du pognon et du « succès » de Toronto et de Montréal. À l'occasion, ils en causeront peut-être avec les ruinées du système de $anté du pays du billet vert. La chute du mur était sensée leur donner à tous de l'idéal et réduire les gabegies des guerres…. On attend toujours tous ensemble de pas crever la gueule ouverte sur le continent le plus « libre » et le plus « riche » du monde…

        Tant qu'à la jouer populiste, hein…
        Paul Laurendeau

      • dU8cHI8rONd --
        • Posté à 17h37 le 10/10/2009

        Tout est toujours si simple avec les anti-communistes primaires comme vous. Tiens, allez lire ça : Lien ça vous changera de votre propagande.

        Bonne désinformation.

      • Aloïs
        • Posté à 18h21 le 10/10/2009

        Le commentaire d'avant parle du communisme, hors l'URSS n'a jamais été communiste, si on respecte ce qu'a dit Marx du communisme, l'URSS s'est arrêtée à la phase socialiste.

      • Numerosix
        Numerosix answers to Alain-Xavier Wurst
        Prisonnier dans le village (...)
        • Posté à 19h26 le 10/10/2009
        • Internaute
          Prisonnier dans le village (...)

        Were captive on the carousel of time
        We cant return we con only look behind
        From where we came
        And go round and round and round
        In the circle game.

        Joni Mitchell

         
        • spartak
          spartak answers to Numerosix
          • Posté à 01h14 le 11/10/2009

          Follow the Moskva
          Down to Gorki Park
          Listening to the wind of change

          Did you ever think
          That we could be so close
          Like brothers...

          Scorpions

          Je me suis toujours demandé s'ils avaient été subventionnés par des reliquats de la CIA pour aller faire leur grand show à Moscou
          Lien

        1 other comments
      • kk
        kk answers to Alain-Xavier Wurst
        au vert
        • Posté à 09h42 le 11/10/2009
        • Internaute
          au vert

        On peut noter la pertinence de votre réponse.
        Il se trouve que je passe du temps dans le Meck-Pomm, Land de l'Est.
        Votre réponse, je vais l'envoyer à Christiane, Ludger, Mathias, Karl, Ute qui ont passé les 20 ou 30 premières années de leur vie derrière le Mur et disent fréquemment « Avant, au moins, on avait, on pouvait ... »
        Vous ne les avez pas rencontrés ?

        Ce gardien de musée à Berlin qui a grommelé derrière mon dos « Avant, c'était gratuit pour les enseignants » quand je demandais si je pouvais bénéficier d'une réduction, vous ne l'avez pas rencontré ?

        Vous n'en connaissez pas un ou une qui regrette le passé.
        A Berlin ?

        Vous devriez sortir de Prenzlauer Berg et visiter Lichtenberg, le Meck-Pomm, vous trouveriez peut-être plus de personnes à qui envoyer nos commentaires (on s'occupe comme on peut)

         
        • Calvin
          Calvin answers to kk
          • Posté à 11h32 le 11/10/2009

          Je n'en connais pas beaucoup en république tchèque en tout cas... et je connais bien le pays. C'est bien joli votre réponse, mais les élections sont libres et que je sache les communistes ne font pas de très bons scores... Alors qui est de mauvaise foi ?

          • kk
            kk answers to Calvin
            au vert
            • Posté à 12h02 le 11/10/2009
            • Internaute
              au vert

            - Je ne suis jamais allée en république tchèque et ne m'y suis jamais intéressée ; je n'en dirai donc rien
            - Je n'ai jamais parlé de mauvaise foi mais de pauvreté d'argument pour un rédacteur d'article
            - les élections sont libres :
            Lien
            Lien

            27,4% en Thuringe pour die Linke, si ce n'est pas un très bon score dans un Land de l'ancienne RDA, on peut au moins parler de bon score non ?
            Et 34,8 % dans l'ancien Berlin est
            Lien
            47,5 % à Berlin Lichtenberg
            Lien(electoral_district)
            De mauvaise foi dites vous ?

        • Compte supprimé le 4 janvier 3
          • Posté à 11h45 le 11/10/2009

          Réponse extrêmement pertinente, au contraire. Amnesty International était à l'époque fort occupée avec un nombre considérable de prisonniers d'opinion enfermés dans les geoles de la Stasi...

          Pour avoir encadré plusieurs fois des groupes d'ados en Allemagne de l'Est, pour des prétendus « échanges » à sens unique - puisque si les jeunes Français y allaient, les jeunes Allemands n'avaient pas le droit de franchir la frontière : « Nein, verboten ! » - j'en ai vues de vertes et de pas mûres. Un mois de séjour, dont 15 jours en usine et 15 jours de tourisme. Un mois pendant lequel les enfants étaient soumis à une propagande intense - on rassurait leurs parents avant le départ en leur disant, « Ne vous en faites pas, c'est une bonne expérience, ils reviendront vaccinés », et en effet ! Il n'y avait pas mieux pour devenir anticommuniste viscéral !

