Cabinet de lecture

L'actualité des livres, par Hubert Artus.

Manchette : le « pape du néo-polar » is not dead

Publié le 16/08/2008 à 04h10


Manchette en 1963

Treize ans après sa mort, Jean-Patrick Manchette est encore là. Et c'est heureux. Au printemps, la publication du « Journal » de celui qui était baptisé « pape du néo-polar » a été un événement. Cet événement, on le doit –aussi- au fils du romancier disparu, Doug Headline. Que Rue89 est allé chercher.

LE LIVRE
Voici le complément parfait aux « Chroniques » de Manchette : son « Journal » . Ce premier volume (1966-1974) réjouira les passionnés de littérature philosophique, de roman noir, de situationnisme, mais aussi les cinéphiles, les hégéliens, les anti-sartriens, les anti-psychanalyse, les reichiens, les nostalgiques de la R4 et les amoureux. Ecrits sur des cahiers à spirale où le romancier collait des articles de journaux et réagissait, le document est un puissant journal d'époque. Porté par la méfiance d'un homme opposé au militantisme armé, mais plus encore aux flics d'Etat. Le « Journal » est aussi le suivi des activités incessantes de Manchette : romans, traductions, scénarios ; un recensement des films, romans et essais dévorés ; un grand aveu d'amour à sa femme Mélissa et à son fils Tristan ; c'est enfin ses ennuis financiers et un tempérament dépressif. Si Manchette n'a pas du tout traité mai 68, on y vérifiera qu'il était capable de parler d'une cocotte-minute et de James Joyce à cinq lignes d'intervalle. Le « Journal » des faits d'un boulimique, d'un intellectuel sophistiqué, situationniste et libertaire.

« L'affaire N'Gustro » , « Nada » , « Le petit bleu de la côte ouest » , « La position du tireur couché » , et bien d'autres jusqu'à l'inachevé et magnifiquement tendancieux « Princesse de Sang » : Manchette est celui qui, quarante ans après la percée des romanciers pulps aux USA (emmenés par Hammett et Chandler), a dépoussiéré le roman noir français.

Evoquer plus précisément Manchette n'est pas l'objet de cet article, mais on doit à la vérité de dire que cet auteur est une des plus importantes références de notre Cabinet de lecture. Car trois ans après un prestigieux « Quarto / Gallimard » qui reprenait tous ses romans, voici que Gallimard édite la première partie de ses « Journaux » . Ces deux évènements, c'est à Tristan Manchette qu'on les doit. Le fils. Plus connu sous son nom de scène : Doug Headline. « Doug » en hommage à l« acteur Douglas Fairbanks. “ Headline” pour “ Manchette” en Anglais.

Un temps éditeur chez Rivages/Fantasy, c'est à lui qu'on doit la traduction et la publication en France de Valerio Evangelisti. S'il a, accessoirement, réalisé le film “Brocéliande” en 2003, il avait auparavant été journaliste ciné et avait fréquenté toute la presse de la contre-culture française des années 80 : “ Charlie Hebdo” , “ Charlie Mensuel” , “ Métal Hurlant” , “ Rock & Folk” , “ Actuel” et “ Starfix” . Aujourd'hui, Headline veut aussi “ contribuer à donner au lecteur une vision en mouvement de Manchette et de son œuvre” . C'est sur ces mouvements que nous l'avons interviewé.

Dans les “ cahiers” à venir, que vous connaissez, quelles sont les évolutions et les surprises à signaler ?

Dans les années qui suivent, il y a une rapide augmentation du volume de son travail, jusqu'à l'épuisement, un effondrement passager assez violent, puis une période de repli et de réflexion. Une conscience politique qui devient de plus en plus aiguë au fur et à mesure que les espoirs de changement positif s'estompent. Et la recherche de la phase suivante de son travail, ponctuée de nombreuses difficultés qui dura sept ans, jusqu'à ce qu'il entame l'écriture du cycle qui démarrait avec “La Princesse du Sang”.

