Cabinet de lecture

L'actualité des livres, par Hubert Artus.

Surchauffe dans l'édition (1/2) : l'enquête sur Zidane

Publié le 04/10/2008 à 04h49

Avec « Zidane, une vie secrète », Besma Lahouri secoue milieu de l'édition et le tout-Paris. Décryptage d'un bon coup.



Zinedine Zidane en mai 2008 (Charles Platiau/Reuters).


En dix jours sont parus deux livres qui, chacun à leur façon, ont mis leur Milieu et le tout-Paris en surchauffe. « Zidane, une vie secrète » et « Ennemis publics » du duo Houellebecq-BHL n'ont rien à voir, mais leur stratégie marketing et la proximité de leur parution témoignent surtout d'une autre étape dans l'emballement du Moloch de l'édition. Décryptage en deux temps. Pour commencer, l'emballement Zidane.


Jaquette de « Zidane, une vie secrète » (DR).

Initialement, le livre était prévu en 2007. Il a été repoussé plusieurs fois, pour cause de retards successifs que son auteur admet. Ce livre, c'était une « bio » de Zinedine Zidane, le Français le plus populaire. Sauf que, de bio sur sa personne, Zidane ne veut pas en entendre parler. Et fait avancer les menaces. Besma Lahouri écrit que, dès décembre 2007, l'agent de l'ancien joueur lui conseillait de « mettre fin à son enquête » contre… une simple interview. Besma Lahouri est une journaliste indépendante qui en a vu d'autres, et elle va poursuivre.

L'ouvrage : pas un livre à sensation

Son enquête, débutée en décembre 2006 et achevée en mai 2008, réunit de nombreux témoignages : anciens joueurs (Dugarry, co-équipiers de la Juve ou du Real), anciens entraîneurs (Courbis, Marcello Lippi), dirigeants, agents et confrères de la presse sportive. C'est une bio à charge mais dénuée d'agressivité, provoquée par « l'impunité du coup de tête », dit l'auteur :

« J'ai voulu comprendre pourquoi, en France, personne ne lui a demandé franchement pourquoi ce coup de tête sur Materrazzi en finale, pourquoi il a pu s'en sortir sans s'expliquer vraiment, pourquoi quoiqu'il ait fait on lui pardonne. Pourquoi Michel Denisot, fin connaisseur de football et ex-patrons de clubs, ne lui pose aucune question frontale lorsqu'il l'interview quelques jours après la finale. Pourquoi L'Equipe n'a pas enquêté. »

En fait, cette zone d'ombre et cette impunité dissimulent une série de zones d'ombres que l'inconscient collectif « passe » à Zidane. Au fur et à mesure, Besma Lahouri se rend compte qu'il y a une omerta implicite dès qu'on parle de Zidane, dès qu'on sollicite un témoin : même Vikash Dhorasoo refusera de lui parler.

De cette affaire de coup de tête aux débuts du joueur, de l'aspect phénoménal de sa carrière à la simplicité avérée de l'homme, de la Castellane au Réal, de la famille au clan complet, le livre est une enquête exemplaire. Il y a quelques infos en béton sur la question du dopage : contrairement aux règlements FIFA, Zidane n'a pas été contrôlé après ses expulsions en Coupe du Monde 1998 et 2006 (comme un heureux hasard, les responsables ont oublié…), l'absence de certaines pièces au dossier médical durant le procès des joueurs de la Juventus en 2002, et d'autres du même tonneau.

Le journaliste spécialisé apprendra peut-être peu de choses (car il savait cette étrange absence, un jour durant le Mondial 2006…), mais il convient de dire, comme le tonne Besma Lahouri elle-même : « oui, vous le saviez, mais vous en l'avez jamais écrit ! Le lecteur n'a jamais lu les infos que j'apporte ».

Comme l'argumente Christophe Deloire, auteur de « Sexus Politicus » et éditeur du livre chez Flammarion : « Personne n'avait jamais enquêté sur le sujet ». Vrai. Et elle, elle l'a fait.

S'il y a de nombreuses infos, il n'y a pas de révélations. Pas le but. « Ce n'est pas une bio à l'anglo-saxonne, ça ne détruit pas la vie privée », dit l'éditeur. Car, bien sûr, si côté business (peu d'infos) et dopage (on est servi) mis à part, c'est sur le côté people que Besma Lahouri était attendue : l'histoire entre le joueur et la chanteuse Nadiya (enfant ? pas enfant ? histoire ? pas histoire ? ). On a à ce chapitre toutes les informations sur les procès intentés à Marc-Olivier Fogiel (qui sortit l'affaire dans son émission) et Voici, mais pas plus.

« Sur cette affaire, je ne devais écrire que ce sur quoi j'avais des preuves, et surtout ce qui était important à savoir pour le public, car le reste on s“en fiche. J'ai le nom du paparazzi qui a shooté Nadiya et Zidane, mais je refuse de le dire : le type a déjà sa tête mise à prix, je en vais pas en rajouter. Qu'il soit clair que je n'ai rien contre Zidane, je n'ai pas fait une enquête contre lui, j'ai simplement levé les zones d'ombres. ”

Le marketing : comme si le livre était une bombe capitale

C'est un livre sérieux qui contient ce qu'annonce son titre. Pourtant, à la première lecture, on est déçu par ce livre. Car il y a une différence entre ce que laissait entendre le marketing et le contenu. On se ravisera ensuite, puisque le livre est costaud, mais il reste un arrière-goût étrange.

Il n'est pas dû au livre. Il est dû à ce qu'il y a eu avant le livre. A un embargo abusé, et à un bandeau too much.

Tout avait commencé le 30 mars 2008, quand le domicile de Deloire est cambriolé, et que les voleurs emportent l'ordinateur qui contient le manuscrit. Ça a continué quand une autre personne, une amie de l'auteur qui possédait également le manuscrit, s'est fait cambrioler elle aussi.

C'est à ce moment précis que tout le milieu du foot et toute la place de Paris ont, sans que ni l'auteur ni l“éditeur ne s'expriment, crié aux scoops. L'enquête est toujours en cours. Mais depuis, le livre sentait la fumée.

En mai, Flammarion annonce que le livre sortira fin septembre. Mais parle d'un livre sous embargo jusqu'à trois jours avant parution, avec des bonnes feuilles dans un hebdo (ce sera L'Express, qui a trouvé le moyen de publier les pages les plus inodores du livre ! ). Et annonce que, comme pour tous les livres ‘ chauds ’, le livre ne sera pas lisible à la presse avant –quasi- la parution.

On était en pleine logique de buzz. Assumée. Typique d'un coup sensationnel. Lorsqu'on voit arriver un livre orné d'un bandeau quasi ellroyen (‘ Le livre que vous avez failli ne jamais lire ’), on se dit qu'on peut croire aux révélations. Mais non. Le livre, encore une fois document sérieux, n'est pas un livre à sensations.