          D'abord, l'usine : ces petits Français partaient avec l'idée bien arrêtée d'en foutre le moins possible, bien sûr. Et à leur immense stupéfaction, ils ne réussissaient pas à en faire moins que les ouvriers allemands auprès de qui ils « travaillaient » ! Et il faut souligner que l'Allemagne de l'Est était le PHARE des pays communistes : là où ça marchait le moins mal !

          Les magasins vides, la suspicion généralisée, la hantise de se faire arrêter, les privilèges des aparatchiks... Très joli modèle ! D'ailleurs, il n'est que de constater à quelle allure il a volé en éclats : dans tous ces pays, les gens qui ne pouvaient pas voter pour décider de leur sort, ils ont voté avec leurs PIEDS car ils n'avaient qu'une idée en tête : se barrer. A la première brèche (ouverture de la frontière hongroise), ils se sont précipités en masse !

          C'est vrai : la réponse de l'auteur est fort pertinente.

          • kk
            kk answers to Compte supprimé le 4 janvier 3
            au vert
            • Posté à 12h30 le 11/10/2009
            • Internaute
              au vert

            Je vois que comme vous le faites régulièrement, vous répondez « à côté »
            Mais ce n'est pas grave, j'en ai l'habitude

            Vous pouvez bien écrire ce que vous voulez sur le régime communiste d'Honecker et la Stasi que je n'ai jamais défendus, il n'empêche qu'il existe dans l'ex RDA des nostalgiques d'« avant », que j'en connais, et que n'avoir pour seule réponse que « Merci pour votre commentaire. Je vais l'envoyer à Peter, Christian, Evelyn, Kerstin et tous les autres, qui ont passé les 20 ou 30 premières années de leur vie derrière le Mur - comme vous, n'est-ce pas ? »
            est un peu pitoyable venant de quelqu'un qui s'annonce journaliste.
            Il aurait du ajouter « nananèreuh ! »

            J'en connais des qui ...

            • Compte supprimé le 4 janvier 3
              • Posté à 13h00 le 11/10/2009

              « Vous pouvez bien écrire ce que vous voulez sur le régime communiste d'Honecker et la Stasi que je n'ai jamais défendus »

              Sans blague ! Ca y ressemblait pourtant comme deux gouttes d'eau, puisque selon vous ils sont tellement regrettés ! M'accuser de « répondre à côté » c'est bien pratique, mais c'est d'une mauvaise foi sans nom.

              « il n'empêche qu'il existe dans l'ex RDA des nostalgiques d'“ avant ” »

              Il existe toujours et partout des « nostalgiques d'avant » (il est difficile d'être « nostalgique d'après ») - parce que quand on avait 20 ans, c'était forcément « mieux » que quand on en a 70... Et encore, vous parlez de ceux qui sont restés.

              Vous en connaissez des qui quoi ? Vous connaissez une belle meute, effectivement.

              • kk
                kk answers to Compte supprimé le 4 janvier 3
                au vert
                • Posté à 13h11 le 11/10/2009
                • Internaute
                  au vert

                Je n'ai jamais parlé du régime d'Honecker ni de la Stasi.
                Je connais des personnes dans le Meck-Pom qui sont nostalgiques d'« avant »
                Votre ironie est déplacée parce que « avant » est le terme que les ossies emploient souvent pour parler de la RDA,

                Le mur est tombé il y a 20 ans et les personnes que je connais parlent de quand il y avait du travail, de la dignité (eh oui ! ), l'avortement facile et pas de leur jeunesse.
                Et ils n'ont pas 70 ans.
                Ceux qui sont restés ?
                Ce n'est pas le propos, encore une fois, vous détournez le sujet.

                Une belle meute ? mes amis de Berlin et du Meck-Pom ?
                Vous n'êtes pas très gentille avec eux, vous leur en voulez parce qu'ils sont restés ?

                • Compte supprimé le 4 janvier 3
                  • Posté à 14h03 le 11/10/2009

                  « Je n'ai jamais parlé du régime d'Honecker ni de la Stasi. »

                  C'est d'autant plus hypocrite : vous avez parlé d'« avant ».

                  « les personnes que je connais parlent de quand il y avait du travail, de la dignité (eh oui ! ) »

                  La « dignité » d'avant ! Elle est bonne ! Ce dont se plaignaient tous les habitants des ex-pays dits « de l'Est », c'est qu'on leur avait VOLE leur dignité en les réduisant à la misère et en les obligeant à courber l'échine. Avant, il y avait du travail, et quel travail !

                  Décidément, nous n'avons pas la même conception de la « dignité » : c'est confirmé.

                  D'un prisonnier politique d'ex-RDA à Amnesty International après la chute du Mur : « A la 3000ème lettre, le directeur de la prison m'a rendu mon pantalon »... Dignité...

