Cabinet de lecture

L'actualité des livres, par Hubert Artus.

Le Français J.M.G. le Clézio reçoit le Nobel de Littérature

Publié le 09/10/2008 à 16h55



Jean-Marie Gustave Le Clezio (Jessica Gow/Reuters).


C’était, avec Philip Roth, le nom le plus cité. Le Français J.M.G. Le Clézio est récompensé « pour son œuvre de la rupture », ont déclaré les membres du jury.

Le Prix 2008

Cette semaine, les déclarations du secrétaire perpétuel de l’Académie suédoise, Horace Engdahl (« Les Etats-Unis sont trop isolés. Ils ne traduisent pas assez et ils ne participent pas au grand dialogue des littératures. Cette ignorance les restreint. […] Il y a de la littérature de qualité dans toutes les grandes cultures, mais on ne peut échapper au fait que l’Europe, toujours, est le centre du monde littéraire ») avaient déclenché les paris les plus divers et les plus fous.

On retrouvait dans les pronostics les habituels Philip Roth, Joyce Carol Oates, John Updike, Don DeLillo ou encore John Ashbery, car on pensait logique de voir récompenser un auteur plutôt démocrate, afin qu’il prononce un discours « pour que le monde change vraiment ».

Dans le même temps, on voyait grimper la cote des Européens (le Tchèque Arnost Lustig ou encore l’Italien Claudio Magris), et en particulier des Français (Le Clézio, Bonnefoy, et Hélène Cixous ces derniers jours). C’est donc le Niçois, qui fêtait ses 68 ans cette année, qui s’est vu récompensé.

Le vainqueur 2008

Celui qui avait reçu, en 1963, le Prix Renaudot pour son premier roman (« Le Procès-verbal ») semblait au courant de cette récompense lorsque, ce matin, sur France Inter, il disait penser à « la relativité de l’édition », et « aux difficultés qu’ont ceux qui écrivent en créole de trouver des éditeurs en France ». (Voir la vidéo de Le Clézio à l’émission La Vitrine du libraire, en 1963)


Le Clézio, et c’est pourquoi sa récompense est un événement, est à la fois le romancier français typique du XXe siècle (quête initiatique, romans familiaux, souvenirs de la guerre, importance de la famille, et de la mère surtout) et le romancier qui a éprouvé le monde du XXe siècle : il a vécu au Nigeria, en France, à Londres et aux Etats-Unis avant de devenir enseignant et écrivain, et surtout il commença très tôt (durant le service militaire) à dénoncer l’asservissement (prostitution enfantine en Thaïlande, dont il sera expulsé ; la condition des Indiens au Panama, etc). (Voir la vidéo de Le Clézio à l’émission Apostrophes)


« L’Extase matérielle », « Terra Amata », « Le Déluge », « Lullaby », « Les Prophéties du Chilam Balam », etc : autant de romans et de récits qui disent le monde de l’époque, le langage, la folie et l« écriture, autant de livres qui sont aussi des risques formels.
A partir des années 80, l’écriture de Le Clézio devient plus apaisée, et y pointent les souvenirs d’enfance, du voyage, de la famille. A ce titre, son dernier roman (“ Ritournelle de la faim ”), paru il y a deux semaines, est symbolique.

Depuis de nombreuses années, il parcourt de nombreux pays dans le monde, sur les cinq continents, mais vit principalement à Albuquerque, et en France à Nice et à Paris. Depuis de nombreuses années, il est reconnu comme le plus grand écrivain français vivant. On est d’accord ou pas, mais il convient de dire que si un auteur fut, dans sa carrière, à ce jour, un auteur à la plume vengeresse et un auteur aux semelles de vent, c’est bien Le Clézio.

Photo : Jean-Marie Gustave Le Clezio (Jessica Gow/Reuters).