Il y a bien sûr, aussi, une foule de choses passionnantes, des portraits très touchants d'autres écrivains, comme par exemple celui de Robin Cook, avec qui il était très lié ; des analyses approfondies du jeu d'échec et des jeux de stratégie ; une abondance de commentaires de lectures portant sur des textes inattendus, je cite au hasard Thucydide, Leopardi, Clausewitz, Gibbon, Orwell, Dos Passos, Kafka, Sainte-Beuve, le prince de Ligne, parmi des centaines d'autres. Et on y découvre des projets dont on ne savait pratiquement rien, comme celui d'écrire et de mettre en scène un film sur les anarchistes de la colonne Durruti durant la guerre d'Espagne, ou le début d'un roman historique teinté d'érotisme, rocambolesque et très amusant.

D'Hercule Poirot à Manchette
Au début du XXe siècle, dans le roman de détective, l'enquêteur (Hercule Poirot ou un autre) incarne le triomphe du Bien sur le Mal, et n'est que la métaphore de l'ordre politique (r)établi. En 1929, la crise économique, la prohibition et l'explosion d'Hollywood avaient permis a un nouveau genre littéraire de percer : un roman noir et social qui, explosant les frontières du polar, devenait le genre de la part sombre de l'être humain. Le narrateur n'était plus forcément du côté de la loi. Et le style behavioriste (suivre le personnage non par ce qu'il pense, mais par ce qu'il fait) faisait autorité. Agatha Christie prenait une méchante claque. En 1968, le situationnisme et les évènements sociaux en France allaient devoir trouver une traduction littéraire. Ce serait le “néo-polar”. L'héritage du behaviorisme yankee se trouverait dans une froideur psychologique très “ anti-Simenon” . Manchette, situ, graphomane, révolutionnaire méfiant, invente cette écriture clinique, romancée et référentielle, qui dépeindrait froidement le comportement des flics et des tueurs sans s'embarrasser de psychologie. Le “néo-polar français” est né. On trouverait des romanciers encore actifs : Daeninckx, Pouy, Raynal, Bastid, Vilar et Villard. Dans le roman français d'aujourd'hui, les héritiers de Manchette sont en dehors du genre : Dantec, Houellebecq, ou encore Bénier-Bürckel (dont nous vous parlerons à la rentrée).

Vous qui en avez traduit et publié, que pensez-vous des propos de Manchette sur la science-fiction, propos à la fois justes et snobs ? …

Ces commentaires écrits en 1970 me paraissent justes pour l'époque où ils sont rédigés. Sur la fin de la science-fiction, déjà prévisible en ce temps alors que la forme connaissait pourtant là une de ses périodes les plus brillantes, on voit bien ce qu'il est advenu : la science-fiction littéraire spéculative à la John Brunner ou à la Spinrad, qui a été la facette la plus intéressante de la SF, a disparu.

Un moment, les auteurs se sont plaints, par exemple l'auteur commercial Dan Simmons, de ne plus pouvoir spéculer ou extrapoler assez vite tant le mouvement du monde est devenu rapide. Par conséquent, ne parvenant plus guère à imaginer l'avenir, et leurs livres ne se vendant de toute manière plus guère, la plupart des auteurs de SF se sont reconvertis dans le thriller, Dan Simmons le premier, ou dans la Fantasy, ou ont interrompu leur activité.

Il ne reste, de fait, plus de science-fiction littéraire du tout, excepté quelques textes toujours moins nombreux qui répètent des formes connues ou se noient dans la rationalisation scientifique la plus ennuyeuse. On pourra bien s'élever contre cette idée en m'opposant le cas de tel ou tel livre notable récemment paru, il reste que toute la SF a désormais été récupérée et dévoyée par la culture marchande, intégrée au reste des produits para-culturels sous ses formes les plus basses et superficielles (par exemple, le space opera a pris la forme des jouets Star Wars) : elle a donc perdu à la fois son sens et son pouvoir de subversion.

Un peu comme dans le cas d'Izzo des années plus tard, le fait qu'Alain Delon, connu pour ses opinions de droite, rachète des droits, interprète et réalise des adaptations manchettiennes avait fait couler de l'encre. Quelle est votre position ?

