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L'actualité des livres, par Hubert Artus.

Mort du dramaturge britannique hyper engagé Harold Pinter

Publié le 25/12/2008 à 04h52

Harold Pinter jeune lauréat du Nobel de littérature, à Londres en 2005 (Kieran Doherty/Reuters)

Parfois, les cadeaux de Noël sont très loin de ceux qu'on a demandés. Par exemple, ce 25 décembre, on apprenait le décès d'Harold Pinter. Par la voix de son épouse Antonia Fraser, qui l'a annoncé elle-même. Pinter, âgé de 78 ans, est décédé d'un cancer.

Un engagement

Harold Pinter, né dans un quartier anciennement très voyou de l'est de Londres, Hackney, a écrit plus de trente pièces de théâtre. Il était également poète, metteur en scène et auteur de scénarios de films, dont plusieurs adaptations de ses propres oeuvres.

Pinter était connu pour des disputes publiques (avec le metteur en scène Peter Hall en 1983), pour un scandale public lorsqu'il quitta sa femme, l'actrice Vivien Merchant, pour Lady Antonia Fraser, qu'il épousa en 1980 après son divorce.

LES PIECES DE HAROLD PINTER


* The Room (1957)
* The Dumb Waiter (1957)
* The Birthday Party (1958)
* A Slight Ache (1958)
* The Hothouse (1958)
* The Caretaker (1959)
* Ébauches (1959)
* A Night Out (1959)
* Night School (1960)
* The Dwarfs (1960)
* The Collection (1961)
* The Lover (1962)
* Tea Party (1964)
* The Homecoming (1964)
* The Basement (1966)
* Landscape (1967)
* Silence (1968)
* Ébauche : Night (1969)
* Old Times (1970)
* Monologue (1972)
* No Man's Land (1974)
* Betrayal (1978)
* Family Voices (1980)
* Victoria Station (1982)
* A Kind of Alaska (1982)
* Ébauche : Precisely (1983)
* One For the Road (1984)
* Mountain Language (1988)
* The New World Order (1991)
* Party Time (1991)
* Moonlight (1993)
* Ashes to Ashes (1996)
* Celebration (1999)
* Ébauche : Press Conference (2002)
Source : Wikipédia

Mais Pinter est avant tout connu pour son théâtre et son engagement. Exemple : en 2005, il fit scandale en lisant, en plein meeting contre l'intervention en Irak, des poèmes qui s'en prenaient violemment à Tony Blair.

En 2005, il se voit distingué par le Prix Nobel de littérature, parce qu'« il découvre l'abîme sous les bavardages et se force un passage dans les pièces closes de l'oppression ». Son cancer –déjà- l'empêche de se rendre sur place, mais il enregistre une déclaration, où il affirme notamment :

« L'invasion de l'Irak était un acte de banditisme, un acte de terrorisme d'Etat flagrant, la preuve d'un mépris absolu pour le droit international. […] Combien de personnes faut-il tuer avant de mériter d'être décrit comme un massacreur et un criminel de guerre ? 100 000 ? […]

“Nous avons amené la torture, les bombes à fragmentation, l'uranium appauvri, d'innombrables assassinats commis au hasard, la misère, la dégradation et la mort au peuple irakien, et on appelle ça apporter la liberté et la démocratie au Proche-Orient.”

Dans ce discours, il s'en prenait aussi aux USA :

Ils ont “exercé une manipulation très clinique du pouvoir dans le monde entier, tout en se faisant passer pour une force prônant le bien universel. C'est un geste d'hypnotisme brillant, voire plein d'esprit, et très réussi”.

Autre exemple : vingt ans auparavant, alors qu'il est en Turquie avec le dramaturge américain Arthur Miller, il rencontre des victimes de l'oppression politique. Lors d'une réception à l'ambassade américaine, en l'honneur de Miller, Pinter se mit à raconter en public des histoires de personnes torturées, et fut renvoyé de la réception (Miller le suivit par solidarité).

Une oeuvre

Né dans une famille d'origine russe et de religion juive, Pinter a très tôt été confronté à l'antisémitisme. Qui a, selon ses propres propos, contribué largement à sa vocation de dramaturge.