  • 14471 visites
  • 69 réactions
TAGS
Vous devez être connecté pour pouvoir commenter : ou créez un compte
  • Charles Mouloud
    Charles Mouloud
    Bras gauche de la Vénus de (...)
    • Posté à 14h23 le 09/10/2008
    • Internaute 12542
      Bras gauche de la Vénus de (...)

    Le Zident Kétanou fait vérifier par ses services que JM Le Clézio n’est pas l’auteur de « La princesse de Clèves », avant de faire écrire une bafouille pour le féliciter.

    Hier, il a quand même congratulé Gilbert Montagné pour son prix Nobel de médecine.

    • compte supprimé17
      • Posté à 14h56 le 09/10/2008
      • Internaute 39145

      Devrait nous en sortir une beIIe sur Ia rupture chère à son plan com pour se faire élire.

      Nico S As tu bien suivi I’actu entre 12h30 et 13h30 ?

      Ie CIézio c’est

      A – Un jeu de société
      B – Une petite ViIIe de France devenue célèbre pour ses hauts fourneaux
      C – Une marque d’outillage
      D – Une espèce de rat vivant uniquement sur I’iIe de Batang
      MDR

      • dt_ytsejam_dt
        dt_ytsejam_dt répond à compte supprimé17
        Frouze en Suisse.
        • Posté à 15h46 le 09/10/2008
        • Internaute 39847
          Frouze en Suisse.

        Quelqu’un peut-il m’expliquer ce que notre président vient faire dans cette histoire…Je le réaffirme, il y a sans doute suffisamment de choses à dire sur la politique menée par Nicolas Sarkozy pour que l’on cesse ce type de remarques déplacée et sans queue ni tête qui ne font au final que jeter un voile nébuleux sur les critiques fondées qui pourraient être formulées et desservir la cause de ceux qui souhaitent s’opposer sur le fond à la politique présidentielle.

         
        • Clarence
          Clarence répond à dt_ytsejam_dt
          • Posté à 16h22 le 09/10/2008
          • Internaute 2860

          Moi, le « Zident Kétanou » qui a félicité Gilbert Montagné pour son Nobel de médecine, ça me fait rire.
          Voici déjà un des avantages du post de Charles Mouloud.
           ; o)

          • Utilisateur désinscrit 2
            • Posté à 20h22 le 09/10/2008
            • Internaute 19086
              nc

            Idem Clarence ! Et pour moi, ça vaut 1000 commentaires culs pincés.

          • MimiCharabia
            MimiCharabia répond à Clarence
            auteure à son compte
            • Posté à 21h42 le 09/10/2008
            • Internaute 54946
              auteure à son compte

            moi aussi j’ai ri, merci Mouloud. Un peu de fantaisie ne nuit pas, que diable...

          • marmotte64
            marmotte64 répond à Clarence
            Super héros
            • Posté à 11h07 le 10/10/2008
            • Internaute 35594
              Super héros

            Le président je ne l’aime pas, on est bien d’accord mais :

            1) S’il n’avait pas salué le prix nobel je pense que les réactions auraient été outrées sur le site. Il faut savoir raison garder à un moment donné.

            2) Pourquoi est on obligé de parler de Nicolas Sarkozy sur un article relatif au prix nobel de littérature. C’est incroyable. Certains sont obnubilés.

        4 autres commentaires
    • quetzal2012
      quetzal2012 répond à Charles Mouloud
      enseignant précaire
      • Posté à 15h51 le 09/10/2008
      • Expert 26736
        enseignant précaire

      Tandis qu’on assassine la culture et les sciences humaines de toutes parts, tandis que l’on condamne certaines oeuvres littéraires à l’index des oeuvres « inutiles », le sident kepasabeaucoup va en effet faire semblant d’avoir lu Le Clezio et enlever tout honneur à ce prix nobel de littérature, par ailleurs, amplement mérité.

      Lien

  • zénon denon 84
    • Posté à 14h31 le 09/10/2008
    • Internaute 30028
      Bonne

    Sait-il que Jacques Brel est mort ? ? ?