Comme le dit Manchette lui-même dans un entretien :

 » Si ça leur fait plaisir, c'est tant mieux pour eux. Au reste, tout le monde, dont moi, s'en fout. »

Tous les films tirés de ses livres sont presque dénués d'intérêt, excepté « Nada », de Chabrol, que j'aime beaucoup malgré ses défauts. Ce film-là a gardé, grâce à l'utilisation directe des dialogues du livre et à l'esprit farceur de Chabrol, une pêche certaine. Pour ma part, comme je reste avant tout cinéphile, j'aimerais bien voir un jour sur un écran quelques films valables tirés des bouquins de mon père, et je ferai mon possible pour que cela se concrétise. Quelques projets se profilent.


Journal 1966-1974 de Jean-Patrick Manchette (Gallimard, 645 pp., 26 €)

La semaine prochaine, c'est la rentrée littéraire ! ! Le Cabinet commencera par publier un topo général (tendances, surprises, premiers romans, coups de cœur français et étrangers) avant de proposer un reportage sur l'arrivée des cartons de la rentrée dans une libraire marseillaise. Ensuite : vidéos (Richard Ford, Mathias Enard, Giancarlo De Cataldo, etc), chroniques, interviews… et tchat.

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  • 32 réactions
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  • quetzal2012
    • Posté à 17h13 le 16/08/2008

    Merci ça fait tellement de bien d'entendre parler de littérature, mais c'est encore beaucoup trop rare sur rue 89...
    A suivre !

    Lien

    • Hubert Artus
      Hubert Artus answers to quetzal2012
      Rue89
      • Posté à 19h47 le 16/08/2008
        rédacteur
      • Journaliste
        Rue89

      Merci pour votre attention. Depuis notre naissance, il y a quinze mois, nous devons faire face -aussi- à la faible place de la culture sur Internet. Je n'ai de cesse de tester des formules, le ton, le format, la modernité, qui permettrait à la littérature de trouver sa place ici. En ce sens, je testerai plusieurs choses à la rentrée (notamment des tchats).

    • Compte supprimé le 21 janvier 2
      • Posté à 11h31 le 18/08/2008

      J'ai lu il y a longtemps « Le petit bleu de la côte west » et « la position du tireur couché » (putain de titres..). J'avais été fasciné par la précision du style, ces passages d'une violence inouïe, etc... A la lecture du Journal, je comprend maintenant combien cette fluidité était la conséquence d'une énorme culture, et d'un énorme travail. Un grosse leçon de littérature.

      JFT_Charenton

      PS : Fajardie et « Les tueurs de flics », c'est pas mal non plus, mais moins chiadé, plus bavard, limite Simenon par endroits. Manchette, c'est que du muscle.

  • compte supprimé 13
    • Posté à 17h27 le 16/08/2008

    « Journal » acheté, pas encore eu le temps de le lire, il est sur une des piles de « provision ».
    Grand bonhomme.

    ––––––-
    Je profite de ce coin où il n'aurait pas été dépaysé, pour regretter la disparition de l'éditeur et historien Francis Lacassin, spécialiste des littératures populaires et de la bande dessinée.
    Il est décédé dans la nuit de lundi à mardi à Paris à l'âge de 76 ans, des suites d'une intervention chirurgicale.
    Francis a été conseiller littéraire de la collection « Bouquins » chez Robert Laffont (1982-2000) et de « 10-18 » chez Christian Bourgois (1971-1990).
    Il a occupé à partir de 1971 la première chaire d'histoire de la BD créée à l'université Paris I-Panthéon Sorbonne.

    a lire sa « Mythologie du roman policier ».

    • leconcombrevert
      • Posté à 14h44 le 20/08/2008

      Salut Ira,

      je profite de ce recoin pour vous dire que je regrette que vous ayez été « nazé » l'autre fois sur le fil des lectures. Il m'arrive souvent de ne pas partager vos opinions sur certains sujets, mes je vous estime.

  • virginie78
    • Posté à 19h30 le 16/08/2008

    Il est aussi à noter que jacques Tardi a fait une magnifique BD àpartir d'une nouvelle de Manchette : « Le Petit Bleu de la Cote Ouest ».
    Génial !
    Cela aurait été domage de ne pas le citer !

