London in the air

"Labour" et "tories", bus à impériale et JO, City et Brick Lane : le journaliste Sylvain Biville revisite l'actualité britannique dans son blog London in the air.

Comment le faux scandale du Climategate s'est dégonflé

Sylvain Biville
Journaliste
Publié le 08/07/2010 à 09h50

Une commission d’enquête réhabilite les chercheurs de l’université d’East Anglia, accusés d’avoir manipulé des données.


Un ciel nuageux (Urimland/Flickr)

(De Londres) Après six mois d’enquête, une commission indépendante blanchit les scientifiques britanniques accusés à tort d’avoir manipulé les données sur le réchauffement de la planète.

Trop tard. Le pseudo scandale a contribué à faire capoter le sommet de Copenhague et a réussi à semer le doute sur le rôle de l’homme dans les changements climatiques.

Depuis huit mois, les chercheurs de l’université d’East Anglia vivaient comme des parias. Ils peuvent désormais relever la tête. La commission d’enquête indépendante sur « l’affaire des e-mails » les dédouane de toute pratique frauduleuse.

« Leur rigueur et leur honnêteté ne peuvent être mises en doute » affirment les auteurs de ce rapport très attendu, publié ce mercredi. Le document est censé mettre un point final à l’un des épisodes les plus désolants de la lutte contre le changement climatique.

Le « Climategate » a plombé le sommet de Copenhague fin 2009

Le prétendu scandale, baptisé « Climategate », débute en novembre 2009, lorsque plusieurs centaines d’e-mails privés de membres de l’Unité de recherche climatique (CRU) de l’université d’East Anglia se retrouvent mystérieusement en ligne. Ce prestigieux laboratoire, basé à Norwich, à 170 kilomètres au nord-est de Londres, est réputé pour ses mesures de la température mondiale.

Le CRU a donc un rôle éminemment stratégique. Ses données servent de base aux rapports du Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), l’instance suprême chargée de prédire l’avenir de la planète.

Dans un des e-mails, daté du 16 novembre 1999, le chef du CRU se vante d’avoir trouvé une « ruse » pour « dissimuler la baisse » d’une courbe de températures.

Avec ces trois mots, extraits d’une correspondance frauduleusement piratée, les climatosceptiques pensent avoir trouvé la preuve irréfutable d’un complot mondial contre le mode de vie à l’occidentale.

Sarah Palin et la théorie du complot des climatosceptiques

Sarah Palin s’auto-proclame égérie de la coalition hétéroclite des « négationnistes », qui nient le rôle de l’homme dans le réchauffement de la planète. Le 9 décembre 2009, au moment où s’ouvre le sommet de Copenhague, l’éphémère candidate à la vice-présidence américaine écrit dans le Washington Post :

« Le Climategate met au jour un cercle scientifique hautement politisé. [...] Ce scandale remet en cause les propositions qui sont sur la table à Copenhague. J’ai toujours pensé qu’un programme de gouvernement devait se baser sur une science solide, pas sur des jugements politiques. [...]

Nous ne pouvons pas dire avec certitude que les activités humaines sont la cause des changements climatiques.

Ce que nous pouvons affirmer, en revanche, c’est que les éventuels bénéfices des politiques proposées de réduction des émissions sont largement inférieurs à leur coût économique. Et ces coûts sont réels. »

A Copenhague, le Climategate va peser lourd. L’Arabie Saoudite qui, en tant que producteur de pétrole, a beaucoup à perdre d’une régulation des émissions de CO2, prend prétexte de l’affaire pour contester les conclusions prétendument alarmistes du Giec.

Dans les couloirs du sommet (où j’étais envoyé par RFI), je me souviens avoir été témoin de l’abattement total du glaciologue Jean Jouzel, vice-président du Giec. Il voyait disparaître en fumée, sous l’effet d’une redoutable campagne médiatique, plusieurs décennies d’un travail de fourmi pour sensibiliser aux conséquences potentiellement dramatiques de la fonte des glaciers.

En portant atteinte à la crédibilité de la communauté scientifique, le Climategate a contribué à l’échec de Copenhague. Il a donné une tribune aux « négationnistes », désormais invités sur tous les plateaux de télévision.

Après Copenhague, les scientifiques britanniques réhabilités

Après des mois de battage médiatique, la commission d’enquête sur les -emails de l’université d’East Anglia vient remettre les points sur les « i », en réfutant une à une toutes les accusations des climatosceptiques.