  • Panama
    Panama
    enseignant
    • Posté à 14h36 le 09/10/2008
    • Expert 49071
      enseignant

    Au nom de tous les Indiens du Panama, merci à J.M.G. pour services rendus et dûment récompensés !

  • dulconte
    dulconte
    Mordu par un fachogarou
    • Posté à 14h59 le 09/10/2008
    • Internaute 250
      Mordu par un fachogarou

    A ce rythme à quand un Nobel pour BHL ou Houellebecq ?

    Bof bof bof c’est rare qu’un écrivain dit voyageur provoque chez moi un ennui aussi incommensurable.
    Pourtant je me suis accroché, mais je n’ai jamais réussi à finir un de ces livres.

    • Venezuela
      Venezuela répond à dulconte
      vit aux Pays-Bas
      • Posté à 16h04 le 09/10/2008
      • Internaute 114
        vit aux Pays-Bas

      Pareil pour moi ! Mais il est quand meme bien au-dessus de BHL et Houellebecq.

      • quetzal2012
        quetzal2012 répond à Venezuela
        enseignant précaire
        • Posté à 16h34 le 09/10/2008
        • Expert 26736
          enseignant précaire

        sans commune mesure !

      • Honnecourt
        Honnecourt répond à Venezuela
        • Posté à 17h59 le 09/10/2008
        • Internaute 23879

        Pardonnez-moi mais qui sont ces deux écrivains ? Sont-ils d’ailleurs des écrivains ? ou des folliculaires ? Sont-ils des hommes d’affaires spécialistes en marketing ? Sont-ils consultants en médias ? Organisent-ils des réunions mondaines ?

    • ron-ron
      ron-ron répond à dulconte
      • Posté à 18h20 le 09/10/2008
      • Internaute 37198

      Chacun ses goûts, je n’ai personnellement jamais trouvé d’écriture plus belle que celle développée dans « les géants ».

      BHL ou autre ne sont pas des écrivains, et, sans entrer dans un débat sur le contenu, n’en ont surtout pas le style.

    • MimiCharabia
      MimiCharabia répond à dulconte
      auteure à son compte
      • Posté à 21h48 le 09/10/2008
      • Internaute 54946
        auteure à son compte

      ben là, ducon(te), on rigole plus, t’es franchement pas drôle. Mettre Le Clézio dans le même sac que BHL ou Houellebecq, c’est carrément une insulte.

  • charlotte cordier
    • Posté à 15h09 le 09/10/2008
    • Internaute 14287

    tres contente pour lui , c’ est un auteur dont j’ ai toujours apprécié les livres ,plein d’ humanité .

    • Yémanja
      Yémanja répond à charlotte cordier
      Dans l'eau
      • Posté à 21h02 le 09/10/2008
      • Internaute 15640
        Dans l'eau

      C’est un choix qui honore l’académie des Nobels... et qui leur fait un peu pardonner les oublis d’aimé CESAIRE & de Jorge AMADO.
      Mais savourons notre plaisir et relisons un de ses nombreux ouvrages.

      • Alex Engwete
        Alex Engwete répond à Yémanja
        Consultant
        • Posté à 21h29 le 09/10/2008
        • Internaute 45440
          Consultant

        Vous ne mentionnez pas Julien Gracq...

  • Seydou Yéké
    Seydou Yéké
    (nom propre)
    • Posté à 15h12 le 09/10/2008
    • Internaute 52208
      (nom propre)

    Est-il mieux traduit du créole que Philip Roth ? Car la traduction de « L’Attache » en français de la métropole laissait un peu à désirer.

  • DELBOSC-S
    DELBOSC-S
    DELBOSC-38
    • Posté à 15h37 le 09/10/2008
    • Internaute 55470
      DELBOSC-38

    Comment osez-vous comparer un BHL ou Houellebecq à Jean-Marie Gustave le Clézio ! Il est aux antipodes de ces personnages.
    Bien loin de la médiocrité ambiante, et loin des épanchements narcissiques chers aux auteurs contemporains.
    Merci à lui pour son œuvre.