  • paco
    • Posté à 19h41 le 16/08/2008
    • Internaute

    Le « Journal » est passionnant : une écriture froide, un style parfois télégraphique, qui permet de découvrir un lecteur et spectateur boulimique (il cite des titres de livres et de films à la tonne), mais aussi un ambitieux, aux rêves de confort petit-bourgeois (il se donne jusqu'à telle date pour gagner de quoi s'installer, sinon il deviendra prof ! ). Le plus intéressant est peut-être le tiraillement entre ses idées libertaires et la crainte qu'une véritable révolution socialiste mette fin à sa carrière. A lire, en tous cas.

  • PIT LE CHIEN
    PIT LE CHIEN
    Wouaooouh!
    • Posté à 21h10 le 16/08/2008
    • Internaute
      Wouaooouh!

    Oublieux.

    Tristan Manchette, dans ses nombreuses interview , ne parle jamais de celui sans qui ... : Jean-Pierre Bastid ! (voir ses bio./)

    • Hubert Artus
      Hubert Artus answers to PIT LE CHIEN
      Rue89
      • Posté à 03h26 le 17/08/2008
        rédacteur
      • Journaliste
        Rue89

      Vous faites un procès d'intention a la mauvaise personne. En effet, celui qui se doit de signaler sa complicité avec Bastid, a savoir Manchette lui même, l'a toujours fait. Dans ce Journal, vous trouverez de nombreuses scènes de vie entre les deux auteurs de « Laissez bronzer les cadavres ».

  • Gosane
    Gosane
    chômeur
    • Posté à 09h39 le 17/08/2008
    • Internaute
      chômeur

    « [La SF] a donc perdu à la fois son sens et son pouvoir de subversion. »

    Y aurait-il un rapport entre cette remarque infondée et l'échec cuisant des deux collections de science fiction de Doug Headline ?

    Non, je n'ose croire à une telle mesquinerie…

    • compte supprimé 13
      • Posté à 12h48 le 17/08/2008

      ou alors, il n'a pas lu de SF depuis un certain temps, car il existe des collections qui - sans atteindre les tirages des années 70 et après - continuent de proposer des ouvrages de qualité.

      • Hubert Artus
        • Posté à 13h34 le 17/08/2008
          rédacteur
        • Journaliste
          Rue89

        Vous pensez à La Volte ?

         
        • Gosane
          Gosane answers to Hubert Artus
          chômeur
          • Posté à 14h17 le 17/08/2008
          • Internaute
            chômeur

          Pas vraiment, non. Étant orientée fantasy et littérature « expérimentale » branchée, La Volte n'est pas pas vraiment représentative de la science-fiction contemporaine.

          Par contre, chez l'Atalante, au « Bélial et dans la collection Lunes d'Encre chez Denoël, il y a un souci de publier de la bonne science-fiction : Jean-Marc Ligny, Stephen Baxter, Laurent Genefort, Greg Egan, Sylvie Denis, Roland C. Wagner, Michel Pagel, Richard C. Wilson, Catherine Dufour, Thierry Di Rollo…

          Et n'oublions pas Ailleurs & Demain chez Laffont, qui a quand même publié “Le Quatuor de Jérusalem”.

          • Hubert Artus
            Hubert Artus answers to Gosane
            Rue89
            • Posté à 14h48 le 17/08/2008
              rédacteur
            • Journaliste
              Rue89

            Avec Barbéri ou Jeff Noon, il n'y a pas que de la fantasy à La Volte...

            • Gosane
              Gosane answers to Hubert Artus
              chômeur
              • Posté à 17h02 le 17/08/2008
              • Internaute
                chômeur

              C'est l'aspect littérature expérimentale branchée. Rien de neuf, soit dit en passant, l'excellent Jacques Barbéri écrivait déjà ce genre de textes de SF il y a plus de trente ans et le talentueux Jeff Noon, qui n'écrit pas de SF, chasse sur des terres largement défrichées avant lui par son compatriote Michael Marshall Smith et surtout le Français Roland Wagner.

              Ils sont très forts en communication, à la Volte, mais ce n'est pas chez eux qu'on trouve la SF de pointe.

              • Tyb
                Tyb answers to Gosane
                • Posté à 10h09 le 18/08/2008

                J'ai quand du mal à voir des points commmuns réels entra Roland C Wagner et Jeff Noon, le sceond est expérimental, le premier publie des romans classiques ponctués de petites détails pitoresques, mais l'optique n'est tout de même pas la même...