                  • kk
                    kk answers to Compte supprimé le 4 janvier 3
                    au vert
                    • Posté à 14h51 le 11/10/2009
                    • Internaute
                      au vert

                    Je n'ai pas parlé d'avant ; les ossies emploient souvent ce terme
                    Qui êtes vous pour parler à la place des gens ?

                    Mais dites moi, Béatrice, de quand date votre dernier voyage dans l'ex RDA ?

                    Le 17 septembre, vous énonciez sur ce site : « “ La grande majorité des Allemands est pour la criminalisation du communisme ‘
                    Je vous demandais des sources, j'attends toujours
                    Que dites-vous, puisque sans dévier de mon propos, je parle des nostalgiques de la DDR, de Gesine Lötzsch, d'abord élue sous l'étiquette communiste (PDS) puis, il y a un mois, élue Die Linke avec plus de 47% des voix à Lichtenberg, quartier de l'ex Berlin est
                    Comment fait donc l'auteur de cet article pour écrire mais je n'en connais pas un/e qui regrette le temps passé’ ?
                    Je lui conseille donc de sortir de Prenzlauerberg pour aller à Lichtenberg ou en Saxe, ou dans le Meck-Pom ...
                    Là, ne vous en déplaise, des nostalgiques, il y en a.

                    Si je vous dis que je connais des intégristes nostalgiques de l'église catholique d'avant , vous allez dire que je fais l'apologie de cette église catholique fondamentaliste ?
                    Vos arguments n'en sont pas.

                    • kk
                      kk answers to kk
                      au vert
                      • Posté à 20h10 le 11/10/2009
                      • Internaute
                        au vert

                      C'est rigolo comme vous ne répondez jamais aux questions qui vous dérangent Béatrice.
                      Votre stratégie est toujours la même dans ce cas là : soit vous dérivez et tentez de faire porter le débat sur autre chose, soit vous ne répondez pas.
                      Là, vous ne répondez pas.
                      Comme vous ne répondez pas sur les 47,5% d'électeurs qui votent die Linke à Lichtenberg.

                  • kk
                    kk answers to Compte supprimé le 4 janvier 3
                    au vert
                    • Posté à 14h50 le 11/10/2009
                    • Internaute
                      au vert

                    « Avant, il y avait du travail, et quel travail ! “
                    Vous pouvez préciser ?

          • malatrie
            • Posté à 13h53 le 11/10/2009
            • Internaute
              Distraite

            « geoles » : geôles
            « dans tous ces pays, les gens qui ne pouvaient pas voter pour décider de leur sort, ils ont voté avec leurs PIEDS car ils n'avaient qu'une idée en tête : se barrer. » : dans tous ces pays, les gens qui ne pouvaient pas voter pour décider de leur sort ont voté avec leurs PIEDS car ils n'avaient qu'une idée en tête : se barrer.

          • malatrie
            • Posté à 13h54 le 11/10/2009
            • Internaute
              Distraite

            Et cautionner ce type d'« échanges », c'est moral ?

          • malatrie
            • Posté à 13h57 le 11/10/2009
            • Internaute
              Distraite

            Et cautionner ce type d'« échanges », c'est moral ?

        • Alain-Xavier Wurst
          Alain-Xavier Wurst answers to kk
          • Posté à 00h37 le 12/10/2009

          Difficile de répondre à l'déologie, par définition réfractaire à toute forme de débat. Je laisse de côté l'argument de la gratuité des musées, argument surréaliste en regard de ce qu'était la nature du régime. Mais l'essentiel n'est pas là.

          Chaque jour, depuis vingt ans, mes amis d'Allemagne de l'Est notent le fossé qui existe entre eux et les « Wessis », les Allemands de l'Ouest. La façon, par exemple, dont le passé est revisité ou réécrit par l'Ouest - un travail historique vraiment exhaustif de cette période charnière que furent la révolution de 1989 et les premières années de la réunification reste encore à écrire. Ou encore les préjugés sans fin sur eux. Ou encore, les différences socio-économiques très marquées entre les Länder de l'Ouest et de l'Est, malgré un transfert de ressources considérable.

          Les personnes que je cite ne sont nullement des gens qui rejettent la RDA ou renient le passé. Loin, très loin s'en faut. Ils ont aimé et aiment l'Allemagne de l'Est, et se sentent profondément « Ossis », comme ils disent. Cette appellation renvoie à une identité, qui, là encore, reste à étudier et à analyser - par exemple, pourquoi un jeune homme de vingt ans ne se déclare pas aujourd'hui Allemand, mais d'abord « Ossi », alors qu'il est né après la chute du Mur ?