Après ses études de théâtre, Pinter devient comédien, et entame une tournée en tant que comédien sous le nom de David Baron (1954-1957). Sa première pièce, “The Room” (“La Pièce”) est interprétée en 1957 par les étudiants de l'Université de Bristol.

Ensuite, Pinter monte “Le monte-plats”), puis “The Birthday Party”. Le succès viendra avec “Le gardien”, filmé en 1963. Il collaborera à plusieurs reprises pour le cinéma, écrivant notamment les scénarios de “La Maîtresse du Lieutenant français” et de “L'Ami retrouvé”.

Ses premières œuvres, notamment “The Homecoming” en 1964 (étiquetée “comédie de la menace”) seront souvent associées au genre dit du “théâtre de l'absurde” et à Samuel Beckett, avec qui il deviendra d'ailleurs ami.

Par la suite, Pinter ne cessera d'écrire pour le théâtre, la radio, la télévision aussi bien que pour le cinéma.

Une des principales caractéristiques des textes de Pinter, dans la lignée du théâtre de Beckett, ce sont ces dialogues qui, d'un souffle, basculent vers l'inattendu, l'absurde, voire vers le dérapage verbal et une dimension totalement onirique.

Révélant, de ce fait, des personnages qui tombent rapidement les masques, et un travail qui explore les failles et l'identité humaines avec une très fine intelligence.

Une autre caractéristique, facilitée par ce travail sur le langage, ce sont ces décors clos, élémentaires, où tout le monde se trouve confronté. C'est ici la dimension kafkaïenne du travail de Pinter.

C'est à partir des années 70 que Pinter, devenu directeur associé du National Theater de Londres, deviendra un auteur plus politique encore, s'affichant distinctement à gauche et prenant parti dans des tribunes que publient The Independent ou The Gardian.

Il débutera alors une véritable militance pour porter à la connaissance du public les violations des droits de l'homme et la répression.

Un combat qui ne l'a jamais quitté, lui qui n'aura cessé de crier son opposition aux récentes interventions dans le mondes des armées britannique et américaine.

Photo : Harold Pinter jeune lauréat du Nobel de littérature, à Londres en 2005 (Kieran Doherty/Reuters)

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  • guarana
    • Posté à 17h40 le 25/12/2008
    • Internaute

    des millions d » harold crient dans les déserts....Celui qui s'en est allé, crie fort et juste notre colère......l'intervention en Irak est bien un crime contre l'humanité.

    • ALLAIN JULES C@MMUNICATION
      • Posté à 12h34 le 26/12/2008

      L'intervention en Irak est bienn un crime contre l'humanité. Oui. Mais, qui osera convoqué George W. Bush, ce malfrat, devant le TPI ? Personne.

      Le monde est triste, vivons seulement, en attendant le prochain mort à cause de Madoff.

      Lien

      • Anonyme answers to ALLAIN JULES C@MMUNICATION

        Cet Allain Jules ne manque pas d'air : auteur d'un blog raciste et antisémite à la gloire, notamment, de Dieudonné et de Kémi Seba et par ailleurs contributeur régulier du site des « Ogres », ne voilà-t-il pas qu'il campe ici sereinement et doctement au sein de ce forum (comme d'ailleurs de beaucoup d'autres dernièrement sur la Rue) sur un de ses thèmes de prédilection !

        Pointé du doigt hier sur un autre fil par une riveraine pour son antisémitisme qualifié, notre Allain Jules de répondre : « mais je suis juif moi-même ! », comme si les deux qualificatifs étaient incompatibles et d'un air de dire : « M. l'avocat général, cessez votre réquisitoire ; voyez plutôt le rapport psychiatrique ! ».

        Eh bien, je puis vous annoncer que, outré par de tels propos, je suis allé hier, vendredi, déposer plainte en gendarmerie pour racisme à l'encontre du site nauséabond du sieur Allain Jules. J'ajouterai, au cas où le susnommé serait tenté de faire le ménage en prévision de l'enquête, que j'ai joint au dossier un DVD de ses « oeuvres complètes ».

        Rue89 : une simple vérification de votre part de la destination des liens publiés sur votre site pourrait éviter le renouvellement de tels faits délictueux. J'imagine que vous aurez à coeur de vous porter, vous aussi, partie civile.

