bobines d'inde

Le journal d'un festivalier à Osian's Cinefan, le plus grand festival de cinéma indien.

A l'heure du bilan, le cinéma indien dans tous ses Etats

Publié le 21/07/2008 à 11h57


cinéma à Delhi (F. Da Silva)

(De Delhi) Le festival de cinéma Osian's Cinefan a tiré le rideau samedi soir. A l'heure du bilan, quoi de neuf en Inde, quelles histoires, quelles formes, quels films ? Pour rappel ce festival est aujourd'hui le plus important en Inde, bien devant l'officiel de Goa, et malgré l'excellente réputation de celui du Kérala.

Osian's Cinefan se concentre sur les cinématographies d'Asie et du monde arabe. Du côté des pays arabes, la France étant un des partenaire privilégié de ces cinématographies, les films arrivent a se frayer un chemin jusqu'ici. Pour l'Asie, c'est plus contrasté. A Delhi, rien de vraiment neuf de ce côté, ce n'est d'ailleurs pas l'ambition du festival qui est né autour d'une revue de cinéma fameuse dans la région : « Cinemaya », puis a organisé la programmation des films critiqués à un moment où l'accès à ces cinémas était impossible. Le festival vient de fêter sa dizième année.

Osian's Cinefan emprunte des sentiers loin du folklore Bollywoodien, et aligne une programmation de films indépendants au sens indépendant de la norme qui produit à la chaine des comédies et des romances. Il y avait ici, en dehors de la compétition des films asiatiques et arabes, une section indienne compétitive et une autre section joliment nommée « Mosaïque Indienne », prétexte à montrer la diversité de ce pays. J'ai vu autour de 17 films indiens.

L'an passé à Delhi, mon sentiment était assez mitigé sur la possibilité de l'émergence d'un cinéma local différent, engoncé dans mon costume de Sherlock Holmes à la recherche de l'indice qui pourrait rèvéler le début d'un filon menant à la vérité, j'étais reparti assez dépité. Cette année pas de renversement bouleversant mais des surprises. Même si le flair des programmateurs de ce types d'événements peut parfois faillir, sur un nombre de films signifitatif (+ de 10), une idée, un air se dégage. Cet air est frais et annonce, je crois, des jours meilleurs.

Sur ces 17 films, tous les travers repérés l'an passé sont là, imitation sans moyens du cinéma occidental, romances aux 14 rebondissements sans stars, donc pauvre et à l'emporte pièces, énième dénonciation de la bureaucratie indienne qui serait bienvenue n'était-ce la lourdeur de la démonstration, ou encore les films initiatiques avec force références religieuses.

Rappelons par ailleurs qu'en Inde le sytème des castes préserve le pays pour encore longtemps des explosions sociales qui menacent la Chine contemporaine ; De plus, le cinéma indien est une affaire de familles (comptez les Kapoor pour vous endormir, comme disait Jacques Brel pour d'autres, c'est radical) qui dominent le business à tous les niveaux, ce qui bloque un peu le système d'aération, si j'ose dire.

Néanmoins les choses semblent bouger. Le nombre de films traitant des sujets politiques était également une surprise.

Un film tourné dans le nord du pays au Rajasthan se détache : « Kabootar ». Violent, transgressif encore imparfait mais c'est neuf et frais. C'est le premier film de Maqbool Kahn qui vient de la publicité et du clip musical. Le film, largement inspiré de sa vie, suit une bande de 4 jeunes qui va passer de la castagne entre bandes rivales à des affaires plus répréhensibles jusqu'au drame. Le film souffre encore d'effets appuyés, gages donnés au système car il faudra bien sortir le film sur le seul territoire possible, l'Inde. Dans tous les cas « Kabootar » (« Pigeons ») est plus près du film brésilien « La Cité de Dieu » que des traditionnelles productions locales, enfin.

La même équipe devrait venir tourner à Paris à la fin de l'année un film plus classique, l'histoire d'un couple en rupture à Bombay qui vient tenter de se refaire une santé à l'ombre de la Tour Eiffel. Gageons que d'autres ombres viendront les visiter.

POur conclure ces chroniques indiennes je vous invite à visionner ces deux vidéos avec la bande annonce de « Dasavatharam », sorti fin juin dans le sud de l'Inde, à Chennai (ex-Madras), épicentre de la production en Tamoul, près de 160 films produits en 2007 (plus que l'Allemagne ou l'Italie et un peu moins que la France), le film est un énorme succès avec sa star locale Kamal Hassan, presque inconnue à Bollywood.

Dans l'autre vidéo, Jackie Chan, la plus grande star du monde chinois, est venu à Chennai en avril pour lancement de la musique du film. Peut être le dessin d'un futur possible ? En tous cas l'addition de stars de ces énormes marchés feraient à coup sûr du bruit... dans les tiroirs caisses.

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  • A déménagé le 13-10-2012
    • Posté à 21h11 le 24/07/2008
    • Internaute
      non connue

    Evitons quand même de glisser sur une peau de brahmane ! !

  • FabiendeMénilmontant
    FabiendeMénilmontant
    journaleux - blogueur
    • Posté à 17h17 le 25/07/2008
    • Internaute
      journaleux - blogueur

    ah… je vois que le brave pesteux a fais un tour sur ce que j'avais signalé hier… bien planqué ! Indien vaut mieux…

  • la fleur35
    la fleur35
    intermittente du spectacle à (...)
    • Posté à 19h05 le 26/07/2008
    • Internaute
      intermittente du spectacle à (...)

    Kikou,

    Quel dommage, avant quand on allait au Cinéma, de quartier, à Paris, il y en avait pour tous les goûts...
    J'ai découvert le Cinéma Indien ainsi...

    Mais par contre, on ne peut plus demander, les jolies photos, que l'on regardait, maintenant tout doit revenir, aux destinataires, même si c'est pour finir à la poubelle.
    J'ai eu de belle Manchette de Cinéma, Bella Lugosi, et de nombreux films indiens. Il existe encore des humains qui s'en fiche des « quotats »....
    à tout bientôt..

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