Le hic : un premier rapport vrillé à l'ouvrage

C'est ce hiatus entre ce qui a été annoncé et ce qui est arrivé qui a vrillé quelque peu le premier rapport que nous avons pu avoir à l'ouvrage. Certes, il n'y a eu aucun buzz volontaire sur ce livre. Mais, à partir d'événements malheureux (les cambriolages), le marketing a été fait comme si le livre était une bombe capitale, et on est passé à une fausse stratégie du secret.

Ce hic, aucun lecteur ne le verra puisque le livre est très honnête. Le hic, c'est uniquement le milieu de l'édition et de la presse qui le vit, qui le voit. Rien de grave, donc. Certes. D'autant que le livre, une semaine après sa sortie, est un carton (après un tirage initial de 30 000 ex, l'éditeur annonce deux nouveaux tirages de 10 000).

Mais cela en dit long sur la façon dont sont lancés des livres censés faire l'événement. Il révèle une chose qui à terme concernera tous les lecteurs : une marche supplémentaire est franchie dans l'affolement.

Certes, ce que nous pointons ici n'est pas nouveau : survendre un ‘ coup ’, c'est classique, surtout en livre people. Mais nous sommes ici en face d'un livre qui concerne une superstar qui n'est pas un people. Et d'un livre n'a rien d'un ouvrage people. Ce hiatus, cet affolement, dit à lui seul le manque de sérénité dont semble, depuis les cambriolages, avoir été victime ce livre.

Flammarion est une maison sage et très bien tenue. En bonne santé financière, qui plus est. Depuis quelques temps, la maison parvient à équilibrer un haut niveau littéraire en fiction, un solide niveau dans ses ‘ docs ’, et un subtil saupoudrage de ‘ coups ’ pour raisonnablement faire l'événement (Yasmina Réza l'an dernier, Zidane cette année, etc), et son département Poche est en essor (nous l'expliquions dans un précédent décryptage). Et on ne voudrait pas que Flammarion soit le moteur de l'affolement du Moloch de l'édition.

Zidane, une vie secrète de Besma Lahouri - Flammarion - 408p. - 20€.

Photo : Zinedine Zidane en mai 2008 (Charles Platiau/Reuters).

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  • Renard
    • Posté à 17h23 le 04/10/2008

    Oui Zidane est soupçonné de dopage du temps passé à La Juve, oui son coup de tête nous fait perdre très certainement le titre de champion du Monde, car des Italiens sur les genoux auraient eu beaucoup de mal lors des prolongations, si prolongations avaient eu lieu ?

    Ce coup de tête est indigne de toutes manières du capitaine de l'équipe de France, pour terminer l'ouvrage de Manuel Petit indique quelques détails sur la personnalité de Zizou !

    • said sellali
      said sellali answers to Renard
      • Posté à 18h07 le 04/10/2008

      a l'Ami Renard :
      1) Zidane est soupçonné de dopage comme la plupart des sportifs de haut niveau. Cela ne reste que des soupçons qui ne sont étayés par aucun contrôle positif. En outre, ce n'est pas le dopage qui a fait de Zidane l'un des plus grands techniciens de l'histoire du football, c'est son talent extraordinaire.
      2)Zidane ne nous a pas fait perdre la coupe du Monde car sans lui et son retour en 2005 , NOUS NE NOUS SERIONS JAMAIS QUALIFIES pour la coupe.C'est aussi simple que cela. De même, que ce sont quasiment uniquement ses exploits répétés à partir des 8èmes de finale qui nous permettent d'aller en Finale.Sans oublier que le coaching (tout le monde le sait dans le milieu), c'était aussi lui,étant donné que Domenech ne servait à rien(on le constate d'ailleurs aujourd'hui).
      3)Zidane est un homme qui a des faiblesses comme tout les hommes, d'où son coup de boule à la suite d'une insulte du minable Materazzi.Il n'est pas Superman.C'est tout.D'ailleurs, avoir privilégié l'honneur familial(en l'espèce de sa soeur) à un titre qui lui tendait les bras démontre sa sincérité et le sens des priorités qui sont les siennes.Cela a de la gueule.
      Enfin, Zidane est et restera un mythe vivant pour des dizaines et des dizaines de millions de personnes à travers le monde car il les a fait rêver, comme moi-même ai rêvé en le voyant jouer.Cela ni Lahouri, ni tous ses contempteurs n'y pourront rien.

      • caro
        caro answers to said sellali
        délinquante avérée
        • Posté à 21h21 le 04/10/2008
        • Internaute
          délinquante avérée

        vous avez très bien répondu. Je suis d'accord avec vous. Zidane, malgré les soupçons de dopage, est l'idole de tous les petits poussins footeux. Je préfère l'idole Zidane à l'idole Carla !

         
        • said sellali
          said sellali answers to caro
          • Posté à 23h08 le 04/10/2008

          A Caro :
          Tiens donc, où étiez-vous passé ? Cela fait un moment que je ne lis plus vos contributions pas piquées des hannetons.Pour tout vous dire, cela me manque un peu, même si dans 98% des cas, je suis en désaccord avec vous.Les 2%,c'est pour cette fois.
          Au plaisir de vous relire.

          • caro
            caro answers to said sellali
            délinquante avérée
            • Posté à 23h17 le 04/10/2008
            • Internaute
              délinquante avérée

            @ Saïd :
            c'est tout à fait réciproque : )
            à bientôt

        • michel 13
          michel 13 answers to caro
          • Posté à 00h02 le 05/10/2008
          • Internaute

          Caro,
          Vouloir donner un milliardaire en exemple aux petits footeux n'est pas forcément la meilleure chose qu'on puisse faire, surtout quand les parents de ces poussins se lèvent tous les matins pour gagner un salaire de misère ou toucher leur RMI.

          • caro
            caro answers to michel 13
            délinquante avérée
            • Posté à 00h16 le 05/10/2008
            • Internaute
              délinquante avérée

            il n'est pas né milliardaire. Il est arrivé à la richesse par son travail, même si son travail, c'est le sport. A part ce « coup de boule », Zidane a toujours été cité pour son fait play. C'est en ce sens qu'il est un exemple.

            Il y a des idoles dans tous les sports. Malheureusement le professionnalisme a tout pourri, beaucoup trop d'enjeux financiers, mais les joueurs n'y sont pour rien. Savez-vous que les joueurs de foot professionnels menacent de faire grève parce que la Fédé ne veut pas réduire le nombre de matchs et qu'il y va de leur intégrité physique ? il y a de plus en plus de blessés, parce que les joueurs sont fatigués et jouent trop, mais il faut faire rentrer l'argent et tant pis pour les blessés ?
            Certains joueurs gagnent beaucoup, mais leur carrière est courte, d'autres jouent, mais gagnent tout juste de quoi vivre.
            L'argent a toujours fait rêver, certains jouent au loto, moi, je préfère qu'ils rêvent de sport. Si seulement les richesses étaient mieux réparties !