          Beaucoup y ont cru sincèrement, et, comme Peter, se sont engagés pour que s'accomplisse le vrai socialisme. Peter explique noir sur blanc que l'objet des manifestations n'était pas d'épouser les yeux fermés la société de consommation, dont l'Est connaissait les travers, mais bien de changer de l'intérieur un système qui trahissait chaque jour un peu plus sa raison d'être (cf. citation dans l'article). Il me confiait qu'il en voulait d'ailleurs beaucoup à ceux qui ont fui, ou plus exactement était déçu de ces hommes et femmes qui abandonnaient la lutte pour se réfugier à l'Ouest. Aujourd'hui, il reconnaît la vision très idéaliste qu'il avait alors de la situation.

          Les personnes que je cite savent mieux que quiconque les faillites, les contradictions et les impasses du régime communiste (à la différence de ceux, ici, qui continuent à le fantasmer), mais n'ont pas pour autant renoncé au projet de société qui le sous-tendait. Elles savent cependant que les équations d'une société sont infiniment trop complexes pour être résolues par un parti unique et une économie planifiée, auxquels s'ajoute la privation des libertés élémentaires.

          Lors d'une récente discussion à Berlin, on demanda à Vaclav Havel comment il interprétait, de son point de vue, les scores parfois élevés des partis communistes dans les anciens pays de l'Est. Réponse :
          « Je peux comprendre qu'on puisse voter pour le parti communiste, même si je le regrette. Voyez-vous, certaines personnes ont connu leur première amour et ont eu leur premier travail sous un régime communiste. Toute leur vie s'est déroulée sous ce système, et du jour au lendemain, on leur dit que ce qu'ils ont vécu n'a plus de sens. Pour des personnes âgées, c'est trop. Je comprends qu'elles se réfugient dans un vote communiste. Pour les jeunes gens, j'y vois un message de résistance. » Ce qui n'exclut pas qu'il y aura toujours des nostalgiques, hélas.

          J'ajouterais pour finir que cette discussion aurait eu lieu, en Allemagne de l'Est, dans une église. Je préfère quant à moi un monde où l'on peut échanger publiquement, sans rien avoir à craindre, à part la violence du ton, que je trouve dans certains commentaires tout simplement sidérante.

          • dU8cHI8rONd --
            • Posté à 10h59 le 12/10/2009

             » Je laisse de coté l'argument .... »

            Oui, vous laissez de coté les arguments qui pourraient ébranler vos convictions dont le fondement trouve ses sources dans des années de propagande que vous n'avez visiblement jamais cherché à dépasser, malgré votre statut d'auto-proclamé « journaliste ».

            Donc inutile de vous produire d'autres arguments, comme le plein emploi, la qualité des systèmes de soins et d'éducation, le taux d'emploi des femmes ainsi que celui de natalité, l'accés des jeunes au sport, aux études supèrieures, la qualité du logement social....

            Non, non. Si on dit autre chose que « les affreux communistes mangent des enfants » (ce qui au demeurant semble difficile avec un couteau entre les dents), la police de la pensée dont vous êtes un suppot dévoué vient immédiatement rappeller la bonne parole anti-communiste.

            Il y aurait pourtant tellement de choses à dire sur ce pays disparu, c'est dommage que vous et vos semblables en soient restés 30 ans en arrière, comme si nous étions en pleine guerre froide. A quand un discours objectif sur ce que fut ce pays, loin de la caricature manichéenne que vous en dressez ?

            Attention, je ne fait pas l'apologie d'un système dont les travers étaient parfaitement insuportables. Système dont je suis tout à fait conscient qu'en tant que communiste convaincu j'aurais été évincé, voir inquiété. Cependant, je suis persuadé qu'il aurait été possible de l'améliorer, de le démocratiser (ce que voulaient la plupart des manifestants), sans détruire ce qu'on ne pourra sans doutes jamais reconstruire.

            Je trouve que fêter comme vous le faite la fin de la RDA (jusqu'à s'en inspirer pour le nom de votre « journal ») est un défi à la dialectique. Il n'y a aucune raison de se réjouir, ni de la fin d'une utopie, ni de la façon dont elle s'est produite. En ce sens que les bobos comme vous jouent le jeu de la droite dure en laissant de coté sans autre forme de procès toute tentation de transformation sociale radicale. Hors du marché, point de salut ?

            Je ne vous salue pas.

          • kk
            kk answers to Alain-Xavier Wurst
            au vert
            • Posté à 21h01 le 12/10/2009
            • Internaute
              au vert

            Mes propos ont tenté de rester en dehors de l'idéologie, en dehors de ce qu'était ce régime de la RDA disparu depuis 20 ans et pour lequel je n'ai aucune sympathie, d'autres ici ont rappelé le stalinisme, la STASI ...
            Même si les choses ne sont pas aussi simples et qu'effectivement (à mon avis), les ossies ont dans certains domaines perdu au change, l'emploi notamment.