                Ceci dit il est vrai que voir Doug Headline tenir de tel propos me parait un peu dur à avaler, à mon sens il oublie un peu Gibson et Sterling niveau fin de la SF, et puis entre entre son film et les journaux dans lesquels il a travaillé, plus proches de l'adoration servile du fanboy aveugle que de la position critique et mesurée....

          • C-dâv
            C-dâv answers to Gosane
            • Posté à 12h44 le 18/08/2008
            • Internaute

            N'oublions pas non plus l'excellente maison qu'est« AU DIABLE VAUVERT »,bon poalr et excellente SF.

        5 other comments
  • Hubert Artus
    Hubert Artus
    Rue89
    • Posté à 17h35 le 17/08/2008
      rédacteur
    • Journaliste
      Rue89

    Chez Noon, n'est on pas en pleine littérature de l'imaginaire et du futur ? Soit, avec l'uchronie a la Spinrad et les puzzles d'Evangélisti, le plus intéressant de la SF dans notre époque de contre-utopie ? Enfin, c'est mon avis, et je connais bien cette littérature, et ces auteurs.Je vous garantis qu'ils ne communiquent pas tant que ça, a la Volte...

    • Gosane
      Gosane answers to Hubert Artus
      chômeur
      • Posté à 17h53 le 17/08/2008
      • Internaute
        chômeur

      Je ne comprends pas très bien ce que vous voulez dire. La littérature de l'imaginaire ça n'est pas synonyme de science-fiction. Noon est plutôt un auteur de fantastique onirique (ou plutôt drogué). Je vous conseille Stups et fiction de François Rouiller sur ce thème. La référence à Spinrad date de trente-cinq ans, il a fait bien autre chose que des uchronies depuis Rêve de fer. Evangelisti, je n'ai jamais lu parce que j'ai du mal avec les histoires d'horreur, mais « le plus intéressant de la SF dans notre époque de contre-utopie » ne se limite pas à ces trois auteurs. Vous dites que vous connaissez bien cette littérature, mais les noms que j'ai cités ne semblent éveiller aucun écho chez vous.

      Si vous êtes copain avec Doug Headline et la Volte, veuillez oublier ce message.

      • Hubert Artus
        Hubert Artus answers to Gosane
        Rue89
        • Posté à 19h26 le 17/08/2008
          rédacteur
        • Journaliste
          Rue89

        Ce que je veux dire est que, dans notre époque actuelle, ke pense -et ne suis pas le seul- que l'uchronie est le meilleur de la SF. « Bleu comme une orange » date de 2001, donc Spinrad n'est pas si daté que ça. Et Evangelisti n'a tien des histoires d'horreur, il parle de l'Inquisition, du dopage, de la science dans le futur, le génôme, etc ... Je ne suis suis pas « copain » de la Volte, là n'est pas la question. Bien entendu, les noms que vous citez (hormis C. Dufour, trop, récemment apparue pour générer un avis) trouvgent un évcho dans mes réflexions. Evidemment Lunes d'Encre... Evidemment... Vous vous êtes aperçu, si j'ai l'honneur de vous compter dans un fidèle lecteur de la rubrique Livres de Rue89, de la place que j'ai faite -et ferai- sur Pierre Bordage, à mon avis un des plus grands auteurs français vivants, tout simplement...

         
        • Tyb
          Tyb answers to Hubert Artus
          • Posté à 10h14 le 18/08/2008

          mouais.... l'uchronie me parait une vieille recette un peu facile et qui permet surtout de palier un peu facilement à cette nouvelle difficulté à imaginer le futur dont parle Dan Simmons ; )

          Je suis un peu d'accord sur ce statut un peu moribond de la SF, dans le domaine le meilleur reste effectivement toute cette SF prospective des années 70, qui s'intéressait philosophiquement à de grands thèmes, traité plus par la psychologie des personnages et leurs relations que par le décor, alors que la SF classique se contente justement de raconter des histoires classiques en l'environnant de décorum.