            • michel 13
              michel 13 answers to caro
              • Posté à 01h24 le 05/10/2008
              • Internaute

              Ce n'est certainement pas dans ce mlieu qu'il y a le plus d'accidents du travail, et ce n'est demain que je vais commencer à les plaindre. Beaucoup de joueurs pro sont des nantis, vous semblez ignorer leurs revenus. Le sport n'a pas grand chose à voir la-dedans, le foot est devenu un immense business qui peut rapporter gros. Faire croire aux gamins qu'ils vont devenir riches et célébres par le sport est du même niveau que la star'ac. Désolant.

            • Ouinouin
              Ouinouin answers to caro
              • Posté à 13h56 le 05/10/2008

              « Zidane a toujours été cité pour son fait play »

              Pas vraiment d'accord. On ne lui a jamais reproché d'être un joueur violent mais il n'a jamais été un exemple de fair-play. Rappelez-vous de ce saoudien qui lui a servi de paillasson en poules en 1998. Il a dû engrangé une bonne douzaine de cartons rouges, dont celui -ci, dans sa carrière.

              Grand joueur ok, mais certainement pas un exemple de fair-play...

              Et le coup de boule de la finale est scandaleux. Après 20 ans de carrière et un statut de capitaine de l'équipe de France, on garde ses nerfs, surtout en finale de CM. De plus, il est payé des millions notamment pour être capable d'ignorer les provocations et de rester concentrer sur le match. Donc un grand bonhomme mais pas d'excuses sur coup là.

          • JULIA34
            JULIA34 answers to michel 13
            • Posté à 09h06 le 05/10/2008
            • Internaute

            Je ne vois pas le rapport. Il m'étonnerait fort que les petits fouteux (comme vous dites) voient Zidane comme un milliardaire. Je pense qu'ils le voient surtout comme un magicien, ce qu'il est du reste. Et puis, je vais vous dire, l'argent n'a jamais fait le bonheur. Par contre, un match de foot avec Zidane, çà vous prenait aux tripes. Laissez ce bonheur là à ceux qui ont un salaire de misère.

        • rousté
          rousté answers to caro
          • Posté à 13h48 le 07/10/2008

          Au-delà de l'idolâtrie avérée de nombreux footeux qui les (nous) poussent à rejeter en bloc de tels pamphlets, il convient de préciser que ce bouquin est un raté monumental !

          Lien

          Fautes d'orthographes, imprécision des faits, voyeurisme patent... Cette « enquête » (publiée collection Flammarion Investigation) n'est en fait qu'un torchon qui cherche à profiter de la notoriété d'un des chouchous des Français.

          A quand un livre « vérité » sur Noah ou Douillet ?

        8 other comments
      • asozial
        asozial answers to said sellali
        bobo aus Berlin
        • Posté à 21h31 le 04/10/2008
        • Internaute
          bobo aus Berlin

        ce zidane, c'est un joueur de foot-ball, c'est ça ? excusez-moi, je n'ai pas la télé...

         
        • Anonyme answers to asozial

          Non non, zidane est un joueur de head-ball, c'est passé à la télé sur Tee-F-one !

          Te rend compte le coup de pub qui se fait zidane là ! Une première de Couv » sur tous les médias et à l'oeil nu !

          Said, ce coup de boule (tu tombes tu roules), y a des millions de gamins qui l'ont vu en direct sur la planète ! Je pense que ça fait tâche, j'ai rien d'autre à dire à part ça !

          • caro
            caro
            délinquante avérée
            • Posté à 23h07 le 04/10/2008
            • Internaute
              délinquante avérée

            et comme dans nos DOM tout fini par des chansons :

            • lamichael
              lamichael answers to caro
              • Posté à 05h03 le 05/10/2008

              Mort de rire et rire pour ne pas en mourir !
              Merveilleux ce lien !
              (Si ce n'est la transmition de responsabilité a
              « trésé gay » comme coupable de la défêtisation
              FRANCaise.)
              Pauvre Zidane
              Trois coups de tête FORMIDABLE !

              Le sport et la chanson..
              Des métiers d'maintenant !

        3 other comments
      • Gandijyn
        Gandijyn answers to said sellali
        • Posté à 22h44 le 04/10/2008

         »...D'ailleurs, avoir privilégié l'honneur familial(en l'espèce de sa soeur) à un titre qui lui tendait les bras démontre sa sincérité et le sens des priorités qui sont les siennes.Cela a de la gueule.... »
        Désolé, mais c'est tristement minable et déplorable, arrivé à ce stade de « Grandeur nationale », d'avoir les meilleurs coachs (dont lui-même en était un), et d'être sensé avoir une excellente maîtrise de lui-même.
        Il y a sensibilité et susceptibilité, et son égo, malgré sa « grosse tête-calme », est tombé dans le panneau...La sagesse, et l'intelligence supérieure de son esprit aurait dû lui conseiller de ne pas réagir (même sur une insulte vis-à-vis de sa soeur, de sa mère, de sa grand-mère ... on s'en tappe comme de l'an 40 ! ). Zidane pouvait se défouler autrement, ... par exemple en percutant le ballon dans le public, ou en marquant plus de buts : il n'était pas grassement payé pour cela ? )
        Mauvais exemple (surtout pour un bout de cuir ! ) qui restera gravé dans les consciences des générations futures (qu'on ne vienne pas reprocher aux enfants d'être « violents » ou « belliqueux » !

         
        • said sellali
          said sellali answers to Gandijyn
          • Posté à 23h18 le 04/10/2008

          A Gandiyn :
          Lors de cette finale, Zidane a marqué un super but en Panenka et a fallu catapulté une tête parfaitement frappée en pleine lucarne.Pour une finale, c'est déjà pas mal.
          Ensuite, sa réaction d'HOMME face au sinistre materazzi n'a rien à voir avec l'ego.C'est une réaction d'homme d'honneur face à une insulte INSUPPORTABLE, qui méritait une réaction immédiate.C'est tout.
          Enfin, ce que les gens retiennent déjà de Zidane de part le monde, c'est son génie et son talent incommensurable ballon au pied.Moi et une majorité de compatriotes retiendront les 2 buts de la Finale en 1998, la victoire à l'Euro en 2000 (avec son But en or face à l'Espagne en Quarts)où encore le coup franc miraculeux contre l'Angleterre lors de l'Euro 2004.Sans oublier que la légende Zidane nous a amené en Finale en 2006 quasiment à lui tout seul. Cela, c'est MYTHIQUE et cela restera éternellement gravé dans mes tripes.

