Chez Pascal Boniface

Le blog de Pascal Boniface, directeur de l'Iris.

Le risque pour Israël est de reproduire son échec du Liban

Publié le 31/12/2008 à 11h19


Qu’espère Israël ? Officiellement, la fin des tirs de roquettes sur son territoire à partir de Gaza. Cet objectif aurait pu certainement être atteint par la levée du blocus sur Gaza, dont le Hamas faisait une condition de la poursuite du cessez-le-feu.

Tel Aviv n’a pas voulu accomplir ce geste, qui aurait été interprété et aurait constitué une victoire pour le Hamas. Car, et ce n’est plus caché désormais, Israël souhaite la défaite ou le démantèlement du Hamas, mouvement qu’il avait favorisé il y a une vingtaine d’années pour contrer l’influence des laïcs de l’OLP.

Un troisième objectif est invoqué par certains observateurs y compris les Israéliens. Israël souhaite restaurer sa capacité de dissuasion mise à mal par le semi-échec de la guerre du Liban.

Tomber tête baissée dans le piège de l’adversaire

Ces objectifs sont-ils accessibles ? N’y a-t il pas un risque pour Israël d’apparaître -comme ce fut le cas en 2006- comme vaincu s’il n’a pas totalement gagné ? Et une victoire totale est-elle possible ?

Israël, comme en 2006, ne va-t-il pas donner le sentiment de vouloir écraser une noix avec un marteau pilon et de faire un usage excessif de la force, fût-ce pour une cause initialement compréhensible ? Et enfin, ne va-t-il pas renforcer ceux qu’il prétend vouloir affaiblir ?

Il est certain que l’envoi de roquettes sur Israël par le Hamas est militairement et politiquement pathétique. Elles font des dégâts matériels et des pertes humaines, mais ne sont en aucun cas de nature à faire plier Israël. L’objectif du Hamas ne peut être de renverser un rapport de force défavorable aux Palestiniens.

Ces tirs de roquettes ne servent qu’à radicaliser l’opinion israélienne, à affaiblir le camp de la paix. Est-ce l’objectif du Hamas ? Si oui, l’offensive israélienne peut s’apparenter à tomber tête baissée dans le piège de l’adversaire.

Pour éviter ce piège, il faudrait que le Hamas soit vaincu. Cela peut se produire par une demande de cessez-le-feu de sa part. On voit mal le mouvement islamiste faire cela sans rien obtenir en échange, sauf à perdre toute crédibilité. Ce serait admettre publiquement que sa stratégie était suicidaire.

Israël peut espérer détruire le Hamas comme mouvement. Mais cet espoir consiste un peu à prendre sa propre propagande pour la réalité. Israël présente le Hamas comme un mouvement terroriste. Les Etats-Unis et l’Europe ont adhéré à cette vision. Mais le Hamas n’est pas Al-Qaeda. Ses racines populaires sont profondes, et il est à la fois un mouvement armé et une organisation de masse. Comme le Hezbollah, que la guerre de 2006 n’a pas affaibli, bien au contraire.

Favoriser les Palestiniens modérés

En 2008 comme en 2006, Israël espère que les populations qui souffrent des bombardements se retourneront contre ceux qui ont été le déclencheur (le Hezbollah pour l’enlèvement des soldats israéliens, le Hamas pour le tir des roquettes) et non contre ceux qui bombardent. Cela n’a pas fonctionné en 2006, il est peu probable que cela fonctionne en 2008.

En Palestine comme partout ailleurs, un peuple qui se sent attaqué a pour premier réflexe de se regrouper autour de ses dirigeants. Israël dit souhaiter vouloir éliminer le Hamas pour favoriser les Palestiniens modérés.

Le problème est que la meilleure aide à apporter à Mahmoud Abbas aurait été de lui donner des arguments pour convaincre son peuple que la voie stratégique qu’il a choisie, la négociation, la condamnation du terrorisme, la paix avec Israël, était payante. Lorsqu’il a succédé à Arafat en janvier 2005, Israël n’en a pas profité pour ouvrir avec lui des négociations ou pour procéder de manière négociée au retrait de Gaza.