  • ercégé
    • Posté à 17h43 le 25/12/2008
    • Internaute

    Critique du couple Bush-Blair et ayant refusé l'anoblissement par la Reine, il ne pouvait que m'être sympathique.
    Adieu - Qui prendra le relais ?

    • zénon denon 84
      zénon denon 84 answers to ercégé
      Bonne
      • Posté à 16h55 le 28/12/2008
      • Internaute
        Bonne

       » Toutes nos mains
      Sont de pierre
      Quand elles se posent
      Ou s'accrochent
      Des ailes
      Quand elles se dévouent . »

      Jean -yves Leloup .
      ––––––––––––

  • Valdo Lydeker
    Valdo Lydeker
    journaliste, auteur
    • Posté à 17h48 le 25/12/2008
    • Journaliste
      journaliste, auteur

    UNe voix qui va manquer, à la scène et au monde.

  • zénon denon 84
    • Posté à 17h55 le 25/12/2008
    • Internaute
      Bonne

    Ah « découvrir l'abîme sous les bavardages “...

    Nous vivons à l'âge moderne,l'usure de la tradition,
    la crise de la culture ...

    Merci Monsieur Pinter .

  • peut-être
    • Posté à 18h45 le 25/12/2008
    • Internaute

    « Harold Pinter s'est vu attribué le prix Wilfred Owen pour le poème qu'il écrivit en opposition à la guerre en Irak contre laquelle il s'est élevé dès le début, n'hésitant pas à qualifier George Bush Jr. de “ criminel de guerre ” et Tony Blair de “ pauvre dupe pleine d'illusions ”, comparant le gouvernement de Bush à celui d'Hitler.. Toujours dans cette optique, il a également participé au débat organisé par “ Authors take Sides on Iraq ”. »

    Le monde est fou mais nous le boirons jusqu'au bout.
    Tout comme vous Mr Pinter,

  • jean breton
    • Posté à 18h53 le 25/12/2008

    La mort d'unh homme debout.
    Il nous en manque.
    Il nous manquera.

  • peut-être
    • Posté à 19h24 le 25/12/2008
    • Internaute

    « Je crois que le monde ira dans le mur si nous ne faisons pas très attention. L'Irak n'est que le symbole de l'attitude des démocraties occidentales vis-à-vis du reste du monde. »

    « Shakespeare écrivait dans un monde en expansion, en exubérance, en naissance ; moi, j'écris dans un monde qui finit, qui agonise. »

    « En 1958 j'ai écrit la chose suivante : “ Il n'y a pas de distinctions tranchées entre ce qui est réel et ce qui est irréel, entre ce qui est vrai et ce qui est faux. Une chose n'est pas nécessairement vraie ou fausse ; elle peut être tout à la fois vraie et fausse. ”
    Je crois que ces affirmations ont toujours un sens et s'appliquent toujours à l'exploration de la réalité à travers l'art. Donc, en tant qu'auteur, j'y souscris encore, mais en tant que citoyen je ne peux pas. En tant que citoyen, je dois demander : Qu'est-ce qui est vrai ? Qu'est-ce qui est faux ? »