            J'ai réagi à votre propos : « mais je n'en connais pas un/e qui regrette le temps passé » uniquement, parce que j'en ai rencontré plus d'un(e) des nostalgiques, des gens entre 40 et 50 ans, qui ont vécu leur enfance, leur jeunesse, leur vie de jeune adulte derrière le mur.
            Et si l'anecdote du gardien de musée peut paraitre dérisoire, elle n'en est pas moins vraie et cet homme avait une cinquantaine d'années, il est des personnes qui ne perdent pas une occasion , me semble-t-il de se référer à « avant » et d'exprimer une nostalgie.

            Votre remarque sur un travail historique m'interpelle ; en effet, je m'interroge sur deux choses.
            Quand je me déplace (en touriste) dans Berlin, je suis frappée par l'absence de la RDA, j'ai le sentiment qu'on a voulu effacer le passé, il y a bien ce petit morceau de mur en bordure de Spree mais sinon ... un musée anecdotique, quelques Trabant, des boutiques dans Friedrichschein qui vendent des objets datant de la RDA, mais où sont les lieux de mémoire et de réflexion ?
            L'histoire de cette ville et de ce pays est étroitement liée à l'histoire de l'Europe et du monde, à la guerre froide et je trouve inquiétant d'en faire disparaitre toutes les traces.
            Si hideux et amianté qu'ait pu être le Palais de la République, je trouve humiliant pour les ossies le sort qu'on lui a fait subir et l'avenir qu'on réserve au site (mais ça, c'est un autre débat)

            Le travail historique exhaustif donc ...
            J'ai lu ( dans un ancien numéro de la revue Autrement me semble-t-il) qu'après la réunification, de très nombreux professeurs d'histoire (dont la quasi totalité des profs de fac) avaient été renvoyés parce que l'histoire qu'ils enseignaient n'était plus recevable.
            Peut-on faire l'économie de ces historiens dans un travail exhaustif ?

            j'ai déjà entendu des personnes évoquer ce que vous dites « Peter explique noir sur blanc que l'objet des manifestations n'était pas d'épouser les yeux fermés la société de consommation, dont l'Est connaissait les travers, mais bien de changer de l'intérieur un système qui trahissait chaque jour un peu plus sa raison d'être » Comme quoi les choses sont beaucoup plus complexes que ce qu'on peut lire ici, j'ai même entendu dire « Je suis apatride, je n'ai plus de pays »

            Le vote de Lichtenberg est étonnant par le score de la candidate, mais sur tous les scrutins, Berlin Est (pour faire court) ne vote pas comme Berlin Ouest (toujours pour faire court) même sur des scrutins comme le référendum pour Tempelhof.
            Mais nous voilà bien loin du sujet de votre article, encore que : Sind sie jetzt EIN Volk ?

        16 other comments
  • XavXav
    • Posté à 14h51 le 10/10/2009
    • Internaute

    Merci pour cette petite anecdote historique, qui rappellera peut-être à certains avec quel enthousiasme nous avons abordé les années 90, avant de se voir trahis par le néo-conservatisme à l'américaine qui a déferlé aux USA et en Europe depuis 2000.

    Pour répondre au commentaire précédent, et pour rester dans l'article, on a gagné le fait de ne pas risquer de se faire tirer dessus par les flics quand on se rassemble dans la rue.

    • Majesté
      Majesté answers to XavXav
      Anti-tout (primaire)
      • Posté à 14h53 le 10/10/2009
      • Internaute
        Anti-tout (primaire)

       »...on a gagné le fait de ne pas risquer de se faire tirer dessus par les flics quand on se rassemble dans la rue »...

      Vous êtes vraiment sûr ?

    • dU8cHI8rONd --
      dU8cHI8rONd -- answers to XavXav
      • Posté à 14h55 le 10/10/2009

      xavxav

      Le copain qui a perdu un oeil à cause de la brutalité policière apprecira tes propos.

      On dirait que ça fait longtemps que t'es pas allé en manif, toi.

      • XavXav
        XavXav answers to dU8cHI8rONd --
        • Posté à 18h29 le 10/10/2009
        • Internaute

        Guiné équatoriale il y a 3 semaines : manif contre le pouvoir, 200 morts.

        Chine, août 2009, Xinjiang : manif autonomistes ouigour : plusieurs centaines de morts pendant les manifs, plusieurs milliers de « disparus » ensuite.

        Kirghizie, il y a un an, élections présidentielles, manifs, plusieurs centaines de morts.

        Vous comparez toujours avec les quelques bavures franco-françaises ? Autant il faut contrôler la police de notre pays, autant il ne faut pas oublier que nous pouvons dans ce pays manifester sans les risques qui existaient en URSS ou en RDA à l'époque, et qui existent toujours aujourd'hui dans de nombreux pays.

        Alors non, ce n'est pas en France, mais oui, je vous invite à cesser de vous regarder le nombril.

         
        • Troll-en-folie
          Troll-en-folie answers to XavXav
          • Posté à 22h52 le 10/10/2009

          Sûr que la comparaison parle d'elle-même, mais il faut savoir qu'il est prévu dans la constitution européenne certains cas de figure où la police voir l'armée pourrait tirer sur une foule de manifestants.