    • dulconte
      dulconte répond à DELBOSC-S
      Mordu par un fachogarou
      • Posté à 16h05 le 09/10/2008
      • Internaute 250
        Mordu par un fachogarou

      Mais j’ose et sans complexe, je n’ai jamais aimé cet auteur et reste pour moi un symbole de la littérature « médiatique » vide produite en France depuis quelques décennies. Ceci est bien sur une opinion toute personnelle.
      Par contre je ne vais pas me mettre à adorer le Clézio parce qu’il a reçu le Nobel, je réessaierai, peut-être, de le lire une fois de plus. J’attendrai cependant d’être en France les livres en français étant hors de prix ici.

      • Natalia
        Natalia répond à dulconte
        • Posté à 20h41 le 09/10/2008
        • Internaute 17890

        Médiatique ? ? ? ? ? ?

      • Yémanja
        Yémanja répond à dulconte
        Dans l'eau
        • Posté à 20h50 le 09/10/2008
        • Internaute 15640
          Dans l'eau

        Médiatique !
        Il doit falloir vivre en Patagonie pour imaginer JMG Le Clézio tel.
        C’est l’absolue antithèse d’un médiatique. J’ai lu plus d’un dizaine de ses romans (le premier à 15 ou 16 ans = Mondo & autres histoires) ; c’est un des plus grands auteurs vivant.
        Il vit sa vie, écrit des livres magnifiques, parfois difficiles mais d’une extrême sensibilité et profondeur - et surtout n’emmerde personne en donnant son opinion à tort à à travers.
        Félicitation aux Nobels.

  • Alain Provist
    • Posté à 15h38 le 09/10/2008
    • Internaute 19517

    C’est une excellente nouvelle. Loin du nombrilisme de l’écivaillerie germanopratine, l’oeuvre de Le Clézio est à la fois humaniste (au meilleur sens du terme)et nomade (de l’Amérique à l’île Maurice en passant par l’Afrique). Elle nous rappelle opportunément que la littérature est une leçon de tolérance, de transcendance et de rêve : « Je suis persuadé qu’on est libre. Ecrire, c’est une façon d’exprimer cette liberté ». Avec lui, nous sommes tous des « chercheurs d’or » et il nous arrive d’en trouver.

  • Jaycib
    Jaycib
    Désagrégé de l'Université
    • Posté à 15h43 le 09/10/2008
    • Internaute 37053
      Désagrégé de l'Université

    L’oeuvre de Le Clézio, c’est un peu l’antithèse de celle des quatre auteurs américains cités en début d’article, dont M. Engdahl, président du jury de Stockholm, a dit qu’ils étaient en quelque sorte repliés sur leur expérience étroite d’Américains urbains dans une société jugée « finissante » et finalement peu encline à s’intéresser au reste du monde. Ce jugement hâtif ne sera sans doute pas confirmé par l’Histoire.

    Mais qu’importe ? Si Le Clézio représente une rupture (encore faudait-il préciser ce terme !), c’est bien parce qu’il s’est toujours détourné de l’évidence terre à terre que nous apporte l’inconfort de vivre dans une société qui ne sait ni écouter, ni même entendre, ni lire ce qui l’entoure, et qui pourtant contient le sens réel des choses (civilisations oubliées ou silencieuses, minorités écharpées par la mondialisation, individualités uniques qui valent d’autant plus qu’elles se laissent volontiers percer par ceux, à la quête ardente, qui les recherchent).

    Le Clézio est un bon choix, ardu et échappant aux modes, mais un bon choix.

    • dulconte
      dulconte répond à Jaycib
      Mordu par un fachogarou
      • Posté à 16h00 le 09/10/2008
      • Internaute 250
        Mordu par un fachogarou

      Le Clézio est un bon choix, ardu et échappant aux modes, mais un bon choix.