Yossi Beilin avait averti que faute de conforter Abbas par des vraies négociations, le Hamas sortirait vainqueur des élections en janvier 2006, et ce fut le cas. Après les espoirs (pour ceux qui voient le monde avec les lunettes d’Elton John) de la conférence d’Annapolis, aucun progrès tangible n’a été obtenu sur aucun point sensible. Bref, Mahmoud Abas est délégitimé par l’action conjointe du Hamas et d’Israël.

De même, Israël a placé dans un grand embarras un des rares pays arabes à avoir fait la paix avec lui, car l’Egypte apparaît comme indirectement complice du blocus de Gaza. Les adversaires islamistes de Moubarak devraient capitaliser là-dessus.

Les dégâts pour Israël sont déjà énormes

Quels sont les risques pour Israël ? A court terme, ils sont inexistants. La capacité de réplique militaire des Palestiniens est quasi-nulle, les pays arabes resteront prudemment à l’écart, les pays occidentaux au pire ou au mieux émettront des condamnations qui resteront purement platoniques.

Mais Israël aurait tort de penser que la colonne « risques » est quasi nulle par rapport à celle des avantages. Ceci n’est vrai qu’à court terme. Avant même une éventuelle opération terrestre qui, du fait de la réalité démographique de Gaza, aurait des effets humainement terribles, les dégâts pour Israël sont déjà énormes.

Les arabes modérés, ceux qui veulent négocier sincèrement avec Israël sont affaiblis. Les opinions arabes qui comptent, même dans les pays non démocratiques, sont révulsées par les images qu’elles ont vues. Des images qui sont beaucoup plus horribles que celles qu’ont montré les medias occidentaux.

Mais même ces derniers, d’habitude très prudents lorsqu’il s’agit d’évoquer le conflit israélo-palestinien, sont cette fois-ci, et avant que le bilan humain ne s’alourdisse, plus enclins à condamner Israël.

Les gouvernements européens qui renvoient dos à dos le Hamas et Israël, et les Etats-Unis qui réservent eux leurs critiques au Hamas, sont isolés non seulement par rapport aux opinions publiques mais aussi par rapport aux médias.

L’image d’Israël va subir un nouveau contrecoup terrible alors que les dégâts nés de la guerre du Liban sont encore vivaces. Et ceci une fois encore, alors qu’on n’en est qu’au début du conflit.

Comme il est loin d’être certain que l’opération soit une réussite, militaire et politique, Israël risque à la fois d’être détesté et de ne plus faire peur. A tout point de vue, le risque pour Israël est d’avoir à Gaza le résultat amplifié de la guerre du Liban.

Enfin un dernier mot. On a souvent mis en perspective la concomitance de cette guerre avec la trêve de Noël. Il en est une autre plus pertinente et qui devrait faire plus réfléchir : cette guerre a été lancée au moment où Samuel Huntington, le théoricien du choc des civilisations, s’éteignait. Elle risque de contribuer à son triomphe posthume.

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  • ALLAIN JULES C@MMUNICATION
    • Posté à 11h38 le 31/12/2008
    • Internaute 18202

    M. Boniface,

    Bonjour. Je suis un de vos anciens étudiants. (A. J. Menye)

    C’est vrai qu’Israël, en rejettant la demande de cessez le feu à Gaza, est convaincu de sa victoire. Mais, le tout n’est pas de croire que sur le terrain on a, ou on peut, gagner. Le plus dur est d’apporter de la cohérence dans son action. Or, il n’y en a pas.

    D’abord, les responsabilités sont partagées. Israël et le blocus abscons de Gaza, le Hamas et les roquettes Qassam. Le jeu morbide des Etats-Unis fragilise la paix.

    Avec une odeur par rapport aux élections à venir, le cynisme, les autorités israéliennnes accentuent les blessures des palestiniens qui ne pourront se cicatriser aussi facilement. Croire qu’il faut éradiquer le Hamas, rêve éveillé, alors que ce dernier est incontournable en Palestine, n’est pas une réelle recherche de paix car, c’est avec ses ennemis qu’ont fait la paix. Je pense à votre propos sur le dialogue à instaurer avec les modérés.

    Le semi-échec au Liban ou le fiasco total et l’humiliation ? Toujours est-il qu’à Gaza, rien n’est gagné et vous le notez en précisant que les dégâts sont déjà énormes et ça ira crescendo à cause de la disproportion de la riposte.

    Bien à vous !