          • Troll-en-folie
            • Posté à 03h26 le 11/10/2009

            Pour ceux qui doutent, c'est possible en cas « d'émeute ou insurrection ». Après, qu'est ce qu'une émeute ou une insurrection ?

            Lien

            • XavXav
              XavXav answers to Troll-en-folie
              • Posté à 21h15 le 11/10/2009
              • Internaute

              ce n'est pas dans la constitution UE, qui n'existe pas (ce sont des traités internationaux, qui ne peuvent restreindre de façon définitive et absolue la souveraineté des états, donc leur droit à massacrer leur population), mais dans les lois françaises. On prévoit l'état d'urgence, l'état de siège, et l'état de guerre. Chaque cas emporte la suspension de certains droits et libertés fondamentaux. Il appartient à chacun de s'en souvenir quand, au pastis, il part dans un délire complotiste ou insurrectionnel de salon.

              Je rappelle aussi que la guerre existe dans de nombreuses parties du monde, que par définition, la guerre implique la suspension de toutes les garanties apportées au citoyen, au profit de la violence. La guerre de Yougoslavie est très proche, elle a vu disparaitre un état, une constitution, un pays policé qui ont été remplacés en quelques mois par le règne de la violence, du meurtre, de l'arbitraire. Souvenez-vous en !

        3 other comments
    • Crepitus
      Crepitus answers to XavXav
      Retraité
      • Posté à 16h16 le 10/10/2009
      • Internaute
        Retraité

      En êtes-vous certain ?

  • Duc du Granlac
    Duc du Granlac
    Républicain
    • Posté à 15h51 le 10/10/2009
    • Internaute
      Républicain

    Article intéressant, il nous montre que même face au mur du pouvoir il existe des failles que nous pouvons emprunter.

    Sous le joug communiste c'était la manifestation de rue.

    Et sous le règne de notre bon saigneur Sarkozy où est la faille ?
    A mon avis beaucoup dépend de la capacité de nos journalistes à montrer les incohérences du système Sarkozy et à les révéler au peuple.
    Il faut ensuite une opposition qui représente une vraie alternative et pour ça rien n'est encore acquis.

    Nous avons plus d'outils pour vaincre Sarko que les dissidents sous l'empire communiste n'auraient pu en rêver et pourtant nous restons bras ballant.

    A croire que le petit four est une arme autrement plus redoutable que le fusil.

  • Edwy
    • Posté à 21h24 le 10/10/2009
    • Internaute

    Ce n'est pas pour contredire les souvenirs de Peter, mais selon ce que m'ont raconté des gens qui se trouvaient aussi à Leipzig au mêmes endroits le premier slogan était bel et bien « Wir sind DAS Volk » - slogan ou le « Volk » apparait comme une catégorie purement republicaine et démocrate qui transcrivait encore la volonté de faire simplement évoluer la société socialiste dans le sens de la perestroika, sans mettre en cause le socialisme. Mais ce slogan a vite cedé la place à « Wir sind EIN Volk » - slogan qui trahit le glissement vers la révendication de la « chute du mur » et de la réunification.

    • Alain-Xavier Wurst
      • Posté à 00h54 le 12/10/2009

      Notre ami Peter m'a signalé aujourd'hui que la manifestation dont il parle n'avait pas eu lieu le 9, mais le 8 octobre. Une de ses connaissances tenait à l'époque un journal. Il s'excuse de cette regrettable erreur. Donc, de par sa faute, je devrais réécrire la fin de mon article, ce que je ne ferais pas. Mais en ce qui concerne la paternité du slogan, cela signifie qu'il lui reste encore un espoir : -) Des recherches sont en cours. Je vous tiendrais au courant de l'évolution de cette question cruciale.

  • Fald
    Fald
    Vieux (con)vaincu
    • Posté à 23h38 le 10/10/2009
    • Internaute
      Vieux (con)vaincu

    VOUS AVEZ RENCONTRE L'AUTEUR ? BRAVO ! VOUS NE FAITES PAS VOTRE AGE !

    Après la défaite de la révolution de 1848 en Allemagne et en Autriche, Ferdinand Freiligrath (1810 - 1876) écrit cette complainte, le « Malgré tout » (« Trotz alledem »), archi connue de tout ce qui pense un peu ou beaucoup à gauche dans les pays de langue allemande, et réécrit par les militants au gré des causes successives. Chanson évidemment TRES connue à l'époque en RDA !

    Voici le dernier couplet. Après s'être désolé de tout ce qui a été raté et de la victoire de la réaction, l'auteur place la note d'espoir finale, traditionnelle dans les chants révolutionnaires :

    Doch was zerfällt, vertretet ihr,
    Seid Kasten nur, trotz alledem !
    Wir sind das Volk, die Menschheit wir,
    Sind ewig drum, trotz alledem !
    Trotz alledem und alledem !
    So kommt denn an, trotz alledem !
    Ihr hemmt uns doch ihr zwingt uns nicht,
    Unser die Welt, trotz alledem !