      Le ardu ne me fait pas peur (Ulysse reste un livre magique pour moi), mais diable je ne sais pourquoi, j’ai toujours trouvé le Clezio creux, fade vide, ennuyeux, je pourrai continuer longtemps la liste...

      Et c’est vrai que de le voir recevoir le Nobel me déroute un peu, d’où ma comparaison avec les deux autres pitres. Je ne vois pas trop ce qu’il vient faire au milieux des Hesse, Morrison, Pamuk, Paz, Singer ou Camus pour ne prendre que quelques exemples.

      • Jaycib
        Jaycib répond à dulconte
        Désagrégé de l'Université
        • Posté à 16h43 le 09/10/2008
        • Internaute 37053
          Désagrégé de l'Université

        Mon cher Dulconte, si je peux comprendre tes réticences à propos de Le Clézio, je me permettrai seulement de te rappeler Proust, qui observait qu’on ne peut créer une impression d’ennui (ou de vide) qu’en étant ennuyeux ou vide soi-même. D’ailleurs, l’ennui est-il un critère de jugement s’agissant de littérature, qui, rappelons-le, n’est pas un divertissement populaire (même si ça aide !) mais une quête de vérité ? Toutes les « vérités » ne sont peut-être pas bonnes à dire, en tout cas pour la majorité des lecteurs que nous sommes (ainsi que pour les éditeurs !).

        Tu devrais lire le premier roman de Le Clézio, le Procès-Verbal, qui éclatait de vérité romanesque au moment même où la critique (internationale) s’était entichée d’un « nouveau roman » qui tournait déjà en rond à coup de formalisme et de vacuité. Il faut, à cet égard, féliciter Gallimard d’avoir publié LC à contre-courant et de lui être resté fidèle par la suite.

        Lors d’une conférence aux Etats-Unis, j’avais questionné Nathalie Sarraute peu après la parution du Procès-Verbal. Elle était enthousiaste, trouvant chez Le Clézio une « vraie patte d’écrivain », qualité qu’elle refusait à Robbe-Grillet, Pinget et autres Simon. Elle était prophète ! Elle aussi voguait à contre-courant...

        Ne sois pas dérouté par le choix de Stockholm, qui nous a donné quelques « bides » retentissants au fil des années ! Les membres du jury ne sont pas des critiques littéraires et encore moins des écrivains eux-mêmes. Si tu consultes la liste des Nobels de littérature sur Wikipédia, tu verras que beaucoup d’illustres inconnus ont été choisis au fil des ans et sont demeurés inconnus ou entièrement délaissés.

        Parmi les noms que tu cites, je ne connais pas Pamuz, mais tu me permettras de ne pas partager ton amour de Hesse (le Loup des Steppes ? Siddartha ?) ou même de Morrison, dont le seul véritable mérite à mes yeux est d’avoir traité ses sujets (Noirs américains) comme des héro(ïne)s du tiers-monde. L’idée d’en remontrer à ces introvertis d’Américains BCBG peignait déjà Stockholm dans le sens du poil ! (Il reste que les grands auteurs Noirs américains d’avant, Richard Wright et Ralph Ellison, étaient d’une autre trempe mais ont été complètement ignorés.)

        Je partage ta haute opinion de Paz, Singer et Camus. A mon sens, deux des quatre Américains considérés comme candidats potentiels sont des géants (Updike, Roth). Je souhaiterais qu’on leur rende justice un jour ou l’autre, même si un Nobel est le type de viatique dont ils peuvent aisément se passer.

         
        • dulconte
          dulconte répond à Jaycib
          Mordu par un fachogarou
          • Posté à 18h38 le 09/10/2008
          • Internaute 250
            Mordu par un fachogarou

          Ahhh Jaycib quelle douleur tu me fais, il y a 4 auteurs qui ont construit mon univers littéraire, Borges, Calvino, Hesse et Sepulveda auquel on peut rajouter un autre Argentin Julio Cortazar.

          Morisson, de son côté que j’ai lu en français est un auteur qui me touche infiniment. J’avoue qu’en littérature je fonctionne quasi exclusivement sur les sentiments.