          • Gandijyn
            Gandijyn answers to said sellali
            • Posté à 23h28 le 04/10/2008

            c'est surtout un « plan divin de bétise humaine »...
            On devrait lui faire rembourser tout ce qu'il a gagné depuis qu'il est joueur professionnel, de n'avoir pas su , JUSTEMENT, se maîtriser !
            Ntre expert judiciaire, comploteur en chef, devrait, au même titre que les traders, banquiers et assureurs qui ont « fauté » et plongé l'économie dans le marasme international, être sanctionnés sévèremment !
            Il est inadmissible, alors qu'on re-instaure l'éducation morale (j'espère sans le contexte religieux) à l'école (ex-éducation civique), où l'on demande aux enfants d'être disciplinés, proprets, et « gentils », de montrer un image mythique en train de se moquer du monde, en fracassant son seul neurone contre le coeur d'un italien ! : )))

            • caro
              caro answers to Gandijyn
              délinquante avérée
              • Posté à 23h35 le 04/10/2008
              • Internaute
                délinquante avérée

              je ne vais pas remettre une vidéo, mais vous pouvez aller la voir :

              Lien

              vous comprendrez que Materazzi est un joueur qui en a blessé d'autres au cours des matchs précédents, il aurait dû être exclu du tournoi et vous verrez aussi les injures qu'il adresse à Zidane. Il a fait ce qu'il fallait pour faire exclure son adversaire.

              Voilà pourquoi, personne ne peut en vouloir à Zidane.

              • Gandijyn
                Gandijyn answers to caro
                • Posté à 23h55 le 04/10/2008

                Mes pensées envers cet acte (et non Zidane) est valable pour tous les JOUEURS ( ! ) professionnels ou non, ... il n'y a pas d'excuses, ni pour lui, ni pour les autres ... les juges, les arbitres, les caméras et télespectateurs sont là pour ça ! jouir d'un fair-play, et ne pascautionner ce genre de geste idiot : )))

              • Fondriest
                Fondriest answers to caro
                JE SENS MAUVAIS DES PIEDS
                • Posté à 00h18 le 05/10/2008
                • Internaute
                  JE SENS MAUVAIS DES PIEDS

                « Voilà pourquoi, personne ne peut en vouloir à Zidane. »

                ==> Ses coéquipiers devraient, pourtant. En donnant libre cours à sa violence (sa réaction le place d'ailleurs au même niveau que le provocateur Materazzi), il n'a pensé qu'à lui, il a foutu ses coéquipiers dans la merde, ruinant leurs efforts.

                • caro
                  caro answers to Fondriest
                  délinquante avérée
                  • Posté à 09h51 le 05/10/2008
                  • Internaute
                    délinquante avérée

                  « Ses coéquipiers devraient, pourtant »

                  eh oui ! si ses co-équipiers ne lui en veulent pas, c'est qu'il y a autre chose que vous n'avez pas compris (cf les commentaires pro-Zidane)

              • Milarepa-voyageurdanslespace
                • Posté à 18h58 le 05/10/2008

                +

              • Milarepa-voyageurdanslespace
                • Posté à 18h57 le 05/10/2008

                Désolé, mais moi je lui en veut ; en outre, quand on lit le livre de Rothen, on peut lire, que zizou, après l'avoir fauché par derrière, s'approche de lui et lui dit : relève toi fils de pute ! ! ! Même que ce pauvre Rothen a subit des pressions pour ne pas écrire l'anecdote ! Quand on fait, ou a fait du sport, on sait pertinemment que l'adversaire essaie de vous déstabiliser par tous les moyens, y compris verbaux. C'est une mauvaise excuse qu'a sorti la Zidane, il a simplement pété les plombs, indigne d'un grand joueur. Je m'aperçois, que malgré l'omerta sur son sujet, transparait des choses pas très joli sur ce personnage ; qu'on admire le joueur, ok ! ! mais l'homme, c'est autre chose et sa dernière pub sur les assurances me dégoute. Quand on a du fric comme lui, on se doit de choisir a qui on prète son nom.

          • clausius
            clausius answers to said sellali
            • Posté à 18h02 le 07/10/2008
            • Internaute

            Un match de foot contre votre monde idéal constitué uniquement d'« hommes d'honneur », devient hyper facile, Saïd. On met un gilet pare tête, et dès la première minute du match chaque joueur va traiter un autre joueur adverse d'enfant de fille de joie. En réponse, ils répondent tous par un coup (car c'est normal de réagir comme ça) et se font tous expulser. Et c'est gagné ! Facile non ? ...

            Heureusement finallement que tout le monde n'a pas d'« honneur »...

        9 other comments
      • Fondriest
        Fondriest answers to said sellali
        JE SENS MAUVAIS DES PIEDS
        • Posté à 00h15 le 05/10/2008
        • Internaute
          JE SENS MAUVAIS DES PIEDS

        « C'est tout.D'ailleurs, avoir privilégié l'honneur familial(en l'espèce de sa soeur) à un titre qui lui tendait les bras démontre sa sincérité et le sens des priorités qui sont les siennes.Cela a de la gueule. »

        ==> Cette complaisance pour la violence est démente. On croit rêver. Zidane n'a pas protégé l'honneur des femmes de sa famille (en quoi les vannes de Materazzi faisaient-elles courir le moindre danger à la soeur ou à la mère de Zidane, justifiant le recours à la violence ? ), c'est juste un type violent qui dégoupille fréquemment pour une broutille (une quinzaine d'expulsions au cours de sa carrière). Alors, certes, c'était un joueur talentueux, mais c'est aussi un individu violent.

         
        • hesperides
          hesperides answers to Fondriest
          Rêveur
          • Posté à 10h54 le 06/10/2008
          • Internaute
            Rêveur

          100% d'accord. Et voici une petite anecdote pour vous expliquer pourquoi. L'année dernière ma fille, 10 ans, a reçu un coup de boule en pleine cours de récréation. Petit détail qui me révulse, l'adorable bambin qui l'a frappée est fan de foot. Le raccourci est peut être rapide, mais je ne peux pas m'empêcher de penser que si ce millionaire en short n'avait pas agi de cette façon, et si ses admirateurs ne s'évertuaient pas à lui trouver des excuses, ma fille n'aurait pas eu à subir une telle violence.
          Qu'on montre en exemple le talent du bonhomme, je suis d'accord. Mais s'il vous plait évitez de faire du bonhomme un exemple pour les jeunes footeux.

        1 other comments
      • Sinouhé
        Sinouhé answers to said sellali
        • Posté à 07h26 le 05/10/2008

        Said : vos rêves ne tienne pas a grand choses, comme la plus parts des individus sur cette planète vous êtes manipulé et manipulable a souhait.

        Votre Sidane est un joueur de ballon...rien de plus a peine un peut plus bon que les autre ces tout...

        Si Sidane a une chose en plus c'est qu'il est involontairement l'exutoire a toutes vos frustrations...

        Par cet homme vous êtes une des brebis bêlante d'un troupeau qui va droit au précipice....
        Pendant que vous déifiez Sidane, pendant que vous beuglez dans les arènes moderne, votre espace de liberté individuelle se réduit...
        Pareil a de petit soldat vous marché en rang serré vers les illusoire victoire de vos équipe de foot, alors vous perdez chaque jours un peut plus votre libre arbitre...

        Le pouvoir a compris votre point faible et il vous donne des Sidanes comme demain il vous ouvrira la porte de des prison psychologique qu'il prépare pour vous et vos semblables.

