Yade aux sports : un tremplin pour les droits de l'homme
Le remaniement ministériel est venu supprimer le secrétariat d’Etat aux droits de l’homme. Rama Yade, titulaire de ce poste, va prendre en charge le secrétariat d’Etat aux sports. Ce « transfert » est plutôt considéré comme une sanction de l’intéressée que l’on disait en froid tant avec son ministre de tutelle que le président de la république.
Quelle qu’en soit la motivation, l’attribution de cette nouvelle fonction constitue une opportunité pour Rama Yade : elle avait un ministère de la parole, considéré comme cosmétique ou en trompe l’œil, elle hérite d’un ministère d’action.
Le poste de secrétaire d’Etat aux droits de l’homme, rattaché spécifiquement au ministère des Affaires étrangères, n’avait pas de logique. Il ignorait totalement la protection des droits de l’homme en France et établissait une division artificielle entre politique étrangère et politique des droits de l’homme.
Il nourrissait le soupçon à l’étranger d’instrumentalisation des droits de l’homme à des fins géopolitiques en en faisant une application sélective, tenant compte non pas de l’ampleur de la violation des droits de l’homme, mais des liens stratégiques établis avec tel ou tel pays ou de l’image dans l’opinion publique de tel ou tel pays.
Le passage d’un secrétariat d’Etat aux droits de l’homme à celui aux sports confèrera en fait à Rama Yade une marge de manœuvre bien plus importante pour promouvoir un droit de l’homme en particulier : le sport.
Le sport crée du lien social
Le sport est certainement l’activité qui fédère le plus et qui crée le plus de lien social. En effet, y-a-t-il une autre organisation comptant 2,3 millions de membres à jour de leur cotisation comme la fédération française de football, auxquels il faut ajouter l’entourage et les spectateurs ?
Le mouvement olympique considère d’ailleurs que « la pratique du sport est un droit de l’homme “, autrement dit tous les individus devraient être en mesure se s’épanouir au travers de la pratique du sport. Le sport, outil de socialisation et cadre de prévention, peut pourtant apporter beaucoup à des populations déshéritées, tant dans des zones urbaines que dans des zones de conflit. Cela tient à ses vertus éducatives et à son potentiel de mobilisation.
De plus en plus le sport a vocation a être utilisé dans des périodes post conflictuelles pour aider aux réconciliations ou à la reconstruction de liens sociaux. La très grande visibilité du sport et son impact médiatique lui donnent une responsabilité de plus en plus grande. Le mouvement sportif international est en première ligne pour impulser cette dynamique et promouvoir le sport comme vecteur de développement et de paix.
Il est caricatural de considérer que tous les sportifs de haut niveau sont des personnes égotiques et égoïstes. C’est le cas de certains. Mais d’autres sont au contraire conscients de leur valeur d’exemple et prêts à s’engager pour des causes d’intérêt général. De nombreux responsables s’en rendent compte et mettent le sport au service d’un objectif qui dépasse celui-ci.
La réconciliation par le sport
A titre d’exemple, l’organisation Peace an Sports aide et fédère de nombreux projets concrets d’apaisement de tensions ou de réconciliation grâce au sport. Les organisations internationales également sont amenées à intégrer ce paramètre dans leurs programmes d’action.
La promotion du sport peut être appréhendée autrement que sous le prisme d’une politique publique restreinte au champ national. Secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, Rama Yade était réticente à prendre en compte la dimension et le rayonnement international du sport, car le sport est dans la perception publique l’un des champs réservés où les diversités et ses talents peuvent s’exercer et qu’elle ne voulait pas être confinée à l’image de la diversité.
Si elle sait fédérer l’énergie et les motivations des sportifs dans le domaine de la promotion de droits humains, sa nomination apparaîtra comme une promotion, non comme une relégation. Jusqu’ici les responsables de l’action extérieure ont été insensibles au levier que le sport peut constituer comme moyen d’action internationale. C’est donc un boulevard qui s’ouvre devant Rama Yade.
- Sur peace-sport.orgLe site de Peace and sports
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ni dieu ni maître !
ni dieu ni maître !
Melle Yade a dû pousser un ouf de soulagement en constatant qu’elle pourrait garder sa voiture et son chauffeur.
Maintenant qu’elle est soulagée, on aimerait bien qu’elle redonne tous son sens à la politique sportive nationale et à la mission de service public du sport qu’on connaissait depuis 1936 avec la nomination, pour la première fois, d’un Secrétariat d’Etat qui réunissait alors l’Education Populaire, les Sports et l’Organisation des Loisirs.
Parce que mine de rien, M. Laporte, sorti de son sport professionnel, n’a rien impulsé :
- éclatement du Ministère Jeunesse et Sports
- suppression des missions de jeunesse, d’éducation populaire, de la vie associative parties dans un Haut Commissariat à la Jeunesse
- baisse du nombre de postes
- disparition des formations et des diplômes
- disparition de beaucoup de CREPS (centres régionaux d’éducation physique et sportive),
- disparition des directions jeunesse et sport, bientôt noyées dans le vaste ensemble très administratif de la « cohésion sociale », alors qu’elles assuraient le lien avec le mouvement sportif local.
etc
M. Laporte a privilégié l’argent au sport, en favorisant les clubs professionnels, en oubliant que pour devenir professionnels, les sportifs doivent passer par le vivier que sont les petits clubs et les fédérations sportives.
Pour terminer, le budget des Sports n’a jamais été aussi réduit : 19 millions d’euros seront retirés dans le budget 2010 par rapport à celui de 2009 (187 millions)
Melle Yade, au boulot.




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