    « Le langage politique, tel que l'emploient les hommes politiques, ne s'aventure jamais sur ce genre de terrain, puisque la majorité des hommes politiques, à en croire les éléments dont nous disposons, ne s'intéressent pas à la vérité mais au pouvoir et au maintien de ce pouvoir. Pour maintenir ce pouvoir il est essentiel que les gens demeurent dans l'ignorance, qu'ils vivent dans l'ignorance de la vérité, jusqu'à la vérité de leur propre vie. Ce qui nous entoure est donc un vaste tissu de mensonges, dont nous nous nourrissons. »
    « Comme le sait ici tout un chacun, l'argument avancé pour justifier l'invasion de l'Irak était que Saddam Hussein détenait un arsenal extrêmement dangereux d'armes de destruction massive, dont certaines pouvaient être déchargées en 45 minutes, provoquant un effroyable carnage. On nous assurait que c'était vrai. Ce n'était pas vrai. On nous disait que l'Irak entretenait des relations avec Al Qaïda et avait donc sa part de responsabilité dans l'atrocité du 11 septembre 2001 à New York. On nous assurait que c'était vrai. Ce n'était pas vrai. On nous disait que l'Irak menaçait la sécurité du monde. On nous assurait que c'était vrai. Ce n'était pas vrai. »
    « Mais je soutiens que les crimes commis par les États-Unis durant cette même période n'ont été que superficiellement rapportés, encore moins documentés, encore moins reconnus, encore moins identifiés à des crimes tout court. ... Bien que limitées, dans une certaine mesure, par l'existence de l'Union Soviétique, les actions menées dans le monde entier par les États-Unis donnaient clairement à entendre qu'ils avaient décrété avoir carte blanche pour faire ce qu'ils voulaient. »
    « Dans l'ensemble, elle préférait ce qu'elle a qualifié de »conflit de faible intensité'. »Conflit de faible intensité », cela veut dire que des milliers de gens meurent, mais plus lentement que si vous lâchiez une bombe sur eux d'un seul coup. Cela veut dire que vous contaminez le coeur du pays, que vous y implantez une tumeur maligne et que vous observez s'étendre la gangrène. Une fois que le peuple a été soumis ­ ou battu à mort ­ ça revient au même ­ et que vos amis, les militaires et les grandes sociétés commerciales, sont confortablement installés au pouvoir, vous allez devant les caméras et vous déclarez que la démocratie l'a emporté. C'était monnaie courante dans la politique étrangère américaine dans les années auxquelles je fais allusion. »
    « Les États-Unis ont soutenu, et dans bien des cas engendré, toutes les dictatures militaires droitières apparues dans le monde à l'issue de la Seconde Guerre mondiale. Je veux parler de l'Indonésie, de la Grèce, de l'Uruguay, du Brésil, du Paraguay, d'Haïti, de la Turquie, des Philippines, du Guatemala, du Salvador, et, bien sûr, du Chili. L'horreur que les États-Unis ont infligée au Chili en 1973 ne pourra jamais être expiée et ne pourra jamais être oubliée. »
    « Le langage est en fait employé pour tenir la pensée en échec. Les mots »peuple américain » fournissent un coussin franchement voluptueux destiné à vous rassurer. Ce qui bien sûr ne vaut pas pour les 40 millions de gens qui vivent en dessous du seuil de pauvreté ni aux 2 millions d'hommes et de femmes incarcérés dans le vaste goulag de prisons qui s'étend d'un bout à l'autre des États-Unis. »

    Harold Pinter

    Tu nous manques déjà

  • léo solo
    • Posté à 20h00 le 25/12/2008

    Quand nous nous regardons dans un miroir nous pensons que l'image qui nous fait face est fidèle. Mais bougez d'un millimètre et l'image change. Nous sommes en fait en train de regarder une gamme infinie de reflets. Mais un écrivain doit parfois fracasser le miroir - car c'est de l'autre côté de ce miroir que la vérité nous fixe des yeux.
    Je crois que malgré les énormes obstacles qui existent, être intellectuellement résolus, avec une détermination farouche, stoïque et inébranlable, à définir, en tant que citoyens, la réelle vérité de nos vies et de nos sociétés est une obligation cruciale qui nous incombe à tous. Elle est même impérative.
    Si une telle détermination ne s'incarne pas dans notre vision politique, nous n'avons aucun espoir de restaurer ce que nous sommes si près de perdre - notre dignité d'homme.

  • Snowman
    • Posté à 20h08 le 25/12/2008

    Ah mince j'aimais bien : -/

  • A déménagé le 1-6
    • Posté à 23h31 le 25/12/2008

    hyper engagé...langage de supermarché...

  • sopadeajo
    sopadeajo
     ?
    • Posté à 04h50 le 26/12/2008
    • Internaute
       ?

    Voici ce qu´a écrit Pierre Assouline pourtant de droite sur Harold Pinter :
    « Car il n'était pas seulement l'un des plus grands dramaturges de son pays, mais ecnore l'un de ses intellectuels les plus remuants, influents, provocateurs, droits et courageux. Il était une voix, identifiable entre toutes, pour certains une conscience, et nul doute qu'elles manqueront au débat d'idées. The Guardian, qui a révélé son décès, ne s'y est pas trompé et lui a aussitôt consacré une grande partie de sa “une” en ligne. Il est vrai qu'il y avait de longue date une parfaite osmose entre les positions de l'intellectuel engagé et celles du grand quotidien de gauche. »

    Il parle de courage, de droiture, alors que l´auteur de l´article parle d´écrivain « hyper engagé ».