        Sidane est intouchable...Sidane est un dieu...Sidane est le dieu que l'on vous a préparé.

        L'homme a besoin de rêvé, mais attention que ce rêve ne finisse pas en cauchemar.

        Bien a vous Said.

         
        • caro
          caro answers to Sinouhé
          délinquante avérée
          • Posté à 09h56 le 05/10/2008
          • Internaute
            délinquante avérée

          je réponds pour moi par une question :

          croyez-vous qu'être amateur du spectacle foot et être conscient politiquement de la ruine vers laquelle nous mène le gouvernement est incompatible ?

        • Milarepa-voyageurdanslespace
          • Posté à 19h12 le 05/10/2008

          Entièrement d'accord avec vous ; quand je vois cette orde de supporter, hurler et huer pendant des heures, se battre, saboter des installations parce que leur club n'avance pas, je suis stupéfait par tant de folie et de bétise. J'aime le sport que je regarde souvent a la télé, j'ai pratiqué aussi(pas le foot), mais tout ceci n'est qu'un divertissement, et si notre club ne gagne pas, la terre ne va pas s'arréter de tourner !
          Par contre, la crise qui est la, nous menace a tous et je suis persuadé, que la majorité de ces excités des stades la subissent sans bouger le petit doigt. Le sport est bien l'opium du peuple, le cas Zidane en est un bel exemple....

        2 other comments
      • ppegoo
        ppegoo answers to said sellali
        • Posté à 11h37 le 05/10/2008
        • Internaute

        Si ! Zidane - par son inexcusable geste - nous a empêchés de gagner la coupe du monde. Cela n'enlève rien à son génial talent de footballeur.
        Mais dire « sans lui et son retour en 2005 , NOUS NE NOUS SERIONS JAMAIS QUALIFIES donc il ne nous a pas fait perdre en 2006 » cela revient à dire que : parce que les Américains nous ont sauvés en 1941-1945, ils ont eu raison au Viet-Nam. Et bien non ! Dans la vie, on a ses petits moments de gloire et ses petites hontes. ça c'est humain !
        De plus, il n'a pas « privilégié l'honneur familial à un titre », il a privilégié son petit amour propre personnel à la réussite collective d'une équipe de France qu'il tenait à bout de bras.

      • delasaintechapelle
        delasaintechapelle answers to said sellali
        enseignant
        • Posté à 16h44 le 05/10/2008
        • Expert
          enseignant

        « D'ailleurs, avoir privilégié l'honneur familial(en l'espèce de sa soeur) à un titre qui lui tendait les bras démontre sa sincérité et le sens des priorités qui sont les siennes.Cela a de la gueule. »

        Donc vaut mieux faire perdre son pays que ne pas mettre de coup de boule à quelqu'un qui a insulté sa soeur : on ira loin avec cette mentalité . Pauvre type !
        je me suis toujours méfié des « la famille c'est sacré... » , « l'honneur c'est sacré... » etc...,c'est l'alibi des nerveux et des exités

        « Cela a de la gueule. » ? ? ?
        la sortie de Zidane ET SURTOUT SON ABSENCE DE REGRET VERITABLES fera désormais référence dans la catégorie « DECLIN MINABLE D'UNE STAR »

      • Ellington
        Ellington answers to said sellali
        • Posté à 09h17 le 06/10/2008

        Voilà un commentaire qui illustre parfaitement les propos de l'article : « Pas touche à mon Zidane ! »

      • clausius
        clausius answers to said sellali
        • Posté à 17h52 le 07/10/2008
        • Internaute

        Triste France du sport ! Elle préfère la forme au fond, la manière aux titres.
        _ Coubertin disait que l'essentiel est de participer. Ca fait hurler de rire les allemands, les américains et les britanniques pour qui seule la victoire est belle, et qui ne se battent que pour ça.
        _ En 1982, on perd contre l'Allemagne un match qu'on doit gagner 100 fois mais la célèbre réaction de Francis Huster qu'on retient, c'est que c'est pas grave parce que le match était superbe.
        _ En 2006, Zidane (par ailleurs un joueur exceptionnel et que je ne remercierai jamais assez de m'avoir donné autant de moments de bonheur sportif) fait une faute de gamin en répondant à une insulte par un coup, on perd par la suite mais en France on admire et on applaudit le coup de boule, on préfère ça à la Coupe.

        Faut pas s'étonner après que les sportifs français ne soient pas des gagnants, des tueurs, des vainqueurs, et qu'on passe aussi souvent à côté de victoires nous tendant les bras. Les exemples abondent...

    • ADB
      ADB answers to Renard
      • Posté à 15h24 le 05/10/2008

      En fait, les commentaires (que j'ai parcourus en diagonale) portent plus sur Zidane, son coup de boule et le foot que sur l'article, qui portait sur le monde de l'édition et le marketing...

  • Ouinouin
    • Posté à 14h25 le 05/10/2008

    En effet, la teneur de vos propos marque un certain goût pour la violence, au moins verbale...
    Il est aussi intéressant de constater que la mention Etudiant de mon profil provoque immédiatement la condescendance de personnes comme vous. Heureusement, vous ne représentez qu'une minorité d'énervés.
    Et la prochaine fois, tâchez de faire des phrases structurées, car la fin de votre message ne veut rien dire...Vous êtes sans doute meilleur en coups de boule.

  • clau2i2
    • Posté à 17h32 le 04/10/2008
    • Internaute

    Pour un article sur les livres, vous devriez surveiller l'orthographe.......

  • Photine
    • Posté à 17h37 le 04/10/2008

    En bonne santé financière, qui plus ait.

    oh la la, « qui plus est »

  • ALLAIN JULES C@MMUNICATION
    • Posté à 17h56 le 04/10/2008

    Je trouve scandaleux qu'on ne précise surtout pas aussi que cette dame, tente simplement de faire de l'argent.

    Zidane n'a pas à se justifier d'un geste qu'il n'a pu maîtriser. C'est humain et ça peut arriver à tout le monde. Pourquoi cette pseudo-journaliste ne lui demande pasnaussi de justifier ses deux buts en finale de la coupe du monde de 98 qui donne à la France le sésame ?

    Bien sûr, pour terminer en polémiquant, il fallait trouver la rebeu de service ou plutôt le maghrébine de service, pour venir frapper sur le maghrébin. C'est une habitude.

    Elle ferait mieux de faire une enquête sur la présence occidentale en nAfghanistan où le fléau « pavot » est très florissant....mais pour qui ? Lengouvernement afghan et la coalition ou les Talibans ?

    Lien

    • DBL8
      DBL8 answers to ALLAIN JULES C@MMUNICATION
      Retraité
      • Posté à 20h16 le 04/10/2008
      • Internaute
        Retraité

       »...cette dame, tente simplement de faire de l'argent »

      Vous travaillez pour la gloire ? !
      Surement pas, elle non plus ! !
      si vous n'aimez pas le livre qu'elle a fait, dites-le sans chercher à la « salir bassement ».