  • Manipulation de données : faux

Les climatosceptiques soupçonnaient les chercheurs d’East Anglia de trafiquer les chiffres pour faire croire à un hypothétique réchauffement climatique. Accusation balayée :

« Sur les allégations contre l’attitude des scientifiques du CRU, nous sommes arrivés à la conclusion que leur rigueur et leur honnêteté ne peuvent être mises en doute. »

  • Rétention d’information : faux

Les climatosceptiques se plaignaient de ne pas avoir accès aux données. La réponse de la commission d’enquête est sans ambiguïté :

« L’argument selon lequel le CRU aurait quelque chose à cacher ne tient pas. Toute recherche indépendante a la possibilité de télécharger les données et de rédiger ses propres conclusions sans avoir recours aux informations du CRU. »

  • Ostracisme : faux

Le rapport rejette l’idée selon laquelle les chercheurs du CRU auraient abusé de leur situation pour empêcher la publication d’articles signés par des climatosceptiques.

Les enquêteurs n’ont trouvé « ni subversion du processus (scientifique) de révision par des collègues, ni tentative d’influencer la politique éditoriale des revues scientifiques ».

« C’en est fini des théories du complot et des contre-vérités »

Face à la pression médiatique, Phil Jones, le directeur du CRU, avait admis en février avoir pensé au suicide. Suspendu le temps de l’enquête, il a immédiatement retrouvé son poste après la publication du rapport. Pour le vice-recteur Edward Acton, cité par la BBC, il faut maintenant laver l’honneur des chercheurs :

« C’en est fini des théories du complot, des contre-vérités et des incompréhensions. Nous espérons qu’il sera fait largement écho de cette réhabilitation des scientifiques de l’université, qui ont considérablement souffert de cet épisode. »

Les climatologues d’East Anglia ne sortent pas complétement blanchis de cette longue enquête. Le rapport met en cause leur attitude « peu coopérative » et « défensive ». Il leur reproche également un manque d’ouverture dans leurs travaux.

Mais dans l’ensemble, les conclusions de la commission confirment les deux précédents avis rendus sur cette affaire : celui d’une commission parlementaire, en mars et celui d’un comité interne à l’université, en avril, qui avaient tous deux disculpé les chercheurs.

Revers en série pour les climatosceptiques

Les climatosceptiques n’ont plus le vent en poupe. Ils ont également été renvoyés dans leurs cordes le 6 juillet par une autre enquête, commandée par le gouvernement néerlandais. Elle valide les conclusions du Giec sur les conséquences du réchauffement climatique.

Indépendamment du Climategate, le groupe d’experts a lui aussi été la cible d’attaques, pour des erreurs dans son rapport de 2007, notamment sur la disparition des glaciers himalayens d’ici 2035. « Les conclusions (du Giec) sont fondées et ne contiennent pas d’erreur significative » estiment les enquêteurs néerlandais.

En juin 2010, une étude menée par l’Académie nationale des sciences des Etats-Unis témoignait de l’isolement des « négationnistes ». Elle révélait que 98% des climatologues soutiennent, comme le Giec, le principe d’une accélération du changement climatique liée à l’activité humaine, qui menace l’avenir de la planète.

La clique des sceptiques ne regroupe donc qu’une poignée d’irréductibles. En dépit du consensus scientifique, ils ont cependant réussi, du faux scandale des emails aux attaques sur la crédibilité du Giec, à semer le doute dans les esprits.

Si les négociations sur le climat piétinent, sept mois après Copenhague, c’est parce que l’élan politique en faveur d’un accord contraignant de réduction des émissions de gaz à effet de serre est largement retombé, notamment sous l’effet des thèses « négationnistes ».

Photot : un ciel nuageux (Urimland/Flickr)

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  • mr_megot
    • Posté à 10h00 le 08/07/2010
    • Internaute 53015
      .

    Mais pourquoi ils ont échangé des emails à la con, alors ?

  • pazzy
    pazzy
    psycho
    • Posté à 10h03 le 08/07/2010
    • Internaute 69669
      psycho

    Ca va peut-être clouer le bec, à ce gros nigaud de Claude Allègre...

    Pour ceux qui on vu ’an inconvenient truth’ de Al Gore... il n’y a pas de doute que l’homme accélère le réchauffement global, même si en effet des cycles de basses et hautes températures ont toujours existées sur Terre.

  • RGoument
    RGoument
    Etudiant
    • Posté à 10h17 le 08/07/2010
    • Internaute 119327
      Etudiant

    J’aime les contre rapports qui viennent réhabiliter les scientifiques. Ces nouvelles enquêtes ne sont elles pas elles aussi politisées que les premières prétendument fausses ?
    L’article fait preuve d’une inconsciente superficialité. On raconte les faits, sans les interpréter, sans les mettre en lumière.
    Ce qui est intéressant avec les études scientifiques (pour la plupart), c’est que soit elles sont commander par un organisme « négationiste » (auquel cas le rapport ira dans son sens), soit elles sont demandées par des organismes de défense du climat (le rapport ira alors dans le sens inverse). Les subventions qui permettent à ces recherches d’avancer orientent aussi le fruit de leurs travaux. Si le gouvernement américain donne des dizaines de millions, c’est bien pour entendre ce qu’il veut.
    Au final les « négationistes » ont gagné une bataille, mais peut être pas la guerre.
    Peut être verrons nous une génération responsable arriver au pouvoir d’ici la fin du siècle, qui sait !