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  • sup. à la demande du riverain 29 juin
    • Posté à 12h18 le 31/12/2008
    • Internaute 58127
      bye bye ...

    Pascal,

    Israel est dans le court terme et n’a pas de stratégie pour « l’après » (un peu comme les EU en Irak).
    Si Hamas est défait, qui prendra sa place ? Pas Abbas qui est déjà peu apprécié et aurait une pancarte de traître, remis à la tête des territoires grâce à Israel.
    La tentative de subversion (attendre que le peuple se soulève contre Hamas) est une erreur monumentale : le peuple au contraire se radicalise et Israel court le risque de se trouver face à une organisation pire que le Hamas.
    La volonté d’Israel de se trouver devant deux problèmes à traiter (les « mous » en Cisjordanie et la Bande de Gaza) vise à séparer les Palestiniens. Mais sans aucun geste sur les colonies, l’eau, etc. ce calcul est voué à l’échec.
    Si cette attaque a pour objectif (ne parlons ni de stratégie, ni de tactique) de restaurer l’idée de puissance, c’est également une erreur : l’image négative au lendemain de la défaite au Liban se cumule avec cette offensive. Israel apparait, avec le millier de morts Libanais et ces centaines d’autres à Gaza, comme un état prêt à tuer et dévaster mais pas à se retirer des terres qu’il occupe.

  • thierry reboud
    • Posté à 12h36 le 31/12/2008
    • Internaute 20923

    Pour tout dire, je ne vois pas comment Israël peut vaincre militairement, surtout en se fixant des objectifs aussi vastes et on en vient à douter de l’intelligence politique des Israéliens : ils ont tout d’abord refusé Arafat pour finalement négocier avec lui ; ils mettent la même énergie à refuser de négocier avec le Hamas, et finalement je suis tout à fait certain qu’ils vont bien devoir se résoudre à se mettre à table. La question, c’est de savoir s’il ne sera pas trop tard pour négocier avec le Hamas quand ils se décideront à les tenir pour ce qu’ils sont, à savoir les représentants que les Palestiniens se sont choisis.

    En fait, il y a une autre question, que je m’étais déjà posée à l’occasion de la guerre de 2006 au Liban : dans quelle mesure la surpuissance d’Israël par rapport à ses ennemis n’est-elle pas un handicap paradoxal ? La classe politique israélienne est tellement structurée par l’armée (pour toutes sortes de raisons, dont certaines sont compréhensibles) qu’on a souvent l’impression qu’en Israël on renverse la maxime de Clausewitz et que c’est la politique qui est la poursuite de la guerre par d’autres moyens. Autant dire que ce genre de posture ne peut durer qu’un temps, et j’imagine mal la population israélienne se résigner à une guerre perpétuelle.

  • morpheussk
    morpheussk
    pas très important
    • Posté à 15h46 le 31/12/2008
    • Internaute 64298
      pas très important

    Très bonne analyse sincèrement.
    Si je suis votre raisonnement Mr Boniface, le cessé le feu devrait venir d’Israël car comme vous l’expliquez dans votre article le Hamas ne le fera pas pour des raisons de survie et ce qui se passe en ce moment est vraiment contraire aux intérêts d’Israël en faveur de la paix. Alors question , pourquoi ne le fait elle pas, on ne va pas me faire croire que ces choses là ne sont pas vraiment réfléchies.
    Donc ma question est basique, veulent-ils vraiment de la paix, veulent-ils vraiment lever le blocus à Gaza comme cela a déjà été discuté ?

    Moi je pense que tout cela est manifestement bien orchestré et il y a une vraie volonté d’aller de l’avant non pas vers une paix ne fut elle temporaire mais vers un conflit plus dur afin justement d’effacer ce qui c’est passé eu Liban en 2006.

  • lifka
    lifka répond à thierry reboud
    • Posté à 16h41 le 31/12/2008
    • Internaute 37623

    « Pour tout dire, je ne vois pas comment Israël peut vaincre militairement, surtout en se fixant des objectifs aussi vastes et on en vient à douter de l’intelligence politique des Israéliens »

    Comme ils ne sont pas des idiots, c’est peut-être bien la preuve par l’absurde que les théories de monsieur Boniface ne tiennent pas debout ?