    Traduction (rapide et un peu approximative, excusez ! ) :

    Mais ce qui est en décadence, c'est vous,
    vous êtes des castes malgré tout.
    NOUS SOMMES LE PEUPLE, l'humanité,
    donc éternels, malgré tout.
    Malgré tout et malgré tout,
    attaquez-nous, malgré tout,
    vous nous freinerez mais ne viendrez pas à bout de nous,
    le monde est à nous malgré tout.

    (Pouvez l'entendre en de multiples versions et variantes sur votre youtube préféré ! )

    Il est intéressant au demeurant de constater que ces « révolutions » de 1989 se sont faites à coup de slogans communistes détournés, ou au moins appartenant au patrimoine de la gauche. (la vraie gauche, pas la fraude à l'étiquette ! )

    Autres exemples : la chanson « Brüder zur Sonne zur Freiheit » ou, plus connu des Français, « Du passé faisons table rase ».

    Ce que ces manifestants reprochaient au communisme, c'est de ne pas avoir tenu leurs promesses. Et à mon avis, ils avaient raison.

    Le fait qu'ensuite, ils se soient laisser refiler une restauration pour le prix d'une révolution, C'est une autre histoire.

    Quant à votre Peter qui se vante d'avoir inventé ce slogan, grand bien lui fasse s'il jouit ainsi de son quart d'heure de célébrité.

    • Edwy
      Edwy answers to Fald
      • Posté à 02h29 le 11/10/2009
      • Internaute

      Bien vu !

      D'ailleurs, selon la STASI le slogan n'est pas né le 9 octobre à Leipzig, mais le 8 octobre à Dresde.

      Lien

  • Compte supprimé le 4 janvier 3
    • Posté à 23h50 le 10/10/2009

    « Elle n'a pas conçu la révolution à proprement parler, mais elle demeurait le seul endroit où il était possible de penser et parler librement. »

    Aux nostalgiques de la dictature communiste qui s'expriment ici - oubliant le nombre de gens qui sont morts pour quitter ce « paradis des travailleurs » - ce n'est pas le moindre paradoxe du communisme que l'Eglise ait été « le seul endroit où il était possible de penser et parler librement » ! ! ! La mécréante anticléricale que je suis trouve ça extraordinaire.

    Le communisme a enfin trouvé sa place légitime : dans les poubelles de l'histoire - avec le fascisme.

    • ysengrimus
      • Posté à 00h28 le 11/10/2009
      • Internaute

      Ils s'affairent à faire une place au capitalisme qui est sur le point de les rejoindre...
      P.L.

      p.s. mort à la calotte...

    • Fald
      Fald answers to Compte supprimé le 4 janvier 3
      Vieux (con)vaincu
      • Posté à 11h51 le 11/10/2009
      • Internaute
        Vieux (con)vaincu

      à Béatrice1,

      L'église de RDA, je l'ai respectée jusqu'en 89, en effet, car elle s'opposait à un régime dont j'estimais qu'il salissait mon étiquette politique.

      Mais après avoir récupéré les impôts d'église comme à l'ouest et la religion comme matière scolaire, elle a sagement fermé sa gueule, alors qu'Helmut Kohl envoyait la Bundeswehr sur des terrains d'opérations de l'OTAN, sous de vagues prétextes humanitaires, et dans des conflits comme la Yougoslavie qu'il avait largement contribué à déclencher en agitant certains nationalismes avant de s'en servir.

      Là, les pasteurs de Leipzig ont montré leur vrai visage.

      Fan de chansons allemandes, en particulier de chansons engagée, d'où ma connaissance de « Trotz alledem », je l'étais de Wolf Biermann déjà avant qu'il soit chassé de RDA en 1976, à une époque, où ses défenseurs gauchistes et libéraux prononçaient encore son nom « Ouolf Baïrmeun ». Si j'avais été un suppôt du régime, j'aurais placé ailleurs mon admiration.

      Et comme je fais partie de ceux que vous prenez manifestement pour des fans de Honecker, Husak et autres Brejnev, voire de Ceausescu, Staline et pourquoi pas de Pol Pot, tant qu'on y est, j'ai envie de vous répondre par un refrain du dit Biermann : « Was hast du im Schädel, Dreck oder Stroh ? Du, bist du so dumm oder tust du nur so ? » Mais comme je suis bien élevé, je ne le ferai pas et je préfère ne pas traduire.

      Je ne sais pas si vous êtes une actionnaire qui défend ses intérêts, une dirigeante libérale ou social-démocrate qui défend son poste, ou seulement fanatisée contre le communisme pour des raisons peut-être valables comme la parenté avec des victimes de Staline.