          Les 4 ont la même particularité, des romans le plus souvent courts ou des nouvelles (en dehors du jeux des perles de verres de Hesse) et une écriture toujours à la limite du fantastique et de l’onirique.

          En décembre, à mon passage en France, j’essayerai de lire Procès-verbal pour suivre ton conseil, je ne te promet pas de le finir, mais j’essayerai.

          Je suis d’accord que les Nobels de littérature ne sont pas toujours de grandes réussites, par contre il est rare qu’un auteur médiatique, car le Clézio l’est, soit récompensé.

          Je connais incroyablement mal la littérature américaine, même si j’aime énormément les paysages humains de Carver. Il va bien falloir un jour que j’essaye de lire Roth ou Updike. Va falloir faire des réserve de bouquin quand je serai en France.

        1 autres commentaires
      • Gudule
        Gudule répond à dulconte
        • Posté à 18h23 le 09/10/2008
        • Internaute 9720

        « Je ne vois pas trop ce qu’il vient faire au milieux des Hesse, Morrison, Pamuk, Paz, Singer ou Camus pour ne prendre que quelques exemples. »

        Ben moi je ne comprends pas que vous ne voyiez pas.

        Moi-je contre moi-je, un commentaire qui vous convient ?

         
        • dulconte
          dulconte répond à Gudule
          Mordu par un fachogarou
          • Posté à 18h41 le 09/10/2008
          • Internaute 250
            Mordu par un fachogarou

          On parle de sensibilité face à une œuvre et donc il semble difficile de ne pas utiliser le je ne vous en déplaise, par contre expliquez moi pourquoi Le Clézio est au aujourd’hui au milieu de ces auteurs et essayez de me convaincre.... qui sait...

        1 autres commentaires
  • ALLAIN JULES C@MMUNICATION
    • Posté à 15h43 le 09/10/2008
    • Internaute 18202

    2008 est décidément une merveilleuese année pour la France en matière de Nobel. Montagnier et son équipe, enfin Le Clezio....cocorico donc.

    BHL aura lui aussi un prix Nobel en chocolat, avec du bois africain.

    Lien

  • adaunis
    • Posté à 15h49 le 09/10/2008
    • Internaute 4255

    Et bien moi ça me fait bien plaisir, d’apprendre que c’est lui qui l’ait obtenu, ce « foutu » prix Nobel.
    D’abord, parce que depuis quelques semaines, un bruit courrait !

    Est ce que ça court, un bruit ?
    Et oui, comme ce diable d’homme, qui reçoit comme la « possibilité d’une ile, que dis je, d’un oasis de fraicheur » dans ce monde corrompu de l’édition, qui ne serait pas qu’une annexe du Bazar de l’Hôtel Libidineux !

    Un homme dont la vie et l’œuvre ressemble à ce qu’il a écrit, et à moi (simple d’esprit), ça me convient bien, dans cet « incontinence » absolue et nauséabonde, que l’on doit supporter sur tous les « médias » !

    Je n’ai cité personne, et là j’ai fait un gros effort.

  • Sanuk
    Sanuk
    Designer
    • Posté à 15h53 le 09/10/2008
    • Internaute 55474
      Designer

    @ Dulconte
    Tu n’as pas du lire les bons livres de Le CLEZIO. On peut lire dans l’article « (...) autant de livres qui sont aussi des risques formels.
    A partir des années 80, l’écriture de Le Clézio devient plus apaisée (...) »
    Ses livres d’avant les annees 80 sont peut-etre moins faciles d’acces. Ce n’est plus le cas apres.
    C’est un ecrivain qui vit dans ses romans et qui transporte son lecteur. Quand il raconte la vie ou l’errance d’une personne, on a l’impression que c’est du vecut meme quand il parle d’une marocaine qui vit dans les bas fonds.

    C’est agreable d’entendre une si bonne nouvelle dans les medias, c’est pas si frequent.