    Pour ce qui est de négocier avec le Hamas, il faut me semble-t-il être deux. Alors sur quelle base négocier avec des gens qui tiennent comme nuls et non avenus les accords signés auparavant et qui refusent comme tout préalable de considérer son vis-à-vis comme ayant une existence ? Un mouvement ayant en outre une Charte qui affirme que les Juifs sont responsables de toutes les guerres et de toutes les Révolutions dans le monde, que les autres religions pourront vivre en paix à condition de reconnaître la suprématie de l’Islam, et qu’il faut pourchasser les Juifs y compris qui se cache,t derrière un arbre.

    Vous semblez oublier cet infime détail. Je sais, vous allez me dire que tout ça ne sont que des mots et des rodomontades. Mais qu’à cela ne tienne : qu’ils déclarent leur Charte caduque.

    Quant à dire qu’ils ont été élus, vous oubliez encore un infime détail : le coup d’Etat de Gaza et ses centaines de morts.

  • leconcombrevert
    leconcombrevert
    La vraie vérité > : -))
    • Posté à 17h29 le 31/12/2008
    • Internaute 8843
      La vraie vérité > : -))

    Paradoxalement, il est à peu près certain que les tirs de roquettes et les frappes airiennes meurtières et l’entrée prochaine des chars israéliens dans le territoire de Gaza serviront personne d’autre que le Hamas et tous ceux qui sont opposé à une solution paisible et digne du conflit, dont la droite dure israélienne.

    L’on pourrait même dire que le Hamas, en reprennant les tirs de missiles à quelques semaines des elections fait sciement campagne pour la droite dure israélienne, celle qui s’oppose au démantelement des colonies et à la restitution des territoires occupés depuis 67 au profit d’un état palestinien digne et vivable.

    En effet, rien servirait moins les interêts du Hamas, du Hezbollah et de son parrain iranien qu’un gouvernement israélien sérieusement disposé à négocier et à mettre en oeuvre avec le soutien de la nouvelle administration américaine un tel accord de paix avec la Palestine de Mahmut Abbas.

    Le pire qui puisse arriver de ce point de vue là serait que Israël se retrouve avec un gouvernement prêt à conclure un tel accord.

    Il s’agit donc pour ceux qui poursuivent - comme l’Iran - non pas les interêts des Palestiniens, mais des visées géopolitiques plus larges de s’assurer que l’opinion israélienne vire le plus à droite possible.

    Le gouvernement israélien serait bien avisé de ne pas se laisser forcer la main par le Hamas et de retrouver le chemin vers une gestion plus intelligente du conflit en cours.

    Saura-t-il suivre l’appell des voix de la raison, comme celle de David Grossmann :

    « Maintenant, après les premières et sévères frappes israéliennes sur Gaza, ce serait une bonne chose d’arrêter et de s’adresser aux chefs du Hamas pour leur dire : jusqu’à samedi dernier, Israël a fait preuve de retenue face aux milliers de roquettes Kassam tirées depuis la bande de Gaza. Maintenant, vous comprenez à quel point notre réaction peut-être dure. Cependant, afin de ne pas ajouter aux morts et à la destruction, nous avons l’intention de cesser-le-feu de façon unilatérale et absolue pour les prochaines 48 heures. Même si vous continuez de tirer sur Israël, nous ne reprendrons pas les opérations. Nous serrerons les dents, comme nous l’avons fait jusqu’à récemment, et nous ne nous laisserons pas entraîner à répliquer par la force. En même temps, nous appellerons solennellement les États qui le souhaitent, proches et lointains, à un arbitrage entre vous et nous afin de rétablir le calme. Dès lors, si vous cessez également le feu, nous ferons de même par la suite. En revanche, si au terme de ces 48 heures, vous continuez à tirer alors même que nous nous imposons la retenue, eh bien, nous répliquerons. Mais même dans ce cas, nous laisserons la porte ouverte à la négociation, tant pour revenir au calme, que pour envisager un accord élargi.

    C’est ainsi que doit être conduite aujourd’hui la politique d’Israël. Cette option est-elle possible ? ou bien sommes-nous déjà prisonniers de l’habituel rituel de la guerre ?