      Quant au « fléau pavot », il n'est pas prêt de s'arrêter car ceux qui le contrôle sont les chefs de guerre Afghan, et la coalisions à besoin d'eux.

    • TizBee
      • Posté à 20h50 le 04/10/2008
      • Internaute

      « Bien sûr, pour terminer en polémiquant, il fallait trouver la rebeu de service ou plutôt le maghrébine de service, pour venir frapper sur le maghrébin. C'est une habitude. »

      Je sens que je commence à avoir la nausée.

      Il y a manifestement quelque chose que vous avez compris de travers, ou pas compris du tout, et ce n'est pas en essayant d'insinuer que l'auteur fait preuve de racisme latent que vous allez vous rendre plus crédible.

    • Dubitatif
      • Posté à 21h10 le 04/10/2008
      • Internaute

      « Zidane n'a pas à se justifier d'un geste qu'il n'a pu maîtriser. C'est humain et ça peut arriver à tout le monde. »

      Celle-là, elle est magnifique ! ! « Il s'essuyait le crâne et le coup est parti tout seul », c'est ça ? Marcher par inadvertance sur le pied de quelqu'un en entrant dans le métro, c'est humain et ça peut arriver à tout le monde. Balancer un coup de boule, non (en tout cas, pas chez les humains que je connais).

      Dommage que votre commentaire se poursuive par cette remarque digne d'une spécialiste des labyrinthes Ig Nobélienne (une « private » intra-Rue 89, j'ose ! ) sur les « maghrébins de service », sinon j'aurais bien ri.

      • jexiste
        jexiste answers to Dubitatif
        • Posté à 14h46 le 05/10/2008

        Je vais peut-être vous surprendre, j'ai trouvé le coup de boule génial.

        J'essaie de retrouver de mes commentaires de l'époque.

        En voici un aperçu :

        ==========

        Son honneur et celui de sa communauté avant ceux de la patrie et de la République.

        Le triomphe de l'individualisme « libéral » et du communautarisme...

        Où est la cohérence des supporters de « gauche » ?

        Me font bien marrer, ces cons...

        Bravo Zizou ! Tu leur en as mis ! Superbe !

        =========

        Coup de boule historique pour les hystériques...

        Superbe !

        ===========

        « Zidane ou les mots qui manquent (la réponse manquante à Materazzi). »

        Mais non, je ne crois pas que les mots lui aient manqué, bien au contraire : il a trouvé le mot juste pour mettre fin à la mascarade et remettre les pendules à l'heure.

        Quelques papiers en ce sens commencent à apparaître, notamment dans Libé.

        En voici un :

        Actualité
        Zidane Editorial
        Brutal
        Par Antoine de GAUDEMAR
        QUOTIDIEN : Mardi 11 juillet 2006 - 06 : 00

        Cela fait des années que le sport, et ses supposées valeurs, a généré et entretenu nombre d'histoires édifiantes. Dans une société en mal de héros positifs comme la nôtre, les champions, partis de rien et parvenus à tout à force d'efforts, de droiture et d'abnégation, sont devenus des nouveaux modèles à suivre. Après Noah, Hinault, Douillet et quelques autres, Zidane avait hérité bon gré mal gré de ce rôle-là : le gentil, le lisse Zidane, Zizou comme bisou, « notre dix de coeur » à tous, selon l'une des multiples pubs à sa très lucrative renommée, l'exemple pour tous les footballeurs en herbe mais aussi pour tous les jeunes des quartiers déshérités. Et puis l'impensable est arrivé. Au terme d'une éblouissante carrière, et à dix minutes d'une gloire assurée, Zidane a craqué, et frappé. Outre qu'elle gâche objectivement la fête et la défaite, la sortie ratée du champion, son coup de tête à la face du monde entier, mettent à mal le mythe patiemment construit. Abasourdis de la trahison ultime de leur héraut, pédagogues sincères et sponsors intéressés subissent le changement brutal de scénario, jusque-là canoniquement héroïque. Les spécialistes de l'âme spéculeront sur le cas Z, sur la pulsion de mort ou sur la part d'ombre en chacun de nous. Plus prosaïquement, d'autres souligneront que le sport, c'est aussi l'insulte, la castagne, les coups en douce, la vengeance, l'orgueil. Et que le panache et la beauté des exploits cachent de plus en plus mal la corruption, le truquage, le dopage, qui le rongent. Le geste apparemment fou, déraisonnable, de Zidane sonne comme un brutal rappel du réel. Un stade est un ring, pas très différent des arènes de la vie et de la rue, où il faut trouver sa place, affronter et se faire respecter. Pour beaucoup de jeunes, le coup de tête de Zidane est vécu comme un baroud d'honneur, et ce d'autant plus s'il se confirme qu'il y a eu injures racistes. Et son coup de sang entrera dans la légende, au même titre que ses coups de génie.

        =============

        Mes propos sur Zidane n'étaient nullement complaisants ou condescendants.

        D'un seul coup, et au moment le plus opportun, il a envoyé boulé tous ceux qui en avaient fait leur marionnette, leur chose, leur pantin, leur esclave, et je l'en félicite.

        N'oubliez pas que le foot est un spectacle de gestes.

        A mon sens, Zidane termine sa carrière, non pas avec un coup de génie de plus, mais avec LE coup de génie suprême, celui de la LIBERATION.

        Voilà encore un commentaire qui ne me déplaît pas :

        D'un heureux coup de tête, il a ressuscité notre belle réputation d'insolence
        François Sureau, avocat et écrivain.
        Publié le 13 juillet 2006
        Actualisé le 13 juillet 2006 : 08h49

        Je loue Zidane d'avoir privé la France de l'apothéose estivale qu'elle réclamait, les hommes d'affaires de leur argent, les politiciens d'un tremplin. Je le loue d'avoir choisi son destin. Le héros ne peut laisser la mécanique arbitraire du sport décider à sa place. Il lui fallait quitter ce match incertain et au fond sans portée. Blessé à l'épaule, il avait voulu sortir. Il a choisi une autre occasion, qui me plaît mieux.

        Il a choisi l'occasion d'une seconde blessure, bien plus sérieuse que la première. Il y a répondu par un geste que je comprends. Le racisme, latent dans cette Coupe du monde, y a reçu sa juste rétribution. Les Français et les Italiens ont en commun de devoir les libertés dont ils jouissent aux soldats musulmans de l'armée d'Italie. Le lobotomisé des stades qui a prononcé l'insulte aurait dû s'en souvenir. Mais qui s'en souvient ?