    On a l´impression avec rue 89 que l´on s´excuse de parler de la gauche, que l´on se distance constamment d´elle et qu´on prend des précautions jusqu´à dans le titre où l´on essaie (inconsciemment ? ) de remarquer l´excès avec « hyper ».

    Parce que peut.on être hyper engagé. Est-ce qu´un engagement n´est pas un engagement toujours à fond, ou n´est pas ?

    Et justement (du peu que j´ai lu de lui), Pinter était très conscient que nous sommes dans une guerre de mots et qu´il fallait les remuer sacrément, mais les désacraliser (ces mots), pour pouvoir se mesurer avec le/les pouvoirs qui les utilisent pour faire gagner l´idéologie impériale (britanno- etatsunienne) pas mieux que nous, mais constamment comme un laminoir répétitif ; qu´il fallait donc secouer grandement les mots por arriver à toucher l´insensible adversaire.

    Il fait donc un engagement avec des mots pour choquer, pour arriver sur le front de l´adversaire et y éclater ; un engagé comme d´autres, mais qui lui, essayait d´utiliser les mots à leur plus grand niveau d´effectivité.
    Mais ce n´a pas été un excessif comme votre titre laisse à mon avis croire.

    • Julien Potron
      • Posté à 07h03 le 26/12/2008

      Tout a fait d'accord avec toi Sopadeajo et avec hershellgordon.

      « Hyper engagé » ou tout simplement honnête avec sa conscience ?

      S'il vous plait Rue89, épargnez nous ce titre pauvre en substance, quand le sujet du papier en a tant...

      Merci.

    • Hubert Artus
      Hubert Artus answers to sopadeajo
      Rue89
      • Posté à 11h38 le 26/12/2008
        rédacteur
      • Journaliste
        Rue89

      Le titre n'a rien d'excessif, rassurez-vous, ni aucune volonté de choquer. Pour ce qui me concerne, je ne me distancie pas quand je parle de la gauche, même si je me garderai bien ici de dire où je situe de début de la gauche dans les structures, syndicats et partis institutionnels. Quant au choix des termes, adjectifs, etc, je n'ai pas à justifier, dussé-je être comparé à un confrère, il me semble que le papier le fait lui-même. Et « hyper » est, au pays des engagés, honorifique... Il ne fait pas, non plus, avoir peur du symbole des mots... Concernant l'engagement, chacun lit à l'aune de son propre vécu et de sa propre militance.

      • in girum
        in girum answers to Hubert Artus
        • Posté à 12h41 le 26/12/2008

        à l'aune de mon propre vécu, vous ne me rassurez pas du tout. bien au contraire. et ce, pour ce qui vous concerne. dont vous vous gardez bien. deux fois. dussiez-vous ...

  • sopadeajo
    sopadeajo
     ?
    • Posté à 05h03 le 26/12/2008
    • Internaute
       ?

    La première guerre en Irak, à laquelle Harold Pinter s'est opposé violemment a montré que, sans même la justification antérieure de l'Union Soviétique, « l'Empire du mal », la machine continuait son oeuvre de mort :

    Réflexions sur la guerre du Golfe, le football américain (1991)

    Alleluia !

    Ca roule

    On leur en a mis plein la gueule.

    On leur en a mis plein leur sale gueule de merde

    Et on leur a défoncé la tronche.

    Alléluia !

    Dieu soit loué pour tout ce qui nous arrive de bon.

    On leur a fout sur la gueule

    Et putain, ils ont mordu la poussière.

    Dieu soit loué pour ce qui nous arrive de bon.

    On leur a explosé les couilles, on en a fait de la bouillie,

    De la putain de bouillie.

    On a gagné.

    Venez maintenant, je veux que vous m'embrassiez sur la bouche.

    Harold Pinter raconte qu'il a écrit ce poème dans un avion et il lui a été inspiré par le triomphalisme, le machisme, les parades de victoire. Il l'a vainement proposé au « London Review of books », au Guardian, à l'Observer, à l'Independant, dans toutes ces publications de Grande Bretagne, il s'est heurté au même refus motivé « par le “langage obscène” qui risquait de faire perdre des lecteurs.

