Cabinet de lecture

L'actualité des livres, par Hubert Artus.

Prix littéraires (2) : Hyatt et Médicis attribués à de beaux pavés

Publié le 05/11/2008 à 17h07

Tout comme le jury du Fémina il y a deux jours, les jurés du Médicis ont décerné leur Prix à un auteur également nominé pour le Goncourt.

Le prix Médicis 2008 du roman a en effet été attribué à Jean-Marie Blas de Roblès pour « Là où les tigres sont chez eux“(Zulma), après un quatrième tour très serré : le vainqueur est arrivé à égalité de voix avec Jean-Paul Enthoven pour ‘Ce que nous avons eu de meilleur’ (Grasset), la voix de la présidente Anne Wiazemsky comptant double.

Roblès, 54 ans et grand voyageur, est l’auteur de plusieurs romans et recueils de nouvelles. ‘Là où les tigres sont chez eux’ (Zulma), une variation autour de la figure d’un jésuite du XVIIe siècle, Athanase Kircher, est un pavé foisonnant de près de 800 pages auquel il a consacré dix années de travail.

Le prix Médicis 2008 du roman étranger a lui été attribué au Suisse de langue allemande Alain Claude Sulzer pour ‘Un garçon parfait’ (Jacqueline Chambon).

Le prix Médicis de l’essai a été attribué à Cécile Guilbert pour ‘Warhol spirit’ (Grasset).

A noter que cette année, le prix fêtait ses 50 ans.

Hier, deux auteurs étrangers se sont vus récompensés par le Prix Hyatt du Livre Etranger. Leurs livres sont aussi des pavés.

‘ Melnitz ’ du Suisse Charles Lewinsky (Grasset) s’est vu décerné le prix du Roman, et l’Américain William T. Vollmann a été récompensé pour le géant essai ‘ Pourquoi êtes-vous pauvres ?’, une énorme enquête digne des grands romanciers américains, l’auteur ayant parcouru la planète pour ce livre-somme.

Grasset a donc bien négocié son début de semaine.

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  • Le Yéti
    Le Yéti
    yetiblog.org
    • Posté à 19h01 le 05/11/2008
    • Internaute 6095
      yetiblog.org

    Là où les tigres sont chez eux de Jean-Marie Blas de Roblès (éditions Zulma)

    Un chef d’œuvre littéraire majeur (et je pèse vraiment mes mots). De la lignée des Umberto Eco et de Gabriel García Márquez. Prix machin ou pas, il faut le lire !

  • egide
    egide
    Littéral
    • Posté à 20h31 le 05/11/2008
    • Internaute 45067
      Littéral

    Et si ce livre n’était que qu’un travail de documentaliste. Un jeu inter-textuel où le hasard de la recherche fait figure d’un parcours d’érudition.

    Un livre qui se composerait de,fiches de synthèse, une arborescence thématisée autour de quelques figures disparates dont seuls des paradigmes circonstanciels peut-être plus anodins qu’ils n’y paraissent, servent l’effet de labyrinthe foisonnant, baroque et plus illogique que fantastique.

    On est loin de Impressions d’Afrique de Raymond Roussel plus imaginaire et organisé par des procédés d’écriture sur un travail du langage.

    Mais l’errance un peu absurde dans des histoires du passé et par ses coïncidences référentielles donne au texte l’air d’un récit de voyage.
    Mais je me trompe certainement de lecture.

    • thierry reboud
      thierry reboud répond à egide
      • Posté à 21h35 le 05/11/2008
      • Internaute 20923

      Je crois que vous faites erreur. Les personnages de Kirchner ou d’Eléazar von Wogau étaient déjà les figures centrales de plusieurs nouvelles de La Mémoire de riz, paru au début des années 80... et déjà il ne s’agissait pas que d’un travail de compilation.

      Bien plus que documenter, Blas de Roblès creuse son sillon, approfondit une oeuvre dont je peux concevoir qu’on ne l’aime pas, mais qui n’en reste pas moins très singulière (surtout par les temps qui courent !). Aussi singulière, sans doute, que les Impressions d’Afrique, mais dans un tout autre registre.

      Et puis que faites-vous du style ? Des documentalistes avec un style simultanément aussi précis et aussi flamboyant, je suis demandeur !

      Pour ma part, je suis en accord parfait avec le Yéti.

      • egide
        egide répond à thierry reboud
        Littéral
        • Posté à 22h58 le 05/11/2008
        • Internaute 45067
          Littéral

        Aimer ou ne pas aimer n’a rien à voir avec la lecture. On peut ne pas aimer et apprécier.
        C’est précisément le souffle stylistique et romanesque, comme l’a écrit une journaliste enthousiaste, de l’opus qui me dérange.
        Et la construction de la narration dont j’émets une hypothèse d’élaboration, me parait plus proche de la lecture que de l’écriture.
        Mais je conçois que je puisse passer à côté de quelque chose bien sûr.
        J’ajoute enfin que je ne méprise aucunement les documentalistes.

         
        • thierry reboud
          thierry reboud répond à egide
          • Posté à 23h59 le 05/11/2008
          • Internaute 20923

          Ce sont des choses qui arrivent ; personne ne lit jamais le même livre, ça fait même partie du plaisir. De ma part, c’était vraiment en toute amitié.

        1 autres commentaires
  • albin
    • Posté à 21h28 le 05/11/2008
    • Internaute 11837

    J’espère que Rue89 va parler d’un prix littéraire peu connu : « Le Prix Gros Sel » Lien

  • paco
    • Posté à 22h10 le 05/11/2008
    • Internaute 17955

    Et pourquoi ne pas parler des prix 813, décernés cette année à Caryl Ferey (« Zulu ») et Valerio Evangelisti (« Nous ne sommes rien, soyons tout ») ?

    • Le Yéti
      Le Yéti répond à paco
      yetiblog.org
      • Posté à 07h02 le 06/11/2008
      • Internaute 6095
        yetiblog.org

      Et si le but n’était pas de parler des « prix » (un soufllé commercial en train de retomber), mais de livres.

      À ce titre, je suis un peu déçu qu’il ait fallu qu’un « prix » soit accordé aux Tigres pour que ma petite Rue accorde quelques malheureuses petites lignes à un ouvrage aussi important.

      Mais peut-être suis trop impatient et que le gros papier va finir par tomber ; -) ...

  • AC-89-
    • Posté à 09h34 le 06/11/2008
    • Internaute 39476

    C’est navrant de voir dans une chronique littéraire le barbarisme « nominé ».

  • Alain Provist
    • Posté à 16h39 le 06/11/2008
    • Internaute 19517

    Jean-Marie Blas de Roblès (dont le nom picaresque évoque celui de Gil Blas de Santillane) nous propose un roman polyphonique et poly chromatique de près de 800 pages où l’érudition rivalise avec l’humour, le pessimisme grinçant, voire l’horreur, avec les raffinements et les variations du style, le lyrisme messianique et les envoûtements des rythmes brésiliens avec les trivialités brutales et le laconisme des pensées fragmentaires. Un étonnant roman anamorphique où les convulsions de la guerre de Trente Ans répondent à la déréliction du Brésil des favelas et des corruptions, d’un siècle baroque à un continent baroque, où l’on se perd parfois dans les méandres de l’érudition de Kircher comme dans la jungle amazonienne. Un détonnant roman politique contre tous les colonialismes, tous les impérialismes, tous les capitalismes théologiques, idéologiques ou économiques...

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