          C'est d'ailleurs assez parlant de voir que Gibson a été rattrapé par l'évolution technologique, passant sans quasiment changer ses décors du statut d'auteur de SF à celui de romancier classique

          • Gosane
            Gosane answers to Tyb
            chômeur
            • Posté à 11h22 le 18/08/2008
            • Internaute
              chômeur

            Bravo, Tyb, vous avez gagné la palme du plus grand nombre de clichés dans le plus petit nombre de lignes.

            Lisez Isolation de Greg Egan, Aqua TM de Jean-Marc Ligny ou La profondeur des tombes de Thierry Di Rollo et reparlons-en, voulez-vous ?

            Si c'est ça ce que produit un genre moribond, je souhaite que tous les genres le soient.

            @ Hubert Artus :

            Bien sûr, Pierre Bordage est un grand écrivain populaire, mais ses concepts de SF ne sont pas exactement révolutionnaires, ça fait de lui un excellent second couteau.

            Pour Spinrad, vous m'avez mal compris, je suis d'accord avec vous, relisez ce que j'ai écrit sur lui plus haut. Savez-vous pourquoi les éditeurs français ne le traduisent plus ? J'ai essayé de lire en anglais He walked amongh us, mais c'est trop difficile pour mon faible niveau d'anglais.

            • Tyb
              Tyb answers to Gosane
              • Posté à 11h39 le 18/08/2008

              Je peux remplacer « moribond » par « intellectuellement et litérairement moribond » si vous préférez...

              Le peu que je connais de Greg Egan en roman est un peu trop typé hard science pour me plaire, j'aime bien ses nouvelles...

              JM Ligny bon j'aimais bien avant hein, mais ça ne m'a jamais renversé non plus

              Di Rollo, pas encore essayé... et pas vraiment envie comme vous pouvez vous en douter

              • Gosane
                Gosane answers to Tyb
                chômeur
                • Posté à 12h38 le 18/08/2008
                • Internaute
                  chômeur

                « Je peux remplacer “ moribond ” par “ intellectuellement et litérairement moribond ” si vous préférez… »

                Si vous voulez. Mais c'est faux. Lisez donc les livres suivants.

                Lothar blues de Philippe Curval, son meilleur roman qui vient de paraître.

                Le monde tous droit réservés de Claude Ecken, un recueil de nouvelles excellentes, certaines même prémonitoires.

                LGM de Roland C Wagner, une uchronie frappée et flippée bourrée de guests stars : de Gaulle, Spinrad, Johnny, Jello Biafra.

                Cendre de Mary Gentle, qui mélange Jeanne d'Arc et la physique quantique.

                « Intellectuellement et littérairement moribond ».

                LOL

                • C-dâv
                  C-dâv answers to Gosane
                  • Posté à 12h48 le 18/08/2008
                  • Internaute

                  A lire aussi l'excellente trilogie de Bordage qu'est « l “évangile du serpent”,au moins le 3° tome,flipante mais réaliste vision de notre (trés)proche futur.

                • Tyb
                  Tyb answers to Gosane
                  • Posté à 12h50 le 18/08/2008

                  J'ai déjà du Mary Gentle sur ma liste de lecture même si ce n'est pas celui là.

                  Le LGM fait il partie des Nouveaux Mystères de Paris ou c'est indépendant ?

                  • Gosane
                    Gosane answers to Tyb
                    chômeur
                    • Posté à 13h52 le 18/08/2008
                    • Internaute
                      chômeur

                    Félicitations, tous les Mary Gentle sont excellents.

                    LGM n'a rien à voir avec les FMP. C'est un OVNI littéraire.

        7 other comments
  • tamgaz
    • Posté à 09h16 le 23/08/2008
    • Internaute

    Je reviens au point de départ. Je suis un admirateur de Manchette et j'ai d'ailleurs écrit quelques articles sur ses romans, mais je trouve son journal particulièrement ennuyeux. Il se plaint toujours d'être fatigué, les week end à Berneval se suivent et se ressemblent, 80% des films cités sont « merdeux » sans autre explication, etc. Envers Mélissa, sa femme, il fait preuve d'un machisme énervant, donnant des appréciations sur son travail et ses progrès, alors que lui ne progresse pas en travaux ménagers. 630 pages, 26€ pour la narration d'un quotidien fastidieux, pourquoi pas. Ce journal n'était pas destiné à être publié, il aurait du rester dans le cercle familial.

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