    Nous sommes ici au coeur du problème, qu'est-ce qui est obscène ? La réalité ou le langage qui la décrit...

    Lien

  • P a z
    • Posté à 07h41 le 26/12/2008

    Un dramaturge « hyper » engagé : la formule est-elle proportionnelle à votre engagement personnel, à celui du plus grand nombre ?
    Ou bien est-ce ainsi que l'on décrit maintenant le courage ?
    Bientôt lira-t-on que certains sont « ultra » engagés ?

    Dénoncer la barbarie, le mensonge, le terrorisme d'état, les violations des droits de l'homme ..., un positionnement hors normes ?

    Hommage et total respect à Harold Pinter !

    Il n'était pas seul mais les autres sont médiatiquement ignorés, ou diabolisés.

  • talapoga
    talapoga
    Après un CDD qui a bien débuté (...)
    • Posté à 09h18 le 26/12/2008
    • Internaute
      Après un CDD qui a bien débuté (...)

    « Hyper » engagé ...
    La rue fait dans la demesure des superlatifs ou dans l'information ?
    Les deux ne sont pas compatibles.

    • in girum
      in girum answers to talapoga
      • Posté à 12h27 le 26/12/2008

      ohlala ! hyper engagé... !
      tout le monde n'écrit pas comme Harold Pinter. Surtout Hubert.
      la pure hyperbole exclamatoire artusiene. issue de la stand up comedy. de la télévision. sans verbe, mais verbeux. Hubert au cabinet. Qui écrit de la daube comme un pied. Et n'a pas encore fait les progrès qu'on attend de lui.

      pauvre Harold, tout ça pour ça. hyper engagé. pauvres de nous, talapoga, et ceux qui aiment lire.

  • peut-être
    • Posté à 09h36 le 26/12/2008
    • Internaute

    Le très très cher Ernst_T_Tho dirait hyper hyper engagé.

    Engagez vous !

    • Philou18
      Philou18 answers to peut-être
      ancien typographe
      • Posté à 16h02 le 26/12/2008
      • Internaute
        ancien typographe

      hyper hyper = hypra.... ; -)

  • Lemmy Nothor
    Lemmy Nothor
    - Drinking muddy waters
    • Posté à 11h42 le 26/12/2008
    • Internaute
      - Drinking muddy waters

    Pour ceux que ça risque d'interesser, en 1988, Robert Altman ( MASH) fit deux films pour la chaine ABC basés sur des pièces de Pinter.
    Un entre autre , The Dumbwaiter, mettant en vedette John Travolta et Tom Conti.

  • Circa52
    • Posté à 15h10 le 26/12/2008

    Il avait du talent et des couilles cet homme-là, ne renonçant pas à son engagement pour une carotte tendue par sa reine emplumée.

  • Philou18
    Philou18
    ancien typographe
    • Posté à 16h00 le 26/12/2008
    • Internaute
      ancien typographe

    immense bonhomme, mais.... quand même...la photo fait un peu penser au professeur Choron , non ?

    • Circa52
      Circa52 answers to Philou18
      • Posté à 17h14 le 26/12/2008

      Regarde ses photos du temps où il ne souffrait pas du cancer qui a eut raison de lui, il était magnifique ce type. Celle-ci est récente et émouvante et la comparaison avec Choron n'est pas très maligne, en l'occurrence. Ce dernier n'aurait mérité que le Nobel de la soûlocratie et de la déconnade graveleuse. On a les maîtres-à-penser et les références qu'on peut.

  • zénon denon 84
    • Posté à 17h22 le 26/12/2008
    • Internaute
      Bonne

    Tien, comme je suis surpris
    des commentaires ci-dessus ,
    avec des boules rouges vraiment mal distribuées .
    Si mal ta propos : les doigts glisseraient -ils sur le clavier . ?
    Pourtant ...dans la tête ,ya qq chose .Non ? ? ?

    La vie n'est quand même pas faite
    que de bling / bling et de plages dorées dans le sud ...

    Ah cette carte postale du Brésil .
    De la brioche ... ? ? ?