    D’autre part, il y a une question que je me pose depuis longtemps ; comment font les academiciens suedois pour choisir « le meilleur ecrivain du monde ».
    Lisent-ils toutes les langues ? Seulement les ecrivains traduits en suedois ?
    On ne parle jamais de cet aspect technique qui a tout de meme son importance.

    • dulconte
      dulconte répond à Sanuk
      Mordu par un fachogarou
      • Posté à 16h14 le 09/10/2008
      • Internaute 250
        Mordu par un fachogarou

      J’ai essayé Désert, Onitsha, La Fièvre après 3 échecs cuisants j’ai abandonné l’idée d’en lire plus. Onitsha je n’ai pas réussit à lire plus d’une trentaine de pages et je n’en ai fini aucun.

      Je ne sais pas si le Nobel récompense le meilleur auteur du monde ou plutôt s’il met en avant des auteurs dans l’œuvre est importante et si possible universelle. Il n’y a pas a priori de meilleur auteur du monde de toute façon.

      Bonne question sur le sujet de la langue de lecture, peut-être lisent-ils le français ce qui expliquerai le grand nombre de nobel français en littérature.

  • mass0
    mass0
    athée et citoyen du monde
    • Posté à 16h01 le 09/10/2008
    • Internaute 21240
      athée et citoyen du monde

    Quel livre conseillerais vous de Le Clezio pour une personne que n’en a jamais lu ?

    • Alain Provist
      Alain Provist répond à mass0
      • Posté à 16h11 le 09/10/2008
      • Internaute 19517

      Le chercheur d’or est un pur chef d’oeuvre :
      « Jamais nous n’avons été aussi gais, depuis que nous savons que les cachettes du trésor sont vides ! »… « L’or ne vaut rien, il ne faut pas avoir peur de lui, il est comme les scorpions qui ne piquent que celui qui a peur » dit Ouma… « Vous autres, le grand monde, vous croyez que l’or est la chose la plus forte, la plus désirable, et c’est pour cela que vous faites la guerre. Les gens vont mourir pour posséder de l’or ».

      Une oeuvre hors du temps et des grandes villes pressées ? voire... quand on voit la frénésie financière contemporaine...

    • Ophélie Neiman
      Ophélie Neiman répond à mass0
      Miss GlouGlou
      • Posté à 16h25 le 09/10/2008
      • Internaute 25
        Miss GlouGlou

      D’accord avec Alain Provist ! « Le Chercheur d’Or » est ausssi beau que passionnant. Mais si l’idée de vous plonger dans une gros bouquin vous effraie, essayez-donc « Mondo et autres histoires » : ce sont de courts récits poétiques d’une trentaine de pages qui vous permettront de découvrir l’univers onirique et doux de JMG Le Clézio.

    • Sanuk
      Sanuk répond à mass0
      Designer
      • Posté à 16h38 le 09/10/2008
      • Internaute 55474
        Designer

      « Poisson d’or », un tres beau roman, emouvant et qui fait reflechir sur nos societes qui se ferment aux etrangers...
      ... et en plus... facile a lire !

    • lyones
      lyones répond à mass0
      grand-mère en colère
      • Posté à 17h32 le 09/10/2008
      • Internaute 15046
        grand-mère en colère

      « Désert » une pure merveille ! !

      • Ashel
        Ashel répond à lyones
        écrivain
        • Posté à 19h21 le 09/10/2008
        • Internaute 43787
          écrivain

        Entièrement d’accord avec vous, je viens aussi de lui en recommander la lecture.