      Mais si vous êtes de bonne foi, il faudrait ouvrir les yeux : les communistes sont les seuls de tous les mouvements politiques à savoir se retourner sur leur passé et à l'assumer ! Processus qui a duré certes trop longtemps, depuis 1956, mais qui a eu lieu, ce qui veut dire qu'ils ne sont pas prêts à recommencer les mêmes choses et que la critique venant d'ailleurs que d'eux mêmes relève de l'hôpital qui se fout de la charité.

      Car les autres partis et courants conservateurs et réformistes préfèrent changer de nom périodiquement pour mieux recommencer. Ils en sont par exemple à se demander encore si on n'a pas eu raison de torturer et de massacrer les Algériens, Indochinois et autres Malgaches. (Un exemple parmi une multitude.)

      Pour moi, être communiste à l'heure actuelle, ce n'est hélas plus être au parti communiste de l'après Robert Hue, mais c'est ne pas soutenir un régime capitaliste qui, dans ses formes les plus démocratiques, tue dans les 200 000 personnes par jour rien que par l'application des lois du marché aux produits de première nécessité ! (Chiffres donnés par des organisations charitables très éloignées du communisme et par l'ONU, et datant d'avant la crise actuelle.)

      Et cela sans compter tous les massacres, les guerres et dictatures qui ont tellement bien servi le capitalisme à travers l'histoire, et qui se reproduiront si le besoin s'en fait sentir. (Voir le Honduras qui n'est sans doute qu'un timide début pour reprendre les bonnes habitudes en Amérique latine.)

      Pour vous qui m'avez l'air de connaître par cœur l'évangile selon Saint Stéphane Discourtois, 200 000 par jour, ça fait plus de 100 millions tous les 18 mois. Pas tous les 70 ans ! Donc même si votre idée du communisme était juste, il n'y aurait pas photo.

      Un communiste d'aujourd'hui, c'est, pour la masse des gens, comme un républicain entre 1799 et 1871 : au mieux un rêveur utopiste, au pire un complice et un nostalgique d'une période catastrophique. Tout ce qu'il a à faire, c'est d'en avoir conscience et de l'assumer.

      Car au début du 19eme siècle, les républicains avaient raison, MALGRE TOUT (en allemand : trotz alledem).

      • Compte supprimé le 4 janvier 3
        • Posté à 13h14 le 11/10/2009

         » les communistes sont les seuls de tous les mouvements politiques à savoir se retourner sur leur passé et à l'assumer ! »

        Ouahhhh ! ! ! Vous allez me faire pleurer ! « Bilan globalement positif », donc, camarade ?

        Un communiste d'aujourd'hui, c'est effectivement un complice et un nostalgique d'une période plus que catastrophique : honteuse et ignoble. C'est surtout un dinosaure qui ne peut pas se permettre de s'avouer qu'il s'est toujours trompé sur tout, et qu'en prétendant faire le bonheur de « l'homme nouveau », il a causé la mort et la misére de centaines de millions de malheureux - qui ne veulent plus entendre parler d'eux.

        Vous avez envoyé un cadeau à Staline pour son anniversaire ? Vous avez chanté son « ode » ?

        « Tout ce qu'il a à faire, c'est d'en avoir conscience et de l'assumer. »

        Ben pourquoi ce ne serait pas valable pour les nazis ?

        Les communistes ont - partout et toujours - eu TORT.

        Si ça peut vous rassurer : je suis une « actionnaire » qui défend ses intérêts, en plus d'une dirigeante libérale et social-démocrate (à qui vos copains d'alors ont préféré Hitler) qui se bat pour garder son poste - ben voyons. Vous allez sans doute m'expliquer aussi pourquoi je suis « fanatiquement » contre le fascisme. Car il ne saurait y avoir de « bonnes » raisons pour être opposé à tous les totalitarismes, à toutes les dictatures...

         
        • malatrie
          • Posté à 13h59 le 11/10/2009
          • Internaute
            Distraite

          « misére » : misère

        • kk
          kk answers to Compte supprimé le 4 janvier 3
          au vert
          • Posté à 15h05 le 11/10/2009
          • Internaute
            au vert

          - Se retourner et assumer son passé ne veut pas dire « bilan globalement positif »

          A un jeune communiste, disons de 25 ans, direz-vous qu'il est « complice d'une période plus que catastrophique » (Je vous cite )
          Lui diriez-vous qu'il est « nostalgique d'une période plus que catastrophique : honteuse et ignoble »
          Lui direz-vous, à ce jeune, qu'il « est surtout un dinosaure qui ne peut pas se permettre de s'avouer qu'il s'est toujours trompé sur tout, »
          Lui demanderez-vous, à lui qui n'a peut-être jamais entendu parler Georges marchais, s'il a « envoyé un cadeau à Staline pour son anniversaire ? “ ou s'il a ‘chanté son ode ? ’

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