        Je loue Zidane de nous avoir rendu notre belle réputation d'insolence. Le président de la République ne s'y est pas trompé en évoquant, pour la France, une défaite sans déshonneur. J'y vois, grâce à Zidane, la victoire d'un certain esprit de la nation. Je me suis souvenu à ce propos d'un récit d'autrefois. Au XVIIe siècle, un officier français déguisé en mendiant espionne dans un camp ennemi. Il voit une dame glisser en sortant de carrosse. Il lui donne le bras et ainsi se découvre pour ce qu'il est. On le prend, on le fusille. « Français léger », dit quelqu'un lorsqu'il tombe. Je crois à nouveau entendre cette voix ces jours-ci, et je lui préfère le silence de Zidane. Il paraît qu'on le somme de s'excuser. J'espère bien qu'il s'en dispensera.

        =========================

        Le coup de boule de Zidane s'apparente à la formidable baffe du 29 mai 2005. Les réactions qu'il suscite sont à peu près les mêmes. Ci-dessous, celles de deux bénis-oui-oui qui pour autant ne me paraissent pas jouer dans le même camp. Allez, au hasard, je dirai UMP pour le premier et PS pour le second.

        Sont aussi dépités l'un que l'autre. Zidane leur a cassé leur bel outil d'aliénation des masses.

        Le lien footballistique n'est rien, il n'est qu'artifice.

        Le geste de Zidane ne le prolonge pas, il le rompt. Reste à savoir si un lien plus authentique pourra naître de cette rupture.

        Je propose à Luc qu'il fasse réfléchir ses élèves sur le vedettariat, l'opium du peuple, les sommes phénoménales qu'il brasse, les divers circuits qu'emprunte tout cet argent, toutes les violences qu'il génère, et tous les hommes et toutes les femmes qu'il laisse sur le bas-côté de la route.

        Dans le Figaro :

        Le geste de Zidane, paroxysme brutal de la communion footballistique, par
        Robert Redeker
        Robert Redeker, philosophe.
        Publié le 13 juillet 2006
        Actualisé le 13 juillet 2006 : 08h50

        Evidemment, l'incident Zidane ce n'est rien. C'est moins que le sexe des anges, qui était effectivement une vraie question. Discuter du sexe des anges mettait en jeu des hautes spéculations sur les natures humaines et divines. Inversement, faire tourner la vie nationale autour du football, et axer le débat public autour du geste fou d'un joueur, montre à quel point le néant est venu s'installer au coeur de nos sociétés. Le philosophe tchèque Karel Kosic a vu dans le vide le fléau du monde contemporain, un fléau que, selon lui, nous peinons autant à combattre que les hommes du Moyen Âge peinaient à combattre la peste. Le vide est la peste du XXIe siècle. La centralité du football - du sport en général - figure autant le symptôme de la maladie du vide (le nihilisme) que de la difficulté à lutter contre elle. Rien : le coup de tête de Zidane n'est pas le nez de Cléopâtre, capable lui de changer la face de l'histoire.

        Ce rien a pourtant une importance. Les sociétés contemporaines développées sont des sociétés disloquées au sein desquelles les liens sociaux et politiques ont perdu quasi toute leur force constituante. Nous vivons dans des sociétés de déréliction. Le service national a disparu, la famille et l'école ne jouent plus leurs rôles de jadis. Le communautarisme croît, dessinant les traits d'un type de société articulant individualisme et tribalisme. Transcendant ces morcellements, la passion pour la Coupe du monde fait apparaître un attachement à l'équipe de France et une affection pour son capitaine Zinédine Zidane. Voyons dans cette passion autant un
        remords collectif (celui d'avoir abandonné l'amour vrai pour la patrie, tel que Barrès pouvait l'exprimer), un moment de mauvaise conscience, que l'apparition, provisoire, d'un revenant, l'orgueil national. En contraste avec l'individualisme et le tribalisme, un événement comme la Coupe du monde de football voit apparaître à chaque fois un type nouveau de lien entre les humains, le lien footballistique, qui vient se substituer aux liens traditionnels.

        L'évolution la plus remarquable, sociologiquement, du spectacle footballistique tient dans la faveur dont jouissent les écrans géants. J'étais en Nouvelle-Zélande et en Australie pendant la durée de cette Coupe du monde ; les Alliances françaises des antipodes installèrent dans leurs locaux des écrans géants pour suivre les matchs des Bleus, attirant beaucoup de monde. Éparpillés, les francophiles se soudaient en une unité devant ces écrans. L'homme contemporain rechigne à regarder un match de football chez lui, dans sa salle à manger, devant son poste de télévision. Il tient à assister à ce spectacle mêlé à une foule. C'est que la victoire de l'équipe qu'il supporte a moins de prix quand il y assiste seul chez soi, que mélangé à d'autres hommes. Comme dans une chorale, le bonheur de faire un, de chanter avec d'autres tout en disparaissant dans la totalité explique la puissance du lien qui naît et meurt à l'occasion des grands événements sportifs. À l'instar de la chorale, la participation de chacun au tout, que ce soit sur les gradins ou aux pieds des écrans géants, passe par les corps : une sorte de fluide traverse tous les corps des spectateurs, les agrégeant les uns aux autres, constituant un nouveau corps, celui des supporters, vécu comme équivalent au corps de la nation.

        Assister à un match de football est donc une activité. Parallèlement à l'action sur le terrain, au déploiement du jeu, une autre action se déroule, dans les gradins ou devant les écrans géants : la constitution d'un lien entre des milliers d'individus atomisés, le lien footballistique. Se mêler à la marée humaine des supporters donne l'occasion d'observer une alchimie : la naissance et la mort, en l'espace de quelques heures, d'un lien, le lien footballistique. C'est que le lien footballistique n'est pas durable, il est volatil ! Il se différencie par cette précarité des appartenances d'autrefois : à la famille, à la patrie, au parti, à l'Église, au syndicat ! L'explication de la fugacité de ce lien tient dans la nature des médias, sans lesquels il ne pourrait advenir. Chevilles ouvrières de ce lien, les médias ne sont pas des institutions, comme l'étaient l'Église, l'armée ou la famille, ces « appareils idéologiques d'État », selon la formule d'Althusser, machineries aptes à nouer entre les individus des liens définitifs. L'objet des institutions est d'amarrer les hommes les uns aux autres de façon durable. Les médias, eux, sont entés sur l'événement, se nourrissant de ce qui sera remplacé sous peu c'est pourquoi les liens qu'ils occasionnent se dissolvent aussi vite qu'ils sont apparus. Le lien footballistique ne prolonge ni n'enrichit les liens traditionnels, il se développe sur leur affaiblissement, finissant par se substituer à eux en les parodiant l'espace de quelques heures.