  • leypanou
    leypanou
    observateur politique
    • Posté à 10h27 le 08/07/2010
    • Internaute 73435
      observateur politique

    « Il a donné une tribune aux “ négationnistes ”, désormais invités sur tous les plateaux de télévision. » : bien sûr, pour rechercher la vérité il ne fallait inviter que les « non climato-sceptiques » ? Et puis, les « négationnistes » comme vous dites, en France, ils ont vraiment été mieux traités que les « non climato-sceptiques » ? Et puis, qu’est ce que Sarah Palin a à voir avec, à moins que pour soutenir la démonstration, il fallait absolument lier le refus de votre conviction à Sarah Palin. Quant à parler de clique et de poignée de climato-sceptiques est tout simplement ridicule : on n’a pas besoin d’être majoritaire pour avoir raison, comme on n’a pas besoin d’être ultra-minoritaire pour avoir tort. Ce n’est pas du journalisme que vous faites : c’est de la propagande.

  • Azza
    Azza répond à mr_megot
    Ingénieur en informatique (...)
    • Posté à 10h32 le 08/07/2010
    • Internaute 25467
      Ingénieur en informatique (...)

    Ce n’etaient pas des emails a la con. C’etaient des emails de travail tout a fait normaux.

    Imaginez deux cuisiniers bio qui s’echangent des « trucs » pour reussir leur recette. Imaginez que l’un d’eux utilise explicitement le mot « ruse » dans une expression comme : « la ruse pour que le blanc de l’oeuf au plat cuise uniformement, c’est de poser un couvercle sur la poelle pendant deux ou trois minutes, mais pas trop longtemps sinon le jaune va coaguler ».

    Des enemis du cuisinier en quesiton qui veulent le decredibiliser reussissent a craquer son mail et brandissent devant l’opinion publique mondiale le mot « ruse » pour faire passer le cuisinier en quesiton pour un infame truqueur qui fait pas de la bonne cuisine naturelle mais utilise des artifices... Et qu’il ne serait donc pas aussi honnete qu’il le pretent et que son label bio c’est de la merde et donc que la cuisine bio c’est de la foutaise et donc qu’on peut bouffer du Big Mac a tour de bras, de toute facon, c’est pas different de la cuisine de ces gars la qui font tout autant dans l’artificiel que l’industrie agro-alimentaire (qui finance d’ailleurs les etudes des detracteurs depuis des annees pour montrer que cette histoire de danger de la malbouffe, c’est de la foutaise d’ecolo-bio-bobo et que le bon sens populaire a raison de penser qu’un bon burger, ca peut pas faire de mal et que tout ca, c’est pour nous vendre de l’oeuf bio trois fois plus cher et que les pouvoirs publics sont evidement a la solde des producteurs d’oeufs bio du Larzac)

    Voila a quoi on a assiste l’an dernier....

  • Mr. Useless
    Mr. Useless répond à ThePhysicist
    observateur désabusé
    • Posté à 10h33 le 08/07/2010
    • Internaute 8481
      observateur désabusé

    Le problème dans tout ça c’est peut-être justement l’imagination.

    C’est souvent classique des climatosceptiques, cette sensation de supériorité due à la certitude de l’anticonformisme.

    La littérature scientifique ? Hein ? Moi vous savez je ne sais pas lire.

    Le GIEC a eu la décence d’envisager plusieurs scenarii. Alors évidemment sur un modèle théorique ca ne suffit pas à évaluer la marge d’erreur, mais ca y contribue.

  • zaichonok
    zaichonok répond à Herby
    bobo bio
    • Posté à 10h52 le 08/07/2010
    • Internaute 61156
      bobo bio

    « Le réchauffement de la planète est un fait. Par contre, j’entends de plus en plus de voix dissonantes qui prétendent que ce réchauffement ne serait pas le fait de l’activité humaine. “

    si vous en entendez de plus en plus, vous avez 3 ans de retard. Il y en a de moins en moins, puisque les pseudos remises en question (oui le soleil.. oui les volcans.. oui les pets du chats de la voisine..)
    1 - n’ont jamais été publiées dans des revues scientifiques
    2 - sont tombées à l’eau les unes après les autres
    3 - dans la majorité des cas il a été aussi montré qu’en plus de dire n’importe quoi, c’était fait en relative connaissance de cause (cf M. Allègre)
    4 - ça fait 3 ans que les memes arguments ressortent partout, c’est fatigant, en 30 secondes sur google vous pouvez trouver pourquoi les 2 exemples que vous citez sur mars ou les cycles solaires sont bidons, alors faites un effort.

    pour paraphraser M. Jancovici, si vous n’etes pas scientifique, faites confiance aux scientifiques.. ce ne sont pas des banquiers, ils ne gagnent rien à vous mentir.

    et ce ‘débat’ n’en est pas un, la communauté scientifique a fait son travail, certains vautours l’ont parasité pour vendre des livres, avec succès malheureusement, mais leurs actions ont fait long feu ; maintenant si les politiques ne font rien, on ne peut pas accuser les scientifiques ; en tout état de cause ça n’est plus de leur ressort.