    • in girum
      • Posté à 18h21 le 26/12/2008

      la bande d'artus bastonne ... c'est pas grave ...

      • Hubert Artus
        Hubert Artus answers to in girum
        Rue89
        • Posté à 17h01 le 27/12/2008
          rédacteur
        • Journaliste
          Rue89

        Vous croyez en un complot ? Pouvez-vous préciser votre pensée ?

  • brut
    • Posté à 17h25 le 26/12/2008
    • Internaute

    c'est un peu désolant de voir résumé dans les médias la personnalité et l'oeuvre de pinter à « l'engagement » de l'homme. et quel engagement ! il était contre la guerre ? oulala, quel originalité ! il vomissait bush, l'impérialisme et l'arrogance occidentale, comme la quasi totalité des intellectuels et des internautes du monde entier, quel courage. Ces positions sont certes tout ce qu'il y a d'honorables, loin de moi l'idée de les lui reprocher, mais ce n'est sans doute pas le fait d'adopter la posture du rebelle et du franc tireur à bien bon compte, c'est à dire en pensant rigoureusement comme tout le monde qui fait de Pinter un immense auteur. Comprenons nous bien ce n'est pas lui que je vise mais ses thuriféraires d'un jour. Que pouvons nous en déduire ? que pour les journalistes qui ne l'ont pas lu (ce qui n'est pas le cas d'Hubert Artus) c'est bien plus facile de gloser sur des « engagements » que d'analyser l'oeuvre. Et surtout qu'en France on n'est encore et toujours digne d'être jugé « grand écrivain » que si l'on a bien pensé, c'est à dire de la manière que je vous laisse imaginer, je vous renvoie à la polémique sur Kléber Haedens récemment relayée par Rue 89. pour bon nombre de pseudo intellectuels français un écrivain qui n'aurait pas suffisamment montré des gages de son « engagement“est toujours plus ou moins une sorte de brasillach (ou de tillinac ! )

    • Hubert Artus
      Hubert Artus answers to brut
      Rue89
      • Posté à 17h33 le 26/12/2008
        rédacteur
      • Journaliste
        Rue89

      Là, c'est vous qui, plutôt que de résumer, réduisez... Mon article est end eux parties complémentaires, et ne se borne pas à l'engagement de Pinter, loin de là.

      • brut
        brut answers to Hubert Artus
        • Posté à 17h55 le 26/12/2008
        • Internaute

        je vous l'accorde, je ne parlais pas pour vous, et pour tout dire je trouve que vous vous en êtes pris bien suffisamment dans la figure ces derniers temps, par ceux là mêmes qui aiment juger de qui pense comme il faut.

  • sopadeajo
    sopadeajo
     ?
    • Posté à 22h02 le 26/12/2008
    • Internaute
       ?

    Pinter was never afraid to attack injustice :

    Lien

    (Un autre titre était donc possible, pas de « hyper » intempestifs ici ; ils ne font pas semblant d´être de gauche (avec des mots super-bien-hyper-cools-supra-expressifs) comme à rue 89)

  • sopadeajo
    sopadeajo
     ?
    • Posté à 22h19 le 26/12/2008
    • Internaute
       ?

    Lien

    La photo est celle d´une des très nombreuses fosses communes ou les extrèmes dtroitiers de Franco assassinaient (fusillements), les jeunes combattants communistes, socialistes (à cette époque ils étaient encore de gauche, les socialistes ; ils ne le sont plus depuis longtemps) ou simplement républicains. Parodiant le titre de l´article, je dirais que c´était « hyper“-mortifère-super-non-cool ; mais la photo parle mieux que les mots.
    Et c´est porquoi il faut lutter avec de vrais mots, en essayant de restituer leur vrai sens, ce que s´éfforçait de faire Pinter, mais qui n´a pas été compris à libération et à rue 89 qui font ce qu´à toujours fait la droite avec les mots : remplir le vide por ne rien dire.

  • tipoux
    • Posté à 05h21 le 27/12/2008

    je salue cette artiste aux verbes engagés.
    que je ne connaissais que peut finalement comme sans doute 80% des habitants de cette planéte qui vaque à d'autre préoccupation ou qui sont engagé dans un combat pour la survie et qui ne vont jamais au théatre ,ni dans les soirées de l'ambassadeur.

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