        Pourquoi donc nos compatriotes contemporains ne condamnent-ils pas l'agression de Zidane contre Materazzi, geste qui, à sa manière, légitime la violence ? Le sport est devenu, à leurs yeux, source de légitimité. La souveraineté qu'ils refusent à la politique, ils l'accordent volontiers au sport et aux sportifs, auxquels tout est toujours pardonné à l'exception des mauvaises performances. Loin d'être une boutade, la banderole « Zidane Président » exprimait l'inversion des légitimités, le sportif supplantant le politique. Zidane est l'icône de ce lien footballistique, le grand prêtre de cette communion. Selon René Girard, la fonction de la violence au sein du sacré est d'assurer la cohésion, de maintenir l'unité fusionnelle d'un ensemble d'humains. Le geste de violence de Zidane prolonge la communion footballistique bien au-delà de l'habituel. Grâce à cette brutalité, la fusion des Français en une unité, autour de la figure de Zidane, dure plus longtemps. Rien, sans importance véritable, le coup de tête de Zidane permet cependant aux Français de jouir un peu plus longtemps du lien remplaçant tous les autres, du fantôme du lien social, le lien footballistique.

        Bravo à l'arbitre qui a sanctionné l'idole fourvoyée
        Jean-Marie Petitclerc, éducateur spécialisé, prêtre, polytechnicien.
        Publié le 13 juillet 2006
        Actualisé le 13 juillet 2006 : 08h48

        Le magicien du football, celui qui sut remotiver, animer, mener à la victoire cette équipe de France multicolore, symbole de la France de nos quartiers, cette France que l'on aime, celui qui fit rêver tant de jeunes de la banlieue... surpris par une caméra de télévision en train d'asséner un méchant coup de tête dans le buste d'un arrière italien. Un arbitre qui sort le carton rouge... Et, malgré les protestations de tous ses équipiers consternés, voici que la star sort, tête basse, les larmes dans les yeux. Minable sortie pour un glorieux capitaine, calamiteux départ en retraite de celui qui reste l'un des plus grands artistes du football.

        L'éducateur que je suis, travaillant depuis plus de vingt-cinq ans auprès des jeunes des quartiers qualifiés de sensibles, a mal au coeur. Comment ce grand champion, auquel tant de gamins s'identifient en portant sur leurs épaules le maillot numéro 10, a pu ainsi « péter les plombs » lors de cette finale regardée par des milliards de téléspectateurs ? Comment a-t-il pu rater sa sortie et donner un si mauvais exemple à tous ces mômes qui ont eux-mêmes tant de mal à gérer leur violence ? Je ne veux pas accabler Zidane. Le héros a montré ses limites.

        Je sens ses jeunes supporters tellement prêts à le comprendre, lui qui, par ce geste non contrôlé, leur ressemble tant. Mais comprendre ne peut signifier excuser. Et je me réjouis que la sanction soit survenue sur le champ, grave et immédiate : on ne peut répondre aux mots par les coups, on ne peut régler soi-même ses comptes sur le terrain. Merveilleuse loi du sport, admise par tous. Et notre champion sort tête basse, conscient qu'il a failli, acceptant la décision, choisissant de se taire sur le stade.

        Quelle belle leçon donnée par cet arbitre, capable de sanctionner un des plus glorieux capitaines de son temps, comme j'aimerais que continuent d'être sanctionnés tous les gamins tentés de régler leurs comptes par les coups lors d'un match banal du dimanche matin. Alors, face à ces jeunes que j'ai entendus injurier l'arbitre suite à cet incident, je ne cesse de prendre sa défense. Il a fait son travail. C'est la loi du sport. Elle s'applique à tous de la même manière. Et comme il serait bon que la loi de la République s'applique ainsi de la même façon sur le terrain de toutes les cités !

        Voilà pourquoi je ne me servirai pas de l'incident pour accabler Zidane, car dénigrer son image aurait pour conséquence de fédérer les jeunes derrière le rebelle. Mais je me servirai de cet incident pour continuer d'éduquer à la citoyenneté. À chacun d'apprendre à maîtriser son agressivité pour qu'elle ne se transforme pas en violence. Puisse Zidane, en ne cherchant pas à légitimer son acte mais en le regrettant publiquement, continuer d'être un repère, par son exemple, pour tous les jeunes si prompts à la violence. Qu'en acceptant la sanction, lui, le grand champion, les aide à comprendre que tout comportement violent doit être sanctionné, les aide à mieux respecter ces formidables hommes en noir qui, chaque dimanche matin sur les stades de nos quartiers, sont de formidables éducateurs au rapport à la loi.

        S'il est un défi important à relever dans notre société d'aujourd'hui, c'est bien celui de la régulation de la violence à l'école, sur les stades, dans la cité. Car la violence, c'est la manière naturelle d'exprimer sa colère, de régler les conflits. Ce qui n'est pas naturel, ce qui est le fruit de l'éducation, c'est la convivialité et la paix. Aussi est-il important d'apprendre aux enfants et adolescents d'aujourd'hui à maîtriser leur agressivité pour qu'elle ne se transforme pas en violence. Seule l'application de la loi permet cette régulation. Puisse le sport continuer d'être ce formidable outil d'éducation au respect ! Puissent les champions continuer de donner l'exemple. S'ils faillissent, puissent les arbitres, dans leur si difficile et si noble fonction, être soutenus par le pays et continuer de montrer l'exemple à tous les adultes qui assurent un rôle éducatif ! Alors l'erreur d'un champion peut se transformer en appel à progresser pour tous ceux qui, comme lui, - et je pense à tous les jeunes que je côtoie - ont parfois du mal à gérer leur violence.

        * , auteur de Enfermer ou éduquer ? (Dunod, 2004)

        =============

        Zidane est soutenu par ses sponsors

        Lesquels s'alignent sur les sondages d'opinion.

        Les détracteurs vont donc être obligés de réviser leurs positions et de POSITIVER ce fameux coup de boule dont la valeur et la portée symboliques n'auront échappé à personne.

        De toute évidence, ce matin, la FIFA a déjà commencé...

        L'humain va-t-il regagner un peu de terrain sur les stades de foot ?

         
        • michel 13
          michel 13 answers to jexiste
          • Posté à 18h46 le 05/10/2008
          • Internaute

          un peu court comme argumentaire, n'est-ce pas ? comme je ne l'ai pas lu, en résumé ça veut dire quoi tout ce verbiage ?

          • jexiste
            jexiste answers to michel 13
            • Posté à 20h56 le 05/10/2008

            Que je ne me renie pas. Mon appréciation sur ce coup de boule est toujours la même aujourd'hui qu'au mois de juillet 2006.

        2 other comments
    • Milarepa-voyageurdanslespace
      • Posté à 19h19 le 05/10/2008

      @ALLAN @ Vraiment tout petit petit comme commentaire ! A vous entendre, tout le monde peut donner un coup de tête a un adversaire parce qu'il ne peut se maitriser ? Justement, j'ai un voisin qui fait du bruit et qui m'empêche de vivre ma vie normalement, je peux lui mettre un coup de fusil ? je ne me maitrise plus...

  • lesuperdidou
    • Posté à 18h09 le 04/10/2008

    Ce sont des inédits Zidane !

  • Spiripotain
    Spiripotain
    promeneur écoutant
    • Posté à 18h29 le 04/10/2008
    • Internaute
      promeneur écoutant

    Le coup de tête de Zidane nous a prouvé que la dignité d'un seul valait la défaite de tous.

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