    Jusqu’à samedi dernier, Israël a fait preuve -sous la direction militaire de Ehoud Barak - d’un impressionnant sang-froid. Il ne faudrait pas que ce sang-froid se perde dans la tourmente de la guerre. Il nous est interdit d’oublier, même un instant, que les habitants de la bande de Gaza continueront à être nos proches voisins, et que tôt ou tard il faudra bien conclure avec eux des accords de bon voisinage.

    Gardons-nous de les frapper de façon aussi violente, même si le Hamas, pendant des années, a rendu insupportable la vie des habitants du sud d’Israël, et même si ses dirigeants ont refusé toute tentative israélienne comme égyptienne de conclure un compromis, qui aurait pu éviter l’embrasement auquel nous assistons actuellement.

    Aujourd’hui encore, il faut s’en tenir à une ligne de retenue, et tout faire pour épargner la vie de ceux des innocents parmi les habitants de Gaza, justement parce que la force d’Israël est quasi-illimitée, en comparaison de la leur. Israël doit examiner sans cesse à quel instant la force qu’il met en œuvre franchit les limites de la réaction légitime et efficace, dont l’objectif est la dissuasion et le retour au calme, et à partir de quel moment il se trouve à nouveau prisonnier du classique tourbillon de violence. (.....) »

    Lien

  • lifka
    lifka répond à leconcombrevert
    • Posté à 18h22 le 31/12/2008
    • Internaute 37623

    Contrairement à vous je crois que le gouvernement actuel n’avait d’autre choix - justement pour tenter de contrer Netanyahou pour qui en effet jouent à l’évidence les tirs palestiniens - que de montrer leur fermeté.

    Ce qui ne signifie pas que le Hamas ne soit pas de toute façon gagnant et que son plan n’ait pas été machiavélique :

    Soit le gouvernement actuel intervenait, et le Hamas gagnait une bataille médiatique vis-à-vis de l’opinion à qui il donnait le spectacle de la misère palestinienne et renforçait sa position de leader de la lutte contre Israël.

    Soit il n’intervenait pas et d’un côté le Hamas apparaissait de toute façon vis-à-vis de l’opinion arabe comme celui qui narguait un Israël trop faible pour oser intervenir, de l’autre il était certain que l’extrême droite israélienne arriverait au pouvoir aux prochaines élections poussée par une population excédée, ce qui n’arrangeait pas les chances de paix.

    Peu de marge pour les Israéliens et deux choix qui de toute façon étaient aussi piégés l’un que l’autre. Ils ont choisi la première solution probablement en espérant enlever quelques arguments à Netanyahou qui ne pourra au moins pas plaider l’inaction de ses adversaires tout en tentant de mettre à mal l’arsenal du Hamas et au moins de retarder un peu ses projets militaires en l’obligeant à reconstruire ses bases et ses moyens d’importation d’armes, sans compter que ça pourrait le faire réfléchir un peu avant de recommencer.

    Quoi qu’en disent certains, ce choix était probablement le plus difficile, parce qu’il n’est jamais facile d’être celui qui va appuyer sur le bouton rouge et décider de la mort de centaines de personnes.

    L’avenir dira si ils ont eu raison.

  • Un compte supprime
    • Posté à 10h25 le 01/01/2009
    • Internaute 21837
      nc

    A Lifka :

    « Le problème est que la meilleure aide à apporter à Mahmoud Abbas aurait été de lui donner des arguments pour convaincre son peuple que la voie stratégique qu’il a choisie, la négociation, la condamnation du terrorisme, la paix avec Israël, était payante. Lorsqu’il a succédé à Arafat en janvier 2005, Israël n’en a pas profité pour ouvrir avec lui des négociations ou pour procéder de manière négociée au retrait de Gaza.

    Yossi Beilin avait averti que faute de conforter Abbas par des vraies négociations, le Hamas sortirait vainqueur des élections en janvier 2006, et ce fut le cas. Après les espoirs (pour ceux qui voient le monde avec les lunettes d’Elton John) de la conférence d’Annapolis, aucun progrès tangible n’a été obtenu sur aucun point sensible. Bref, Mahmoud Abas est délégitimé par l’action conjointe du Hamas et d’Israël. »

    Que repondez vous a cette analyse politique ? Au dela des passions ravivees a chaque mort, a chaque lance de roquette et achaque riposte de Tzaal, il y a aussi des negotiations politiques qui n’aboutissent jamais. Pourquoi ? que fait Israel pour que a paix soit instauree ?

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