    • Honnecourt
      Honnecourt répond à mass0
      • Posté à 17h36 le 09/10/2008
      • Internaute 23879

      Bonjour,

      Si votre imaginaire est sensible et si l’intérêt que vous portez à tous les peuples qui sont floués, foudroyés, broyés par les exploiteurs en tous genres est réel alors prenez n’importe quel livre de Le Clézio.Vous n’avez pas besoins d’initiation particulière.
      Mes préférés que je vous conseille : Révolutions, Mon voyage au Mexique et surtout le plus beau selon moi, OURANIA. Le monde est en manque d’utopie et de tolérance ; dans Ourania Le Clézio nous donne une belle leçon. Bonnes lectures

      • dulconte
        dulconte répond à Honnecourt
        Mordu par un fachogarou
        • Posté à 18h21 le 09/10/2008
        • Internaute 250
          Mordu par un fachogarou

        je vous répondrai que si votre imaginaire est sensible, Cortazar, Calvino, Sepulveda, Conrad pour ne citer qu’eux me semble plus adapté :).

         
        • Gudule
          Gudule répond à dulconte
          • Posté à 18h27 le 09/10/2008
          • Internaute 9720

          On a compris je crois que VOUS n’aimiez pas cet écrivain. Vous allez encore étaler vos goûts sur combien de posts ?

        1 autres commentaires
    • Ashel
      Ashel répond à mass0
      écrivain
      • Posté à 19h20 le 09/10/2008
      • Internaute 43787
        écrivain

      Je n’ai pas lu « Le chercheur d’or » mais je vous recommande « Désert ». Magnifique !

    • Emma T.
      Emma T. répond à mass0
      Camille est sur SeXpress
      • Posté à 21h52 le 09/10/2008
      • Internaute 40366
        Camille est sur SeXpress

      Mass0, personnellement je commencerais par le début : « Le procès-verbal » pour les romans et l’« Extase matérielle » pour les essais... Tout y est déjà. Il a ensuite développé par des extensions poétiques ses interrogations métaphysiques.
      J’ai toujours pensé qu’il y avait un ordre pour lire son oeuvre, un peu comme il est souvent préférable de grandir dans l’ordre.
      Bonne lecture à vous.

  • Pierrrrre
    Pierrrrre
    → → → → → → → le marché autant (...)
    • Posté à 16h13 le 09/10/2008
    • Internaute 23078
      → → → → → → → le marché autant (...)

    « ...le prix Nobel de Littérature... »

    ► en tous cas, ça ne me consolera pas de Manaudou et de l’Euro.

  • Ophélie Neiman
    Ophélie Neiman
    Miss GlouGlou
    • Posté à 16h18 le 09/10/2008
    • Internaute 25
      Miss GlouGlou

    Je suis bien contente ! Depuis que je suis enfant, « Mondo et autres histoires » m’accompagne dans tous mes déménagements. J’ai souvent éprouvé le besoin de relire les voyages silencieux de ces enfants magiciens - Lullaby, Mondo, Jon ou Gaspar, qui achève son histoire avec ces simples mots « Je m’appelle Gaspar. Je me suis perdu ».

    Et puis Désert, Onitsha et les autres qui ont accompagné mon adolescence. Tant de voyages, de paysages, de découvertes grâce à JMG. Enfin, il m’a offert un cadeau magnifique : me permettre de suivre son grand-père, en lisant « Voyage à Rodrigues » sur l’île même. Découvrir que les pierres qu’il décrit sont toujours là, avec la même aridité, la même rudesse. Sentir le vent ici et le lire là. Inoubliable. Merci à lui.

  • nemo3637
    nemo3637
    Déchoukeur
    • Posté à 17h22 le 09/10/2008
    • Internaute 44521
      Déchoukeur

    Le Clézio, par son approche multiculturelle, est l’un de ceux qui regénére la culture française. Celle-ci n’existe pas en tant que repli mais ouverture sur le monde. Ainsi l’Afrique et le Maghreb ont permis à cette culture à vocation universaliste, de prendre un nouvel élan. Le Clézio, sans le vouloir peut-ête, s’intègre à la vision sociétale d’Edouard Glissant.

  • Go to the page
  • 1
  • 2
Retour sur Rue89

Note Les notes de blogs ne sont pas toutes mises en forme par l'équipe de Rue89 contrairement aux articles du site.