  • mcgrok
    mcgrok
    chercheur
    • Posté à 10h54 le 08/07/2010
    • Expert 77560
      chercheur

    Pas trop tôt... J’ai été passablement dégouté du poids que les médias ont accordé aux thèses des climato-septiques pendant cet épisode navrant alors que ceux-cis étaient manifestement mis au ban de la communauté scientifique (pas de publication = charlatan). Leur responsabilité dans cette affaire est évidente et grave.

    Au-delà de ce débat il y a une évidence simple mais peu connue du grand public : IL N’Y A PAS BESOIN DU RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE POUR JUSTIFIER DE L’URGENCE D’UNE REDUCTION DES EMISSIONS DE CO2.

    Je m’explique : ces émissions sont directement corrélées à l’usage quasi exclusif des énergies fossiles qui soutient notre économie planétaire. D’ici quelques décennies ces stocks seront VIDES, donc nous ne pourront plus émettre de CO2 !

    L’urgence reste là : trouver des énergies alternatives très vite et arrêter le gaspillage et la frénésie consumériste actuelle car le problème qui nous menace directement ce n’est pas le réchauffement, c’est la crise énergétique qui basculera inévitablement en crise sociale planétaire.

    Quelques semaines sans électricité = des millions de morts

    JM. Jancovici vous expliquera tout ça bien mieux que moi, je vous invite à consulter une de ses conférences chez SPIE, édifiant.
    Lien

    Bien cordialement

  • Alcide Nikopol
    Alcide Nikopol
    Passé a l'Est
    • Posté à 11h07 le 08/07/2010
    • Internaute 5725
      Passé a l'Est

    Bon, avec un peu de chance, dans une cinquantaine d’années, lorsque les réfugiés climatiques, les empoisonnés, les intoxiqués, les cancéreux, les pauvres, les miséreux, les affamés, les assoiffés, bref les sacrifiés du monde entier sur l’autel du consumérisme commenceront à attaquer nos villes-prisons, on commencera à saisir la mesure du problème.

    Évidemment, il sera trop tard et on n’aura plus qu’à se battre pour sauver les miettes d’humanité qu’il nous restera.

  • Ma-lou
    Ma-lou
    étudiante
    • Posté à 17h52 le 08/07/2010
    • Internaute 118673
      étudiante

    Je ne suis pas climatosceptique, mais je dois avouer que l’économie « verte » aujourd’hui florissante me laisse un léger arrière goût d’arnaque.
    Une fois de plus on tape sur le consommateur en lui faisant peur, des films catastrophe sortent et la solution pour pas finir noyé c’est d’acheter des bagnoles hybrides et des ampoules basse consommation. Et pourquoi pas un frigo, une télé et un lave-linge « vert » dans la foulée ?
    Le marché est déjà juteux, tout le monde se jette dessus, les solutions sont toujours simplistes, sans réelle remise en question, logique quand on voit sur qui les intérêts retombent encore une fois...

    Par contre sur d’autres catastrophes environnementales et écologiques, c’est un grand silence qui retentit. Que ce passe-t-il donc du côté des pesticides, des emballages, des médicaments et bien d’autres produits ?
    Pas de profit à en tirer, donc on nous sort des jolis rapports (le dernier sur les pesticides est à pleurer) en nous disant que tout va bien.
    Bien sûr, faire baisser la quantité de pesticides utilisée par les particuliers et surtout par les agriculteurs n’a aucun sens économique, faire baisser le poids et la quantité d’emballage n’en a pas plus, et trouver des traitements médicaux dont les résidus ne bousillent pas les cycles biologiques de la faune et de la flore est totalement débile de ce point de vue.

    Honnêtes les experts du GIEC ? Pas impossible. Quoique cela fait un bout de temps que je ne crois plus vraiment à l’indépendance de la science et des scientifiques (en tout cas un grand nombre d’entre eux) surtout dans les domaines à retombées substantielles.
    Les lobbys agroalimentaires, pharmaceutiques et tous les industriels sont aujourd’hui aussi puissants - voire plus - que les lobbys pétroliers. Alors sait-on jamais, histoire de noyer le poisson...

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